Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de CHRISTOPHE BOUTIER, professeur documentaliste au collège de St Germain-des-Fossés, dans l'Allier
  • : Blog qui a pour objectif de parler de la littérature jeunesse, des écrivains jeunesse... pour donner le goût de lire aux adolescents. L'objectif est également d'intéresser à la culture. Il s'agit aussi de faire découvrir cette littérature à part entière aux adultes.
  • Contact

Le Vampire Du Cdi

  • Le cédéiste
  • Je suis le "VAMPIRE d'un CDI" auvergnat !

ANECDOTES

Pierre BOTTERO,

le Seigneur des ados !

 

Pierre Bottero était fier d’être un auteur jeunesse - une littérature qui n’a rien à envier en qualité à la littérature « vieillesse. » S’il n’était pas qu’un auteur de fantasy, il faut bien reconnaître que c’est à cette littérature de l’Imaginaire qu’il dût son incroyable succès !

Dès l’enfance, il tombait dans la marmite de la fantasy. Il dévorait Tolkien (Un choc ! S’en suivi, plus tard, l’idée que la fantasy ne pouvait s’écrire que sous la forme d’une trilogie), Zelasny, Farmer, Moorcock, Vinge, Howard… Les grands noms qui allaient lui permettre de devenir l’auteur que nous connaissons. Plus tard, il appréciera les auteurs « jeunesse » tels que Erik L’homme, Hervé Jubert, Fabrice Colin ou Philip Pullman, Eoin Colfer pour ne citer qu’eux. Il n’y a pas de concurrence en littérature jeunesse, les auteurs s’apprécient, se côtoient, se téléphonent, se rencontrent, se parlent, rêvent ensemble d’histoires communes. Ainsi Erik L’Homme et Pierre imaginaient ensemble, « A comme assassins »…

De ses lectures, Pierre Bottero ne devait pas ressortir indemne.

C’est par hasard qu’il se lançait dans l’écriture, pour aider sa fille qui séchait devant un concours d'écriture : il rédigeait quelques pages sur son ordinateur, se piquait au jeu, poursuivait (son épouse réclamait la suite), envoyait le texte à un éditeur qui le publiait... Il était dit qu’il n’arrêterait plu. Marqué à tout jamais par Tolkien, il était évident qu’un jour, il s’essaierait à la fantasy. C’est ainsi que naquirent « La quête d’Ewilan », « Les mondes d’Ewilan » et « Le pacte des Machombres. »

 

 

 

Pierre Bottero se fichait éperdument du cadre dans lequel on allait placer ses romans. Mais pour les « techniciens, l’auteur lui-même évoquait la Low Fantasy. Il s’agit d’une low fantasy - inspirée par ses jeux d'enfant, ses rêves d'adulte, ses lectures et les émotions ressenties au quotidien - dans laquelle existe un équilibre entre le bien et le mal, le courage, la volonté et la détermination où domine le désir de tout ramener à des intérêts individuels (égoïsme forcené, aveuglement quant à la mise en danger des équilibres…). Un parallèle pourrait d’ailleurs être établi entre le chaos décrit et notre monde réel. Mais attention. Les propos de Pierre ne demeurent pas sombres, ils restent optimistes. Pour avancer ! Avec pour personnages principaux des… femmes. Pierre était fondamentalement féministe. Il aimait à dire qu’il y avait moins de « cons » chez elles que chez les hommes. Toutefois, Pierer Bottero n’a jamais cherché à donner des leçons, il se méfiait trop pour cela des « transmetteurs » de valeurs et des donneurs de leçons. Le livre était pour lui un objet de partage.

Ce partage, il l’avait avec sa famille qui appréciait ce qu’il écrivait et qui le rassurait : Claudine, son épouse, ses deux filles lisaient ce qu’il écrivait avant publication.

 

 

 

Lorsque Pierre Bottero était invité dans un salon du livre pour une dédicace, il faisait partie des auteurs les plus demandés (il ne faisait pas bon signer à côté de lui !) : les impressionnantes files d’attentes composées de lecteurs (jeunes et moins… jeunes !) en témoignaient. C’est avec émotion qu’ils recevaient tous les messages de sympathie et… d’amour. Ses livres touchaient, ses histoires permettaient le partage et faisaient rêver, Pierre vivait alors une aventure … magique.

Il avait beau affolé le compteur des ventes, ce qui avait un réel impact sur lui, c’était :  de percevoir la flamme dans les yeux de ses « fans » (euh ! il n’aimait pas le mot), de recevoir leurs avis, de parler avec eux.

Tant d’amour le gonflait à bloc et lui transmettait une énergie positive.

C’est pourquoi, ce succès (qui lui permit d’abandonner son métier d’instituteur) qu’il percevait intensément, à la fois avec bonheur (évidemment !) et tranquillité, lui donnait également un sentiment de responsabilité. Ainsi, s’il savait se montrer reconnaissant envers ceux qui l’avaient aidé à améliorer son écriture (Caroline Westberg, son éditrice chez Rageot), il avait également de la considération pour ce public à qui il devait tant. Quand vous rencontriez Pierre, assis derrière sa table de dédicace, vous aviez le sentiment qu’il n’attendait que vous ! Pierre veillait soigneusement à être proche de son « public », un de ses… bonheurs. Il respectait humainement ses visiteurs et ses lecteurs en leur offrant des histoires dont il voulait qu’elles évitent facilité et démagogie. Il apportait ainsi beaucoup de soin et d’exigences aux corrections, un travail exigeant, vorace en temps et en énergie.

 

L’écriture de Pierre Bottero avec « Le pacte des marchombres » avait atteint une belle maturité. C’est ce que Pierre lui-même soulignait quand il affirmait que « c’est en écrivant qu’on apprend à écrire. » En effet, cette dernière trilogie qui met en scène le personnage d’Ellana est moins légère, plus complexe, que celle de « La quête d’Ewilan » : l’auteur avait eu le sentiment d’avoir grandi, évolué et de s’être trouvé, un sentiment accompagné par le désir de partager encore davantage avec le lecteur. Pierre Bottero était un homme intègre, voilà pourquoi il continue d’être autant aimé. A la lecture de ses trilogies, cette sincérité transpire. Pierre prenait un immense plaisir à écrire, à « rêver », à imaginer le monde (issu d’un vieux rêve de liberté absolue) d’Ewilan, d'Ellana. Il prenait un immense plaisir lorsque d’autres que lui se baladaient dans "ses" mondes. Pierre Bottero écrivait pour être lu mais aussi pour explorer des contrées inconnues (se connaître lui-même ?) et entraîner à sa suite tous ceux qui étaient tentés par l'aventure... Quand il mettait le point final, c’était à la fois une joie (celle d’avoir terminée et d’être satisfait du résultat) et une déchirure (celle de quitter l’univers crée)… Un sentiment d'être coupé d'une part de soi-même avec l’irrésistible envie de replonger très vite.

 

Pierre le « poète » accordait beaucoup d’importance au travail de réflexion qui précède l’écriture. Lorsqu’il attaquait le premier chapitre d’un roman, la trame générale était dans son esprit, il connaissait très bien ses personnages. Ensuite, plongé dans le cœur du roman, il écrivait sans arrêt, du matin au soir, parfois pendant la nuit. Puis, il pouvait ne plus écrire pendant des semaines Enfin, presque car il écrivait toujours… dans sa tête. Quand il n’écrivait pas, il écrivait sans écrire. Pierre était un homme normal qui aimait lire, courir, menuiser, bucheronner, voyager, rencontrer, parler, rêver… et sourire ! Ah, ce sourire !I

L’écriture de Pierre était une écriture « vraie », sans complaisance, une écriture qui venait des tripes, un cadeau offert au lecteur. Il n’était satisfait que si les mots qu’il employait correspondaient réellement à ce qu’il souhaitait écrire. Cette honnêteté, il la devait à ses lecteurs. Pierre était un travailleur qui reprenait, sans cesse, son récit, la cohérence, le fond, la forme… C’est pourquoi il prenait grand soin, malgré les pressions des lecteurs, de ne pas chercher à publier, à tout prix, trop rapidement. Il était persuadé qu’il valait mieux patienter et faire patienter plutôt que de se décevoir et décevoir. Il pendait qu’il fallait laisser le temps à l’histoire de pousser, à son rythme...

 

-------------------

   "Le Loup à la voix de miel"
Marc SEASSAU (Grasset jeunesse)

J’ai fait venir dans le collège où je travaillais alors, l’écrivain Marc Séassau.  La journée fut belle et pleine d’émotion notamment lorsque Marc anima une rencontre à deux voix (j’adore organiser ce genre de rencontres : 2 auteurs face à une classe en même temps !) avec Jean-Côme NOGUES qu’il avait adoré lire lorsqu’il était ado.

Marc Séassau a écrit ce roman « Le loup à la voix de miel » parce qu’il a été marqué par sa convocation comme juré dans une affaire de viol. Dans son récit, il narre l’entrée en 6ème d’une petite fille qui, anonymement, dépose des extraits de « Peau d’âne » dans les poches, de sa « marraine », une élève de 3ème.  L’appel au secours était évident !

Cette rencontre a déclenché un phénomène pour le moins inattendu dont j'ai été le témoin, involontaire : il m'a fallu trois semaines pour comprendre ce qui m’arrivais !

Je trouvais régulièrement par terre, dans le CDI, toujours disposées par deux, des photos représentants des scènes classiques de la vie d'une famille avec une de nos élèves de 6ème (anniversaires...). J'ai évidemment rendu ces photos à l'élève qui, agressive, semblait ne pas comprendre pourquoi je détenais son bien. C'est tout juste si elle acceptait de reconnaître qu'il s'agissait d'elle sur les clichés ! Ces scènes se sont régulièrement reproduites ( trois, quatre fois pendant trois semaines) jusqu'au jour où j'ai eu un déclic  : une seule photo sur le sol évoquant la petite sur les genoux d'un homme. J'ai de suite compris (Peau d’âne !), j'ai alerté l'infirmière, la Principale du collège... Cette élève avait eu l’idée de reproduire ce que l’héroïne du roman faisait.
Voilà ce qu'uns simple rencontre d'écrivain peut entraîner en dehors du plaisir de lire.
Le roman avait libéré la parole de l’élève !


Nous en avons évidemment parlé avec Marc Séassau qui était évidemment KO : comment ne pas l'être ? Il avait écrit ce roman un peu dans un but pédagogique mais quand la réalité dépasse la fiction...

Recherche

PERLES de LECTURE

 Le collège de Gannat

 a voyagé dans le temps !

 

 Après la lecture des romans historiques jeunesse de Béatrice Nicodème....

    321.JPG

« Oyez ! Oyez gente dames et damoiseaux ! Entrez dans le Moyen Age ! » Ainsi s’est écrié le troubadour, jeudi 9 juin 2011, dans la plaine gannatoise : deux cent élèves de 5ème du collège Hennequin et CM2 des écoles du Malcourlet, de Pasteur et de Jean Jaurès ont bravement et « prestement » effectué le « pas sur le côté » pour revêtir leur cotte de maille et ainsi plonger en plein XIVème siècle.

  

284.JPG

  Pour rendre vivant et attractif le Moyen Age, période étudiée en classe et encore largement visible dans la cité des portes occitanes, Gannat, douze comédiens et cascadeurs professionnels de la compagnie toulousaine ARMUTAN, ont chevauché leurs destriers pour répondre à l’olifant de Christophe Boutier, professeur documentaliste, initiateur de cet imposant projet, « Cultures, loisirs et genres de vie au Moyen Age », un projet fédérateur d’énergie d’une année.

  323        

Un campement faits de plusieurs tentes, de peaux de bêtes, de râteliers d’armes, de tonneaux… a été établi dans la partie herbeuse et arborée de l’établissement scolaire. Les écuyers – élèves, aux yeux brillant de plaisir, répartis en six « compagnies » de « routiers » qui répondaient au nom d’un  célèbre homme de guerre, du Guesclin, Prince noir ou bien d’un roi, Philippe Auguste…ont défilé avec leurs bannières dans les sept ateliers pédagogiques pendant six heures.  Ainsi, ils ont été initiés à l’archerie, au maniement des armes, au combat rapproché, à l’héraldique – l’art de faire son blason – à la danse, aux instruments et à la musique, à la jonglerie… Le capitaine « Barbepeste » et ses sbires ont alors conquis la « piétaille » qui après explications et démonstrations, devait mettre en pratique l’enseignement de leurs maîtres…  

   336.JPG

 Les corps fatigués furent réparés par le succulent banquet médiéval régional (tortillons gannatois, galichons d’Escurolles, fromages de chèvres de Bellenaves, Fraises bourbonnaises sur lit de fromage blanc de campagne de Cérilly étaient inscrits sur le très beau papier imprimé à l’ancienne par le moulin Richard de Bas ), pris en musique, et proposé par le chef, Sylvain Bruno. Une projection d’images, capturées dans la matinée, proposées par les élèves de l’atelier image du collège lors du repas, a également ravi les convives.

  287.JPG

En fin d'après-midi, les petits occitans, tout sourire, étaient regroupés pour assister à un spectacle de jongleries burlesques proposées par « Grand mètres Yann »,  à de la poésie lyrique, et à une impressionnante saynète de combats à l’épée accompagnée par la musique du groupe DAYAZELL.

 

Quel bonheur ! Quelle joie d'avoir vu les yeux des enfants pétiller de plaisir ! Quel  moment de vie ! Il ne fait aucun doute que cette journée unanimement saluée comme étant extraordinaire restera gravée dans les mémoires.

  351.JPG Alors, un grand MERCI à tous ceux qui ont participé à la réussite du projet ! Les personnels du collège Hennequin, la mairie de Gannat, les mécènes, les comédiens si sympathiques et bien sûr…les élèves !

 

Pour en savoir davantage :

 

RV sur le blog du collège de Gannat (03),

une 100e de photos...

 

http://cdi.gannat.over-blog.com/

 

    ------------------------------------

 

 

A propos de ce blog !

 

Lu dans « La nouvelle encyclopédie des filles 2011 » de Sonia Feertchak ((Plon)

 

« Le blog passionné et passionnant d’un professeur documentaliste  fou de littérature jeunesse, pour « sourire, rêver, aimer ». Des articles vivants sur la lecture, qui donnent envie de découvrir plein de livres et autant d’auteurs

 

 

-------------------                                                      

A lire, vraiment !




 

 

 

 

 

 

 

 

   

A travers de nombreuses anecdotes Christian Grenier évoque son enfance placée sous le signe du théâtre et de la lecture, son adolescence marquée par l'écriture et la passion. Il relate son parcours d'enseignant, d'auteur mais aussi de lecteur-correcteur, journaliste, scénariste et directeur de collection. Il se penche également sur les mécanismes intimes de l'imaginaire, détaille la genèse de ses oeuvres et fait pénétrer le lecteur dans les coulisses de l'écriture et de l'édition. Enfin il s'interroge sur les principes qui font d'une fiction un récit pour la jeunesse. Regorgeant de confessions, de convictions et de passion, ce témoignage d'une vie consacrée à la littérature jeunesse se lit comme un roman.
 

Archives

Le MOT du JOUR : ......

    "Des millions de gens vivent sans lire, mais ce qu'ils ignorent,

c'est qu'on vit infiniment plus en lisant."

Xavier-Laurent PETIT

  

     318 042 visiteurs 

Je vous livre l'adresse du blog de mon nouveau cdi et collège : http://colllafontaine.over-blog.com/

 

depuis octobre 2009

 

 

22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 09:59

 

Pourquoi écrivez-vous ? Est-ce quelque chose de facile à expliquer ?

 

Benoît : j’ai commencé à écrire sans trop savoir pourquoi. Et c’est plus tard, en rencontrant des jeunes lecteurs (qui posent très spontanément cette question) que je crois avoir trouvé la réponse. Ca remonte aux métiers dont je rêvais étant enfant. Ca changeait très souvent : je voulais être vétérinaire, pompier, boulanger, agent secret, policier, archéologue…mais celui qui revenait le plus souvent était explorateur. Puis, en grandissant, j’ai réalisé qu’il n’y avait plus d’explorateur aujourd’hui : le monde est entièrement connu, il n’y a plus de territoires inexplorés. J’avais tort : il y a bien des mondes à découvrir, des mondes d’ailleurs sans limites : je veux bien sûr parler de l’univers imaginaire. Ecrire est un moyen de les explorer.

 

Emmanuelle : avant d’écrire des histoires, j’en ai beaucoup inventées en jouant avec mes frères et sœurs (nous sommes cinq). J’ai joué très longtemps et je crois que j’ai toujours eu beaucoup d’imagination… Et puis un jour j’ai rencontré Benoît et nous avons eu envie de partager notre imaginaire avec d’autres (d’abord la famille, les amis et enfin les lecteurs). Ecrire est un formidable moment de partage.

 

C’est quoi, être écrivain ? Ecrire c’est quoi ?

 

Ecrire un livre, c’est se livrer, ouvrir son âme, son imagination et ses rêves pour les confronter à ceux des lecteurs. C’est une sorte de dialogue par papier (ou maintenant écran) interposé.

 

Que pensez-vous des écoles américaines dans lesquelles on peut apprendre à écrire ? En France, elles n’existent pas. Quels écrivains êtes-vous ?

 

Le risque, dans ce type d’écoles, est de formater l’imagination et le style. On en voit d’ailleurs le résultat dans les films et séries américaines qui, globalement, se ressemblent pas mal. C’est comme en cuisine : c’est bien de suivre les livres de recette mais la cuisine plus artisanale, plus spontanée, donne souvent de bien meilleurs résultats. Bien sûr, l’apprentissage de techniques peut être utile à la marge, mais le mieux, pour cela, n’est-il pas tout simplement de lire ?

 

Arthur Ténor parle de lui comme étant un « explorateur de l’imaginaire. » Avez-vous une formule pour vous caractériser ?

 

Gasp ! cette formule est superbe : si elle n’était pas déjà prise, nous la reprendrions volontiers à notre compte. Alors disons… « passeur de rêves », en espérant que ce n’est pas déjà pris. Nous aimons l’idée d’introduire un peu de rêve dans la réalité quotidienne. D’ailleurs, nous avons trouvé une formule qui résume assez bien notre registre d’écriture : c’est « rêvalité ». Parce que tout ce que nous écrivons puise dans un imaginaire plausible, où rêve et réalité s’entrecroisent, s’épousent, se fécondent mutuellement.

 

L’écriture a-t-elle toujours été en vous ou est-ce quelque chose qui est arrivé tardivement dans votre vie ? Y a t-il eu un élément déclencheur ?

 

L’élément déclencheur a été notre rencontre. Chacun de nous portait en lui, sûrement depuis longtemps, des histoires qui ne demandaient qu’à naître. Nous avons écrit notre première histoire la semaine qui a précédé notre mariage.

 

Pour qui écrivez-vous ? A moins que ce ne soit pour un public ? Pour être lu ?

 

Au début, nous écrivions sans trop nous demander pourquoi ou pour qui. Puis nous avons assez vite réalisé que si on écrit, c’est pour être lu. Alors, poussés par des proches,  nous avons envoyé nos textes à un éditeur. C’est comme quand on a une bonne histoire drôle : on ne la garde pas pour soi, on a envie d’en faire profiter un maximum de gens.

 

Le public/l’éditeur vous ont-ils influencés à un moment donné ?

 

L’éditeur, quand il lit nos manuscrits, nous donne des conseils, nous fait des suggestions. Quand cela nous semble justifié (et c’est heureusement souvent le cas), nous suivons très volontiers ces conseils qui tirent vers le haut. Pour le public, c’est différent : il n’influence pas mais encourage plutôt. L’enthousiasme des lecteurs, c’est le carburant des auteurs.

 

Repost 0
22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 09:54

 Aujourd'hui, Michèle Laframboise auteur québécoisse.

Michèle, comment se situe l’auteur aujourd’hui par rapport à l’auteur des débuts ? Il y a-t-il une différence (style, pensée, méthode…)

 Le rouleau compresseur de la vie d’artiste a adouci les surfaces rugueuses. J’ai moins de prétentions que quand j’ai commencé. Cependant, j’ai aussi moins d’espoir d’en vivre, étant donné que ledit rouleau compresseur est aussi passé sur les maisons d’édition.

 Au niveau technique, je suis devenue plus humble, tant en BD qu’en écriture.

 

 

·         Quelle est ta définition de l’auteur jeunesse ?


L’auteure jeunesse raconte des histoires pour tous les âges, mais vise les jeunes. J’écris d’une façon assez dynamique pour ne pas ennuyer un jeune lecteur, et en même temps, l’intrigue sera assez touffue pour retenir l’intérêt d’un adulte. Une écrivaine m’a déjà demandé, à propos des nuages de Phoenix : « Mais pourquoi t’as publié ça dans une collection jeunesse? »

En fait, il y a un monde de différence entre les livres illustrés pour jeunes enfants, les romans courts pour enfant de 9-12 ans, puis les livres destinés aux – ahem!- jeunes adultes. On dit de moins en moins souvent « adolescent », et mon public renâcle dès que le livre a trop l’air d’être « ciblé pour toi, le petit ado ».

En es-tu un ?

Les médias et les experts pourraient répondre à cette question. Si on se fie à leur silence sur mon œuvre, je n’en suis pas une. Si on se fie à mon grand plaisir de raconter des histoires et à mon lectorat qui couvre tous les âges, j’en suis une.

Avec La quête de Chaaas, je vise plus de l’aventure pour les garçons tandis que Les nuages de Phoenix suivaient deux sœurs.

Repost 0
Published by Le cédéiste - dans ETRE un AUTEUR JEUNESSE
commenter cet article
21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 10:00

 

 

·         Stéphane, est-ce que lecture et écriture vont de pair ? Faut-il aimer lire pour écrire ?

 

On peut aimer lire sans aimer écrire, mais le contraire me semble impensable.

 

 ·         Pour toi, lire c’est quoi ?

 

Essayer d'autres vies sans mourir.

 

·         Quels sont tes auteurs préférés ? tes lectures préférées ?

 

Ils sont nombreux... En vrac... Luc Dietrich, André de Richaud, Joseph Delteil, Barbey D'Aurevilly, Victor Hugo, Don Winslow, Donald Westlake, Pascal Garnier, Dennis Lehane, Frédéric Dard, Gustave Flaubert,  Villiers de l'Isle Adam, Jean-Paul Dubois, Eric Chevillard, Sylvain Trudel, Elmore Léonard, Stephen King, Olivier Adam, Claude Klotz, Alain Puiseux, Maurice Pons...

 

Et en jeunesse, jean-Claude Mourlevat, Louis Sachar, Jean-Paul Nozière...

 

 

·         Les livres jeunesse qui t’ont marqués chez les autres ? Un livre de chevet ?

 

Quelques titres. "La rivière à l'envers" de Mourlevat, "Le passage"  et "Y a-t-il un garçon dans les toilettes des filles"de Sachar, "Robert" de Niklas Radstrom, "Skellig" de David Almond, "Aerkaos" de Jean-Michel Payet, "Des pas dans la neige" de Erik L'Homme, "Les larmes de l'assassin" d'Anne-Laure Bondoux, "Traqués" de Pascal Garnier, "Ippon" de Jean-Hugues Oppel, "Talents cachés" de David Lubar, "Lettres d'amour de 0 à 10" de Suzie Morgenstern, "Ellana" de Pierre Bottero, "Pierre et Jeanne" de Christian Grenier, "Sables émouvants" de Thomas Scotto et bien d'autres...
 

·         Ta bibliothèque, quelle est-elle ? Comment sont ces livres, Beaux livres, poches… genres ?

 

Je suis un malade des livres, j'en possède des milliers et nombreux sont ceux qui, faute de place dans mon appartement, attendent des jours meilleurs dans des cartons. J'aime beaucoup les poches, je possède presque toute la collection des premières éditions du Livre de Poche, et tous les genres sont représentés, du classique au policier, de la Sf au Fantastique. J'ai aussi longtemps fréquenté les bouquinistes en quête des ouvrages épuisés des auteurs que je chérissais (et si j'avais encore le temps, je passerais MES JOURNEES ENTIERES chez les bouquinistes !). Maintenant, je suis friand des livres clubs des années 50. J'adore les livres...

 

·         Où sont-ils rangés ? Comment sont-ils classés ?

Dans mon bureau, et j'ai une bibliothèque de beaux livres club dans mon salon. La bibliothèque de mon bureau compte deux profondeurs de livres, faute de place. Ils sont regroupés par auteurs mais pas classés. J'aime ce désordre qui crée la surprise.
 

·         Comment les achètes-tu ?

 

La plupart ont été achetés chez les bouquinistes. Sinon, en librairie.

 

·         Quel est le livre sur table de chevet ?

 

"La griffe du chien" de Don Winslow

 

 ·         Quels sont les auteurs qui t’ont influencé? Pourquoi ? Que leur as-tu empruntés ?

 

Tous les auteurs que je vénérais (Villiers, Hugo, Verlaine, Aragon, Baudelaire, Giono, Delteil, Flaubert...) m'ont influencé jeune. Je les singeais pour les comprendre de l'intérieur. Je n'ai absolument aucune idée de ce que je peux avoir, dans mon écriture, gardé de ces voyages. Des traces de souvenirs...
 

·         Si tu avais un auteur à qui écrire, lequel serait-ce ? Et que lui écrirais-tu ?

 

Frédéric Dard. je lui dirais : "Merci".

 

Photo  : Stéphane Fresse et Stéphane Daniel

http://www.rageotediteur.fr/htm/album_photos/album_photos.asp?code=ALB9

 

Repost 0
21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 09:58

 ·         Les éditeurs mènent des études pour connaître les goûts des lecteurs (en matière d’histoires, de personnages,…)… Comment fais-tu pour résister aux modes et toujours être un auteur apprécié  ?

 

Je ne sais pas si je suis un auteur apprécié (sinon par d'autres auteurs...). Je n'ai jamais entendu parler de ces études, et jamais un éditeur ne m'a soufflé une direction à prendre pour écrire un livre qui se vendra mieux. J'essaye de creuser mon sillon, à être moi en mieux, avec l'espoir qu'un jour les lecteurs seront en nombre au rendez-vous.
 

·         Te sens-tu libre comme écrivain ? As-tu eu à souffrir de la censure ?

 

Oui, complètement libre, et on ne m'a jamais censuré. Je n'ai peut-être offert à personne l'opportunité de le faire...

 

 ·         T’interdis-tu des choses dans l’écriture ? L’éditeur te « dirige »-t-il beaucoup ?

 

Non, je ne m'interdis rien, mais j'essaye de ne pas écrire n'importe quoi. Au risque de me répéter, je m'efforce aussi de ne pas verser dans la complaisance, qui est la pire des boursouflures du style. Quant à l'éditeur, il ne me dirige pas du tout. Je n'écris pas de texte de commande, je ne soumets jamais de synopsis avant d'écrire, j'envoie mes textes quand ils sont achevés à des éditeurs qui ignoraient que je les écrivais.
 

·         Comment s’opère la collaboration avec ton éditeur au niveau de la correction des textes ? Un auteur libre, cela existe-t-il ?

 

Que signifie être libre ? Libre d'écrire n'importe quoi en étant convaincu que c'est génial parce que c'est MOI qui l'ai écrit ? Mon éditrice chez Rageot intervient beaucoup sur les textes, et je corrige beaucoup derrière. Mais ses remarques sont justifiées, expliquées, à charge pour moi de décider si oui ou non j'ai envie d'en tenir compte. Si je garde mon texte initial, elle ne reviendra pas sur ma décision. C'est en cela que je me sens libre. Un éditeur, c'est quelqu'un qui vous aide à aboutir au texte que vous voulez écrire, pas quelqu'un qui vous regarde vous embourber ou quelqu'un qui l'écrit à votre place. Il faut aussi du talent pour être éditeur, pas seulement de la technique. Quand je regarde le texte qui part à l'impression, c'est encore moi que je vois dedans. 

Par ailleurs, un texte, ça se défend si on y croit. La liberté se conquiert toujours. Enfin, je ne sacralise pas mes écrits. Je suis convaincu que je peux m'améliorer, et le regard de l'autre n'est pas mon ennemi. Je trouve frappant qu'on perçoive très souvent les éditeurs comme des empêcheurs d'écrire en rond. N'oublions pas qu'ils vous permettent aussi de comprendre ce qui manque à votre texte pour qu'il soit  vraiment le vôtre.


Repost 0
Published by Le cédéiste - dans EDITEUR et METIER du LIVRE
commenter cet article
18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 09:33

Comment se situent les auteurs aujourd’hui par rapport aux auteurs des débuts ? Y a-t-il une différence (style, pensée, méthode…)

Ils évoluent, et c’est tant mieux. L’écriture est une activité magnifique parce qu’en la pratiquant, on ne peut que progresser. Grandir, c’est vieillir, mais vieillir, c’est aussi grandir.

Difficile de dire si notre style a changé depuis nos débuts, il y a une douzaine d’années, mais nous avons élargi notre répertoire, passant en particulier du conte au roman et découvrant au passage que chaque genre a son style propre.

 

Quelle est votre définition de l’auteur jeunesse ? En êtes-vous ?

 

Pour nous, un auteur jeunesse est un auteur qui peut être lu aussi par les plus jeunes lecteurs. Mais un bon livre jeunesse peut également être lu par un adulte. Nous n’aimons pas trop les « cloisonnements » souvent artificiels entre littérature jeunesse et littérature adulte : ainsi, nous avons commencé par l’écriture de contes et, pour nous, les contes ne sont pas seulement destinés aux enfants. Quand on se penche, d’ailleurs, sur l’histoire de la littérature, c’est même plutôt un contresens. Et ce qui est formidable quand on s’adresse aux plus jeunes lecteurs, c’est qu’ils sont plus attentifs et s’émerveillent plus facilement. Adulte, on a parfois tendance à oublier les derniers livres lus alors que le livre qu’on a lu à dix ou douze ans, on s’en souvient toute sa vie

Repost 0
Published by Le cédéiste - dans ETRE un AUTEUR JEUNESSE
commenter cet article
18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 09:31

 

·         Stéphane, peut-on tout écrire quand on sait qu’on est lu par des ados ? Evoquer le affres de notre société n’est-il pas périlleux pour le moral de notre jeunesse ?

 

On peut tout écrire, mais pas n'importe comment. Il y a une mode, un courant dans la littérature ado qui fait la part belle aux problématiques les plus variées, comme si les ados étaient avant tout des êtres en souffrance, et que la littérature qui s'adresse à eux devait forcément, pour acquérir une légitimité, présenter une fonction thérapeutique. Un problème, un livre. Le roman comme un pansement à poser sur leur vie. Dans certains de mes polars, je creuse aussi ces thématiques, mais le genre m'y conduit. Il n'empêche qu'au plus noir de mes histoires, je tracerai un rayon de lumière. C'est la seule contrainte que je m'impose dans mes textes pour les ados, la note d'espoir. Avec le souci de ne jamais me montrer complaisant avec la violence, la perversion, la cruauté. Il n'en reste pas moins vrai qu'aucun sujet ne sera écarté à cause du lectorat concerné. Le moral de notre jeunesse  besoin de bons livres pour être remonté, parce que les bons livres posent des questions, les mauvais proposent des réponses.

 

·         Est-il facile d’être engagé et publié ? L’écriture engag��e intéresse-t-elle  aujourd’hui ?

 

Le talent permet tout. Mais l'engagement ne fera jamais office de talent. Je crois qu'il existe une place pour une littérature engagée. Tous les éditeurs de sont pas en recherche d'histoires de vampires.

 

·         Comment l’auteur que tu es peut-il garder son indépendance, ses idéaux tout  en continuant d’exister sur le marché ?

 

Je ne sais pas si "j'existe sur le marché", mais cette notion d'indépendance suppose qu'elle soit mise en balance avec une autre indépendance, la matérielle. Or cette dernière n'est que rarement garantie. Si on me refuse un livre parce que j'y expose mes idéaux et qu'ils ne plaisent pas, ma situation ne va pas radicalement changer. Du reste, je ne crois pas être porté plus que ça sur les livres dérangeants. Pour le moment.

Repost 0
17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 09:42

 

·         Stéphane, comment définis-tu tes écrits ? qu’est-ce qui te guide ? te pousse ? te fait avancer ?

 

Le besoin de découvrir ce que j'ai encore à dire. Je traque l'émotion, et c'est un sujet inépuisable.
 

·         Quel est le livre que tu as écrit pour lequel tu gardes une affection particulière ?

 

Deux exemples. D'abord le seul livre écrit pour les adultes. Il s'intitule Au bonheur des pères (Bayard Editions). J'y raconte les moments qui ont fait de moi un père. Les révélations que je décris sont prises dans ce livre comme des battements de coeur dans la glace. Ensuite, les Gaspard Corbin. Je ne sais pas si je suis unique, mais ce que j'ai d'unique est peut-être dans ces livres-là. Je les espère drôles et touchants, le plus délicat des cocktails.

 

·         Pourquoi vas-tu dans les salons du livre ? Cela n’est-il pas trop ennuyeux ?

 

J'y vais peu mais j'aime beaucoup pour deux raisons. La première, c'est qu'ils me permettent de retrouver mes amis auteurs et de partager avec eux des moments toujours précieux. Un des plus grands bonheurs que m'aura apporté le fait d'être auteur restera de m'avoir permis d'en rencontrer d'autres. La littérature jeunesse est un petit monde rempli de gens exceptionnels de talent et de simplicité (pour la grand majorité). J'y ai des amis avec qui je partage des moments rares. La seconde, c'est que sur les salons, je suis écrivain. C'est le seul endroit où  c'est le cas. Sinon, je ne le suis jamais. A l'école, je suis enseignant, chez moi, je suis un mari, un père. Avec mes amis de toujours, je suis celui qu'ils connaissent d'avant. Pendant les quelques jours que durent le salon, on me regarde comme celui que j'ai du mal à d'être ailleurs, sauf que le cadre l'imposant, je me nourris pour longtemps de cette contrainte salutaire. En outre, on y rencontre des lecteurs. C'est bien. L'écrivain ne voit jamais personne lire son livre, ne voit jamais les effets qu'il a sur lui. Certains sur les salons vous le confient. C'est une bouffée d'oxygène.

 

 

·         Ecrire c’est s’exposer aux regards des autres ? Est-ce compliqué ?

Beaucoup moins dans les romans que dans les interviews. Mes romans n'explorent pas le domaine de l'intime, j'y tiens ma vie à distance, je ne me sens donc pas menacé par une quelconque exposition. J'ai plus de mal avec les interviews.
 

·         Quel est le plus beau compliment reçu ?

 

C'est un mail que Pierre Bottero m' envoyé à la sortie de Gaspard in love, la première version de "Si par hasard c'était l'amour". Son éloge, pleine de tact et de générosité, a trouvé les mots que je rêvais d'entendre, précisément sur un texte qui revêtait pour moi une importance particulière. Mais cela reste personnel.

 

·         La réflexion la plus dure ?

 

Je n'en ai pas gardé le souvenir.

 

Photo : http://www.rageotediteur.fr/index.asp?rub=album_photos


Repost 0
Published by Le cédéiste - dans ECRIRE : des méthodes
commenter cet article
17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 09:35

  

 

·         Est-ce que lecture et écriture vont de pair ? Faut-il aimer lire pour écrire ?

 

J’ai déjà répondu à cette question plus haut, mais oui, elles vont de pair, c’est évident. Pour moi, l’une ne peut exister sans l’autre, et bien sûr, de mon point de vue, on ne peut écrire sans aimer lire.

 

·         Pour toi, lire c’est quoi ?

 

Du plaisir. Une porte ouverte sur ailleurs. Un million de mondes et d’histoires à portée de ma main ou dans ma poche… et tout ceci sans pile, sans électricité.

 

·         Quels sont tes auteurs préférés ? tes lectures préférées ?

 

Nathalie Henneberg, Claude Seignolle, Dumas, Céline, Balzac, Paul Féval, Lovecraft, J.R.R Tolkien, Howard, C.J.Cherry, Leigh Brackett, Edmond Hamilton, Philip José Farmer, Jules Verne, Edgar Alan Poe, Walter Scott, Shakespeare, Walter John William, William H. Hodgson… et tant d’autres…

 

·         Les livres jeunesse qui t’ont marqués chez les autres ? Un livre de chevet ?

 

Les livres jeunesse… La cité des Livres qui rêve, Ellana, L’épouvanteur, Terre des Monstres, le Combat d’Hiver, la ballade de Cornebique, Tobie Lolness, ceux qui sauront, Léviathan…

 

Mon livre de chevet… Sans hésitation, « La plaie » de Nathalie Hennerberg, un des plus terrible et des plus beaux livres que j’ai jamais lu, où le mot « space opéra » prend enfin son vrai sens, un livre empreint d’une poésie, d’un onirisme et d’un souffle extraordinaire.

 

·         Ta bibliothèque, quelle est-elle ? Comment sont ces livres, Beaux livres, poches… genres ?

 

Enormes, envahissantes, débordantes, en crue… Je mets au pluriel car elles sont plusieurs (dont un mur entier), et peuplées de tous les genres de livres, du plus raisonnable au plus massif, un véritable écosystème en permanente évolution.

 

·         Où sont-ils rangés ? Comment sont-ils classés ?

 

Les livres sont théoriquement rangés dans les rayonnages mais ils ont tendance à déborder partout et à se retrouver, par un étrange phénomène de capillarité, (pour les non-lus en attente et ça peut durer un moment, il y a du monde au portillon) en pile à côté du lit ou du canapé…

 

·         Comment les achètes-tu ?

 

Chez ma libraire préférée, Sandrine de Point Virgule, à Aurillac, qui est aussi ma meilleure amie.

 

·         Quel est le livre sur table de chevet ?

 

Tu veux dire celui que je lis actuellement ? Si c’est le cas, ça va être difficile, ils sont au moins quinze… Si tu veux parler de celui qui y reste à demeure, alors ça sera « La Plaie », une fois encore et aussi les livres de Claude Seignolle.

 

·         Quels sont les auteurs qui t’ont influencé? Pourquoi ? Que leur as-tu empruntés ?

 

Quand j’étais jeune, à quatorze ans, Lovecraft, sans conteste, je lisais du Lovecraft j’écrivais du Lovecraft… Et puis j’ai découvert Claude Seignolle, et la saveur de notre langue, la manière de jongler avec les mots, la différence entre « Ecrire » en faisant chanter la langue et « écrire » en poussant des mots les uns derrière les autres sans musique ni saveur, juste pour faire sens… Et puis Dumas bien sûr, avec son génie de la construction du récit et sa verve jubilatoire, entre gravité et humour. Céline enfin, avec sa capacité à détruire la langue pour la reconstruire, à la tordre pour mieux « aller à l’émotion », comme il le disait.

 

·         Si tu avais un auteur à qui écrire, lequel serait-ce ? Et que lui écrirais-tu ?

 

A Claude Seignolle, mais tu veux savoir le meilleur… c’est déjà fait, et il m’a répondu… C’est un homme extraordinaire, qui, à 94 ans, garde encore une verdeur et un humour de jeune homme. Pour moi, qui l’admire depuis que ma mère m’avait fait découvrir une de ses nouvelles « Le Hupeur » et qui ai lu tout ses livres au moins dix fois, notre correspondance et nos coups de téléphone sont une source sans cesse renouvelée d’émerveillement. Je me sens comme un gosse qui recevrait des nouvelles de son idole, j’ai encore du mal à y croire.

Quelque chose à rajouter ? A part… Ouf, je suis épuisée !

Et ben il est 2h24 du matin, c’est pas une heure pour les gens honnêtes, comme diraient les anciens de mon païs, et je crois que je vais aller dormir…

Merci ! Merci !! Merci !!!

Merci à toi de m’avoir offert l’opportunité de m’exprimer, j’espère que mes réponses combleront tes attentes.

Je t’avais prévenu que je ne savais pas faire court… Vingt pages ! Je me suis surpassé ce coup là.

 

 

 

Repost 0
16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 10:07

 

 

 

·         Jean-Luc, les éditeurs mènent des études pour connaître les goûts des lecteurs (en matière d’histoires, de personnages,…)… Comment fais-tu pour résister aux modes et toujours être un auteur apprécié ?

 

On se fait une vision très caricaturale des éditeurs. Beaucoup de gens les imaginent seulement préoccupés par les chiffres de vente et les profits, et bien sûr, il est évident qu’un éditeur, pas plus qu’un auteur, ne publie des livres pour perdre de l’argent, mais il n’y pas que ça, l’édition c’est avant tout une passion. Les éditeurs sont des gens à la recherche d’auteurs, et même si certains mènent des enquêtes, font des études de marché pour connaître les tendances actuelles et ce qui plait aux lecteurs, je crois que la plupart fonctionnent encore au coup de cœur.

 

Avant toute chose, les éditeurs, comme les auteurs, sont des êtres humains, comme toi et moi, avec leurs goûts et leurs préférences, qui vont publier des livres qui leur plaisent et auxquels ils croient.

 

·         Te sens-tu libre comme écrivain ? As-tu eu à souffrir de la censure ?

 

Totalement libre, et pour répondre à ta question, pour l’instant, et je touche du bois, je n’ai jamais eu à souffrir de la censure. Ceci étant, comme je le disais, je suis testu, et il m’est arrivé, à tord ou à raison, de dire non à un éditeur qui voulait que je change toute la fin d’un de mes livres.

 

·         T’interdis-tu des choses dans l’écriture ? L’éditeur te « dirige »-t-il beaucoup ?

 

Non, rien, après tout dépend à qui je destine le livre que je suis en train d’écrire. Il est clair que dans le Galoup, par exemple, étant sur le registre du conte, je ne pouvais me permettre certaines choses, par exemple en ce qui concerne la sexualité, même si, finalement, comme dans tous les contes, elle sous-tend tout le récit, elle ne peut être explicite.

 

·         Comment s’opère la collaboration avec ton éditeur au niveau de la correction des textes ? Un auteur libre, cela existe-t-il ?

 

Et bien, il m’envoie des remarques, certaines sont d’ailleurs très pertinentes. Je les étudie, je lui réponds. Si je ne suis pas d’accord, je lui explique pourquoi, je défends mon point de vue, et nous travaillons ainsi, il y a parfois des coups de feu, mais j’ai toujours la main sur les modifications. Enfin, oui, on est toujours libre, libre de dire non, comme tout le monde, après… il faut assumer les conséquences de son refus.

Repost 0
Published by Le cédéiste - dans EDITEUR et METIER du LIVRE
commenter cet article
16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 10:03

 

·         Stéphane, as-tu un avis dessus ?

 

Du livre ou de la lecture ? Le livre en tant que support peut évoluer. A titre personnel, je resterai à jamais attaché aux objets de papier, aux reliures, à cette odeur de papier et de colle, mais que la technologie nous apporte de nouveaux lecteurs, pourquoi pas. Cela étant, je crois que le livre tel que nous l'avons toujours connu va rester. Il n'a pas d'équivalent.

 

·         Les nouvelles technologies vont-elles le tuer ?

 

Non, pas le tuer. Les supports s'ajoutent sans se remplacer.

 

Photo : Stéphane Daniel en compagnei de JeanHugues Oppel

http://lamerpourhorizon.net/dotclear/index.php?tag/polar/page/3

Repost 0

POURQUOI ce BLOG ?

 Le BLOG consacré
aux AUTEURS,
à la LITTERATURE JEUNESSE
et à L'ECRITURE
.

Enfants 1 199La lecture est une nécessité dans le monde moderne. Elle permet de maîtriser la langue, de développer l’imaginaire, de structurer la pensée, d’accéder au savoir, d'acquérir du vocabulaire... C’est pourquoi parents et enseignants se lamentent lorsque les enfants ne lisent pas et les ados encore moins. Pourtant, ils prendront PLAISIR à lire... pur cela, il suffit de les juindécembre2010 225aider à ouvrir la porte.

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  

 

 Avec ce blog, j'aimerais :
 * faire découvrir la littérature jeunesse,l'écriture et les auteurs pour la jeunesse
partager une passion et pourquoi pas donner envie de lire et de rêver entre les pages.  

juindécembre2010 260Le livre est une véritable source de plaisir, de joie et d'émotion. Beaucoup d’élèves disent ne pas aimer lire. Je ne suis pas loin de penser que TOUS aiment lire, sans exception ! Le plus difficile pour eux est de parvenir à trouver dans la masse, LE livre, celui qui ne va pas les endormir… juindécembre2010 227LE LIVRE, celui qui va leur "parler", le livre qui leur correspond, le livre qui va leur remuer les tripes, les boyaux, les neurones, la tête !!!  

Enfants 1 178-copie-1Personne n'aime lire toutes les histoires, tous les livres. Evidemment. Il existe donc des "critères" à appliquer pour trouver et emprunter la perle, le livre qui va faire définitivement plonger dans le plaisir de lire !

Dans le livre on fait de merveilleuses rencontres, on découvre plein d'amis, on voyage, on s'ouvre sur le monde, on vit des aventures que l'on ne connaîtra jamais dans la vie de tous les jours : on embrasse des princesses, on escalade des rochers, on "zigouille" les méchants, on galope sur des chevaux lancés à la poursuite de terribles bandits ... bref, on fait de fabuleux voyages pour... "sourire, rêver et aimer" (Lisez "Le type" de Philippe Barbeau.) !!

Enfants 1 258Dans ce blog, il sera question des hommes et des femmes qui écrivent : les écrivains pour la jeunesse. Les ouvrages de littérature jeunesse de qualité seront présentés, racontés, "décortiqués"...
Vous lirez des interviews de professionnels, vous découvrirez des portraits, le monde de la chaîne du livre (éditeurs, imprimeurs, libraires...), vous trouverez également des conseils, vous ferez des rencontres, participerez à des débats, vous lirez des expériences d'animations pédagogiques autour des livres, vous découvrirez des "paroles" d'élèves, d'enseignants, des textes et.... plein d'autres choses encore !

juindécembre2010 224

 Brigitte Coppin 015
--------------------------- 

    "Les gens qui aiment lire sont rarement des salauds !"
Xavier-Laurent PETIT
  ---------------------------

  SPECTACLES

   

  "Salomon, vous vous rendez-compte ?"

de Christophe Boutier

 

spectacle radeau 010 

 

Sa majesté des couches"

de Christophe Boutier  

 

  24.JPG54.JPG

Photo-034.jpg

  Une comédie en V actes écrite et mise en scène par Christophe Boutier

L’histoire de la séduction, de l’enfant et de sa famille depuis la préhistoire jusqu’à l’enfant-roi du XXIème siècle.

 119.JPG

Sur scène, il y avait :

- 14 comédiens 

- Six musiciens professionnels dont Michel Léger, accompagnateur de vedettes de la chanson et du cabaret, telles que La Bande à Basile, Daniel Guichard, Zanini, Jean Constantin, André Aubert (Don Patillo)...

- la chorale du collège de Xavier Bélanger (professeur d'éducation musicale qui a mis en musique le spectacle) qui a interprété des chansons de variété en rapport avec l'enfance.

- des projections murales assurées par les élèves de l'option image (Eddy Dabrigeon...) du collège, option dirigée par Cécile Cotten,  professeur d’Arts plastiques.

  19.JPG 20.JPG

 

Les spectacles précédents

 

2013- Le temps du maquis"

2012 - "Salomon, vous vous rendez compte ?"

2011 - "Sa majesté des couches"(Gannat)

2010 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes"  : 2ème épisode (Gannat)

2010 - "Un zèbre sur la banquise" (Gannat)

2009 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes " : 1er épisode (Lapalisse)

2008 - "La farce vaudevillesquement tragique de la chambre forte du jugement dernier. " (Lapalisse)

2007 - "Le terrier zeixcoussois en Zinzinmouli ou la complainte des comédiens en danger" (Saint- Prix)

 ------------------------------------------------------------

 

    Un grand MERCI donc à tous les écrivains jeunesse
 que j'épuise et à qui je donne mal à la tête !!!
Ah ! Ah !!

Enfants 1 224Christian Grenier, Eric Boisset, Alain Grousset, Alain Surget, Béatrice Nicodème, Anne-Marie Desplat-Duc, Susie Morgenstern, Arthur Ténor, Hubert Ben Kemoun, Jean-Côme Noguès, Marc Séassau, Fabrice Colin,  Lorris Murail, Roger Judenne, Philippe Barbeau, Anne Ferrier, Evelyne Brisou-Pellen, Eric Sanvoisin, Christophe Léon, Jean-Luc Luciani, Béatrice Egémar, Magali Herbert, Guy Jimenes, Jean-Claude Mourlevat, Raymond Perrin, Jean-Baptiste Evette, Marc Cantin, Claire Gratias, Christophe Miraucourt, Xavier Bascour, François Librini, René Gouichoux, Yaël Hassan, Jean-Marc Ligny, Marie-Aude Murail, Cécile Roumiguière, Brigitte Coppin, Dorothée Piatek, Sophie Audouin-Mamikonian, Fanny Joly, Johan Héliot, Jack Chaboud, Jean-Luc Marcastel, Stéphane Daniel, Emmanuelle et Benoît de Saint Chamas, Jean-Paul Gourévitch, Michèle Laframboise., Florence Hinckel, Christophe Loupy, Lénia Major, Viviane Koenig, Marie Mélisou..

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
     

... évoque le BLOG sur la littérature jeunesse.

 

"Des conseils pratiques de pro à pro, des interviews délicieuses et des
articles écrits par des écrivains ou des éditeurs, des bibliographies,
des réflexions sur la littérature jeunesse, des coups de coeur et
 des anecdotes...On trouvera tout cela (!) sur le blog de C
hristophe
Boutier, professeur documentaliste  au collège de Gannat (Allier).

Les petits articles de réflexion sur certains aspects de la littérature
jeunesse sont parmi les plus intéressants, d'autant plus qu'ils soulèvent
parfois des points souvent peu vus : les genres relevant de l'imaginaire
et les critères de classification (science fiction, fantasy...), les styles
d'écriture (classique, moderne…), ou encore le souci de la véracité dans
les romans historiques jeunesse.

En plus de cela, on trouvera une liste impressionnante de sites
d'écrivains  et des ressources diverses et variées qui émaillent les
articles (liens vers des  sites de séries jeunesse, des conférences
en ligne...), des « trucs et astuces » de Doc pour aimer et faire
aimer la lecture, des bibliographies...

Si la mise en page gagnerait à être un peu plus claire et lisible, le côté
bric-à-brac (où on flâne volontiers de longs moments) perdrait de son
charme...

Par un prof-doc amoureux et défenseur acharné de la littérature
jeunesse.
"

 

Rubriques

CULTURE au CDI de Gannat

Collège de Gannat (03)

" Fête de la culture, de la lecture et de l'écriture"

  Mai 2013 - 4ème édition

Eric Boisset 

Mai 2013 145

ArthuArthur Ténor 024r Ténor

Alain Surget 

Alain Surget 053

 

Mai 2012 - 3ème édition

 Jean-Luc Marcastel

jean-luc-MARCASTEL-010.jpg

Brigitte Coppin 

      Brigitte-Coppin-013.jpg

 

Mai 2011 - 2ème édition

Philippe Barbeau, Christian Couty

juindécembre2010 236

Béatrice Nicodème

 

juindecembre2010-245.jpg

 

Juin 2010 - la 1ère édition :

 

Alain GROUSSETet Christian GRENIERétaient parmi nous pour évoquer la Science-Fiction (SF) etpour débattre des nouvelles technologiesqui pourraient "tuer » les livres...

 Enfants 1 196

  -----------------

Le nouveau spectacle du collège

Joseph Hennequin de Gannat, dans l’Allier.

 

 

La troupe de théâtre du collège Hennequin, composée cette année de 30 comédiens issus des quatre niveaux de classes, a réalisé un film (un vrai ! en noir et blanc)écrit par Christophe Boutier, professeur documentaliste, « Le temps du maquis» (vendredi 14 juin 2013, centre socio culturel de Gannat). Xavier Bélanger, professeur d’Education musicale, assurera la mise en musique.

Ce film présente la dure réalité de la vie quotidienne et clandestine, au milieu de la forêt,d’hommes et de femmes – les maquisards - remarquablement courageux qui recoururent, au péril de leur vie, à la guérilla pour s’attaquer à la milice du Maréchal Pétain et aux troupes d’occupation allemande.

Ce spectacle entre dans le cadre du projet « Devoir de mémoire », une option du collège menée en classe de 3ème. Les 16 élèves de cette option dirigée par M. Bellet, professeur d'Histoire, présenteront la soirée :

En 1ère partie, un court métrage : Roger VENUAT, résistant dans le maquis de Hérisson (Allier, 03), au collège Joseph Hennequin.

En 2ème partie, la pièce de théâtre, « Le temps du maquis »

ENTREE GRATUITE

  

QUI SUIS-JE ?

Je suis Christophe BOUTIER, professeur documentaliste au collège de Gannat (1 rue Joseph Hennequin. 03800 GANNAT) , dans l’Allier, en Auvergne.

Passionné par la littérature jeunesse, l'écriture, la lecture... j'ai découvert, grâce à ma profession cette littérature - une vraie littérature ! - qui comporte de magnifiques textes. Et derrière des mots adressés, peut-être davantage aux enfants, aux adolescents - quoi qu'un bon texte doit pouvoir être lu par tous sans aucune histoire d'âge ! - se cachent des écrivains adorables, des personnes d'une incroyable richesse humaine, intellectuelle et culturelle, des gens de talent que j'ai/j'ai eu la chance pour certains de côtoyer !

Aujourd'hui, j'éprouve le besoin de partager mon amour des auteurs jeunesse et de leur oeuvre ! je compte également sur vous lecteurs pour faire vivre ce blog, mutualiser nos expériences, nos connaissances, nos réflexions et... débattre.

 
Mon autre BLOG, celui du CDI du collège de GANNAT :
http://www.cdi.gannat.over-blog.com