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Présentation

  • : Le blog de CHRISTOPHE BOUTIER, professeur documentaliste au collège de St Germain-des-Fossés, dans l'Allier
  • : Blog qui a pour objectif de parler de la littérature jeunesse, des écrivains jeunesse... pour donner le goût de lire aux adolescents. L'objectif est également d'intéresser à la culture. Il s'agit aussi de faire découvrir cette littérature à part entière aux adultes.
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Le Vampire Du Cdi

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  • Je suis le "VAMPIRE d'un CDI" auvergnat !

ANECDOTES

Pierre BOTTERO,

le Seigneur des ados !

 

Pierre Bottero était fier d’être un auteur jeunesse - une littérature qui n’a rien à envier en qualité à la littérature « vieillesse. » S’il n’était pas qu’un auteur de fantasy, il faut bien reconnaître que c’est à cette littérature de l’Imaginaire qu’il dût son incroyable succès !

Dès l’enfance, il tombait dans la marmite de la fantasy. Il dévorait Tolkien (Un choc ! S’en suivi, plus tard, l’idée que la fantasy ne pouvait s’écrire que sous la forme d’une trilogie), Zelasny, Farmer, Moorcock, Vinge, Howard… Les grands noms qui allaient lui permettre de devenir l’auteur que nous connaissons. Plus tard, il appréciera les auteurs « jeunesse » tels que Erik L’homme, Hervé Jubert, Fabrice Colin ou Philip Pullman, Eoin Colfer pour ne citer qu’eux. Il n’y a pas de concurrence en littérature jeunesse, les auteurs s’apprécient, se côtoient, se téléphonent, se rencontrent, se parlent, rêvent ensemble d’histoires communes. Ainsi Erik L’Homme et Pierre imaginaient ensemble, « A comme assassins »…

De ses lectures, Pierre Bottero ne devait pas ressortir indemne.

C’est par hasard qu’il se lançait dans l’écriture, pour aider sa fille qui séchait devant un concours d'écriture : il rédigeait quelques pages sur son ordinateur, se piquait au jeu, poursuivait (son épouse réclamait la suite), envoyait le texte à un éditeur qui le publiait... Il était dit qu’il n’arrêterait plu. Marqué à tout jamais par Tolkien, il était évident qu’un jour, il s’essaierait à la fantasy. C’est ainsi que naquirent « La quête d’Ewilan », « Les mondes d’Ewilan » et « Le pacte des Machombres. »

 

 

 

Pierre Bottero se fichait éperdument du cadre dans lequel on allait placer ses romans. Mais pour les « techniciens, l’auteur lui-même évoquait la Low Fantasy. Il s’agit d’une low fantasy - inspirée par ses jeux d'enfant, ses rêves d'adulte, ses lectures et les émotions ressenties au quotidien - dans laquelle existe un équilibre entre le bien et le mal, le courage, la volonté et la détermination où domine le désir de tout ramener à des intérêts individuels (égoïsme forcené, aveuglement quant à la mise en danger des équilibres…). Un parallèle pourrait d’ailleurs être établi entre le chaos décrit et notre monde réel. Mais attention. Les propos de Pierre ne demeurent pas sombres, ils restent optimistes. Pour avancer ! Avec pour personnages principaux des… femmes. Pierre était fondamentalement féministe. Il aimait à dire qu’il y avait moins de « cons » chez elles que chez les hommes. Toutefois, Pierer Bottero n’a jamais cherché à donner des leçons, il se méfiait trop pour cela des « transmetteurs » de valeurs et des donneurs de leçons. Le livre était pour lui un objet de partage.

Ce partage, il l’avait avec sa famille qui appréciait ce qu’il écrivait et qui le rassurait : Claudine, son épouse, ses deux filles lisaient ce qu’il écrivait avant publication.

 

 

 

Lorsque Pierre Bottero était invité dans un salon du livre pour une dédicace, il faisait partie des auteurs les plus demandés (il ne faisait pas bon signer à côté de lui !) : les impressionnantes files d’attentes composées de lecteurs (jeunes et moins… jeunes !) en témoignaient. C’est avec émotion qu’ils recevaient tous les messages de sympathie et… d’amour. Ses livres touchaient, ses histoires permettaient le partage et faisaient rêver, Pierre vivait alors une aventure … magique.

Il avait beau affolé le compteur des ventes, ce qui avait un réel impact sur lui, c’était :  de percevoir la flamme dans les yeux de ses « fans » (euh ! il n’aimait pas le mot), de recevoir leurs avis, de parler avec eux.

Tant d’amour le gonflait à bloc et lui transmettait une énergie positive.

C’est pourquoi, ce succès (qui lui permit d’abandonner son métier d’instituteur) qu’il percevait intensément, à la fois avec bonheur (évidemment !) et tranquillité, lui donnait également un sentiment de responsabilité. Ainsi, s’il savait se montrer reconnaissant envers ceux qui l’avaient aidé à améliorer son écriture (Caroline Westberg, son éditrice chez Rageot), il avait également de la considération pour ce public à qui il devait tant. Quand vous rencontriez Pierre, assis derrière sa table de dédicace, vous aviez le sentiment qu’il n’attendait que vous ! Pierre veillait soigneusement à être proche de son « public », un de ses… bonheurs. Il respectait humainement ses visiteurs et ses lecteurs en leur offrant des histoires dont il voulait qu’elles évitent facilité et démagogie. Il apportait ainsi beaucoup de soin et d’exigences aux corrections, un travail exigeant, vorace en temps et en énergie.

 

L’écriture de Pierre Bottero avec « Le pacte des marchombres » avait atteint une belle maturité. C’est ce que Pierre lui-même soulignait quand il affirmait que « c’est en écrivant qu’on apprend à écrire. » En effet, cette dernière trilogie qui met en scène le personnage d’Ellana est moins légère, plus complexe, que celle de « La quête d’Ewilan » : l’auteur avait eu le sentiment d’avoir grandi, évolué et de s’être trouvé, un sentiment accompagné par le désir de partager encore davantage avec le lecteur. Pierre Bottero était un homme intègre, voilà pourquoi il continue d’être autant aimé. A la lecture de ses trilogies, cette sincérité transpire. Pierre prenait un immense plaisir à écrire, à « rêver », à imaginer le monde (issu d’un vieux rêve de liberté absolue) d’Ewilan, d'Ellana. Il prenait un immense plaisir lorsque d’autres que lui se baladaient dans "ses" mondes. Pierre Bottero écrivait pour être lu mais aussi pour explorer des contrées inconnues (se connaître lui-même ?) et entraîner à sa suite tous ceux qui étaient tentés par l'aventure... Quand il mettait le point final, c’était à la fois une joie (celle d’avoir terminée et d’être satisfait du résultat) et une déchirure (celle de quitter l’univers crée)… Un sentiment d'être coupé d'une part de soi-même avec l’irrésistible envie de replonger très vite.

 

Pierre le « poète » accordait beaucoup d’importance au travail de réflexion qui précède l’écriture. Lorsqu’il attaquait le premier chapitre d’un roman, la trame générale était dans son esprit, il connaissait très bien ses personnages. Ensuite, plongé dans le cœur du roman, il écrivait sans arrêt, du matin au soir, parfois pendant la nuit. Puis, il pouvait ne plus écrire pendant des semaines Enfin, presque car il écrivait toujours… dans sa tête. Quand il n’écrivait pas, il écrivait sans écrire. Pierre était un homme normal qui aimait lire, courir, menuiser, bucheronner, voyager, rencontrer, parler, rêver… et sourire ! Ah, ce sourire !I

L’écriture de Pierre était une écriture « vraie », sans complaisance, une écriture qui venait des tripes, un cadeau offert au lecteur. Il n’était satisfait que si les mots qu’il employait correspondaient réellement à ce qu’il souhaitait écrire. Cette honnêteté, il la devait à ses lecteurs. Pierre était un travailleur qui reprenait, sans cesse, son récit, la cohérence, le fond, la forme… C’est pourquoi il prenait grand soin, malgré les pressions des lecteurs, de ne pas chercher à publier, à tout prix, trop rapidement. Il était persuadé qu’il valait mieux patienter et faire patienter plutôt que de se décevoir et décevoir. Il pendait qu’il fallait laisser le temps à l’histoire de pousser, à son rythme...

 

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   "Le Loup à la voix de miel"
Marc SEASSAU (Grasset jeunesse)

J’ai fait venir dans le collège où je travaillais alors, l’écrivain Marc Séassau.  La journée fut belle et pleine d’émotion notamment lorsque Marc anima une rencontre à deux voix (j’adore organiser ce genre de rencontres : 2 auteurs face à une classe en même temps !) avec Jean-Côme NOGUES qu’il avait adoré lire lorsqu’il était ado.

Marc Séassau a écrit ce roman « Le loup à la voix de miel » parce qu’il a été marqué par sa convocation comme juré dans une affaire de viol. Dans son récit, il narre l’entrée en 6ème d’une petite fille qui, anonymement, dépose des extraits de « Peau d’âne » dans les poches, de sa « marraine », une élève de 3ème.  L’appel au secours était évident !

Cette rencontre a déclenché un phénomène pour le moins inattendu dont j'ai été le témoin, involontaire : il m'a fallu trois semaines pour comprendre ce qui m’arrivais !

Je trouvais régulièrement par terre, dans le CDI, toujours disposées par deux, des photos représentants des scènes classiques de la vie d'une famille avec une de nos élèves de 6ème (anniversaires...). J'ai évidemment rendu ces photos à l'élève qui, agressive, semblait ne pas comprendre pourquoi je détenais son bien. C'est tout juste si elle acceptait de reconnaître qu'il s'agissait d'elle sur les clichés ! Ces scènes se sont régulièrement reproduites ( trois, quatre fois pendant trois semaines) jusqu'au jour où j'ai eu un déclic  : une seule photo sur le sol évoquant la petite sur les genoux d'un homme. J'ai de suite compris (Peau d’âne !), j'ai alerté l'infirmière, la Principale du collège... Cette élève avait eu l’idée de reproduire ce que l’héroïne du roman faisait.
Voilà ce qu'uns simple rencontre d'écrivain peut entraîner en dehors du plaisir de lire.
Le roman avait libéré la parole de l’élève !


Nous en avons évidemment parlé avec Marc Séassau qui était évidemment KO : comment ne pas l'être ? Il avait écrit ce roman un peu dans un but pédagogique mais quand la réalité dépasse la fiction...

Recherche

PERLES de LECTURE

 Le collège de Gannat

 a voyagé dans le temps !

 

 Après la lecture des romans historiques jeunesse de Béatrice Nicodème....

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« Oyez ! Oyez gente dames et damoiseaux ! Entrez dans le Moyen Age ! » Ainsi s’est écrié le troubadour, jeudi 9 juin 2011, dans la plaine gannatoise : deux cent élèves de 5ème du collège Hennequin et CM2 des écoles du Malcourlet, de Pasteur et de Jean Jaurès ont bravement et « prestement » effectué le « pas sur le côté » pour revêtir leur cotte de maille et ainsi plonger en plein XIVème siècle.

  

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  Pour rendre vivant et attractif le Moyen Age, période étudiée en classe et encore largement visible dans la cité des portes occitanes, Gannat, douze comédiens et cascadeurs professionnels de la compagnie toulousaine ARMUTAN, ont chevauché leurs destriers pour répondre à l’olifant de Christophe Boutier, professeur documentaliste, initiateur de cet imposant projet, « Cultures, loisirs et genres de vie au Moyen Age », un projet fédérateur d’énergie d’une année.

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Un campement faits de plusieurs tentes, de peaux de bêtes, de râteliers d’armes, de tonneaux… a été établi dans la partie herbeuse et arborée de l’établissement scolaire. Les écuyers – élèves, aux yeux brillant de plaisir, répartis en six « compagnies » de « routiers » qui répondaient au nom d’un  célèbre homme de guerre, du Guesclin, Prince noir ou bien d’un roi, Philippe Auguste…ont défilé avec leurs bannières dans les sept ateliers pédagogiques pendant six heures.  Ainsi, ils ont été initiés à l’archerie, au maniement des armes, au combat rapproché, à l’héraldique – l’art de faire son blason – à la danse, aux instruments et à la musique, à la jonglerie… Le capitaine « Barbepeste » et ses sbires ont alors conquis la « piétaille » qui après explications et démonstrations, devait mettre en pratique l’enseignement de leurs maîtres…  

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 Les corps fatigués furent réparés par le succulent banquet médiéval régional (tortillons gannatois, galichons d’Escurolles, fromages de chèvres de Bellenaves, Fraises bourbonnaises sur lit de fromage blanc de campagne de Cérilly étaient inscrits sur le très beau papier imprimé à l’ancienne par le moulin Richard de Bas ), pris en musique, et proposé par le chef, Sylvain Bruno. Une projection d’images, capturées dans la matinée, proposées par les élèves de l’atelier image du collège lors du repas, a également ravi les convives.

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En fin d'après-midi, les petits occitans, tout sourire, étaient regroupés pour assister à un spectacle de jongleries burlesques proposées par « Grand mètres Yann »,  à de la poésie lyrique, et à une impressionnante saynète de combats à l’épée accompagnée par la musique du groupe DAYAZELL.

 

Quel bonheur ! Quelle joie d'avoir vu les yeux des enfants pétiller de plaisir ! Quel  moment de vie ! Il ne fait aucun doute que cette journée unanimement saluée comme étant extraordinaire restera gravée dans les mémoires.

  351.JPG Alors, un grand MERCI à tous ceux qui ont participé à la réussite du projet ! Les personnels du collège Hennequin, la mairie de Gannat, les mécènes, les comédiens si sympathiques et bien sûr…les élèves !

 

Pour en savoir davantage :

 

RV sur le blog du collège de Gannat (03),

une 100e de photos...

 

http://cdi.gannat.over-blog.com/

 

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A propos de ce blog !

 

Lu dans « La nouvelle encyclopédie des filles 2011 » de Sonia Feertchak ((Plon)

 

« Le blog passionné et passionnant d’un professeur documentaliste  fou de littérature jeunesse, pour « sourire, rêver, aimer ». Des articles vivants sur la lecture, qui donnent envie de découvrir plein de livres et autant d’auteurs

 

 

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A lire, vraiment !




 

 

 

 

 

 

 

 

   

A travers de nombreuses anecdotes Christian Grenier évoque son enfance placée sous le signe du théâtre et de la lecture, son adolescence marquée par l'écriture et la passion. Il relate son parcours d'enseignant, d'auteur mais aussi de lecteur-correcteur, journaliste, scénariste et directeur de collection. Il se penche également sur les mécanismes intimes de l'imaginaire, détaille la genèse de ses oeuvres et fait pénétrer le lecteur dans les coulisses de l'écriture et de l'édition. Enfin il s'interroge sur les principes qui font d'une fiction un récit pour la jeunesse. Regorgeant de confessions, de convictions et de passion, ce témoignage d'une vie consacrée à la littérature jeunesse se lit comme un roman.
 

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    "Des millions de gens vivent sans lire, mais ce qu'ils ignorent,

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Xavier-Laurent PETIT

  

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Je vous livre l'adresse du blog de mon nouveau cdi et collège : http://colllafontaine.over-blog.com/

 

depuis octobre 2009

 

 

25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 10:34



Je publie à nouveau, cette fois dans son ensemble, l'interview que j'ai réalisée de l'écrivain, Roger Judenne.


Bonjour Roger ! Dis-moi, comment se situe l’auteur aujourd’hui par rapport à l’auteur des débuts ? Il y a-t-il une différence (style, pensée, méthode…)

Des dizaines d’années plus tard, j’ai évidemment gardé la même identité mais l’homme a un peu évolué. La vie m’a apporté une expérience plus grande. Il me semble que je nuance davantage et que j’adopte plus volontiers les points de vue différents que je prête à mes personnages. Je me sens toujours aussi ferme sur mon propre point de vue, mais beaucoup plus capable de comprendre ceux dont je ne partage pas les options.

 

Pourquoi écris-tu ? Est-ce quelque chose de facile à expliquer ? C’est quoi être écrivain ? Pour toi, écrire c’est quoi ?

Je regroupe ces 3 questions.

J’écris depuis mon enfance. J’ai toujours griffonné des « trucs » sur des carnets ou des cahiers. J’ai pris l’habitude de fonctionner de cette façon si bien que c’est devenu une habitude de vie. Je ne vois pas comment je pourrais m’en passer.

Je me sens moins écrivain que romancier. Etre romancier, c’est pour moi une façon de communiquer, non pas avec un anonyme, mais avec un lecteur-complice qui va prendre le temps de lire les dizaines ou les centaines de pages que j’écris et qui est disposé à m’écouter.

Pour moi, écrire, c’est à la fois la possibilité de vivre par procuration un grand nombre de vies en m’identifiant aux personnages et un travail exigeant.

 

Arthur Ténor parle de lui comme étant un « explorateur de l’imaginaire » et toi ? Quel écrivain es-tu ?

Un comédien virtuel qui ne se maquille pas, qui ne se costume pas, mais qui vit par procuration la vie des personnages qu’il met en scène.

Je sais bien que je n’ai qu’une seule vie, qui est ce qu’elle est, qui me satisfait mais en même temps me donne le regret de ne pas connaître d’autres parcours. La vie est formidable et il me semble très dommage de n’en posséder qu’une seule. Je ressens un tel appétit que j’aimerais en vivre des centaines.

Finalement, je rapproche l’écriture, du moins dans sa phase de création de l’histoire, à un jeu d’enfants. Tout comme des gamins qui inventent le jeu du garage dans une cour de récréation et deviennent mécaniciens, je suis chacun de mes personnages et je vis leur aventure.

C’est exactement ce que fait un bon comédien, d’où ma comparaison.

Je viens de terminer un roman pour adultes (puisque ce n’est pas un roman jeunesse, je veux donc parler d’un roman vieillesse !) où l’un des personnages est une fille trisomique de 14 ans que j’ai pas mal fait souffrir. Je me suis senti tellement mongolienne que j’étais bien content d’arriver à la fin (heureuse) pour ne plus avoir à ressentir la souffrance que je lui imposais. 

Récemment, un élève de 5ème m’a dit qu’un romancier, c’était finalement « un menteur qui veut faire plaisir aux lecteurs ». Je me retrouve un peu dans cette définition. 

 

La littérature c’est quoi ? Cela sous entend que tout ne serait pas littérature…

Je ne sais pas.

L’expérience de nombreux stages de formation destinés à des enseignants ayant fait des études de lettres m’a appris que nombre d’entre eux considéraient comme littéraires des textes plus ou moins anciens, appartenant au patrimoine, que le temps avaient filtré et qui étaient estampillés « littéraires » dans les manuels scolaires ou une autorité savante. Mis devant des textes inconnus, ils sont bien embarrassés pour se prononcer.

Dans ce cas, aucun texte récent ne serait littéraire puisque le temps ne l’a encore filtré.

 

Christian Grenier avait imaginé un petit test. J’ai repris l’idée et fabriqué le jeu que je te joins. Je l’ai beaucoup utilisé avec des profs en formation. Si tu veux te fâcher avec un agrégé de lettres qui parle de  littérature jeunesse en terme de « littérature de divertissement » (j’y ai eu droit), passe-le-lui. Les questions peuvent varier : Jeunesse ou adultes ? Littéraire ou sans intérêt ?

 

J’ai une approche simple, voire simpliste de la question : pour moi, un texte n’est pas littéraire en soi, mais par rapport aux lecteurs. Quand un texte se prête à plusieurs interprétations possibles et que sa lecture oblige le lecteur à se positionner en acteur, à participer à la construction de l’histoire, alors ce texte devient un texte littéraire.

Même si j’aime beaucoup Colette, je ne m’attache pas à la seule surface et ne qualifie pas forcément de littéraire un texte à l’écriture ciselée, esthétiquement belle et harmonieuse. Il faut qu’il y ait des possibilités d’interprétations de la part du lecteur.

 

Qu’est-ce ce que la littérature jeunesse ? Une littérature à part entière ? Qu’est-ce qu’un auteur jeunesse ?

J’écris aussi des romans adultes et je ne perçois pas de différences fondamentales.

Bien sûr, quand on s’adresse à des lecteurs jeunes, on ne peut pas utiliser tous les ressorts (la nostalgie, par exemple). On ne s’interdit aucun sujet, mais on évite de les exploiter sous certains angles. On fuit certaines images ou formulations parce que l’auteur jeunesse a bien conscience de participer à la construction d’un futur homme (et là, c’est selon l’image que chaque auteur a des objectifs de l’éducation).

Voir à nouveau le jeu proposé ci-dessus. Là encore, c’est parfois l’aspect matériel du livre, le nom de l’éditeur ou la collection dans laquelle il est publié qui permet de le classer. Combien de textes ados ne seraient pas identifiés jeunesse si la présentation était différente ?

 

L’écriture a-t-elle toujours été en toi ou est-ce quelque chose qui est arrivé tardivement dans ta vie ? Elément déclencheur ?

J’ai l’impression d’avoir toujours écrit. Plus ou moins selon les périodes. Mais toujours. Quand j’étais enfant, je rédigeais mes jeux de peur de les oublier. Et rédiger un jeu de la marchande, c’est écrire un mini-roman.

 

Ecris-tu pour toi ? pour un public ? Le public/l’éditeur t’a t-il influencé ?

Depuis l’âge d’une vingtaine d’années, j’écris clairement pour être lu. Je suis très frustré quand un texte reste dans mes tiroirs, non pas parce que j’ai l’impression d’avoir travaillé pour rien, mais parce que j’ai l’impression que je n’ai rien partagé avec personne. Ce qui est finalement idiot, parce que, quand un livre est lu par quelques milliers de lecteurs, je n’ai souvent aucun retour. J’ai pourtant le sentiment d’avoir partagé quelque chose.

Le public et les éditeurs ne m’ont pas influencé. Je sais que, aujourd’hui, des études de marché sont faites pour déterminer les sujets/thèmes qui sont porteurs. Ecrire de l’héroïc fantasy ou des romans de filles est une façon de se faire éditer, surtout si on prend un pseudo féminin laissant supposer que l’auteur est une jeune femme américaine d’une trentaine d’années.

Je ne donne pas dans ces modes… ce qui explique peut-être que certains textes sur fond d’actualité ou de faits de société sont boudés. J’écris en même temps pour moi et pour un lecteur, mais je ne recherche pas le lecteur formaté par le marketing.

 

Je vais me faire l’avocat du diable ! Volontairement. Peut-on tout écrire quand on sait qu’on est lu par des ados ? Evoquer les affres de notre société n’est-il pas périlleux pour le moral de notre jeunesse ?

Ce qui est plutôt périlleux et coupable, c’est d’éviter systématiquement les sujets qui dérangent. N’est-ce pas encore plus démoralisant pour notre jeunesse de sentir qu’on veut lui anesthésier l’esprit et la formater pour devenir de bons consommateurs et de dociles citoyens. Les prendre pour des crétins et des débiles, est-ce les respecter ?

Au contraire, il faudrait favoriser les histoires qui abordent les thèmes d’avenir : l’écologie, la surpopulation, la répartition des richesses, la liberté de penser… enfin tous ces problèmes que nos enfants et nos ados vont prendre en pleine figure dans quelques années quand ils seront aux commandes, tous ces problèmes qui leur tomberont dessus sans qu’ils y soient préparés. Et puis, n’y a-t-il pas possibilité de traiter tous ces sujets de façon amusante, positive, optimiste ?

 

Est-il facile d’être engagé et publié ? L’écriture engagée intéresse-t-elle encore ?

Non, elle n’intéresse plus guère… commercialement parlant.

Certains sujets deviennent tabous en jeunesse, et c’est pire qu’une censure. Peut-on parler de génétique et d’OGM autrement que José Bové ? Peut-on parler de l’Islam sans être taxé d’intégrisme ou de racisme ? Et combien d’autres sujets qui ne visent pas à un confort anesthésiant de l’esprit sont écartés ?

 

Comment l’auteur que tu es peut-il garder son indépendance, ses idéaux tout  en continuant d’exister sur le marché ?

Certains éditeurs restent courageux… mais les tirages deviennent confidentiels.

 

Cette fameuse imagination, d’où vient-elle ? de quoi t’inspires-tu ?

J’ai une vie ordinaire et mon quotidien m’offre souvent les sujets de mes romans. Quand un détail m’étonne, m’intrigue, me pose problème, cette idée me tourne en tête. Si elle continue à occuper mon esprit, au bout d’un certain temps, je me mets à « me faire du cinéma » et une histoire commence à s’élaborer.

 

Comment crées-tu tes personnages ?

Là encore, je puise dans mon quotidien. Quand l’histoire s’élabore, c’est comme si, secrètement, involontairement, je faisais un casting parmi les gens de mon entourage. Si quelqu’un correspond, physiquement, psychologiquement, affectivement, au protagoniste de mon histoire, il me sert de référence. Le plus souvent, je construis mon personnage comme un puzzle, retenant certains traits physiques d’un ou plusieurs membres de mon entourage, certains traits psychologiques d’autres, certains traits affectifs d’autres encore. Chacun me donne, bien involontairement, une pièce du puzzle que j’assemble pour créer ce personnage virtuel qu’est le protagoniste du roman.

 

Comment procèdes-tu pour écrire ? Un plan ? des carnets ?

- Ecrire, pour moi, c’est prioritairement être capable « d’écrire dans sa tête ». Je veux dire que le romancier, c’est d’abord quelqu’un qui est capable de créer des personnages, d’imaginer des décors et surtout d’inventer des péripéties. Ecrire, c’est d’abord être capable « de se faire du cinéma » et de créer un « film virtuel » dans son imagination. Finalement, j’écris autant dans mon jardin ou en marchant qu’en étant assis derrière mon ordinateur.

- Je distingue écrire et rédiger. Quand je passe à cette seconde phase qui consiste à transcrire ce film mental et virtuel en mots, je sais exactement ce que je vais raconter. C’est si vrai que je n’ai pas toujours rédigé mes romans dans l’ordre des chapitres. Il m’est arrivé de commencer par rédiger la fin. J’adopte assez souvent une structure du récit en « natte de cheveux » : 2 ou 3 personnages que l’on suit tour à tour et dont les destins se croisent ; chapitre 1 pour le personnage A, chapitre 2 pour le B, chapitre 3 pour le C, puis à nouveau le personnage A dans le 4, le B dans le 5…etc. Dans ce cas, je rédige fréquemment les chapitres 1-4-7… avant d’entreprendre les chapitres 2-5-8… puis les 3-6-9… Cela ne pose aucun problème de cohérence dans la mesure où le film entier est dans ma tête. 

J’ai toujours un synopsis très précis dont je dévie peu en cours de rédaction, mais ce plan n’est pas toujours rédigé. Quand il s’agit d’une histoire assez courte, que j’ai l’intention de rédiger d’une façon linéaire, je n’éprouve pas le besoin de le rédiger tant il est clair dans ma tête. Quand il s’agit d’un récit long avec davantage de personnages et des actions qui se croisent, je cale, par écrit,un synopsis au millimètre.

 

A quel moment de la journée écris-tu ? Avec quoi ? Une heure précise ? Isolement ?

2 réponses :

Dans la phase création de l’histoire, le « écrire dans sa tête », j’écris partout et n’importe quand. Je ne choisis pas forcément les lieux et les heures. C’est plutôt l’histoire qui m’envahit.

Dans la phase rédaction puis travail sur le texte et la langue, j’écris dans mon bureau, plutôt très tôt le matin jusqu’à midi. En général, je suis dans mon bureau dès 5 heures le matin.

 

Est-ce que ce sont tes personnages qui te mènent ? Par exemple, peuvent-ils te faire changer de voie en cours d’écriture ?

Jamais. J’ai souvent le sentiment d’être le personnage lui-même, parfois un marionnettiste.

 

Est-ce que lecture et écriture vont de pair ? Faut-il aimer lire pour écrire ? Ta bibliothèque, quelle est-elle ? Comment sont ces livres, Beaux livres, poches… genres ? Où sont-ils rangés ? Comment sont-ils classés ? Comment les achètes-tu ?

Comment imaginer un Zidane affirmant qu’il se désintéresse du foot à la télévision et qu’il ne regarde jamais d’autres matchs que ceux dans lesquels il joue ? Je lis beaucoup mais de façon irrégulière, par périodes plus ou moins intenses. Il y a de tout dans ma bibliothèque mais je ne garde pas forcément des titres que je n’ai pas aimés. Par contre, je conserve depuis des dizaines d’années des poches de mon adolescence que je ne relirai probablement jamais.

Actuellement, j’achète à peu près à parts égales dans les librairies, les grandes surfaces (FNAC) et sur internet.

 

Quel est le livre sur ta table de chevet ?

Aujourd’hui, c’est le livre de Horacio Quiroga : « contes d’amour, de folie et de mort ». Quiroga, c’est une sorte de Oscar Wilde urugayen qui me fascine depuis longtemps. D’une façon générale, j’aime beaucoup les auteurs de langue espagnole (que j’ai la chance de pouvoir lire en espagnol), surtout les sud-américains.

Mais je change de livre de chevet assez souvent, avec des retours pour certains, comme « Le vieux qui lisait des romans d’amour » de Luis Sepulveda que je relis, tantôt en français, tantôt en espagnol.

 

Pour toi, lire c’est quoi ?

Lire un roman… c’est vivre par procuration.

 

Te sens-tu libre comme écrivain ? As-tu eu à souffrir de la censure ?

Oui, je me sens libre d’écrire, mais je ne me sens pas toujours libre d’être lu. En écrivant une histoire qui tourne autour des OGM, je sais parfaitement qu’elle a peu de chance d’être publiée.

« Une vie à tout prix » a été interdit à Orange quand la municipalité était Front National et sorti des bibliothèques. Ce qui n’a pas fait de mal au livre, bien au contraire.

 

T’interdis-tu des choses dans l’écriture ? L’éditeur te « dirige »-t-il beaucoup ?

Je ne m’interdis aucun thème, mais je m’interdis de développer certains points de vue, de présenter des situations de certaines façons ou de m’exprimer dans certaines formulations.

Parce que j’ai été enseignant, j’ai vécu parmi des enfants pendant des dizaines d’années. Je les respecte beaucoup trop pour prendre le risque de les blesser ou les perturber inutilement dans leur sensibilité, leurs croyances, leur affectivité. La volonté de les distraire, les intriguer, les amener à se poser des questions doit être guidée par un souci de tolérance, de respect. Je m’interdis par exemple toute forme de violence gratuite.

 

Quels sont tes auteurs préférés ? Tes lectures préférées ? Les livres jeunesse qui t’ont marqués chez les autres ?

Les romanciers du 19ème siècle, plus les Giono, Genevoix, Camus et quelques autres. Bernard Clavel aussi, qui, pour moi, est un romancier Populaire avec un P majuscule. Populaire est trop souvent opposé à culturel et élitiste et je le regrette. J’adore les auteurs sud-américains.

En Jeunesse, depuis une trentaine d’années, j’ai eu la chance de rencontrer la plupart des auteurs dont j’aime les textes. Même dans des genres dont je ne me sens pas proche, un Alain Grousset ou un Christian Grenier me font aimer la science fiction et un Pierre Bottero m’entraîne dans la Fantasy.

 

Quel est le livre que tu as écrit pour lequel tu gardes une affection particulière ?

Sans hésitation «  Une vie à tout prix », parce qu’il a un rapport très spécial avec ma vie ordinaire.

 

As-tu un avis sur l’avenir du livre ? Les nouvelles technologies vont-elles le tuer ?

Le livre électronique (avec téléchargements) existe déjà et va probablement déferler comme l’a fait le téléphone portable. J’y vois beaucoup d’avantages, en particulier dans le domaine des livres scolaires, de la documentation, des ouvrages techniques, des dictionnaires, encyclopédies et autres livres liés à la transmission des connaissances. Pour un enfant, avoir tous ses livres de classe + dictionnaires et encyclopédies + des BD, des Mangas et quelques romans sous la forme d’une tablette de 300 grammes, c’est formidable. D’ailleurs, via internet, c’est déjà ce que je fais au quotidien.

Je ne suis pas passéiste, j’ai déjà goûté à cette technique. Je m’équiperai dès que le prix sera abordable et la technique bien au point.

Pour les fictions du genre roman, je crois que le livre papier a encore un très bel avenir. Il faudra, en particulier, satisfaire les habitudes des lecteurs existants. Avec ce type de lecture, on n’est pas à la recherche de l’efficacité ou de la rapidité, mais dans un domaine plus intime.

Mais l’essentiel ne réside pas dans les supports. D’ailleurs la question ne se pose pas parce qu’on n’a jamais vu dans l’histoire une avancée technologiques ou une découverte rester inemployée.

Quelle importance dans le domaine des fictions ces nouvelles techniques ne pourront pas se passer des auteurs, des créateurs. Par contre, le problème de la rémunération et de la propriété artistique est bien réel et loin d’être solutionné.

Liuvre électronique… livre papier… à l’époque de Gutenberg, ne se posait-on pas cette même question au moment du passage du manuscrit enluminé au livre imprimé ?

 

Quel style préfères-tu ? style indirect libre… « Je » ou « Il »…

J’emploie de plus en plus souvent un style direct, le « Je », voire même un « Je » pluriel quand le narrateur change à chaque chapitre en racontant l’histoire de son point de vue.

Mais j’ai utilisé toutes les formes.

 

Combien écris-tu de livres par an ? Est-il facile de vivre de sa plume ? Exerces-tu un autre métier ?

Selon les années, j’ai écrit entre 1 et 6/7 textes par an. Mais écrire n’est pas publier, encore moins gagner de l’argent. Certaines années, les droits d’auteur ne m’auraient pas permis de faire vivre ma famille plus de 15 jours. D’autres années ont été très belles et je me suis interrogé sur l’opportunité de consacrer tout mon temps à l’écriture.

Je n’ai jamais voulu abandonner mon métier d’enseignant, d’abord parce qu’il me passionnait, mais surtout parce que je me connais bien et que la hantise d’une fin de mois ne permettant pas à ma famille d’avoir une vie normale m’aurait complètement bloqué. Consacrer tout mon temps à l’écriture, donc à en vivre, c’était pour moi la certitude de ne plus rien écrire et de me payer des crises d’angoisse terribles.

Aujourd’hui, je suis enseignant retraité, ce qui est une position très confortable parce que je n’ai pas à me soucier des fins de mois et j’ai 100 % de mon temps pour l’écriture. Du coup, je me sens très libre d’écrire ce que je veux (même si je m’engage dans une histoire impubliable) et j’écris avec facilité.

 

Qualités et défauts de l‘homme ? qui rejaillissent sur l’écrivain ?

Je suis pédagogue et, dans mes textes, je dois lutter contre la tentation d’expliquer les choses, de répéter deux fois sous deux formes différentes. Toujours la peur de l’enseignant de ne pas avoir été compris par tous ses élèves. En général, quand je retravaille mes textes, j’ai pas mal de « gras » à enlever.

Côté qualité, je crois avoir une facilité à comprendre et adopter un autre point de vue que le mien, ce qui me permet de me glisser dans les personnages les plus divers.

 

Quelque chose à ajouter ? Quel est le personnage que tu as crée et qui t’a posé le plus de souci Pourquoi ?

Sans hésitation, le père de Mélanie dans « Une vie à tout prix ». Parce qu’il me ressemble beaucoup, qu’il est confronté à un dilemme impossible et que je voulais à tout prix justifier la position insoutenable qui était la mienne dans la vraie vie.

 

Quelle place a le mot dans tes romans ? Le vocabulaire est-il très important pour toi ?

Oui. J’essaie d’utiliser un vocabulaire sans complaisance, même pour les plus jeunes.

 

Fais-tu attention à la longueur de tes phrases ? Pierre Bottero faisait des phrases courtes ; parfois, il ne les finissait pas pour laisser le soin au lecteur d’imaginer, de rêver et donc de les terminer lui-même. Qu’est-ce qui fait que pour toi, une phrase est bonne ?

En jeunesse, j’utilise assez spontanément des phrases courtes, parce que j’ai le sentiment que c’est plus efficace.

Une phrase me semble bonne quand elle est, en même temps, précise et efficace d’une part, et que, d’autre part, elle laisse une plage d’initiative et de liberté au lecteur pour imaginer/construire l’histoire selon ses propres références.

 

Comment s’opère la collaboration avec ton éditeur au niveau de la correction des textes ? Un auteur libre, cela existe-t-il ?

En 30 ans, j’ai connu des situations très diverses, allant de l’absence totale de remarques qui laisse penser que le texte est publié sans être lu, au titillement agaçant voire insupportable qui consiste pour l’éditeur à exiger de l’auteur qu’il remplace le mot « joli » par « beau ». Une façon peut-être de le faire plier pour affirmer sa première place dans la hiérarchie.

J’ai travaillé avec plusieurs éditeurs qui, par contre, m’ont fait avancer (dont Caroline Westberg chez Rageot) en me poussant à retravailler certains passages parce qu’ils sentaient que j’étais porteur de choses qui n’étaient pas encore sorties. Avec le recul, j’ai le sentiment qu’ils m’ont aidé à « accoucher » plus complètement.

 

Quels sont les auteurs qui t’ont influencé? Pourquoi ? Que leur as-tu emprunté ?

A la naissance, un être humain, c’est comme une éponge neuve et sèche. Neuve, tu peux la presser, tu n’en sortiras pas une goutte d’eau.

Pour avoir une chance d’en sortir de l’eau, il faut d’abord la laisser dans un milieu humide afin qu’elle s’imbibe et se gonfle. Une fois bien imprégnée, tu as une chance qu’elle puisse restituer un peu d’eau quand tu la presseras.

En ce sens, tous les auteurs que j’ai lus ont, plus ou moins, contribué à humidifier mon éponge. Ils m’ont tous, à des degrés divers, influencé. Mais, comme j’ai digéré ces lectures, ces influences sont devenues miennes et je ne m’en rends plus compte.

Si, toutefois, quand j’écris une histoire qui tourne autour de Noël, parce que j’adopte spontanément l’atmosphère des « Trois messes basses »  et l’écriture de Daudet.

 

 

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Published by Le cédéiste - dans INTERVIEWS du Cédéiste
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POURQUOI ce BLOG ?

 Le BLOG consacré
aux AUTEURS,
à la LITTERATURE JEUNESSE
et à L'ECRITURE
.

Enfants 1 199La lecture est une nécessité dans le monde moderne. Elle permet de maîtriser la langue, de développer l’imaginaire, de structurer la pensée, d’accéder au savoir, d'acquérir du vocabulaire... C’est pourquoi parents et enseignants se lamentent lorsque les enfants ne lisent pas et les ados encore moins. Pourtant, ils prendront PLAISIR à lire... pur cela, il suffit de les juindécembre2010 225aider à ouvrir la porte.

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  

 

 Avec ce blog, j'aimerais :
 * faire découvrir la littérature jeunesse,l'écriture et les auteurs pour la jeunesse
partager une passion et pourquoi pas donner envie de lire et de rêver entre les pages.  

juindécembre2010 260Le livre est une véritable source de plaisir, de joie et d'émotion. Beaucoup d’élèves disent ne pas aimer lire. Je ne suis pas loin de penser que TOUS aiment lire, sans exception ! Le plus difficile pour eux est de parvenir à trouver dans la masse, LE livre, celui qui ne va pas les endormir… juindécembre2010 227LE LIVRE, celui qui va leur "parler", le livre qui leur correspond, le livre qui va leur remuer les tripes, les boyaux, les neurones, la tête !!!  

Enfants 1 178-copie-1Personne n'aime lire toutes les histoires, tous les livres. Evidemment. Il existe donc des "critères" à appliquer pour trouver et emprunter la perle, le livre qui va faire définitivement plonger dans le plaisir de lire !

Dans le livre on fait de merveilleuses rencontres, on découvre plein d'amis, on voyage, on s'ouvre sur le monde, on vit des aventures que l'on ne connaîtra jamais dans la vie de tous les jours : on embrasse des princesses, on escalade des rochers, on "zigouille" les méchants, on galope sur des chevaux lancés à la poursuite de terribles bandits ... bref, on fait de fabuleux voyages pour... "sourire, rêver et aimer" (Lisez "Le type" de Philippe Barbeau.) !!

Enfants 1 258Dans ce blog, il sera question des hommes et des femmes qui écrivent : les écrivains pour la jeunesse. Les ouvrages de littérature jeunesse de qualité seront présentés, racontés, "décortiqués"...
Vous lirez des interviews de professionnels, vous découvrirez des portraits, le monde de la chaîne du livre (éditeurs, imprimeurs, libraires...), vous trouverez également des conseils, vous ferez des rencontres, participerez à des débats, vous lirez des expériences d'animations pédagogiques autour des livres, vous découvrirez des "paroles" d'élèves, d'enseignants, des textes et.... plein d'autres choses encore !

juindécembre2010 224

 Brigitte Coppin 015
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    "Les gens qui aiment lire sont rarement des salauds !"
Xavier-Laurent PETIT
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  SPECTACLES

   

  "Salomon, vous vous rendez-compte ?"

de Christophe Boutier

 

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Sa majesté des couches"

de Christophe Boutier  

 

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  Une comédie en V actes écrite et mise en scène par Christophe Boutier

L’histoire de la séduction, de l’enfant et de sa famille depuis la préhistoire jusqu’à l’enfant-roi du XXIème siècle.

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Sur scène, il y avait :

- 14 comédiens 

- Six musiciens professionnels dont Michel Léger, accompagnateur de vedettes de la chanson et du cabaret, telles que La Bande à Basile, Daniel Guichard, Zanini, Jean Constantin, André Aubert (Don Patillo)...

- la chorale du collège de Xavier Bélanger (professeur d'éducation musicale qui a mis en musique le spectacle) qui a interprété des chansons de variété en rapport avec l'enfance.

- des projections murales assurées par les élèves de l'option image (Eddy Dabrigeon...) du collège, option dirigée par Cécile Cotten,  professeur d’Arts plastiques.

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Les spectacles précédents

 

2013- Le temps du maquis"

2012 - "Salomon, vous vous rendez compte ?"

2011 - "Sa majesté des couches"(Gannat)

2010 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes"  : 2ème épisode (Gannat)

2010 - "Un zèbre sur la banquise" (Gannat)

2009 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes " : 1er épisode (Lapalisse)

2008 - "La farce vaudevillesquement tragique de la chambre forte du jugement dernier. " (Lapalisse)

2007 - "Le terrier zeixcoussois en Zinzinmouli ou la complainte des comédiens en danger" (Saint- Prix)

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    Un grand MERCI donc à tous les écrivains jeunesse
 que j'épuise et à qui je donne mal à la tête !!!
Ah ! Ah !!

Enfants 1 224Christian Grenier, Eric Boisset, Alain Grousset, Alain Surget, Béatrice Nicodème, Anne-Marie Desplat-Duc, Susie Morgenstern, Arthur Ténor, Hubert Ben Kemoun, Jean-Côme Noguès, Marc Séassau, Fabrice Colin,  Lorris Murail, Roger Judenne, Philippe Barbeau, Anne Ferrier, Evelyne Brisou-Pellen, Eric Sanvoisin, Christophe Léon, Jean-Luc Luciani, Béatrice Egémar, Magali Herbert, Guy Jimenes, Jean-Claude Mourlevat, Raymond Perrin, Jean-Baptiste Evette, Marc Cantin, Claire Gratias, Christophe Miraucourt, Xavier Bascour, François Librini, René Gouichoux, Yaël Hassan, Jean-Marc Ligny, Marie-Aude Murail, Cécile Roumiguière, Brigitte Coppin, Dorothée Piatek, Sophie Audouin-Mamikonian, Fanny Joly, Johan Héliot, Jack Chaboud, Jean-Luc Marcastel, Stéphane Daniel, Emmanuelle et Benoît de Saint Chamas, Jean-Paul Gourévitch, Michèle Laframboise., Florence Hinckel, Christophe Loupy, Lénia Major, Viviane Koenig, Marie Mélisou..

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... évoque le BLOG sur la littérature jeunesse.

 

"Des conseils pratiques de pro à pro, des interviews délicieuses et des
articles écrits par des écrivains ou des éditeurs, des bibliographies,
des réflexions sur la littérature jeunesse, des coups de coeur et
 des anecdotes...On trouvera tout cela (!) sur le blog de C
hristophe
Boutier, professeur documentaliste  au collège de Gannat (Allier).

Les petits articles de réflexion sur certains aspects de la littérature
jeunesse sont parmi les plus intéressants, d'autant plus qu'ils soulèvent
parfois des points souvent peu vus : les genres relevant de l'imaginaire
et les critères de classification (science fiction, fantasy...), les styles
d'écriture (classique, moderne…), ou encore le souci de la véracité dans
les romans historiques jeunesse.

En plus de cela, on trouvera une liste impressionnante de sites
d'écrivains  et des ressources diverses et variées qui émaillent les
articles (liens vers des  sites de séries jeunesse, des conférences
en ligne...), des « trucs et astuces » de Doc pour aimer et faire
aimer la lecture, des bibliographies...

Si la mise en page gagnerait à être un peu plus claire et lisible, le côté
bric-à-brac (où on flâne volontiers de longs moments) perdrait de son
charme...

Par un prof-doc amoureux et défenseur acharné de la littérature
jeunesse.
"

 

Rubriques

CULTURE au CDI de Gannat

Collège de Gannat (03)

" Fête de la culture, de la lecture et de l'écriture"

  Mai 2013 - 4ème édition

Eric Boisset 

Mai 2013 145

ArthuArthur Ténor 024r Ténor

Alain Surget 

Alain Surget 053

 

Mai 2012 - 3ème édition

 Jean-Luc Marcastel

jean-luc-MARCASTEL-010.jpg

Brigitte Coppin 

      Brigitte-Coppin-013.jpg

 

Mai 2011 - 2ème édition

Philippe Barbeau, Christian Couty

juindécembre2010 236

Béatrice Nicodème

 

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Juin 2010 - la 1ère édition :

 

Alain GROUSSETet Christian GRENIERétaient parmi nous pour évoquer la Science-Fiction (SF) etpour débattre des nouvelles technologiesqui pourraient "tuer » les livres...

 Enfants 1 196

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Le nouveau spectacle du collège

Joseph Hennequin de Gannat, dans l’Allier.

 

 

La troupe de théâtre du collège Hennequin, composée cette année de 30 comédiens issus des quatre niveaux de classes, a réalisé un film (un vrai ! en noir et blanc)écrit par Christophe Boutier, professeur documentaliste, « Le temps du maquis» (vendredi 14 juin 2013, centre socio culturel de Gannat). Xavier Bélanger, professeur d’Education musicale, assurera la mise en musique.

Ce film présente la dure réalité de la vie quotidienne et clandestine, au milieu de la forêt,d’hommes et de femmes – les maquisards - remarquablement courageux qui recoururent, au péril de leur vie, à la guérilla pour s’attaquer à la milice du Maréchal Pétain et aux troupes d’occupation allemande.

Ce spectacle entre dans le cadre du projet « Devoir de mémoire », une option du collège menée en classe de 3ème. Les 16 élèves de cette option dirigée par M. Bellet, professeur d'Histoire, présenteront la soirée :

En 1ère partie, un court métrage : Roger VENUAT, résistant dans le maquis de Hérisson (Allier, 03), au collège Joseph Hennequin.

En 2ème partie, la pièce de théâtre, « Le temps du maquis »

ENTREE GRATUITE

  

QUI SUIS-JE ?

Je suis Christophe BOUTIER, professeur documentaliste au collège de Gannat (1 rue Joseph Hennequin. 03800 GANNAT) , dans l’Allier, en Auvergne.

Passionné par la littérature jeunesse, l'écriture, la lecture... j'ai découvert, grâce à ma profession cette littérature - une vraie littérature ! - qui comporte de magnifiques textes. Et derrière des mots adressés, peut-être davantage aux enfants, aux adolescents - quoi qu'un bon texte doit pouvoir être lu par tous sans aucune histoire d'âge ! - se cachent des écrivains adorables, des personnes d'une incroyable richesse humaine, intellectuelle et culturelle, des gens de talent que j'ai/j'ai eu la chance pour certains de côtoyer !

Aujourd'hui, j'éprouve le besoin de partager mon amour des auteurs jeunesse et de leur oeuvre ! je compte également sur vous lecteurs pour faire vivre ce blog, mutualiser nos expériences, nos connaissances, nos réflexions et... débattre.

 
Mon autre BLOG, celui du CDI du collège de GANNAT :
http://www.cdi.gannat.over-blog.com