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Présentation

  • : Le blog de CHRISTOPHE BOUTIER, professeur documentaliste au collège de St Germain-des-Fossés, dans l'Allier
  • : Blog qui a pour objectif de parler de la littérature jeunesse, des écrivains jeunesse... pour donner le goût de lire aux adolescents. L'objectif est également d'intéresser à la culture. Il s'agit aussi de faire découvrir cette littérature à part entière aux adultes.
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Le Vampire Du Cdi

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  • Je suis le "VAMPIRE d'un CDI" auvergnat !

ANECDOTES

Pierre BOTTERO,

le Seigneur des ados !

 

Pierre Bottero était fier d’être un auteur jeunesse - une littérature qui n’a rien à envier en qualité à la littérature « vieillesse. » S’il n’était pas qu’un auteur de fantasy, il faut bien reconnaître que c’est à cette littérature de l’Imaginaire qu’il dût son incroyable succès !

Dès l’enfance, il tombait dans la marmite de la fantasy. Il dévorait Tolkien (Un choc ! S’en suivi, plus tard, l’idée que la fantasy ne pouvait s’écrire que sous la forme d’une trilogie), Zelasny, Farmer, Moorcock, Vinge, Howard… Les grands noms qui allaient lui permettre de devenir l’auteur que nous connaissons. Plus tard, il appréciera les auteurs « jeunesse » tels que Erik L’homme, Hervé Jubert, Fabrice Colin ou Philip Pullman, Eoin Colfer pour ne citer qu’eux. Il n’y a pas de concurrence en littérature jeunesse, les auteurs s’apprécient, se côtoient, se téléphonent, se rencontrent, se parlent, rêvent ensemble d’histoires communes. Ainsi Erik L’Homme et Pierre imaginaient ensemble, « A comme assassins »…

De ses lectures, Pierre Bottero ne devait pas ressortir indemne.

C’est par hasard qu’il se lançait dans l’écriture, pour aider sa fille qui séchait devant un concours d'écriture : il rédigeait quelques pages sur son ordinateur, se piquait au jeu, poursuivait (son épouse réclamait la suite), envoyait le texte à un éditeur qui le publiait... Il était dit qu’il n’arrêterait plu. Marqué à tout jamais par Tolkien, il était évident qu’un jour, il s’essaierait à la fantasy. C’est ainsi que naquirent « La quête d’Ewilan », « Les mondes d’Ewilan » et « Le pacte des Machombres. »

 

 

 

Pierre Bottero se fichait éperdument du cadre dans lequel on allait placer ses romans. Mais pour les « techniciens, l’auteur lui-même évoquait la Low Fantasy. Il s’agit d’une low fantasy - inspirée par ses jeux d'enfant, ses rêves d'adulte, ses lectures et les émotions ressenties au quotidien - dans laquelle existe un équilibre entre le bien et le mal, le courage, la volonté et la détermination où domine le désir de tout ramener à des intérêts individuels (égoïsme forcené, aveuglement quant à la mise en danger des équilibres…). Un parallèle pourrait d’ailleurs être établi entre le chaos décrit et notre monde réel. Mais attention. Les propos de Pierre ne demeurent pas sombres, ils restent optimistes. Pour avancer ! Avec pour personnages principaux des… femmes. Pierre était fondamentalement féministe. Il aimait à dire qu’il y avait moins de « cons » chez elles que chez les hommes. Toutefois, Pierer Bottero n’a jamais cherché à donner des leçons, il se méfiait trop pour cela des « transmetteurs » de valeurs et des donneurs de leçons. Le livre était pour lui un objet de partage.

Ce partage, il l’avait avec sa famille qui appréciait ce qu’il écrivait et qui le rassurait : Claudine, son épouse, ses deux filles lisaient ce qu’il écrivait avant publication.

 

 

 

Lorsque Pierre Bottero était invité dans un salon du livre pour une dédicace, il faisait partie des auteurs les plus demandés (il ne faisait pas bon signer à côté de lui !) : les impressionnantes files d’attentes composées de lecteurs (jeunes et moins… jeunes !) en témoignaient. C’est avec émotion qu’ils recevaient tous les messages de sympathie et… d’amour. Ses livres touchaient, ses histoires permettaient le partage et faisaient rêver, Pierre vivait alors une aventure … magique.

Il avait beau affolé le compteur des ventes, ce qui avait un réel impact sur lui, c’était :  de percevoir la flamme dans les yeux de ses « fans » (euh ! il n’aimait pas le mot), de recevoir leurs avis, de parler avec eux.

Tant d’amour le gonflait à bloc et lui transmettait une énergie positive.

C’est pourquoi, ce succès (qui lui permit d’abandonner son métier d’instituteur) qu’il percevait intensément, à la fois avec bonheur (évidemment !) et tranquillité, lui donnait également un sentiment de responsabilité. Ainsi, s’il savait se montrer reconnaissant envers ceux qui l’avaient aidé à améliorer son écriture (Caroline Westberg, son éditrice chez Rageot), il avait également de la considération pour ce public à qui il devait tant. Quand vous rencontriez Pierre, assis derrière sa table de dédicace, vous aviez le sentiment qu’il n’attendait que vous ! Pierre veillait soigneusement à être proche de son « public », un de ses… bonheurs. Il respectait humainement ses visiteurs et ses lecteurs en leur offrant des histoires dont il voulait qu’elles évitent facilité et démagogie. Il apportait ainsi beaucoup de soin et d’exigences aux corrections, un travail exigeant, vorace en temps et en énergie.

 

L’écriture de Pierre Bottero avec « Le pacte des marchombres » avait atteint une belle maturité. C’est ce que Pierre lui-même soulignait quand il affirmait que « c’est en écrivant qu’on apprend à écrire. » En effet, cette dernière trilogie qui met en scène le personnage d’Ellana est moins légère, plus complexe, que celle de « La quête d’Ewilan » : l’auteur avait eu le sentiment d’avoir grandi, évolué et de s’être trouvé, un sentiment accompagné par le désir de partager encore davantage avec le lecteur. Pierre Bottero était un homme intègre, voilà pourquoi il continue d’être autant aimé. A la lecture de ses trilogies, cette sincérité transpire. Pierre prenait un immense plaisir à écrire, à « rêver », à imaginer le monde (issu d’un vieux rêve de liberté absolue) d’Ewilan, d'Ellana. Il prenait un immense plaisir lorsque d’autres que lui se baladaient dans "ses" mondes. Pierre Bottero écrivait pour être lu mais aussi pour explorer des contrées inconnues (se connaître lui-même ?) et entraîner à sa suite tous ceux qui étaient tentés par l'aventure... Quand il mettait le point final, c’était à la fois une joie (celle d’avoir terminée et d’être satisfait du résultat) et une déchirure (celle de quitter l’univers crée)… Un sentiment d'être coupé d'une part de soi-même avec l’irrésistible envie de replonger très vite.

 

Pierre le « poète » accordait beaucoup d’importance au travail de réflexion qui précède l’écriture. Lorsqu’il attaquait le premier chapitre d’un roman, la trame générale était dans son esprit, il connaissait très bien ses personnages. Ensuite, plongé dans le cœur du roman, il écrivait sans arrêt, du matin au soir, parfois pendant la nuit. Puis, il pouvait ne plus écrire pendant des semaines Enfin, presque car il écrivait toujours… dans sa tête. Quand il n’écrivait pas, il écrivait sans écrire. Pierre était un homme normal qui aimait lire, courir, menuiser, bucheronner, voyager, rencontrer, parler, rêver… et sourire ! Ah, ce sourire !I

L’écriture de Pierre était une écriture « vraie », sans complaisance, une écriture qui venait des tripes, un cadeau offert au lecteur. Il n’était satisfait que si les mots qu’il employait correspondaient réellement à ce qu’il souhaitait écrire. Cette honnêteté, il la devait à ses lecteurs. Pierre était un travailleur qui reprenait, sans cesse, son récit, la cohérence, le fond, la forme… C’est pourquoi il prenait grand soin, malgré les pressions des lecteurs, de ne pas chercher à publier, à tout prix, trop rapidement. Il était persuadé qu’il valait mieux patienter et faire patienter plutôt que de se décevoir et décevoir. Il pendait qu’il fallait laisser le temps à l’histoire de pousser, à son rythme...

 

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   "Le Loup à la voix de miel"
Marc SEASSAU (Grasset jeunesse)

J’ai fait venir dans le collège où je travaillais alors, l’écrivain Marc Séassau.  La journée fut belle et pleine d’émotion notamment lorsque Marc anima une rencontre à deux voix (j’adore organiser ce genre de rencontres : 2 auteurs face à une classe en même temps !) avec Jean-Côme NOGUES qu’il avait adoré lire lorsqu’il était ado.

Marc Séassau a écrit ce roman « Le loup à la voix de miel » parce qu’il a été marqué par sa convocation comme juré dans une affaire de viol. Dans son récit, il narre l’entrée en 6ème d’une petite fille qui, anonymement, dépose des extraits de « Peau d’âne » dans les poches, de sa « marraine », une élève de 3ème.  L’appel au secours était évident !

Cette rencontre a déclenché un phénomène pour le moins inattendu dont j'ai été le témoin, involontaire : il m'a fallu trois semaines pour comprendre ce qui m’arrivais !

Je trouvais régulièrement par terre, dans le CDI, toujours disposées par deux, des photos représentants des scènes classiques de la vie d'une famille avec une de nos élèves de 6ème (anniversaires...). J'ai évidemment rendu ces photos à l'élève qui, agressive, semblait ne pas comprendre pourquoi je détenais son bien. C'est tout juste si elle acceptait de reconnaître qu'il s'agissait d'elle sur les clichés ! Ces scènes se sont régulièrement reproduites ( trois, quatre fois pendant trois semaines) jusqu'au jour où j'ai eu un déclic  : une seule photo sur le sol évoquant la petite sur les genoux d'un homme. J'ai de suite compris (Peau d’âne !), j'ai alerté l'infirmière, la Principale du collège... Cette élève avait eu l’idée de reproduire ce que l’héroïne du roman faisait.
Voilà ce qu'uns simple rencontre d'écrivain peut entraîner en dehors du plaisir de lire.
Le roman avait libéré la parole de l’élève !


Nous en avons évidemment parlé avec Marc Séassau qui était évidemment KO : comment ne pas l'être ? Il avait écrit ce roman un peu dans un but pédagogique mais quand la réalité dépasse la fiction...

Recherche

PERLES de LECTURE

 Le collège de Gannat

 a voyagé dans le temps !

 

 Après la lecture des romans historiques jeunesse de Béatrice Nicodème....

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« Oyez ! Oyez gente dames et damoiseaux ! Entrez dans le Moyen Age ! » Ainsi s’est écrié le troubadour, jeudi 9 juin 2011, dans la plaine gannatoise : deux cent élèves de 5ème du collège Hennequin et CM2 des écoles du Malcourlet, de Pasteur et de Jean Jaurès ont bravement et « prestement » effectué le « pas sur le côté » pour revêtir leur cotte de maille et ainsi plonger en plein XIVème siècle.

  

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  Pour rendre vivant et attractif le Moyen Age, période étudiée en classe et encore largement visible dans la cité des portes occitanes, Gannat, douze comédiens et cascadeurs professionnels de la compagnie toulousaine ARMUTAN, ont chevauché leurs destriers pour répondre à l’olifant de Christophe Boutier, professeur documentaliste, initiateur de cet imposant projet, « Cultures, loisirs et genres de vie au Moyen Age », un projet fédérateur d’énergie d’une année.

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Un campement faits de plusieurs tentes, de peaux de bêtes, de râteliers d’armes, de tonneaux… a été établi dans la partie herbeuse et arborée de l’établissement scolaire. Les écuyers – élèves, aux yeux brillant de plaisir, répartis en six « compagnies » de « routiers » qui répondaient au nom d’un  célèbre homme de guerre, du Guesclin, Prince noir ou bien d’un roi, Philippe Auguste…ont défilé avec leurs bannières dans les sept ateliers pédagogiques pendant six heures.  Ainsi, ils ont été initiés à l’archerie, au maniement des armes, au combat rapproché, à l’héraldique – l’art de faire son blason – à la danse, aux instruments et à la musique, à la jonglerie… Le capitaine « Barbepeste » et ses sbires ont alors conquis la « piétaille » qui après explications et démonstrations, devait mettre en pratique l’enseignement de leurs maîtres…  

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 Les corps fatigués furent réparés par le succulent banquet médiéval régional (tortillons gannatois, galichons d’Escurolles, fromages de chèvres de Bellenaves, Fraises bourbonnaises sur lit de fromage blanc de campagne de Cérilly étaient inscrits sur le très beau papier imprimé à l’ancienne par le moulin Richard de Bas ), pris en musique, et proposé par le chef, Sylvain Bruno. Une projection d’images, capturées dans la matinée, proposées par les élèves de l’atelier image du collège lors du repas, a également ravi les convives.

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En fin d'après-midi, les petits occitans, tout sourire, étaient regroupés pour assister à un spectacle de jongleries burlesques proposées par « Grand mètres Yann »,  à de la poésie lyrique, et à une impressionnante saynète de combats à l’épée accompagnée par la musique du groupe DAYAZELL.

 

Quel bonheur ! Quelle joie d'avoir vu les yeux des enfants pétiller de plaisir ! Quel  moment de vie ! Il ne fait aucun doute que cette journée unanimement saluée comme étant extraordinaire restera gravée dans les mémoires.

  351.JPG Alors, un grand MERCI à tous ceux qui ont participé à la réussite du projet ! Les personnels du collège Hennequin, la mairie de Gannat, les mécènes, les comédiens si sympathiques et bien sûr…les élèves !

 

Pour en savoir davantage :

 

RV sur le blog du collège de Gannat (03),

une 100e de photos...

 

http://cdi.gannat.over-blog.com/

 

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A propos de ce blog !

 

Lu dans « La nouvelle encyclopédie des filles 2011 » de Sonia Feertchak ((Plon)

 

« Le blog passionné et passionnant d’un professeur documentaliste  fou de littérature jeunesse, pour « sourire, rêver, aimer ». Des articles vivants sur la lecture, qui donnent envie de découvrir plein de livres et autant d’auteurs

 

 

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A lire, vraiment !




 

 

 

 

 

 

 

 

   

A travers de nombreuses anecdotes Christian Grenier évoque son enfance placée sous le signe du théâtre et de la lecture, son adolescence marquée par l'écriture et la passion. Il relate son parcours d'enseignant, d'auteur mais aussi de lecteur-correcteur, journaliste, scénariste et directeur de collection. Il se penche également sur les mécanismes intimes de l'imaginaire, détaille la genèse de ses oeuvres et fait pénétrer le lecteur dans les coulisses de l'écriture et de l'édition. Enfin il s'interroge sur les principes qui font d'une fiction un récit pour la jeunesse. Regorgeant de confessions, de convictions et de passion, ce témoignage d'une vie consacrée à la littérature jeunesse se lit comme un roman.
 

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Le MOT du JOUR : ......

    "Des millions de gens vivent sans lire, mais ce qu'ils ignorent,

c'est qu'on vit infiniment plus en lisant."

Xavier-Laurent PETIT

  

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Je vous livre l'adresse du blog de mon nouveau cdi et collège : http://colllafontaine.over-blog.com/

 

depuis octobre 2009

 

 

6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 10:35

 

L’écriture :

 

·         Pourquoi écris-tu ? Est-ce quelque chose de facile à expliquer ?

 

Pour moi, c'est quelque chose de très, très difficile à expliquer, presque de l'ordre de l'indicible, en tout cas d'un intime profondément enfoui. Aux jeunes que je rencontre, je réponds par une pirouette. J'ai un parcours assez particulier : manager dans le pétrole américain, si, à 30 ans, on m'avait dit que je serai écrivain un jour, j'aurais hurlé de rire. Ecrire et avoir des responsabilités pétrolière, quand, peu à peu, le  besoin d'écrire est né, puis m'a submergé, j'ai quitté mon job, avec des conséquences économiques et sociales importantes.   Ecrire, c'est donc pour moi répondre à une irrépressible pulsion venue de mon magma, donc à la fois une affaire intérieure traduite par une capacité particulière, l'écriture. C'est aussi l'expression  d'un bonheur, d'une douleur, d'une vanité.

 

·         C’est quoi être écrivain ? Ecrire c’est quoi ?

 

Etre écrivain, c'est ne pas tricher, ne pas être un producteur de l'écrit, suivre sa voie, accepter le regard des autres sur son écriture, c'est aussi avoir le courage de n'être qu'écrivain socio-professionnellement (statut agessa). 

Ecrire, je l'ai développé ci-dessus.

 

 

·         Que penses-tu des écoles américaines dans lesquelles on peut apprendre à écrire ? En France, elles n’existent pas. Quel écrivain es-tu ?

 

Un de mes amis, médecin et afghan, Khaled Hosseini, best seller mondial  (Les cerfs-volants de Kaboul), est issu d'une "writing school", son  exemple n'est pas bon, car, non anglophone, il a été y apprendre la maitrise de l'écriture en langue anglaise. Beaucoup d'écrivains américains ont fait ce chemin, mais peut-être est ce dû au fait qu'ils viennent d'horizons différents, pas forcément littéraire. La plupart des écrivains en France sont des lettrés, avec une dominante d'enseignants. En ce qui me concerne, je ne vois pas ce qu'aurait pu m'apporter et ce que m'apporterais une école d'écriture : elle ne peut donner ni le talent ni le style. Des conseils pour les débutants sans doute, entre autre comment ne pas mélanger les genres, et surtout se guider dans la jungle de l'édition.

 

 

·         Arthur Ténor parle de lui comme étant un « explorateur de l’imaginaire. » As-tu une formule pour te caractériser ?

 

J’ai été le premier éditeur d'Arthur (après sa première tentative ratée), il est l'exemple d'un auteur que j'ai vu formidablement progresser Non seulement il est capable d'explorer l'imaginaire au sens propre et figuré, car lorsqu'il pénètre dans les territoires du fantastique ou de la fantasy, certains de ses héros visitent des mondes imaginaires.


Comme lui, dans le domaine jeunesse, je me représente comme un visiteur des genres du "grand imaginaire", mais dans d'autres types d'ouvrage, je reviens dans un réalisme terrestre.

 

·         L’écriture a-t-elle toujours été en toi ou est-ce quelque chose qui est arrivé tardivement dans ta vie ? Il y a t-il eu un élément déclencheur ?

 

La réponse figure ci-dessus. Je cherche encore s'il y a eu un mécanisme déclencheur. Je dirai que, par la passion constante et précoce de la lecture, par la capacité d'évasion du réel, j'étais prêt. Philippe Delerm écrit actuellement un ouvrage sur "en quoi était-il écrivain quand il n'était pas écrivain", il y aura peut-être un élément de réponse pour moi aussi.

 

·         Pour qui écris-tu ? A moins que ce ne soit pour un public ? Pour être lu ?

 

Je ne suis pas comme Kafka, j'écris pour être lu, j'ai besoin d'une existence de ce que j'écris. Comme je l'ai dit, j'écris pour des publics, et différents : enfants, adolescents, adultes lettrés, adultes. Mes 8 ouvrages sur la Franc-maçonnerie, destinés à des non maçons, sont tous des commandes.

 

·         Le public/l’éditeur t’ont-ils influencé à un moment donné ?

 

La rencontre avec de bons éditeurs, au sens littéraire, m'a beaucoup apporté, c'est une violence salvatrice, je rencontre, en tant qu'éditeur, beaucoup d'auteurs sans talent, qui refusent la remise en cause de leurs écrits. C'est donc au niveau de l'écriture que l'on m'a influencé, mais pas dans mes choix d'écriture, ce qui est ma faiblesse car je suis un auteur "explosé" entre ses tentations.

 

 

·         Cette fameuse imagination, d’où vient-elle ? De quoi t’inspires-tu ?

 

D'abord l'imagination ne fait pas l'auteur, je reçois tant de manuscrits à l'imagination débordante, mais sans écriture, sans écriture, sans remise en cause des influences. Philippe Delerm (encore lui, c'est un ami), n'a guère d'imagination, mais un grand talent pour traduire le quotidien, la mémoire, par son style.

L'imagination a certainement une origine dans un coin de notre cerveau non exploré par les neurologues, mais elle repose aussi sur la mémoire, la sensibilité, le regard et les influences (livres, cinéma, peinture et toutes formes de création).

 

Je m'inspire souvent d'un puzzle qui contient : des souvenirs de vie, de voyages,  d'oeuvres de diverses formes de création, de ce "nowhere" dans mon cerveau, et du mixage de ces éléments.

 

 

·         Comment procèdes-tu pour écrire ? Un plan ? des carnets ?

 

De moins en moins de plan, de moins en moins d'écriture préalable à la main. Mais très souvent, je stocke des idées, des synopsis, des notes... qui peuvent dormir des mois et même de longues années. En fait, ces histoires sont également stockées dans ma mémoire et y poursuivent une vie autonome, pour ressurgir, ou disparaître.

 

 

·         A quel moment de la journée écris-tu ? Avec quoi ? Une heure précise ?

 

Mon meilleur créneau est 14 à 20 heures. Ordinateur maintenant.



As-t besoin d’isolement ?

 

Oui, mais pas dans un lieu précis.

 

 

��         Qui te lis en 1er ? Un proche ? Pourquoi ?

 

En tant qu'éditeur, je déconseille la lecture par des proches, combien de fois ai-je reçu des lettres du genre "ce manuscrit a été lu autour de moi" sous-entendu "par des lettrés aussi valables que vous, il ne vous reste plus qu'à m'éditer". Autrefois, il m'arrivait de lire mes manuscrits pour les petits à mes enfants. Aujourd'hui, il m'arrive de lire, pour des raisons précises, un épisode particulier, mais jamais l'ouvrage. Mon premier lecteur, c'est l'éditeur, seul compétent pour juger mon texte.

 

 

·         Qu’aimerais-tu écrire ? un sujet que tu n’as pas abordé et qui te taraude ? un genre ?

 

Je publie en 2011 mon premier roman fantastique pour adulte, ça me taraudait. Comme j'ai visité beaucoup de pistes littéraires, je ne vois pas ce qui me manque, ou plutôt si : des ouvrages très difficiles à publier car jouant sur écriture et image par exemple.

 

 

·         Ecrire à 4 mains cela te tente-t-il ?

 

Déjà fait en jeunesse avec Alain Surget, ça c'est très bien passé. J'ai aussi coordonné deux recueils de nouvelles de 8 auteurs en adulte déclinant un même thème (un objet/un souvenir, un lieu/un souvenir).

 

 

·         Est-il facile de vivre de sa plume ? Exerces-tu un autre métier ?

 

Après avoir quitté le pétrole, je n'ai plus connu le salariat, j'ai connu une courte période de transition (presse, communication...) , mais j'ai pu très vite vivre uniquement du droit d'auteur, du fait de mes directions de collections.

 

·         Qualités et défauts de l’Homme ? qui rejaillissent sur l’écrivain ?

 

Je ne peux répondre de mes qualités et défaut, je suis un  vaniteux tempéré, mais pas un égotiste.

 

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 10:33

 

Tes personnages :

 

·         Comment crées-tu tes personnages ?

 

le même puzzle que ci-dessus.



·         Est-ce que ce sont tes personnages qui te mènent ? Par exemple, peuvent-ils te faire changer de voie en cours d’écriture ?



 On ne le croit pas, mais c'est vrai que l'on a parfois l'impression d'être baladé par ses personnages. En fait, ils paraissent libres, mais suivent un cheminement qui nous est propre mais peut ne pas avoir été prémédité.


·         Qu’aimes-tu le plus dans la création du personnage ? L’aspect psychologique ?

 

Tous les aspects.

 

·         Quel est le personnage que tu as crée et qui t’a posé le plus de souci Pourquoi ?

 

Pas d'idée sur la question.

 

·         Quel personnage de papier que tu as inventé aimes-tu le plus ?

 

C'est souvent (le) ou (les) derniers nés. Je ne suis pas en admiration devant de que j'ai créé.

 

 

Les lieux :

 

·         Comment t’inspires-tu pour créer un lieu ? Une atmosphère ? Te rends-tu sur place ? Visites-tu beaucoup ?

 

Je réponds aux deux questions ci-dessus (je fatigue) : soit le roman ou l'épisode, se situe dans un lieu imaginaire, soit il se situe dans un lieu connu, dans mes derniers ouvrages c'est le Dorset anglais, et un autre passe de Champagne-Ardenne à Prague, Vienne, ex Yougoslavie, Turquie, Liban ...

 

 

·         Est-il facile de partir de rien ou de ce que l’on connaît ?

 

 

Le style, la phrase, le mot…

 

·         Quelle est la phrase qui te pose le plus de souci dans l’écriture ? L’incipit ?

 

Pas de problème.

 

·         Quel style préfères-tu ? style indirect libre… « je » ou « il »…

 

Je passe de l'un à l'autre.

 

 

·         As-tu la plume facile ? Où est-ce laborieux ? Te faut-il raturer beaucoup ?

 

Facile, dans un premier temps, difficile d'autres fois.

 

 

·         Comment définirais-tu ton style ?

 

Je ne crois, hélas, pas avoir de style. Il m'arrive d'être inspiré, l'espace d'une phrase, d'un épisode. Mais on ne peut reconnaître du "Chaboud".

 

 

·         Combien dure la phase avant l’écriture (recherches…) ? Et la phase d’écriture ? Combien écris-tu de livres par an ?

 

Je fatigue.... La deuxième question ne concerne que des "producteurs d'écriture".

 

 

·         Quel place a le mot dans tes romans ? Le vocabulaire est-il très important pour toi ?

 

Il n'y a pas d'écrivain sans amour du mot Oui, le vocabulaire est important, je suis horrifié par l'ignorance de nombre d'auteurs.

 

 

·         Fais-tu attention à la longueur de tes phrases ? Pierre Bottero faisait des phrases courtes ; parfois, il ne les finissait pas pour laisser le soin au lecteur d’imaginer, de rêver et donc de les terminer lui-même.

 

Oui, particulièrement en jeunesse, on ne peut écrire comme Proust (longueur des phrases, mais aussi des descriptions...). Je n'ai jamais lu de livres de Pierre Bottero, mais l'idée me paraît curieuse au plan littéraire.

 ·         Qu’est-ce qui fait que pour toi, une phrase est bonne ?

 

·         Utilises-tu beaucoup de documentation ?

Tout dépend du sujet, s'il le faut, je fais un vrai travail documentaire.

 

La littérature :

·         La littérature c’est quoi ? Cela sous entend que tout ne serait pas littérature…

 

·         Qu’est-ce ce que la littérature jeunesse ? Une littérature à part entière ?

 

·         Faut-il lire les classiques ? Pourquoi ?

 

J'ai à peu près répondu aux deux premières questions. Oui il faut lire les classiques, mais il faudrait que ce soit dans un cadre non contraignant.

 

L’avenir du livre ?

 

 

·         Les nouvelles technologies vont-elles le tuer ?

 

Je me pose peu de questions dans ces domaines, j'appelle de mes voeux les techniques nouvelles dans les domaines documentaires.

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 10:31

 

Le fruit de ton imagination :

 

·         Comment définis-tu tes écrits ? qu’est-ce qui te guide ? te pousse ? te fait avancer ?

 

·         Quel est le livre que tu as écrit pour lequel tu gardes une affection particulière ?

 

Déjà répondu.


 

·         Pourquoi vas-tu dans les salons du livre ? Cela n’est-il pas trop ennuyeux ?

 

Je suis sursaturé de salons du livre, en particulier les grands. C'est fatiguant, ennuyeux, on mange trop. Mais il y a des salons que l'on aime retrouver, car ils sont organisés par des amoureux des livres, des amis des auteurs, et l'on y retrouve des amis auteurs.

 

 L’écriture engagée :

 

·         Peut-on tout écrire quand on sait qu’on est lu par des ados ? Evoquer le affres de notre société n’est-il pas périlleux pour le moral de notre jeunesse ?

 

Déjà répondu.

 

 

·         Est-il facile d’être engagé et publié ? L’écriture engagée intéresse-t-elle  aujourd’hui ?

 

Le  problème, c 'est que l'engagement domine le projet littéraire. Il semble que l'on exige pas mal aujourd'hui que l'auteur soit engagé, mais l'auteur est libre, il écrit où il veut.

 

 

·         Comment l’auteur que tu es peut-il garder son indépendance, ses idéaux tout  en continuant d’exister sur le marché ?

 

60% de talent, 40 de compromission.

 

 

 

Les éditeurs, l’édition :

 

 

·         Te sens-tu libre comme écrivain ? As-tu eu à souffrir de la censure ?

 

Non, mais il faut s'entendre sur censure. Je n'écris pas pour déverser mes douleurs de vieil enfants sur des enfants, et certains auteurs de ce genre m'inquiètent beaucoup.


 

·         T’interdis-tu des choses dans l’écriture ? L’éditeur te « dirige »-t-il beaucoup ?

 

Déjà répondu. Un bon éditeur dialogue avec l'auteur, il négocie, ce n'est pas un correcteur au sens pédagogique, mais il est souvent nécessaire à l'auteur.

 

·         Comment s’opère la collaboration avec ton éditeur au niveau de la correction des textes ? Un auteur libre, cela existe-t-il ?

 

Arthur et 140 autres auteurs jeunesse peuvent témoigner, que j'ai refusé certains de leurs textes, mais pour ceux que j'ai acceptés, ils étaient libres.

 

 

La lecture et ta bibliothèque :

 

·         Est-ce que lecture et écriture vont de pair ? Faut-il aimer lire pour écrire ?

 

Oui.
 

·         Pour toi, lire c’est quoi ?

 

Une nécessité vitale.


 

·         Quels sont tes auteurs préférés ? tes lectures préférées ?

 

 

Kafka, Proust, Giono, Lewis Carroll, Malcolm Lowry, Haruki Murakami, Antonio Lobo Antunes, Poe, Apollinaire, Alejo Carpentier, Dino Buzzati... Trop, trop...

 

 

·         Les livres jeunesse qui t’ont marqués chez les autres ? Un livre de chevet ?

 

Alice (au dessus de tout), mais aussi "Sylvie et Bruno", "Le petit Prince", "Peter Pan".

 

 

·         Ta bibliothèque, quelle est-elle ? Comment sont ces livres, Beaux livres, poches… genres ?

 

J'ai été un peu bibliophile, je n'achète presque plus que des poches.


 

·         Où sont-ils rangés ? Comment sont-ils classés ?

 

Bibliothèques, pas de classement.



·         Comment les achètes-tu ?

 

Libraires indépendants, souvent amis.


 

·         Si tu avais un auteur à qui écrire, lequel serait-ce ? Et que lui écrirais-tu ?

 

J'ai commencé un petit échange avec Jasper Fford, car j'aime les auteurs déjantés.  J'échange avec pas mal d'amis auteurs pour jeunesse ou adultes.

 

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 15:12

 

·         Stéphane, comment t’inspires-tu pour créer un lieu ? Une atmosphère ?

 

Je situe très souvent l'action de mes livres dans des endroits que je connais. 

 

·         Te rends-tu sur place ? Visites-tu beaucoup ?

 

Pendant l'écriture, en fonction des passages, je me promène, un carnet en main, pour noter des détails qui me serviront à rendre le plus fidèlement possible l'atmosphère des lieux.

 

·         Est-il facile de partir de rien ou de ce que l’on connaît ?

 

Pour ce qui me concerne, quand je connais, c'est mieux.

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 15:05

L’auteur de la série des Six compagnons, Paul-Jacques Bonzon (1908-1978) était originaire de la Manche. Yves Marion a   consacré un ouvrage extrêmement documenté à cet auteur tombé dans l’oubli. Toute une génération se souvient pourtant d’avoir dévoré les aventures des Six compagnons dans la « Bibliothèque verte ». Mais nous sommes peu nombreux à savoir qui en était l’auteur. Et encore moins à connaître son enfance manchoise. Paul-Jacques Bonzon fut instituteur avant d’écrire pour la jeunesse avec un souci de pédagogue constant. Et c’est à juste titre qu’un autre instituteur originaire de la région, Yves Marion, lui rend hommage dans une étude biographique extrêmement détaillée. Celle-ci est d’ailleurs prétexte à l’exploration de nombreux contextes : quotidien des Normaliens dans les années 20, parcours d’un instituteur en milieu rural, naissance et phénomène éditorial de la littérature jeunesse…

 

CRL : Qu’est-ce qui a motivé l’écriture de ce livre ?


Yves Marion  :
La première raison est professionnelle. J’ai appartenu à la maison de l’Éducation Nationale durant une vingtaine d’années. J’ai été inspecteur dans le Calvados. Mais j’ai aussi connu Paul-Jacques Bonzon lorsque j’étais enfant.  Ma famille et la sienne étaient proches.  J’allais en vacances à Barneville-sur-mer là où habitait la mère de l’écrivain. Il y a une deuxième raison qui concerne la sauvegarde du patrimoine. Dans les années 2000, j’ai visité une école où j’ai trouvé des livres de Bonzon à la corbeille ! On m’avait répondu que ce n’était plus demandé. Savoir que un écrivain aussi important en quantité d’exemplaires parus, dont on dit qu’il est le deuxième en France après Jules Verne, ne soit plus demandé au point de le retirer des étagères… Pour moi il y avait urgence. Des universitaires spécialistes de la littérature pour enfants m’ont rétorqué que je m’avançais sur un terrain inconnu, celui de la littérature jeunesse d’après-guerre, rangée au purgatoire des études universitaires !

 

CRL : Comment expliquer ce désintérêt ?


Y. M. :
Cette littérature naît dans l’après-guerre au moment où le livre se développe et devient un objet de consommation. Le lecteur a davantage de choix. Les ouvrages pour la jeunesse sont alors souvent des romans d’aventures, des petits policiers en quelque sorte. L’arrivée en 1968 de l’École des loisirs va bousculer cela en publiant une littérature plus psychologique, s’intéressant aux relations familiales par exemple. La littérature policière pour enfants devient un peu surrannée.

 

CRL : Votre ouvrage est l’occasion aussi de replonger dans toute une époque, de découvrir le parcours lambda d’un Normalien, futur instituteur.


Y. M
. : Cela ne m’intéressait pas d’aborder cela d’un strict point de vue biographique. C’était pour moi effectivement un prétexte pour éclairer toute une période. Paul-Jacques Bonzon est né en 1908 dans une famille de militaires à Sainte-Marie-du-Mont. On voit très bien que c’est grâce aux carrières militaires que fonctionne l’ascenseur social. Blessé à la guerre, le père reviendra à Saint-Lô comme rédacteur à la préfecture de la Manche. Paul-Jacques Bonzon fera donc son école primaire à Saint-Lô. Puis l’école primaire supérieure, l’équivalent de nos collèges actuels. Il entrera à l’École Normale supérieure de Saint-Lô en 1924. Il prendra son premier poste en 1927 mais tombera rapidement malade. La tuberculose.

 

CRL : Vous avez d’ailleurs choisi de consacrer une large place au séjour de l’auteur au sanatorium de Sainte-Feyre. Pourquoi ?


Y. M. :
Il y a eu effectivement une épidémie de tuberculose à l’École Normale. Le directeur de l’époque en avait d’ailleurs informé ses tutelles, jusqu’au ministre qui s’en est inquiété. Un jeune élève atteint de tuberculose avait été admis en 1923… C’est là l’explication de l’épidémie. Deux Normaliens sont décédés. Bonzon va être malade. On parlera de bronchite chronique. Parler de tuberculose aurait entraîné son éviction. En 1927, il a pris son premier poste, mais n’est resté que deux mois. Il est parti alors au sanatorium de Sainte-Feyre réservé aux instituteurs. Il y rencontrera sa femme d’ailleurs. Je me suis intéressé au quotidien des patients. Il y avait là-bas une vie culturellement riche : on y faisait du théâtre, de la musique, du dessin, de la peinture. On y a créé une radio, un journal. On y invitait des pédagogues de haute renommée. Bonzon y restera cinq ans et demi sans avancement de carrière… Il va alors se consacrer à la peinture, vendre des cartes postales, se mettre au dessin. On lui reconnaît un trait, un sens de l’observation. À sa sortie, il est titularisé, nommé à Barenton. Puis il demandera son autorisation pour s’installer dans la Drôme, département de sa femme.

 

CRL : Faites-vous un lien entre son métier d’instituteur et son activité d’écrivain pour la jeunesse ?

Y. M. : Tout à fait. Il écrit ses trois premiers ouvrages en 1945, 1947 et 1948. Le suivant ne paraîtra qu’en 1953. Mais cela correspond, selon moi, à une époque plus difficile de sa vie. Tous les éléments de l’œuvre sont là, dans ces trois premiers titres. Les personnages sont des pré-adolescents, un public qu’il connaît bien. Il teste ses idées auprès d’eux souvent ! Ils sont issus de milieux modestes, confrontés au malheur, la perte d’un parent par exemple. On est dans le roman d’apprentissage, d’initiation où les obstacles vous grandissent. Ces trois romans, Loutsi-Chien et ses jeunes maîtres, Delph le marin et Le Jongleur à l’étoile affichent les mêmes valeurs : la solidarité, l’amitié, le groupe. Bonzon a connu la méthode Freinet. Comme instituteur, il a introduit une pédagogie coopérative. Son œuvre a été reconnue, primée. Bonzon devient un écrivain reconnu par la profession et les librairies.

 

CRL : Il est surtout connu pour la série des Six compagnons publiés dans la célèbre  « Bibliothèque verte » ?


Y. M. :
Hachette à l’époque avait acquis les droits de traduction des séries d’Enyd Blyton, Le Clan des 7, Le Club des 5. Elles connaissent beaucoup de succès en France. C’est à leur suite que Bonzon créé Les Six compagnons, qui se sont appelés Les Compagnons de la Croix-Rousse au départ. Trente-huit ouvrages de la série porteront sa signature. Douze seront écrits par d’autres après sa mort. Chaque titre était imprimé à 500.000 exemplaires environ ! C’est énorme ! Bonzon en écrira plusieurs par an. La série fonctionne, il continuera avec La Famille H.L.M. et Diabolo à destination des plus jeunes. Bonzon écrira aussi onze titres pour l’école et l’apprentissage de la lecture. Bonzon était un pédagogue.

 

CRL : Comment définiriez-vous l’œuvre de Bonzon ?


Y. M. :
C’est une œuvre humaniste qui prône la solidarité, la courtoisie, évoque la construction de la personnalité. Aujourd’hui le terme « moralisateur » est galvaudé, mais on pourrait parler d’éducation sociale. C’était un homme laïc, pétri des valeurs de l’humanisme républicain, démocrate et sachant écouter…

 

Propos recueillis par Nathalie Colleville
 
De la Manche à la Drôme : itinéraire de l’écrivain Paul-Jacques Bonzon, instituteur et romancier pour la jeunesse, Yves Marion,  (éditions Eurocibles, « Inédits et introuvables du patrimoine normand », 2009)
 
bibliotheque.municipale@ville-carentan.fr

http://www.crlbn.fr/2010/09/27/paul-jacques-bonzon-ecrivain-pour-la-jeunesse/

 

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 14:35

Le beau COLLEGE Joseph Hennequin de GANNAT (Allier)

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Le magnifique CDI
du collège Joseph Hennequin
- Gannat -

Chaleureux, accueillant,
spacieux, lumineux

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 14:32

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Le bureau et la table des nouveautés

 

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 L'orientation : le coin des métiers

 

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 14:32

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 10:38

 

 

 

Nicolas Jaillet, vous donne des conseils pour écrire votre propre roman. Cette fois-ci, le rythme du texte.

 

Vidéo à regarder sur...

http://www.youtube.com/watch?v=rBQqpWei4KQ

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 10:35

Qui ne connaît pas la série "Il était une fois l'homme" ? La grande saga de l'humanité, des origine de la vie à nos jours, à travers le quotidien contée par les inoubliables Maestro, Pierre, Pierrette, leurs enfants et tous leurs compagnons...

 

A la fois drôle et bourrée d’informations, la célèbre collection de séries d’animation créée par Albert Barillé réussit à élargir le champ des connaissances des enfants et à leur inculquer le respect des valeurs humaines. Depuis le début de sa création à la fin des années 70, elle a été diffusée dans le monde entier et primée à de multiples reprises. La grande saga de l’humanité, des origines de la vie à nos jours, à travers le quotidien de Monsieur et Madame tout le monde, contée par les inoubliables Maestro, Pierre, Pierrette, leurs enfants et tous leurs compagnons.

 

L’aventure commence il y a presque cinq milliards d’années. Nous approchons du globe terrestre entouré d’une épaisse couche de nuage. Les volcans en éruption, les fleuves de lave, la foudre, les tremblements de terre, la pluie diluvienne forment une vision d’apocalypse. Puis tout semble s’apaiser et un rayon de soleil perce la brume et s’en va frapper la surface de l’eau, là où tout à commencé… Et tandis que tourne l’horloge du temps, Pierre, le robuste Pithécanthrope adulte qui marche des premiers âges de l’humanité va traverser les époques, accompagné du sage Maestro, génie distrait par excellence, et devenir un homme d’aujourd’hui.

 

Vous pouvez lire la Bd ou regarder l'intégrale de la série en DVD.

 

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POURQUOI ce BLOG ?

 Le BLOG consacré
aux AUTEURS,
à la LITTERATURE JEUNESSE
et à L'ECRITURE
.

Enfants 1 199La lecture est une nécessité dans le monde moderne. Elle permet de maîtriser la langue, de développer l’imaginaire, de structurer la pensée, d’accéder au savoir, d'acquérir du vocabulaire... C’est pourquoi parents et enseignants se lamentent lorsque les enfants ne lisent pas et les ados encore moins. Pourtant, ils prendront PLAISIR à lire... pur cela, il suffit de les juindécembre2010 225aider à ouvrir la porte.

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  

 

 Avec ce blog, j'aimerais :
 * faire découvrir la littérature jeunesse,l'écriture et les auteurs pour la jeunesse
partager une passion et pourquoi pas donner envie de lire et de rêver entre les pages.  

juindécembre2010 260Le livre est une véritable source de plaisir, de joie et d'émotion. Beaucoup d’élèves disent ne pas aimer lire. Je ne suis pas loin de penser que TOUS aiment lire, sans exception ! Le plus difficile pour eux est de parvenir à trouver dans la masse, LE livre, celui qui ne va pas les endormir… juindécembre2010 227LE LIVRE, celui qui va leur "parler", le livre qui leur correspond, le livre qui va leur remuer les tripes, les boyaux, les neurones, la tête !!!  

Enfants 1 178-copie-1Personne n'aime lire toutes les histoires, tous les livres. Evidemment. Il existe donc des "critères" à appliquer pour trouver et emprunter la perle, le livre qui va faire définitivement plonger dans le plaisir de lire !

Dans le livre on fait de merveilleuses rencontres, on découvre plein d'amis, on voyage, on s'ouvre sur le monde, on vit des aventures que l'on ne connaîtra jamais dans la vie de tous les jours : on embrasse des princesses, on escalade des rochers, on "zigouille" les méchants, on galope sur des chevaux lancés à la poursuite de terribles bandits ... bref, on fait de fabuleux voyages pour... "sourire, rêver et aimer" (Lisez "Le type" de Philippe Barbeau.) !!

Enfants 1 258Dans ce blog, il sera question des hommes et des femmes qui écrivent : les écrivains pour la jeunesse. Les ouvrages de littérature jeunesse de qualité seront présentés, racontés, "décortiqués"...
Vous lirez des interviews de professionnels, vous découvrirez des portraits, le monde de la chaîne du livre (éditeurs, imprimeurs, libraires...), vous trouverez également des conseils, vous ferez des rencontres, participerez à des débats, vous lirez des expériences d'animations pédagogiques autour des livres, vous découvrirez des "paroles" d'élèves, d'enseignants, des textes et.... plein d'autres choses encore !

juindécembre2010 224

 Brigitte Coppin 015
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    "Les gens qui aiment lire sont rarement des salauds !"
Xavier-Laurent PETIT
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  SPECTACLES

   

  "Salomon, vous vous rendez-compte ?"

de Christophe Boutier

 

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Sa majesté des couches"

de Christophe Boutier  

 

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  Une comédie en V actes écrite et mise en scène par Christophe Boutier

L’histoire de la séduction, de l’enfant et de sa famille depuis la préhistoire jusqu’à l’enfant-roi du XXIème siècle.

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Sur scène, il y avait :

- 14 comédiens 

- Six musiciens professionnels dont Michel Léger, accompagnateur de vedettes de la chanson et du cabaret, telles que La Bande à Basile, Daniel Guichard, Zanini, Jean Constantin, André Aubert (Don Patillo)...

- la chorale du collège de Xavier Bélanger (professeur d'éducation musicale qui a mis en musique le spectacle) qui a interprété des chansons de variété en rapport avec l'enfance.

- des projections murales assurées par les élèves de l'option image (Eddy Dabrigeon...) du collège, option dirigée par Cécile Cotten,  professeur d’Arts plastiques.

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Les spectacles précédents

 

2013- Le temps du maquis"

2012 - "Salomon, vous vous rendez compte ?"

2011 - "Sa majesté des couches"(Gannat)

2010 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes"  : 2ème épisode (Gannat)

2010 - "Un zèbre sur la banquise" (Gannat)

2009 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes " : 1er épisode (Lapalisse)

2008 - "La farce vaudevillesquement tragique de la chambre forte du jugement dernier. " (Lapalisse)

2007 - "Le terrier zeixcoussois en Zinzinmouli ou la complainte des comédiens en danger" (Saint- Prix)

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    Un grand MERCI donc à tous les écrivains jeunesse
 que j'épuise et à qui je donne mal à la tête !!!
Ah ! Ah !!

Enfants 1 224Christian Grenier, Eric Boisset, Alain Grousset, Alain Surget, Béatrice Nicodème, Anne-Marie Desplat-Duc, Susie Morgenstern, Arthur Ténor, Hubert Ben Kemoun, Jean-Côme Noguès, Marc Séassau, Fabrice Colin,  Lorris Murail, Roger Judenne, Philippe Barbeau, Anne Ferrier, Evelyne Brisou-Pellen, Eric Sanvoisin, Christophe Léon, Jean-Luc Luciani, Béatrice Egémar, Magali Herbert, Guy Jimenes, Jean-Claude Mourlevat, Raymond Perrin, Jean-Baptiste Evette, Marc Cantin, Claire Gratias, Christophe Miraucourt, Xavier Bascour, François Librini, René Gouichoux, Yaël Hassan, Jean-Marc Ligny, Marie-Aude Murail, Cécile Roumiguière, Brigitte Coppin, Dorothée Piatek, Sophie Audouin-Mamikonian, Fanny Joly, Johan Héliot, Jack Chaboud, Jean-Luc Marcastel, Stéphane Daniel, Emmanuelle et Benoît de Saint Chamas, Jean-Paul Gourévitch, Michèle Laframboise., Florence Hinckel, Christophe Loupy, Lénia Major, Viviane Koenig, Marie Mélisou..

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... évoque le BLOG sur la littérature jeunesse.

 

"Des conseils pratiques de pro à pro, des interviews délicieuses et des
articles écrits par des écrivains ou des éditeurs, des bibliographies,
des réflexions sur la littérature jeunesse, des coups de coeur et
 des anecdotes...On trouvera tout cela (!) sur le blog de C
hristophe
Boutier, professeur documentaliste  au collège de Gannat (Allier).

Les petits articles de réflexion sur certains aspects de la littérature
jeunesse sont parmi les plus intéressants, d'autant plus qu'ils soulèvent
parfois des points souvent peu vus : les genres relevant de l'imaginaire
et les critères de classification (science fiction, fantasy...), les styles
d'écriture (classique, moderne…), ou encore le souci de la véracité dans
les romans historiques jeunesse.

En plus de cela, on trouvera une liste impressionnante de sites
d'écrivains  et des ressources diverses et variées qui émaillent les
articles (liens vers des  sites de séries jeunesse, des conférences
en ligne...), des « trucs et astuces » de Doc pour aimer et faire
aimer la lecture, des bibliographies...

Si la mise en page gagnerait à être un peu plus claire et lisible, le côté
bric-à-brac (où on flâne volontiers de longs moments) perdrait de son
charme...

Par un prof-doc amoureux et défenseur acharné de la littérature
jeunesse.
"

 

Rubriques

CULTURE au CDI de Gannat

Collège de Gannat (03)

" Fête de la culture, de la lecture et de l'écriture"

  Mai 2013 - 4ème édition

Eric Boisset 

Mai 2013 145

ArthuArthur Ténor 024r Ténor

Alain Surget 

Alain Surget 053

 

Mai 2012 - 3ème édition

 Jean-Luc Marcastel

jean-luc-MARCASTEL-010.jpg

Brigitte Coppin 

      Brigitte-Coppin-013.jpg

 

Mai 2011 - 2ème édition

Philippe Barbeau, Christian Couty

juindécembre2010 236

Béatrice Nicodème

 

juindecembre2010-245.jpg

 

Juin 2010 - la 1ère édition :

 

Alain GROUSSETet Christian GRENIERétaient parmi nous pour évoquer la Science-Fiction (SF) etpour débattre des nouvelles technologiesqui pourraient "tuer » les livres...

 Enfants 1 196

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Le nouveau spectacle du collège

Joseph Hennequin de Gannat, dans l’Allier.

 

 

La troupe de théâtre du collège Hennequin, composée cette année de 30 comédiens issus des quatre niveaux de classes, a réalisé un film (un vrai ! en noir et blanc)écrit par Christophe Boutier, professeur documentaliste, « Le temps du maquis» (vendredi 14 juin 2013, centre socio culturel de Gannat). Xavier Bélanger, professeur d’Education musicale, assurera la mise en musique.

Ce film présente la dure réalité de la vie quotidienne et clandestine, au milieu de la forêt,d’hommes et de femmes – les maquisards - remarquablement courageux qui recoururent, au péril de leur vie, à la guérilla pour s’attaquer à la milice du Maréchal Pétain et aux troupes d’occupation allemande.

Ce spectacle entre dans le cadre du projet « Devoir de mémoire », une option du collège menée en classe de 3ème. Les 16 élèves de cette option dirigée par M. Bellet, professeur d'Histoire, présenteront la soirée :

En 1ère partie, un court métrage : Roger VENUAT, résistant dans le maquis de Hérisson (Allier, 03), au collège Joseph Hennequin.

En 2ème partie, la pièce de théâtre, « Le temps du maquis »

ENTREE GRATUITE

  

QUI SUIS-JE ?

Je suis Christophe BOUTIER, professeur documentaliste au collège de Gannat (1 rue Joseph Hennequin. 03800 GANNAT) , dans l’Allier, en Auvergne.

Passionné par la littérature jeunesse, l'écriture, la lecture... j'ai découvert, grâce à ma profession cette littérature - une vraie littérature ! - qui comporte de magnifiques textes. Et derrière des mots adressés, peut-être davantage aux enfants, aux adolescents - quoi qu'un bon texte doit pouvoir être lu par tous sans aucune histoire d'âge ! - se cachent des écrivains adorables, des personnes d'une incroyable richesse humaine, intellectuelle et culturelle, des gens de talent que j'ai/j'ai eu la chance pour certains de côtoyer !

Aujourd'hui, j'éprouve le besoin de partager mon amour des auteurs jeunesse et de leur oeuvre ! je compte également sur vous lecteurs pour faire vivre ce blog, mutualiser nos expériences, nos connaissances, nos réflexions et... débattre.

 
Mon autre BLOG, celui du CDI du collège de GANNAT :
http://www.cdi.gannat.over-blog.com