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Présentation

  • : Le blog de CHRISTOPHE BOUTIER, professeur documentaliste au collège de St Germain-des-Fossés, dans l'Allier
  • : Blog qui a pour objectif de parler de la littérature jeunesse, des écrivains jeunesse... pour donner le goût de lire aux adolescents. L'objectif est également d'intéresser à la culture. Il s'agit aussi de faire découvrir cette littérature à part entière aux adultes.
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Le Vampire Du Cdi

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  • Je suis le "VAMPIRE d'un CDI" auvergnat !

ANECDOTES

Pierre BOTTERO,

le Seigneur des ados !

 

Pierre Bottero était fier d’être un auteur jeunesse - une littérature qui n’a rien à envier en qualité à la littérature « vieillesse. » S’il n’était pas qu’un auteur de fantasy, il faut bien reconnaître que c’est à cette littérature de l’Imaginaire qu’il dût son incroyable succès !

Dès l’enfance, il tombait dans la marmite de la fantasy. Il dévorait Tolkien (Un choc ! S’en suivi, plus tard, l’idée que la fantasy ne pouvait s’écrire que sous la forme d’une trilogie), Zelasny, Farmer, Moorcock, Vinge, Howard… Les grands noms qui allaient lui permettre de devenir l’auteur que nous connaissons. Plus tard, il appréciera les auteurs « jeunesse » tels que Erik L’homme, Hervé Jubert, Fabrice Colin ou Philip Pullman, Eoin Colfer pour ne citer qu’eux. Il n’y a pas de concurrence en littérature jeunesse, les auteurs s’apprécient, se côtoient, se téléphonent, se rencontrent, se parlent, rêvent ensemble d’histoires communes. Ainsi Erik L’Homme et Pierre imaginaient ensemble, « A comme assassins »…

De ses lectures, Pierre Bottero ne devait pas ressortir indemne.

C’est par hasard qu’il se lançait dans l’écriture, pour aider sa fille qui séchait devant un concours d'écriture : il rédigeait quelques pages sur son ordinateur, se piquait au jeu, poursuivait (son épouse réclamait la suite), envoyait le texte à un éditeur qui le publiait... Il était dit qu’il n’arrêterait plu. Marqué à tout jamais par Tolkien, il était évident qu’un jour, il s’essaierait à la fantasy. C’est ainsi que naquirent « La quête d’Ewilan », « Les mondes d’Ewilan » et « Le pacte des Machombres. »

 

 

 

Pierre Bottero se fichait éperdument du cadre dans lequel on allait placer ses romans. Mais pour les « techniciens, l’auteur lui-même évoquait la Low Fantasy. Il s’agit d’une low fantasy - inspirée par ses jeux d'enfant, ses rêves d'adulte, ses lectures et les émotions ressenties au quotidien - dans laquelle existe un équilibre entre le bien et le mal, le courage, la volonté et la détermination où domine le désir de tout ramener à des intérêts individuels (égoïsme forcené, aveuglement quant à la mise en danger des équilibres…). Un parallèle pourrait d’ailleurs être établi entre le chaos décrit et notre monde réel. Mais attention. Les propos de Pierre ne demeurent pas sombres, ils restent optimistes. Pour avancer ! Avec pour personnages principaux des… femmes. Pierre était fondamentalement féministe. Il aimait à dire qu’il y avait moins de « cons » chez elles que chez les hommes. Toutefois, Pierer Bottero n’a jamais cherché à donner des leçons, il se méfiait trop pour cela des « transmetteurs » de valeurs et des donneurs de leçons. Le livre était pour lui un objet de partage.

Ce partage, il l’avait avec sa famille qui appréciait ce qu’il écrivait et qui le rassurait : Claudine, son épouse, ses deux filles lisaient ce qu’il écrivait avant publication.

 

 

 

Lorsque Pierre Bottero était invité dans un salon du livre pour une dédicace, il faisait partie des auteurs les plus demandés (il ne faisait pas bon signer à côté de lui !) : les impressionnantes files d’attentes composées de lecteurs (jeunes et moins… jeunes !) en témoignaient. C’est avec émotion qu’ils recevaient tous les messages de sympathie et… d’amour. Ses livres touchaient, ses histoires permettaient le partage et faisaient rêver, Pierre vivait alors une aventure … magique.

Il avait beau affolé le compteur des ventes, ce qui avait un réel impact sur lui, c’était :  de percevoir la flamme dans les yeux de ses « fans » (euh ! il n’aimait pas le mot), de recevoir leurs avis, de parler avec eux.

Tant d’amour le gonflait à bloc et lui transmettait une énergie positive.

C’est pourquoi, ce succès (qui lui permit d’abandonner son métier d’instituteur) qu’il percevait intensément, à la fois avec bonheur (évidemment !) et tranquillité, lui donnait également un sentiment de responsabilité. Ainsi, s’il savait se montrer reconnaissant envers ceux qui l’avaient aidé à améliorer son écriture (Caroline Westberg, son éditrice chez Rageot), il avait également de la considération pour ce public à qui il devait tant. Quand vous rencontriez Pierre, assis derrière sa table de dédicace, vous aviez le sentiment qu’il n’attendait que vous ! Pierre veillait soigneusement à être proche de son « public », un de ses… bonheurs. Il respectait humainement ses visiteurs et ses lecteurs en leur offrant des histoires dont il voulait qu’elles évitent facilité et démagogie. Il apportait ainsi beaucoup de soin et d’exigences aux corrections, un travail exigeant, vorace en temps et en énergie.

 

L’écriture de Pierre Bottero avec « Le pacte des marchombres » avait atteint une belle maturité. C’est ce que Pierre lui-même soulignait quand il affirmait que « c’est en écrivant qu’on apprend à écrire. » En effet, cette dernière trilogie qui met en scène le personnage d’Ellana est moins légère, plus complexe, que celle de « La quête d’Ewilan » : l’auteur avait eu le sentiment d’avoir grandi, évolué et de s’être trouvé, un sentiment accompagné par le désir de partager encore davantage avec le lecteur. Pierre Bottero était un homme intègre, voilà pourquoi il continue d’être autant aimé. A la lecture de ses trilogies, cette sincérité transpire. Pierre prenait un immense plaisir à écrire, à « rêver », à imaginer le monde (issu d’un vieux rêve de liberté absolue) d’Ewilan, d'Ellana. Il prenait un immense plaisir lorsque d’autres que lui se baladaient dans "ses" mondes. Pierre Bottero écrivait pour être lu mais aussi pour explorer des contrées inconnues (se connaître lui-même ?) et entraîner à sa suite tous ceux qui étaient tentés par l'aventure... Quand il mettait le point final, c’était à la fois une joie (celle d’avoir terminée et d’être satisfait du résultat) et une déchirure (celle de quitter l’univers crée)… Un sentiment d'être coupé d'une part de soi-même avec l’irrésistible envie de replonger très vite.

 

Pierre le « poète » accordait beaucoup d’importance au travail de réflexion qui précède l’écriture. Lorsqu’il attaquait le premier chapitre d’un roman, la trame générale était dans son esprit, il connaissait très bien ses personnages. Ensuite, plongé dans le cœur du roman, il écrivait sans arrêt, du matin au soir, parfois pendant la nuit. Puis, il pouvait ne plus écrire pendant des semaines Enfin, presque car il écrivait toujours… dans sa tête. Quand il n’écrivait pas, il écrivait sans écrire. Pierre était un homme normal qui aimait lire, courir, menuiser, bucheronner, voyager, rencontrer, parler, rêver… et sourire ! Ah, ce sourire !I

L’écriture de Pierre était une écriture « vraie », sans complaisance, une écriture qui venait des tripes, un cadeau offert au lecteur. Il n’était satisfait que si les mots qu’il employait correspondaient réellement à ce qu’il souhaitait écrire. Cette honnêteté, il la devait à ses lecteurs. Pierre était un travailleur qui reprenait, sans cesse, son récit, la cohérence, le fond, la forme… C’est pourquoi il prenait grand soin, malgré les pressions des lecteurs, de ne pas chercher à publier, à tout prix, trop rapidement. Il était persuadé qu’il valait mieux patienter et faire patienter plutôt que de se décevoir et décevoir. Il pendait qu’il fallait laisser le temps à l’histoire de pousser, à son rythme...

 

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   "Le Loup à la voix de miel"
Marc SEASSAU (Grasset jeunesse)

J’ai fait venir dans le collège où je travaillais alors, l’écrivain Marc Séassau.  La journée fut belle et pleine d’émotion notamment lorsque Marc anima une rencontre à deux voix (j’adore organiser ce genre de rencontres : 2 auteurs face à une classe en même temps !) avec Jean-Côme NOGUES qu’il avait adoré lire lorsqu’il était ado.

Marc Séassau a écrit ce roman « Le loup à la voix de miel » parce qu’il a été marqué par sa convocation comme juré dans une affaire de viol. Dans son récit, il narre l’entrée en 6ème d’une petite fille qui, anonymement, dépose des extraits de « Peau d’âne » dans les poches, de sa « marraine », une élève de 3ème.  L’appel au secours était évident !

Cette rencontre a déclenché un phénomène pour le moins inattendu dont j'ai été le témoin, involontaire : il m'a fallu trois semaines pour comprendre ce qui m’arrivais !

Je trouvais régulièrement par terre, dans le CDI, toujours disposées par deux, des photos représentants des scènes classiques de la vie d'une famille avec une de nos élèves de 6ème (anniversaires...). J'ai évidemment rendu ces photos à l'élève qui, agressive, semblait ne pas comprendre pourquoi je détenais son bien. C'est tout juste si elle acceptait de reconnaître qu'il s'agissait d'elle sur les clichés ! Ces scènes se sont régulièrement reproduites ( trois, quatre fois pendant trois semaines) jusqu'au jour où j'ai eu un déclic  : une seule photo sur le sol évoquant la petite sur les genoux d'un homme. J'ai de suite compris (Peau d’âne !), j'ai alerté l'infirmière, la Principale du collège... Cette élève avait eu l’idée de reproduire ce que l’héroïne du roman faisait.
Voilà ce qu'uns simple rencontre d'écrivain peut entraîner en dehors du plaisir de lire.
Le roman avait libéré la parole de l’élève !


Nous en avons évidemment parlé avec Marc Séassau qui était évidemment KO : comment ne pas l'être ? Il avait écrit ce roman un peu dans un but pédagogique mais quand la réalité dépasse la fiction...

Recherche

PERLES de LECTURE

 Le collège de Gannat

 a voyagé dans le temps !

 

 Après la lecture des romans historiques jeunesse de Béatrice Nicodème....

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« Oyez ! Oyez gente dames et damoiseaux ! Entrez dans le Moyen Age ! » Ainsi s’est écrié le troubadour, jeudi 9 juin 2011, dans la plaine gannatoise : deux cent élèves de 5ème du collège Hennequin et CM2 des écoles du Malcourlet, de Pasteur et de Jean Jaurès ont bravement et « prestement » effectué le « pas sur le côté » pour revêtir leur cotte de maille et ainsi plonger en plein XIVème siècle.

  

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  Pour rendre vivant et attractif le Moyen Age, période étudiée en classe et encore largement visible dans la cité des portes occitanes, Gannat, douze comédiens et cascadeurs professionnels de la compagnie toulousaine ARMUTAN, ont chevauché leurs destriers pour répondre à l’olifant de Christophe Boutier, professeur documentaliste, initiateur de cet imposant projet, « Cultures, loisirs et genres de vie au Moyen Age », un projet fédérateur d’énergie d’une année.

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Un campement faits de plusieurs tentes, de peaux de bêtes, de râteliers d’armes, de tonneaux… a été établi dans la partie herbeuse et arborée de l’établissement scolaire. Les écuyers – élèves, aux yeux brillant de plaisir, répartis en six « compagnies » de « routiers » qui répondaient au nom d’un  célèbre homme de guerre, du Guesclin, Prince noir ou bien d’un roi, Philippe Auguste…ont défilé avec leurs bannières dans les sept ateliers pédagogiques pendant six heures.  Ainsi, ils ont été initiés à l’archerie, au maniement des armes, au combat rapproché, à l’héraldique – l’art de faire son blason – à la danse, aux instruments et à la musique, à la jonglerie… Le capitaine « Barbepeste » et ses sbires ont alors conquis la « piétaille » qui après explications et démonstrations, devait mettre en pratique l’enseignement de leurs maîtres…  

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 Les corps fatigués furent réparés par le succulent banquet médiéval régional (tortillons gannatois, galichons d’Escurolles, fromages de chèvres de Bellenaves, Fraises bourbonnaises sur lit de fromage blanc de campagne de Cérilly étaient inscrits sur le très beau papier imprimé à l’ancienne par le moulin Richard de Bas ), pris en musique, et proposé par le chef, Sylvain Bruno. Une projection d’images, capturées dans la matinée, proposées par les élèves de l’atelier image du collège lors du repas, a également ravi les convives.

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En fin d'après-midi, les petits occitans, tout sourire, étaient regroupés pour assister à un spectacle de jongleries burlesques proposées par « Grand mètres Yann »,  à de la poésie lyrique, et à une impressionnante saynète de combats à l’épée accompagnée par la musique du groupe DAYAZELL.

 

Quel bonheur ! Quelle joie d'avoir vu les yeux des enfants pétiller de plaisir ! Quel  moment de vie ! Il ne fait aucun doute que cette journée unanimement saluée comme étant extraordinaire restera gravée dans les mémoires.

  351.JPG Alors, un grand MERCI à tous ceux qui ont participé à la réussite du projet ! Les personnels du collège Hennequin, la mairie de Gannat, les mécènes, les comédiens si sympathiques et bien sûr…les élèves !

 

Pour en savoir davantage :

 

RV sur le blog du collège de Gannat (03),

une 100e de photos...

 

http://cdi.gannat.over-blog.com/

 

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A propos de ce blog !

 

Lu dans « La nouvelle encyclopédie des filles 2011 » de Sonia Feertchak ((Plon)

 

« Le blog passionné et passionnant d’un professeur documentaliste  fou de littérature jeunesse, pour « sourire, rêver, aimer ». Des articles vivants sur la lecture, qui donnent envie de découvrir plein de livres et autant d’auteurs

 

 

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A lire, vraiment !




 

 

 

 

 

 

 

 

   

A travers de nombreuses anecdotes Christian Grenier évoque son enfance placée sous le signe du théâtre et de la lecture, son adolescence marquée par l'écriture et la passion. Il relate son parcours d'enseignant, d'auteur mais aussi de lecteur-correcteur, journaliste, scénariste et directeur de collection. Il se penche également sur les mécanismes intimes de l'imaginaire, détaille la genèse de ses oeuvres et fait pénétrer le lecteur dans les coulisses de l'écriture et de l'édition. Enfin il s'interroge sur les principes qui font d'une fiction un récit pour la jeunesse. Regorgeant de confessions, de convictions et de passion, ce témoignage d'une vie consacrée à la littérature jeunesse se lit comme un roman.
 

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Le MOT du JOUR : ......

    "Des millions de gens vivent sans lire, mais ce qu'ils ignorent,

c'est qu'on vit infiniment plus en lisant."

Xavier-Laurent PETIT

  

     318 042 visiteurs 

Je vous livre l'adresse du blog de mon nouveau cdi et collège : http://colllafontaine.over-blog.com/

 

depuis octobre 2009

 

 

17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 10:03

·         Jean-Paul, comment se situe l’auteur aujourd’hui par rapport à l’auteur des débuts ? Il y a-t-il une différence (style, pensée, méthode…)

Quand j'ai eu mes premiers contacts éditoriaux , j'avais 20 ans, c'était en 1961 et je me prenais évidemment pour le nouveau Rimbaud ou le nouveau Radiguet. Bien entendu mes oeuvres de fiction ont été refusées. J'ai (un peu) mûri depuis et si je ne dédaigne pas la fiction (plus de 20 ouvrages sur 60 publiés ) je me consacre essentiellement à des ouvrages d'information sur des voies peu explorées: l'histoire du rêve méditerranéen, la grammaire et la syntaxe de l'imagerie politique, les écrivains qui ont parlé de leur enfance, les coûts de l'immigration...C'est pour moi quelque part l'honneur (grand mot! ) de la littérature de défricher des sentiers non explorés. Il en est de même pour la fiction : polar interactif, roman à quatre mains...)

 

·         Quelle est ta définition de l’auteur jeunesse ? En es-tu un ?

 

J'écris pour la jeunesse (12 ouvrages)  et sur la littérature de jeunesse (4 ouvrages)  . Est-ce suffisant pour être qualifié d'auteur jeunesse?  Je répondrais volontiers que oui. Quant aux définitions, nada...je suis partisan de l'ouverture des frontières.

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 10:00

Comment vous inspirez-vous pour créer un lieu ? Une atmosphère ?

 

Nous portons toujours sur nous un petit carnet où, régulièrement, nous notons des impressions, des caractéristiques de lieux ou des personnes qui nous marquent. En phase d’écriture, nous ressortons nos petits carnets.

 

Vous rendez-vous sur place ? Visitez-vous beaucoup ?

 

Nous n’avons (hélas) pas le temps de visiter des lieux pour écrire. Ca marche plutôt dans le sens inverse : nous écrivons sur des lieux que nous connaissons déjà. Benoît voyage beaucoup pour le Louvre [ndlr : il est notamment en charge des affaires internationales du Louvre] et dans des pays ou des lieux en dehors des circuits touristiques classiques, pour visiter notamment des chantiers de fouilles archéologiques ; certains de ses voyages ont permis de nourrir certaines descriptions. Ainsi, le prologue de notre trilogie Strom a été écrit au retour de l’un de ces voyages et l’idée générale de Strom nous est venue en visitant le Louvre, une nuit, à la lampe-torche : on voyait tout différemment, c’était magique ! Dans un cadre pareil, on ne peut qu’avoir de bonnes idées. Et nous nous sommes dit que le Louvre était l’endroit idéal pour cacher une société secrète.

 

Qu’est-ce qui est le plus facile : partir de rien ou de ce que l’on connaît ?

 

On ne crée pas à partir de rien : c’est toujours une alchimie subtile et mystérieuse où se combinent mémoire et imagination. Difficile de construire une maison ou de peindre un tableau si on n’a pas de matière première

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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 09:45

Exposition Edgar P. Jacobs au château de  Buc (Yvelines) du 26 mars au 3 avril 2011

La série Blake et Mortimer, qui connaissait une première publication dans le journal Tintin, a été reprise il y a quelques années par de nouveaux scénaristes et illustrateurs et a pu renouveler ainsi son public de fans. Au moment où  P. Jacobs travaille sur le scénario de SOS Météores, les services du Grand quartier général de l’OTAN viennent de s’installer non loin de Versailles à Rocquencourt, en conséquence l’action se déroule pour une bonne part dans une commune proche à savoir Buc. Comme P. Jacobs l’explique dans son ouvrage Les Mémoires de Blake et Mortimer,  il s’agissait d’envisager pour SOS Météores une attaque surprise sur le Shape et une manipulation humaine des conditions météorologiques  alors que les années 1954 à 1957 ont été marquées par des phénomènes climatiques extrêmes en Europe. Du 26 mars au 3 avril 2011 le château de Buc accueille une exposition autour de  P. Jacobs  avec une projection d’un film consacré à ce dernier et une promenade commentée en direction des divers lieux de la commune (et des communes voisines) qui sont représentés sur l’album. Depuis quelques années le château de la Roche-Guyon (situé à mi-distance de Paris et Rouen) est mis partiellement en valeur à travers Le Piège diabolique, un autre album de la série qui fut interdit à l’importation en France, suite aux recommandations de la Commission de surveillance et de contrôle de la presse enfantine (où siégeait Raoul Dubois). Dans les deux albums évoquées les vues du Paris des années cinquante sont nombreuses mais c’est dans L’Affaire du collier que la capitale française joue un rôle d’unité de lieu. Permettant de découvrir les catacombes de Paris (l’écroulement de vingt-cinq maisons en 1961 à Clamart avait retenu l’attention de P. Jacobs), l’album   démarre avec le vol du collier de la reine Marie-Antoinette par Olrik (le chef des forces du mal).

Exposition Edgar P. Jacobs 26 mars au 3 avril 2011 de 14h à 19h
Château de Buc – 20, rue Louis Massott

Projection :
Samedi 26 mars et samedi 2 avril : 17h30
Projection au château d’un film retraçant la vie d’Edgar P. Jacobs

Balade commentée :
Samedi 26 et dimanche 27 mars / samedi 2 et dimanche 3 avril : à 10h et à 14h30
Inscriptions au 01 39 20 71 37 ou culturel@mairie-buc.fr

 

"Merci à Alain Chiron pour nous avoir confié ce texte"
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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 09:42

Exposition Le Casque d'Agris du  15 mars au 14 avril 2011 à la bibliothèque centrale de  l'université de Lille 3

Voilà une exposition qui tord le cou aux légendes colportées sur les Gaulois, elle a été réalisée par l'association BD Assor, elle propose  sur toiles  des reproductions de vignettes de la BD, des originaux de planches, des panneaux pédagogiques  et  une reproduction du casque d'Agris (l’original est au musée des beaux-arts d’Angoulême). L'exposition, qui se tient dans le hall de la Bibliothèque centrale, du 15 mars au 14 avril 2011 prend place dans la création du Learning Center Thématique Archéologie/Égyptologie de  l'université de Lille. Durant l'exposition trois conférences seront données : le 15 mars 2011 à 18h00 avec le scénariste de la BD Silvio Luccisano sur la vie quotidienne des Gaulois, le 29 mars 2011 à 18h00 par José Gomez de Soto consacrée aux conditions de la découverte du casque d’Agris, le 12 avril 2011 à 18h00 autour de l’alimentation gauloise  de Philippe Marinval. De plus après avoir acquitté le prix habituel d’entrée au Parc archéologique Asnapio à Villeneuve d’Ascq, le 26 mars 2011 de 14h00 à 18h00 seront proposées des animations par autour de l’artisanat, l’armement,  la sépulture… Le dessinateur de cette série Laurent Libessart est lillois, il vient de terminer le sixième tome de la série Moréa ; le scénariste francilien Silvio Luccisano est archéologue bénévole ; la série produite par BD Assor a reçu les compliments de nombreuses revues archéologiques. Cette série est recommandée à partir de dix ans par le CIBDI d’Angoulême, le troisième tome sortira vraisemblablement à la fin de l’année 2011.

Exposition Le Casque d'Agris,  15 mars au 14 avril 2011 Bibliothèque centrale de  l'université de Lille 3. http://bsa.biblio.univ-lille3.fr/blog/2011/02/autour-du-casque-d-agris/

"Merci à Alain Chiron pour nous avoir confié ce texte"
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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 10:00

 

Comment créez-vous vos personnages ?

 

Ce sont souvent des mélanges de personnes réelles que nous connaissons, un peu comme des « cadavres exquis ». Parfois, c’est l’histoire elle-même qui les fait jaillir de notre imagination, pour les besoins d’une scène. Et s’ils nous satisfont (un peu comme dans une audition pour des candidats acteurs) ils peuvent prendre un rôle plus important, voire s’échapper  d’un livre pour passer dans un autre. Nous avons, comme ça, quelques personnages récurrents.

 

Est-ce que ce sont vos personnages qui vous mènent ? Par exemple, peuvent-ils vous faire changer de voie en cours d’écriture ?

 

Ils ne peuvent pas changer le cours de l’histoire, mais cela arrive qu’ils nous emmènent sur un chemin de traverse et, ce faisant, fassent surgir des idées que nous n’aurions pas eus sans eux. En cela, les personnages deviennent parfois de véritables co-auteurs.

 

Qu’aimez-vous le plus dans la création du personnage ? L’aspect psychologique ?

 

Nous aimons qu’il soit suffisamment dense et humain pour être crédible. Aux personnages lisses ou caricaturaux, nous préférons ceux qui ont du relief et sont entourés d’un halo de mystère qui se dissipe peu à peu, mais jamais totalement. Nous faisons rarement des descriptions psychologiques de nos personnages parce que nous préférons que leur personnalité se révèle par leurs actes, qu’ils se dévoilent eux-mêmes au lecteur, en laissant à ce dernier la possibilité d’interpréter à sa façon la part de mystère qui entoure nos personnages.

 

Quel est le personnage que vous avez créé et qui vous a posé le plus de souci Pourquoi ?

 

Sûrement les jumeaux Raphaël et Raphaëlle, dans notre trilogie Strom. Ceux qui ont des jumeaux dans leur entourage comprendront pourquoi… Ils doivent avoir chacun leur identité et, en même temps, le lien qui les unit est très fort et très mystérieux.

 

Quel personnage de papier que vous avez inventé aimez-vous le plus ?

 

Si vous demandez à un père ou une mère lequel de ses enfants il préfère, il vous répondra « tous ». Disons que le personnage qui nous amuse le plus est Sparadrap, le komolk [ndlr : les komolks sont des créatures venues d’un autre monde ; ils ont des tas de particularités et pouvoirs insolites, comme la faculté de prendre l’apparence qu’ils veulent : personne, animal ou objet] de notre trilogie Strom. Il ronchonne, a mauvais caractère, mais au fond il a bon cœur. Et il nous fait parfois penser à quelqu’un très proche de nous…

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 09:58

·         Michèle, comment crées-tu tes personnages ?

Les persos sont tous tirés de ma chair, si j’ose dire. Quand j’écrivais Ithuriel, au bout d’un certain temps je me suis aperçue que même les « méchants » avaient des traits de ma personnalité.

Je les dessine parfois, mais pas toujours. Les personnages poussent tranquillement, comme des plantes, et en réfléchissant sur leur vie, on « déterre » des faits, des événements qui les ont formés.

·        Est-ce que ce sont tes personnages qui te mènent ? Par exemple, peuvent-ils te faire changer de voie en cours d’écriture ?

 

L’inverse s’est produit dans mon dernier roman. Un perso s’est avéré vraiment trop caricatural, ça n’avait pas d’allure, mais ça permettait une grosse scène d’action à l’américaine vers la fin.

Je me suis donné deux semaines pour rendre ce personnage plus nuancé. Pari gagné, mais avec un peu de misère, puisque j’ai modifié deux scènes dramatiques. Résultat dans La spirale de Lar Jubal (Chaaas 4).

Le questeur Sirius, l’adulte qui accompagne Chaaas, a pris beaucoup d’importance et dévoile des choses sur son passé.

Dans Les vents de Tammerlan, un personnage secondaire a pris une grande importance, au point que j’ai modifié le scénario. Ça a fait une meilleure histoire, qui a été finaliste aux prix littéraires du Gouverneur Général (la plus haute distinction littéraire pour un roman jeunesse au Canada). 

 

·         Qu’aimes-tu le plus dans la création du personnage ? L’aspect psychologique ?

 

La plus belle étape, c’est quand l’histoire se met à bourgeonner, que les personnages prennent de l’ampleur… Je creuse à la pelle dans leur passé, et parfois je ramène en surface un objet significatif. C’est comme une expédition géologique.

 

·         Quel est le personnage que tu as crée et qui t’a posé le plus de souci Pourquoi ?

 

 

Chaaas.  

 C’est un adolescent impulsif, colérique, et imparfait. À chaque histoire, en plus de l’intrigue principale qui implique un danger, il  y a une intrigue secondaire où le garçon ait une erreur de jugement, mais finit par développer son empathie. Par exemple, dans L'axe de Koudriss, Chaaas surprend une relation homosexuelle et cela le choque, car la société des super-jardiniers est très orthodoxe. Il deviendra plus tolérant.

 Un autre personnage, plus tôt, est Armelle Clécy.

 C’est une jeune femme timide, aux os cassants, donc elle agit peureusement pendant un livre ou deux avant de se développer. Ça ne passait pas bien pour mon dir-lit, pour un modèle féminin. Mais c’est sa fragilité qui lui donne cette voix narrative spéciale, cette fausse naïveté. En plus, elle est la fille biologiques de deux mères, ce qui passe mal dans certains conseils scolaires.

Mais je sais que des adultes ont « trippé » sur la série.

 

·         Quel personnage de papier que tu as inventé aimes-tu le plus ?

 

Plézar, un personnage destiné au départ à un rôle très limité dans le deuxième livre de la série La quête de Chaaas. À tel point que j’ai créé en 22 jours une courte BD manga de Chaaas où on le voit. Si vous notez l’année de production, c’était peu après que j’ai terminé le texte des Vents… en 2008.

 

Dans le premier livre, c’est l’aide de camp d’un général, un serviteur costaud et balafré. Le jeune Chaaas le considère comme une brute sans intelligence. Le lecteur découvre vers la fin que l’adolescent se trompait, mais sans plus.

Dans le second tome, le vieux général envoie son serviteur disputer une partie de gomshak, un jeu de plateau populaire, à sa place. Plézar ne devait pas intervenir dans l’intrigue principale, mais… il tombe en amour avec une jolie maîtresse de cerf-volant!

« Plézar n'est pas très beau; ses campagnes militaires aux côtés du général Dziunn ont laissé leur empreinte sur son visage rude. Deux traits parallèles, visibles de loin, griffent sa joue droite. En revanche, sa tresse luxuriante, épaisse comme un bras, couverte d'écussons, de décorations et de barrettes précieuses, suscite l'envie de plusieurs.

Plézar se révèle un très bon stratège doué d’un sens de l’observation très pointu. Il sera accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis (alors que dans ma première version c’était le questeur Sirius qui était ainsi accusé!)

 

Chaaas va découvrir que sous son apparence fruste, se cache un être généreux et vulnérable. Ça le motivera à faire enquête pour l’innocenter.

 

Ce personnage me permet d’aller à contre sens des clichés de brute sans cervelle qu’on voit souvent en littérature jeunesse. Et aussi, il montre l’étendue du sacrifice. Car Plézar, amoureux, injustement accusé, va perdre les deux choses qui lui valent le respect dans cette société : ses longs cheveux et ses insignes. C’est dépouillé de ses attributs valorisants qu’il aura enfin le courage de déclarer son amour. Pour la réponse de la douce, lire Les vents de Tammerlan

 

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 10:58

 

L’histoire :

 

Ouvrez grand le livre du Destin. Un site de voyance en ligne sème la panique. Le principe ?. Un devin répond à une première question sur votre avenir, gratuitement. Les suivantes sont à 1000 euros. Ça ressemble à une arnaque classique, mais après plusieurs essais, le commandant Antoine Rochand s'aperçoit que le site dit la vérité. Quand à Caroline, une adolescente d'une quinzaine d'années, elle reçoit un mail du voyant, non pour lui prédire l'avenir, mais pour l'appeler à l'aide. Avec Antoine, elle se lance sur la piste de Super Devin, sans savoir ce que le futur lui réserve !

 

Les thèmes :

Thriller fantastique / Enquête / Nouvelles technologies / voyance en ligne / Paranormal / Mystère / Suicide /

L’avenir est-il écrit ?

 

Commentaires :

 Voici un roman inventif, réussi, au rythme soutenu, une matière à réflexion sur le destin, l’écriture de l’avenir… Il s’agit d’un récit captivant, agréable et distrayant qui se lit facilement, d'un auteur à l'imagination fertile. 

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 10:39

 

·         Michèle, cette fameuse imagination, d’où vient-elle ?

 

J’ai écrit un article de blog complet : Où prenez-vous vos idées? (http://savantefolle.wordpress.com/2010/08/09/ou-prenez-vous-vos-idees/ )

Sur les mauvaises perception du public à l’égard du travail de l’écrivain.

 

De quoi t’inspires-tu ?

 

La réponse est dans ce dessin: voici l’arbre de la créativité.

 

 

·         Comment procèdes-tu pour écrire ? Un plan ? des carnets ?

Je fais une liste d’épicerie de « ce qui va arriver » dans mon histoire. Généralement, j’ai en tête la fin et le début, plus quelques scènes fortes.

Oui, je traîne un carnet dans lequel croquis et notes se mêlent joyeusement.

 

Voici d’ailleurs la couverture de mon dernier roman griffonnée sur la page de garde de mon carnet !

 

 

·         A quel moment de la journée écris-tu ? Surtout le matin, car mon fils revient de l’école très tôt.

Avec quoi ? Directement au clavier

Une heure précise ? Non, mais je sais par expérience que si je n’ai rien commencé avant 9h30 ou 10h00, je sens que j’ai perdu du temps. Je suis moins motivée.

As-tu besoin d’isolement ? Oui.

 

·         Qui te lis en 1er ? Un proche ? Pourquoi ?

Quand j’ai commencé, c’était mon mari. Maintenant, c’est mon dir litt. Car mon mari manque de temps.

·         Qu’aimerais-tu écrire ?

 

J’aimerais un suspense d’espionnage (c’était le sujet d’Ithuriel) mais je découvre que des écrivains (comme Jean-Jacques Pelletier) le font mieux que moi. Dans un sens, ça soulage.

 

Un sujet que tu n’as pas abordé et qui te taraude ?

La guerre, le conditionnement mental, comment poussent les préjugés, jusqu’à empoisonner la vie. Il y a eu un massacre à mon école d’ingénieurs en 1989, par un jeune qui était tout perdu dans sa tête et a absorbé comme un éponge tous les préjugés ambiants contre les femmes. Pour les curieux, j’aborde le sujet dans cet article : Le poison mental des attentes .

 

Un genre ?

Horreur, fantastique, espionnage (j’ai essayé!). Pour l’horreur, j’ai une imagination débordante d’idées noires. Sauf que je les trouves tellement déprimantes que je ne me vois pas infliger cela à des jeunes lecteurs, qui sont encore dans leur phase de développement et de construction d’identité. Du mois, pas sans filtre. L’horreur pour jeunes fonctionne, mais vous remarquerez que ce sont des horreurs convenues (zombies, fantômes…)

Je ponds des textes fantastiques et réalistes. .

 

·         Écrire à 4 mains cela te tente-t-il ?

Oui. Surtout en BD.  

 

·         Est-il facile de vivre de sa plume ? Exerces-tu un autre métier ?

Au Canada, le service de droit de prêt Public a recensé 16 000 auteurs en 2009. Le paiement médian annuel est de 300 $ (200 euros). Sur ceux-là, moins de 50 (fiction et non fiction confondue) peuvent dire que leurs droits d’auteur suffisent à les faire vivre, et une douzaine (ceux  remarqués par les médias, ou qui gagnent un prix très prestigieux) en vivent très bien.

 

Je donne des ateliers dans les écoles pour encourager les jeunes à lire, à persévérer. Je leur fais des caricatures que les élèves gardent. Donc je vis bon an mal an comme auteure, mais je ne peux soutenir un mari et un enfant.

 

 

·         Qualités et défauts de la Femme? qui rejaillissent sur l’écrivain ?

 

Timidité. Empathie.

Je déteste la cruauté sous toute ses formes, et cela veut dire que quand il arrive quelque chose de dur à mes personnages, je me sens un peu coupable.

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 12:12

A l’occasion du Salon du livre de jeunesse de Montreuil sont publiées les traditionnelles statistiques dont le seul but est de nous dire que tout va bien, et qu’il faut se méfier des "idées reçues" (entendez : les vérités qui dérangent). Donc, les journaux télévisés l’ont hier proclamé triomphalement : contrairement à ce qu’on croit, les jeunes lisent beaucoup. 70% des 8-10 ans lisent régulièrement, 50% des 11-13 ans et 40% des 14-16 ans également.

 

    Mais pourquoi diable s’alarmer, puisque tout va si bien ? Et le reportage de France 2 de nous présenter une sympathique fratrie illustrant ces statistiques. Ah, certes, nous dit le journaliste, ils ne lisent pas de classiques. Et d’ailleurs, le frère aîné, environ 15 ans, ne lit rien du tout, cramponné qu’il est à sa Nintendo DS. La deuxième, 12 ou 13 ans, lit… des mangas. Et visiblement, elle ne choisit pas les plus loquaces puisque l’album qu’elle tient entre ses mains est ouvert sur une page où les dessins ne sont ponctués  que de trois ou quatre mots dispersés. Elle préfère, dit-elle à la caméra "voir les per-sonnages". La petite dernière est la seule à lire des romans. De littérature de jeunesse, bien sûr. Adorateurs de Pagnol ou Daudet, passez votre chemin. Et le commentateur de poursuivre, en insistant une fois encore : les jeunes lisent des "livres". Certes, ce ne sont pas les mêmes que leurs parents, mais ils bénéficient de tant de "nouveaux supports"

 

    Il y a déjà quelques temps qu’une telle escroquerie intellectuelle est pratiquée. Elle permet notamment de proclamer chaque année que l’édition se porte bien puisque les "ventes de livres" augmentent. En effet, on y inclut les bandes dessinées. L’auteur de ces lignes se souvient d’ailleurs d’avoir assisté il y a cinq ans, lors d’un reportage dans un IUFM, à l’un de ces séminaires de formation qui faisaient tout le merveilleux de ces belles institutions. Devant une formatrice bienveillante et ravie, une stagiaire documen-taliste résumait les avancées de son travail de recherche en vue d’un mémoire sur les  "pratiques de lecture des élèves de sixième". Où il apparaissait que les filles lisaient plus que les garçons, et que le livre le plus emprunté par les filles au CDI du collège était Harry Potter, alors que le livre le plus emprunté par les garçons était Titeuf. Personne pour s’étonner qu’une documentaliste puisse considérer Titeuf comme un "livre", et moins encore pour s’affliger qu’il fasse partie du catalogue d’une bibliothèque de collège.

 

    Qu’on ne se méprenne pas. Il ne s’agit pas de dévaloriser la bande dessinée ou d’en nier le caractère créatif et artistique. Je suis, pour ma part, grande lectrice d’Hugo Pratt, autant que de Fred ou Gotlib, ou encore François Bourgeon. Mais la bande dessinée n’a nul besoin de mensonge pour exister et pour se voir reconnue. Une bande dessinée n’est pas un livre parce qu’elle ne met pas en jeu les mêmes processus mentaux dans le cerveau de celui qui la lit. Et les phrases morcelées (même quand elles sont superbes de poésie) qui répondent aux images ne nécessitent pas de développer une capacité d’abstraction appuyée sur un élan continu. D’autant, bien sûr, que ces jeunes gens ne lisent ni Corto Maltese ni Alix (qui leur constituerait pourtant une solide culture antique), mais bien plutôt des mangas japonais, caractérisés par leur peu de dialogues.

 

    Prétendre, donc, que la bande dessinée est un premier pas vers la lecture est tout bonnement faux. Encore une fois, il s’agit de deux activités de nature différente. Et l’on se demande bien, si tel n’était pas le cas, pourquoi la République se serait donné la peine d’ouvrir des écoles, alors que, depuis le Moyen-Âge, les masses analphabètes avaient à leur disposition, pour "lire", la tapisserie de Bayeux ou les vitraux de Chartres.

 

    La littérature de jeunesse pose un autre problème. Lire Harry Potter ou l’un de ses nombreux avatars, ou même ces livres improbables que des professeurs prescrivent en 6ème ou en 5ème, c’est bel et bien lire. Mais l’histoire qu’on lit et les mots qui la racontent sont ceux de l’enfance et de l’adolescence. C’est justement pour cela que ces ouvrages attirent tant les jeunes : on leur y parle du seul sujet qui les intéresse, eux-mêmes.

 

    Une littérature de jeunesse, bien sûr, a très tôt existé. Mais elle était écrite dans un langage qui était proche de celui des adultes, et les histoires véritablement enfantines, comme celles de la comtesse de Ségur étaient destinées à des petits de sept ou huit ou ans, guère plus. Passé ce délai, on lisait des livres destinés aux adultes, mais accessibles, de Kipling à Dumas.

 

    La littérature de jeunesse court toujours le risque, par delà quelques réussites magnifiques, et quelques authentiques chefs d’œuvres, de n’être qu’une occasion de plus pour les adultes de renoncer à leur rôle de passeurs, qui consiste à faire don aux jeunes générations des références et des récits qu’ils ont eux-mêmes hérités de leurs pères. Chacun ses lectures, chacun ses références, et la transmission s’arrête ; les jeunes jamais ne s’approprieront le monde. Passée l’adolescence, ces jeunes ne lisent plus, ou restent à jamais figés dans la distraction régressive de l’ "heroïc fantasy". Mais les livres qui leur parlent de l’Homme, de la société, du réel, ils ne les ouvriront jamais.

 

    Ce constat éclate aux yeux de quiconque regarde honnêtement autour de lui. Mais  il est plus rassurant de se répéter à l’envi que, si, si, bien sûr, "les jeunes lisent des livres". Histoire d’oublier un instant notre responsabilité d’adultes dans cet enprisonne-ment mental de nos enfants. Le 1er juin 1885, plus d’un million de personnes accom-pagnaient la dépouille de Victor Hugo vers le tombeau des grands hommes. Le peuple de France était là, car le peuple l’avait lu. Combien seraient-ils aujourd’hui ? Bien moins, sans doute, que les foules pleurant Michael Jackson.

 

Natacha Polony

 

 

Pour ceux qui souhaiteraient guider leurs enfants à travers les livres, les éditions Terra Mare et la Fondation pour l'école ont publié un petit ouvrage intitulé : La bibliothèque idéale : que lire    de 5 à 11 ans ? Le Fondation pour l'école milite pour les écoles hors contrat et le chèque éducation, ce qui va radicalement à l'encontre des choix de ce blog. Pour autant, elle s'appuie sur une concep-tion de l'instruction qui fait de ce petit ouvrage une mine de bonnes idées. Contes oubliés de Tolstoï ou de Ionesco, mais aussi littérature de jeunesse et bandes dessinées devenues classiques, tous les goûts se retrouvent. Le catholocisme revendiqué par la Fondation explique aussi les quelques chapitres de littérature religieuse. Les athées, agnostiques et adorateurs d'autres dieux peuvent évidemment ignorer ces quelques pages. La question de savoir si se procurer ce livre risquerait de contribuer au financement d'une association dont on réprouve les options politiques est cependant une question légitime ; je la laisse à la liberté des lecteurs de ce blog. (NP)

 

http://blog.lefigaro.fr

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 12:04

Que lire de 5 à 11 ans ?

 

Guide biblio.jpg

 

Guide à l’usage des familles, des écoles et des bibliothèques.

 

    "Raconte-moi une histoire ! Encore un livre, juste un seul !"

 

    À la maison, la lecture du soir est un moment de complicité partagée entre les adultes et les plus petits. Pour les enfants plus grands, c'est une fenêtre grande ouverte sur la liberté. À l'école, un silence absolu laisse vibrer la voix de la maîtresse, changée en celle du héros ou du "méchant". À la bibliothèque, l'heure du conte est attendue avec impatience.

    Mais comment s'y retrouver parmi les milliers de titres proposés chaque année ?  Quels livres méritent-ils vraiment d'être lus par de jeunes lecteurs, alors que leur sensibilité et leur vision du monde sont en pleine construction ? C'est à nous de choisir quelle culture nous souhaitons leur transmettre à travers leurs premières lectures.

 

Ici ont été privilégiés des livres bien écrits, riches en vocabulaire et joliment illustrés. Le souhait a été de proposer des oeuvres mettant en scène des héros positifs auxquels les enfants puissent s'identifier, qui les enthousiasment et leur donnent envie de se lancer à leur tour dans l'aventure de la vie. L'humour et le réalisme y font bon ménage avec la poésie et le rêve.


Auteur : Anne-Laure Blanc

Direction éditoriale : Grégoire Boucher

Editeur : Les éditions TerraMare pour la Fondation pour l’école

Collection : Guides pratiques

Date de parution : Septembre 2010

 

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POURQUOI ce BLOG ?

 Le BLOG consacré
aux AUTEURS,
à la LITTERATURE JEUNESSE
et à L'ECRITURE
.

Enfants 1 199La lecture est une nécessité dans le monde moderne. Elle permet de maîtriser la langue, de développer l’imaginaire, de structurer la pensée, d’accéder au savoir, d'acquérir du vocabulaire... C’est pourquoi parents et enseignants se lamentent lorsque les enfants ne lisent pas et les ados encore moins. Pourtant, ils prendront PLAISIR à lire... pur cela, il suffit de les juindécembre2010 225aider à ouvrir la porte.

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  

 

 Avec ce blog, j'aimerais :
 * faire découvrir la littérature jeunesse,l'écriture et les auteurs pour la jeunesse
partager une passion et pourquoi pas donner envie de lire et de rêver entre les pages.  

juindécembre2010 260Le livre est une véritable source de plaisir, de joie et d'émotion. Beaucoup d’élèves disent ne pas aimer lire. Je ne suis pas loin de penser que TOUS aiment lire, sans exception ! Le plus difficile pour eux est de parvenir à trouver dans la masse, LE livre, celui qui ne va pas les endormir… juindécembre2010 227LE LIVRE, celui qui va leur "parler", le livre qui leur correspond, le livre qui va leur remuer les tripes, les boyaux, les neurones, la tête !!!  

Enfants 1 178-copie-1Personne n'aime lire toutes les histoires, tous les livres. Evidemment. Il existe donc des "critères" à appliquer pour trouver et emprunter la perle, le livre qui va faire définitivement plonger dans le plaisir de lire !

Dans le livre on fait de merveilleuses rencontres, on découvre plein d'amis, on voyage, on s'ouvre sur le monde, on vit des aventures que l'on ne connaîtra jamais dans la vie de tous les jours : on embrasse des princesses, on escalade des rochers, on "zigouille" les méchants, on galope sur des chevaux lancés à la poursuite de terribles bandits ... bref, on fait de fabuleux voyages pour... "sourire, rêver et aimer" (Lisez "Le type" de Philippe Barbeau.) !!

Enfants 1 258Dans ce blog, il sera question des hommes et des femmes qui écrivent : les écrivains pour la jeunesse. Les ouvrages de littérature jeunesse de qualité seront présentés, racontés, "décortiqués"...
Vous lirez des interviews de professionnels, vous découvrirez des portraits, le monde de la chaîne du livre (éditeurs, imprimeurs, libraires...), vous trouverez également des conseils, vous ferez des rencontres, participerez à des débats, vous lirez des expériences d'animations pédagogiques autour des livres, vous découvrirez des "paroles" d'élèves, d'enseignants, des textes et.... plein d'autres choses encore !

juindécembre2010 224

 Brigitte Coppin 015
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    "Les gens qui aiment lire sont rarement des salauds !"
Xavier-Laurent PETIT
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  SPECTACLES

   

  "Salomon, vous vous rendez-compte ?"

de Christophe Boutier

 

spectacle radeau 010 

 

Sa majesté des couches"

de Christophe Boutier  

 

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  Une comédie en V actes écrite et mise en scène par Christophe Boutier

L’histoire de la séduction, de l’enfant et de sa famille depuis la préhistoire jusqu’à l’enfant-roi du XXIème siècle.

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Sur scène, il y avait :

- 14 comédiens 

- Six musiciens professionnels dont Michel Léger, accompagnateur de vedettes de la chanson et du cabaret, telles que La Bande à Basile, Daniel Guichard, Zanini, Jean Constantin, André Aubert (Don Patillo)...

- la chorale du collège de Xavier Bélanger (professeur d'éducation musicale qui a mis en musique le spectacle) qui a interprété des chansons de variété en rapport avec l'enfance.

- des projections murales assurées par les élèves de l'option image (Eddy Dabrigeon...) du collège, option dirigée par Cécile Cotten,  professeur d’Arts plastiques.

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Les spectacles précédents

 

2013- Le temps du maquis"

2012 - "Salomon, vous vous rendez compte ?"

2011 - "Sa majesté des couches"(Gannat)

2010 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes"  : 2ème épisode (Gannat)

2010 - "Un zèbre sur la banquise" (Gannat)

2009 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes " : 1er épisode (Lapalisse)

2008 - "La farce vaudevillesquement tragique de la chambre forte du jugement dernier. " (Lapalisse)

2007 - "Le terrier zeixcoussois en Zinzinmouli ou la complainte des comédiens en danger" (Saint- Prix)

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    Un grand MERCI donc à tous les écrivains jeunesse
 que j'épuise et à qui je donne mal à la tête !!!
Ah ! Ah !!

Enfants 1 224Christian Grenier, Eric Boisset, Alain Grousset, Alain Surget, Béatrice Nicodème, Anne-Marie Desplat-Duc, Susie Morgenstern, Arthur Ténor, Hubert Ben Kemoun, Jean-Côme Noguès, Marc Séassau, Fabrice Colin,  Lorris Murail, Roger Judenne, Philippe Barbeau, Anne Ferrier, Evelyne Brisou-Pellen, Eric Sanvoisin, Christophe Léon, Jean-Luc Luciani, Béatrice Egémar, Magali Herbert, Guy Jimenes, Jean-Claude Mourlevat, Raymond Perrin, Jean-Baptiste Evette, Marc Cantin, Claire Gratias, Christophe Miraucourt, Xavier Bascour, François Librini, René Gouichoux, Yaël Hassan, Jean-Marc Ligny, Marie-Aude Murail, Cécile Roumiguière, Brigitte Coppin, Dorothée Piatek, Sophie Audouin-Mamikonian, Fanny Joly, Johan Héliot, Jack Chaboud, Jean-Luc Marcastel, Stéphane Daniel, Emmanuelle et Benoît de Saint Chamas, Jean-Paul Gourévitch, Michèle Laframboise., Florence Hinckel, Christophe Loupy, Lénia Major, Viviane Koenig, Marie Mélisou..

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... évoque le BLOG sur la littérature jeunesse.

 

"Des conseils pratiques de pro à pro, des interviews délicieuses et des
articles écrits par des écrivains ou des éditeurs, des bibliographies,
des réflexions sur la littérature jeunesse, des coups de coeur et
 des anecdotes...On trouvera tout cela (!) sur le blog de C
hristophe
Boutier, professeur documentaliste  au collège de Gannat (Allier).

Les petits articles de réflexion sur certains aspects de la littérature
jeunesse sont parmi les plus intéressants, d'autant plus qu'ils soulèvent
parfois des points souvent peu vus : les genres relevant de l'imaginaire
et les critères de classification (science fiction, fantasy...), les styles
d'écriture (classique, moderne…), ou encore le souci de la véracité dans
les romans historiques jeunesse.

En plus de cela, on trouvera une liste impressionnante de sites
d'écrivains  et des ressources diverses et variées qui émaillent les
articles (liens vers des  sites de séries jeunesse, des conférences
en ligne...), des « trucs et astuces » de Doc pour aimer et faire
aimer la lecture, des bibliographies...

Si la mise en page gagnerait à être un peu plus claire et lisible, le côté
bric-à-brac (où on flâne volontiers de longs moments) perdrait de son
charme...

Par un prof-doc amoureux et défenseur acharné de la littérature
jeunesse.
"

 

Rubriques

CULTURE au CDI de Gannat

Collège de Gannat (03)

" Fête de la culture, de la lecture et de l'écriture"

  Mai 2013 - 4ème édition

Eric Boisset 

Mai 2013 145

ArthuArthur Ténor 024r Ténor

Alain Surget 

Alain Surget 053

 

Mai 2012 - 3ème édition

 Jean-Luc Marcastel

jean-luc-MARCASTEL-010.jpg

Brigitte Coppin 

      Brigitte-Coppin-013.jpg

 

Mai 2011 - 2ème édition

Philippe Barbeau, Christian Couty

juindécembre2010 236

Béatrice Nicodème

 

juindecembre2010-245.jpg

 

Juin 2010 - la 1ère édition :

 

Alain GROUSSETet Christian GRENIERétaient parmi nous pour évoquer la Science-Fiction (SF) etpour débattre des nouvelles technologiesqui pourraient "tuer » les livres...

 Enfants 1 196

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Le nouveau spectacle du collège

Joseph Hennequin de Gannat, dans l’Allier.

 

 

La troupe de théâtre du collège Hennequin, composée cette année de 30 comédiens issus des quatre niveaux de classes, a réalisé un film (un vrai ! en noir et blanc)écrit par Christophe Boutier, professeur documentaliste, « Le temps du maquis» (vendredi 14 juin 2013, centre socio culturel de Gannat). Xavier Bélanger, professeur d’Education musicale, assurera la mise en musique.

Ce film présente la dure réalité de la vie quotidienne et clandestine, au milieu de la forêt,d’hommes et de femmes – les maquisards - remarquablement courageux qui recoururent, au péril de leur vie, à la guérilla pour s’attaquer à la milice du Maréchal Pétain et aux troupes d’occupation allemande.

Ce spectacle entre dans le cadre du projet « Devoir de mémoire », une option du collège menée en classe de 3ème. Les 16 élèves de cette option dirigée par M. Bellet, professeur d'Histoire, présenteront la soirée :

En 1ère partie, un court métrage : Roger VENUAT, résistant dans le maquis de Hérisson (Allier, 03), au collège Joseph Hennequin.

En 2ème partie, la pièce de théâtre, « Le temps du maquis »

ENTREE GRATUITE

  

QUI SUIS-JE ?

Je suis Christophe BOUTIER, professeur documentaliste au collège de Gannat (1 rue Joseph Hennequin. 03800 GANNAT) , dans l’Allier, en Auvergne.

Passionné par la littérature jeunesse, l'écriture, la lecture... j'ai découvert, grâce à ma profession cette littérature - une vraie littérature ! - qui comporte de magnifiques textes. Et derrière des mots adressés, peut-être davantage aux enfants, aux adolescents - quoi qu'un bon texte doit pouvoir être lu par tous sans aucune histoire d'âge ! - se cachent des écrivains adorables, des personnes d'une incroyable richesse humaine, intellectuelle et culturelle, des gens de talent que j'ai/j'ai eu la chance pour certains de côtoyer !

Aujourd'hui, j'éprouve le besoin de partager mon amour des auteurs jeunesse et de leur oeuvre ! je compte également sur vous lecteurs pour faire vivre ce blog, mutualiser nos expériences, nos connaissances, nos réflexions et... débattre.

 
Mon autre BLOG, celui du CDI du collège de GANNAT :
http://www.cdi.gannat.over-blog.com