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Présentation

  • : Le blog de CHRISTOPHE BOUTIER, professeur documentaliste au collège de St Germain-des-Fossés, dans l'Allier
  • : Blog qui a pour objectif de parler de la littérature jeunesse, des écrivains jeunesse... pour donner le goût de lire aux adolescents. L'objectif est également d'intéresser à la culture. Il s'agit aussi de faire découvrir cette littérature à part entière aux adultes.
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Le Vampire Du Cdi

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  • Je suis le "VAMPIRE d'un CDI" auvergnat !

ANECDOTES

Pierre BOTTERO,

le Seigneur des ados !

 

Pierre Bottero était fier d’être un auteur jeunesse - une littérature qui n’a rien à envier en qualité à la littérature « vieillesse. » S’il n’était pas qu’un auteur de fantasy, il faut bien reconnaître que c’est à cette littérature de l’Imaginaire qu’il dût son incroyable succès !

Dès l’enfance, il tombait dans la marmite de la fantasy. Il dévorait Tolkien (Un choc ! S’en suivi, plus tard, l’idée que la fantasy ne pouvait s’écrire que sous la forme d’une trilogie), Zelasny, Farmer, Moorcock, Vinge, Howard… Les grands noms qui allaient lui permettre de devenir l’auteur que nous connaissons. Plus tard, il appréciera les auteurs « jeunesse » tels que Erik L’homme, Hervé Jubert, Fabrice Colin ou Philip Pullman, Eoin Colfer pour ne citer qu’eux. Il n’y a pas de concurrence en littérature jeunesse, les auteurs s’apprécient, se côtoient, se téléphonent, se rencontrent, se parlent, rêvent ensemble d’histoires communes. Ainsi Erik L’Homme et Pierre imaginaient ensemble, « A comme assassins »…

De ses lectures, Pierre Bottero ne devait pas ressortir indemne.

C’est par hasard qu’il se lançait dans l’écriture, pour aider sa fille qui séchait devant un concours d'écriture : il rédigeait quelques pages sur son ordinateur, se piquait au jeu, poursuivait (son épouse réclamait la suite), envoyait le texte à un éditeur qui le publiait... Il était dit qu’il n’arrêterait plu. Marqué à tout jamais par Tolkien, il était évident qu’un jour, il s’essaierait à la fantasy. C’est ainsi que naquirent « La quête d’Ewilan », « Les mondes d’Ewilan » et « Le pacte des Machombres. »

 

 

 

Pierre Bottero se fichait éperdument du cadre dans lequel on allait placer ses romans. Mais pour les « techniciens, l’auteur lui-même évoquait la Low Fantasy. Il s’agit d’une low fantasy - inspirée par ses jeux d'enfant, ses rêves d'adulte, ses lectures et les émotions ressenties au quotidien - dans laquelle existe un équilibre entre le bien et le mal, le courage, la volonté et la détermination où domine le désir de tout ramener à des intérêts individuels (égoïsme forcené, aveuglement quant à la mise en danger des équilibres…). Un parallèle pourrait d’ailleurs être établi entre le chaos décrit et notre monde réel. Mais attention. Les propos de Pierre ne demeurent pas sombres, ils restent optimistes. Pour avancer ! Avec pour personnages principaux des… femmes. Pierre était fondamentalement féministe. Il aimait à dire qu’il y avait moins de « cons » chez elles que chez les hommes. Toutefois, Pierer Bottero n’a jamais cherché à donner des leçons, il se méfiait trop pour cela des « transmetteurs » de valeurs et des donneurs de leçons. Le livre était pour lui un objet de partage.

Ce partage, il l’avait avec sa famille qui appréciait ce qu’il écrivait et qui le rassurait : Claudine, son épouse, ses deux filles lisaient ce qu’il écrivait avant publication.

 

 

 

Lorsque Pierre Bottero était invité dans un salon du livre pour une dédicace, il faisait partie des auteurs les plus demandés (il ne faisait pas bon signer à côté de lui !) : les impressionnantes files d’attentes composées de lecteurs (jeunes et moins… jeunes !) en témoignaient. C’est avec émotion qu’ils recevaient tous les messages de sympathie et… d’amour. Ses livres touchaient, ses histoires permettaient le partage et faisaient rêver, Pierre vivait alors une aventure … magique.

Il avait beau affolé le compteur des ventes, ce qui avait un réel impact sur lui, c’était :  de percevoir la flamme dans les yeux de ses « fans » (euh ! il n’aimait pas le mot), de recevoir leurs avis, de parler avec eux.

Tant d’amour le gonflait à bloc et lui transmettait une énergie positive.

C’est pourquoi, ce succès (qui lui permit d’abandonner son métier d’instituteur) qu’il percevait intensément, à la fois avec bonheur (évidemment !) et tranquillité, lui donnait également un sentiment de responsabilité. Ainsi, s’il savait se montrer reconnaissant envers ceux qui l’avaient aidé à améliorer son écriture (Caroline Westberg, son éditrice chez Rageot), il avait également de la considération pour ce public à qui il devait tant. Quand vous rencontriez Pierre, assis derrière sa table de dédicace, vous aviez le sentiment qu’il n’attendait que vous ! Pierre veillait soigneusement à être proche de son « public », un de ses… bonheurs. Il respectait humainement ses visiteurs et ses lecteurs en leur offrant des histoires dont il voulait qu’elles évitent facilité et démagogie. Il apportait ainsi beaucoup de soin et d’exigences aux corrections, un travail exigeant, vorace en temps et en énergie.

 

L’écriture de Pierre Bottero avec « Le pacte des marchombres » avait atteint une belle maturité. C’est ce que Pierre lui-même soulignait quand il affirmait que « c’est en écrivant qu’on apprend à écrire. » En effet, cette dernière trilogie qui met en scène le personnage d’Ellana est moins légère, plus complexe, que celle de « La quête d’Ewilan » : l’auteur avait eu le sentiment d’avoir grandi, évolué et de s’être trouvé, un sentiment accompagné par le désir de partager encore davantage avec le lecteur. Pierre Bottero était un homme intègre, voilà pourquoi il continue d’être autant aimé. A la lecture de ses trilogies, cette sincérité transpire. Pierre prenait un immense plaisir à écrire, à « rêver », à imaginer le monde (issu d’un vieux rêve de liberté absolue) d’Ewilan, d'Ellana. Il prenait un immense plaisir lorsque d’autres que lui se baladaient dans "ses" mondes. Pierre Bottero écrivait pour être lu mais aussi pour explorer des contrées inconnues (se connaître lui-même ?) et entraîner à sa suite tous ceux qui étaient tentés par l'aventure... Quand il mettait le point final, c’était à la fois une joie (celle d’avoir terminée et d’être satisfait du résultat) et une déchirure (celle de quitter l’univers crée)… Un sentiment d'être coupé d'une part de soi-même avec l’irrésistible envie de replonger très vite.

 

Pierre le « poète » accordait beaucoup d’importance au travail de réflexion qui précède l’écriture. Lorsqu’il attaquait le premier chapitre d’un roman, la trame générale était dans son esprit, il connaissait très bien ses personnages. Ensuite, plongé dans le cœur du roman, il écrivait sans arrêt, du matin au soir, parfois pendant la nuit. Puis, il pouvait ne plus écrire pendant des semaines Enfin, presque car il écrivait toujours… dans sa tête. Quand il n’écrivait pas, il écrivait sans écrire. Pierre était un homme normal qui aimait lire, courir, menuiser, bucheronner, voyager, rencontrer, parler, rêver… et sourire ! Ah, ce sourire !I

L’écriture de Pierre était une écriture « vraie », sans complaisance, une écriture qui venait des tripes, un cadeau offert au lecteur. Il n’était satisfait que si les mots qu’il employait correspondaient réellement à ce qu’il souhaitait écrire. Cette honnêteté, il la devait à ses lecteurs. Pierre était un travailleur qui reprenait, sans cesse, son récit, la cohérence, le fond, la forme… C’est pourquoi il prenait grand soin, malgré les pressions des lecteurs, de ne pas chercher à publier, à tout prix, trop rapidement. Il était persuadé qu’il valait mieux patienter et faire patienter plutôt que de se décevoir et décevoir. Il pendait qu’il fallait laisser le temps à l’histoire de pousser, à son rythme...

 

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   "Le Loup à la voix de miel"
Marc SEASSAU (Grasset jeunesse)

J’ai fait venir dans le collège où je travaillais alors, l’écrivain Marc Séassau.  La journée fut belle et pleine d’émotion notamment lorsque Marc anima une rencontre à deux voix (j’adore organiser ce genre de rencontres : 2 auteurs face à une classe en même temps !) avec Jean-Côme NOGUES qu’il avait adoré lire lorsqu’il était ado.

Marc Séassau a écrit ce roman « Le loup à la voix de miel » parce qu’il a été marqué par sa convocation comme juré dans une affaire de viol. Dans son récit, il narre l’entrée en 6ème d’une petite fille qui, anonymement, dépose des extraits de « Peau d’âne » dans les poches, de sa « marraine », une élève de 3ème.  L’appel au secours était évident !

Cette rencontre a déclenché un phénomène pour le moins inattendu dont j'ai été le témoin, involontaire : il m'a fallu trois semaines pour comprendre ce qui m’arrivais !

Je trouvais régulièrement par terre, dans le CDI, toujours disposées par deux, des photos représentants des scènes classiques de la vie d'une famille avec une de nos élèves de 6ème (anniversaires...). J'ai évidemment rendu ces photos à l'élève qui, agressive, semblait ne pas comprendre pourquoi je détenais son bien. C'est tout juste si elle acceptait de reconnaître qu'il s'agissait d'elle sur les clichés ! Ces scènes se sont régulièrement reproduites ( trois, quatre fois pendant trois semaines) jusqu'au jour où j'ai eu un déclic  : une seule photo sur le sol évoquant la petite sur les genoux d'un homme. J'ai de suite compris (Peau d’âne !), j'ai alerté l'infirmière, la Principale du collège... Cette élève avait eu l’idée de reproduire ce que l’héroïne du roman faisait.
Voilà ce qu'uns simple rencontre d'écrivain peut entraîner en dehors du plaisir de lire.
Le roman avait libéré la parole de l’élève !


Nous en avons évidemment parlé avec Marc Séassau qui était évidemment KO : comment ne pas l'être ? Il avait écrit ce roman un peu dans un but pédagogique mais quand la réalité dépasse la fiction...

Recherche

PERLES de LECTURE

 Le collège de Gannat

 a voyagé dans le temps !

 

 Après la lecture des romans historiques jeunesse de Béatrice Nicodème....

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« Oyez ! Oyez gente dames et damoiseaux ! Entrez dans le Moyen Age ! » Ainsi s’est écrié le troubadour, jeudi 9 juin 2011, dans la plaine gannatoise : deux cent élèves de 5ème du collège Hennequin et CM2 des écoles du Malcourlet, de Pasteur et de Jean Jaurès ont bravement et « prestement » effectué le « pas sur le côté » pour revêtir leur cotte de maille et ainsi plonger en plein XIVème siècle.

  

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  Pour rendre vivant et attractif le Moyen Age, période étudiée en classe et encore largement visible dans la cité des portes occitanes, Gannat, douze comédiens et cascadeurs professionnels de la compagnie toulousaine ARMUTAN, ont chevauché leurs destriers pour répondre à l’olifant de Christophe Boutier, professeur documentaliste, initiateur de cet imposant projet, « Cultures, loisirs et genres de vie au Moyen Age », un projet fédérateur d’énergie d’une année.

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Un campement faits de plusieurs tentes, de peaux de bêtes, de râteliers d’armes, de tonneaux… a été établi dans la partie herbeuse et arborée de l’établissement scolaire. Les écuyers – élèves, aux yeux brillant de plaisir, répartis en six « compagnies » de « routiers » qui répondaient au nom d’un  célèbre homme de guerre, du Guesclin, Prince noir ou bien d’un roi, Philippe Auguste…ont défilé avec leurs bannières dans les sept ateliers pédagogiques pendant six heures.  Ainsi, ils ont été initiés à l’archerie, au maniement des armes, au combat rapproché, à l’héraldique – l’art de faire son blason – à la danse, aux instruments et à la musique, à la jonglerie… Le capitaine « Barbepeste » et ses sbires ont alors conquis la « piétaille » qui après explications et démonstrations, devait mettre en pratique l’enseignement de leurs maîtres…  

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 Les corps fatigués furent réparés par le succulent banquet médiéval régional (tortillons gannatois, galichons d’Escurolles, fromages de chèvres de Bellenaves, Fraises bourbonnaises sur lit de fromage blanc de campagne de Cérilly étaient inscrits sur le très beau papier imprimé à l’ancienne par le moulin Richard de Bas ), pris en musique, et proposé par le chef, Sylvain Bruno. Une projection d’images, capturées dans la matinée, proposées par les élèves de l’atelier image du collège lors du repas, a également ravi les convives.

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En fin d'après-midi, les petits occitans, tout sourire, étaient regroupés pour assister à un spectacle de jongleries burlesques proposées par « Grand mètres Yann »,  à de la poésie lyrique, et à une impressionnante saynète de combats à l’épée accompagnée par la musique du groupe DAYAZELL.

 

Quel bonheur ! Quelle joie d'avoir vu les yeux des enfants pétiller de plaisir ! Quel  moment de vie ! Il ne fait aucun doute que cette journée unanimement saluée comme étant extraordinaire restera gravée dans les mémoires.

  351.JPG Alors, un grand MERCI à tous ceux qui ont participé à la réussite du projet ! Les personnels du collège Hennequin, la mairie de Gannat, les mécènes, les comédiens si sympathiques et bien sûr…les élèves !

 

Pour en savoir davantage :

 

RV sur le blog du collège de Gannat (03),

une 100e de photos...

 

http://cdi.gannat.over-blog.com/

 

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A propos de ce blog !

 

Lu dans « La nouvelle encyclopédie des filles 2011 » de Sonia Feertchak ((Plon)

 

« Le blog passionné et passionnant d’un professeur documentaliste  fou de littérature jeunesse, pour « sourire, rêver, aimer ». Des articles vivants sur la lecture, qui donnent envie de découvrir plein de livres et autant d’auteurs

 

 

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A lire, vraiment !




 

 

 

 

 

 

 

 

   

A travers de nombreuses anecdotes Christian Grenier évoque son enfance placée sous le signe du théâtre et de la lecture, son adolescence marquée par l'écriture et la passion. Il relate son parcours d'enseignant, d'auteur mais aussi de lecteur-correcteur, journaliste, scénariste et directeur de collection. Il se penche également sur les mécanismes intimes de l'imaginaire, détaille la genèse de ses oeuvres et fait pénétrer le lecteur dans les coulisses de l'écriture et de l'édition. Enfin il s'interroge sur les principes qui font d'une fiction un récit pour la jeunesse. Regorgeant de confessions, de convictions et de passion, ce témoignage d'une vie consacrée à la littérature jeunesse se lit comme un roman.
 

Archives

Le MOT du JOUR : ......

    "Des millions de gens vivent sans lire, mais ce qu'ils ignorent,

c'est qu'on vit infiniment plus en lisant."

Xavier-Laurent PETIT

  

     318 042 visiteurs 

Je vous livre l'adresse du blog de mon nouveau cdi et collège : http://colllafontaine.over-blog.com/

 

depuis octobre 2009

 

 

17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 15:15

*  Les nouveaux tarifs de la charte des auteurs :

 

Lors de l'assemblée générale du 21 mai dernier, les nouveaux tarifs de rencontre de la Charte ont été votés (ils sont chaque année indexés sur l'indice du coût de la vie INSEE. Soit +2,1% depuis la dernière AG).

Ces nouveaux tarifs de rencontre s'appliquent dès aujourd'hui pour les invitations à venir. Cependant, les anciens montants restent applicables pour les contacts pris avant la date de l'AG. C'est donc en janvier 2012 que les tarifs augmenteront définitivement pour tous les salons.

Voici les nouveaux tarifs pour les rencontres :

  • pour une journée, 398 euros bruts (364 euros net)

  • pour une demi-journée, 241 euros bruts (220 euros net).

Pour les signatures:

  • 199 euros brut la journée
  • 120 euros brut la demi-journée.
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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 10:37

Il y a cinquante ans paraissaient les premières aventures de Fantômette. L’héroïne masquée de Georges Chaulet allait faire fantasmer toutes les gamines et bouleverser la littérature enfantine.

  

 

 

Mille pompons ! Fantômette a 50 ans ! Née sous la plume de l'écrivain Georges Chaulet, la justicière masquée a déboulé en 1961 dans la Bibliothèque rose avec Les Exploits de Fantômette. Marquant une rupture avec le catalogue sage de cette vénérable collection, bousculant ses héros lisses (les détectives en herbe du Club des cinq, les enfants bien coiffés de la comtesse de Ségur...), elle lui apporta un vent de fraîcheur et de jeunesse.

 

Le personnage d'une fillette débrouillarde n'était certes pas nouveau. Il y avait Lili, l'héroïne au bon coeur de Marguerite Thiebold, et ses aventures à la portée plus sociale. Plus moderne et fantaisiste, la dynamique Caroline, créée par le formidable illustrateur Pierre Probst, était entraînée par une bande d'animaux dans des aventures endiablées. Dans la Bibliothèque verte, la sage Américaine Alice (création du collectif d'auteurs Carolyn Keene, francisé en Caroline Quine) résolvait des énigmes formatées.

 

Mais Fantômette se démarqua aussitôt de ces productions. Tout d'abord, son personnage sortait de l'ordinaire. Excellente élève le jour, Françoise Dupont se transforme la nuit en justicière solitaire et pourchasse les malfaiteurs, masquée d'un loup et habillée d'un justaucorps, d'une cape et d'un bonnet à pompon - les illustrations de Jeanne Hives, puis celles de Josette Stefani, contribuant à la popularité de ce costume.

 

Son univers était à la fois familier et totalement irréel, comme en témoigne la ville de Framboisy, peuplée de pavillons ordinaires mais aussi d'habitants aux noms farfelus (l'institutrice Mlle Bigoudi, les faire-valoir Ficelle et Boulotte, le journaliste OEil de Lynx, etc). Elle affronte au fil d'aventures rocambolesques des bandits tour à tour maléfiques ou pathétiques (Le Masque d'argent, Le Furet...).

 

Suprême qualité pour une héroïne seulement âgée d'une douzaine d'années, elle est aussi totalement autonome, et aucun parent, proche ou lointain, ne vient jamais se mettre en travers de son chemin, lui rappeler de venir manger ou d'aller se coucher. Enfin, futée, intelligente, dotée d'un redoutable sens analytique et d'un humour féroce (elle nargue souvent ses adversaires), Fantômette possède des traits de caractère jusque-là réservés aux héros masculins.

Elle révèle d'ailleurs de nombreuses ressemblances avec Arsène Lupin : l'humour, la culture, l'esprit, les capacités athlétiques, le panache... Ce cocktail détonant ne pouvait que plaire aux fillettes des années 60 et 70, avides d'indépendance et de frissons : look félin, double vie et double identité, aventures trépidantes, personnalité forte, comment ne pas immédiatement rêver de lui ressembler ?

 

L'autre rupture créée par Fantômette était d'ordre littéraire. L'imagination sans limite de Georges Chaulet, son goût pour les jeux de mots, son humour décalé dépoussiéraient vigoureusement le roman pour enfants. Par ailleurs, l'écrivain sut établir une véritable connivence avec son lectorat, notamment par sa manière habile de se moquer des adultes et de les ridiculiser, ainsi que par ses clins d'oeil complices pour faire comprendre que Fantômette et Françoise ne font qu'une.

 

En cinquante ans, la fraîcheur et le dynamisme de Fantômette n'ont pas vieilli. D'adaptations BD en dessins animés ou série télévisée, le personnage a fasciné chaque génération. La série, qui s'était arrêtée en 1987 après quarante-neuf volumes, a repris en 2006, et Georges Chaulet a depuis publié trois nouvelles aventures de Fantômette. Modèle d'émancipation, icône de l'aventure, celle-ci continue inlassablement de prouver aux enfants que tout est possible.

 

par Anne-Claire Norot

 

( Les Inrocks - dimanche 13 mars 2011 )

 

 

 

http://www.lesinrocks.com

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 10:32

J’accuse presque …

 

Yves Nadon, enseignant, auteur et éditeur aux 400 coups, s’indigne du peu de place accordé par les médias à la littérature jeunesse.

 

Encore une fois, samedi matin. Je me lève, j’espère, et j’entame la lecture de trois quotidiens. Encore une fois, aucune critique de littérature jeunesse. Rien. Nada. Niet.

 

Mon hypothèse est que les grands quotidiens présentent très peu de littérature jeunesse parce qu’ils la considèrent comme un art mineur et ludique. À mes yeux, et je serai dur, ils démontrent une grande ignorance de cette littérature. Une ignorance due au fait que dans leur jeunesse, ils ne l’ont côtoyée que par la bande, comme la plupart d’entre nous.

 

La littérature pour la jeunesse n’est pas un art mineur: on y retrouve des plumes extraordinaires, des illustrateurs dignes des musées et un éventail magnifique de points de vue.

 

Cette rencontre aurait dû se produire à l’école et dans la famille. Mais voilà plein de journalistes et directeurs de pupitre n’ayant lu que des manuels de lecture quand ils étaient à l’école, donnant l’impression de ne rien connaître de la littérature jeunesse. Ils auront donc commencé leur parcours scolaire en l’absence de littérature et elle sera donc absente de leur vie, à moins qu’ils ne soient devenus parents. Et encore…

 

Cette rencontre ratée se traduit chaque semaine par une grande absence dans les pages écrites. C’est un choix éditorial1 étonnant quand on sait qu’un journal anglophone de Montréal semble parler plus souvent de littérature jeunesse francophone que les journaux francophones!

 

Dans les médias, on blâme les jeunes élèves de bien des choses, comme de ne pas savoir écrire, ou de ne pas être à notre hauteur. On lit que les gens lisent peu, bon sang, on pète les plombs régulièrement sur cette question. Mais chaque jour, chaque semaine, les médias démontrent que l’on peut vivre sans littérature, en particulier celle pour la jeunesse. On en parle peu à la télévision, très peu dans les journaux, et encore si peu à l’école.

 

Le message véhiculé par tous est assez clair: sachez lire mais ne devenez pas des lecteurs.

 

Et si monsieur Charest, au lieu de vanter les tableaux interactifs et l’ordinateur personnel, avait décidé de parrainer la littérature jeunesse et de la rendre incontournable à l’école? Et si, en mettant toutes les ressources du ministère de l’Éducation au travail, on offrait le plaisir de lire de façon journalière dans les écoles, on inondait les classes de livres, on s’assurait que ceux qui deviennent enseignants soient des lecteurs? Peut-être qu’on parlerait davantage de former une société de lecteurs plutôt qu’une société qui sait lire. Une société où on privilégie cette conversation intime et prolongée avec un autre.

 

Je suis devenu éditeur parce que j’enseigne et que tous les jours, tous les jours, je suis témoin de l’impact qu’a la littérature sur les lecteurs en devenir. Je constate aussi que l’absence de celle-ci, et le plaisir qu’on y associe, est responsable du fait que près de 50 % des adultes au Québec ne lisent plus. Pas parce qu’ils ne savent pas lire, mais bien parce que, pour paraphraser Pennac, l’école, les journaux, la société ne souhaitent pas particulièrement que les enfants lisent. Ils ne souhaitent pas le contraire, c’est vrai, mais ils souhaitent essentiellement que les jeunes réussissent leurs études, un point c’est tout ! Pour le reste, ils ont d’autres chats à fouetter.

Yann Martel envoyait aux deux semaines un livre à monsieur Harper, et nous étions tous cyniques à l’endroit du premier ministre. Peut-être monsieur Martel a-t-il mal visé: c’est aux journalistes, aux députés et aux chefs de pupitre qu’il fallait envoyer de la littérature jeunesse.

 

Peut-être samedi prochain ?

 

par Yves Nadon

( Voir – jeudi 17 mars 2011 )

 

http://www.voir.ca

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 10:53

J’ai publié mon premier roman à 25 ans, il y a donc 12 ans, et j'écris à un rythme assez soutenu. Mais quand on écrit durant toute la journée, quand on ne fait que ça, ça ne paraît pas un si grand exploit sportif d’écrire deux ou trois romans par an, notamment les romans jeunesse sur lesquels je ne passe peut-être pas autant de temps que sur un roman adulte. L'écriture est rapide également dans la mesure où, même si c'est impor-tant de savoir écrire une histoire, il n’y a pas de recherche stylistique à proprement parler et c’est ça qui prend du temps, je trouve. Certains auteurs peuvent passer plu-sieurs journées sur une seule page. Mais on n'écrit pas un roman de jeunesse comme on écrirait La Recherche du temps perdu, où le style, le rythme et la musicalité de la langue comptent énormément. Quand vous écrivez des romans de science fiction ou de fantasy, notamment pour la jeunesse, vous savez que ce sont des romans où l'intrigue et la structure comptent beaucoup plus que le style. J’essaie bien sûr toujours de bien écrire mais il y a une limite à cela ; je pense qu'à vouloir atteindre un trop beau style, on risque de créer un obstacle pour le lecteur. Je n’ai donc pas besoin de deux ans pour écrire un roman.

 

 

. Vous établissez une forte différence entre la littérature pour la jeunesse et la littérature adulte. En ayant en tête que la littérature adulte rassemble des œuvres et des auteurs aux antipodes, quelle est malgré tout cette différence avec la littérature jeunesse selon vous ?

  

 

    C’est compliqué car dans mon cas, à trois exceptions près, même quand j’ai écrit pour les adultes, il s'agissait également de fantasy ou de science fiction. Et dans ce cas, ce n’est pas très différent. Mais je crois que si demain je décide d'écrire un roman adulte pour un grand éditeur tel que Gallimard, Stock ou Actes Sud, alors, oui, les choses seront différentes, l'écriture me prendra plus de temps, car l'investissement est autrement plus important en matière de recherche stylistique, de travail sur la phrase, sur la qualité des métaphores, bref, sur l’écriture… Mais, comme vous dites. parler de la littérature adulte de manière générale, ça n’a pas grand sens. C’est une entité tellement hétérogène.

  

 

. Oui, parce que finalement, quand on regarde la production en littérature pour adultes  et en littérature pour adolescents, on se rend compte que la frontière est très poreuse et donc, peut-être, qu'une oeuvre comme la Saga Mendelson, en la retravaillant un peu, pourrait aussi intéresser un lectorat adulte.

  

 

    Oui, tout à fait. Mais une fois encore, si je devais d'emblée me dire que j'écris  des romans pour adultes, cela prendrait plus de temps, au moins un an pour écrire et  pas trois ou quatre mois. Mais les frontières sont poreuses en effet, tellement d'ailleurs qu’il y a des livres qui sont publiés en grand format pour adolescents et qui sortent ensuite en collection de poche pour adultes. Sans parler de la science fiction, genre où  se rencontrent les deux lectorats sans qu'on ne puisse dire s'il s'agit de littérature adulte ou pas.

  

 

. Qu'en est-il du public ? Ayant choisi la littérature jeunesse, rencontrez-vous régulièrement vos jeunes lecteurs ?

 

 

    Oui ; j’ai choisi d’écrire pour la jeunesse en 2001, et c’était vraiment le fruit de  ma volonté… C’était avant le grand succès de Harry Potter ; maintenant, il y a pas mal  de gens qui se mettent parfois à la littérature de jeunesse pour des raisons financières mais pour moi c’était vraiment un besoin, une impulsion. Je pense avoir deux facettes comme écrivain, une facette grave, réfléchie, et puis une autre facette, celle du racon-teur d'histoires. moins dans l’exploration des tourments intimes et plus dans la saga, dans le récit. Et j'ai besoin de faire alterner ces deux facettes-là, à un rythme plus ou moins régulier.

 

    Mais pour revenir à votre question, je côtoie régulièrement mon public de jeunes lecteurs en effet, parce que, en tant qu'écrivain, jeunesse ou pas d'ailleurs, on est souvent sollicité par des établissements scolaires, par les bibliothèques, pour des rencontres. On est libre d'accepter ou pas mais je me suis rapidement et facilement  prêté au jeu, au point que c'est à présent une partie intégrante de mon travail, que ce soit devant une classe entière, ou deux ou trois élèves seulement. On parle des livres, on parle de l'écriture en général, et les sujets peuvent ensuite déborder de sorte que j'apporte une parole complémentaire à celle du professeur dans ces établissements, et c'est très intéressant. Pour être honnête, au départ, j'acceptais de participer à ces rencontres par intérêt financier et flatterie ; je trouvais agréable et facile de venir parler de mes romans. Mai maintenant, je pense qu'un écrivain jeunesse est investi d'une certaine mission, d'aller parler de la littérature auprès de ces jeunes d'une façon dont les professeurs ne peuvent pas forcément leur parler parce qu'ils ont un programme à suivre, ou ils n'ont pas le temps, ou pas le droit...

 

 

. Quand on lit vos romans et qu'on parcourt votre blog, on peut se dire que le point commun reliant la fantasy et la science fiction chez vous est le rapport au temps, le temps qui passe, le temps qui s'écoule...

 

 

    Oui, on est souvent dans des récits initiatiques qui servent de métaphores sur le passage de l'adolescence à l'âge adulte, et donc un changement de temporalité. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si la plupart des héros de cette littérature de jeunesse sont eux-mêmes des adolescents, des jeunes gens. Il y a un rapport au temps mais à l'espace aussi ; c'est une littérature de voyage et de découvertes. C'est aussi une littérature où les personnages prennent conscience des grandes questions, notamment autour de la mortalité. Ça me paraît très parlant avec Harry Potter par exemple, qui est une série de romans où la mort est très présente. La question du bien et du mal y est également centrale, celle du possible passage «du côté obscur» des choses. C'est que cette litté-rature pour adolescents est aussi une école de la vie, qui confronte les jeunes à des questions parfois dures. Regardez certaines publications pour adolescents de l'Ecole des Loisirs ou du Rouergue par exemple, qui touchent à des questions de société, à des questions de l'intime. Cette littérature ne prend pas de gants avec ces jeunes, ce qui est intéressant d'ailleurs car si eux accueillent cette littérature de manière positive, les professeurs sont plus prudents et souvent interrogatifs sur les raisons qui nous poussent à faire mourir tel personnage, etc. Je pense que l'écrivain doit tracer des lignes de force, des lignes de sens et de causalité ; il peut alors ne pas lésiner sur la violence, la douleur et le pathos, s'il donne un sens à cela, s'il parvient à montrer que les phénomènes les plus gratuits sont eux aussi porteur d'un sens. Pour moi, la limite chez l'écrivain est dans cette gratuité : exposer son lecteur à une violence extrême et le laisser seul avec elle. Il doit toujours y avoir quelque chose à tirer de thématiques dures, une leçon de vie.

 

. C'est ce que dit votre héroïne à la fin du premier volume de la saga : on vient au  monde pour vivre et être heureux. On a bien là votre credo. Qu'en est-il des titres des trois romans  Les Exilés, Les Insoumis, Les Fidèles ? Pourquoi ces titres, le dernier surtout ? Fidèles à quoi ?

 

    C'est la fidélité à cette pulsion de vie Mendelson, la fidélité à la famille. Au fond, ils sont tous éparpillés mais ils reviennent tous toujours autour de ce noyau. Avec certains invariants : ce sont des gens qui ne se laissent pas abattre, qui font ce qu'ils ont envie  de faire, qui vont au bout de leurs idées même si elles sont un peu folles. C'est une fidélité à ces idéaux ; ils réalisent d'ailleurs que ce qui compte est moins leur identité juive que cette identité familiale. Dans les moments durs, ils ont toujours tendance à se regrouper, à part quelques électrons libres ; il y a toujours cette force centripète qui les ramène autour du noyau familial.

 

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 10:50

 

. Le judaïsme est l'un de ces invariants. On comprend que vous avez choisi de  raconter l'histoire d'une famille juive car c'est un observatoire privilégié de l'histoire du XXe siècle, d'Odessa à Los Angeles en passant par New-York. L'histoire des États-Unis est également explicitée par ce biais. C'est aussi un judaïsme qui doit beaucoup au grand-père fondateur, un juif orthodoxe, comme le seront les jeunes à la fin de la saga. Finalement, le judaïsme libéral, pourtant très présent aux États-Unis, est peu envisagé dans ces romans. Pourquoi ?

 

 

    Le choix d'une famille juive, vous avez tout à fait raison, vient de ce que, hélas souvent à leurs corps défendant, les Juifs furent des témoins et des acteurs de l'histoire du XXe siècle. L'idée de cette saga est également partie d'une histoire de la fondation des grands studios hollywoodiens par des migrants juifs, venant notamment d'Europe de l'Est, avec, en filigrane, l'idée que ces gens, privés de leur histoire, viennent ici pour recréer des histoires, poussés par un besoin de raconter et de reconstruire une sorte de Terre promise. Ce livre s'intitule d'ailleurs Le Royaume de leurs rêves, un très beau titre je trouve. Ensuite, pour ce qui est du judaïsme orthodoxe, je dirais que, même si de nombreux migrants ont abandonné la pratique de la religion pour n'en garder que quelques éléments folkloriques, ce ne fut pas le cas de tout le monde. Je me suis donc beaucoup interrogé dans la construction de mes personnages – allaient-ils embrasser leur foi, atermoyer, y revenir ? -, et en discutant avec plusieurs personnes autour de moi, j'ai réalisé que ces hésitations, que ces allers-retours représentaient une réalité. Pour le reste, ce retour à la foi orthodoxe est sans doute statistiquement faible mais  j'ai fait ce choix en romancier. Je n'ai donc pas cherché à faire de ma famille une entité exemplaire ni voulu m'engager sur des questions religieuses : la religion sert de toile de fond. On est dans de la littérature de jeunesse ; les choses sont donc forcément simplifiées, on ne rentre pas dans le détail des questions religieuses.

 

 

. Certains personnages font aussi penser à des romans de Chaïm Potok.

 

 

    Oui, tout à fait. J'ai lu plusieurs romans d'auteurs juifs américains. Je pense notamment à l'humour corrosif de La Lamentation du prépuce de Shalom Auslander, l'histoire d'un juif prisonnier de sa religion et qui essaye durant tout le livre de s'en libérer de manière complètement outrancière, en violant systématiquement tous les commandements, avec une sorte de désespoir tendre. Ses efforts à sortir de la religion montrent à quel point il est dedans ; son refus de Dieu est en fait un dialogue incessant avec Lui. Ce type d'écriture et d'itinéraire m'a pas mal inspiré.

 

 

. On suit avec attachement les différents personnages de cette famille, tout au long de la saga, et les femmes notamment, qui jouent un rôle central dans l'histoire familiale, comme chefs de clans, passeuses de la religion, etc. Était-ce important pour vous de leur attribuer cette place ?

 

 

    Complètement. C'était important dans une œuvre de littérature traitant du XXe siècle, des États-Unis et des Juifs, mais aussi parce que la rôle des femmes dans la fantasy est le plus souvent réduit à la portion congrue, autour de stéréotypes oscillant entre la sorcière, la magicienne puissante, et l'esclave. Elles suivent le héros masculin, l'admirent ou attendent qu'il vienne à leur secours. Elles sont souvent outrancières dans leurs comportements, hyperactives. C'est un problème avec ce type de littérature car on a beau vouloir aller contre ces clichés, on est aussi dépendant de ce qu'on a lu et des passages obligés du genre, de sorte qu'on a du mal à développer de grands personnages féminins. J'avais pu faire cela dans un autre de mes romans, qui s'intitule La Malédiction d'Old Haven et qui est centré sur un personnage de sorcière, que je suis tout au long de 600 pages. Et ça m'a fait beaucoup de bien de prendre en charge un personnage féminin et de l'accompagner ainsi, de façon approfondie. Plus personnellement, je suis persuadé du rôle central des femmes notamment auprès d'hommes écrivains qui sont incapables de faire quoi que ce soit à la maison et qu'elles aident à sortir de leurs doutes. C'est mon cas comme celui de nombreux des mes amis écrivains hommes !

 

 

. Pouvez-vous, pour finir, nous dire comment cette saga a vu le jour ?

 

 

    Cela remonte à cinq ou six ans. J'avais alors proposé le projet à une autre maison d'édition. Un projet ambitieux puisque j'envisageais une saga en dix volumes, ce qui séduisait et effrayait à la fois mon éditeur, car j'avais à l'époque moins d'assise qu'aujourd'hui. Le projet a néanmoins bien avancé avec mon éditrice chez eux, sauf que cette éditrice a finalement disparu du jour au lendemain, prise par des projets personnels. La saga a finalement revu le jour aux éditions du Seuil, où j'avais travaillé avec un autre éditeur sur un autre roman. Cet éditeur a quitté la maison et il m'a fallu donc ''séduire'' sa remplaçante, ce qui n'est jamais facile ni gagné d'avance. On s'est en fait immédiatement très bien entendus et c'est elle qui m'a demandé si j'avais d'autres projets sous le coude. J'ai donc remis La Saga Mendelson sur le tapis. Elle était d'emblée emballée, à l'exception des dix tomes. On a donc signé pour trois volumes et le projet allait pouvoir se faire. Cette éditrice a toujours été très enthousiaste pour ce projet, ce qui est très important car cela demande beaucoup de travail à l'auteur mais aussi de la part de l'éditeur ; nous avons vraiment travaillé la main dans la main.

 

entretien avec Marie-Paule Caire et Sarah McDonough

( Parutions.com – jeudi 27 mai 2010 )

 

 

 

http://www.parutions.com

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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 09:37
·         Marie, te rends-tu sur place ? Visites-tu beaucoup ?

Pour une commande, je visite, je prends des tas de notes, de photos, j'interroge aussi.

Pour une idée perso, c'est mystérieux, mon imaginaire fait des siennes, prend des chemins de traverses, se joue de la réalité, de la fiction ou de l'auto-fiction.
 
·         Est-il facile de partir de rien ou de ce que l’on connaît ?
 
 Oh oui, pour les deux, deux charmes à alterner.
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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 09:35

  ·         Christophe, comment t’inspires-tu pour créer un lieu ? Une atmosphère ?

 

Je m’inspire de lieux où je suis passé et j’intériorise avec mes cinq sens.

 

·         Te rends-tu sur place ? Visites-tu beaucoup ?

Je voyage beaucoup et je m’imprègne de tout ce qui m’entoure. J’aime le contact avec les gens et découvrir leur univers.

 

·         Est-il facile de partir de rien ou de ce que l’on connaît ?

 

Le mot « rien » n’existe pas dans mon cerveau où tant d’images et de sensations se bousculent.

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 09:08

        Viviane, comment t’inspires-tu pour créer un lieu ? Une atmosphère ?

      Je préfère toujours parler de ce que je connais… Donc de nombreux séjours à l’étranger et, si c’est impossible, je me gave de romans, de films ou de documentaires sur la région.

        Te rends-tu sur place ? Visites-tu beaucoup ?

      Oui, c’est très important pour moi. Il faut voir les lieux et les gens qui y vivent.

 

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 09:07

 

·         Lenia, comment t’inspires-tu pour créer un lieu ? Une atmosphère ?

Ce sont souvent les lieux qui m’inspirent, au contraire. Il me suffit de les décrire le plus fidèlement possible.

 

·         Te rends-tu sur place ? Visites-tu beaucoup ?

Ce sont des lieux de balade. Je prends des photos pour rafraîchir la mémoire si besoin.

 

·         Est-il facile de partir de rien ou de ce que l’on connaît ?

Etant de formation scientifique, je suis trop cartésienne pour inventer des univers qui n’existent pas. J’ai besoin d’une base, à modifier, développer ou enjoliver. Mais imaginer des tomates bleues et des corbeaux roses est une torture pour moi.

 

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 10:21

 

 

·         Christophe, comment crées-tu tes personnages ?

Je m’inspire pas mal des personnages de films ou de livres qui m’ont marqué, ensuite j’adapte leur psychologie à mon récit.

 

·         Est-ce que ce sont tes personnages qui te mènent ? Par exemple, peuvent-ils te faire changer de voie en cours d’écriture ?

Bien sûr ! l’histoire est toujours au service du personnage ! Un personnage bien dimensionné induit le cours de l’histoire. Parfois mon synopsis de départ change de cours parce que le personnage, au fil des pages, devient « vivant » et sa personnalité impose des actions et des réactions dans le déroulement de l’histoire.

 

·         Qu’aimes-tu le plus dans la création du personnage ? L’aspect psychologique ?

Ce que j’aime c’est tout ce qui le fait. Souvent j’écris des pages sur son enfance, son vécu, ses douleurs, ses joies, pour le sentir vivre. Et souvent aussi, ces détails intimes ne sont décrits nulle part dans le roman, mais ils sont devenus si présents, si évidents, que l’on ressent tout cela dans son comportement.

 

·         Quel est le personnage que tu as créé et qui t’a posé le plus de souci. Pourquoi ?

Aucun. L’écriture et la réflexion (même ardue) qui s’y rattache ne sont que du bonheur.

 

·         Quel personnage de papier que tu as inventé aimes-tu le plus ?

Je n’ai pas de préférence. Un père aime ses enfants tous autant.

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POURQUOI ce BLOG ?

 Le BLOG consacré
aux AUTEURS,
à la LITTERATURE JEUNESSE
et à L'ECRITURE
.

Enfants 1 199La lecture est une nécessité dans le monde moderne. Elle permet de maîtriser la langue, de développer l’imaginaire, de structurer la pensée, d’accéder au savoir, d'acquérir du vocabulaire... C’est pourquoi parents et enseignants se lamentent lorsque les enfants ne lisent pas et les ados encore moins. Pourtant, ils prendront PLAISIR à lire... pur cela, il suffit de les juindécembre2010 225aider à ouvrir la porte.

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  

 

 Avec ce blog, j'aimerais :
 * faire découvrir la littérature jeunesse,l'écriture et les auteurs pour la jeunesse
partager une passion et pourquoi pas donner envie de lire et de rêver entre les pages.  

juindécembre2010 260Le livre est une véritable source de plaisir, de joie et d'émotion. Beaucoup d’élèves disent ne pas aimer lire. Je ne suis pas loin de penser que TOUS aiment lire, sans exception ! Le plus difficile pour eux est de parvenir à trouver dans la masse, LE livre, celui qui ne va pas les endormir… juindécembre2010 227LE LIVRE, celui qui va leur "parler", le livre qui leur correspond, le livre qui va leur remuer les tripes, les boyaux, les neurones, la tête !!!  

Enfants 1 178-copie-1Personne n'aime lire toutes les histoires, tous les livres. Evidemment. Il existe donc des "critères" à appliquer pour trouver et emprunter la perle, le livre qui va faire définitivement plonger dans le plaisir de lire !

Dans le livre on fait de merveilleuses rencontres, on découvre plein d'amis, on voyage, on s'ouvre sur le monde, on vit des aventures que l'on ne connaîtra jamais dans la vie de tous les jours : on embrasse des princesses, on escalade des rochers, on "zigouille" les méchants, on galope sur des chevaux lancés à la poursuite de terribles bandits ... bref, on fait de fabuleux voyages pour... "sourire, rêver et aimer" (Lisez "Le type" de Philippe Barbeau.) !!

Enfants 1 258Dans ce blog, il sera question des hommes et des femmes qui écrivent : les écrivains pour la jeunesse. Les ouvrages de littérature jeunesse de qualité seront présentés, racontés, "décortiqués"...
Vous lirez des interviews de professionnels, vous découvrirez des portraits, le monde de la chaîne du livre (éditeurs, imprimeurs, libraires...), vous trouverez également des conseils, vous ferez des rencontres, participerez à des débats, vous lirez des expériences d'animations pédagogiques autour des livres, vous découvrirez des "paroles" d'élèves, d'enseignants, des textes et.... plein d'autres choses encore !

juindécembre2010 224

 Brigitte Coppin 015
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    "Les gens qui aiment lire sont rarement des salauds !"
Xavier-Laurent PETIT
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  SPECTACLES

   

  "Salomon, vous vous rendez-compte ?"

de Christophe Boutier

 

spectacle radeau 010 

 

Sa majesté des couches"

de Christophe Boutier  

 

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  Une comédie en V actes écrite et mise en scène par Christophe Boutier

L’histoire de la séduction, de l’enfant et de sa famille depuis la préhistoire jusqu’à l’enfant-roi du XXIème siècle.

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Sur scène, il y avait :

- 14 comédiens 

- Six musiciens professionnels dont Michel Léger, accompagnateur de vedettes de la chanson et du cabaret, telles que La Bande à Basile, Daniel Guichard, Zanini, Jean Constantin, André Aubert (Don Patillo)...

- la chorale du collège de Xavier Bélanger (professeur d'éducation musicale qui a mis en musique le spectacle) qui a interprété des chansons de variété en rapport avec l'enfance.

- des projections murales assurées par les élèves de l'option image (Eddy Dabrigeon...) du collège, option dirigée par Cécile Cotten,  professeur d’Arts plastiques.

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Les spectacles précédents

 

2013- Le temps du maquis"

2012 - "Salomon, vous vous rendez compte ?"

2011 - "Sa majesté des couches"(Gannat)

2010 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes"  : 2ème épisode (Gannat)

2010 - "Un zèbre sur la banquise" (Gannat)

2009 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes " : 1er épisode (Lapalisse)

2008 - "La farce vaudevillesquement tragique de la chambre forte du jugement dernier. " (Lapalisse)

2007 - "Le terrier zeixcoussois en Zinzinmouli ou la complainte des comédiens en danger" (Saint- Prix)

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    Un grand MERCI donc à tous les écrivains jeunesse
 que j'épuise et à qui je donne mal à la tête !!!
Ah ! Ah !!

Enfants 1 224Christian Grenier, Eric Boisset, Alain Grousset, Alain Surget, Béatrice Nicodème, Anne-Marie Desplat-Duc, Susie Morgenstern, Arthur Ténor, Hubert Ben Kemoun, Jean-Côme Noguès, Marc Séassau, Fabrice Colin,  Lorris Murail, Roger Judenne, Philippe Barbeau, Anne Ferrier, Evelyne Brisou-Pellen, Eric Sanvoisin, Christophe Léon, Jean-Luc Luciani, Béatrice Egémar, Magali Herbert, Guy Jimenes, Jean-Claude Mourlevat, Raymond Perrin, Jean-Baptiste Evette, Marc Cantin, Claire Gratias, Christophe Miraucourt, Xavier Bascour, François Librini, René Gouichoux, Yaël Hassan, Jean-Marc Ligny, Marie-Aude Murail, Cécile Roumiguière, Brigitte Coppin, Dorothée Piatek, Sophie Audouin-Mamikonian, Fanny Joly, Johan Héliot, Jack Chaboud, Jean-Luc Marcastel, Stéphane Daniel, Emmanuelle et Benoît de Saint Chamas, Jean-Paul Gourévitch, Michèle Laframboise., Florence Hinckel, Christophe Loupy, Lénia Major, Viviane Koenig, Marie Mélisou..

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... évoque le BLOG sur la littérature jeunesse.

 

"Des conseils pratiques de pro à pro, des interviews délicieuses et des
articles écrits par des écrivains ou des éditeurs, des bibliographies,
des réflexions sur la littérature jeunesse, des coups de coeur et
 des anecdotes...On trouvera tout cela (!) sur le blog de C
hristophe
Boutier, professeur documentaliste  au collège de Gannat (Allier).

Les petits articles de réflexion sur certains aspects de la littérature
jeunesse sont parmi les plus intéressants, d'autant plus qu'ils soulèvent
parfois des points souvent peu vus : les genres relevant de l'imaginaire
et les critères de classification (science fiction, fantasy...), les styles
d'écriture (classique, moderne…), ou encore le souci de la véracité dans
les romans historiques jeunesse.

En plus de cela, on trouvera une liste impressionnante de sites
d'écrivains  et des ressources diverses et variées qui émaillent les
articles (liens vers des  sites de séries jeunesse, des conférences
en ligne...), des « trucs et astuces » de Doc pour aimer et faire
aimer la lecture, des bibliographies...

Si la mise en page gagnerait à être un peu plus claire et lisible, le côté
bric-à-brac (où on flâne volontiers de longs moments) perdrait de son
charme...

Par un prof-doc amoureux et défenseur acharné de la littérature
jeunesse.
"

 

Rubriques

CULTURE au CDI de Gannat

Collège de Gannat (03)

" Fête de la culture, de la lecture et de l'écriture"

  Mai 2013 - 4ème édition

Eric Boisset 

Mai 2013 145

ArthuArthur Ténor 024r Ténor

Alain Surget 

Alain Surget 053

 

Mai 2012 - 3ème édition

 Jean-Luc Marcastel

jean-luc-MARCASTEL-010.jpg

Brigitte Coppin 

      Brigitte-Coppin-013.jpg

 

Mai 2011 - 2ème édition

Philippe Barbeau, Christian Couty

juindécembre2010 236

Béatrice Nicodème

 

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Juin 2010 - la 1ère édition :

 

Alain GROUSSETet Christian GRENIERétaient parmi nous pour évoquer la Science-Fiction (SF) etpour débattre des nouvelles technologiesqui pourraient "tuer » les livres...

 Enfants 1 196

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Le nouveau spectacle du collège

Joseph Hennequin de Gannat, dans l’Allier.

 

 

La troupe de théâtre du collège Hennequin, composée cette année de 30 comédiens issus des quatre niveaux de classes, a réalisé un film (un vrai ! en noir et blanc)écrit par Christophe Boutier, professeur documentaliste, « Le temps du maquis» (vendredi 14 juin 2013, centre socio culturel de Gannat). Xavier Bélanger, professeur d’Education musicale, assurera la mise en musique.

Ce film présente la dure réalité de la vie quotidienne et clandestine, au milieu de la forêt,d’hommes et de femmes – les maquisards - remarquablement courageux qui recoururent, au péril de leur vie, à la guérilla pour s’attaquer à la milice du Maréchal Pétain et aux troupes d’occupation allemande.

Ce spectacle entre dans le cadre du projet « Devoir de mémoire », une option du collège menée en classe de 3ème. Les 16 élèves de cette option dirigée par M. Bellet, professeur d'Histoire, présenteront la soirée :

En 1ère partie, un court métrage : Roger VENUAT, résistant dans le maquis de Hérisson (Allier, 03), au collège Joseph Hennequin.

En 2ème partie, la pièce de théâtre, « Le temps du maquis »

ENTREE GRATUITE

  

QUI SUIS-JE ?

Je suis Christophe BOUTIER, professeur documentaliste au collège de Gannat (1 rue Joseph Hennequin. 03800 GANNAT) , dans l’Allier, en Auvergne.

Passionné par la littérature jeunesse, l'écriture, la lecture... j'ai découvert, grâce à ma profession cette littérature - une vraie littérature ! - qui comporte de magnifiques textes. Et derrière des mots adressés, peut-être davantage aux enfants, aux adolescents - quoi qu'un bon texte doit pouvoir être lu par tous sans aucune histoire d'âge ! - se cachent des écrivains adorables, des personnes d'une incroyable richesse humaine, intellectuelle et culturelle, des gens de talent que j'ai/j'ai eu la chance pour certains de côtoyer !

Aujourd'hui, j'éprouve le besoin de partager mon amour des auteurs jeunesse et de leur oeuvre ! je compte également sur vous lecteurs pour faire vivre ce blog, mutualiser nos expériences, nos connaissances, nos réflexions et... débattre.

 
Mon autre BLOG, celui du CDI du collège de GANNAT :
http://www.cdi.gannat.over-blog.com