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Présentation

  • : Le blog de CHRISTOPHE BOUTIER, professeur documentaliste au collège de St Germain-des-Fossés, dans l'Allier
  • : Blog qui a pour objectif de parler de la littérature jeunesse, des écrivains jeunesse... pour donner le goût de lire aux adolescents. L'objectif est également d'intéresser à la culture. Il s'agit aussi de faire découvrir cette littérature à part entière aux adultes.
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Le Vampire Du Cdi

  • Le cédéiste
  • Je suis le "VAMPIRE d'un CDI" auvergnat !

ANECDOTES

Pierre BOTTERO,

le Seigneur des ados !

 

Pierre Bottero était fier d’être un auteur jeunesse - une littérature qui n’a rien à envier en qualité à la littérature « vieillesse. » S’il n’était pas qu’un auteur de fantasy, il faut bien reconnaître que c’est à cette littérature de l’Imaginaire qu’il dût son incroyable succès !

Dès l’enfance, il tombait dans la marmite de la fantasy. Il dévorait Tolkien (Un choc ! S’en suivi, plus tard, l’idée que la fantasy ne pouvait s’écrire que sous la forme d’une trilogie), Zelasny, Farmer, Moorcock, Vinge, Howard… Les grands noms qui allaient lui permettre de devenir l’auteur que nous connaissons. Plus tard, il appréciera les auteurs « jeunesse » tels que Erik L’homme, Hervé Jubert, Fabrice Colin ou Philip Pullman, Eoin Colfer pour ne citer qu’eux. Il n’y a pas de concurrence en littérature jeunesse, les auteurs s’apprécient, se côtoient, se téléphonent, se rencontrent, se parlent, rêvent ensemble d’histoires communes. Ainsi Erik L’Homme et Pierre imaginaient ensemble, « A comme assassins »…

De ses lectures, Pierre Bottero ne devait pas ressortir indemne.

C’est par hasard qu’il se lançait dans l’écriture, pour aider sa fille qui séchait devant un concours d'écriture : il rédigeait quelques pages sur son ordinateur, se piquait au jeu, poursuivait (son épouse réclamait la suite), envoyait le texte à un éditeur qui le publiait... Il était dit qu’il n’arrêterait plu. Marqué à tout jamais par Tolkien, il était évident qu’un jour, il s’essaierait à la fantasy. C’est ainsi que naquirent « La quête d’Ewilan », « Les mondes d’Ewilan » et « Le pacte des Machombres. »

 

 

 

Pierre Bottero se fichait éperdument du cadre dans lequel on allait placer ses romans. Mais pour les « techniciens, l’auteur lui-même évoquait la Low Fantasy. Il s’agit d’une low fantasy - inspirée par ses jeux d'enfant, ses rêves d'adulte, ses lectures et les émotions ressenties au quotidien - dans laquelle existe un équilibre entre le bien et le mal, le courage, la volonté et la détermination où domine le désir de tout ramener à des intérêts individuels (égoïsme forcené, aveuglement quant à la mise en danger des équilibres…). Un parallèle pourrait d’ailleurs être établi entre le chaos décrit et notre monde réel. Mais attention. Les propos de Pierre ne demeurent pas sombres, ils restent optimistes. Pour avancer ! Avec pour personnages principaux des… femmes. Pierre était fondamentalement féministe. Il aimait à dire qu’il y avait moins de « cons » chez elles que chez les hommes. Toutefois, Pierer Bottero n’a jamais cherché à donner des leçons, il se méfiait trop pour cela des « transmetteurs » de valeurs et des donneurs de leçons. Le livre était pour lui un objet de partage.

Ce partage, il l’avait avec sa famille qui appréciait ce qu’il écrivait et qui le rassurait : Claudine, son épouse, ses deux filles lisaient ce qu’il écrivait avant publication.

 

 

 

Lorsque Pierre Bottero était invité dans un salon du livre pour une dédicace, il faisait partie des auteurs les plus demandés (il ne faisait pas bon signer à côté de lui !) : les impressionnantes files d’attentes composées de lecteurs (jeunes et moins… jeunes !) en témoignaient. C’est avec émotion qu’ils recevaient tous les messages de sympathie et… d’amour. Ses livres touchaient, ses histoires permettaient le partage et faisaient rêver, Pierre vivait alors une aventure … magique.

Il avait beau affolé le compteur des ventes, ce qui avait un réel impact sur lui, c’était :  de percevoir la flamme dans les yeux de ses « fans » (euh ! il n’aimait pas le mot), de recevoir leurs avis, de parler avec eux.

Tant d’amour le gonflait à bloc et lui transmettait une énergie positive.

C’est pourquoi, ce succès (qui lui permit d’abandonner son métier d’instituteur) qu’il percevait intensément, à la fois avec bonheur (évidemment !) et tranquillité, lui donnait également un sentiment de responsabilité. Ainsi, s’il savait se montrer reconnaissant envers ceux qui l’avaient aidé à améliorer son écriture (Caroline Westberg, son éditrice chez Rageot), il avait également de la considération pour ce public à qui il devait tant. Quand vous rencontriez Pierre, assis derrière sa table de dédicace, vous aviez le sentiment qu’il n’attendait que vous ! Pierre veillait soigneusement à être proche de son « public », un de ses… bonheurs. Il respectait humainement ses visiteurs et ses lecteurs en leur offrant des histoires dont il voulait qu’elles évitent facilité et démagogie. Il apportait ainsi beaucoup de soin et d’exigences aux corrections, un travail exigeant, vorace en temps et en énergie.

 

L’écriture de Pierre Bottero avec « Le pacte des marchombres » avait atteint une belle maturité. C’est ce que Pierre lui-même soulignait quand il affirmait que « c’est en écrivant qu’on apprend à écrire. » En effet, cette dernière trilogie qui met en scène le personnage d’Ellana est moins légère, plus complexe, que celle de « La quête d’Ewilan » : l’auteur avait eu le sentiment d’avoir grandi, évolué et de s’être trouvé, un sentiment accompagné par le désir de partager encore davantage avec le lecteur. Pierre Bottero était un homme intègre, voilà pourquoi il continue d’être autant aimé. A la lecture de ses trilogies, cette sincérité transpire. Pierre prenait un immense plaisir à écrire, à « rêver », à imaginer le monde (issu d’un vieux rêve de liberté absolue) d’Ewilan, d'Ellana. Il prenait un immense plaisir lorsque d’autres que lui se baladaient dans "ses" mondes. Pierre Bottero écrivait pour être lu mais aussi pour explorer des contrées inconnues (se connaître lui-même ?) et entraîner à sa suite tous ceux qui étaient tentés par l'aventure... Quand il mettait le point final, c’était à la fois une joie (celle d’avoir terminée et d’être satisfait du résultat) et une déchirure (celle de quitter l’univers crée)… Un sentiment d'être coupé d'une part de soi-même avec l’irrésistible envie de replonger très vite.

 

Pierre le « poète » accordait beaucoup d’importance au travail de réflexion qui précède l’écriture. Lorsqu’il attaquait le premier chapitre d’un roman, la trame générale était dans son esprit, il connaissait très bien ses personnages. Ensuite, plongé dans le cœur du roman, il écrivait sans arrêt, du matin au soir, parfois pendant la nuit. Puis, il pouvait ne plus écrire pendant des semaines Enfin, presque car il écrivait toujours… dans sa tête. Quand il n’écrivait pas, il écrivait sans écrire. Pierre était un homme normal qui aimait lire, courir, menuiser, bucheronner, voyager, rencontrer, parler, rêver… et sourire ! Ah, ce sourire !I

L’écriture de Pierre était une écriture « vraie », sans complaisance, une écriture qui venait des tripes, un cadeau offert au lecteur. Il n’était satisfait que si les mots qu’il employait correspondaient réellement à ce qu’il souhaitait écrire. Cette honnêteté, il la devait à ses lecteurs. Pierre était un travailleur qui reprenait, sans cesse, son récit, la cohérence, le fond, la forme… C’est pourquoi il prenait grand soin, malgré les pressions des lecteurs, de ne pas chercher à publier, à tout prix, trop rapidement. Il était persuadé qu’il valait mieux patienter et faire patienter plutôt que de se décevoir et décevoir. Il pendait qu’il fallait laisser le temps à l’histoire de pousser, à son rythme...

 

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   "Le Loup à la voix de miel"
Marc SEASSAU (Grasset jeunesse)

J’ai fait venir dans le collège où je travaillais alors, l’écrivain Marc Séassau.  La journée fut belle et pleine d’émotion notamment lorsque Marc anima une rencontre à deux voix (j’adore organiser ce genre de rencontres : 2 auteurs face à une classe en même temps !) avec Jean-Côme NOGUES qu’il avait adoré lire lorsqu’il était ado.

Marc Séassau a écrit ce roman « Le loup à la voix de miel » parce qu’il a été marqué par sa convocation comme juré dans une affaire de viol. Dans son récit, il narre l’entrée en 6ème d’une petite fille qui, anonymement, dépose des extraits de « Peau d’âne » dans les poches, de sa « marraine », une élève de 3ème.  L’appel au secours était évident !

Cette rencontre a déclenché un phénomène pour le moins inattendu dont j'ai été le témoin, involontaire : il m'a fallu trois semaines pour comprendre ce qui m’arrivais !

Je trouvais régulièrement par terre, dans le CDI, toujours disposées par deux, des photos représentants des scènes classiques de la vie d'une famille avec une de nos élèves de 6ème (anniversaires...). J'ai évidemment rendu ces photos à l'élève qui, agressive, semblait ne pas comprendre pourquoi je détenais son bien. C'est tout juste si elle acceptait de reconnaître qu'il s'agissait d'elle sur les clichés ! Ces scènes se sont régulièrement reproduites ( trois, quatre fois pendant trois semaines) jusqu'au jour où j'ai eu un déclic  : une seule photo sur le sol évoquant la petite sur les genoux d'un homme. J'ai de suite compris (Peau d’âne !), j'ai alerté l'infirmière, la Principale du collège... Cette élève avait eu l’idée de reproduire ce que l’héroïne du roman faisait.
Voilà ce qu'uns simple rencontre d'écrivain peut entraîner en dehors du plaisir de lire.
Le roman avait libéré la parole de l’élève !


Nous en avons évidemment parlé avec Marc Séassau qui était évidemment KO : comment ne pas l'être ? Il avait écrit ce roman un peu dans un but pédagogique mais quand la réalité dépasse la fiction...

Recherche

PERLES de LECTURE

 Le collège de Gannat

 a voyagé dans le temps !

 

 Après la lecture des romans historiques jeunesse de Béatrice Nicodème....

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« Oyez ! Oyez gente dames et damoiseaux ! Entrez dans le Moyen Age ! » Ainsi s’est écrié le troubadour, jeudi 9 juin 2011, dans la plaine gannatoise : deux cent élèves de 5ème du collège Hennequin et CM2 des écoles du Malcourlet, de Pasteur et de Jean Jaurès ont bravement et « prestement » effectué le « pas sur le côté » pour revêtir leur cotte de maille et ainsi plonger en plein XIVème siècle.

  

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  Pour rendre vivant et attractif le Moyen Age, période étudiée en classe et encore largement visible dans la cité des portes occitanes, Gannat, douze comédiens et cascadeurs professionnels de la compagnie toulousaine ARMUTAN, ont chevauché leurs destriers pour répondre à l’olifant de Christophe Boutier, professeur documentaliste, initiateur de cet imposant projet, « Cultures, loisirs et genres de vie au Moyen Age », un projet fédérateur d’énergie d’une année.

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Un campement faits de plusieurs tentes, de peaux de bêtes, de râteliers d’armes, de tonneaux… a été établi dans la partie herbeuse et arborée de l’établissement scolaire. Les écuyers – élèves, aux yeux brillant de plaisir, répartis en six « compagnies » de « routiers » qui répondaient au nom d’un  célèbre homme de guerre, du Guesclin, Prince noir ou bien d’un roi, Philippe Auguste…ont défilé avec leurs bannières dans les sept ateliers pédagogiques pendant six heures.  Ainsi, ils ont été initiés à l’archerie, au maniement des armes, au combat rapproché, à l’héraldique – l’art de faire son blason – à la danse, aux instruments et à la musique, à la jonglerie… Le capitaine « Barbepeste » et ses sbires ont alors conquis la « piétaille » qui après explications et démonstrations, devait mettre en pratique l’enseignement de leurs maîtres…  

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 Les corps fatigués furent réparés par le succulent banquet médiéval régional (tortillons gannatois, galichons d’Escurolles, fromages de chèvres de Bellenaves, Fraises bourbonnaises sur lit de fromage blanc de campagne de Cérilly étaient inscrits sur le très beau papier imprimé à l’ancienne par le moulin Richard de Bas ), pris en musique, et proposé par le chef, Sylvain Bruno. Une projection d’images, capturées dans la matinée, proposées par les élèves de l’atelier image du collège lors du repas, a également ravi les convives.

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En fin d'après-midi, les petits occitans, tout sourire, étaient regroupés pour assister à un spectacle de jongleries burlesques proposées par « Grand mètres Yann »,  à de la poésie lyrique, et à une impressionnante saynète de combats à l’épée accompagnée par la musique du groupe DAYAZELL.

 

Quel bonheur ! Quelle joie d'avoir vu les yeux des enfants pétiller de plaisir ! Quel  moment de vie ! Il ne fait aucun doute que cette journée unanimement saluée comme étant extraordinaire restera gravée dans les mémoires.

  351.JPG Alors, un grand MERCI à tous ceux qui ont participé à la réussite du projet ! Les personnels du collège Hennequin, la mairie de Gannat, les mécènes, les comédiens si sympathiques et bien sûr…les élèves !

 

Pour en savoir davantage :

 

RV sur le blog du collège de Gannat (03),

une 100e de photos...

 

http://cdi.gannat.over-blog.com/

 

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A propos de ce blog !

 

Lu dans « La nouvelle encyclopédie des filles 2011 » de Sonia Feertchak ((Plon)

 

« Le blog passionné et passionnant d’un professeur documentaliste  fou de littérature jeunesse, pour « sourire, rêver, aimer ». Des articles vivants sur la lecture, qui donnent envie de découvrir plein de livres et autant d’auteurs

 

 

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A lire, vraiment !




 

 

 

 

 

 

 

 

   

A travers de nombreuses anecdotes Christian Grenier évoque son enfance placée sous le signe du théâtre et de la lecture, son adolescence marquée par l'écriture et la passion. Il relate son parcours d'enseignant, d'auteur mais aussi de lecteur-correcteur, journaliste, scénariste et directeur de collection. Il se penche également sur les mécanismes intimes de l'imaginaire, détaille la genèse de ses oeuvres et fait pénétrer le lecteur dans les coulisses de l'écriture et de l'édition. Enfin il s'interroge sur les principes qui font d'une fiction un récit pour la jeunesse. Regorgeant de confessions, de convictions et de passion, ce témoignage d'une vie consacrée à la littérature jeunesse se lit comme un roman.
 

Le MOT du JOUR : ......

    "Des millions de gens vivent sans lire, mais ce qu'ils ignorent,

c'est qu'on vit infiniment plus en lisant."

Xavier-Laurent PETIT

  

     318 042 visiteurs 

Je vous livre l'adresse du blog de mon nouveau cdi et collège : http://colllafontaine.over-blog.com/

 

depuis octobre 2009

 

 

24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 12:42

Eric Boisset - Les pierres de fumée : La prédiction, tome 1. Magnard, 2015. 418 p.

Genre : Fantasy.

Mon avis :

Une "pépite" de roman !

Du très grand, Eric Boisset ! Pour un coup d'essai dans la fantasy, c'est un vrai et brillant coup de maître qui parfois m'a fait penser à... Pierre Bottero (diantre !) mais aussi à George R.R. Martin (diable !) Ce premier opus, très travaillé, maîtrisé de bout en bout, est celui d'une trilogie ambitieuse. Il est... ENTHOUSIASMANT, passionnant, entraînant et d'une incroyable RICHESSE. Voici donc une fantasy, loin des clichés manichéens du genre, qui foisonne de trouvailles, une véritable histoire intrigante à souhait, émouvante, pleine de fureur et de sang, un texte à la fois servi par un style agréable, facile à lire, mais aussi par l'humour d'Eric Boisset. Le "traîne patin" (p.385) qu'il n'est pas, distille tout au long des 418 pages, le "jarret piaffant" (p. 241), sans prendre le lecteur pour "un lapin de trois semaines" (p. 302), bons mots et bonnes phrases ! Le récit alerte - riche en action, en coups de théâtre et en réflexions (entre autres, philosophiques et spirituelles) - tient en haleine le lecteur qui dévore goulument les pages de ces magnifiques "Pierres de fumée." Bref,... chapeau, l'artiste ! Chapeau, Eric, "l'enjoliveur de mots." Vivement, la suite au mois de septembre !

Résumé :

Vivant jadis en bonne intelligence, humains et roomajads, des lézards humanoïdes, s’affrontent désormais de part et d’autre des « pierres de fumée » dans une lutte sans pitié pour prendre le pouvoir de l’ensemble du royaume. Dans ce contexte sombre, Liam et Éléa, des jumeaux aux talents mystérieux, sont enlevés et séparés. Pris dans une guerre dont les enjeux les dépassent, ils comprendront peu à peu ce que chaque camp attend d’eux. Dans ce premier volume, les jumeaux pressentent que leur enfance a pris fin. Viendra alors pour chacun le temps d’utiliser ses dons uniques...

Le livre : L'objet-livre est, ici, magnifique. Il ne peut que servir le récit : ainsi, Magnard a gâté Eric Boisset en "couchant" ses mots sur un beau papier, en lui proposant la superbe couverture réalisée par Benjamin Carré et des illustrations intérieures. En effet, à chaque début de chapitre (courts et très nombreux : 56 en tout et pour tout), dédié à un personnage, correspond un petit cartouche, de forme carrée, dessiné par Lionel Richerand, dans lequel on "lit" l'attribut de celui-ci : un cheval ailé pour Gofraidh Tigernach, une fronde pour Liam, une pinte de bière pour Vortimer... L'influence : Si Eric Boisset n'était pas prédisposé à écrire de la fantasy (il n'est pas amoureux du genre), c'est la lecture de Georges Martin et de son fameux "Trône der fer" qui l'a bouleversé au point d'écrire "Les pierres de fumée" (quel joli titre !) L'idée bienvenue de l'alternance des points de vue au travers une multitude de chapitres portant le nom d'un des nombreux personnages (chapitre, 2 - Rak ; chapitre 7 - Ny...) vient de là.

Commentaire :

Je ne m'attarderai pas sur l'histoire tellement elle est riche - quel travail réalisé par Eric Boisset pour tisser cette toile ! - et que, franchement, elle mérite qu'on laisse la surprise aux futurs lecteurs! En tout cas, si vous avez aimé lire Pierre Bottero, vous serez ravis de lire Eric Boisset. Juste un petit chose, il existe un passage (mon préféré) magnifique, un... bijou d'écriture et de mystification du lecteur : la confession de Kaïcha. Jamais on ne parvient à savoir si Eric Boisset retrace l'existence d'un vieux conte, dont il a la connaissance, ou s'il le sort de son imaginaire. Mystère ! Si Eric Boisset passe beaucoup de temps à ciseler phrases et histoires, il faut reconnaître que ce premier tome de fantasy est une vraie et belle réussite. La maîtrise de l'art de la description et de l'émotion, associés à une écriture visuelle (les effets du cinéma ?) plongent le lecteur dans la poésie de la magie des mots ("L'aube croisait ses lances d'or entre les arbres, une brume violettes flottait sur les fougères", page 99 ou encore "Leur crinière bouclée refluait sur leur garrot en torsades couleur d'ardoise", p. 106). Ainsi, devant les yeux du lecteur, c'est un véritable film qui déroule ! D'entrée le rythme est là, le lecteur plonge dans le sujet et tremble devant ces "dépeceur de Basse-Terre" : sommes-nous partis dans le Gévaudan des temps obscurs? D'ambitions et de pouvoir, de guerres et de magie, il est également question avec les magiciennes que sont l'impératrice Caëla et sa chancelière, Ny. On retrouve aussi quelques clins d'oeil - c'est moi qui le dit - au cher Arkandias (anneau d'or, grimoire, bibliothèque) d'Eric Boisset mais aussi à "L'étincelle d'or" (les arbres). Les nombreux personnages du roman sont plein de surprises, ils entretiennent entre eux des relations complexes, et ce sont des personnalités bien marquées, attachantes (Gaïr, le lézard debout ; Liam, le futur combattant d'élite) ou pas. Les "mystérieux" voire inquiétants peuplent le récit, ainsi le bâtonnier Swideger ; ils sont aussi brutaux, tel le Ligher des Quatre-Terres, Odon Sangat, mais... Ils peuvent aussi se révéler fantaisistes et réjouissants, c'est le cas du maître des bains, Bahijar ! "La prédiction", est aussi un roman s'apprentissage dans lequel les femmes jouent un rôle important, elles tiennent les reines du pouvoir. Ce sont de "sacrées" femmes, au caractère bien trempé : Eléa, la soeur de Liam, qui n'a pas sa langue dans sa poche, est "aussi rouée que vive d'esprit" (page 139). Ce roman réjouira les amateurs de complots, d'arts martiaux, de spiritualité et de réflexions philosophiques. Ils pourront ainsi s'initier au... Jondo. Mais si "Les pierres de fumée" sont un récit divertissant, elles ne sont pas que cela. Il s'agit d'une fantasy qui entraîne le lecteur à se poser des questions sur lui-même (sa "forge interne"), sur le monde qui l'entoure et son rapport à celui-ci : l'argent, les animaux (très présents : les chevaux, le raton laveur d'Eléa....), la nature (le jardin, les arbres, les plantes et les fleurs... qu'il ne faut pas cueillir pour rien sous peine de transformer le monde, p. 373.) Et dans ce monde que les combattants de l'élite doivent protéger, il y a un besoin... d'art - de musique, de dessin, de peinture, de danse... - pour apaiser "le tumulte des pensées." Ici, on retrouve des thématiques chères à Eric Boisset, telles que le pacifisme incarné par Gaïr, le "lézard debout", le dégoût de l'oppression - notamment quand Sangat frappe violemment le jeune Jardinier sans défense, Tobias - et du racisme (Gaïr : "Conviction définir moi, pas race", p. 209). Le problème de l'intégration est également posé, à travers la maltraitance que subissent les Aspirants chez les fils de riches d'Antinéa... Si le récit d'Eric Boisset n'est pas anodin, il est parvenu à distiller avec intelligence son propos. Eric Boisset a mis beaucoup de lui-même dans cette écriture. Son projet le plus ambitieux et dont la "magie des souffles" m'a puissamment enveloppé !

Les bonnes phrases :

* "Couvre-toi, tu vas attraper la mort" - P.14

* Le spectre hideux de la diète" - P. 57

* "N'oublie pas que la gravité est le bonheur des imbéciles" P. 170

* "On ne choisit pas notre art, c'est lui qui nous choisit" - P. 191

* "Que tu sois doué n'est pas le plus important. Ce qui distingue le virtuose de l'amateur, c'est le travail " - P. 213

* "La peur est fille de l'ignorance. Se poser des questions est donc essentiel" - P. 218

* "L'humour conjugué avec le charme, voilà un mélange bien agréable" - p. 256.

*Merveilleux sésame que les espèces sonnantes et trébuchantes, songea-t-il, non sans amertume. Nos mystagogues ont longtemps bercé le rêve d'une langue unique pour tous les peuples, mais elle existe, c'est l'argent. P. 285

* L'art ne se réfléchit pas, il se ressent" - P. 295

* "Les heures de veille qui ne sont pas consacrées au perfectionnement de l'esprit dont des heures perdues" - P. 350 * L'esprit est un jardin envahi de mauvaises herbes" - P. 364

* De l'attachement nait la souffrance" -

Une "pépite" de roman
Une "pépite" de roman
31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 18:41

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Fréquentation - Mars 2015
Published by Le cédéiste
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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 15:06

interview-anne-sophie-silvestre-11309546.jpgAnne-Sophie SILVESTRE, nous dit tout, tout, tout.. enfin presque tout !
Interview réalisée par moi-même en janvier 2015. Elle sort donc du four.... et est à consommer sans aucune modération !

 

Bonjour Anne ! Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

Bonjour ! Anne-Sophie Silvestre, raconteuse d’histoires en tous genres.

 

L’auteur aujourd’hui

 

• Comment se situe l’auteur aujourd’hui par rapport à l’auteur des débuts ? Il y a-t-il une différence (style, pensée, méthode…) ?

Pas beaucoup de différence, je pense… Le style est sûrement plus précis, plus exigeant, j’ai acquis du métier.
La pensée, j’espère qu’elle a progressé avec l’âge.

La méthode, je n’en ai jamais beaucoup eu : si j’ai une idée, un désir, et qu’ils prennent forme, alors j’écris. 

 

• Quelle est ta définition de l’auteur jeunesse ? En es-tu un ?

C’est une question difficile. J’écris comme j’ai envie d’écrire, pour moi, comme j’ai envie que mon texte soit. Je ne pense jamais « C’est pour tel âge, il faut faire comme ci ou comme ça ». J’écris pour les jeunes lecteurs comme pour les adultes, j’ai le sentiment qu’ils comprennent tout. Et les jeunes lecteurs sont un public délicieux, facilement contents, pas chichiteurs, sans préjugés. Merci, les jeunes !

 

L’écriture :

 

• Pourquoi écris-tu ? Est-ce quelque chose de facile à expliquer ?

Oui. Parce que j’aime ça.

 

• C’est quoi être écrivain ? Ecrire c’est quoi ?

C’est raconter une histoire avec des personnages, des émotions, des costumes, des paysages, des parfums, de la musique, des rythmes, des pensées, des balalaïkas, des lapins et de la neige, au moyen de mots et de ponctuation. Si les mots sont justes et bien assemblés, ça fonctionne.

 

• Que penses-tu des écoles américaines dans lesquelles on peut apprendre à écrire ?
On fait en France beaucoup de composition française et de travaux rédigés, il me semble que c’est une bonne façon d’apprendre à écrire.

 

• Arthur Ténor parle de lui comme étant un « explorateur de l’imaginaire. » As-tu une formule pour te caractériser ?

J’en ai une, mais elle n’est pas de moi : « Conteurs, contez ! Ho, la place est belle ! » Elle est de Patrick Chamoiseau.

• L’écriture a-t-elle toujours été en toi ou est-ce quelque chose qui est arrivé tardivement dans ta vie ? Il y a t-il eu un élément déclencheur ?

J’ai gribouillé des histoires assez tôt, mais j’étais avant tout une grande liseuse.

 

• Pour qui écris-tu ? A moins que ce ne soit pour un public ? Pour être lu ?

D’abord pour moi. Et quand mon texte est aussi proche que possible de ce que je voudrais, je suis contente qu’il soit lu. Et si les lecteurs aiment, j’en suis ravie.

 

• Le public/l’éditeur t’ont-ils influencé à un moment donné ?

Sur mon travail en général, non. Mais bien sûr une critique qui me paraît juste, j’en tiens compte.

 

• Cette fameuse imagination, d’où vient-elle ? De quoi t’inspires-tu ?

De tout. Tout ce que je lis, je vis ou je vois. Tout cela ce sont des ingrédients à mettre dans ma pâte à gâteaux personnelle, et ils vont lever et cuire ensemble.

 

• Comment procèdes-tu pour écrire ? Un plan ? des carnets ?

Pas de plan. Pas de fiches. J’ai mon idée de départ, mon ou mes personnages principaux et go ! Que trépasse si je faiblis !

J’ai plein de carnets mais ils me servent à autre chose, des notes, des dessins, des trucs sans ordre.

 

• A quel moment de la journée écris-tu ? Avec quoi ? Une heure précise ?
As-tu besoin d’isolement ?

Quand j’ai le temps. J’écris sur mon ordinateur. Sur des cahiers quand je n’ai pas mon ordi. Et, oui, s’il y a du calme et du silence, c’est mieux.

 

• Qui te lis en 1er ? Un proche ? Pourquoi ?

J’aime bien quand mes enfants me relisent. Parce qu’ils ont des avis très sûrs.

 

• Ecrire à 4 mains cela te tente-t-il ?

Non. Déjà au lycée ou à la fac, quand il fallait travailler en binôme, je m’arrangeais chaque fois que possible pour me trouver en équipe avec un absent.

 

• Est-il facile de vivre de sa plume ? Exerces-tu un autre métier ?

C’est quasiment impossible. Oui, je suis médecin.

 

• Qualités et défauts de la Femme ? qui rejaillissent sur l’écrivain ?

Je ne sais pas, je manque d’objectivité sur ce sujet. Mais les qualités et les défauts marchent sûrement aussi pour l’écrivain, si on peut utiliser ce mot qui me paraît très pompeux pour moi.

 

* Quels conseils donnerais-tu à un auteur débutant ?

Je les donne souvent lors des rencontres : écrire ce que vous voulez, finir ce que vous commencez, et faire lire votre ouvrage quand vous avez décidé qu’il est terminé.

 

L'Histoire :

 

* Qu'est-ce qui t’as amenée à écrire des romans historiques ?

Il me semble que tous les romans sont des romans historiques. Il y a toujours une époque qui sert de cadre au roman.

Est-ce que le roman historique est plus compliqué à écrire que d'autres romans aux genres différents ?

Je crois que le plus difficile, c’est écrire des choses justes sur aujourd’hui.

Comment parvient-on à mêler fiction et réalité ?

C’est le privilège et la merveille du roman.

 

Tes personnages :

 

• Comment crées-tu tes personnages ?

Comme le docteur Frankenstein. Je les ébauche un peu et j’abaisse le gros interrupteur, s’ils prennent vie, c’est du tout bon, on continue.

 

• Est-ce que ce sont tes personnages qui te mènent ? Par exemple, peuvent-ils te faire changer de voie en cours d’écriture ?

Un peu, pas totalement. Nous nous partageons le devenir du récit. Hé ho, j’ai quand même mon mot à dire. Ce n’est pas ma création qui va me casser les pieds outre mesure ! Qui c’est le démiurge, ici ?

 

• Qu’aimes-tu le plus dans la création du personnage ? L’aspect psychologique ?

Psychologique, oui. Physique aussi. Décrire le Chevalier d’Eon torse nu, trempé d’eau et l’épée à la main, c’est very inspirating.

 

• Quel est le personnage que tu as créé et qui t’a posé le plus de souci. Pourquoi ?

Aucun. Si je n’ai plus d’idées pour gérer un personnage, ni de plaisir à lui inventer des aventures, c’est qu’il est temps de le faire sortir du récit si c’est un personnage secondaire, ou de terminer l’histoire et passer à autre chose si c’est un personnage principal. Cela ne m’est jamais arrivé avec un personnage principal. Je les ai toujours quittés avec tristesse.

 

• Quel personnage de papier que tu as inventé aimes-tu le plus ?

Je les aime bien tous.

 

Les lieux :

 

• Comment t’inspires-tu pour créer un lieu ? Une atmosphère ?

J’imagine que j’y suis.

 

• Te rends-tu sur place ? Visites-tu beaucoup ?

Oui. J’aime beaucoup cela. Si l’on connaît un endroit, cela aide beaucoup. Mais on peut aussi décrire un endroit que l’on connaît en le transposant géographiquement pour le bien du roman. Le roman est un espace de liberté.

 

Le style, la phrase, le mot…

 

• Quelle est la phrase qui te pose le plus de souci dans l’écriture ? L’incipit ?

Non, au contraire. Les premières phrases doivent être parfaites. C’est très amusant. Ce sont plutôt certaines transitions qui peuvent être ennuyeuses, comment aller d’un passage fort à un autre.

 

• Quel style préfères-tu ? style indirect libre… « je » ou « il »…

J’use des deux. Les deux ont leurs avantages.

 

• As-tu la plume facile ? Où est-ce laborieux ? Te faut-il raturer beaucoup ?

Je corrige énormément mais c’est parce que cela m’amuse.

 

• Combien dure la phase avant l’écriture (recherches…) ? Et la phase d’écriture ? Combien écris-tu de livres par an ?

Presque rien. Quand j’ai une idée, j’y vais tout de suite. Les recherches, je les fais en cours d’écriture. Les idées, elles tombent un peu du ciel, je trouve. Quand il y en a une qui arrive, il faut la saisir et la bloquer sur le papier pendant qu’elle est là. Une bonne idée, originale, motivante, c’est précieux, ce n’est pas si fréquent.

 

• Quel place a le mot dans tes romans ? Le vocabulaire est-il très important pour toi ?

Essentielle. La recherche du mot juste est ma principale préoccupation. Et j’aime aussi le plaisir gourmand de me servir de beaux mots. Les répétitions ne me gênent pas, beaucoup moins que l’utilisation d’un synonyme à la nuance inexacte, ou moche tout simplement.

 

• Fais-tu attention à la longueur de tes phrases ? Pierre Bottero faisait des phrases courtes ; parfois, il ne les finissait pas pour laisser le soin au lecteur d’imaginer, de rêver et donc de les terminer lui-même.

J’ai envie que ce soit joli, alors je fais surtout attention au rythme et à la musique de mes phrases. Un alexandrin ou un décasyllabe caché dans la prose, ce peut être très agréable. Je me dis parfois : « je relis, c’est le moment de me mettre le cerveau en gamme de blues. »

 

• Qu’est-ce qui fait que pour toi, une phrase est bonne ?

Allons tout droit au sublime. Mon cher maître Flaubert l’a splendidement dit : « Une bonne phrase de prose doit être comme un bon vers, inchangeable, aussi rythmée, aussi sonore. »

 

• Utilises-tu beaucoup de documentation ?

Enormément, j’adore cela.

 

La littérature :

 

• Anne, qu’est-ce ce que la littérature jeunesse ? Une littérature à part entière ?

Je crois qu’un texte écrit avec des mots, des phrases et de la ponctuation relève de la littérature, de la comptine à « La guerre et la paix » de Tolstoï. Ensuite, si l’on veut, on peut la classer par genres. C’est plus commode dans les bibliothèques et les librairies.

 

• Faut-il lire les classiques ? Pourquoi ?

Il me semble qu’en lecture, il ne « faut » pas grand-chose. J’aime beaucoup les ouvrages classiques et je les conseille vivement, mais chacun lit ce qu’il aime. J’aime aussi beaucoup les bd et les mangas.

 

L’avenir du livre ?

• As-tu un avis dessus ? Les nouvelles technologies vont-elles le tuer ?

J’espère que non.

 

Le fruit de ton imagination :

 

• Quel est le livre que tu as écrit pour lequel tu gardes une affection particulière ?

Je les aime bien tous.

 

• Pourquoi vas-tu dans les salons du livre ? Cela n’est-il pas trop ennuyeux ?

Pour rencontrer les lecteurs. Non, ce n’est pas ennuyeux, au contraire c’est un moment privilégié.

 

• Ecrire, c’est s’exposer aux regards des autres ? Est-ce compliqué ?

Vous voulez dire : par le biais du contenu du récit ? En effet, on livre beaucoup de soi-même à travers les personnages. Mais le roman et la fiction font une cuirasse très efficace, comme celle d’Achille.

 

• Quel est le plus beau compliment reçu ?

Oh, la plupart ! Les lecteurs et les blogueurs sont tellement gentils avec moi, tellement indulgents, tellement généreux. Quarante mille fois trop gentils !

 

• La réflexion la plus dure ?

Je n’ai pas le souvenir… On a dit des choses assez aigres sur Marie-Antoinette mais ce n’était pas sur mon roman, c’était sur sa personne. C’est étonnant, plus de deux cents ans après, des gens la détestent encore. Bon, on a aussi dit des choses très sympa sur elle et je crois que c’est celui de mes livres qui a été le plus acheté.

 

L’écriture engagée :

• Peut-on tout écrire quand on sait qu’on est lu par des ados ? Evoquer les affres de notre société n’est-il pas périlleux pour le moral de notre jeunesse ?

J’écris des comédies et des romans de cape et d’épée, je ne crois vraiment pas que je puisse être un péril pour le moral de qui que ce soit.

 

Les éditeurs, l’édition :

 

Te sens-tu libre comme écrivain ? As-tu eu à souffrir de la censure ? T’interdis-tu des choses dans l’écriture ? L’éditeur te « dirige »-t-il beaucoup ?

Tout à fait libre. J’écris avant de proposer mes textes. J’écris comme j’ai envie que mon texte soit. Je ne présente donc aux éditeurs que des textes finis. Et cela leur plaît ou ne leur plaît pas. Si leurs propositions me paraissent améliorer le roman, bien sûr j’en tiens compte, c’est très souvent le cas.

 

Les éditeurs mènent des études pour connaître les goûts des lecteurs (en matière d’histoires, de personnages,…)… Comment fais-tu pour résister aux modes et toujours être un auteur apprécié ?

Je ne me tiens pas au courant de ces études. Je crois qu’écrire sur un canevas ma barberait profondément.

 

Est-ce que lecture et écriture vont de pair ? Faut-il aimer lire pour écrire ?

Pour moi, oui. Pour les autres, je ne sais pas. Il doit bien y avoir des gens qui arrivent à dissocier.

 

• Pour toi, lire c’est quoi ?

C’est intense, silencieux et immergé.

 

• Les livres jeunesse qui t’ont marquée chez les autres ?

Rudyard Kipling !!!

Merci Christophe

 

Published by Le cédéiste - dans INTERVIEWS du Cédéiste
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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 10:17

l-enfer-du-college.jpgArthur Ténor nous livre un très intéressant roman, joli texte réflexif et émouvant sur le harcèlement au collège. Saisissant !

L'histoire :

Gaspard, un jeune collégien de 11 ans, fait sa rentrée dans un nouveau collège. Anthony, l’un des garçons de sa classe décide aussitôt d’en faire son souffre-douleur, juste pour rigoler, parce qu’il aurait « une tête claque », autrement dit de gentil, de premier de la classe. La vérité, c’est que Gaspar est un enfant sensible, réservé, curieux. Le cauchemar commence par l’intrusion forcée du tortionnaire dans sa vie, par les plaisanteries d’un goût douteux, puis cela dégénère. La souffrance s’accroît chez la victime en même temps que la méchanceté devient cruauté chez le tortionnaire. Jusqu’à ce que Gaspard décide de passer à la contre-offensive. Il répondra à la violence par la violence, à la perversité par la perfidie… Le mal contre le mal, cela donne le mal démultiplié. Après avoir tenté de poignarder Anthony, Gaspard décide de mettre fin à son calvaire, de manière radicale et définitive. Sa tentative de suicide provoquera la rupture, le choc final et, paradoxalement, l’ouverture d’une fenêtre vers l’espoir.


Citations :

"Si tu ne hurles pas, personne ne croira que tu as mal" - Henry de Montherlant

P. 65 : "Un enfant doit d(abor apprendre à apprendre et comprendre avant d'être mis devant ses responsabilités."


Thèmes :

Harcèlement / Différence / Fait de société / Drame / Violence / Souffre-douleur  / Perversité / Suicide / Collège


Commentaires :


Voilà un beau texte ! J'ai pris beaucoup de plaisir à le lire. Un lecture qui m'a fait prendre conscience de bien des choses et qui m'a sans nul doute apporté.


Après "A mort L'innocent", "Un prof en enfer", "Les anges pleurent en silence"... Arthur Ténor examine, une nouvelle fois, les travers de l'âme humaine. Il appelle à la vigilance et  dénonce, ici, la violence entre enfant. Ce roman quelque peu pédagogique peut aider à prendre conscience de la gravité du phénomène. Avec un espoir : que tout cela cesse, un jour. Le témoignage saisissant, en fin de récit, de la maman d'un enfant persécuté qui a fait de multiples tentatives de suicides, donne encore davantage de valeur à un texte qui en a déjà beaucoup.


Comment s'amuser avec un nul, un tout gentil ? voilà la problématique d'Anthony, élève tortionnaire. Arthur Ténor raconte. Les chapitres s'enchaînent rapidement (le roman est court) et se répondent : une fois sur  deux, le lecteur suit le point de vue de deux collégiens, Gaspard (le souffre-douleur) et Anthony (le persécuteur). Et Arthur Ténor, dans un récit fort bien construit, parvient à prendre à témoin le lecteur qui assiste impuissant à la montée dramatique de l'histoire.


Petit à petit à petit, Arthur Ténor distille savamment les ingrédients qui rendent la cruauté d'Anthony insupportable (on délaisse d'ailleurs son point de vue) et l'on comprend alors que les deux garçons s'enferment dans la spirale de violence. Celle-ci, au fil des pages, progresse, progresse, toujours un peu plus, chapitre après chapitre. C'est l'escalade ! Le cauchemar... l'enfer vécu par Gaspard ! Jusqu'où ce harcèlement peut-il aller ? Comment tout cela va-t-il se terminer ?


L'angoisse nous étreint, le mal être s'amplifie, Gaspard vomit (nous aussi !), Gaspard est détruit psychologiquement... OU SONT LES ADULTES !!!!!!

Assurément, voilà un roman à lire !!!!! Un roman dont on ne sort pas indemne : et l'on ne peut, après sa lecture, qu'ouvrir encore davantage ses yeux et ses oreilles lorsqu'on travaille au milieu des enfants !

Bravo !


Remarques :

Un mot de l'auteur conclut le roman dans lequel il explique comment est née cette histoire. Puis, il a donne la parole à la maman d'un enfant qui a connu "L'enfer au collège", un témoignage saisissant.

21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 18:43

un-prof-en-enfer.jpg

Un roman plein d’espoir - à la fois surprenant et dérangeant (du moins dans un premier temps) - sur la violence subie par les enseignants dans les zones dites « sensibles. Un roman qui fait réfléchir sur ses pratiques et qui par le biais de la fiction propose des solutions mises en place dans certaines ZEP.


L’histoire :

Antoine Vachet, professeur de lettres, s'apprête à faire sa toute première rentrée scolaire dans un collège dit "sensible". Persuadé que ses lascars d'élèves ne feront de lui qu'une bouchée, Antoine cumule les crises d'angoisse et les nuits sans sommeil. Et pourtant, lui qui voit déjà ce poste en ZEP comme un supplice va connaître une expérience unique, celle d'une réalité qui dépasse tout ce qu'il a pu imaginer.


 Thèmes : ZEP / Seine St-Denis / Professeur de Lettres débutant / Relation professeur – élève / Violence / Solution : Projet 3ème Défense Globale.


Citations :


* Une phrase (p.112) d’Arthur Ténor m’a fortement interpelée : « Le pire n’est pas certain, le meilleurs toujours possible ! »

* J’aime, aussi, p. 34 : « La culture est le plus sûr escalier pour élever l’esprit vers la sagesse. »

* Et encore, p. 37 : « Dans monde idéal, les cultures se côtoient en paix, se respectent, se marient même… »


Commentaire :


Terrible ! Quelle lecture ! je ne sors pas indemne de cette plongée… en enfer. « Un prof en enfer »… un roman d’horreur ? Horrible, oui, ce que notre auteur fait vivre à son personnage principal. Horrible, « Le plus beau métier du monde » ? Ce court récit m’a donc bluffé et mis mal à l’aise (du moins, dans un 1er temps), tellement j’ai « épousé » les peurs (le mot est très faible) du jeune professeur.


Il y a donc deux temps dans le récit :


Un premier temps qui court jusqu’à la page 109 (les trois quart du récit).Là, j’ai eu mal ! Très mal. Mal pour Antoine Vachet, professeur nommé dans un collège dit « sensible » (quel drôle d’appellation). Et cette question qui me hante, irrémédiablement, tout au long de ma lecture : comment cela va-t-il se terminer ? Que je souffre devant tant de violence, de cruauté !... Soupir… J’ai envie de crier à Vincent de fuir, de penser à lui, à sa santé… La Seine St-Denis ? Une autre planète ? Vraiment ? Est-ce qu’un enfant peut réellement devenir un animal ? N’est-ce pas un peu trop caricatural ? On peut, peut-être rerocher à Arthur Ténor de pousser le trait  un peu loin., d’en faire un peu trop.  

Je suis groggy, inquiet, je me dis que suivant le lieu où l’on enseigne, on ne fait pas le même métier. Humilité !

Autres questions, à la lecture : « où Arthur Ténor veut-il nous conduire ? » «Que cherche-t-il à nous montrer ? »

 

Réponses entre la page 109 et 116 :

Changement de ton, RADICAL ! Retournement de situation, total.

Enfin… la LUMIERE. L’éclaircie, dans des dernières pages… étonnantes (mes préférées)... ESPOIR !

J’ai mordu à l’hameçon ! Coquin d’écrivain !!! Bluffé, je suis ! Arthur Ténor renverse donc la table et organise une belle surprise pour le lecteur. Des « possibles » existeraient donc ? Mais - chut… impossible d’en dire plus, sous peine de dévoiler bien des choses.


Remarque :

 

un dossier final conclut le roman.

Arthur Ténor explique, à la fin du roman, qu’un « Un Prof en enfer » est né lors d’une rencontre faite avec une classe de Zep, en classe de 3ème Défense Globale (un intéressant dossier donne des informations à ce sujet). Il livre également l’interview qu’il a réalisée de Christine FALLER, professeur d’Histoire-Géographie, membre du projet CDSG.

19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 11:46

celine-le-gallo-dedicace-son-premier-livre-le-tresor-de-lab.jpg 

Bonjour Céline ! Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

L’auteur aujourd’hui


• Comment es-tu devenue écrivain, aujourd'hui publiée ?

 

C'est une très belle aventure qui a commencé il y a maintenant un peu plus d'un an lorsque j'ai reçu un e-mail de Françoise Hessel, directrice éditoriale aux éditions Oskar, qui me disait qu'elle avait beaucoup aimé mon roman et qu'elle souhaitait le publier en 2014. Inutile de dire qu'il m'a fallu me frotter les yeux, me pincer, même, pour être certaine de ne pas rêver...

 

* Et pour la jeunesse ?

 

Ca, c'est sûrement la documentaliste qui rejaillit ! Eh oui, la littérature jeunesse fait partie de mon quotidien au collège. Sans dire que je suis tombée dedans quand j'étais petite (même s'il est vrai que j'ai toujours eu un livre à la main, même plusieurs !), disons que je la côtoie assez pour savoir à quel point elle peut, elle aussi, se révéler passionnante et enrichissante car oui, même en littérature jeunesse, on trouve de vraies petites pépites !

Par ailleurs, je crois qu'il me serait difficile d'écrire pour les adultes et uniquement pour eux : l'avantage de la littérature jeunesse est d'être, à mon avis, ouverte à tout public, de 1an à... tiens d'ailleurs, jusqu'à quel âge ? 100 ? 110 ? 120 ?... C'est une richesse incroyable et un plaisir de savoir que son petit livre va être lu par des petits, certes, mais aussi par des grands et que ceux-ci le feront lire à d'autres petits... et même à d'autres grands !

 

* Tu viens donc de publier ton 1er roman chez Oskar. Comment est né ce roman ?

 

Oh, ça, c'est une assez longue histoire (gloups, désolée, j'ai toujours eu du mal à faire court...) Au départ, j'avais été contactée par une maison d'édition régionale : il me fallait donc être extrêmement précise quant aux détails que j'étais amenée à fournir sur les principaux lieux de l'intrigue. Et comme je souhaitais que cette première enquête se déroule dans une abbaye où les moines sont encore bien présents, j'ai donc contacté le père abbé et le frère hôtelier de ladite abbaye pour solliciter un entretien : j'ai échangé avec eux durant plusieurs heures, l'occasion aussi de visiter l'église et même d'obtenir d'eux le plan que l'on découvre dans le prologue. Bon, il s'avère que le projet avec cette maison d'édition ne s'est finalement pas fait pour des raisons diverses et variées. C'est donc là que j'ai décidé, encouragée par ma famille et mes amis, de tenter ma chance au niveau national : j'ai d'abord « gommé » tout ancrage local dans mon récit pour en faire quelque chose de plus ouvert, j'ai ensuite corrigé et supprimé quelques parties propres à ma région (la Normandie, plus précisément, le département de la Manche) et puis... j'ai envoyé mon manuscrit, sans trop y croire au départ, mais en croisant tout de même fortement les doigts !

 


* La peur a-t-elle existée ? L'angoisse du débutant ?

 

Ce serait évidemment mentir que de dire que je n'ai jamais ressenti la moindre petite peur, la moindre petite angoisse... Au contraire ! Encore aujourd'hui, alors que l'aventure se poursuit plutôt de manière positive, je ne cesse de me poser x questions sur le quand, le comment, le « est-ce que la suite va leur plaire au moins autant », le « est-ce que je vais trouver une idée originale, les mots justes... », j'en passe et des meilleures... Cela dit, ça n'est pas très étonnant : d'abord, parce que je suis quelqu'un d'hyper stressé par nature (et pourtant, promis, je me soigne !) et rien à faire, je ne peux pas ne pas me poser cent mille questions ! Et puis aussi parce que c'est quand même une toute nouvelle expérience pour moi et il faut apprendre à gérer ces nouvelles émotions. Sans oublier la peur de décevoir ceux qui ont cru en moi (à commencer par Françoise Hessel), celles et ceux, petits et grands, qui vont me lire et puis l'inévitable envie ? besoin ? nécessité ? de progresser car ne l'oublions pas, je suis une toute « jeune » auteure.. disons plutôt récente, ça évitera les ambiguïtés, et j'ai donc encore tant à apprendre !

 


* Il n'y a pas d'école en France pour apprendre à écrire un roman, comment as-tu procédé ? As-tu lu d'éventuelles méthodes(si celles-ci existent) d'écriture ?

 

Non, je n'ai rien lu de ce genre, je me suis simplement mise un jour devant mon clavier et puis... j'ai commencé à noircir l'écran, sans méthode particulière, mais avec beaucoup, beaucoup de passion !

 


* Comment as-tu travaillé pour écrire ce roman ? Quelle fut ta méthode de travail ?

Comme je l'ai dit, j'ai d'abord bien étudié les lieux où je campe mon intrigue, cela me paraissait essentiel pour les restituer le plus fidèlement possible aux yeux des lecteurs. Pour le reste, je me suis aussi pas mal documentée sur la police scientifique via internet car même si je n'entre pas dans des détails trop précis, j'avoue que j'ai dû un peu potassé les questions d'empreintes digitales et d'ADN ! Ceci dit, c'est passionnant car j'ai appris quantité de choses ! Idem, d'ailleurs, pour les tomes suivants qui m'ont amenée à me renseigner sur les numéros de commission paritaire des journaux ou encore l'expertise des oeuvres d'art ! Sans oublier de longues recherches sur la vie dans l'Egypte antique au temps de Ramsès II mais là, chuuutttt, c'est une autre série, avec d’autres héros et donc une autre histoire !

 

 


L’écriture :

• Pourquoi écris-tu ? Est-ce quelque chose de facile à expliquer ?

 

En fait, ce n'est ni facile, ni difficile, c'est plutôt quelque chose de l'ordre du ressenti... Pour moi, en tout cas, c'est une vraie passion, peut-être même un vrai besoin, en tout cas assurément une grande source de plaisir... et d'angoisse aussi !!!

 


• Arthur Ténor parle de lui comme étant un « explorateur de l’imaginaire. » As-tu une formule pour te caractériser ?

 

Ouh là, ça c'est difficile... Eh oui, comme je l'ai dit, j'ai encore tout à apprendre... Alors, disons que je suis une « passeuse de mots, une gribouilleuse ou une raconteuse d'histoires ». Et si j'arrive vraiment à être ça, j'en serais ravie !!!


• L’écriture a-t-elle toujours été en toi ou est-ce quelque chose qui est arrivé tardivement dans ta vie ? Il y a t-il eu un élément déclencheur ?

 

Disons que j'ai toujours aimé gribouillé du papier : eh oui, à l'époque, les ordinateurs n'existaient pas (remarque qui me fait toujours passer pour une extra-terrestre aux yeux de mes élèves) ! Oh, pas de grandes histoires, non, tout juste des « historiettes », souvent des petites intrigues, d'ailleurs, mais oui, j'ai toujours aimé titiller mes « petites cellules grises » !

Ensuite, bien sûr, le temps des études est arrivé et là, ce sont d'autres mots que j'ai posés sur le papier à travers des études de cas, des dissertations, des mémoires... Des mots plus sérieux, plus alambiqués parfois, mais toujours, là aussi, avec beaucoup de passion et de plaisir. Et puis, il y a eu enfin le temps du CAPES de documentation et celui de ce métier que j'exerce aujourd'hui, un temps où j'ai beaucoup, beaucoup lu (de la littérature jeunesse surtout, eh oui !) et, du coup, moins écrit... C'est d'ailleurs de là que le déclic a eu lieu : une envie, un besoin même, de reprendre la plume (enfin... le clavier) mais cette fois-ci, non pas pour des textes documentaires (ce temps là me semblait loin désormais...) mais pour de la fiction ; l'envie d'explorer les recoins de mon imaginaire, peut-être même de me surprendre ; en tout cas, assurément, l'envie de relever un défi qui me paraissait excitant et tellement périlleux à la fois car enfin, quand même, une question me taraudait sans cesse : en es-tu vraiment capable ? Toujours est-il que j'y ai pris un plaisir fou, que j'y ai ressenti des émotions vraiment fortes et nouvelles que j'ai eu envie, bien sûr, de poursuivre l'aventure !


• Pour qui écris-tu ? A moins que ce ne soit pour un public ? Pour être lu ?

 

Franchement, j'écris d'abord pour moi, pour ce plaisir pleinement égoïste que je suis seule à partager avec mes petits héros. J'adore en effet ces longs moments où ils n'appartiennent qu'à moi, où je les imagine dans de futures situations, où finalement mon texte est encore « mon » bébé. Et d'ailleurs, au départ, je n'avais pas forcément envisagé la publication...

Pour autant, je ne cacherai pas que je prends aussi plaisir à être lue (et d'ailleurs, si ça n'était pas le cas, jamais je n'aurais envoyé mon texte, il serait resté bien au chaud dans mon tiroir...) : c'est toujours excitant (et stressant !) de voir son livre poursuivre son aventure dans les mains d'autres lecteurs, connus ou pas, car ce sont eux aussi qui le font vivre en dehors de nous ! Et quel plaisir d'échanger avec ces lecteurs car leur regard, leur ressenti nous apporte forcément beaucoup !

 


• Cette fameuse imagination, d’où vient-elle ? De quoi t’inspires-tu ?

 

Ca c'est une question que l'on pose souvent et à laquelle il n'est pas si aisé de répondre... Disons, pour faire simple et court (si, si, de temps en temps, je peux faire court !), que les idées originelles proviennent de mes lectures, de faits divers, de films, de bribes de conversations, d'expériences vécues, d'élucubrations et autres moments de folie, que sais-je encore ? Tout cela se glisse plus ou moins subrepticement dans un coin de mon crâne et puis... le temps fait son oeuvre : ça mijote, ça mijote, et ça mijote encore dans la tête jusqu'au moment magique où voilà, les personnages apparaissent peu à peu, l'intrigue, elle aussi, prend place avec ses avancées, ses rebondissements... Et justement, pour moi, c'est ça l'imagination, quelque chose qui se construit à partir de tous ces éléments ou bribes d'éléments qui, par une sorte d'alchimie dont je ne maîtrise absolument pas le procédé, vont accoucher d'un scénario, d'une histoire, de personnages, d'intrigues...

 


• Comment procèdes-tu pour écrire ? Un plan ? des carnets ?

 

Un plan ? Oui ! Des carnets ? Oui, enfin, des fiches plutôt. J'ai en effet besoin de poser d'abord une sorte de trame générale de l'intrigue, il se peut même que celle-ci soit assez détaillée avec le découpage des chapitres et, pour chacun d'entre eux, une sorte de résumé de l'action. Il est surtout important pour moi de savoir d'où je pars mais surtout où je vais même si, évidemment, entre les deux, il arrive parfois que la ligne ne soit pas droite, loin de là ! Mais c'est justement ça qui est grisant... et angoissant en même temps ! A cela s'ajoute évidemment pas mal de notes recueillies ça et là concernant un sujet précis (j'ai collecté beaucoup de documents, par exemple, sur l'Egypte antique et ma table est couverte de livres documentaires sur le sujet !)

 

• A quel moment de la journée écris-tu ? Avec quoi ? Une heure précise ?

 

Contrairement à beaucoup d'auteurs, je suis incapable d'écrire la nuit... Bon, très sincèrement, je n'ai jamais essayé, mais je crains que mon esprit soit quelque peu embrouillé à ces heures tardives... Alors moi, j'écris uniquement dans la journée, notamment les week-end et les mercredis, mes jours de repos, sans oublier les vacances. Difficile aussi d'écrire le soir en rentrant du travail, d'abord parce que j'ai souvent des choses à préparer pour le collège et puis parce que je crois, tout simplement, que mon esprit n'est pas assez disponible pour ça (d'autant que j'ai besoin de longues plages horaires pour écrire).

 


• Qui te lis en 1er ? Un proche ? Pourquoi ?

 

Ma mère !!! Elle est ma fidèle première lectrice et joue son rôle en toute objectivité, si, si ! Ensuite, mes premiers jets vont dans les mains de deux collègues et amies qui, elles aussi, prennent leur fonction de « lectrices-cobayes » très au sérieux ! C'est très important pour moi d'avoir déjà ces premiers avis, cela me permet de voir rapidement si je me suis fourvoyée ou pas, si l'alchimie dont je parlais tout à l'heure fonctionne ou non et puis, surtout, cela m'encourage, me donne l'envie de poursuivre l'aventure !

 

• Qu’aimerais-tu écrire ? Un sujet qui te taraude ?

Pour le moment, mon premier souhait est de mener à bout les projets que je me suis fixés, à savoir, une première série dont « Le trésor de l'abbaye » est le premier tome puis une autre série dont j'ai écrit les six premiers chapitres du premier tome, ça serait déjà très, très bien !


• Ecrire à 4 mains cela te tente-t-il ?

Cela doit être évidemment une expérience très enrichissante mais pour les mêmes raisons que précédemment, je m’occupe pour le moment de mes projets en cours. Mais plus tard, qui sait, pourquoi pas ?


• Est-il facile de vivre de sa plume ? Exerces-tu un autre métier ?

 

Je n'en suis évidemment pas à ce stade-là car je n'ai, à ce jour, publié qu'un seul roman, mais disons que je ne suis pas totalement inculte sur le sujet : je sais à quel point il est difficile d'en vivre (et visiblement, les choses ne vont pas en s'arrangeant...) Vivre exclusivement de sa plume semble être devenu un vrai luxe aujourd'hui, ce qui explique que je suis aussi admirative envers ces « grands » auteurs !

Mais cette question ne se pose pas pour moi, du moins pour le moment, car je suis avant tout documentaliste dans un petit collège et heureuse de l'être ! Je trouve d'ailleurs que c'est une sacrée chance, une sacrée richesse, de pouvoir porter deux casquettes à la fois même si je reconnais que j'aimerais avoir un peu plus de temps libre pour écrire...


• Qualités et défauts de la Femme ? qui rejaillissent sur l’écrivain ?

  • L'entêtement : les quelques gênes bretons qui se baladent en moi font que je suis quelqu'un d'assez têtu (mais bon, que les Bretons se rassurent, ce trait de caractère se rencontre aussi ailleurs !) : par conséquent, j'ai du mal à lâcher mes idées, je fais tout pour aller au bout de mes intentions et, concernant l'écriture, au bout de l'intrigue prévue même si, évidemment, je vais parfois être obligée de la remodeler légèrement.

  • La quête de la perfection : je suis aussi quelqu'un de perfectionniste (peut-être parfois trop d'ailleurs...), je vais donc m'efforcer là aussi de chercher et de donner le meilleur, à la fois dans mon travail et, naturellement, dans l'écriture (mais est-ce que j'y arrive vraiment, ça...)

  • L'incertitude : on l'aura compris, je suis aussi quelqu'un qui doute énormément de soi, d'où le stress engendré et les cent mille questions qui vont avec !

  • La volubilité : à tout cela s'ajoute le fait que je suis assez bavarde : on comprendra pourquoi certaines de mes phrases peuvent être parfois à rallonge (mais promis, ça aussi j'y travaille !)

  • La curiosité (intellectuelle, cela va sans dire) : je suis en effet toujours avide d'apprendre, de découvrir des choses et des univers qui me sont inconnus. En cela l'écriture est une vraie richesse car elle est une interrogation perpétuelle sur la recherche du bon mot, de la bonne expression, sans oublier les recherches préliminaires sur les divers sujets traités !

  • La passion : que ce soit pour mon métier ou dans ma vie personnelle, je suis quelqu'un qui fait les choses avec passion et forcément, c'est la même chose pour l'écriture, cela génère chez moi des émotions très fortes, y compris, même, lorsque cela ne fonctionne pas comme je le souhaiterais !

Les personnes qui me connaissent pourraient, sans doute, ajouter quelques termes à la liste mais je trouve que là, c'est déjà pas si mal !

 

Ton genre préféré :

Qu'est-ce qui amené à écrire le genre d'histoires qui sont les tiennes ?

Comme je l'ai écrit précédemment, j'ai toujours eu un livre à la main et il s'avère que très tôt, j'ai aimé lire des histoires construites sous forme d'enquêtes, d'énigmes à résoudre : mes lectures préférées de petite fille étaient « Le Club des Cinq », « Fantômette », « Le Clan des Sept »... Plus tard, bien plus tard, j'ai continué dans cette mouvance et ma bibliothèque personnelle aujourd'hui est à 80% composée de polars et de thrillers (romans et bandes-dessinées confondus). J'ajouterai que ce genre particulier est aussi celui qui retient mon attention lorsqu'il s'agit d'aller voir un film au cinéma (eh oui, on ne se refait pas !)

Alors bien sûr, cela rejaillit sur l'écriture : rien d'étonnant à ce que mon premier roman soit une petite intrigue policière doublée d'une chasse au trésor et d'énigmes à décoder ! La suite est du même acabit, d'ailleurs, avec, évidemment, un clin d'oeil à Hercule Poirot ou encore Sherlock Holmes, des personnages qui ont peuplé mon adolescence et qui sont devenus « mes » héros ! Et comme si cela ne suffisait pas, l'autre série comporte elle aussi une enquête à mener même si, cette fois-ci, elle se déroule en Egypte antique.

En réalité, je crois que je suis incapable d'écrire une histoire sans qu'il y ait forcément une intrigue, des codes et autres messages secrets, une enquête... C'est peut-être dommage mais en même temps, c'est dans ce genre que je m'épanouis, alors...

 

 

Tes personnages :

• Comment crées-tu tes personnages ?

Pour commencer, j'aime que mes personnages aient un caractère bien défini qui leur soit propre. D'autre part, je joue assez sur leur complémentarité (« l'intellectuelle » et le « manuel », le « nonchalant » et la « cartésienne »...), les compétences de chacun étant au final mises au service de la résolution de l'intrigue.

Pour le reste, disons que j'aime bien aussi y mettre un peu de moi-même (ce que mes « lectrices-cobayes et autres lecteurs ont d'ailleurs aisément repéré), que ce soit dans les traits de caractère ou dans mes passions, mes goûts, mes envies... Mais attention, mes personnages ont toutefois leur propre existence, ils ne sont pas « moi » à proprement parler (heureusement, d'ailleurs !), ni même une copie conforme, ce sont juste quelques petites touches posées ici ou là !

• Est-ce que ce sont tes personnages qui te mènent ? Par exemple, peuvent-ils te faire changer de voie en cours d’écriture ?

Ouh, là, là, OUI !!!! Et c'est d'ailleurs ça qui est vraiment magique dans l'écriture, c'est de voir à quel point l'on se retrouve embarqué(e) dans des chemins que l'on n'avait pas forcément anticipés ! C'est une émotion très forte et très grisante : les mots défilent sur le clavier et l'on s'aperçoit en relisant l'ensemble que l'on a bougrement dévié de la route et de la trame initialement prévues ! Et dans ce cas, difficile de ne pas croire que ce sont eux, justement, qui nous ont joué ce drôle de tour ! C'est une sensation très forte, l'essentiel étant toutefois de parvenir au but que l'on s'était fixé : ces digressions ne sont pas toujours de mon fait mais je parviens quand même toujours à ramener mes petits héros là où je veux !


• Qu’aimes-tu le plus dans la création du personnage ? L’aspect psychologique ?

Oui, évidemment, l'aspect psychologique compte beaucoup car, comme je l'ai écrit précédemment, j'aime que mes personnages aient une personnalité bien campée. Pour autant, l'aspect physique aussi est très important pour moi : lorsque je lis un livre, j'aime pouvoir me construire une image mentale des personnages, cela m'aide à mieux entrer encore dans l'histoire, cela m'aide, surtout, à me les rendre plus attachants, plus proches. Du coup, je m'efforce de susciter cette sorte de complicité avec les lecteurs en décrivant aussi précisément que possible mes personnages mais attention : j'en dis juste assez mais pas trop non plus pour que l'imagination de chacun puisse aussi se libérer. En fait, tout est une question de bon dosage : suffisamment... mais pas trop non plus et ça, ça n'est pas si facile !


• Quel est le personnage que tu as crée et qui t’a posé le plus de souci Pourquoi ?

Difficile de répondre à cette question car franchement, je n'ai pas réellement ressenti de souci particulier : les personnages s'imposent finalement assez vite à moi. Peut-être, éventuellement, le comte russe dans la deuxième série que j'ai commencé à écrire, je voudrais qu'il soit encore plus cruel, plus mystérieux, plus intrigant, plus terrifiant...


• Quel personnage de papier que tu as inventé aimes-tu le plus ?

J'aime beaucoup le personnage de Zoé, son intelligence, sa perspicacité, sa maturité d'esprit mais en même temps, elle est peut-être un peu trop sérieuse. J'aime bien aussi celui de Matthéo, son camarade : lui se moque bien de l'école, des livres... mais il est profondément sincère et fidèle dans ses sentiments, sans oublier qu'il a des traits de génie (certes, involontaires) indispensables à la résolution de l'enquête. Armande Chabons, l'enseignante d'histoire-géographie, me plaît bien aussi avec son côté un brin rabat-joie et austère mais tout cela n'est qu'une façade, bien sûr ! Dans l'autre série, j'aime surtout les deux animaux, le mainate qui s'exprime en alexandrins et la moufette, joviale, bavarde et gourmande ! Et puis peut-être aussi les deux enfants pour leurs caractères là aussi opposés mais complémentaires, sans oublier l'infâme comte russe et la rassurante Artémise... Bref, je crois, en réalité, que je les aime tous !



Les lieux :

• Comment t’inspires-tu pour créer un lieu ? Une atmosphère ?

Comme je l'ai écrit précédemment, pour mon premier roman, je me suis largement inspirée d'une abbaye proche de chez moi. Dans le troisième tome, le château est là aussi directement inspiré d'un monument de ma région que j'ai visité il y a quelques années de cela. Pour le reste, j'imagine entièrement ou bien je prends des bouts ici et là et je reconstruis le tout. Evidemment, pour la deuxième série, les lieux ne sont pas du tout laissés au hasard : j'ai par exemple fait moult recherches sur la ville de Memphis au temps de Ramsès II, sur le temple de Ptah, les maisons d'artisans et de la noblesse... Pas question en effet de raconter n'importe quoi, on se doit d'être le plus fidèle possible !


• Te rends-tu sur place ? Visites-tu beaucoup ?

Pour l'abbaye et le château, oui, je les ai visités, cela faisait partie intégrante de ma démarche d'écriture. Concernant le deuxième tome dont l'intrigue se déroule dans un cirque, j'ai tout simplement fait appel à mes souvenirs de petite fille ! Quant à l'Egypte... Ah ça c'est sûr que j'aimerais bien y aller même si les monuments que je décris ont en grande partie disparu ! Cela dit, ce serait quand même une belle conclusion à ce voyage au pays des mots !




Le style, la phrase, le mot…

• Quelle est la phrase qui te pose le plus de souci dans l’écriture ? L’incipit ?

Evidemment, les premiers mots couchés sur le papier ou sur l'écran sont très importants, ce sont eux qui nous mènent et qui emmènent les lecteurs ; ils donnent un ton, une ambiance, parfois même ils dévoilent un style. Mais très franchement, l'atmosphère d'un livre ne se réduit pas à l'incipit... et heureusement ! En fait, pour moi, tous les mots ont leur importance, du premier au dernier et il m'arrive parfois de laisser des espaces en blanc car les mots ou les phrases qui me viennent à l'esprit à cet instant précis ne rendent pas assez fidèlement l'idée qui est au fond de moi alors, j'y reviens plus tard.


• Quel style préfères-tu ? style indirect libre… « je » ou « il »…

J'avoue que le style indirect me convient mieux mais cela dit, je ne me suis jamais essayé au style direct... un jour peut-être ?


• As-tu la plume facile ? Où est-ce laborieux ? Te faut-il raturer beaucoup ?

Non, ce n'est malheureusement pas facile ! Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est laborieux, enfin... pas tout le temps, même si parfois, je renonce car ça ne vient pas comme je le souhaiterais (dans ce cas, je préfère laisser reposer un peu, comme la pâte à crêpes, et y revenir ensuite ; parfois, quelques heures suffisent !) Disons qu'il m'arrive d'effacer, parfois souvent, mais heureusement, il arrive aussi souvent que les mots, les phrases, les paragraphes me plaisent dès le premier jet !


• Combien dure la phase avant l’écriture (recherches…) ? Et la phase d’écriture ?

En ce qui concerne les recherches préalables, je dirai que c'est très variable selon la nature de l'histoire racontée : j'ai évidemment passé bien plus de temps à faire les recherches pour la deuxième série que pour la première, tout simplement parce que je n'ai qu'une connaissance partielle de l'Egypte antique alors même que je souhaite en donner au contraire une vision précise.

Quant à la phase d'écriture, là aussi elle varie selon les disponibilités du moment mais quoiqu'il en soit, je ne m'impose aucune contrainte de temps : j'ai la chance d'écrire avant tout pour le plaisir puisque j'ai par ailleurs un métier qui me passionne et me permet de vivre, aussi vais-je à mon rythme, au grès de mes possibilités et de mes envies. Disons globalement qu'il me faut quand même un an pour boucler une histoire.


• Quelle phase préfères-tu ? La recherche des idées ? l’écriture ?

Les deux !!! Allez, un plus quand même pour l'écriture car à ce moment-là, la fiction reprend le pas sur la partie purement documentaire et c'est quand même plaisant de jouer avec son imaginaire !


. • Quel place a le mot dans tes romans ? Le vocabulaire est-il très important pour toi ?

Oui, évidemment, le vocabulaire est très important pour moi. Bien que mes histoires s'adressent à priori à des enfants, des ados, je m'efforce de maintenir un registre de langage assez soutenu et je n'hésite pas à glisser volontairement de temps à autres des mots de vocabulaire un brin désuets, voire alambiqués (enfin, rassurez-vous, il n'y en a pas trop non plus !) Des lecteurs m'ont d'ailleurs déjà fait la remarque, ce à quoi je réponds que mon intention n'est absolument pas de jouer les pédagogues, non, mais disons que je ne suis pas du tout pour brader l'écriture au prétexte que dans la vie de tous les jours, on omet les négations, on utilise un registre de vocabulaire familier... au contraire ! L'écriture doit justement servir à cela, dépasser le quotidien et je crois franchement que c'est aussi cela que les lecteurs, petits et grands, attendent ! Pour moi, le rôle d'un auteur (même débutant !), en dehors de faire rêver, est de faire réfléchir, de faire se poser des questions et, bien sûr, d'apprendre des choses et le vocabulaire en fait pleinement partie je crois. Nous avons la chance de posséder une langue d'une richesse incroyable, il serait dommage de s'en priver ! Et puis, quel problème cela pose-t-il à ce qu'un enfant ne comprenne pas un mot en particulier ? C'est justement l'occasion pour lui de demander à ses parents, frères et soeurs, professeurs... sans oublier d'utiliser un dictionnaire (euh, là, je reconnais, c'est un peu la documentaliste qui se réveille !)

• Fais-tu attention à la longueur de tes phrases ? Pierre Bottero faisait des phrases courtes ; parfois, il ne les finissait pas pour laisser le soin au lecteur d’imaginer, de rêver et donc de les terminer lui-même.

Ouh là, oui car ça, c'est un des mes gros défauts d'écriture (on l'aura sans doute déjà remarqué !) Je me souviens de mon directeur de mémoire qui me disais souvent : « Céline, tu vois ta phrase, là ? Coupe-la au moins en trois ! » (faut dire qu'elles faisaient parfois dix lignes !) Depuis, j'ai essayé de suivre ce conseil mais je reconnais que pour moi, ça ne va pas du tout de soi ! C'est donc un vrai travail pour moi que d'arriver à faire des phrases d'une longueur, disons... raisonnable. A quoi cela est-il dû ? Aucune idée... peut-être au fait que les idées se bousculent dans ma tête et que chacune veut être la première à être retranscrite sur l'écran, qui sait... Mais en même temps, si la phrase,  même un peu longue, fonctionne, je ne vais pas me priver de la livrer ainsi.


• Qu’est-ce qui fait que pour toi, une phrase est bonne ?

Disons qu'une phrase me paraît bonne si elle retranscrit le plus fidèlement possible l'idée, l'intention de départ. Une phrase est bonne également si elle fait sens, si elle embarque avec elle les lecteurs, si elle apporte un peu de magie, si elle choque, parfois, si elle titille l'imaginaire… bref, si elle est pleinement utile et si elle interpelle, dans quel sens que ce soit.


• Utilises-tu beaucoup de documentation ?


Oui, j'utilise pas mal de documentation : des sites internet et pas mal de livres documentaires, parfois quelques livres de fiction aussi mais c'est plus rare.


Les éditeurs, l’édition :
* Te sens-tu libre comme écrivain ? As-tu eu à souffrir de la censure ? T’interdis-tu des choses dans l’écriture ? L’éditeur te « dirige »-t-il beaucoup ?

Je n'ai, à ce jour, que peu de recul par rapport à tout ceci. La seule chose que je puisse écrire à ce sujet c'est que jamais l'on m'a imposé ou interdit quoique ce soit, y compris lors de la phase de corrections : j'ai toujours eu « carte blanche » pour accepter ou non les propositions de modification de la correctrice (elles étaient heureusement peu nombreuses) ; j'en ai suivi certaines, celles que je jugeais pertinentes, mais j'en ai écarté aussi d'autres et jamais on ne m'a fait la moindre remarque. C'est d'ailleurs une marque de confiance de la part de l'éditeur que j'apprécie tout particulièrement.


• Quel fut le rôle d'Oskar dans ton écriture ? Comment la collaboration s'est-elle passée ?

C'est un partenariat qui a fonctionné sur la confiance totale, en tout cas c'est ce que je ressens : nous avons surtout échangé par e-mails, parfois par téléphone, mais toujours de manière amicale, bienveillante et ça c'est très agréable et rassurant, surtout pour les personnes comme moi qui découvrent ce nouvel univers !


* Est-ce que lecture et écriture vont de pair ? Faut-il aimer lire pour écrire ?

Pour moi en effet, lecture et écriture vont de pair, je ne peux me passer ni de l'une, ni de l'autre. Toutes deux sont des portes ouvertes sur l'imaginaire et toutes deux s'enrichissent mutuellement : certaines lectures vont inspirer plus ou moins certaines histoires au même titre que l'acte d'écriture va faire que l'on ne va pas lire le livre tout à fait de la même manière (on va être, justement, plus sensible au style, au vocabulaire… on va même, parfois, se dire : « et si c'était moi qui avais écrit ce passage-là, comment l'aurais-je écrit ? »)


• Pour toi, lire c’est quoi ?

Rêver, rire, pleurer, réfléchir, m'abandonner un instant, me poser des questions, m'instruire, m'offusquer, m'attendrir, oublier le quotidien, m'évader, m'inventer des mondes secrets, tomber amoureuse (si, si, promis, ça m'est arrivé de tomber follement amoureuse d'un personnage, de plusieurs, même !), changer de personnalité (être une fée, une aventurière, une super-flic, une midinette, une vraie méchante... l'espace de quelques pages.)

Bref, pour moi, lire, c'est avant tout jouer avec tout un panel d'émotions, mais c'est aussi une expérience qui fait que je vais en sortir grandie.


• Quels sont tes auteurs préférés ? tes lectures préférées ?

J'ai un faible, je l'avoue, pour la littérature policière, mon auteur préféré en la matière étant assurément Fred Vargas dont je possède, d'ailleurs, tous les livres, qu'il m'arrive souvent de relire et relire encore. Je lis aussi pas mal de Maxime Chattam, Jean-Christophe Grangé, Agatha Christie, bien sûr (même si là, c'était plutôt mes lectures d'adolescente), Viviane Moore, Stieg Larsson, Camilla Läckberg, Deryn Lake... et côté bandes-dessinées, j'adore le travail d'Isabelle Dethan ou encore de Didier Convard. Ceci dit, j'aime bien aussi un bon roman historique (surtout lorsqu'il se double d'une bonne enquête !) et il m'arrive aussi souvent de piocher dans la littérature « générale ». En revanche, j'ai peu d'appétence pour les biographies, la science-fiction et la fantasy.


• Les livres jeunesse qui t’ont marquée chez les autres ?

Ta bibliothèque,
* quelle est-elle ? Comment sont ces livres, Beaux livres, poches… genres ? Où sont-ils rangés ? Comment sont-ils classés ?

Ma bibliothèque est située à l'étage, dans ma mezzanine. Elle contient surtout des polars et thrillers mais aussi quelques titres plus « généralistes ». Certains sont en effet au format poche mais si un livre me plaît, je n'attend pas qu'il sorte à ce format, je l'achète immédiatement en grand format (c'est le cas pour les romans de Fred Vargas, par exemple). Je possède aussi deux bons rayonnages de bandes-dessinées. J'ai également la chance d'avoir hérité de toute la série des Rougon-Macquard qui avait appartenu à ma grand-mère, une belle collection avec reliure en cuir et papier de qualité. Et puis, parce que je suis aussi assez nostalgique de mon enfance, j'ai conservé très précieusement quelques livres que je lisais lorsque j'étais encore une toute petite fille ; il m'arrive parfois de me plonger à nouveau dedans et là... tout plein d'images resurgissent, quelques larmes aussi...

Quant au classement... eh bien non, j'ai beau être documentaliste, je ne mets pas de cote à mes livres !!! Blague mise à part, il m'est arrivé une fois dans ma carrière qu'un élève me confie, suite à mes cours sur le classement des documents, qu'il avait repris tous ses bouquins dans sa bibliothèque pour leur assigner une cote ! Depuis, je m'efforce de préciser que cela a surtout du sens dans une bibliothèque ou un CDI, sait-on jamais ! En revanche, j'essaie de les ranger par genre, parfois par taille, faute de place.


Comment les achètes-tu ?

J'essaie le plus souvent possible de les acheter en librairie (j'ai la chance d'avoir des libraires adorables tout près de chez moi avec qui je travaille aussi pour les commandes au CDI). Quant au choix ? Je suis l'actualité, j'écoute les critiques, le bouche-à-oreille, je vais sur des sites spécialisés, je flâne dans les librairies...


• Quel est le livre sur table de chevet ?

Cela varie souvent, en fonction des lectures, il arrive même parfois qu'il y en ait plusieurs en même temps ! Actuellement, la place est laissée à la littérature jeunesse.

Pas de livre de chevet, donc, mais il en est toutefois un qui revient souvent, c'est justement un roman de Fred Vargas que je ne me lasse pas de lire et relire, en particulier « Dans les bois éternels ».


• Quels sont les auteurs qui t’ont influencé? Pourquoi ? Que leur as-tu empruntés ?

Je ne sais pas si un ou des auteurs particuliers m'ont influencée... Je crois que c'est la richesse de chacun qui a semé un petit caillou quelque part au fond de mon crâne, le temps et l'imagination ont fait le reste !


• Si tu avais un auteur à qui écrire, lequel serait-ce ? Et que lui écrirais-tu ?

Ce serait sans doute Fred Vargas, justement... mais je n'ai jamais vraiment réfléchi au contenu...

 

 

 

 

 

 

Published by Le cédéiste - dans INTERVIEWS du Cédéiste
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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 11:43

51QloTHI4oL.jpgLe trésor de l'abbaye (Oskar) - Céline Le Gallo

 

 Une enquête et une intrigue distrayantes, agréables à lire !

 

Céline Le Gallo nous offre son premier roman pour la jeunesse. Elle rejoint la "confrérie" des professeurs documentalistes écrivains tels que... Sophie Bénastre, Christine Naumann-Villemin...

 

 

L'histoire :

La petite communauté cistercienne de Notre-Dame est en émoi : depuis quelques semaines, l’abbaye est l’objet de mystérieuses visites nocturnes et de pillages. Pendant ce temps, à quelques kilomètres de là, Zoé et Matthéo goûtent un repos bien mérité, entre balades à vélo, parties de pêche et baignades en mer. C’est sans compter sur l’apparition inattendue d’Armande Chabons, leur professeur d’histoire-géographie, soudain confrontée à une bien curieuse affaire…

 

Thèmes :

 

Roman Policier / Enquête / Message codé / Enigme / Chasse au trésor / Abbaye / Relation prof-élèves

 

La couverture :

 

La 1ère de couverture est très réussie et... amusante. Mais elle est aussi quelque peu... trompeuse.  A bien la regarder, on pourrait s'attendre à lire une historie portée sur la caricature, l'humour, avec des personnages amusants. Ce n'est pas le cas, ce roman est un roman...policier.

 

Commentaires :

 

Voici un roman distrayant accompagné, aussi, d'éléments culturels. Une enquête bien ficelée, un brin mystérieuse, menée par deux collégiens, Zoé et Matthéo, enclins à l'aventure, accompagnés dans celle-ci par leur professeur d'histoire et par un jeune lieutenant de police. Des personnages sympathiques. Ainsi, Zoé et Matthéo qui forment un duo de choc complémentaire : Zoé, c'est la bonne élève, l'"intelligence" même, le flair ; quant à Matthéo le gentil cancre, il est particulièrement attachant de par ses maladresses qui permettent de faire avancer l'histoire et donc la résolution de l'affaire.

L'écriture, classique et joyeuse, nous entraîne dans une intrigue contemporaine dans laquelle le lecteur aura droit à un peu d'action et à des rebondissements. Nul doute que Céline Le Gallo a pris plaisir à écrire ce polar;  agréable à lire, plein de fraîcheur, qui m'a ramené à mon enfance et à mon amour pour Le Club des cinq, d'Enyd Blyton.

Si les histoires de trésor vous font rêver, si le vent de l'aventure souffle en vous et si vous aimez les énigmes (de qualité) faites de messages codés, alors... ce roman est fait pour vous !

16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 19:03

22633.jpgBonjour Agnès ! Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

 Bonjour ! Avec plaisir.

Agnès Marot, auteure de romans jeunesse et jeunes adultes, dans les littératures de l’imaginaire. Je suis publiée depuis un peu plus d’un an, aux éditions du Chat Noir avec De l’autre côté du mur, un roman qui commence dans une communauté de femmes, toutes artistes, qui ignorent l’existence des hommes ; aux éditions Armada avec La Couleur de l’aube, un roman de fantasy qui emprunte beaucoup à l’onirisme et à la cruauté du conte ; et aux éditions Imaginemos avec Le Secret des Bois-Noirs, un club des cinq moderne où cinq cousins chassent un trésor dans la vieille demeure familiale pour sauver leur grand-mère.

Et quand je n’écris pas, je suis éditrice freelance, et directrice de collection aux éditions Scrineo !

On peut donc dire que le livre fait partie intégrante de mon quotidien…

 

L’auteur aujourd’hui

 • Comment se situe l’auteur aujourd’hui par rapport à l’auteur des débuts ? Il y a-t-il une différence (style, pensée, méthode…) ?


Je suis encore une jeune auteure : ça fait seulement un an que je suis publiée, je n’ai donc pas beaucoup de recul. Pourtant, mes méthodes ont déjà évolué par rapport à mon premier roman : je planifie (un peu) plus ce que j’écris, je connais mieux mon rythme et j’apprends à adopter un style « complexe, mais pas compliqué » (pour paraphraser un éditeur de ma connaissance) qui convient aux jeunes lecteurs.

Quant à la pensée, elle est en perpétuelle évolution, bien sûr.

 • Quelle est ta définition de l’auteur jeunesse ? En es-tu un ?

 Un auteur jeunesse est, pour moi, un auteur qui s’adresse au jeune public (de l’album au roman de Young Adult). Cela n’empêche pas que ses romans puissent être lus par des adultes, il s’agit plutôt de l’âge des héros que de celui des lecteurs à mon sens.

Et, oui, j’en suis un ! Comme j’aime à le dire : « si j'écris de la jeunesse et du Young Adult, c'est parce que j'aime que mes héros découvrent ce qui les entoure. »

 

L’écriture :

 

• Pourquoi écris-tu ? Est-ce quelque chose de facile à expliquer ?

J’écris pour partager, et surtout parce que j’adore ça. J’écris tout simplement les histoires que j’aurais aimé lire, et j’y trouve le même plaisir que quand un roman m’embarque hors du monde – avec, en plus, le bonheur de partager cette sensation avec mes lecteurs.

J’écris parce que c’est aussi ma façon de participer au monde et d’y apporter un peu de rêve et d’espoir, même à ma toute petite échelle.

 

• C’est quoi être écrivain ? Ecrire c’est quoi ?

 Être écrivain, selon moi, c’est tout simplement écrire, que ce soit pour soi, pour les autres, régulièrement ou de temps en temps.

Et écrire… Ecrire, c’est raconter une histoire, jouer avec les mots pour trouver la bonne formule, celle qui fera passer l’émotion ou la pensée qu’on a envie de partager. Cela dit, je pense qu’il y a autant de définitions de l’écriture que de gens qui écrivent !

 

• Que penses-tu des écoles américaines dans lesquelles on peut apprendre à écrire ? En France, elles n’existent pas. Quel écrivain es-tu ?

 

Je me dis qu’elles doivent être précieuses pour rencontrer des gens du milieu du livre, trouver des « primo-lecteurs » (des lecteurs critiques qui nous aident à travailler nos textes pour les améliorer), et découvrir différentes techniques d’écriture. L’essentiel serait, il me semble, de ne pas chercher à formater l’étudiant mais de lui apprendre à trouver ses propres méthodes pour mettre son style et ses idées en valeur.

Personnellement, je ne suis pas un écrivain solitaire. J’ai travaillé ma plume et mes histoires sur le forum de CoCyclics, avec d’autres auteurs des littératures de l’imaginaire, pendant trois ans avant de me sentir prête à voler de mes propres ailes – et encore, je reste en contact quotidien avec les amies auteures que j’ai trouvées là-bas. Nous avons, à notre façon, appris à écrire et à publier ensemble.

 

• Arthur Ténor parle de lui comme étant un « explorateur de l’imaginaire. » As-tu une formule pour te caractériser ?

 

Pas vraiment, mais c’est une jolie formule qui lui correspond bien !

S’il y en avait une, elle tournerait autour des émotions, du rêve et de l’espoir.

 

• L’écriture a-t-elle toujours été en toi ou est-ce quelque chose qui est arrivé tardivement dans ta vie ? Il y a t-il eu un élément déclencheur ?

 

J’ai toujours écrit, comme j’ai toujours lu. Le seul élément déclencheur a été celui qui m’a décidée à travailler mes écrits sérieusement en vue de la publication : mon entrée en Master Edition, accompagnée de ma découverte du forum de CoCyclics.

 

• Pour qui écris-tu ? A moins que ce ne soit pour un public ? Pour être lu ?

 

J’écris pour ceux qui ont envie de partager les mêmes rêves que moi, tout simplement, quels que soient leur âge ou leurs goûts.

 

• Le public/l’éditeur t’ont-ils influencé à un moment donné ?

 

Souvent, même. C’est un éditeur qui m’a poussée à écrire pour les 10 ans et +, par exemple, car je n’aurais pas osé m’y lancer faute de connaître ce public assez bien pour m’adresser à lui. Mes lecteurs m’ont aussi incitée à écrire une préquelle à De l’autre côté du mur, parce qu’ils avaient envie d’en savoir plus sur les origines de la société qui y est dépeinte.

Je m’empare très souvent de leurs idées ou de leurs envies pour me les approprier et y mettre la part de moi qui résonne à ce qu’ils ont partagé avec moi.

 

• Cette fameuse imagination, d’où vient-elle ? De quoi t’inspires-tu ?

 

Du quotidien. De ce que je vois, ce que je lis, ce que j’entends ; de mes coups de gueule et de mes coups de cœur, des choses qui m’amusent, qui m’émeuvent… Je pioche dans des milliers de détails de la vie de tous les jours pour former des histoires imaginaires – car l’imaginaire reste pour moi une manière de parler des hommes et du monde qui nous entoure.

 

 

• Comment procèdes-tu pour écrire ? Un plan ? des carnets ?

 

Je laisse l’histoire mûrir pendant des mois sans en écrire un mot, puis j’élabore un synospsis vague (qui comporte les lignes directrices du roman : début, fin, péripéties essentielles et évolution du personnage principal), et je me lance. J’écris vite, de façon intense, puis je fais des pauses plus ou moins longues pour laisser les idées mûrir avant de me replonger dans un autre projet.

 

• A quel moment de la journée écris-tu ? Avec quoi ? Une heure précise ?

As-tu besoin d’isolement ?

 

A peu près dès que j’en ai l’occasion quand je suis dans une période d’écriture ou de correction. Peu importe l’heure, le support, le bruit autour… Si je peux écrire, j’écris !

Pour les longues séances de travail, c’est sur mon fauteuil préféré, avec mon chat qui ronronne sur mes genoux et une bonne tasse de thé, et sur mon ordinateur portable.

 

• Qui te lit en 1er ? Un proche ? Pourquoi ?

 

Mes amies auteures : Cindy Van Wilder, Nadia Coste et Silène Edgar en général, parfois d’autres. Parce qu’elles n’ont pas leur pareil pour me botter les fesses quand j’ai des corrections à faire, qu’elles connaissent ma plume et mes idées et savent comment m’aider à les mettre en valeur, et qu’elles sont aussi les meilleures supportrices pendant les coups de blues !

 

• Qu’aimerais-tu écrire ? Un sujet que tu n’as pas abordé et qui te taraude ?

 

Pas pour le moment : j’explore les idées qui m’interpellent au fur et à mesure que j’écris de nouveaux projets. Celui que j’ai envie de développer, en particulier en ce moment, c’est l’univers de la télé-réalité et du monde virtuel.

 

• Ecrire à 4 mains cela te tente-t-il ?

 

Pourquoi pas, mais il faudrait que ce soit avec une de mes amies mentionnées plus haut, puisqu’on se connaît très bien humainement comme d’un point de vue littéraire. Ce n’est pas prévu pour le moment !

 

• Est-il facile de vivre de sa plume ? Exerces-tu un autre métier ?

 

Non, c’est très difficile, il faut vendre beaucoup, publier des ouvrages régulièrement et faire des interventions rémunérées. De mon côté, j’ai un autre métier (qui reste dans le milieu du livre), et cela me convient très bien : j’ai besoin de vivre d’autre choses pour trouver le terreau de mes romans, je ne me vois pas passer tout mon temps à écrire.

 

• Qualités et défauts de la Femme ? qui rejaillissent sur l’écrivain ?

 

Pas facile comme question ! Peut-être ma rigueur qui me permet d’écrire d’atteindre les objectifs que je me fixe en cours d’écriture (tant de mots par jour, arriver à telle scène avant de déjeuner, …). Et mon côté passionné qui m’empêche d’avoir un rythme d’écriture régulier : quand j’écris un roman, je lui donne tout, j’y pense tout le temps au détriment de ma vie quotidienne, et du coup j’ai besoin de longues pauses pour me ressourcer entre deux projets.

 

* Quels conseils donnerais-tu à un auteur débutant ?

 

De terminer ce qu’il a commencé, coûte que coûte. On doute toujours quand on écrit, on a envie de reprendre le début, de corriger avant d’avancer… Si on n’arrive pas à terminer un projet de cette façon, mieux vaut se forcer à aller jusqu’au bout quand même et noter les choses à corriger pour les relectures qui suivront le premier jet !

 

Ton genre préféré :

 

Qu'est-ce qui amené à écrire le genres d'histoires qui sont les tiennes ?

 

Ce sont tout simplement celles que je lis le plus et celles qui me parlent : les littératures de l’imaginaire permettent de parler de choses graves comme de choses légères, tout en instillant rêve et espoir au lecteur grâce à un univers malléable à l’envi.

 

Est-ce que les Mondes imaginaires sont plus compliqués à écrire que d'autres romans aux genres différents ?

 

Je ne crois pas : toute histoire a ses difficultés. Pour ma part, j’aurais par exemple bien du mal à écrire un polar (il faut être tellement rigoureux sur le moindre détail de l’intrigue !).

 

 

Tes personnages :

 

• Comment crées-tu tes personnages ?

 

Progressivement, en leur ajoutant petit à petit des traits de caractère qui deviennent essentiels. Je me concentre surtout autour de leur évolution, puisque c’est elle qui guidera mon histoire : comment vont-ils dépasser leurs défauts qui les paralysent pour en faire une force et devenir des héros ? Qu’est-ce qui est important pour eux ?

Je pense à eux comme à des personnes réelles, avec leurs rêves, leurs craintes, leurs déceptions et leurs épreuves passées.

 

• Est-ce que ce sont tes personnages qui te mènent ? Par exemple, peuvent-ils te faire changer de voie en cours d’écriture ?

 

Un peu des deux. Il m’arrive d’être surprise de la tournure que peuvent prendre certains dialogues et de devoir adapter les relations des personnages en conséquence, mais c’est tout de même moi qui choisis les  situations dans lesquelles je vais les plonger.

 

• Qu’aimes-tu le plus dans la création du personnage ? L’aspect psychologique ?

 

Oui, et la relation qu’il a avec les autres. Les personnages sont très importants pour moi, ce sont eux qui mènent tout le reste dans mes romans. C’est à travers leur regard et leurs questionnements que je peux faire ressentir de l’émotion à mes lecteurs, que je peux leur faire regarder le monde autrement.

 

• Quel est le personnage que tu as crée et qui t’a posé le plus de souci ? Pourquoi ?

 

Ealeth, le héros de La Couleur de l’aube. Il était trop parfait au départ, puis trop colérique, puis trop doux… j’ai eu du mal à dépeindre les nuances qu’il avait dans mon esprit. Pourquoi lui et pas un autre ? Aucune idée !

 

• Quel personnage de papier que tu as inventé aimes-tu le plus ?

 

J’ai un petit faible pour Aylin, la meilleure amie de Sibel dans De l’autre côté du mur.

 

Les lieux :

 

• Comment t’inspires-tu pour créer un lieu ? Une atmosphère ?

 

Je vois les scènes très distinctement dans mon esprit, j’imagine mes personnages et ce qu’ils ressentiraient dans ce contexte, je me mets à leur place et je décris l’atmosphère à travers leurs ressentis. Parfois, je m’inspire d’images ou de lieux que je connais, mais c’est assez rare.

 

• Te rends-tu sur place ? Visites-tu beaucoup ?

 

Non, très peu, principalement parce que j’en invente la grande majorité.

 

• Est-il plus facile de partir de rien ou de ce que l’on connaît ?

 

Je fais l’un ou l’autre selon ce dont j’ai besoin, je ne trouve pas qu’il y en ait un des deux qui soit plus facile.

 

Le style, la phrase, le mot…

 

• Quelle est la phrase qui te pose le plus de souci dans l’écriture ? L’incipit ?

 

Sans conteste : le premier chapitre dans son ensemble. Qu’il est difficile de commencer une histoire de façon dynamique, tout en présentant les lieux, les personnages et les enjeux du roman !

Pour tout avouer, j’ai une forte tendance à supprimer mon premier chapitre une fois le premier jet achevé, pour distiller les informations dans les chapitres suivants.

 

• Quel style préfères-tu ? style indirect libre… « je » ou « il »…

 

Le « je » et le présent, pour une immersion immédiate dans la peau du personnage principal. Au mieux, je fais parfois une focalisation interne au présent (la 3epersonne du singulier mais qui suit un seul personnage, permet de connaître ses pensées mais pas celles des personnages qui l’entourent).

 

• As-tu la plume facile ? Ou est-ce laborieux ? Te faut-il raturer beaucoup ?

 

J’ai la chance d’avoir la plume facile : quand je corrige, c’est surtout pour le fond du roman (ce qui peut m’amener à réécrire beaucoup), mais l’écriture elle-même me vient facilement et nécessite peu de retravail derrière.

 

• Combien dure la phase avant l’écriture (recherches…) ? Et la phase d’écriture ? Combien écris-tu de livres par an ?

 

C’est très variable ! En général, le temps « avant » l’écriture est assez long mais pas mesurable : l’histoire se construit dans ma tête sans que j’écrive quoi que ce soit sur le papier. Le temps d’écriture, lui, dure en moyenne deux à trois mois, selon la taille du roman.

J’écris deux ou trois romans par an, là aussi en fonction de leur taille !

 

• Quelle phase préfères-tu ? La recherche des idées ? l’écriture ?

 

L’écriture et la correction, même si j’aime toutes les phases. Parce que j’adore voir l’histoire se sculpter sous mes yeux, découvrir des connexions auxquelles je n’avais pas pensé et glisser des clins d’œil juste pour le plaisir ! Je rentre dans un état second, comme quand on est pris dans un bon livre et qu’on oublie tout ce qu’il y a entoure ; mais doublé de la satisfaction de créer quelque chose qu’on pourra partager.

 

• Quelle place a le mot dans tes romans ? Le vocabulaire est-il très important pour toi ?

 

Très important : j’aime trouver le mot juste, laisser les nuances s’insinuer dans les phrases selon qu’on choisit un terme ou un autre.

 

• Fais-tu attention à la longueur de tes phrases ? Pierre Bottero faisait des phrases courtes ; parfois, il ne les finissait pas pour laisser le soin au lecteur d’imaginer, de rêver et donc de les terminer lui-même.

 

J’y fais très attention, parce que le style est avant tout une question de rythme et de mélodie à mes yeux. Il peut être dissonant dans des passages particulièrement durs (phrases courtes, mots uniques, sonorités grinçantes) ou au contraire très poétique dans des passages qui se prêtent au rêve (alternance des phrases courtes et longues, grande attention à la sonorité des mots et à la mélodie générale de la phrase, etc.).

 

• Qu’est-ce qui fait que pour toi, une phrase est bonne ?

 

Quand le rythme et le sens s’accordent parfaitement, tout en nuances.

 

• Utilises-tu beaucoup de documentation ?

 

Non, assez peu, j’essaie de faire en sorte de ne pas en avoir besoin.

 

 

La littérature :

 

• Agnès, qu’est-ce ce que la littérature jeunesse ? Une littérature à part entière ?

 

C’est de la littérature au même titre que toutes les autres littératures, la seule différence étant l’âge des héros. On aborde également des thèmes qui vont parler aux jeunes (la question de l’identité et du rapport à l’autorité pour les adolescents, par exemple), en plus de tous les autres thèmes. Pour moi, on peut y parler de tout, mais pas n’importe comment.

Pour plus de détails : http://lesmotsdaelys.blogspot.fr/2014/10/pourquoi-tu-ecris-pour-la-jeunesse-et.html

 

• Faut-il lire les classiques ? Pourquoi ?

 

Les classiques apportent toute une histoire à notre culture et une richesse incroyable, pourtant à mon avis il ne « faut » les lire que si on en a envie. Il n’y a pas de meilleur moyen de détester un roman que de le lire à contrecoeur, ou sans le comprendre. Pourtant, il y a de vraies pépites parmi ces romans ! Mon avis, donc : s’intéresser aux classiques, oui, mais pas pour la prescription : le mieux est de chercher parmi eux ceux qui pourraient nous plaire, et les lire parce qu’ils nous font envie.

 

L’avenir du livre ?

 

• As-tu un avis dessus ? Les nouvelles technologies vont-elles le tuer ?

 

Oulah, non ! Au contraire, elles permettent d’y revenir, de le rendre plus accessible, de proposer des dizaines de formats qui n’existaient pas avant et qui conviendront mieux aux nouveaux lecteurs. On dit que les jeunes lisent peu, mais ils n’ont jamais lu autant : la différence tient plus dans les pratiques (lectures fragmentées, sur des formats divers).

Le tout est de nous adapter à ces évolutions, et d’éviter le snobisme pour les nouveaux types de lectures qui ne fera que repousser les futurs lecteurs.

 

Le fruit de ton imagination :

 

• Comment définis-tu tes écrits ? qu’est-ce qui te guide ? te pousse ? te fait avancer ?

 

Comme je le disais : le rêve, l’espoir, l’émotion. J’ai envie de faire réfléchir tout en faisant plaisir.

 

• Quel est le livre que tu as écrit pour lequel tu gardes une affection particulière ?

 

Tous, en fait. Mais si je dois en choisir un, ce sera Le Secret des Bois-Noirs, parce que j’ai une histoire personnelle très particulière autour de ce roman, de son écriture et de son édition.

(Plus de détails : http://lesmotsdaelys.blogspot.fr/2014/07/cest-presque-une-tradition-apres-avoir.html)

 

• Pourquoi vas-tu dans les salons du livre ? Cela n’est-il pas trop ennuyeux ?

 

Parce que j’adore ça ! Et, non, ce n’est pas ennuyeux. Cela permet à la fois de rencontrer d’autres auteurs, dé découvrir leurs plumes, leurs façon de travailler et leurs univers, et de découvrir qui sont nos lecteurs, de voir ce qui leur plaît ou ne leur plaît pas, d’échanger sur nos romans et sur la littérature en général. C’est toujours passionnant !

 

• Ecrire, c’est s’exposer aux regards des autres ? Est-ce compliqué ?

 

Oui, parfois, surtout vis-à-vis des gens qui nous connaissent dans la vie de tous les jours. Ils découvrent une facette de nous qui était secrète jusque-là, et en parler avec eux est parfois très étrange. Je mets beaucoup de moi dans mes romans, je suis chacun des personnages et toutes les idées développées me tiennent évidemment à cœur. Alors, c’est sûr, il faut assumer qui on est.

 

• Quel est le plus beau compliment reçu ?

 

Il est venu en salon, sous la forme d’un de mes romans (De l’autre côté du mur) serré contre le cœur d’une lectrice. Il était tout abîmé, écorné, avec des taches de thé dessus et des pages ternies d’avoir été tournées et retournées. La lectrice m’a avoué du bout des lèvres l’avoir lu un nombre incalculable de fois tant il l’avait touchée et aidée dans son quotidien, et ses yeux se sont remplis de larmes quand je le lui ai dédicacé.

Les miens aussi.

 

• La réflexion la plus dure ?

 

Je ne sais pas. Il y en a eu, bien sûr, mais je ne suis pas particulièrement touchée par les retours négatifs, car je comprends tout à fait qu’on puisse ne pas aimer mes romans, tout comme je n’aime pas forcément ceux des autres.

Si, peut-être la fois où on m’a accusé de défendre quelque chose que je cherchais justement à dénoncer dans le roman… c’est frustrant de se dire qu’on a échoué à le montrer !

 

L’écriture engagée :

 

• Peut-on tout écrire quand on sait qu’on est lu par des ados ? Evoquer les affres de notre société n’est-il pas périlleux pour le moral de notre jeunesse ?

 

Comme je le disais, on peut tout écrire, mais pas n’importe comment, et pour moi l’espoir doit rester le moteur de toutes ces réflexions : ce sont les romans qui peuvent nous donner envie de nous battre pour ce en quoi on croit, nous aussi, particulièrement pour les adolescents qui sont à un âge où on se pose beaucoup de questions sur la société dans laquelle on vit.

J’aime à la dire : mes armes, à moi, ce sont mes mots.

 

• Est-il facile d’être engagé et publié ? L’écriture engagée intéresse-t-elle aujourd’hui ?

 

Je ne me définis pas particulièrement comme une auteure engagée, j’aurais donc bien du mal à répondre à cette question… mais je pense qu’elle a son public, oui !

(Lisez le merveilleux Fortune Cookies de Silène Edgar chez Bragelonne si vous en doutez.)

 

• Comment l’auteur que tu es peut-il garder son indépendance, ses idéaux tout en continuant d’exister sur le marché ?

 

Ce sont ces idéaux qui me guident ; ils resteront toujours au cœur de mes écrits. Et je pense que c’est parce que j’y crois vraiment que les éditeurs, et le public après eux, y croient aussi.

 

Les éditeurs, l’édition :

 

* Tu es éditrice, pourquoi ?

Pour la même raison que j’écris : parce que j’aime partager des bonnes histoires, et que cela ne se restreint pas aux miennes. Et parce que j’aime participer à leur élaboration !

 

* Comment travailles-tu ?

De chez moi la plupart du temps, sur un fichier word que j’annote pour l’auteur ou le traducteur ; puis en collaboration avec eux pour améliorer le texte autant que possible.

 

* Te sens-tu libre comme écrivain ? As-tu eu à souffrir de la censure ? T’interdis-tu des choses dans l’écriture ? L’éditeur te « dirige »-t-il beaucoup ?

Je me sens très libre, oui : je n’accepte des contraintes que si je suis capable de me les approprier, et je ne corrige jamais sans être d’accord avec mon éditeur. Il n’est pas là pour me restreindre, il est là pour m’aider !

 

* Les éditeurs mènent des études pour connaître les goûts des lecteurs (en matière d’histoires, de personnages,…)… Comment fais-tu pour résister aux modes et toujours être un auteur apprécié ?

Je n’ai pas l’impression de résister à quoi que ce soit : j’écris ce que j’ai envie d’écrire et de lire, parfois c’est à la mode et parfois pas. Je pars du principe que je ne suis pas la seule dans mon cas : si quelque chose me parle, il parlera sans doute à d’autres !

 

* Est-ce que lecture et écriture vont de pair ? Faut-il aimer lire pour écrire ?

 

Je pense que oui, ne serait-ce que pour comprendre comment une histoire peut fonctionner (ou pas), quelles peuvent être les immenses richesses de la littérature. Lire d’autres auteurs nous pousse à explorer des univers et des questions auxquels on n’aurait pas pensé autrement, sans compter que c’est une source d’inspiration infinie !

 

• Pour toi, lire c’est quoi ?

 

C’est vivre plus de vies que je ne pourrais jamais en vivre autrement.

 

• Quels sont tes auteurs préférés ? tes lectures préférées ?

 

C’est très variable selon les périodes. Francis Berthelot reste une constante depuis que j’ai découvert sa plume, j’aime beaucoup également ce qu’écrivent Silène Edgar, Cindy Van Wilder et Nadia Coste, mes amies et auteures. Estelle Faye s’y fait également une bonne place depuis quelques mois.

En plus ancien ou plus lointain, il y a bien sûr Barjavel, Camus, Murakami, Suzanne Collins, Marguerite Yourcenar, Prévert, …

Je suis à vrai dire incapable de faire une liste précise !

 

• Les livres jeunesse qui t’ont marquée chez les autres ?

Outre les auteurs déjà cités : Coda d’Emma Trevayne, L’Accident d’Agnès Aziza, Le Parloir d’Eric Sanvoisin… Là aussi, difficile de faire une liste, il y en a trop !

 

 

Ta bibliothèque,

 

* quelle est-elle ? Comment sont ces livres, Beaux livres, poches… genres ? Où sont-ils rangés ? Comment sont-ils classés ?

Comment les achètes-tu ?

 

Elle déborde ! Il y a surtout des romans de l’imaginaire, quelques étages de classiques aussi, une étagère rien que pour les romans des copines, une autre pour le boulot.

Ils sont classés par collections (c’est joli !) et, depuis peu, en lu/pas lu (grossière erreur : j’ai trois étagères de livres à lire et je culpabilise chaque fois que j’en achète un nouveau maintenant).

Je les achète surtout sur conseil des copines qui ont les mêmes goûts que moi, et en salon du livre, vu que j’en fais beaucoup et que résister à acheter le livre d’un auteur avec qui on a bien discuté est très difficile !

Il y a aussi plein de bibelots sur ma bibliothèque : j’aime bien la sentir vivante, comme autant de souvenirs de vies que j’ai vécues pendant quelques heures.

 

• Quel est le livre sur table de chevet ?

 

La Voie des Oracles d’Estelle Faye (plus pour longtemps, je l’ai presque fini !), un excellent roman d’aventure qui propose la quête initiatique d’une des dernières oracles pendant le déclin de l’Empire Romain, en Gaule. Une vraie réussite que je vous conseille !

 

• Quels sont les auteurs qui t’ont influencée ? Pourquoi ? Que leur as-tu emprunté ?

 

Francis Berthelot, pour sa plume à la fois poétique et fluide, ses romans où tout fait sens, jusque dans la structure même des chapitres.

Silène, pour sa façon de parler du cœur en toute simplicité.

Suzanne Collins et son Hunger Games qui m’a tellement émue et m’a fait tellement réfléchir à la fois.

Et tant d’autres !

 

 

• Si tu avais un auteur à qui écrire, lequel serait-ce ? Et que lui écrirais-tu ?

Sans doute Suzanne Collins, puisque j’ai eu la chance de parler aux deux autres que je viens de citer. Je lui écrirais tout ce que ses romans m’ont apporté, à quel point ils font écho à la femme et à l’auteure que je suis, avec leurs qualités et leurs défauts.

Published by Le cédéiste - dans INTERVIEWS du Cédéiste
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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 21:49

auteur4Arthur TENOR a imaginé et publié, il y a quelques années, une biographie fictive du soldat inconnu - "Il s'appelait le soldat...inconnu".

Figurez-vous que l'histoire ne se termine absolument pas comme vous pouvez la lire dans le roman ! Il manque... un chapitre que l'éditeur lui a refusé préférant terminer le récit par la mort du soldat inconnu. Le chapitre manquant, le voici, il s'agit de l'épilogue et du point de vue de l'amoureuse du soldat, Lucie.

 

 

Epilogue
Il s'appelait... le Soldat Inconnu

 

Chaque 1er octobre, année après année, qu'il vente, qu'il pleuve, que la guerre ravage les foyers ou qu'il y ait une épidémie de grippe, Lucie se rend sur la tombe du Soldat Inconnu. Pourquoi le 1er octobre ? Personne, jamais, n'a pu le lui fait dire, sauf André. C'est un 1er octobre, jour de rentrée des classes, qu'elle vit François pour la première fois. Elle a choisi cette date comme un anniversaire de mariage. Elle aurait pu en retenir tant d'autres.
Un jour de 1976, a quatre-vingts ans, la maladie réussit à la coucher peu avant ce rendez-vous annuel, mais curieusement elle n’en éprouve aucune peine. Une étrange sérénité l’envahit alors qu’approche l’heure du « grand départ ». Sa petite fille Aurore lui rend visite. C’est une jeune beauté de vingt ans, pimpante et souriante, qui pénètre dans la chambre d’hôpital. Seuls ses yeux gonflés révèlent qu'elle a pleuré récemment.
– Ça va, mamie ?
Lucie acquiesce d'un simple sourire. Elle fait signe à la jeune fille de venir s'asseoir sur le lit, tout près d'elle. Puis elle l’écoute. Sa voix est comme une musique douce. Aurore en vient à évoquer son jeune fiancé, enfin, ils ne sont pas vraiment fiancés, les temps ont changé…
– Et toi mamie, à mon âge, tu en avais un, petit ami ? demande-t-elle.
– Oh oui.
– Il s'appelait comment ?
Lucie fronce les sourcils. Elle ne veut pas le lui dire. Alors elle répond dans un murmure inaudible :
– Il s'appelait... le Soldat Inconnu.
Un homme jeune et rayonnant entre alors dans la chambre, et le cœur de Lucie se serre. Elle se redresse contre ses oreillers. Le garçon s'approche. Il a une belle chevelure brune, légèrement bouclée, un regard sombre mais rieur et une peau à peine hâlée, comme par un soleil de printemps.
– François... c'est toi ?
– Bien sûr !
– Comme tu es jeune !
– Hof, quinze-seize ans. Tu viens ?
Elle se lève et s'étonne à peine d'avoir recouvré toute sa vigueur. Furtivement, elle prend conscience qu'elle aussi a retrouvé le corps de son adolescence.
– Où veux-tu m'emmener ? s'enquiert-elle en acceptant sa main.
– Pardi ! Dans notre grange à foin, tu ne l'as pas oubliée ?
Ils dévalent l'escalier du grenier, traversent la cour de la ferme comme deux comètes rieuses. Émile, qui partait nourrir sa percheronne, s'immobilise avec son seau d'avoine.
– Bon sang de bois, grommelle-t-il en se lissant la moustache, va encore falloir qu'elle attende, la Georgette !
Joséphine s'arrête de balayer le perron de la maison, elle sourit puis reprend sa tâche. Lucie et François disparaissent dans la grange. Ils s'embrassent, ils tournoient. Ils s'aiment pour l'éternité.

 

12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 11:28

6662.jpgAvec un peu d'amour et beaucoup de chocolat : L'écolo (Oskar, 2014) - Christian Grenier

Christian Grenier, en grande forme, nous livre - avec beaucoup d'amour et plein d'intelligence (ce qui n'est pas nouveau) -  un agréable et passionnant roman éducatif (pardon, Christian !), engagé écolo, et teinté d'une jolie rencontre entre deux belles personnes.

 

L'histoire :

Emma veut devenir écrivain, mais elle a plusieurs destins..., Ici elle rate le TGV de 8 h 46... Elle prend le train suivant et fait la connaissance de Marcus, un jeune écologiste militant dont elle tombe amoureuse. Grâce à lui, elle écrit pour une revue un récit dont le succès va la dépasser : adaptées en slam par une vedette de la télé, les paroles d'Emma deviennent un slogan international ! Marcus, lui, est parti en mission au bout du monde... Pense-t-il encore à elle ?

* Ce roman est à lire en parallèle avec son "jumeau "Avec beaucoup d'amour et un peu de chocolat : L'attentat " - (Oskar, 2014).

 

  Le procédé narratif est intéressant. Le point de départ de l'histoire est commun aux deux romans : Emma doit prendre un train en gare de Montparnasse, à 8h46... Dans "Avec un peu d'amour et beaucoup de chocolat : L'écolo", Emma manque son TGV ; dans le second récit, Emma réussit à le prendre... Pour découvrir alors qu'elle aurait été la vie, d'Emma, il faut lire "Avec beaucoup d'amour et un peu de chocolat : L'attentat."

 

 Thèmes :

Récit de vie / Ecologie / Réchauffement climatique / Avenir de la planète / Militantisme écologiste / Télévision / Show biz / L'écriture / Le destin / Sentiments /Relation famille-enfant / Fait de société


De nombreuses réflexions :


- Comment nos décisions influent évidemment nos vies.

- Les rencontres qui bouleversent une vie.

- Nous devons nous préoccuper du sort du monde.

- L'écrivain : qui est-il ? (P. 67 et 73). Le texte de l'écrivain ne lui appartient plus une fois publié (P. 159).

 - La télévision, le show biz...

- Le bonheur (P. 165)

- les vies des familles et des couples, des vies souvent compliquées de nos jours (les parents d'Emma sont au bord du divorce), la maladie du grand-père...

- La place de l'amour

 

Commentaire :


Un roman, que dis-je, deux romans, qui ne sont pas sans me rappeler les films d'Alain Resnais, "Smoking" et "No smoking" dans lesquels les personnages prennent dans deux décisions opposées (prendre ou ne pas prendre une cigarette) qui influeront différemment sur le cours de leur vie.

Comme à son habitude, Christian Grenier nous raconte une histoire trépidante, faite  de rebondissements, une histoire rythmée (des phrases ciselées, courtes), bien servie par une écriture fluide et plaisante. Mais pas seulement... Car les mots de Christian Grenier sont des "pistolets chargés" : il ne se contente pas de divertir, il aime nourrir le lecteur de connaissances savamment distillées pour l'amener à réfléchir sur le monde qui l'entoure.

Les pistes de réflexions brillantes sont en effet très nombreuses dans ce roman de 172 pages.

Il y a d'abord l'inquiétude (mais l'indignation ne suffit pas) écologique de l'auteur pour notre planète et pour nous autres, humains, qui sommes aveuglés par notre désir de  vouloir consommer toujours plus. Une société du spectacle, du show biz et de la télévision qui mériterait qu'on la regarde avec un oeil davantage critique. Pendant ce temps, le permafrost s'amenuise (p.24), le réchauffement climatique "galope" (déjà un thème central de son roman, "Cinq degrés de trop"- le lecteur sera d'ailleurs surpris par un lieu commun que Christian Grenier dénonce) et devient "l'évènement le plus grave auquel l'Humanité devra faire face" (p.52)... Christian Grenier nous fait également partager ses réflexions sur la création littéraire (celle qui échappe à l'auteur, et donc à Emma), sur son métier d'écrivain qui peut refaire le monde (P.67) car il possède un pouvoir fantastique : celui des mots.

Et puis ceux qui connaissent Christian Grenier, retrouveront dans ce roman pas vraiment pessimiste quelques éléments autobiographiques, la douce atmosphère de la Dordogne, ce département dans lequel il fait bon vivre et qui lui est cher, la maison forcément spacieuse pour accueillir la famille, la musique classique (Chopin), l'écriture (Michel Butor), le tilleul sous lequel... et puis l'amour, le bonheur, car de bonheur il est aussi question, cet état d'esprit (P.165),  et cette Humanité qui serait, malgré tout, bien plus heureuse aujourd'hui qu'hier... 

Bref,

J'ai pris grand plaisir à lire ce roman, embarqué que j'ai été par le personnage d'Emma laquelle a vu sa vie (ordinaire) devenir hors du commun.  A lire, donc !

POURQUOI ce BLOG ?

 Le BLOG consacré
aux AUTEURS,
à la LITTERATURE JEUNESSE
et à L'ECRITURE
.

Enfants 1 199La lecture est une nécessité dans le monde moderne. Elle permet de maîtriser la langue, de développer l’imaginaire, de structurer la pensée, d’accéder au savoir, d'acquérir du vocabulaire... C’est pourquoi parents et enseignants se lamentent lorsque les enfants ne lisent pas et les ados encore moins. Pourtant, ils prendront PLAISIR à lire... pur cela, il suffit de les juindécembre2010 225aider à ouvrir la porte.

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  

 

 Avec ce blog, j'aimerais :
 * faire découvrir la littérature jeunesse,l'écriture et les auteurs pour la jeunesse
partager une passion et pourquoi pas donner envie de lire et de rêver entre les pages.  

juindécembre2010 260Le livre est une véritable source de plaisir, de joie et d'émotion. Beaucoup d’élèves disent ne pas aimer lire. Je ne suis pas loin de penser que TOUS aiment lire, sans exception ! Le plus difficile pour eux est de parvenir à trouver dans la masse, LE livre, celui qui ne va pas les endormir… juindécembre2010 227LE LIVRE, celui qui va leur "parler", le livre qui leur correspond, le livre qui va leur remuer les tripes, les boyaux, les neurones, la tête !!!  

Enfants 1 178-copie-1Personne n'aime lire toutes les histoires, tous les livres. Evidemment. Il existe donc des "critères" à appliquer pour trouver et emprunter la perle, le livre qui va faire définitivement plonger dans le plaisir de lire !

Dans le livre on fait de merveilleuses rencontres, on découvre plein d'amis, on voyage, on s'ouvre sur le monde, on vit des aventures que l'on ne connaîtra jamais dans la vie de tous les jours : on embrasse des princesses, on escalade des rochers, on "zigouille" les méchants, on galope sur des chevaux lancés à la poursuite de terribles bandits ... bref, on fait de fabuleux voyages pour... "sourire, rêver et aimer" (Lisez "Le type" de Philippe Barbeau.) !!

Enfants 1 258Dans ce blog, il sera question des hommes et des femmes qui écrivent : les écrivains pour la jeunesse. Les ouvrages de littérature jeunesse de qualité seront présentés, racontés, "décortiqués"...
Vous lirez des interviews de professionnels, vous découvrirez des portraits, le monde de la chaîne du livre (éditeurs, imprimeurs, libraires...), vous trouverez également des conseils, vous ferez des rencontres, participerez à des débats, vous lirez des expériences d'animations pédagogiques autour des livres, vous découvrirez des "paroles" d'élèves, d'enseignants, des textes et.... plein d'autres choses encore !

juindécembre2010 224

 Brigitte Coppin 015
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    "Les gens qui aiment lire sont rarement des salauds !"
Xavier-Laurent PETIT
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  SPECTACLES

   

  "Salomon, vous vous rendez-compte ?"

de Christophe Boutier

 

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Sa majesté des couches"

de Christophe Boutier  

 

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  Une comédie en V actes écrite et mise en scène par Christophe Boutier

L’histoire de la séduction, de l’enfant et de sa famille depuis la préhistoire jusqu’à l’enfant-roi du XXIème siècle.

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Sur scène, il y avait :

- 14 comédiens 

- Six musiciens professionnels dont Michel Léger, accompagnateur de vedettes de la chanson et du cabaret, telles que La Bande à Basile, Daniel Guichard, Zanini, Jean Constantin, André Aubert (Don Patillo)...

- la chorale du collège de Xavier Bélanger (professeur d'éducation musicale qui a mis en musique le spectacle) qui a interprété des chansons de variété en rapport avec l'enfance.

- des projections murales assurées par les élèves de l'option image (Eddy Dabrigeon...) du collège, option dirigée par Cécile Cotten,  professeur d’Arts plastiques.

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Les spectacles précédents

 

2013- Le temps du maquis"

2012 - "Salomon, vous vous rendez compte ?"

2011 - "Sa majesté des couches"(Gannat)

2010 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes"  : 2ème épisode (Gannat)

2010 - "Un zèbre sur la banquise" (Gannat)

2009 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes " : 1er épisode (Lapalisse)

2008 - "La farce vaudevillesquement tragique de la chambre forte du jugement dernier. " (Lapalisse)

2007 - "Le terrier zeixcoussois en Zinzinmouli ou la complainte des comédiens en danger" (Saint- Prix)

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    Un grand MERCI donc à tous les écrivains jeunesse
 que j'épuise et à qui je donne mal à la tête !!!
Ah ! Ah !!

Enfants 1 224Christian Grenier, Eric Boisset, Alain Grousset, Alain Surget, Béatrice Nicodème, Anne-Marie Desplat-Duc, Susie Morgenstern, Arthur Ténor, Hubert Ben Kemoun, Jean-Côme Noguès, Marc Séassau, Fabrice Colin,  Lorris Murail, Roger Judenne, Philippe Barbeau, Anne Ferrier, Evelyne Brisou-Pellen, Eric Sanvoisin, Christophe Léon, Jean-Luc Luciani, Béatrice Egémar, Magali Herbert, Guy Jimenes, Jean-Claude Mourlevat, Raymond Perrin, Jean-Baptiste Evette, Marc Cantin, Claire Gratias, Christophe Miraucourt, Xavier Bascour, François Librini, René Gouichoux, Yaël Hassan, Jean-Marc Ligny, Marie-Aude Murail, Cécile Roumiguière, Brigitte Coppin, Dorothée Piatek, Sophie Audouin-Mamikonian, Fanny Joly, Johan Héliot, Jack Chaboud, Jean-Luc Marcastel, Stéphane Daniel, Emmanuelle et Benoît de Saint Chamas, Jean-Paul Gourévitch, Michèle Laframboise., Florence Hinckel, Christophe Loupy, Lénia Major, Viviane Koenig, Marie Mélisou..

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... évoque le BLOG sur la littérature jeunesse.

 

"Des conseils pratiques de pro à pro, des interviews délicieuses et des
articles écrits par des écrivains ou des éditeurs, des bibliographies,
des réflexions sur la littérature jeunesse, des coups de coeur et
 des anecdotes...On trouvera tout cela (!) sur le blog de C
hristophe
Boutier, professeur documentaliste  au collège de Gannat (Allier).

Les petits articles de réflexion sur certains aspects de la littérature
jeunesse sont parmi les plus intéressants, d'autant plus qu'ils soulèvent
parfois des points souvent peu vus : les genres relevant de l'imaginaire
et les critères de classification (science fiction, fantasy...), les styles
d'écriture (classique, moderne…), ou encore le souci de la véracité dans
les romans historiques jeunesse.

En plus de cela, on trouvera une liste impressionnante de sites
d'écrivains  et des ressources diverses et variées qui émaillent les
articles (liens vers des  sites de séries jeunesse, des conférences
en ligne...), des « trucs et astuces » de Doc pour aimer et faire
aimer la lecture, des bibliographies...

Si la mise en page gagnerait à être un peu plus claire et lisible, le côté
bric-à-brac (où on flâne volontiers de longs moments) perdrait de son
charme...

Par un prof-doc amoureux et défenseur acharné de la littérature
jeunesse.
"

 

Rubriques

CULTURE au CDI de Gannat

Collège de Gannat (03)

" Fête de la culture, de la lecture et de l'écriture"

  Mai 2013 - 4ème édition

Eric Boisset 

Mai 2013 145

ArthuArthur Ténor 024r Ténor

Alain Surget 

Alain Surget 053

 

Mai 2012 - 3ème édition

 Jean-Luc Marcastel

jean-luc-MARCASTEL-010.jpg

Brigitte Coppin 

      Brigitte-Coppin-013.jpg

 

Mai 2011 - 2ème édition

Philippe Barbeau, Christian Couty

juindécembre2010 236

Béatrice Nicodème

 

juindecembre2010-245.jpg

 

Juin 2010 - la 1ère édition :

 

Alain GROUSSETet Christian GRENIERétaient parmi nous pour évoquer la Science-Fiction (SF) etpour débattre des nouvelles technologiesqui pourraient "tuer » les livres...

 Enfants 1 196

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Le nouveau spectacle du collège

Joseph Hennequin de Gannat, dans l’Allier.

 

 

La troupe de théâtre du collège Hennequin, composée cette année de 30 comédiens issus des quatre niveaux de classes, a réalisé un film (un vrai ! en noir et blanc)écrit par Christophe Boutier, professeur documentaliste, « Le temps du maquis» (vendredi 14 juin 2013, centre socio culturel de Gannat). Xavier Bélanger, professeur d’Education musicale, assurera la mise en musique.

Ce film présente la dure réalité de la vie quotidienne et clandestine, au milieu de la forêt,d’hommes et de femmes – les maquisards - remarquablement courageux qui recoururent, au péril de leur vie, à la guérilla pour s’attaquer à la milice du Maréchal Pétain et aux troupes d’occupation allemande.

Ce spectacle entre dans le cadre du projet « Devoir de mémoire », une option du collège menée en classe de 3ème. Les 16 élèves de cette option dirigée par M. Bellet, professeur d'Histoire, présenteront la soirée :

En 1ère partie, un court métrage : Roger VENUAT, résistant dans le maquis de Hérisson (Allier, 03), au collège Joseph Hennequin.

En 2ème partie, la pièce de théâtre, « Le temps du maquis »

ENTREE GRATUITE

  

QUI SUIS-JE ?

Je suis Christophe BOUTIER, professeur documentaliste au collège de Gannat (1 rue Joseph Hennequin. 03800 GANNAT) , dans l’Allier, en Auvergne.

Passionné par la littérature jeunesse, l'écriture, la lecture... j'ai découvert, grâce à ma profession cette littérature - une vraie littérature ! - qui comporte de magnifiques textes. Et derrière des mots adressés, peut-être davantage aux enfants, aux adolescents - quoi qu'un bon texte doit pouvoir être lu par tous sans aucune histoire d'âge ! - se cachent des écrivains adorables, des personnes d'une incroyable richesse humaine, intellectuelle et culturelle, des gens de talent que j'ai/j'ai eu la chance pour certains de côtoyer !

Aujourd'hui, j'éprouve le besoin de partager mon amour des auteurs jeunesse et de leur oeuvre ! je compte également sur vous lecteurs pour faire vivre ce blog, mutualiser nos expériences, nos connaissances, nos réflexions et... débattre.

 
Mon autre BLOG, celui du CDI du collège de GANNAT :
http://www.cdi.gannat.over-blog.com