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Présentation

  • : Le blog de CHRISTOPHE BOUTIER, professeur documentaliste au collège de St Germain-des-Fossés, dans l'Allier
  • : Blog qui a pour objectif de parler de la littérature jeunesse, des écrivains jeunesse... pour donner le goût de lire aux adolescents. L'objectif est également d'intéresser à la culture. Il s'agit aussi de faire découvrir cette littérature à part entière aux adultes.
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Le Vampire Du Cdi

  • Le cédéiste
  • Je suis le "VAMPIRE d'un CDI" auvergnat !

ANECDOTES

Pierre BOTTERO,

le Seigneur des ados !

 

Pierre Bottero était fier d’être un auteur jeunesse - une littérature qui n’a rien à envier en qualité à la littérature « vieillesse. » S’il n’était pas qu’un auteur de fantasy, il faut bien reconnaître que c’est à cette littérature de l’Imaginaire qu’il dût son incroyable succès !

Dès l’enfance, il tombait dans la marmite de la fantasy. Il dévorait Tolkien (Un choc ! S’en suivi, plus tard, l’idée que la fantasy ne pouvait s’écrire que sous la forme d’une trilogie), Zelasny, Farmer, Moorcock, Vinge, Howard… Les grands noms qui allaient lui permettre de devenir l’auteur que nous connaissons. Plus tard, il appréciera les auteurs « jeunesse » tels que Erik L’homme, Hervé Jubert, Fabrice Colin ou Philip Pullman, Eoin Colfer pour ne citer qu’eux. Il n’y a pas de concurrence en littérature jeunesse, les auteurs s’apprécient, se côtoient, se téléphonent, se rencontrent, se parlent, rêvent ensemble d’histoires communes. Ainsi Erik L’Homme et Pierre imaginaient ensemble, « A comme assassins »…

De ses lectures, Pierre Bottero ne devait pas ressortir indemne.

C’est par hasard qu’il se lançait dans l’écriture, pour aider sa fille qui séchait devant un concours d'écriture : il rédigeait quelques pages sur son ordinateur, se piquait au jeu, poursuivait (son épouse réclamait la suite), envoyait le texte à un éditeur qui le publiait... Il était dit qu’il n’arrêterait plu. Marqué à tout jamais par Tolkien, il était évident qu’un jour, il s’essaierait à la fantasy. C’est ainsi que naquirent « La quête d’Ewilan », « Les mondes d’Ewilan » et « Le pacte des Machombres. »

 

 

 

Pierre Bottero se fichait éperdument du cadre dans lequel on allait placer ses romans. Mais pour les « techniciens, l’auteur lui-même évoquait la Low Fantasy. Il s’agit d’une low fantasy - inspirée par ses jeux d'enfant, ses rêves d'adulte, ses lectures et les émotions ressenties au quotidien - dans laquelle existe un équilibre entre le bien et le mal, le courage, la volonté et la détermination où domine le désir de tout ramener à des intérêts individuels (égoïsme forcené, aveuglement quant à la mise en danger des équilibres…). Un parallèle pourrait d’ailleurs être établi entre le chaos décrit et notre monde réel. Mais attention. Les propos de Pierre ne demeurent pas sombres, ils restent optimistes. Pour avancer ! Avec pour personnages principaux des… femmes. Pierre était fondamentalement féministe. Il aimait à dire qu’il y avait moins de « cons » chez elles que chez les hommes. Toutefois, Pierer Bottero n’a jamais cherché à donner des leçons, il se méfiait trop pour cela des « transmetteurs » de valeurs et des donneurs de leçons. Le livre était pour lui un objet de partage.

Ce partage, il l’avait avec sa famille qui appréciait ce qu’il écrivait et qui le rassurait : Claudine, son épouse, ses deux filles lisaient ce qu’il écrivait avant publication.

 

 

 

Lorsque Pierre Bottero était invité dans un salon du livre pour une dédicace, il faisait partie des auteurs les plus demandés (il ne faisait pas bon signer à côté de lui !) : les impressionnantes files d’attentes composées de lecteurs (jeunes et moins… jeunes !) en témoignaient. C’est avec émotion qu’ils recevaient tous les messages de sympathie et… d’amour. Ses livres touchaient, ses histoires permettaient le partage et faisaient rêver, Pierre vivait alors une aventure … magique.

Il avait beau affolé le compteur des ventes, ce qui avait un réel impact sur lui, c’était :  de percevoir la flamme dans les yeux de ses « fans » (euh ! il n’aimait pas le mot), de recevoir leurs avis, de parler avec eux.

Tant d’amour le gonflait à bloc et lui transmettait une énergie positive.

C’est pourquoi, ce succès (qui lui permit d’abandonner son métier d’instituteur) qu’il percevait intensément, à la fois avec bonheur (évidemment !) et tranquillité, lui donnait également un sentiment de responsabilité. Ainsi, s’il savait se montrer reconnaissant envers ceux qui l’avaient aidé à améliorer son écriture (Caroline Westberg, son éditrice chez Rageot), il avait également de la considération pour ce public à qui il devait tant. Quand vous rencontriez Pierre, assis derrière sa table de dédicace, vous aviez le sentiment qu’il n’attendait que vous ! Pierre veillait soigneusement à être proche de son « public », un de ses… bonheurs. Il respectait humainement ses visiteurs et ses lecteurs en leur offrant des histoires dont il voulait qu’elles évitent facilité et démagogie. Il apportait ainsi beaucoup de soin et d’exigences aux corrections, un travail exigeant, vorace en temps et en énergie.

 

L’écriture de Pierre Bottero avec « Le pacte des marchombres » avait atteint une belle maturité. C’est ce que Pierre lui-même soulignait quand il affirmait que « c’est en écrivant qu’on apprend à écrire. » En effet, cette dernière trilogie qui met en scène le personnage d’Ellana est moins légère, plus complexe, que celle de « La quête d’Ewilan » : l’auteur avait eu le sentiment d’avoir grandi, évolué et de s’être trouvé, un sentiment accompagné par le désir de partager encore davantage avec le lecteur. Pierre Bottero était un homme intègre, voilà pourquoi il continue d’être autant aimé. A la lecture de ses trilogies, cette sincérité transpire. Pierre prenait un immense plaisir à écrire, à « rêver », à imaginer le monde (issu d’un vieux rêve de liberté absolue) d’Ewilan, d'Ellana. Il prenait un immense plaisir lorsque d’autres que lui se baladaient dans "ses" mondes. Pierre Bottero écrivait pour être lu mais aussi pour explorer des contrées inconnues (se connaître lui-même ?) et entraîner à sa suite tous ceux qui étaient tentés par l'aventure... Quand il mettait le point final, c’était à la fois une joie (celle d’avoir terminée et d’être satisfait du résultat) et une déchirure (celle de quitter l’univers crée)… Un sentiment d'être coupé d'une part de soi-même avec l’irrésistible envie de replonger très vite.

 

Pierre le « poète » accordait beaucoup d’importance au travail de réflexion qui précède l’écriture. Lorsqu’il attaquait le premier chapitre d’un roman, la trame générale était dans son esprit, il connaissait très bien ses personnages. Ensuite, plongé dans le cœur du roman, il écrivait sans arrêt, du matin au soir, parfois pendant la nuit. Puis, il pouvait ne plus écrire pendant des semaines Enfin, presque car il écrivait toujours… dans sa tête. Quand il n’écrivait pas, il écrivait sans écrire. Pierre était un homme normal qui aimait lire, courir, menuiser, bucheronner, voyager, rencontrer, parler, rêver… et sourire ! Ah, ce sourire !I

L’écriture de Pierre était une écriture « vraie », sans complaisance, une écriture qui venait des tripes, un cadeau offert au lecteur. Il n’était satisfait que si les mots qu’il employait correspondaient réellement à ce qu’il souhaitait écrire. Cette honnêteté, il la devait à ses lecteurs. Pierre était un travailleur qui reprenait, sans cesse, son récit, la cohérence, le fond, la forme… C’est pourquoi il prenait grand soin, malgré les pressions des lecteurs, de ne pas chercher à publier, à tout prix, trop rapidement. Il était persuadé qu’il valait mieux patienter et faire patienter plutôt que de se décevoir et décevoir. Il pendait qu’il fallait laisser le temps à l’histoire de pousser, à son rythme...

 

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   "Le Loup à la voix de miel"
Marc SEASSAU (Grasset jeunesse)

J’ai fait venir dans le collège où je travaillais alors, l’écrivain Marc Séassau.  La journée fut belle et pleine d’émotion notamment lorsque Marc anima une rencontre à deux voix (j’adore organiser ce genre de rencontres : 2 auteurs face à une classe en même temps !) avec Jean-Côme NOGUES qu’il avait adoré lire lorsqu’il était ado.

Marc Séassau a écrit ce roman « Le loup à la voix de miel » parce qu’il a été marqué par sa convocation comme juré dans une affaire de viol. Dans son récit, il narre l’entrée en 6ème d’une petite fille qui, anonymement, dépose des extraits de « Peau d’âne » dans les poches, de sa « marraine », une élève de 3ème.  L’appel au secours était évident !

Cette rencontre a déclenché un phénomène pour le moins inattendu dont j'ai été le témoin, involontaire : il m'a fallu trois semaines pour comprendre ce qui m’arrivais !

Je trouvais régulièrement par terre, dans le CDI, toujours disposées par deux, des photos représentants des scènes classiques de la vie d'une famille avec une de nos élèves de 6ème (anniversaires...). J'ai évidemment rendu ces photos à l'élève qui, agressive, semblait ne pas comprendre pourquoi je détenais son bien. C'est tout juste si elle acceptait de reconnaître qu'il s'agissait d'elle sur les clichés ! Ces scènes se sont régulièrement reproduites ( trois, quatre fois pendant trois semaines) jusqu'au jour où j'ai eu un déclic  : une seule photo sur le sol évoquant la petite sur les genoux d'un homme. J'ai de suite compris (Peau d’âne !), j'ai alerté l'infirmière, la Principale du collège... Cette élève avait eu l’idée de reproduire ce que l’héroïne du roman faisait.
Voilà ce qu'uns simple rencontre d'écrivain peut entraîner en dehors du plaisir de lire.
Le roman avait libéré la parole de l’élève !


Nous en avons évidemment parlé avec Marc Séassau qui était évidemment KO : comment ne pas l'être ? Il avait écrit ce roman un peu dans un but pédagogique mais quand la réalité dépasse la fiction...

Recherche

PERLES de LECTURE

 Le collège de Gannat

 a voyagé dans le temps !

 

 Après la lecture des romans historiques jeunesse de Béatrice Nicodème....

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« Oyez ! Oyez gente dames et damoiseaux ! Entrez dans le Moyen Age ! » Ainsi s’est écrié le troubadour, jeudi 9 juin 2011, dans la plaine gannatoise : deux cent élèves de 5ème du collège Hennequin et CM2 des écoles du Malcourlet, de Pasteur et de Jean Jaurès ont bravement et « prestement » effectué le « pas sur le côté » pour revêtir leur cotte de maille et ainsi plonger en plein XIVème siècle.

  

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  Pour rendre vivant et attractif le Moyen Age, période étudiée en classe et encore largement visible dans la cité des portes occitanes, Gannat, douze comédiens et cascadeurs professionnels de la compagnie toulousaine ARMUTAN, ont chevauché leurs destriers pour répondre à l’olifant de Christophe Boutier, professeur documentaliste, initiateur de cet imposant projet, « Cultures, loisirs et genres de vie au Moyen Age », un projet fédérateur d’énergie d’une année.

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Un campement faits de plusieurs tentes, de peaux de bêtes, de râteliers d’armes, de tonneaux… a été établi dans la partie herbeuse et arborée de l’établissement scolaire. Les écuyers – élèves, aux yeux brillant de plaisir, répartis en six « compagnies » de « routiers » qui répondaient au nom d’un  célèbre homme de guerre, du Guesclin, Prince noir ou bien d’un roi, Philippe Auguste…ont défilé avec leurs bannières dans les sept ateliers pédagogiques pendant six heures.  Ainsi, ils ont été initiés à l’archerie, au maniement des armes, au combat rapproché, à l’héraldique – l’art de faire son blason – à la danse, aux instruments et à la musique, à la jonglerie… Le capitaine « Barbepeste » et ses sbires ont alors conquis la « piétaille » qui après explications et démonstrations, devait mettre en pratique l’enseignement de leurs maîtres…  

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 Les corps fatigués furent réparés par le succulent banquet médiéval régional (tortillons gannatois, galichons d’Escurolles, fromages de chèvres de Bellenaves, Fraises bourbonnaises sur lit de fromage blanc de campagne de Cérilly étaient inscrits sur le très beau papier imprimé à l’ancienne par le moulin Richard de Bas ), pris en musique, et proposé par le chef, Sylvain Bruno. Une projection d’images, capturées dans la matinée, proposées par les élèves de l’atelier image du collège lors du repas, a également ravi les convives.

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En fin d'après-midi, les petits occitans, tout sourire, étaient regroupés pour assister à un spectacle de jongleries burlesques proposées par « Grand mètres Yann »,  à de la poésie lyrique, et à une impressionnante saynète de combats à l’épée accompagnée par la musique du groupe DAYAZELL.

 

Quel bonheur ! Quelle joie d'avoir vu les yeux des enfants pétiller de plaisir ! Quel  moment de vie ! Il ne fait aucun doute que cette journée unanimement saluée comme étant extraordinaire restera gravée dans les mémoires.

  351.JPG Alors, un grand MERCI à tous ceux qui ont participé à la réussite du projet ! Les personnels du collège Hennequin, la mairie de Gannat, les mécènes, les comédiens si sympathiques et bien sûr…les élèves !

 

Pour en savoir davantage :

 

RV sur le blog du collège de Gannat (03),

une 100e de photos...

 

http://cdi.gannat.over-blog.com/

 

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A propos de ce blog !

 

Lu dans « La nouvelle encyclopédie des filles 2011 » de Sonia Feertchak ((Plon)

 

« Le blog passionné et passionnant d’un professeur documentaliste  fou de littérature jeunesse, pour « sourire, rêver, aimer ». Des articles vivants sur la lecture, qui donnent envie de découvrir plein de livres et autant d’auteurs

 

 

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A lire, vraiment !




 

 

 

 

 

 

 

 

   

A travers de nombreuses anecdotes Christian Grenier évoque son enfance placée sous le signe du théâtre et de la lecture, son adolescence marquée par l'écriture et la passion. Il relate son parcours d'enseignant, d'auteur mais aussi de lecteur-correcteur, journaliste, scénariste et directeur de collection. Il se penche également sur les mécanismes intimes de l'imaginaire, détaille la genèse de ses oeuvres et fait pénétrer le lecteur dans les coulisses de l'écriture et de l'édition. Enfin il s'interroge sur les principes qui font d'une fiction un récit pour la jeunesse. Regorgeant de confessions, de convictions et de passion, ce témoignage d'une vie consacrée à la littérature jeunesse se lit comme un roman.
 

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Le MOT du JOUR : ......

    "Des millions de gens vivent sans lire, mais ce qu'ils ignorent,

c'est qu'on vit infiniment plus en lisant."

Xavier-Laurent PETIT

  

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Je vous livre l'adresse du blog de mon nouveau cdi et collège : http://colllafontaine.over-blog.com/

 

depuis octobre 2009

 

 

11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 15:08

Coup de crayon à l’Empire : une exposition du 7 avril au 21 mai 2011 autour de Napoléon Bonaparte et l’époque napoléonienne dans la bande dessinée

 

La Ville de La Roche-sur-Yon en Vendée accueille l’exposition Coup de crayon à l’Empire à la médiathèque Benjamin Rabier située au centre-ville ; il s’agit d’une création originale du musée Wellington de Waterloo qui a reçu le soutien de la Fédération européenne des cités napoléoniennes.

L'exposition a déjà été présentée à Waterloo de septembre 2009 à août 2010, à Ajaccio de fin septembre à fin novembre 2010 et à Albenga en Italie de décembre 2010 à la fin janvier 2011. Avec pour l’affiche  le même dessin de Nicomix, qui s’apprête à sortir sur le sujet Les Îles, on peut la découvrir à  La Roche-sur-Yon où elle est en parallèle avec Napoléon caricaturé ; chacune des deux expositions aurait mérité la totalité de la place qui a été consacrée aux deux réunis. Nombre de panneaux réalisés par le musée belge sont donc absents, le choix fait par le service des archives municipales (responsable de la venue de l’exposition) a été logiquement de privilégier le critère de l’intérêt historique par rapport à Napoléon Bonaparte ; cela a pour conséquence de faire l’impasse sur des œuvres qui ont un intérêt historique … pour la bande dessinée dans une ville où est né Benjamin Rabier. Il est ainsi regrettable que le panneau qui évoque la série Bakelandt extrêmement populaire en Belgique d’expression flamande (seuls quelques albums ont été traduits en français) ait été ici supprimé ; dû cette fois aux contenus retenus par le Musée de Waterloo  le manque des albums de  Los Guerrilleros  considérés comme l’Astérix espagnol ( un seul tome paru en français en 1987 chez Bédésup) finit de priver le visiteur de la connaissance d’œuvres très importantes du neuvième art qui font place à un imaginaire napoléonien dans d’autres cultures. Cet imaginaire se développe actuellement aussi par la transposition dans le domaine du neuvième art de créations d’auteurs classiques, cette ouverture très récente aurait gagné à être mise en valeur ("Après la bataille" dans Victor Hugo en bandes dessinées pour Petit à Petit, Balzac avec Les Nouvelles en BD pour Petit à Petit et Tolstoï pour Guerre et paix chez Glénat). L’Imagerie dite d’Epinal dès l’époque louis-philipparde a porté une message louangeur de Napoléon Bonaparte, comme on le voit à travers les reproductions des pages16-17 consacrées au mythique Saint Napoléon dans le catalogue de l’exposition (tenue en 2003) du musée de l’image Napoléon images de légende, l’épopée napoléonienne  a été aussi une grande source d’inspiration pour des dessinateurs comme Job ou Caran d’Ache et la dynamique presse pour enfants entre 1905 et 1914 abonde en histoires illustrées comiques ou dramatiques autour des soldats de l’Empire. Les autres œuvres majeures de la bande dessinée pour adultes et enfants sont évoquées et le visiteur sera pris de nostalgie en retrouvant plusieurs panneaux présentant la série humoristique Godaille et Godasse, scénarisée par Raoul Cauvin,  qui mériterait (à l’exception du tome Un hussard à la mer) d’être considéré comme une œuvre phare de la bande dessinée jeunesse. On redécouvre que les histoires courtes du type de celles de L’Oncle Paul  sont légions dans les magazines Tintin, Spirou et Pilote des années des Trente glorieuses. Le premier tome des Chronokids  (chez Glénat avec un scénario de Zep), avec une histoire en quatre pages permet de façon humoristique d’évoquer tant l’apparence physique de Napoléon Bonaparte qu’une bataille engag��e en Italie juste avant son accession à l’Empire ; son oubli est regrettable car il n’existe plus actuellement (si ce n’est des créations de Vance) de titres destinés au public des plus jeunes disponibles chez les éditeurs. Le Musée Wellington a peut-être d’ailleurs été victime dans les manques que nous avons pointés, par les autorisations des illustrateurs, scénaristes et  éditeurs. On peut regretter que ne soit mis en fin de parcours  à disposition des visiteurs pour la lecture que des albums de bandes dessin��es destinés à priori à un public adulte. Les structures qui accueilleront bientôt cette exposition avec un budget modeste de cent euros pourraient faire l’acquisition d’occasion de plus d’une demi-douzaine d’album de Godaille et Godasse ainsi que de Rataplan (bande dessinée des années soixante du journal Tintin) ; ceci ne réjouirait pas que les enfants car nombre d’adultes redécouvraient leurs lectures de jeunesse. On pourra voir cette exposition à Rueil-Malmaison de septembre à octobre  2011 et à Hanau en Allemagne en 2013 à l’occasion du bicentenaire d’une des dernières victoires militaires de Napoléon Bonaparte. Il serait alors souhaitable de découvrir l’imaginaire germanophone en la matière ; des BD de l’ex-RDA en particulier en se joignant aux Guerrilleros et à Bakelandt,pourraient venir nourrir un ensemble critique vis-à-vis de la légende napoléonienne.         

 

Merci à  Alain Chiron pour cette information.

 

Coup de crayon à l’Empire.Exposition du 7 avril au 21 mai 2011 du mardi au samedi. Entrée libre et gratuite. 
Médiathèque Benjamin-Rabier à La Roche-sur-Yon. T. 02 51 47 45 12. 

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 10:34

L’auteur aujourd’hui

·         Comment se situe l’auteur aujourd’hui par rapport à l’auteur des débuts ? Il y a-t-il une différence (style, pensée, méthode…)

 

Je sens que je vais suer sur ce questionnaire ! Il est difficile de séparer l'auteur de l'homme, et comme je publie depuis 1993, j'espère que l'auteur a perdu moins ses facultés que l'auteur ses cheveux. Je pense qu'un auteur, c'est quelqu'un qui cherche ses mots. Le jour où j'aurai le sentiment de les avoir trouvés, j'aurai du souci à me faire. Quels changements noter ? Je l'ignore. Je n'ai toujours ni certitude ni assurance. Je ne termine jamais un livre sans me dire que ce sera le dernier. Mais je pense, avec le recul des années, que mon style m'a définitivement adopté.  

 ·         Quelle est ta définition de l’auteur jeunesse ? En es-tu un ?

 

Un auteur jeunesse, c'est quelqu'un qui sait s'adresser aux enfants, aux adolescents, sans les prendre, ni pour des adultes miniatures, ni pour des innocents. Les enfants ne vivent pas dans un autre monde, ils voient autrement celui que nous partageons. Leurs chagrins, leurs joies, leurs questionnements n'en sont pas pour autant moins profonds. L'auteur jeunesse explore cet univers avec les armes d'un langage mis au service d'une sensibilité. Oui, je suis un auteur jeunesse, pour reprendre le titre du très beau livre de Christian Grenier, ou j'espère l'être, si ma définition est la bonne.

   

L’écriture :

 

·         Pourquoi écris-tu ? Est-ce quelque chose de facile à expliquer ?

 

Non, très difficile. J'écris parce que j'ai toujours écrit et que j'écrirai toujours. J'écris parce que je ne sais faire que ça (et encore...).  J'écris parce que c'est la seule façon que j'ai trouvé d'exister. 

 

·         C’est quoi être écrivain ? Ecrire c’est quoi ?

 

Etre écrivain, c'est être le premier lecteur de ce qu'on écrit, c'est être le cultivateur de son petit lopin de mots. Ecrire, c'est chercher ce qu'on a à dire et découvrir ce qu'on ignorait vouloir transmettre. C'est ouvrir un sac vide et en sortir des histoires. C'est se frotter aux mots et frissonner ou prendre feu.

 

 ·         Que penses-tu des écoles américaines dans lesquelles on peut apprendre à écrire ? En France, elles n’existent pas. Quel écrivain es-tu ?

 

Je pense qu'elles ont cette utilité de faire comprendre qu'écrire n'est pas seulement un don, c'est aussi un travail, un savoir-faire, une somme de techniques qu'il n'est pas impensable de théoriser. Ces écoles ne donnent pas de talent, mais elles donnent des outils dont je n'aurais pas refusé de profiter si l'occasion m'avait été donnée de naître américain, d'autant que le talent pur ne sert pas à grand chose. En France, elles n'ont pas bonne presse parce que notre tradition littéraire fait de l'écrivain un être à part nourri au lait de l'inspiration, et qui considère tout apprentissage comme vulgaire. Détestant par dessus tout la posture de l'écrivain et haïssant le terme d'artiste quand il est auto-proclamé, je ne jette pas sur ces pratiques un regard amusé, je les respecte. Je pense être un écrivain sans prétention (mais d'autres s'avisaient de me porter aux nues, j'en serais ravi...)

 

·         Arthur Ténor parle de lui comme étant un « explorateur de l’imaginaire. » As-tu une formule pour te caractériser ?

 

Je serais plutôt un créateur d'images, ou bidouilleur de métaphores.

 

·         L’écriture a-t-elle toujours été en toi ou est-ce quelque chose qui est arrivé tardivement dans ta vie ? Il y a t-il eu un élément déclencheur ?

 

J'écris depuis le CP. A cet âge, je recopiais le soir des livres dans des cahiers d'école.  La déclencheur a été la lecture. Lire m'a aspiré.

 

·         Pour qui écris-tu ? A moins que ce ne soit pour un public ? Pour être lu ?

 

Je ne sais pas vraiment. Je n'ai pas en écrivant l'image d'un lecteur idéal, ni même une collection de visages devant moi. Je crois que j'écris pour moi, pour avoir écrit. Oui, j'écris aujourd'hui pour être lu, même si une dizaine de carnets de jeunesse n'ont jamais connu la caresse d'un autre regard que le mien.

 

·         Le public/l’éditeur t’ont-ils influencé à un moment donné ?

 

Le public, jamais, sauf si son enthousiasme peut donner envie de remettre des bûches dans le brasier, mais les éditeurs, oui. Ils m'ont appris à écrire pour être lu. La première fut Marie Lallouet chez Casterman, et la seconde, et la plus importante, de loin, Caroline Westberg chez Rageot.

 

·         Cette fameuse imagination, d’où vient-elle ? De quoi t’inspires-tu ?

 

Je suis un écrivain sans imagination. Je travaille beaucoup à faire croire que j'en ai, ce qui est très différent. Je suis plutôt un écrivain des personnages, ce sont eux qui me mènent, me conduisent, élargissent l'horizon des histoires que je raconte. Je suis très admiratif des imagineux, Pierre Bottero bien sûr, Christian Grenier et bien d'autres, mais je ne suis pas leur pair. Ma principale source d'inspiration, c'est le quotidien, les relations humaines, la difficulté d'être chère à Cocteau ou le miracle d'exister. Les polars m'entraînent souvent vers des thèmes liés à l'actualité.  Les journaux peuvent constituer une matière précieuse dans la préparation de ce type de romans.

 ·         Comment procèdes-tu pour écrire ? Un plan ? des carnets ?

 

Presque toujours, je réfléchis à l'histoire et j'écris un synopsis de ce qui deviendra le roman,, mais il m'arrive de plus en plus de m'affranchir de cette étape pour le plaisir d'être baladé, et surpris. J'écris mes morceaux d'idées sur mon agenda, un papier qui traîne, n'importe quoi, n'ayant jamais réussi à réserver un carnet à cet usage.

 

·         A quel moment de la journée écris-tu ? Avec quoi ? Une heure précise ?

As-t besoin d’isolement ?

 

Je travaille à mi-temps en tant que professeur des écoles, ce qui me laisse deux ou trois jours pour écrire en semaine plus l'essentiel des vacances scolaires. J'aborde ces journées comme des journées de travail, m'imposant des horaires et une discipline que ne renierait pas un moine Sholin. J'écris sur un Mac, toute la journée (ce qui me différencie du moine Shaolin). Je suis seul en général, mais, lorsque mes déplacements me le permettent, j'adore écrire dans les lieux publics. 

 

 

·         Qui te lis en 1er ? Un proche ? Pourquoi ?

 

C'est souvent mon éditrice qui me lit en premier. Mes proches ne se précipitent pas sur mes textes, sauf parfois ma fille quand ils correspondent à son âge.

 

 ·         Qu’aimerais-tu écrire ? un sujet que tu n’as pas abordé et qui te taraude ? un genre ?

 

Je ne sais pas trop, plein de choses me tentent, tout ce que je n'ai pas encore fait me tente. Plus jeune, j'aimais déjà m'essayer à des types d'écrits très différents (pièces de théâtre en vers, scenarii de téléfilms...). Le genre fantastique m'attire assez. 


·         Ecrire à 4 mains cela te tente-t-il ?

 

Pas du tout. J'ai trop tendance à trouver l'autre meilleur que moi, ce qui me transforme automatiquement en boulet.

 

·         Est-il facile de vivre de sa plume ? Exerces-tu un autre métier ?

 

Presque impossible. Les droits sont ridicules, les ventes souvent anémiques et la durée de vie des livres de plus en plus courte. Si j'ai un jour caressé l'espoir d'y parvenir, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Je suis donc toujours enseignant (métier que j'adore aussi, heureusement).

 

·         Qualités et défauts de l‘Homme ? qui rejaillissent sur l’écrivain ?

 

Je ne me sens pas de répondre à cette question. Il faudrait la poser à mes proches, auteurs et éditeurs. Celui qui explique de ce qu'il est se trompe.

 

  

Tes personnages :

 

·         Comment crées-tu tes personnages ?

 

D'abord avec de simples prénoms, un vague profil, et j'attends que sous ma plume, parce que l'histoire va les embarquer, ils prennent de l'épaisseur, qu'ils se mettent à exister. 
 

·         Est-ce que ce sont tes personnages qui te mènent ? Par exemple, peuvent-ils te faire changer de voie en cours d’écriture ?

 

Oui, ça arrive, à cause de la réponse précédente. Les marionnettes, on peut les manipuler de l'intérieur, mais les gens, c'est autre chose. Les personnages deviennent des gens et ils peuvent se révolter contre ce que j'avais prévu de leur faire dire ou faire.

 

·         Qu’aimes-tu le plus dans la création du personnage ? L’aspect psychologique ?

 

Oui. La façon dont, en se frottant aux autres, ils vont devenir eux-mêmes.

 

 ·         Quel est le personnage que tu as crée et qui t’a posé le plus de souci Pourquoi ?

 

Alvaro Kemp, le père de Fabien dans "Avant qu'il soit trop tard". Parce que, dans une scène, je l'oblige à abandonner son fils aux prises avec des racketteurs. Ce fut une scène difficile à écrire.

 

 ·         Quel personnage de papier que tu as inventé aimes-tu le plus ?

 

Gaspard Corbin, le héros de "Si par hasard c'était l'amour" et "L'amour frappe toujours deux fois".

 

 

Les lieux :

 

·         Comment t’inspires-tu pour créer un lieu ? Une atmosphère ?

 

Je situe très souvent l'action de mes livres dans des endroits que je connais. 

 

·         Te rends-tu sur place ? Visites-tu beaucoup ?

 

Pendant l'écriture, en fonction des passages, je me promène, un carnet en main, pour noter des détails qui me serviront à rendre le plus fidèlement possible l'atmosphère des lieux.

 

·         Est-il facile de partir de rien ou de ce que l’on connaît ?

 

Pour ce qui me concerne, quand je connais, c'est mieux.

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Published by Le cédéiste - dans INTERVIEWS du Cédéiste
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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 10:32

 

Le style, la phrase, le mot…

 

·         Quelle est la phrase qui te pose le plus de souci dans l’écriture ? L’incipit ?

 

Aucune en particulier. Toutes en général.

 

 ·         Quel style préfères-tu ? style indirect libre… « je » ou « il »…

 

Le "je" est mon autre. Je l'utilise beaucoup, surtout quand je m'adresse à de jeunes lecteurs. Ce procédé me permet de raconter à hauteur de personnage le monde tel qu'il le perçoit. Mais le style indirect libre a aussi mes faveurs. Je n'ai pas de règles.

 

·         As-tu la plume facile ? Où est-ce laborieux ? Te faut-il raturer beaucoup ?

 

Oui, j'écris très facilement, sans aucune difficulté. Réécrire consiste pour beaucoup à faucher les hautes herbes de mon récit foisonnant, et à alléger le style qui est souvent gorgé d'images.

 

·         Comment définirais-tu ton style ?

 

Imagé.

 ·         Combien dure la phase avant l’écriture (recherches…) ? Et la phase d’écriture ? Combien écris-tu de livres par an ?

 

Difficile à dire, cela dépend de l'ampleur du projet. Mais un roman me demande entre une semaine et trois mois d'écriture. Je publie en moyenne deux à trois textes par an.
 

·         Quelle phase préfères-tu ? La recherche des idées ? l’écriture ?

 

La réécriture. Quand l'histoire est là, posée, installée, et que je la regarde avec des yeux neufs. Parce que je n'ai plus peur d'être incapable de la finir, qu'elle est prisonnière d'une pierre dégrossie qu'il ne me reste plus qu'à tailler.

 

 ·         Quel place a le mot dans tes romans ? Le vocabulaire est-il très important pour toi ?

 

Essentiel. Ce sont les mots qui me procurent les plus grandes joies d'écriture, ce sont eux que je traque, que je sollicite, que j'ausculte, que j'ouvre et eux qui me transportent. Il arrive qu'en se rencontrant, ils fassent naître des images que le lecteur n'a jamais vues nulle-part, où disent des émotions qu'il ignorait ressentir.

 

·         Fais-tu attention à la longueur de tes phrases ? Pierre Bottero faisait des phrases courtes ; parfois, il ne les finissait pas pour laisser le soin au lecteur d’imaginer, de rêver et donc de les terminer lui-même.

 

Non, je n'y fais pas attention. D'abord le style adopté varie en fonction des histoires que je raconte, ou des passages de cette histoire. Parfois, les courtes s'imposent, en rafales, sèches, pour siffler aux oreilles des lecteurs, parfois elles s'installent dans un sofa et goûtent la chaleur du feu. D'ailleurs, Pierre ne faisait pas toujours des phrases courtes non plus.

Il y a aussi une jouissance à construire une phrase que la longueur ne déséquilibre en rien.

 

·         Qu’est-ce qui fait que pour toi, une phrase est bonne ?

 

Quand elle dit ce qu'elle a à dire, au bon moment.

 

·         Utilises-tu beaucoup de documentation ?

Pour les polars, oui, parfois. Essentiellement des coupures de presse (je me constitue des dossiers sur les sujets qui m'intéressent). Sinon, il m'arrive de passer quelques heures en bibliothèque, ou sur Internet, pour vérifier une information.

 

 

La littérature :

·         La littérature c’est quoi ? Cela sous entend que tout ne serait pas littérature…

 

La littérature, c'est l'étagère des livres qui m'ont changé. Chacun a son rayon. Certains livres se trouvent nécessairement sur plusieurs étagères, et deviennent des classiques. Bien sûr que tout n'est pas littérature, les livres qui vous tombent des mains ou qui dégagent un ennui mortel sont exclus d'entrée. Je pense que la littérature commence au désir de relire. La littérature, c'est ce qui ne s'épuise pas à la première lecture, ni même aux suivantes. Ce sont des phrases qui résistent à se laisser comprendre au premier rendez-vous.

 

·         Qu’est-ce ce que la littérature jeunesse ? Une littérature à part entière ?

 

Pour les auteurs que nous sommes, il est choquant d'avoir à répondre à cette question. Exactement comme si on exigeait la même chose des auteurs de littérature dite générale. Une littérature, c'est une somme d'ouvrages. Chez les adultes, on a tendance à considérer que les ratés sont l'exception de l'excellence. En jeunesse, c'est à peine si on imagine l'inverse. Que les gens lisent les livres  et on en reparlera.
 

·         Faut-il lire les classiques ? Pourquoi ?

 

Pourquoi ne faudrait-il pas les lire ? La promotion d'une littérature d'aujourd'hui, moderne, vivante, n'est pas contradictoire avec la fidélité à un patrimoine. Les classiques sont des bornes qui jalonnent le chemin menant d'hier à aujourd'hui. Je continue de penser qu'il est illusoire de croire, un qu'on peut directement se repaître des classiques sans passer par la case littérature jeunesse, deux qu'on peut se contenter de cette dernière.

 

 

L’avenir du livre ?

 

·         As-tu un avis dessus ?

Du livre ou de la lecture ? Le livre en tant que support peut évoluer. A titre personnel, je resterai à jamais attaché aux objets de papier, aux reliures, à cette odeur de papier et de colle, mais que la technologie nous apporte de nouveaux lecteurs, pourquoi pas. Cela étant, je crois que le livre tel que nous l'avons toujours connu va rester. Il n'a pas d'équivalent.

 

·         Les nouvelles technologies vont-elles le tuer ?

 

Non, pas le tuer. Les supports s'ajoutent sans se remplacer.

 

 

Le fruit de ton imagination :

 

·         Comment définis-tu tes écrits ? qu’est-ce qui te guide ? te pousse ? te fait avancer ?

 

Le besoin de découvrir ce que j'ai encore à dire. Je traque l'émotion, et c'est un sujet inépuisable.
 

·         Quel est le livre que tu as écrit pour lequel tu gardes une affection particulière ?

 

Deux exemples. D'abord le seul livre écrit pour les adultes. Il s'intitule Au bonheur des pères (Bayard Editions). J'y raconte les moments qui ont fait de moi un père. Les révélations que je décris sont prises dans ce livre comme des battements de coeur dans la glace. Ensuite, les Gaspard Corbin. Je ne sais pas si je suis unique, mais ce que j'ai d'unique est peut-être dans ces livres-là. Je les espère drôles et touchants, le plus délicat des cocktails.

 

·         Pourquoi vas-tu dans les salons du livre ? Cela n’est-il pas trop ennuyeux ?

 

J'y vais peu mais j'aime beaucoup pour deux raisons. La première, c'est qu'ils me permettent de retrouver mes amis auteurs et de partager avec eux des moments toujours précieux. Un des plus grands bonheurs que m'aura apporté le fait d'être auteur restera de m'avoir permis d'en rencontrer d'autres. La littérature jeunesse est un petit monde rempli de gens exceptionnels de talent et de simplicité (pour la grand majorité). J'y ai des amis avec qui je partage des moments rares. La seconde, c'est que sur les salons, je suis écrivain. C'est le seul endroit où  c'est le cas. Sinon, je ne le suis jamais. A l'école, je suis enseignant, chez moi, je suis un mari, un père. Avec mes amis de toujours, je suis celui qu'ils connaissent d'avant. Pendant les quelques jours que durent le salon, on me regarde comme celui que j'ai du mal à d'être ailleurs, sauf que le cadre l'imposant, je me nourris pour longtemps de cette contrainte salutaire. En outre, on y rencontre des lecteurs. C'est bien. L'écrivain ne voit jamais personne lire son livre, ne voit jamais les effets qu'il a sur lui. Certains sur les salons vous le confient. C'est une bouffée d'oxygène.

 

 

·         Ecrire c’est s’exposer aux regards des autres ? Est-ce compliqué ?

Beaucoup moins dans les romans que dans les interviews. Mes romans n'explorent pas le domaine de l'intime, j'y tiens ma vie à distance, je ne me sens donc pas menacé par une quelconque exposition. J'ai plus de mal avec les interviews.
 

·         Quel est le plus beau compliment reçu ?

 

C'est un mail que Pierre Bottero m' envoyé à la sortie de Gaspard in love, la première version de "Si par hasard c'était l'amour". Son éloge, pleine de tact et de générosité, a trouvé les mots que je rêvais d'entendre, précisément sur un texte qui revêtait pour moi une importance particulière. Mais cela reste personnel.

 

·         La réflexion la plus dure ?

 

Je n'en ai pas gardé le souvenir.

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 10:30

L’écriture engagée :

 

·         Peut-on tout écrire quand on sait qu’on est lu par des ados ? Evoquer le affres de notre société n’est-il pas périlleux pour le moral de notre jeunesse ?

 

On peut tout écrire, mais pas n'importe comment. Il y a une mode, un courant dans la littérature ado qui fait la part belle aux problématiques les plus variées, comme si les ados étaient avant tout des êtres en souffrance, et que la littérature qui s'adresse à eux devait forcément, pour acquérir une légitimité, présenter une fonction thérapeutique. Un problème, un livre. Le roman comme un pansement à poser sur leur vie. Dans certains de mes polars, je creuse aussi ces thématiques, mais le genre m'y conduit. Il n'empêche qu'au plus noir de mes histoires, je tracerai un rayon de lumière. C'est la seule contrainte que je m'impose dans mes textes pour les ados, la note d'espoir. Avec le souci de ne jamais me montrer complaisant avec la violence, la perversion, la cruauté. Il n'en reste pas moins vrai qu'aucun sujet ne sera écarté à cause du lectorat concerné. Le moral de notre jeunesse  besoin de bons livres pour être remonté, parce que les bons livres posent des questions, les mauvais proposent des réponses.

 

·         Est-il facile d’être engagé et publié ? L’écriture engagée intéresse-t-elle  aujourd’hui ?

 

Le talent permet tout. Mais l'engagement ne fera jamais office de talent. Je crois qu'il existe une place pour une littérature engagée. Tous les éditeurs de sont pas en recherche d'histoires de vampires.

 

·         Comment l’auteur que tu es peut-il garder son indépendance, ses idéaux tout  en continuant d’exister sur le marché ?

 

Je ne sais pas si "j'existe sur le marché", mais cette notion d'indépendance suppose qu'elle soit mise en balance avec une autre indépendance, la matérielle. Or cette dernière n'est que rarement garantie. Si on me refuse un livre parce que j'y expose mes idéaux et qu'ils ne plaisent pas, ma situation ne va pas radicalement changer. Du reste, je ne crois pas être porté plus que ça sur les livres dérangeants. Pour le moment.

 Les éditeurs, l’édition :

 

·         Les éditeurs mènent des études pour connaître les goûts des lecteurs (en matière d’histoires, de personnages,…)… Comment fais-tu pour résister aux modes et toujours être un auteur apprécié  ?

 

Je ne sais pas si je suis un auteur apprécié (sinon par d'autres auteurs...). Je n'ai jamais entendu parler de ces études, et jamais un éditeur ne m'a soufflé une direction à prendre pour écrire un livre qui se vendra mieux. J'essaye de creuser mon sillon, à être moi en mieux, avec l'espoir qu'un jour les lecteurs seront en nombre au rendez-vous.
 

·         Te sens-tu libre comme écrivain ? As-tu eu à souffrir de la censure ?

 

Oui, complètement libre, et on ne m'a jamais censuré. Je n'ai peut-être offert à personne l'opportunité de le faire...

 

 ·         T’interdis-tu des choses dans l’écriture ? L’éditeur te « dirige »-t-il beaucoup ?

 

Non, je ne m'interdis rien, mais j'essaye de ne pas écrire n'importe quoi. Au risque de me répéter, je m'efforce aussi de ne pas verser dans la complaisance, qui est la pire des boursouflures du style. Quant à l'éditeur, il ne me dirige pas du tout. Je n'écris pas de texte de commande, je ne soumets jamais de synopsis avant d'écrire, j'envoie mes textes quand ils sont achevés à des éditeurs qui ignoraient que je les écrivais.
 

·         Comment s’opère la collaboration avec ton éditeur au niveau de la correction des textes ? Un auteur libre, cela existe-t-il ?

 

Que signifie être libre ? Libre d'écrire n'importe quoi en étant convaincu que c'est génial parce que c'est MOI qui l'ai écrit ? Mon éditrice chez Rageot intervient beaucoup sur les textes, et je corrige beaucoup derrière. Mais ses remarques sont justifiées, expliquées, à charge pour moi de décider si oui ou non j'ai envie d'en tenir compte. Si je garde mon texte initial, elle ne reviendra pas sur ma décision. C'est en cela que je me sens libre. Un éditeur, c'est quelqu'un qui vous aide à aboutir au texte que vous voulez écrire, pas quelqu'un qui vous regarde vous embourber ou quelqu'un qui l'écrit à votre place. Il faut aussi du talent pour être éditeur, pas seulement de la technique. Quand je regarde le texte qui part à l'impression, c'est encore moi que je vois dedans. 

Par ailleurs, un texte, ça se défend si on y croit. La liberté se conquiert toujours. Enfin, je ne sacralise pas mes écrits. Je suis convaincu que je peux m'améliorer, et le regard de l'autre n'est pas mon ennemi. Je trouve frappant qu'on perçoive très souvent les éditeurs comme des empêcheurs d'écrire en rond. N'oublions pas qu'ils vous permettent aussi de comprendre ce qui manque à votre texte pour qu'il soit  vraiment le vôtre.



 

 La lecture et ta bibliothèque :

 

·         Est-ce que lecture et écriture vont de pair ? Faut-il aimer lire pour écrire ?

 

On peut aimer lire sans aimer écrire, mais le contraire me semble impensable.

 

 ·         Pour toi, lire c’est quoi ?

 

Essayer d'autres vies sans mourir.

 

·         Quels sont tes auteurs préférés ? tes lectures préférées ?

 

Ils sont nombreux... En vrac... Luc Dietrich, André de Richaud, Joseph Delteil, Barbey D'Aurevilly, Victor Hugo, Don Winslow, Donald Westlake, Pascal Garnier, Dennis Lehane, Frédéric Dard, Gustave Flaubert,  Villiers de l'Isle Adam, Jean-Paul Dubois, Eric Chevillard, Sylvain Trudel, Elmore Léonard, Stephen King, Olivier Adam, Claude Klotz, Alain Puiseux, Maurice Pons...

 

Et en jeunesse, jean-Claude Mourlevat, Louis Sachar, Jean-Paul Nozière...

 

 

·         Les livres jeunesse qui t’ont marqués chez les autres ? Un livre de chevet ?

 

Quelques titres. "La rivière à l'envers" de Mourlevat, "Le passage"  et "Y a-t-il un garçon dans les toilettes des filles"de Sachar, "Robert" de Niklas Radstrom, "Skellig" de David Almond, "Aerkaos" de Jean-Michel Payet, "Des pas dans la neige" de Erik L'Homme, "Les larmes de l'assassin" d'Anne-Laure Bondoux, "Traqués" de Pascal Garnier, "Ippon" de Jean-Hugues Oppel, "Talents cachés" de David Lubar, "Lettres d'amour de 0 à 10" de Suzie Morgenstern, "Ellana" de Pierre Bottero, "Pierre et Jeanne" de Christian Grenier, "Sables émouvants" de Thomas Scotto et bien d'autres...
 

·         Ta bibliothèque, quelle est-elle ? Comment sont ces livres, Beaux livres, poches… genres ?

 

Je suis un malade des livres, j'en possède des milliers et nombreux sont ceux qui, faute de place dans mon appartement, attendent des jours meilleurs dans des cartons. J'aime beaucoup les poches, je possède presque toute la collection des premières éditions du Livre de Poche, et tous les genres sont représentés, du classique au policier, de la Sf au Fantastique. J'ai aussi longtemps fréquenté les bouquinistes en quête des ouvrages épuisés des auteurs que je chérissais (et si j'avais encore le temps, je passerais MES JOURNEES ENTIERES chez les bouquinistes !). Maintenant, je suis friand des livres clubs des années 50. J'adore les livres...

 

·         Où sont-ils rangés ? Comment sont-ils classés ?

Dans mon bureau, et j'ai une bibliothèque de beaux livres club dans mon salon. La bibliothèque de mon bureau compte deux profondeurs de livres, faute de place. Ils sont regroupés par auteurs mais pas classés. J'aime ce désordre qui crée la surprise.
 

·         Comment les achètes-tu ?

 

La plupart ont été achetés chez les bouquinistes. Sinon, en librairie.

 

·         Quel est le livre sur table de chevet ?

 

"La griffe du chien" de Don Winslow

 

 ·         Quels sont les auteurs qui t’ont influencé? Pourquoi ? Que leur as-tu empruntés ?

 

Tous les auteurs que je vénérais (Villiers, Hugo, Verlaine, Aragon, Baudelaire, Giono, Delteil, Flaubert...) m'ont influencé jeune. Je les singeais pour les comprendre de l'intérieur. Je n'ai absolument aucune idée de ce que je peux avoir, dans mon écriture, gardé de ces voyages. Des traces de souvenirs...
 

·         Si tu avais un auteur à qui écrire, lequel serait-ce ? Et que lui écrirais-tu ?

 

Frédéric Dard. je lui dirais : "Merci".

 

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 09:50

L’histoire :

Dans un pays imaginaire, au fil des pages, au fil du temps, un coiffeur, modeste narrateur, observateur et acteur souterrain, raconte la vie d’abord heureuse et sereine puis rongée par la haine et la guerre de la cité où il réside. Pourtant, après le néant, la vie. Beyrouth divisée puis pacifiée mais aussi toute l’histoire universelle des guerres civiles est évoquée : Karim et Amine, presque frères dans deux camps opposés, jeunes héros heureux, persuadés de la justesse de leurs causes puis haineux se réconcilient enfin grâce à la conscience toujours en éveil d’une résistance qui tisse difficilement les liens.

 

Thème :

Philippe Barbeau raconte la guerre (Liban) et ses chaos / La guerre, cette stupidité, briseuse d’amitiés et d’harmonie / Réconciliation /

Commentaire :

Un bel album vecteur d’émotions au texte plein d’humanité, un album au texte très fort, un album poétique au ton à la fois grave, envoûtant et empli d’espoir.

Les mots, le ton employé, sont d’une très grande force : en lisant ce superbe album, il est impossible de ne pas ressentir la détresse et le malheur. Toutefois… l’espoir fait vivre et comme un avenir meilleur reste possible, l’espoir n’est jamais bien loin. Philippe Barbeau accorde une grande place à la mémoire, une mémoire inscrite dans les pierres qui restent, les pierres témoins du temps qui passe. Et si la guerre ne pouvait rien face à la mémoire, aux souvenirs partagés et aux hommes qui résistent ?

Marion Janin, l’illustratrice, a réalisé des planches d’une beauté saisissante. Avec ses harmonies de gris, ses quelques touches de couleurs, elle crée une atmosphère à la fois sombre et plaine de vie.

Vraiment, de la belle ouvrage ! A lire, absolument !

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 09:48

 

·         Michèle, est-ce que lecture et écriture vont de pair ? Faut-il aimer lire pour écrire ?

Pour moi, oui.

Toutefois, des gens qui auraient vécu un drame particulièrement prenant, des enfants de la guerre par exemple, peuvent le raconter, sans avoir été des rats de bibliothèque.

 

·         Pour toi, lire c’est quoi ?

C’est  embarquer dans un monde différent où un auteur est Dieu-le-père ou Déesse-la-mère. C’est découvrir, apprendre, aussi s’évader, souvent réfléchir.

 

·         Quels sont tes auteurs préférés ? tes lectures préférées ?

Voir mon site Goodreads : http://www.goodreads.com/author/show/3182745.Mich_le_Laframboise

 

Barbara Kingsolver a été ma plus grande joie littéraire ces dernières années.

Peter Watts, Laurent McAllister, Francine Pelletier, Esther Rochon.

 

J’aime les romans historiques ce qui peut paraitre paradoxal pour une écrvaine de science-fiction, mais pour construire des sociétés, il faut réfléchir aux erreurs passées.

Je lis de toutes les saveurs de la crème glacée littéraire.

 

·         Les livres jeunesse qui t’ont marqués chez les autres ? Un livre de chevet ?

Jeunesse : Il y avait la bibliothèque rose et la verte de Marabout. Le série Fantômette de Georges Chaulet, mais surtout les BD.

 

Je lis encore des romans jeunesse (« jeune adulte) pour moi.  

 

·         Ta bibliothèque, quelle est-elle ? Comment sont ces livres, Beaux livres, poches… genres ?

Les petites livres de poche sont empilés sur des planches. Les marchands ne meubles n’ont pas encore compris que des étagères trop larges ne font pas du tout pour des petits livres.

 

·         Où sont-ils rangés ? Comment sont-ils classés ?

Sous ma fenêtre, classée par auteur et collection.

 

·         Comment les achètes-tu ?

De préférence de la main de l’auteur, qui me les dédicace. Mais ca rend plus difficile de s’en séparer… Sinon dans les ventes de garage. À ce moment, je remets l’Équivalent du droit d’auteur à l’auteur quand je la ou le rencontre.

 

 

·         Quel est le livre sur table de chevet ?

Algal Bowl, de Ballantyne et Schindler, une étude sur l’eutrophisation des eaux douces dans le monde. L’eutrophisation, c’est la pollution par les engrais, qui provoque une prolifération des algues.

 

En fait, je lis en parallèle entre 10 et 15 ivres ou recueils de nouvelles. Un recueil de nouvelle ça prend du temps car je ne veux pas coller des impressions de lecture différentes.

 

·         Quels sont les auteurs qui t’ont influencé? Pourquoi ? Que leur as-tu empruntés ?

San Antonio pour le plaisir, lu dans mon enfance.

Esther Rochon, son écriture est tellement spéciale qu’elle est un genre littéraire à elle seule! Je glisse toujours toujours une phrase rochonienne dans mes romans.

La voix de la narratrice Armelle dans Piège pour le Jules-Verne sonne un peu comme celle du Petit Nicolas de Sempé-Goscinny.

Jean-Louis Trudel pour la rigueur scientifique.

 

·         Si tu avais un auteur à qui écrire, lequel serait-ce ? Et que lui écrirais-tu ?

 

À un tas de personnes, certaines hélas décédées, ou que j’ai manqué de peu.

Quelques exemples :

Marguerite Yourcenar, parce qu’elle fut la première femme admise à l’académie française. L’écriture au féminin était longtemps décriée ou rabaissée dans un sous-genre : la littérature féminine.

Monsieur Jacques Beauchesne : auteur du dictionnaire des co-occurrences. J’ai acheté le livre et je le recommande chaudement pour ceux attachés au bon usage de la langue. Hélas, quand j’ai félicité sa maison, Guérin, ils m’ont appris qu’il était décédé un mois plus tôt. J’ai été atterrée. Pour la bonne histoire, ses deux filles ont repris et enrichi la deuxième édition le dictionnaire des Co-occurrences. 

Françoise Lepage, emportée trop vite par un cancer foudroyant. Ça fait mal rien que d’y penser. J’ai encore ses quelques mots sur mon calepin.

Et un cas très bizarre dans l’histoire littéraire, Efrosinia Karowskaya (je n’ai pas l’orthographe exacte de ce nom), russe décédée en 1994, une femme fière qui a vécu les camps de concentrations de l’ère stalinienne et, sans formation artistique, a tout dessiné son histoire avec des commentaires. Ses dessins faits de mémoire, à l’aquarelle sont d’une force incroyable. J’en ai vu une partie dans une revue et j’en frissonne encore.

Avec internet, nous avons la chance de pouvoir communiquer avec des auteurs qu’on aime.

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 10:00

Les conseils de Nicolas jaillet pour écrire un roman.


Vidéo sur...

http://www.dailymotion.com/video/xh13sp_petite-fabrique-de-romans-11_creation

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 09:54

Jean-Paul, la littérature c’est quoi ? Cela sous entend que tout ne serait pas littérature…

 

Il ya les mauvais genres qui sont aussi littéraires que les bons. Par exemple le roman feuilleton dont je me suis beaucoup inspire dans les Barbares

 

·         Qu’est-ce ce que la littérature jeunesse ? Une littérature à part entière ?

Ayant écrit quatre ouvrages sur la question, je ne me sens pas capable de répondre en une phrase. En tout cas ce n'est pas une littérature entièrement à part

 

·         Faut-il lire les classiques ? Pourquoi ?

 

Qui sont les "classiques" ? Ovide, Perrault, Swift sont-ils des classiques ? Je ne me reconnais pas dans cette question bien que dans des temps très reculés j'aie été professeur de lettres classiques

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 09:37

 

 

Logicielle :

 

Le Lieutenant de police cher à Christian  Grenier ne va pas tarder à revenir dans de nouvelles aventures !

Le manuscrit est entre les mains de l'éditrice. A elle de déterminer sa date de parution (réunion pour la sortie du livre le 7 juin à Poitiers), fonction des autres titres à sortir et des délais nombreux et indispensables, qui vont de la réalisation de la couverture ( il faut du temps à l'illustrateur pour lire l'ouvrage, imaginer puis réaliser un dessin ) à l'impression de l'ouvrage.

 

Christian Grenier a publié chez Bayard « un roman historique... dont le procédé relève totalement  de la SF » : Mission pour Pharaon (Christobal, Spécial Reporter).

L'auteur explique que :

« Le héros utilise un "accélérateur de résonance génétique" (ne me demandez pas le mode d'emploi) qui permet à son utilisateur de se retrouver dans la peau d'un de ses ancêtres. Cette (première) aventure va lui permettre de vivre un épisode mouvementé, dans l'Egypte de Ptolémée 3,  en compagnie d'Eratosthène et d'Archimède. »


http://www.fantasy.fr/articles/view/16208

 

L'histoire :

 

 Cristobal se voit proposer un travail fabuleux : chasseur de livres dans l’Égypte antique ! Grâce à l’ARG, un accélérateur de résonance génétique, mis au point par un historien et un biologiste, le jeune homme peut infiltrer l'esprit d’un de ses ancêtres. Projeté dans la peau de Nubek, un aïeul égyptien, le jeune homme est chargé par Ptolémée III de parcourir le monde et rapporter les ouvrages des poètes et savants, destinés à la grande bibliothèque d’Alexandrie. Le Pharaon lui a également confié une autre mission : convaincre le grand savant grec Eratosthène de devenir Bibliothécaire d’Alexandrie.
Au fil du Nil, Cristobal va se retrouver au cœur d’un terrible complot…

 

Photo de Christian Grenier : http://dordognenord.canalblog.com/archives/2011/03/22/20698484.html

 

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 09:19

 

·         Jean-Paul, quelle est la phrase qui te pose le plus de souci dans l’écriture ? L’incipit ?

NI le début ni la fin. Mais problème de couper des phrases trop longues quand la situation ou les sentiments sont difficiles à appréhender avec justesse

·         Quel style préfères-tu ? style indirect libre… « je » ou « il »…

J'utilise l'un comme l'autre.
 

·         As-tu la plume facile ? Où est-ce laborieux ? Te faut-il raturer beaucoup ?

J'écris assez facilement le premier jet. Après c'est le combat. Mais on se dit aussi qu'à chaque modification on s'améliore
 

·         Comment définirais-tu ton style ?

J'ai plusieurs styles selon les sujets et le public visé

 ·         Combien dure la phase avant l’écriture (recherches…) ? Et la phase d’écriture ? Combien écris-tu de livres par an ?

 

J'écris 3 à  4 livres par an plus les rapports, articles  et monographies soit environ un million de signes. C'est beaucoup, je sais. Mais tout n'est pas automatiquement publié.

 

·         Quelle phase préfères-tu ? La recherche des idées ? l’écriture ?

l'alchimie qui consiste à doser et redoser les cocktails des phrases précédémment écrites en ajoutant des ingrédients.

 

·         Quel place a le mot dans tes romans ? Le vocabulaire est-il très important pour toi ?

Je suis fasciné par le choix du mot juste. Et par le rythme de ce texte qui se construit dans la gorge comme sous les touches du clavier.  Merci Saint-John Perse!

 

·         Fais-tu attention à la longueur de tes phrases ? Pierre Bottero faisait des phrases courtes ; parfois, il ne les finissait pas pour laisser le soin au lecteur d’imaginer, de rêver et donc de les terminer lui-même.

Ouais. Je coupe, je triture, j'escamote, j'émonde mais c'est souvent encore bien long.
·
       

·         Utilises-tu beaucoup de documentation ?

Beaucoup comme je l'ai dit plus haut. Mais elle est tellement retravaillée et filtrée qu'en définitive souvent le lecteur ne s'en aperçoit pas.

 

 

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POURQUOI ce BLOG ?

 Le BLOG consacré
aux AUTEURS,
à la LITTERATURE JEUNESSE
et à L'ECRITURE
.

Enfants 1 199La lecture est une nécessité dans le monde moderne. Elle permet de maîtriser la langue, de développer l’imaginaire, de structurer la pensée, d’accéder au savoir, d'acquérir du vocabulaire... C’est pourquoi parents et enseignants se lamentent lorsque les enfants ne lisent pas et les ados encore moins. Pourtant, ils prendront PLAISIR à lire... pur cela, il suffit de les juindécembre2010 225aider à ouvrir la porte.

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  

 

 Avec ce blog, j'aimerais :
 * faire découvrir la littérature jeunesse,l'écriture et les auteurs pour la jeunesse
partager une passion et pourquoi pas donner envie de lire et de rêver entre les pages.  

juindécembre2010 260Le livre est une véritable source de plaisir, de joie et d'émotion. Beaucoup d’élèves disent ne pas aimer lire. Je ne suis pas loin de penser que TOUS aiment lire, sans exception ! Le plus difficile pour eux est de parvenir à trouver dans la masse, LE livre, celui qui ne va pas les endormir… juindécembre2010 227LE LIVRE, celui qui va leur "parler", le livre qui leur correspond, le livre qui va leur remuer les tripes, les boyaux, les neurones, la tête !!!  

Enfants 1 178-copie-1Personne n'aime lire toutes les histoires, tous les livres. Evidemment. Il existe donc des "critères" à appliquer pour trouver et emprunter la perle, le livre qui va faire définitivement plonger dans le plaisir de lire !

Dans le livre on fait de merveilleuses rencontres, on découvre plein d'amis, on voyage, on s'ouvre sur le monde, on vit des aventures que l'on ne connaîtra jamais dans la vie de tous les jours : on embrasse des princesses, on escalade des rochers, on "zigouille" les méchants, on galope sur des chevaux lancés à la poursuite de terribles bandits ... bref, on fait de fabuleux voyages pour... "sourire, rêver et aimer" (Lisez "Le type" de Philippe Barbeau.) !!

Enfants 1 258Dans ce blog, il sera question des hommes et des femmes qui écrivent : les écrivains pour la jeunesse. Les ouvrages de littérature jeunesse de qualité seront présentés, racontés, "décortiqués"...
Vous lirez des interviews de professionnels, vous découvrirez des portraits, le monde de la chaîne du livre (éditeurs, imprimeurs, libraires...), vous trouverez également des conseils, vous ferez des rencontres, participerez à des débats, vous lirez des expériences d'animations pédagogiques autour des livres, vous découvrirez des "paroles" d'élèves, d'enseignants, des textes et.... plein d'autres choses encore !

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 Brigitte Coppin 015
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    "Les gens qui aiment lire sont rarement des salauds !"
Xavier-Laurent PETIT
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  SPECTACLES

   

  "Salomon, vous vous rendez-compte ?"

de Christophe Boutier

 

spectacle radeau 010 

 

Sa majesté des couches"

de Christophe Boutier  

 

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  Une comédie en V actes écrite et mise en scène par Christophe Boutier

L’histoire de la séduction, de l’enfant et de sa famille depuis la préhistoire jusqu’à l’enfant-roi du XXIème siècle.

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Sur scène, il y avait :

- 14 comédiens 

- Six musiciens professionnels dont Michel Léger, accompagnateur de vedettes de la chanson et du cabaret, telles que La Bande à Basile, Daniel Guichard, Zanini, Jean Constantin, André Aubert (Don Patillo)...

- la chorale du collège de Xavier Bélanger (professeur d'éducation musicale qui a mis en musique le spectacle) qui a interprété des chansons de variété en rapport avec l'enfance.

- des projections murales assurées par les élèves de l'option image (Eddy Dabrigeon...) du collège, option dirigée par Cécile Cotten,  professeur d’Arts plastiques.

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Les spectacles précédents

 

2013- Le temps du maquis"

2012 - "Salomon, vous vous rendez compte ?"

2011 - "Sa majesté des couches"(Gannat)

2010 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes"  : 2ème épisode (Gannat)

2010 - "Un zèbre sur la banquise" (Gannat)

2009 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes " : 1er épisode (Lapalisse)

2008 - "La farce vaudevillesquement tragique de la chambre forte du jugement dernier. " (Lapalisse)

2007 - "Le terrier zeixcoussois en Zinzinmouli ou la complainte des comédiens en danger" (Saint- Prix)

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    Un grand MERCI donc à tous les écrivains jeunesse
 que j'épuise et à qui je donne mal à la tête !!!
Ah ! Ah !!

Enfants 1 224Christian Grenier, Eric Boisset, Alain Grousset, Alain Surget, Béatrice Nicodème, Anne-Marie Desplat-Duc, Susie Morgenstern, Arthur Ténor, Hubert Ben Kemoun, Jean-Côme Noguès, Marc Séassau, Fabrice Colin,  Lorris Murail, Roger Judenne, Philippe Barbeau, Anne Ferrier, Evelyne Brisou-Pellen, Eric Sanvoisin, Christophe Léon, Jean-Luc Luciani, Béatrice Egémar, Magali Herbert, Guy Jimenes, Jean-Claude Mourlevat, Raymond Perrin, Jean-Baptiste Evette, Marc Cantin, Claire Gratias, Christophe Miraucourt, Xavier Bascour, François Librini, René Gouichoux, Yaël Hassan, Jean-Marc Ligny, Marie-Aude Murail, Cécile Roumiguière, Brigitte Coppin, Dorothée Piatek, Sophie Audouin-Mamikonian, Fanny Joly, Johan Héliot, Jack Chaboud, Jean-Luc Marcastel, Stéphane Daniel, Emmanuelle et Benoît de Saint Chamas, Jean-Paul Gourévitch, Michèle Laframboise., Florence Hinckel, Christophe Loupy, Lénia Major, Viviane Koenig, Marie Mélisou..

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... évoque le BLOG sur la littérature jeunesse.

 

"Des conseils pratiques de pro à pro, des interviews délicieuses et des
articles écrits par des écrivains ou des éditeurs, des bibliographies,
des réflexions sur la littérature jeunesse, des coups de coeur et
 des anecdotes...On trouvera tout cela (!) sur le blog de C
hristophe
Boutier, professeur documentaliste  au collège de Gannat (Allier).

Les petits articles de réflexion sur certains aspects de la littérature
jeunesse sont parmi les plus intéressants, d'autant plus qu'ils soulèvent
parfois des points souvent peu vus : les genres relevant de l'imaginaire
et les critères de classification (science fiction, fantasy...), les styles
d'écriture (classique, moderne…), ou encore le souci de la véracité dans
les romans historiques jeunesse.

En plus de cela, on trouvera une liste impressionnante de sites
d'écrivains  et des ressources diverses et variées qui émaillent les
articles (liens vers des  sites de séries jeunesse, des conférences
en ligne...), des « trucs et astuces » de Doc pour aimer et faire
aimer la lecture, des bibliographies...

Si la mise en page gagnerait à être un peu plus claire et lisible, le côté
bric-à-brac (où on flâne volontiers de longs moments) perdrait de son
charme...

Par un prof-doc amoureux et défenseur acharné de la littérature
jeunesse.
"

 

Rubriques

CULTURE au CDI de Gannat

Collège de Gannat (03)

" Fête de la culture, de la lecture et de l'écriture"

  Mai 2013 - 4ème édition

Eric Boisset 

Mai 2013 145

ArthuArthur Ténor 024r Ténor

Alain Surget 

Alain Surget 053

 

Mai 2012 - 3ème édition

 Jean-Luc Marcastel

jean-luc-MARCASTEL-010.jpg

Brigitte Coppin 

      Brigitte-Coppin-013.jpg

 

Mai 2011 - 2ème édition

Philippe Barbeau, Christian Couty

juindécembre2010 236

Béatrice Nicodème

 

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Juin 2010 - la 1ère édition :

 

Alain GROUSSETet Christian GRENIERétaient parmi nous pour évoquer la Science-Fiction (SF) etpour débattre des nouvelles technologiesqui pourraient "tuer » les livres...

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Le nouveau spectacle du collège

Joseph Hennequin de Gannat, dans l’Allier.

 

 

La troupe de théâtre du collège Hennequin, composée cette année de 30 comédiens issus des quatre niveaux de classes, a réalisé un film (un vrai ! en noir et blanc)écrit par Christophe Boutier, professeur documentaliste, « Le temps du maquis» (vendredi 14 juin 2013, centre socio culturel de Gannat). Xavier Bélanger, professeur d’Education musicale, assurera la mise en musique.

Ce film présente la dure réalité de la vie quotidienne et clandestine, au milieu de la forêt,d’hommes et de femmes – les maquisards - remarquablement courageux qui recoururent, au péril de leur vie, à la guérilla pour s’attaquer à la milice du Maréchal Pétain et aux troupes d’occupation allemande.

Ce spectacle entre dans le cadre du projet « Devoir de mémoire », une option du collège menée en classe de 3ème. Les 16 élèves de cette option dirigée par M. Bellet, professeur d'Histoire, présenteront la soirée :

En 1ère partie, un court métrage : Roger VENUAT, résistant dans le maquis de Hérisson (Allier, 03), au collège Joseph Hennequin.

En 2ème partie, la pièce de théâtre, « Le temps du maquis »

ENTREE GRATUITE

  

QUI SUIS-JE ?

Je suis Christophe BOUTIER, professeur documentaliste au collège de Gannat (1 rue Joseph Hennequin. 03800 GANNAT) , dans l’Allier, en Auvergne.

Passionné par la littérature jeunesse, l'écriture, la lecture... j'ai découvert, grâce à ma profession cette littérature - une vraie littérature ! - qui comporte de magnifiques textes. Et derrière des mots adressés, peut-être davantage aux enfants, aux adolescents - quoi qu'un bon texte doit pouvoir être lu par tous sans aucune histoire d'âge ! - se cachent des écrivains adorables, des personnes d'une incroyable richesse humaine, intellectuelle et culturelle, des gens de talent que j'ai/j'ai eu la chance pour certains de côtoyer !

Aujourd'hui, j'éprouve le besoin de partager mon amour des auteurs jeunesse et de leur oeuvre ! je compte également sur vous lecteurs pour faire vivre ce blog, mutualiser nos expériences, nos connaissances, nos réflexions et... débattre.

 
Mon autre BLOG, celui du CDI du collège de GANNAT :
http://www.cdi.gannat.over-blog.com