Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de CHRISTOPHE BOUTIER, professeur documentaliste au collège de St Germain-des-Fossés, dans l'Allier
  • : Blog qui a pour objectif de parler de la littérature jeunesse, des écrivains jeunesse... pour donner le goût de lire aux adolescents. L'objectif est également d'intéresser à la culture. Il s'agit aussi de faire découvrir cette littérature à part entière aux adultes.
  • Contact

Le Vampire Du Cdi

  • Le cédéiste
  • Je suis le "VAMPIRE d'un CDI" auvergnat !

ANECDOTES

Pierre BOTTERO,

le Seigneur des ados !

 

Pierre Bottero était fier d’être un auteur jeunesse - une littérature qui n’a rien à envier en qualité à la littérature « vieillesse. » S’il n’était pas qu’un auteur de fantasy, il faut bien reconnaître que c’est à cette littérature de l’Imaginaire qu’il dût son incroyable succès !

Dès l’enfance, il tombait dans la marmite de la fantasy. Il dévorait Tolkien (Un choc ! S’en suivi, plus tard, l’idée que la fantasy ne pouvait s’écrire que sous la forme d’une trilogie), Zelasny, Farmer, Moorcock, Vinge, Howard… Les grands noms qui allaient lui permettre de devenir l’auteur que nous connaissons. Plus tard, il appréciera les auteurs « jeunesse » tels que Erik L’homme, Hervé Jubert, Fabrice Colin ou Philip Pullman, Eoin Colfer pour ne citer qu’eux. Il n’y a pas de concurrence en littérature jeunesse, les auteurs s’apprécient, se côtoient, se téléphonent, se rencontrent, se parlent, rêvent ensemble d’histoires communes. Ainsi Erik L’Homme et Pierre imaginaient ensemble, « A comme assassins »…

De ses lectures, Pierre Bottero ne devait pas ressortir indemne.

C’est par hasard qu’il se lançait dans l’écriture, pour aider sa fille qui séchait devant un concours d'écriture : il rédigeait quelques pages sur son ordinateur, se piquait au jeu, poursuivait (son épouse réclamait la suite), envoyait le texte à un éditeur qui le publiait... Il était dit qu’il n’arrêterait plu. Marqué à tout jamais par Tolkien, il était évident qu’un jour, il s’essaierait à la fantasy. C’est ainsi que naquirent « La quête d’Ewilan », « Les mondes d’Ewilan » et « Le pacte des Machombres. »

 

 

 

Pierre Bottero se fichait éperdument du cadre dans lequel on allait placer ses romans. Mais pour les « techniciens, l’auteur lui-même évoquait la Low Fantasy. Il s’agit d’une low fantasy - inspirée par ses jeux d'enfant, ses rêves d'adulte, ses lectures et les émotions ressenties au quotidien - dans laquelle existe un équilibre entre le bien et le mal, le courage, la volonté et la détermination où domine le désir de tout ramener à des intérêts individuels (égoïsme forcené, aveuglement quant à la mise en danger des équilibres…). Un parallèle pourrait d’ailleurs être établi entre le chaos décrit et notre monde réel. Mais attention. Les propos de Pierre ne demeurent pas sombres, ils restent optimistes. Pour avancer ! Avec pour personnages principaux des… femmes. Pierre était fondamentalement féministe. Il aimait à dire qu’il y avait moins de « cons » chez elles que chez les hommes. Toutefois, Pierer Bottero n’a jamais cherché à donner des leçons, il se méfiait trop pour cela des « transmetteurs » de valeurs et des donneurs de leçons. Le livre était pour lui un objet de partage.

Ce partage, il l’avait avec sa famille qui appréciait ce qu’il écrivait et qui le rassurait : Claudine, son épouse, ses deux filles lisaient ce qu’il écrivait avant publication.

 

 

 

Lorsque Pierre Bottero était invité dans un salon du livre pour une dédicace, il faisait partie des auteurs les plus demandés (il ne faisait pas bon signer à côté de lui !) : les impressionnantes files d’attentes composées de lecteurs (jeunes et moins… jeunes !) en témoignaient. C’est avec émotion qu’ils recevaient tous les messages de sympathie et… d’amour. Ses livres touchaient, ses histoires permettaient le partage et faisaient rêver, Pierre vivait alors une aventure … magique.

Il avait beau affolé le compteur des ventes, ce qui avait un réel impact sur lui, c’était :  de percevoir la flamme dans les yeux de ses « fans » (euh ! il n’aimait pas le mot), de recevoir leurs avis, de parler avec eux.

Tant d’amour le gonflait à bloc et lui transmettait une énergie positive.

C’est pourquoi, ce succès (qui lui permit d’abandonner son métier d’instituteur) qu’il percevait intensément, à la fois avec bonheur (évidemment !) et tranquillité, lui donnait également un sentiment de responsabilité. Ainsi, s’il savait se montrer reconnaissant envers ceux qui l’avaient aidé à améliorer son écriture (Caroline Westberg, son éditrice chez Rageot), il avait également de la considération pour ce public à qui il devait tant. Quand vous rencontriez Pierre, assis derrière sa table de dédicace, vous aviez le sentiment qu’il n’attendait que vous ! Pierre veillait soigneusement à être proche de son « public », un de ses… bonheurs. Il respectait humainement ses visiteurs et ses lecteurs en leur offrant des histoires dont il voulait qu’elles évitent facilité et démagogie. Il apportait ainsi beaucoup de soin et d’exigences aux corrections, un travail exigeant, vorace en temps et en énergie.

 

L’écriture de Pierre Bottero avec « Le pacte des marchombres » avait atteint une belle maturité. C’est ce que Pierre lui-même soulignait quand il affirmait que « c’est en écrivant qu’on apprend à écrire. » En effet, cette dernière trilogie qui met en scène le personnage d’Ellana est moins légère, plus complexe, que celle de « La quête d’Ewilan » : l’auteur avait eu le sentiment d’avoir grandi, évolué et de s’être trouvé, un sentiment accompagné par le désir de partager encore davantage avec le lecteur. Pierre Bottero était un homme intègre, voilà pourquoi il continue d’être autant aimé. A la lecture de ses trilogies, cette sincérité transpire. Pierre prenait un immense plaisir à écrire, à « rêver », à imaginer le monde (issu d’un vieux rêve de liberté absolue) d’Ewilan, d'Ellana. Il prenait un immense plaisir lorsque d’autres que lui se baladaient dans "ses" mondes. Pierre Bottero écrivait pour être lu mais aussi pour explorer des contrées inconnues (se connaître lui-même ?) et entraîner à sa suite tous ceux qui étaient tentés par l'aventure... Quand il mettait le point final, c’était à la fois une joie (celle d’avoir terminée et d’être satisfait du résultat) et une déchirure (celle de quitter l’univers crée)… Un sentiment d'être coupé d'une part de soi-même avec l’irrésistible envie de replonger très vite.

 

Pierre le « poète » accordait beaucoup d’importance au travail de réflexion qui précède l’écriture. Lorsqu’il attaquait le premier chapitre d’un roman, la trame générale était dans son esprit, il connaissait très bien ses personnages. Ensuite, plongé dans le cœur du roman, il écrivait sans arrêt, du matin au soir, parfois pendant la nuit. Puis, il pouvait ne plus écrire pendant des semaines Enfin, presque car il écrivait toujours… dans sa tête. Quand il n’écrivait pas, il écrivait sans écrire. Pierre était un homme normal qui aimait lire, courir, menuiser, bucheronner, voyager, rencontrer, parler, rêver… et sourire ! Ah, ce sourire !I

L’écriture de Pierre était une écriture « vraie », sans complaisance, une écriture qui venait des tripes, un cadeau offert au lecteur. Il n’était satisfait que si les mots qu’il employait correspondaient réellement à ce qu’il souhaitait écrire. Cette honnêteté, il la devait à ses lecteurs. Pierre était un travailleur qui reprenait, sans cesse, son récit, la cohérence, le fond, la forme… C’est pourquoi il prenait grand soin, malgré les pressions des lecteurs, de ne pas chercher à publier, à tout prix, trop rapidement. Il était persuadé qu’il valait mieux patienter et faire patienter plutôt que de se décevoir et décevoir. Il pendait qu’il fallait laisser le temps à l’histoire de pousser, à son rythme...

 

-------------------

   "Le Loup à la voix de miel"
Marc SEASSAU (Grasset jeunesse)

J’ai fait venir dans le collège où je travaillais alors, l’écrivain Marc Séassau.  La journée fut belle et pleine d’émotion notamment lorsque Marc anima une rencontre à deux voix (j’adore organiser ce genre de rencontres : 2 auteurs face à une classe en même temps !) avec Jean-Côme NOGUES qu’il avait adoré lire lorsqu’il était ado.

Marc Séassau a écrit ce roman « Le loup à la voix de miel » parce qu’il a été marqué par sa convocation comme juré dans une affaire de viol. Dans son récit, il narre l’entrée en 6ème d’une petite fille qui, anonymement, dépose des extraits de « Peau d’âne » dans les poches, de sa « marraine », une élève de 3ème.  L’appel au secours était évident !

Cette rencontre a déclenché un phénomène pour le moins inattendu dont j'ai été le témoin, involontaire : il m'a fallu trois semaines pour comprendre ce qui m’arrivais !

Je trouvais régulièrement par terre, dans le CDI, toujours disposées par deux, des photos représentants des scènes classiques de la vie d'une famille avec une de nos élèves de 6ème (anniversaires...). J'ai évidemment rendu ces photos à l'élève qui, agressive, semblait ne pas comprendre pourquoi je détenais son bien. C'est tout juste si elle acceptait de reconnaître qu'il s'agissait d'elle sur les clichés ! Ces scènes se sont régulièrement reproduites ( trois, quatre fois pendant trois semaines) jusqu'au jour où j'ai eu un déclic  : une seule photo sur le sol évoquant la petite sur les genoux d'un homme. J'ai de suite compris (Peau d’âne !), j'ai alerté l'infirmière, la Principale du collège... Cette élève avait eu l’idée de reproduire ce que l’héroïne du roman faisait.
Voilà ce qu'uns simple rencontre d'écrivain peut entraîner en dehors du plaisir de lire.
Le roman avait libéré la parole de l’élève !


Nous en avons évidemment parlé avec Marc Séassau qui était évidemment KO : comment ne pas l'être ? Il avait écrit ce roman un peu dans un but pédagogique mais quand la réalité dépasse la fiction...

Recherche

PERLES de LECTURE

 Le collège de Gannat

 a voyagé dans le temps !

 

 Après la lecture des romans historiques jeunesse de Béatrice Nicodème....

    321.JPG

« Oyez ! Oyez gente dames et damoiseaux ! Entrez dans le Moyen Age ! » Ainsi s’est écrié le troubadour, jeudi 9 juin 2011, dans la plaine gannatoise : deux cent élèves de 5ème du collège Hennequin et CM2 des écoles du Malcourlet, de Pasteur et de Jean Jaurès ont bravement et « prestement » effectué le « pas sur le côté » pour revêtir leur cotte de maille et ainsi plonger en plein XIVème siècle.

  

284.JPG

  Pour rendre vivant et attractif le Moyen Age, période étudiée en classe et encore largement visible dans la cité des portes occitanes, Gannat, douze comédiens et cascadeurs professionnels de la compagnie toulousaine ARMUTAN, ont chevauché leurs destriers pour répondre à l’olifant de Christophe Boutier, professeur documentaliste, initiateur de cet imposant projet, « Cultures, loisirs et genres de vie au Moyen Age », un projet fédérateur d’énergie d’une année.

  323        

Un campement faits de plusieurs tentes, de peaux de bêtes, de râteliers d’armes, de tonneaux… a été établi dans la partie herbeuse et arborée de l’établissement scolaire. Les écuyers – élèves, aux yeux brillant de plaisir, répartis en six « compagnies » de « routiers » qui répondaient au nom d’un  célèbre homme de guerre, du Guesclin, Prince noir ou bien d’un roi, Philippe Auguste…ont défilé avec leurs bannières dans les sept ateliers pédagogiques pendant six heures.  Ainsi, ils ont été initiés à l’archerie, au maniement des armes, au combat rapproché, à l’héraldique – l’art de faire son blason – à la danse, aux instruments et à la musique, à la jonglerie… Le capitaine « Barbepeste » et ses sbires ont alors conquis la « piétaille » qui après explications et démonstrations, devait mettre en pratique l’enseignement de leurs maîtres…  

   336.JPG

 Les corps fatigués furent réparés par le succulent banquet médiéval régional (tortillons gannatois, galichons d’Escurolles, fromages de chèvres de Bellenaves, Fraises bourbonnaises sur lit de fromage blanc de campagne de Cérilly étaient inscrits sur le très beau papier imprimé à l’ancienne par le moulin Richard de Bas ), pris en musique, et proposé par le chef, Sylvain Bruno. Une projection d’images, capturées dans la matinée, proposées par les élèves de l’atelier image du collège lors du repas, a également ravi les convives.

  287.JPG

En fin d'après-midi, les petits occitans, tout sourire, étaient regroupés pour assister à un spectacle de jongleries burlesques proposées par « Grand mètres Yann »,  à de la poésie lyrique, et à une impressionnante saynète de combats à l’épée accompagnée par la musique du groupe DAYAZELL.

 

Quel bonheur ! Quelle joie d'avoir vu les yeux des enfants pétiller de plaisir ! Quel  moment de vie ! Il ne fait aucun doute que cette journée unanimement saluée comme étant extraordinaire restera gravée dans les mémoires.

  351.JPG Alors, un grand MERCI à tous ceux qui ont participé à la réussite du projet ! Les personnels du collège Hennequin, la mairie de Gannat, les mécènes, les comédiens si sympathiques et bien sûr…les élèves !

 

Pour en savoir davantage :

 

RV sur le blog du collège de Gannat (03),

une 100e de photos...

 

http://cdi.gannat.over-blog.com/

 

    ------------------------------------

 

 

A propos de ce blog !

 

Lu dans « La nouvelle encyclopédie des filles 2011 » de Sonia Feertchak ((Plon)

 

« Le blog passionné et passionnant d’un professeur documentaliste  fou de littérature jeunesse, pour « sourire, rêver, aimer ». Des articles vivants sur la lecture, qui donnent envie de découvrir plein de livres et autant d’auteurs

 

 

-------------------                                                      

A lire, vraiment !




 

 

 

 

 

 

 

 

   

A travers de nombreuses anecdotes Christian Grenier évoque son enfance placée sous le signe du théâtre et de la lecture, son adolescence marquée par l'écriture et la passion. Il relate son parcours d'enseignant, d'auteur mais aussi de lecteur-correcteur, journaliste, scénariste et directeur de collection. Il se penche également sur les mécanismes intimes de l'imaginaire, détaille la genèse de ses oeuvres et fait pénétrer le lecteur dans les coulisses de l'écriture et de l'édition. Enfin il s'interroge sur les principes qui font d'une fiction un récit pour la jeunesse. Regorgeant de confessions, de convictions et de passion, ce témoignage d'une vie consacrée à la littérature jeunesse se lit comme un roman.
 

Archives

Le MOT du JOUR : ......

    "Des millions de gens vivent sans lire, mais ce qu'ils ignorent,

c'est qu'on vit infiniment plus en lisant."

Xavier-Laurent PETIT

  

     318 042 visiteurs 

Je vous livre l'adresse du blog de mon nouveau cdi et collège : http://colllafontaine.over-blog.com/

 

depuis octobre 2009

 

 

16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 19:03

22633.jpgBonjour Agnès ! Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

 Bonjour ! Avec plaisir.

Agnès Marot, auteure de romans jeunesse et jeunes adultes, dans les littératures de l’imaginaire. Je suis publiée depuis un peu plus d’un an, aux éditions du Chat Noir avec De l’autre côté du mur, un roman qui commence dans une communauté de femmes, toutes artistes, qui ignorent l’existence des hommes ; aux éditions Armada avec La Couleur de l’aube, un roman de fantasy qui emprunte beaucoup à l’onirisme et à la cruauté du conte ; et aux éditions Imaginemos avec Le Secret des Bois-Noirs, un club des cinq moderne où cinq cousins chassent un trésor dans la vieille demeure familiale pour sauver leur grand-mère.

Et quand je n’écris pas, je suis éditrice freelance, et directrice de collection aux éditions Scrineo !

On peut donc dire que le livre fait partie intégrante de mon quotidien…

 

L’auteur aujourd’hui

 • Comment se situe l’auteur aujourd’hui par rapport à l’auteur des débuts ? Il y a-t-il une différence (style, pensée, méthode…) ?


Je suis encore une jeune auteure : ça fait seulement un an que je suis publiée, je n’ai donc pas beaucoup de recul. Pourtant, mes méthodes ont déjà évolué par rapport à mon premier roman : je planifie (un peu) plus ce que j’écris, je connais mieux mon rythme et j’apprends à adopter un style « complexe, mais pas compliqué » (pour paraphraser un éditeur de ma connaissance) qui convient aux jeunes lecteurs.

Quant à la pensée, elle est en perpétuelle évolution, bien sûr.

 • Quelle est ta définition de l’auteur jeunesse ? En es-tu un ?

 Un auteur jeunesse est, pour moi, un auteur qui s’adresse au jeune public (de l’album au roman de Young Adult). Cela n’empêche pas que ses romans puissent être lus par des adultes, il s’agit plutôt de l’âge des héros que de celui des lecteurs à mon sens.

Et, oui, j’en suis un ! Comme j’aime à le dire : « si j'écris de la jeunesse et du Young Adult, c'est parce que j'aime que mes héros découvrent ce qui les entoure. »

 

L’écriture :

 

• Pourquoi écris-tu ? Est-ce quelque chose de facile à expliquer ?

J’écris pour partager, et surtout parce que j’adore ça. J’écris tout simplement les histoires que j’aurais aimé lire, et j’y trouve le même plaisir que quand un roman m’embarque hors du monde – avec, en plus, le bonheur de partager cette sensation avec mes lecteurs.

J’écris parce que c’est aussi ma façon de participer au monde et d’y apporter un peu de rêve et d’espoir, même à ma toute petite échelle.

 

• C’est quoi être écrivain ? Ecrire c’est quoi ?

 Être écrivain, selon moi, c’est tout simplement écrire, que ce soit pour soi, pour les autres, régulièrement ou de temps en temps.

Et écrire… Ecrire, c’est raconter une histoire, jouer avec les mots pour trouver la bonne formule, celle qui fera passer l’émotion ou la pensée qu’on a envie de partager. Cela dit, je pense qu’il y a autant de définitions de l’écriture que de gens qui écrivent !

 

• Que penses-tu des écoles américaines dans lesquelles on peut apprendre à écrire ? En France, elles n’existent pas. Quel écrivain es-tu ?

 

Je me dis qu’elles doivent être précieuses pour rencontrer des gens du milieu du livre, trouver des « primo-lecteurs » (des lecteurs critiques qui nous aident à travailler nos textes pour les améliorer), et découvrir différentes techniques d’écriture. L’essentiel serait, il me semble, de ne pas chercher à formater l’étudiant mais de lui apprendre à trouver ses propres méthodes pour mettre son style et ses idées en valeur.

Personnellement, je ne suis pas un écrivain solitaire. J’ai travaillé ma plume et mes histoires sur le forum de CoCyclics, avec d’autres auteurs des littératures de l’imaginaire, pendant trois ans avant de me sentir prête à voler de mes propres ailes – et encore, je reste en contact quotidien avec les amies auteures que j’ai trouvées là-bas. Nous avons, à notre façon, appris à écrire et à publier ensemble.

 

• Arthur Ténor parle de lui comme étant un « explorateur de l’imaginaire. » As-tu une formule pour te caractériser ?

 

Pas vraiment, mais c’est une jolie formule qui lui correspond bien !

S’il y en avait une, elle tournerait autour des émotions, du rêve et de l’espoir.

 

• L’écriture a-t-elle toujours été en toi ou est-ce quelque chose qui est arrivé tardivement dans ta vie ? Il y a t-il eu un élément déclencheur ?

 

J’ai toujours écrit, comme j’ai toujours lu. Le seul élément déclencheur a été celui qui m’a décidée à travailler mes écrits sérieusement en vue de la publication : mon entrée en Master Edition, accompagnée de ma découverte du forum de CoCyclics.

 

• Pour qui écris-tu ? A moins que ce ne soit pour un public ? Pour être lu ?

 

J’écris pour ceux qui ont envie de partager les mêmes rêves que moi, tout simplement, quels que soient leur âge ou leurs goûts.

 

• Le public/l’éditeur t’ont-ils influencé à un moment donné ?

 

Souvent, même. C’est un éditeur qui m’a poussée à écrire pour les 10 ans et +, par exemple, car je n’aurais pas osé m’y lancer faute de connaître ce public assez bien pour m’adresser à lui. Mes lecteurs m’ont aussi incitée à écrire une préquelle à De l’autre côté du mur, parce qu’ils avaient envie d’en savoir plus sur les origines de la société qui y est dépeinte.

Je m’empare très souvent de leurs idées ou de leurs envies pour me les approprier et y mettre la part de moi qui résonne à ce qu’ils ont partagé avec moi.

 

• Cette fameuse imagination, d’où vient-elle ? De quoi t’inspires-tu ?

 

Du quotidien. De ce que je vois, ce que je lis, ce que j’entends ; de mes coups de gueule et de mes coups de cœur, des choses qui m’amusent, qui m’émeuvent… Je pioche dans des milliers de détails de la vie de tous les jours pour former des histoires imaginaires – car l’imaginaire reste pour moi une manière de parler des hommes et du monde qui nous entoure.

 

 

• Comment procèdes-tu pour écrire ? Un plan ? des carnets ?

 

Je laisse l’histoire mûrir pendant des mois sans en écrire un mot, puis j’élabore un synospsis vague (qui comporte les lignes directrices du roman : début, fin, péripéties essentielles et évolution du personnage principal), et je me lance. J’écris vite, de façon intense, puis je fais des pauses plus ou moins longues pour laisser les idées mûrir avant de me replonger dans un autre projet.

 

• A quel moment de la journée écris-tu ? Avec quoi ? Une heure précise ?

As-tu besoin d’isolement ?

 

A peu près dès que j’en ai l’occasion quand je suis dans une période d’écriture ou de correction. Peu importe l’heure, le support, le bruit autour… Si je peux écrire, j’écris !

Pour les longues séances de travail, c’est sur mon fauteuil préféré, avec mon chat qui ronronne sur mes genoux et une bonne tasse de thé, et sur mon ordinateur portable.

 

• Qui te lit en 1er ? Un proche ? Pourquoi ?

 

Mes amies auteures : Cindy Van Wilder, Nadia Coste et Silène Edgar en général, parfois d’autres. Parce qu’elles n’ont pas leur pareil pour me botter les fesses quand j’ai des corrections à faire, qu’elles connaissent ma plume et mes idées et savent comment m’aider à les mettre en valeur, et qu’elles sont aussi les meilleures supportrices pendant les coups de blues !

 

• Qu’aimerais-tu écrire ? Un sujet que tu n’as pas abordé et qui te taraude ?

 

Pas pour le moment : j’explore les idées qui m’interpellent au fur et à mesure que j’écris de nouveaux projets. Celui que j’ai envie de développer, en particulier en ce moment, c’est l’univers de la télé-réalité et du monde virtuel.

 

• Ecrire à 4 mains cela te tente-t-il ?

 

Pourquoi pas, mais il faudrait que ce soit avec une de mes amies mentionnées plus haut, puisqu’on se connaît très bien humainement comme d’un point de vue littéraire. Ce n’est pas prévu pour le moment !

 

• Est-il facile de vivre de sa plume ? Exerces-tu un autre métier ?

 

Non, c’est très difficile, il faut vendre beaucoup, publier des ouvrages régulièrement et faire des interventions rémunérées. De mon côté, j’ai un autre métier (qui reste dans le milieu du livre), et cela me convient très bien : j’ai besoin de vivre d’autre choses pour trouver le terreau de mes romans, je ne me vois pas passer tout mon temps à écrire.

 

• Qualités et défauts de la Femme ? qui rejaillissent sur l’écrivain ?

 

Pas facile comme question ! Peut-être ma rigueur qui me permet d’écrire d’atteindre les objectifs que je me fixe en cours d’écriture (tant de mots par jour, arriver à telle scène avant de déjeuner, …). Et mon côté passionné qui m’empêche d’avoir un rythme d’écriture régulier : quand j’écris un roman, je lui donne tout, j’y pense tout le temps au détriment de ma vie quotidienne, et du coup j’ai besoin de longues pauses pour me ressourcer entre deux projets.

 

* Quels conseils donnerais-tu à un auteur débutant ?

 

De terminer ce qu’il a commencé, coûte que coûte. On doute toujours quand on écrit, on a envie de reprendre le début, de corriger avant d’avancer… Si on n’arrive pas à terminer un projet de cette façon, mieux vaut se forcer à aller jusqu’au bout quand même et noter les choses à corriger pour les relectures qui suivront le premier jet !

 

Ton genre préféré :

 

Qu'est-ce qui amené à écrire le genres d'histoires qui sont les tiennes ?

 

Ce sont tout simplement celles que je lis le plus et celles qui me parlent : les littératures de l’imaginaire permettent de parler de choses graves comme de choses légères, tout en instillant rêve et espoir au lecteur grâce à un univers malléable à l’envi.

 

Est-ce que les Mondes imaginaires sont plus compliqués à écrire que d'autres romans aux genres différents ?

 

Je ne crois pas : toute histoire a ses difficultés. Pour ma part, j’aurais par exemple bien du mal à écrire un polar (il faut être tellement rigoureux sur le moindre détail de l’intrigue !).

 

 

Tes personnages :

 

• Comment crées-tu tes personnages ?

 

Progressivement, en leur ajoutant petit à petit des traits de caractère qui deviennent essentiels. Je me concentre surtout autour de leur évolution, puisque c’est elle qui guidera mon histoire : comment vont-ils dépasser leurs défauts qui les paralysent pour en faire une force et devenir des héros ? Qu’est-ce qui est important pour eux ?

Je pense à eux comme à des personnes réelles, avec leurs rêves, leurs craintes, leurs déceptions et leurs épreuves passées.

 

• Est-ce que ce sont tes personnages qui te mènent ? Par exemple, peuvent-ils te faire changer de voie en cours d’écriture ?

 

Un peu des deux. Il m’arrive d’être surprise de la tournure que peuvent prendre certains dialogues et de devoir adapter les relations des personnages en conséquence, mais c’est tout de même moi qui choisis les  situations dans lesquelles je vais les plonger.

 

• Qu’aimes-tu le plus dans la création du personnage ? L’aspect psychologique ?

 

Oui, et la relation qu’il a avec les autres. Les personnages sont très importants pour moi, ce sont eux qui mènent tout le reste dans mes romans. C’est à travers leur regard et leurs questionnements que je peux faire ressentir de l’émotion à mes lecteurs, que je peux leur faire regarder le monde autrement.

 

• Quel est le personnage que tu as crée et qui t’a posé le plus de souci ? Pourquoi ?

 

Ealeth, le héros de La Couleur de l’aube. Il était trop parfait au départ, puis trop colérique, puis trop doux… j’ai eu du mal à dépeindre les nuances qu’il avait dans mon esprit. Pourquoi lui et pas un autre ? Aucune idée !

 

• Quel personnage de papier que tu as inventé aimes-tu le plus ?

 

J’ai un petit faible pour Aylin, la meilleure amie de Sibel dans De l’autre côté du mur.

 

Les lieux :

 

• Comment t’inspires-tu pour créer un lieu ? Une atmosphère ?

 

Je vois les scènes très distinctement dans mon esprit, j’imagine mes personnages et ce qu’ils ressentiraient dans ce contexte, je me mets à leur place et je décris l’atmosphère à travers leurs ressentis. Parfois, je m’inspire d’images ou de lieux que je connais, mais c’est assez rare.

 

• Te rends-tu sur place ? Visites-tu beaucoup ?

 

Non, très peu, principalement parce que j’en invente la grande majorité.

 

• Est-il plus facile de partir de rien ou de ce que l’on connaît ?

 

Je fais l’un ou l’autre selon ce dont j’ai besoin, je ne trouve pas qu’il y en ait un des deux qui soit plus facile.

 

Le style, la phrase, le mot…

 

• Quelle est la phrase qui te pose le plus de souci dans l’écriture ? L’incipit ?

 

Sans conteste : le premier chapitre dans son ensemble. Qu’il est difficile de commencer une histoire de façon dynamique, tout en présentant les lieux, les personnages et les enjeux du roman !

Pour tout avouer, j’ai une forte tendance à supprimer mon premier chapitre une fois le premier jet achevé, pour distiller les informations dans les chapitres suivants.

 

• Quel style préfères-tu ? style indirect libre… « je » ou « il »…

 

Le « je » et le présent, pour une immersion immédiate dans la peau du personnage principal. Au mieux, je fais parfois une focalisation interne au présent (la 3epersonne du singulier mais qui suit un seul personnage, permet de connaître ses pensées mais pas celles des personnages qui l’entourent).

 

• As-tu la plume facile ? Ou est-ce laborieux ? Te faut-il raturer beaucoup ?

 

J’ai la chance d’avoir la plume facile : quand je corrige, c’est surtout pour le fond du roman (ce qui peut m’amener à réécrire beaucoup), mais l’écriture elle-même me vient facilement et nécessite peu de retravail derrière.

 

• Combien dure la phase avant l’écriture (recherches…) ? Et la phase d’écriture ? Combien écris-tu de livres par an ?

 

C’est très variable ! En général, le temps « avant » l’écriture est assez long mais pas mesurable : l’histoire se construit dans ma tête sans que j’écrive quoi que ce soit sur le papier. Le temps d’écriture, lui, dure en moyenne deux à trois mois, selon la taille du roman.

J’écris deux ou trois romans par an, là aussi en fonction de leur taille !

 

• Quelle phase préfères-tu ? La recherche des idées ? l’écriture ?

 

L’écriture et la correction, même si j’aime toutes les phases. Parce que j’adore voir l’histoire se sculpter sous mes yeux, découvrir des connexions auxquelles je n’avais pas pensé et glisser des clins d’œil juste pour le plaisir ! Je rentre dans un état second, comme quand on est pris dans un bon livre et qu’on oublie tout ce qu’il y a entoure ; mais doublé de la satisfaction de créer quelque chose qu’on pourra partager.

 

• Quelle place a le mot dans tes romans ? Le vocabulaire est-il très important pour toi ?

 

Très important : j’aime trouver le mot juste, laisser les nuances s’insinuer dans les phrases selon qu’on choisit un terme ou un autre.

 

• Fais-tu attention à la longueur de tes phrases ? Pierre Bottero faisait des phrases courtes ; parfois, il ne les finissait pas pour laisser le soin au lecteur d’imaginer, de rêver et donc de les terminer lui-même.

 

J’y fais très attention, parce que le style est avant tout une question de rythme et de mélodie à mes yeux. Il peut être dissonant dans des passages particulièrement durs (phrases courtes, mots uniques, sonorités grinçantes) ou au contraire très poétique dans des passages qui se prêtent au rêve (alternance des phrases courtes et longues, grande attention à la sonorité des mots et à la mélodie générale de la phrase, etc.).

 

• Qu’est-ce qui fait que pour toi, une phrase est bonne ?

 

Quand le rythme et le sens s’accordent parfaitement, tout en nuances.

 

• Utilises-tu beaucoup de documentation ?

 

Non, assez peu, j’essaie de faire en sorte de ne pas en avoir besoin.

 

 

La littérature :

 

• Agnès, qu’est-ce ce que la littérature jeunesse ? Une littérature à part entière ?

 

C’est de la littérature au même titre que toutes les autres littératures, la seule différence étant l’âge des héros. On aborde également des thèmes qui vont parler aux jeunes (la question de l’identité et du rapport à l’autorité pour les adolescents, par exemple), en plus de tous les autres thèmes. Pour moi, on peut y parler de tout, mais pas n’importe comment.

Pour plus de détails : http://lesmotsdaelys.blogspot.fr/2014/10/pourquoi-tu-ecris-pour-la-jeunesse-et.html

 

• Faut-il lire les classiques ? Pourquoi ?

 

Les classiques apportent toute une histoire à notre culture et une richesse incroyable, pourtant à mon avis il ne « faut » les lire que si on en a envie. Il n’y a pas de meilleur moyen de détester un roman que de le lire à contrecoeur, ou sans le comprendre. Pourtant, il y a de vraies pépites parmi ces romans ! Mon avis, donc : s’intéresser aux classiques, oui, mais pas pour la prescription : le mieux est de chercher parmi eux ceux qui pourraient nous plaire, et les lire parce qu’ils nous font envie.

 

L’avenir du livre ?

 

• As-tu un avis dessus ? Les nouvelles technologies vont-elles le tuer ?

 

Oulah, non ! Au contraire, elles permettent d’y revenir, de le rendre plus accessible, de proposer des dizaines de formats qui n’existaient pas avant et qui conviendront mieux aux nouveaux lecteurs. On dit que les jeunes lisent peu, mais ils n’ont jamais lu autant : la différence tient plus dans les pratiques (lectures fragmentées, sur des formats divers).

Le tout est de nous adapter à ces évolutions, et d’éviter le snobisme pour les nouveaux types de lectures qui ne fera que repousser les futurs lecteurs.

 

Le fruit de ton imagination :

 

• Comment définis-tu tes écrits ? qu’est-ce qui te guide ? te pousse ? te fait avancer ?

 

Comme je le disais : le rêve, l’espoir, l’émotion. J’ai envie de faire réfléchir tout en faisant plaisir.

 

• Quel est le livre que tu as écrit pour lequel tu gardes une affection particulière ?

 

Tous, en fait. Mais si je dois en choisir un, ce sera Le Secret des Bois-Noirs, parce que j’ai une histoire personnelle très particulière autour de ce roman, de son écriture et de son édition.

(Plus de détails : http://lesmotsdaelys.blogspot.fr/2014/07/cest-presque-une-tradition-apres-avoir.html)

 

• Pourquoi vas-tu dans les salons du livre ? Cela n’est-il pas trop ennuyeux ?

 

Parce que j’adore ça ! Et, non, ce n’est pas ennuyeux. Cela permet à la fois de rencontrer d’autres auteurs, dé découvrir leurs plumes, leurs façon de travailler et leurs univers, et de découvrir qui sont nos lecteurs, de voir ce qui leur plaît ou ne leur plaît pas, d’échanger sur nos romans et sur la littérature en général. C’est toujours passionnant !

 

• Ecrire, c’est s’exposer aux regards des autres ? Est-ce compliqué ?

 

Oui, parfois, surtout vis-à-vis des gens qui nous connaissent dans la vie de tous les jours. Ils découvrent une facette de nous qui était secrète jusque-là, et en parler avec eux est parfois très étrange. Je mets beaucoup de moi dans mes romans, je suis chacun des personnages et toutes les idées développées me tiennent évidemment à cœur. Alors, c’est sûr, il faut assumer qui on est.

 

• Quel est le plus beau compliment reçu ?

 

Il est venu en salon, sous la forme d’un de mes romans (De l’autre côté du mur) serré contre le cœur d’une lectrice. Il était tout abîmé, écorné, avec des taches de thé dessus et des pages ternies d’avoir été tournées et retournées. La lectrice m’a avoué du bout des lèvres l’avoir lu un nombre incalculable de fois tant il l’avait touchée et aidée dans son quotidien, et ses yeux se sont remplis de larmes quand je le lui ai dédicacé.

Les miens aussi.

 

• La réflexion la plus dure ?

 

Je ne sais pas. Il y en a eu, bien sûr, mais je ne suis pas particulièrement touchée par les retours négatifs, car je comprends tout à fait qu’on puisse ne pas aimer mes romans, tout comme je n’aime pas forcément ceux des autres.

Si, peut-être la fois où on m’a accusé de défendre quelque chose que je cherchais justement à dénoncer dans le roman… c’est frustrant de se dire qu’on a échoué à le montrer !

 

L’écriture engagée :

 

• Peut-on tout écrire quand on sait qu’on est lu par des ados ? Evoquer les affres de notre société n’est-il pas périlleux pour le moral de notre jeunesse ?

 

Comme je le disais, on peut tout écrire, mais pas n’importe comment, et pour moi l’espoir doit rester le moteur de toutes ces réflexions : ce sont les romans qui peuvent nous donner envie de nous battre pour ce en quoi on croit, nous aussi, particulièrement pour les adolescents qui sont à un âge où on se pose beaucoup de questions sur la société dans laquelle on vit.

J’aime à la dire : mes armes, à moi, ce sont mes mots.

 

• Est-il facile d’être engagé et publié ? L’écriture engagée intéresse-t-elle aujourd’hui ?

 

Je ne me définis pas particulièrement comme une auteure engagée, j’aurais donc bien du mal à répondre à cette question… mais je pense qu’elle a son public, oui !

(Lisez le merveilleux Fortune Cookies de Silène Edgar chez Bragelonne si vous en doutez.)

 

• Comment l’auteur que tu es peut-il garder son indépendance, ses idéaux tout en continuant d’exister sur le marché ?

 

Ce sont ces idéaux qui me guident ; ils resteront toujours au cœur de mes écrits. Et je pense que c’est parce que j’y crois vraiment que les éditeurs, et le public après eux, y croient aussi.

 

Les éditeurs, l’édition :

 

* Tu es éditrice, pourquoi ?

Pour la même raison que j’écris : parce que j’aime partager des bonnes histoires, et que cela ne se restreint pas aux miennes. Et parce que j’aime participer à leur élaboration !

 

* Comment travailles-tu ?

De chez moi la plupart du temps, sur un fichier word que j’annote pour l’auteur ou le traducteur ; puis en collaboration avec eux pour améliorer le texte autant que possible.

 

* Te sens-tu libre comme écrivain ? As-tu eu à souffrir de la censure ? T’interdis-tu des choses dans l’écriture ? L’éditeur te « dirige »-t-il beaucoup ?

Je me sens très libre, oui : je n’accepte des contraintes que si je suis capable de me les approprier, et je ne corrige jamais sans être d’accord avec mon éditeur. Il n’est pas là pour me restreindre, il est là pour m’aider !

 

* Les éditeurs mènent des études pour connaître les goûts des lecteurs (en matière d’histoires, de personnages,…)… Comment fais-tu pour résister aux modes et toujours être un auteur apprécié ?

Je n’ai pas l’impression de résister à quoi que ce soit : j’écris ce que j’ai envie d’écrire et de lire, parfois c’est à la mode et parfois pas. Je pars du principe que je ne suis pas la seule dans mon cas : si quelque chose me parle, il parlera sans doute à d’autres !

 

* Est-ce que lecture et écriture vont de pair ? Faut-il aimer lire pour écrire ?

 

Je pense que oui, ne serait-ce que pour comprendre comment une histoire peut fonctionner (ou pas), quelles peuvent être les immenses richesses de la littérature. Lire d’autres auteurs nous pousse à explorer des univers et des questions auxquels on n’aurait pas pensé autrement, sans compter que c’est une source d’inspiration infinie !

 

• Pour toi, lire c’est quoi ?

 

C’est vivre plus de vies que je ne pourrais jamais en vivre autrement.

 

• Quels sont tes auteurs préférés ? tes lectures préférées ?

 

C’est très variable selon les périodes. Francis Berthelot reste une constante depuis que j’ai découvert sa plume, j’aime beaucoup également ce qu’écrivent Silène Edgar, Cindy Van Wilder et Nadia Coste, mes amies et auteures. Estelle Faye s’y fait également une bonne place depuis quelques mois.

En plus ancien ou plus lointain, il y a bien sûr Barjavel, Camus, Murakami, Suzanne Collins, Marguerite Yourcenar, Prévert, …

Je suis à vrai dire incapable de faire une liste précise !

 

• Les livres jeunesse qui t’ont marquée chez les autres ?

Outre les auteurs déjà cités : Coda d’Emma Trevayne, L’Accident d’Agnès Aziza, Le Parloir d’Eric Sanvoisin… Là aussi, difficile de faire une liste, il y en a trop !

 

 

Ta bibliothèque,

 

* quelle est-elle ? Comment sont ces livres, Beaux livres, poches… genres ? Où sont-ils rangés ? Comment sont-ils classés ?

Comment les achètes-tu ?

 

Elle déborde ! Il y a surtout des romans de l’imaginaire, quelques étages de classiques aussi, une étagère rien que pour les romans des copines, une autre pour le boulot.

Ils sont classés par collections (c’est joli !) et, depuis peu, en lu/pas lu (grossière erreur : j’ai trois étagères de livres à lire et je culpabilise chaque fois que j’en achète un nouveau maintenant).

Je les achète surtout sur conseil des copines qui ont les mêmes goûts que moi, et en salon du livre, vu que j’en fais beaucoup et que résister à acheter le livre d’un auteur avec qui on a bien discuté est très difficile !

Il y a aussi plein de bibelots sur ma bibliothèque : j’aime bien la sentir vivante, comme autant de souvenirs de vies que j’ai vécues pendant quelques heures.

 

• Quel est le livre sur table de chevet ?

 

La Voie des Oracles d’Estelle Faye (plus pour longtemps, je l’ai presque fini !), un excellent roman d’aventure qui propose la quête initiatique d’une des dernières oracles pendant le déclin de l’Empire Romain, en Gaule. Une vraie réussite que je vous conseille !

 

• Quels sont les auteurs qui t’ont influencée ? Pourquoi ? Que leur as-tu emprunté ?

 

Francis Berthelot, pour sa plume à la fois poétique et fluide, ses romans où tout fait sens, jusque dans la structure même des chapitres.

Silène, pour sa façon de parler du cœur en toute simplicité.

Suzanne Collins et son Hunger Games qui m’a tellement émue et m’a fait tellement réfléchir à la fois.

Et tant d’autres !

 

 

• Si tu avais un auteur à qui écrire, lequel serait-ce ? Et que lui écrirais-tu ?

Sans doute Suzanne Collins, puisque j’ai eu la chance de parler aux deux autres que je viens de citer. Je lui écrirais tout ce que ses romans m’ont apporté, à quel point ils font écho à la femme et à l’auteure que je suis, avec leurs qualités et leurs défauts.

Partager cet article

Repost 0
Published by Le cédéiste - dans INTERVIEWS du Cédéiste
commenter cet article

commentaires

POURQUOI ce BLOG ?

 Le BLOG consacré
aux AUTEURS,
à la LITTERATURE JEUNESSE
et à L'ECRITURE
.

Enfants 1 199La lecture est une nécessité dans le monde moderne. Elle permet de maîtriser la langue, de développer l’imaginaire, de structurer la pensée, d’accéder au savoir, d'acquérir du vocabulaire... C’est pourquoi parents et enseignants se lamentent lorsque les enfants ne lisent pas et les ados encore moins. Pourtant, ils prendront PLAISIR à lire... pur cela, il suffit de les juindécembre2010 225aider à ouvrir la porte.

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  

 

 Avec ce blog, j'aimerais :
 * faire découvrir la littérature jeunesse,l'écriture et les auteurs pour la jeunesse
partager une passion et pourquoi pas donner envie de lire et de rêver entre les pages.  

juindécembre2010 260Le livre est une véritable source de plaisir, de joie et d'émotion. Beaucoup d’élèves disent ne pas aimer lire. Je ne suis pas loin de penser que TOUS aiment lire, sans exception ! Le plus difficile pour eux est de parvenir à trouver dans la masse, LE livre, celui qui ne va pas les endormir… juindécembre2010 227LE LIVRE, celui qui va leur "parler", le livre qui leur correspond, le livre qui va leur remuer les tripes, les boyaux, les neurones, la tête !!!  

Enfants 1 178-copie-1Personne n'aime lire toutes les histoires, tous les livres. Evidemment. Il existe donc des "critères" à appliquer pour trouver et emprunter la perle, le livre qui va faire définitivement plonger dans le plaisir de lire !

Dans le livre on fait de merveilleuses rencontres, on découvre plein d'amis, on voyage, on s'ouvre sur le monde, on vit des aventures que l'on ne connaîtra jamais dans la vie de tous les jours : on embrasse des princesses, on escalade des rochers, on "zigouille" les méchants, on galope sur des chevaux lancés à la poursuite de terribles bandits ... bref, on fait de fabuleux voyages pour... "sourire, rêver et aimer" (Lisez "Le type" de Philippe Barbeau.) !!

Enfants 1 258Dans ce blog, il sera question des hommes et des femmes qui écrivent : les écrivains pour la jeunesse. Les ouvrages de littérature jeunesse de qualité seront présentés, racontés, "décortiqués"...
Vous lirez des interviews de professionnels, vous découvrirez des portraits, le monde de la chaîne du livre (éditeurs, imprimeurs, libraires...), vous trouverez également des conseils, vous ferez des rencontres, participerez à des débats, vous lirez des expériences d'animations pédagogiques autour des livres, vous découvrirez des "paroles" d'élèves, d'enseignants, des textes et.... plein d'autres choses encore !

juindécembre2010 224

 Brigitte Coppin 015
--------------------------- 

    "Les gens qui aiment lire sont rarement des salauds !"
Xavier-Laurent PETIT
  ---------------------------

  SPECTACLES

   

  "Salomon, vous vous rendez-compte ?"

de Christophe Boutier

 

spectacle radeau 010 

 

Sa majesté des couches"

de Christophe Boutier  

 

  24.JPG54.JPG

Photo-034.jpg

  Une comédie en V actes écrite et mise en scène par Christophe Boutier

L’histoire de la séduction, de l’enfant et de sa famille depuis la préhistoire jusqu’à l’enfant-roi du XXIème siècle.

 119.JPG

Sur scène, il y avait :

- 14 comédiens 

- Six musiciens professionnels dont Michel Léger, accompagnateur de vedettes de la chanson et du cabaret, telles que La Bande à Basile, Daniel Guichard, Zanini, Jean Constantin, André Aubert (Don Patillo)...

- la chorale du collège de Xavier Bélanger (professeur d'éducation musicale qui a mis en musique le spectacle) qui a interprété des chansons de variété en rapport avec l'enfance.

- des projections murales assurées par les élèves de l'option image (Eddy Dabrigeon...) du collège, option dirigée par Cécile Cotten,  professeur d’Arts plastiques.

  19.JPG 20.JPG

 

Les spectacles précédents

 

2013- Le temps du maquis"

2012 - "Salomon, vous vous rendez compte ?"

2011 - "Sa majesté des couches"(Gannat)

2010 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes"  : 2ème épisode (Gannat)

2010 - "Un zèbre sur la banquise" (Gannat)

2009 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes " : 1er épisode (Lapalisse)

2008 - "La farce vaudevillesquement tragique de la chambre forte du jugement dernier. " (Lapalisse)

2007 - "Le terrier zeixcoussois en Zinzinmouli ou la complainte des comédiens en danger" (Saint- Prix)

 ------------------------------------------------------------

 

    Un grand MERCI donc à tous les écrivains jeunesse
 que j'épuise et à qui je donne mal à la tête !!!
Ah ! Ah !!

Enfants 1 224Christian Grenier, Eric Boisset, Alain Grousset, Alain Surget, Béatrice Nicodème, Anne-Marie Desplat-Duc, Susie Morgenstern, Arthur Ténor, Hubert Ben Kemoun, Jean-Côme Noguès, Marc Séassau, Fabrice Colin,  Lorris Murail, Roger Judenne, Philippe Barbeau, Anne Ferrier, Evelyne Brisou-Pellen, Eric Sanvoisin, Christophe Léon, Jean-Luc Luciani, Béatrice Egémar, Magali Herbert, Guy Jimenes, Jean-Claude Mourlevat, Raymond Perrin, Jean-Baptiste Evette, Marc Cantin, Claire Gratias, Christophe Miraucourt, Xavier Bascour, François Librini, René Gouichoux, Yaël Hassan, Jean-Marc Ligny, Marie-Aude Murail, Cécile Roumiguière, Brigitte Coppin, Dorothée Piatek, Sophie Audouin-Mamikonian, Fanny Joly, Johan Héliot, Jack Chaboud, Jean-Luc Marcastel, Stéphane Daniel, Emmanuelle et Benoît de Saint Chamas, Jean-Paul Gourévitch, Michèle Laframboise., Florence Hinckel, Christophe Loupy, Lénia Major, Viviane Koenig, Marie Mélisou..

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
     

... évoque le BLOG sur la littérature jeunesse.

 

"Des conseils pratiques de pro à pro, des interviews délicieuses et des
articles écrits par des écrivains ou des éditeurs, des bibliographies,
des réflexions sur la littérature jeunesse, des coups de coeur et
 des anecdotes...On trouvera tout cela (!) sur le blog de C
hristophe
Boutier, professeur documentaliste  au collège de Gannat (Allier).

Les petits articles de réflexion sur certains aspects de la littérature
jeunesse sont parmi les plus intéressants, d'autant plus qu'ils soulèvent
parfois des points souvent peu vus : les genres relevant de l'imaginaire
et les critères de classification (science fiction, fantasy...), les styles
d'écriture (classique, moderne…), ou encore le souci de la véracité dans
les romans historiques jeunesse.

En plus de cela, on trouvera une liste impressionnante de sites
d'écrivains  et des ressources diverses et variées qui émaillent les
articles (liens vers des  sites de séries jeunesse, des conférences
en ligne...), des « trucs et astuces » de Doc pour aimer et faire
aimer la lecture, des bibliographies...

Si la mise en page gagnerait à être un peu plus claire et lisible, le côté
bric-à-brac (où on flâne volontiers de longs moments) perdrait de son
charme...

Par un prof-doc amoureux et défenseur acharné de la littérature
jeunesse.
"

 

Rubriques

CULTURE au CDI de Gannat

Collège de Gannat (03)

" Fête de la culture, de la lecture et de l'écriture"

  Mai 2013 - 4ème édition

Eric Boisset 

Mai 2013 145

ArthuArthur Ténor 024r Ténor

Alain Surget 

Alain Surget 053

 

Mai 2012 - 3ème édition

 Jean-Luc Marcastel

jean-luc-MARCASTEL-010.jpg

Brigitte Coppin 

      Brigitte-Coppin-013.jpg

 

Mai 2011 - 2ème édition

Philippe Barbeau, Christian Couty

juindécembre2010 236

Béatrice Nicodème

 

juindecembre2010-245.jpg

 

Juin 2010 - la 1ère édition :

 

Alain GROUSSETet Christian GRENIERétaient parmi nous pour évoquer la Science-Fiction (SF) etpour débattre des nouvelles technologiesqui pourraient "tuer » les livres...

 Enfants 1 196

  -----------------

Le nouveau spectacle du collège

Joseph Hennequin de Gannat, dans l’Allier.

 

 

La troupe de théâtre du collège Hennequin, composée cette année de 30 comédiens issus des quatre niveaux de classes, a réalisé un film (un vrai ! en noir et blanc)écrit par Christophe Boutier, professeur documentaliste, « Le temps du maquis» (vendredi 14 juin 2013, centre socio culturel de Gannat). Xavier Bélanger, professeur d’Education musicale, assurera la mise en musique.

Ce film présente la dure réalité de la vie quotidienne et clandestine, au milieu de la forêt,d’hommes et de femmes – les maquisards - remarquablement courageux qui recoururent, au péril de leur vie, à la guérilla pour s’attaquer à la milice du Maréchal Pétain et aux troupes d’occupation allemande.

Ce spectacle entre dans le cadre du projet « Devoir de mémoire », une option du collège menée en classe de 3ème. Les 16 élèves de cette option dirigée par M. Bellet, professeur d'Histoire, présenteront la soirée :

En 1ère partie, un court métrage : Roger VENUAT, résistant dans le maquis de Hérisson (Allier, 03), au collège Joseph Hennequin.

En 2ème partie, la pièce de théâtre, « Le temps du maquis »

ENTREE GRATUITE

  

QUI SUIS-JE ?

Je suis Christophe BOUTIER, professeur documentaliste au collège de Gannat (1 rue Joseph Hennequin. 03800 GANNAT) , dans l’Allier, en Auvergne.

Passionné par la littérature jeunesse, l'écriture, la lecture... j'ai découvert, grâce à ma profession cette littérature - une vraie littérature ! - qui comporte de magnifiques textes. Et derrière des mots adressés, peut-être davantage aux enfants, aux adolescents - quoi qu'un bon texte doit pouvoir être lu par tous sans aucune histoire d'âge ! - se cachent des écrivains adorables, des personnes d'une incroyable richesse humaine, intellectuelle et culturelle, des gens de talent que j'ai/j'ai eu la chance pour certains de côtoyer !

Aujourd'hui, j'éprouve le besoin de partager mon amour des auteurs jeunesse et de leur oeuvre ! je compte également sur vous lecteurs pour faire vivre ce blog, mutualiser nos expériences, nos connaissances, nos réflexions et... débattre.

 
Mon autre BLOG, celui du CDI du collège de GANNAT :
http://www.cdi.gannat.over-blog.com