Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de CHRISTOPHE BOUTIER, professeur documentaliste au collège de St Germain-des-Fossés, dans l'Allier
  • : Blog qui a pour objectif de parler de la littérature jeunesse, des écrivains jeunesse... pour donner le goût de lire aux adolescents. L'objectif est également d'intéresser à la culture. Il s'agit aussi de faire découvrir cette littérature à part entière aux adultes.
  • Contact

Le Vampire Du Cdi

  • Le cédéiste
  • Je suis le "VAMPIRE d'un CDI" auvergnat !

ANECDOTES

Pierre BOTTERO,

le Seigneur des ados !

 

Pierre Bottero était fier d’être un auteur jeunesse - une littérature qui n’a rien à envier en qualité à la littérature « vieillesse. » S’il n’était pas qu’un auteur de fantasy, il faut bien reconnaître que c’est à cette littérature de l’Imaginaire qu’il dût son incroyable succès !

Dès l’enfance, il tombait dans la marmite de la fantasy. Il dévorait Tolkien (Un choc ! S’en suivi, plus tard, l’idée que la fantasy ne pouvait s’écrire que sous la forme d’une trilogie), Zelasny, Farmer, Moorcock, Vinge, Howard… Les grands noms qui allaient lui permettre de devenir l’auteur que nous connaissons. Plus tard, il appréciera les auteurs « jeunesse » tels que Erik L’homme, Hervé Jubert, Fabrice Colin ou Philip Pullman, Eoin Colfer pour ne citer qu’eux. Il n’y a pas de concurrence en littérature jeunesse, les auteurs s’apprécient, se côtoient, se téléphonent, se rencontrent, se parlent, rêvent ensemble d’histoires communes. Ainsi Erik L’Homme et Pierre imaginaient ensemble, « A comme assassins »…

De ses lectures, Pierre Bottero ne devait pas ressortir indemne.

C’est par hasard qu’il se lançait dans l’écriture, pour aider sa fille qui séchait devant un concours d'écriture : il rédigeait quelques pages sur son ordinateur, se piquait au jeu, poursuivait (son épouse réclamait la suite), envoyait le texte à un éditeur qui le publiait... Il était dit qu’il n’arrêterait plu. Marqué à tout jamais par Tolkien, il était évident qu’un jour, il s’essaierait à la fantasy. C’est ainsi que naquirent « La quête d’Ewilan », « Les mondes d’Ewilan » et « Le pacte des Machombres. »

 

 

 

Pierre Bottero se fichait éperdument du cadre dans lequel on allait placer ses romans. Mais pour les « techniciens, l’auteur lui-même évoquait la Low Fantasy. Il s’agit d’une low fantasy - inspirée par ses jeux d'enfant, ses rêves d'adulte, ses lectures et les émotions ressenties au quotidien - dans laquelle existe un équilibre entre le bien et le mal, le courage, la volonté et la détermination où domine le désir de tout ramener à des intérêts individuels (égoïsme forcené, aveuglement quant à la mise en danger des équilibres…). Un parallèle pourrait d’ailleurs être établi entre le chaos décrit et notre monde réel. Mais attention. Les propos de Pierre ne demeurent pas sombres, ils restent optimistes. Pour avancer ! Avec pour personnages principaux des… femmes. Pierre était fondamentalement féministe. Il aimait à dire qu’il y avait moins de « cons » chez elles que chez les hommes. Toutefois, Pierer Bottero n’a jamais cherché à donner des leçons, il se méfiait trop pour cela des « transmetteurs » de valeurs et des donneurs de leçons. Le livre était pour lui un objet de partage.

Ce partage, il l’avait avec sa famille qui appréciait ce qu’il écrivait et qui le rassurait : Claudine, son épouse, ses deux filles lisaient ce qu’il écrivait avant publication.

 

 

 

Lorsque Pierre Bottero était invité dans un salon du livre pour une dédicace, il faisait partie des auteurs les plus demandés (il ne faisait pas bon signer à côté de lui !) : les impressionnantes files d’attentes composées de lecteurs (jeunes et moins… jeunes !) en témoignaient. C’est avec émotion qu’ils recevaient tous les messages de sympathie et… d’amour. Ses livres touchaient, ses histoires permettaient le partage et faisaient rêver, Pierre vivait alors une aventure … magique.

Il avait beau affolé le compteur des ventes, ce qui avait un réel impact sur lui, c’était :  de percevoir la flamme dans les yeux de ses « fans » (euh ! il n’aimait pas le mot), de recevoir leurs avis, de parler avec eux.

Tant d’amour le gonflait à bloc et lui transmettait une énergie positive.

C’est pourquoi, ce succès (qui lui permit d’abandonner son métier d’instituteur) qu’il percevait intensément, à la fois avec bonheur (évidemment !) et tranquillité, lui donnait également un sentiment de responsabilité. Ainsi, s’il savait se montrer reconnaissant envers ceux qui l’avaient aidé à améliorer son écriture (Caroline Westberg, son éditrice chez Rageot), il avait également de la considération pour ce public à qui il devait tant. Quand vous rencontriez Pierre, assis derrière sa table de dédicace, vous aviez le sentiment qu’il n’attendait que vous ! Pierre veillait soigneusement à être proche de son « public », un de ses… bonheurs. Il respectait humainement ses visiteurs et ses lecteurs en leur offrant des histoires dont il voulait qu’elles évitent facilité et démagogie. Il apportait ainsi beaucoup de soin et d’exigences aux corrections, un travail exigeant, vorace en temps et en énergie.

 

L’écriture de Pierre Bottero avec « Le pacte des marchombres » avait atteint une belle maturité. C’est ce que Pierre lui-même soulignait quand il affirmait que « c’est en écrivant qu’on apprend à écrire. » En effet, cette dernière trilogie qui met en scène le personnage d’Ellana est moins légère, plus complexe, que celle de « La quête d’Ewilan » : l’auteur avait eu le sentiment d’avoir grandi, évolué et de s’être trouvé, un sentiment accompagné par le désir de partager encore davantage avec le lecteur. Pierre Bottero était un homme intègre, voilà pourquoi il continue d’être autant aimé. A la lecture de ses trilogies, cette sincérité transpire. Pierre prenait un immense plaisir à écrire, à « rêver », à imaginer le monde (issu d’un vieux rêve de liberté absolue) d’Ewilan, d'Ellana. Il prenait un immense plaisir lorsque d’autres que lui se baladaient dans "ses" mondes. Pierre Bottero écrivait pour être lu mais aussi pour explorer des contrées inconnues (se connaître lui-même ?) et entraîner à sa suite tous ceux qui étaient tentés par l'aventure... Quand il mettait le point final, c’était à la fois une joie (celle d’avoir terminée et d’être satisfait du résultat) et une déchirure (celle de quitter l’univers crée)… Un sentiment d'être coupé d'une part de soi-même avec l’irrésistible envie de replonger très vite.

 

Pierre le « poète » accordait beaucoup d’importance au travail de réflexion qui précède l’écriture. Lorsqu’il attaquait le premier chapitre d’un roman, la trame générale était dans son esprit, il connaissait très bien ses personnages. Ensuite, plongé dans le cœur du roman, il écrivait sans arrêt, du matin au soir, parfois pendant la nuit. Puis, il pouvait ne plus écrire pendant des semaines Enfin, presque car il écrivait toujours… dans sa tête. Quand il n’écrivait pas, il écrivait sans écrire. Pierre était un homme normal qui aimait lire, courir, menuiser, bucheronner, voyager, rencontrer, parler, rêver… et sourire ! Ah, ce sourire !I

L’écriture de Pierre était une écriture « vraie », sans complaisance, une écriture qui venait des tripes, un cadeau offert au lecteur. Il n’était satisfait que si les mots qu’il employait correspondaient réellement à ce qu’il souhaitait écrire. Cette honnêteté, il la devait à ses lecteurs. Pierre était un travailleur qui reprenait, sans cesse, son récit, la cohérence, le fond, la forme… C’est pourquoi il prenait grand soin, malgré les pressions des lecteurs, de ne pas chercher à publier, à tout prix, trop rapidement. Il était persuadé qu’il valait mieux patienter et faire patienter plutôt que de se décevoir et décevoir. Il pendait qu’il fallait laisser le temps à l’histoire de pousser, à son rythme...

 

-------------------

   "Le Loup à la voix de miel"
Marc SEASSAU (Grasset jeunesse)

J’ai fait venir dans le collège où je travaillais alors, l’écrivain Marc Séassau.  La journée fut belle et pleine d’émotion notamment lorsque Marc anima une rencontre à deux voix (j’adore organiser ce genre de rencontres : 2 auteurs face à une classe en même temps !) avec Jean-Côme NOGUES qu’il avait adoré lire lorsqu’il était ado.

Marc Séassau a écrit ce roman « Le loup à la voix de miel » parce qu’il a été marqué par sa convocation comme juré dans une affaire de viol. Dans son récit, il narre l’entrée en 6ème d’une petite fille qui, anonymement, dépose des extraits de « Peau d’âne » dans les poches, de sa « marraine », une élève de 3ème.  L’appel au secours était évident !

Cette rencontre a déclenché un phénomène pour le moins inattendu dont j'ai été le témoin, involontaire : il m'a fallu trois semaines pour comprendre ce qui m’arrivais !

Je trouvais régulièrement par terre, dans le CDI, toujours disposées par deux, des photos représentants des scènes classiques de la vie d'une famille avec une de nos élèves de 6ème (anniversaires...). J'ai évidemment rendu ces photos à l'élève qui, agressive, semblait ne pas comprendre pourquoi je détenais son bien. C'est tout juste si elle acceptait de reconnaître qu'il s'agissait d'elle sur les clichés ! Ces scènes se sont régulièrement reproduites ( trois, quatre fois pendant trois semaines) jusqu'au jour où j'ai eu un déclic  : une seule photo sur le sol évoquant la petite sur les genoux d'un homme. J'ai de suite compris (Peau d’âne !), j'ai alerté l'infirmière, la Principale du collège... Cette élève avait eu l’idée de reproduire ce que l’héroïne du roman faisait.
Voilà ce qu'uns simple rencontre d'écrivain peut entraîner en dehors du plaisir de lire.
Le roman avait libéré la parole de l’élève !


Nous en avons évidemment parlé avec Marc Séassau qui était évidemment KO : comment ne pas l'être ? Il avait écrit ce roman un peu dans un but pédagogique mais quand la réalité dépasse la fiction...

Recherche

PERLES de LECTURE

 Le collège de Gannat

 a voyagé dans le temps !

 

 Après la lecture des romans historiques jeunesse de Béatrice Nicodème....

    321.JPG

« Oyez ! Oyez gente dames et damoiseaux ! Entrez dans le Moyen Age ! » Ainsi s’est écrié le troubadour, jeudi 9 juin 2011, dans la plaine gannatoise : deux cent élèves de 5ème du collège Hennequin et CM2 des écoles du Malcourlet, de Pasteur et de Jean Jaurès ont bravement et « prestement » effectué le « pas sur le côté » pour revêtir leur cotte de maille et ainsi plonger en plein XIVème siècle.

  

284.JPG

  Pour rendre vivant et attractif le Moyen Age, période étudiée en classe et encore largement visible dans la cité des portes occitanes, Gannat, douze comédiens et cascadeurs professionnels de la compagnie toulousaine ARMUTAN, ont chevauché leurs destriers pour répondre à l’olifant de Christophe Boutier, professeur documentaliste, initiateur de cet imposant projet, « Cultures, loisirs et genres de vie au Moyen Age », un projet fédérateur d’énergie d’une année.

  323        

Un campement faits de plusieurs tentes, de peaux de bêtes, de râteliers d’armes, de tonneaux… a été établi dans la partie herbeuse et arborée de l’établissement scolaire. Les écuyers – élèves, aux yeux brillant de plaisir, répartis en six « compagnies » de « routiers » qui répondaient au nom d’un  célèbre homme de guerre, du Guesclin, Prince noir ou bien d’un roi, Philippe Auguste…ont défilé avec leurs bannières dans les sept ateliers pédagogiques pendant six heures.  Ainsi, ils ont été initiés à l’archerie, au maniement des armes, au combat rapproché, à l’héraldique – l’art de faire son blason – à la danse, aux instruments et à la musique, à la jonglerie… Le capitaine « Barbepeste » et ses sbires ont alors conquis la « piétaille » qui après explications et démonstrations, devait mettre en pratique l’enseignement de leurs maîtres…  

   336.JPG

 Les corps fatigués furent réparés par le succulent banquet médiéval régional (tortillons gannatois, galichons d’Escurolles, fromages de chèvres de Bellenaves, Fraises bourbonnaises sur lit de fromage blanc de campagne de Cérilly étaient inscrits sur le très beau papier imprimé à l’ancienne par le moulin Richard de Bas ), pris en musique, et proposé par le chef, Sylvain Bruno. Une projection d’images, capturées dans la matinée, proposées par les élèves de l’atelier image du collège lors du repas, a également ravi les convives.

  287.JPG

En fin d'après-midi, les petits occitans, tout sourire, étaient regroupés pour assister à un spectacle de jongleries burlesques proposées par « Grand mètres Yann »,  à de la poésie lyrique, et à une impressionnante saynète de combats à l’épée accompagnée par la musique du groupe DAYAZELL.

 

Quel bonheur ! Quelle joie d'avoir vu les yeux des enfants pétiller de plaisir ! Quel  moment de vie ! Il ne fait aucun doute que cette journée unanimement saluée comme étant extraordinaire restera gravée dans les mémoires.

  351.JPG Alors, un grand MERCI à tous ceux qui ont participé à la réussite du projet ! Les personnels du collège Hennequin, la mairie de Gannat, les mécènes, les comédiens si sympathiques et bien sûr…les élèves !

 

Pour en savoir davantage :

 

RV sur le blog du collège de Gannat (03),

une 100e de photos...

 

http://cdi.gannat.over-blog.com/

 

    ------------------------------------

 

 

A propos de ce blog !

 

Lu dans « La nouvelle encyclopédie des filles 2011 » de Sonia Feertchak ((Plon)

 

« Le blog passionné et passionnant d’un professeur documentaliste  fou de littérature jeunesse, pour « sourire, rêver, aimer ». Des articles vivants sur la lecture, qui donnent envie de découvrir plein de livres et autant d’auteurs

 

 

-------------------                                                      

A lire, vraiment !




 

 

 

 

 

 

 

 

   

A travers de nombreuses anecdotes Christian Grenier évoque son enfance placée sous le signe du théâtre et de la lecture, son adolescence marquée par l'écriture et la passion. Il relate son parcours d'enseignant, d'auteur mais aussi de lecteur-correcteur, journaliste, scénariste et directeur de collection. Il se penche également sur les mécanismes intimes de l'imaginaire, détaille la genèse de ses oeuvres et fait pénétrer le lecteur dans les coulisses de l'écriture et de l'édition. Enfin il s'interroge sur les principes qui font d'une fiction un récit pour la jeunesse. Regorgeant de confessions, de convictions et de passion, ce témoignage d'une vie consacrée à la littérature jeunesse se lit comme un roman.
 

Archives

Le MOT du JOUR : ......

    "Des millions de gens vivent sans lire, mais ce qu'ils ignorent,

c'est qu'on vit infiniment plus en lisant."

Xavier-Laurent PETIT

  

     318 042 visiteurs 

Je vous livre l'adresse du blog de mon nouveau cdi et collège : http://colllafontaine.over-blog.com/

 

depuis octobre 2009

 

 

4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 09:46

 

    Cher François Busnel ...

 

    La littérature jeunesse, estimez-vous dans l'une de vos chroniques, vous apparaît comme "une invention marketing destinée à écouler une production souvent mièvre et à soutenir des maisons d'édition  en mal de chiffre d'affaire." Face à une telle affirmation venant de l'un des acteurs les plus importants de la vie littéraire dans les média, nous sommes nombreux à osciller entre l'irritation et l'envie de vous inviter à boire un verre (mais certainement pas un chocolat, invention marketing destinée à attirer une clientèle mièvre dans les cafés en mal de chiffre d'affaire) pour vous éclairer. A la réflexion, cette deuxième option sera la mienne, partant du principe que l'ignorance est dans bon nombre de cas, et dans le vôtre je l'espère, chose réversible.

 

    Plusieurs postulats trahissant votre méconnaissance en la matière émanent de votre chronique. La littérature jeunesse ne serait constituée que de classiques abrégés et de "rescucées plus ou moins niaises de textes que l'on ganerait à faire lire dans leur version original". Et d'ajouter que nos chers enfants devraient lire « des lectures qui ne sont pas de leur âge »  (sic) telles London, Verne, Stevenson, Dumas, Maupassant, Simenon, etc.

 

    A ce stade, je me permettrais de vous poser quelques questions : pourquoi faites-vous le métier que vous faites ? Pourquoi lisez-vous et chroniquez-vous chaque semaine de la littérature contemporaine écrite par des écrivains vivants et destinés à des adultes ? Pourquoi ne vous contentez-vous pas de relire Racine et Maupassant et d'inviter vos lecteurs à en faire de même? Au nom des quoi les enfants et adolescents devraient-ils être privés du regard et de la voix d'auteurs contemporains tandis que leurs aînés y ont droit ? Pourquoi, tant que vous y êtes, ne pas arrêter la création en BD et se contenter d'Astérix et de Tintin ? (Adieu Johann Sfar, adieu Marjane Satrapi, adieu Riad Satouf, adieu tous vos camarades. N'essayez pas de raconter le monde, Hergé et Goscinny l'ont fait avant vous.) Pourquoi continuer à écrire des polars et ne pas simplement relire Agatha Christie ? Et enfin, parmi les livres « pour adultes » que vous recevez chaque semaine, combien de grands livres ? Et combien de livres édités avec l'imprimatur des services marketing de telle ou telle maison en mal de chiffre d'affaire?

 

    Soulignons que votre opinion sur la littérature jeunesse en général figure en  ouverture d'une chronique élogieuse consacrée à un livre de Danièle Sallenave, contre-exemple selon vous de cette pseudo-littérature indigeste qui encombre les rayons des libraires et les esprits si mal nourris de nos jeunes. Soit. Mais pourquoi alors ne pas commencer chacune de vos chroniques sur Philip Roth ou James Ellroy par « parmi les nombreux livres creux, prétentieux, inintéressants et stupides qui se publient chaque semaine, j'ai choisi de vous parler de celui-ci, qui ne leur ressemble pas » ?

 

    La littérature dite « jeunesse » est un espace de création où des écrivains (et parfois des "faiseurs", mais ni plus ni moins qu'ailleurs) interrogent la perception si singulière que les enfants et les adolescents ont de la vie et du monde, en s'adressant à leur intelligence et à leur sensibilité, à leur humour -qui fait défaut à tant d'adultes-, et à leur curiosité. Avec les mêmes outils que les autres écrivains et poètes (les mots, simplement les mots, sans sucre, sans guimauve, sans petits nœuds roses) ils s'emparent des sujets éternels que sont l'amour, la mort, la guerre, l'amitié, l'ambition, la trahison, la perte, le rêve, pour tenter d'en cerner les contours avec une voix qui cherche à retrouver l'intensité des premiers regards, des premières émotions et du "temps perdu". Nier cela, c'est nier aux enfants et aux adolescents la place et le respect qui leur reviennent, auxquels ils ont tout autant droit que vous ou moi. Quelle différence alors avec les auteurs « pour adultes » ? pourriez-vous rétorquer. Eh bien, la même que celle qui existe entre une sonate, un concerto et un opéra : jamais qualitative, toujours formelle.

 

    Comme un certain nombre de mes camarades, j'écris des livres pour la jeunesse, pour adultes, des traductions et des scénarios. Je n'établis et n'établirai jamais de hiérarchie entre ces genres, ou ces formes, qui me permettent d'explorer différentes facettes d'un même matériau que l'on nomme la "réalité". Et si à ce stade vous décidez d'allez prendre un verre ailleurs, j'espère de tout cœur que vous y croiserez (au hasard, car la liste pourrait être très longue) les compagnies éclairantes de Joyce Carol Oates, Christophe Honoré, David Grossman, Claude Ponti,  Ahmed Kalouaz ou le fantôme de ce cher Lewis Caroll, qui vous murmurera peut-être, (autour d'un excellent scotch), combien il est dommage de ne pas savoir saisir la fiole sur laquelle il est écrit « Buvez-moi »...

 

    Bien à vous.

 

 par Valérie Zenatti

( vendredi 10 décembre 2010 )

Repost 0
3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 10:39

Jean-Luc Marcastel (trilogie Frankia)

 ·         Jean-Luc,comment crées-tu tes personnages ?

 

Le personnage principal vient souvent tout seul, il s’impose de lui-même, comme une émanation de moi. J’ai parfois quelques idées sur sa personnalité ou son passé, mais pour le reste, je le laisse agir à sa guise, s’affirmer, selon ma fantaisie, puisqu’il est mon avatar, ma porte d’entrée pour mes univers.

 

Quand j’écris mon histoire, c’est moi que je projette dans les situations que je décris, mon personnage agit donc comme je souhaiterais agir (ou espèrerais le faire).

 

Il est évident que mon personnage principal est la projection de ce que souhaiterais être, et pas forcément de ce que je suis, mais c’est justement la beauté et le bonheur de l’écriture, être celui qu’on a toujours rêvé d’être. Ou son exact opposé.

 

·         Est-ce que ce sont tes personnages qui te mènent ? Par exemple, peuvent-ils te faire changer de voie en cours d’écriture ?

 

J’aurais tendance à dire que c’est moi qui mène les personnages où je souhaite les conduire, et généralement aucun ne me fait changer la trame ou la fin de l’histoire. Mais il arrive que certains personnages, que je n’avais pas prévu au départ, ou que j’avais juste créés pour un rôle subalterne et qui étaient destinés à disparaître de l’histoire dès leur petite scène jouée, finissent par acquérir une vie propre et gagnent finalement un rôle de tout premier plan. C’est le cas de Matthieu, le galoup noir au cour trop grand, qui, dans le troisième tome de Louis le Galoup, devait juste servir à transmettre un message de Dame Stéphanie, la mère de Louis, à mon héros. Je me suis attaché à Matthieu dès la première description, et n’ai pas pu me résoudre à le faire disparaître. Il est donc resté et a finalement gagné un des tout premiers rôles de la saga.

 

J’aime quand ce genre d’alchimie se produit, cela me donne l’impression que l’histoire se déroule en dehors de ce que j’avais prévu, qu’elle m’attire vers des sentiers que je n’avais pas vu, qu’elle se met à vivre par elle-même… c’est un moment grisant.

 

·         Qu’aimes-tu le plus dans la création du personnage ? L’aspect psychologique ?

 

Bien sûr, il est passionnant, pour l’auteur, quand il a créé ses personnages, de se pencher sur eux et de découvrir ce qu’ils lui révèlent sur lui-même, car après tout il ne faut pas oublier que si nous sommes nos héros, nous sommes aussi nos salauds… Nous projetons dans nos héros notre lumière et nos hautes aspirations, et dans nos méchants nos peurs et nos démons…C’est fascinant et effrayant à la fois.

 

Pour un auteur, chaque roman est une quête initiatique. A travers les interrogations et le voyage intérieur de ses personnages, c’est lui-même qu’il interroge et qu’il questionne.  Ecrire c’est un voyage à la recherche de soi-même.

 

·         Quel est le personnage que tu as crée et qui t'a posé le plus de souci Pourquoi ?

 

J’ai beau chercher, je n’en vois aucun qui m’ait réellement  « posé de souci ». Ou alors si, dans le dernier livre que je viens d’écrire « La Geste d’Alban » le premier d’une nouvelle saga dans l’univers du Galoup mais se déroulant 300 ans plus tôt… le personnage de l’héroïne.

 

D’habitude mes personnages et leur psychologie sont bien fixés quand j’entame un récit, je les connais, et même s’ils évoluent pendant l’histoire, je sais d’où ils partent…. Pour elle, cette fois, c’était l’inconnu. Je l’ai rencontrée en même temps que le héros, j’en sais, sur elle et ses origines, bien plus que le héros, mais pour une fois, je ne connaissais pas à l’avance sa personnalité et son caractère, je les ai découverts en même temps que mon héros, c’était à la fois frustrant et fascinant…

 

·         Quel personnage de papier que tu as inventé aimes-tu le plus ?

 

C’est une question difficile, mais je dois avouer que j’ai un faible pour Faëllia, dans « Frankia » une de mes séries, dont je suis éperdument amoureux, mais aussi pour sa sœur déchue, Ishaëna, un personnage terrible et tourmenté. Elles ont, à toutes les deux, certaines des scènes les plus marquantes et poignantes (pour moi) que j’ai écrites.

 

J’ai aussi un faible pour Fanie et Johan, deux des héros du « Dernier Hiver » un de mes livres qui n’est pas encore publié à ce jour. Des adolescents tourmentés mais fascinants et touchants tous les deux qui m’ont énormément ému et m’ont fait découvrir sur moi des choses que je ne soupçonnais pas.

 

Et Louis, Séverin et la Roussotte, bien sûr, Thierry, le Galoup Blanc, et Malemort et ce démon de Siblaire…

 

Et Von Wolf, un des méchant de Frankia dont je ne suis pas peu fier, surtout dans sa première apparition.

 

Et puis d’autres, tant d’autres, Morkhaï, Gralk et d’autres encore que je ne pourrai citer ici, en fait, je les aime tous…

Repost 0
Published by Le cédéiste - dans ECRIRE : des méthodes
commenter cet article
3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 10:35

 

Les signataires du présent Manifeste entendent mettre le livre et la lecture  au coeur du débat public relatif à l'impact de la réforme des collectivités territoriales sur les politiques culturelles.

 

    Les lois de décentralisation, quelques transferts exceptés, n'ont pas concerné la culture. Pourtant, force est de constater qu'il y a, pour les financements publics de la culture, un avant et un après 1982. Les élus locaux et territoriaux ont pris fait et cause pour l'offre culturelle sur leur territoire : aujourd'hui l'intervention publique des collectivités en matière culturelle est plus importante que celle de l'État.

 

    Dans ce cadre institutionnel sont nées les politiques du livre et de la lecture publique des collectivités territoriales en concertation avec l'État. Bibliothèques et librairies indépendantes par milliers, manifestations littéraires maillant le territoire, auteurs en résidence, patrimoine préservé et valorisé, maisons d'édition : le livre et la lecture représentent plusieurs dizaines de milliers d'emplois directs et induits et forment la première industrie culturelle française, avec 4 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel. Espace de formation du citoyen, le livre interroge le rapport de l'homme au monde. Objet de culture et de commerce, création de l'esprit et produit industriel, il demande une approche économique, culturelle et citoyenne.

 

    Dès lors, une politique du livre tient de l'action économique comme du soutien à la création, de l'éducation, du civisme. La question de l'accès à la lecture et celle de la lecture publique, sont primordiales : la médiathèque n'est pas seulement un outil de prestige, elle est avant tout le coeur pensant de la cité. Le maillage culturel du territoire est un outil majeur de lutte contre les fractures territoriales, la désertification des zones rurales et la création de ghettos urbains. L'ouverture d'une librairie à Gagny, à Sancerre ou dans l'hypercentre de Marseille, ne répond pas seulement à une logique marchande : c'est un acte politique. Le livre repose sur une économie fragile. Le commerce de librairie, l'édition indépendante, nécessaires à la diversité, sont menacés. Devant les mutations, notamment numériques, qui s'annoncent, les professionnels du livre ont besoin d'être accompagnés et aidés par les pouvoirs publics au plus près des réalités territoriales.

 

    Trente ans après les premières décentralisations, l'existence des politiques du livre  et de la lecture publique de l'ensemble des collectivités est remise en question. Annoncer qu'on ne touchera pas au maintien de la compétence générale en matière culturelle sans donner les moyens de l'exercer, c'est porter un coup fatal à l'action culturelle sans en assumer la responsabilité. En effet : si les financements de l'action culturelle des collectivités ne sont pas garantis, si celles-ci sont contraintes de se cantonner à leurs compétences légales, le résultat sera le même : les politiques du livre se déliteront.

 

    Les structures régionales pour le livre jouent un rôle clé. En leur sein, l'État, les Régions et les professionnels du livre ont agi en bonne intelligence, pour le développe-ment d'une politique publique du livre qui englobe lecture publique, soutien économique, éducation artistique et culturelle et valorisation du patrimoine.

 

    Reconnues, réunies au sein de la Fédération interrégionale du livre et de la lecture (Fill) qui leur permet de conduire des actions conjointes, de mutualiser des réflexions,   de rompre l'isolement de certains territoires et d'être un interlocuteur du ministère de la Culture et des organismes professionnels, les structures régionales pour le livre accompagnent l'ensemble des acteurs de la chaîne du livre et l'action publique culturelle.

 

    À leur initiative, l'ensemble des signataires demandent aujourd'hui au Gouvernement et au Parlement :

 

1. de renforcer la place du livre et de la lecture dans les politiques culturelles ;

 

2. d'affirmer, dans la loi, le rôle des collectivités territoriales en matière culturelle, et en particulier dans le domaine du livre et de la lecture, à chacun des échelons territoriaux ;

 

3. d'assurer aux collectivités territoriales les moyens de maintenir des financements publics en matière culturelle, y compris par la mise en oeuvre de dotations spécifiques ;

 

4. de garantir l'engagement de l'État dans les projets culturels des territoires via les subventions gérées par les directions régionales des affaires culturelles (Drac) et de s'engager à maintenir les crédits centraux des ministères qu'il consacre à la culture dans les territoires ;

 

5. de reconnaître le rôle très spécifique des structures régionales pour le livre (SRL)  dans le dialogue nécessaire entre territoires, professionnels et institutions, en créant un label national des SRL, comme il existe déjà les labels  "Scène nationale" ou "Scène de musique actuelle", dont les membres seront réunis dans le réseau national de la Fill.

 

    Pour maintenir la création, la production, la diffusion et la médiation du livre et de la lecture, dans toute leur diversité et sur tous les territoires.

 

( Le manifeste peut être signé sur le site de la Fédération interrégionale du livre et de la lecture )

  

http://www.fill.fr

 

Illustration : http://www.mcccf.gouv.qc.ca/index.php?id=601

Repost 0
2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 12:07

 

 

 

"Essayer d'autres vies sans mourir."

 

Stéphane Daniel

 

Repost 0
2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 11:58

 

Logicielle, le Lieutenant de police de la série policière crée par Christian Grenier, va reprendre du service dans une enquête intimement liée à son mariage annoncé avec Max, et à ses retrouvailles avec un frère dont l’identité sera enfin révélée...

Mystère !

 

Hum... Hum...

Il fa falloir encore se munir de patience !

Repost 0
2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 11:55

 

Écrire c’est ébranler le sens du monde, y disposer une interrogation indirecte, à laquelle l’écrivain, par un dernier suspens, s’abstient de répondre. La réponse, c’est chacun de nous qui la donne, y apportant son histoire, son langage, sa liberté. »

 Roland Barthes

 

 

Photo : http://theatre.blog.lemonde.fr/2010/05/12/roland-barthes-la-jouissance-contre-le-rire/ 

Repost 0
1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 10:58

Christian Heinrich, papa avec Christian Jolibois de ces gallinacés énervés que sont les "P'tites poules", revient sur l'histoire de cet immense succès de la littérature jeunesse.

Auriez-vous cru, quand vous les avez créées avec votre complice, que Les P'tites poules connaîtraient un tel succès et fêteraient un jour leurs 10 ans ?

     Bien sûr que non. On ne croyait qu'en une chose, ce premier tome - La petite poule qui voulait voir la mer - qui devait à la base être une aventure unique. Certes, la chute laissait une petite bombe imaginaire dans la tête des lecteurs, devait le titiller, mais on devait en rester là... Et puis, finalement, l'album a été un gros succès et 9 tomes ont suivi. On a aujourd'hui dépassé les 800.000 exemplaires et on est même vendus en Chine. C'est un peu fou de se dire qu'avec une production alsaco-bourguignonne on a réussi à toucher l'imaginaire des petits Chinois ...

Quelle est l'histoire de cette première aventure ?

    Christian Jolibois était en Nouvelle-Calédonie. Il a vu une poule traverser la rue et se poster devant la mer. La première histoire est partie de là. L'histoire a mis beau-coup de temps à se construire, pratiquement un an. On y a mis énormément d'énergie. Rendez-vous compte : un an sur une histoire, c'est insensé ! Heureusement, chacun avait de son côté de petites commandes qui lui permettaient de vivre pendant ce temps-là. Mais c'est vrai que, chaque semaine, on avait ces poules à l'esprit...

Qu'est-ce qui, selon vous, a fait le succès de ce premier album ?

    Les poules n'étaient pas très présentes dans la littérature jeunesse en tant que personnages féminins. Nous avons créé une micro-société qui renvoie à la nôtre. Et puis nous avons décidé de placer l'action au Moyen Âge, ce qui permet de mettre un peu de merveilleux dans nos histoires...

Vous travaillez ensemble dès le point de départ d'une histoire. C'est une démarche originale.

    En effet. Et 20 ans plus tard, je suis heureux de cette démarche et de cette complicité.

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

    Christian était issu du théâtre. Il jouait des sketches pour enfants. Il pratiquait un   art de l'image sans le savoir. Moi, j'étais illustrateur, plutôt dans la veine traditionnelle. Je cherchais un complice avec qui avancer des scénarios, des idées d'histoires, sans les écrire, mais ce qui m'intéressait, c'était de construire un récit de A à Z avec quelqu'un. Quand on s'est rencontrés, j'ai immédiatement senti que les choses étaient possibles entre nous.

Pourquoi ?

    Parce qu'il venait du théâtre et non de la littérature. Il n'avait pas de style à défendre. Et ensemble, on était comme deux enfants dans une cour de récré.

Quel est l'intérêt de travailler ainsi ?

    On est meilleur à deux que tout seul. On n'a pas les mêmes réflexes, ni les mêmes références. Et il y a une vraie richesse à pouvoir entendre que l'idée de l'autre est meilleure... Mais à la fin, chacun mène à bien sa partie: il me laisse faire mes images, je le laisse avoir le dernier mot sur les textes...

Concrètement, comment travaillez-vous ?

    Moi je suis à Strasbourg, lui en Bourgogne. Il vient chez moi, quinze jours plus tard je vais chez lui. Et puis on s'appelle, on s'envoie des mails. C'est essentiel pour nous d'être avec l'autre. On mange, on se promène, on casse du bois ... Il y a entre nous une vraie amitié, une vraie complicité. On apprécie vraiment la compagnie de l'autre. Après, on a toujours l'angoisse de faire aussi bien que l'album précédent. Parfois, on est deux ou trois mois avant de savoir si une idée est bonne ou non. On réajuste, on retravaille.

Les P'tites poules ont-elles évolué ?

    Quand on regarde les anciens carnets, on se rend compte que oui. Je pense par exemple à Bélino, le petit bélier. Au fil des histoires, on le connaît de mieux en mieux et il prend plus d'épaisseur. Physiquement aussi, les personnages se transforment un peu. C'est pourquoi je vais reprendre les premiers albums avant leur réédition, pour réajuster les personnages.

Évolution de taille également : elles sont passées au grand format !

    Oui, depuis trois ans. Et c'est un vrai bonheur ! Ça permet de faire respirer mes images. Et c'est vraiment plus jubilatoire alors de rentrer dans les décors.

Pourriez-vous vous contenter de ne dessiner que Les P'tites poules ?

    Non. D'ailleurs, je fais des carnets de voyages, des petits reportages dessinés, quelques documentaires. Et puis j'enseigne le dessin.

Quand vous dessinez, à qui pensez-vous ? Aux enfants, bien sûr...

    J'invente, je dessine pour l'adulte qui se construit en eux. C'est l'adulte qu'ils seront un jour qui m'intéresse.

propos recuillis par Isabelle Taepsaet

( Nord Eclair – vendredi 30 octobre 2009 )

Photo : http://sitemap.dna.fr/articles/200902/10/ca-roule-pour-les-tites-poules,strasbourg,000004764.php

Repost 0
Published by Le cédéiste - dans La LITTERATURE JEUNESSE
commenter cet article
1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 10:50

 

·         Jean-Luc, qui te lis en 1er ? Un proche ? Pourquoi ?

 

La plus impitoyable des lectrices, ma femme. Tout d’abord parce que c’est pour elle que j’écris mes histoires, et ensuite parce qu’elle est impitoyable et ne me passe rien. Il lui est arrivé de me biffer des passages entiers en me marquant un « bof ! » Alors je râle, je peste, je lui dis : « Mais il est bien écrit ce passage ! » et c’est vrai, j’y ai en plus mis de l’énergie, j’y ai sué sang et eau, et elle de me répondre, avec son plus beau sourire : « Oui mais en s’ennuie. » et là tout et dit…

 

On doit choisir ses lecteurs en fonction de leur capacité à juger notre texte de manière impitoyable et impartiale, les gens qui nous font « tap, tap » sur l’épaule, c’est bien et bon pour l’égo (les auteurs, tous les auteurs, et bien qu’ils s’en défendent, sont d’affreux Narcisse, et des gens qui ont un besoin maladif de reconnaissance, sinon, il n’auraient jamais l’idée saugrenue d’envoyer leurs textes à des éditeurs), et il en faut, mais ça ne fait pas avancer.

 

·         Qu’aimerais-tu écrire ? un sujet que tu n’as pas abordé et qui te taraude ? un genre ?

 

En fait, non, j’écris rigoureusement ce que j’aime, quant au sujet, j’en ai plein en réserve. Les histoires poussent dans ma tête et ne demandent qu’à sortir, parfois j’hésite sur celle que je vais cueillir. Certaines attendent depuis des années car je sais qu’elles réclameront beaucoup de temps et d’énergie, et elles me font un peu peur, mais j’ai une ou deux grand-œuvres en gestation…

 

N’ayant véritablement aucun genre de prédilection, car les aimant tous et ne voulant m’enfermer dans aucun, je ne peux te donner de réponse sur cette dernière question. En plus, mes histoires, comme je le disais tout à l’heure, se situent toujours en limite ou à cheval sur plusieurs genres car je déteste me sentir enfermé et n’écris pas mes histoires en réfléchissant au genre ou on va essayer de les faire entrer. J’écris celles qui me passent par la tête, du mieux que je le peux, et les donne à lire… Si les gens ont vraiment besoin de classer mes histoires, et bien qu’ils inventent un nouveau genre pour elles.

 

·         Ecrire à 4 mains cela te tente-t-il ?

 

Ca doit être une expérience très enrichissante, grisante, troublante, mais aussi très délicate, un exercice fascinant. J’ai souvent rêvé d’écrire un roman avec ma femme ou deux personnages, un féminin, l’autre masculin, se répondraient, chacun faisant avancer l’histoire qu’on découvrirait, alternativement, à travers les yeux de l’un et de l’autre et de son point de vue, pour les mêmes évènements. Ce n’est guère original, bien sûr, mais l’idée de se parler à cœur ouvert, à travers deux avatars, et de vivre des aventures par procuration, de se retrouver à travers les mots, est faite pour séduire un auteur et doit réserver bien des surprises.

 

Avec un autre auteur, ce doit être un exercice difficile mais fascinant.

 

·         Est-il facile de vivre de sa plume ? Exerces-tu un autre métier ?

 

En France, où le lectorat potentiel est bien moins important que dans le monde anglo-saxon, ce n’est pas facile. Il faut de l’obstination, de l’engagement et une vraie foi en ce qu’on fait. Il faut aussi, du moins au début, à moins qu’on ne soit rentier, ou riche héritier, exercer un métier « officiel », ou vivre avec un conjoint qui peut « faire bouillir la marmite ». Enfin, il ne faut pas espérer qu’un premier livre pourra vous faire vivre, ni même un second ou un troisième, mais les petits ruisseaux font les grandes rivières, et si on est sincère, je veux croire que le travail finit par payer.

 

·         Qualités et défauts de l‘Homme ? qui rejaillissent sur l’écrivain ?

 

Je suis têtu, « testu » comme on dit par chez moi, ce défaut, quand je m’attaque à un livre, devient une qualité. Je n’ai jamais abandonné un récit que j’ai commencé. Bon an, mal an, je les ai tous terminés, même si, parfois, je désespérais ou craignais de ne jamais en voir la fin.

 

Est-ce que ce défaut peut devenir une qualité ? Je ne sais pas, mais j’ai toujours défendu mes œuvres contre vents et marées et refusé de les laisser perdre leur âme, de les transformer pour en faire des produits de consommation calibrés. Aujourd’hui il semble que les lecteurs me donnent raison, justement parce que ces histoires sortent du rang, alors finalement, c’est peut être une qualité, même si je donne parfois mal au crâne à certains de mes éditeurs et je m’en excuse auprès d’eux.

 

Et passionné aussi, c’est ma passion qui guide ma plume, et si elle enflamme ma plume, elle peut parfois devenir excessive, et je dois la retenir.

Repost 0
1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 10:44

 

·         Faut-il lire les classiques ? Pourquoi ?

 

Oui il faut lire les classiques, mais il faudrait que ce soit dans un cadre non contraignant.

Les nouvelles technologies vont-elles tuer le livre ?

 

Je me pose peu de questions dans ces domaines, j'appelle de mes voeux les techniques nouvelles dans les domaines documentaires.

 

Repost 0
31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 10:56

 Depuis la parution du premier volume, Harry Potter à l’école des sorciers en 1997, les aventures de Harry ont été traduites en 60 langues et 250 millions d’exemplaires des cinq premiers romans de la série ont été vendus dans le monde.

Je suis enfin parvenu à lire - en retard ? – le 1er tome. J’ai pris plaisir à lire « Harry Potter à l’école des sorciers » : un roman bien écrit, intéressant …

MAIS

 je ne parviens toujours pas à comprendre pourquoi un tel ras de marée ?!!!

Cela reste un mystère car des romans jeunesse aux histoires passionnantes

bien écrites, matières à réflexions et à émotions,

il y en a plein d’autres !

Harry Potter et les éléments pour plaire ?

-          Une galerie de personnages haut en couleur

-          Des retournements de situation,

-         Des niveaux de lecture différents qui explique l’engouement y compris celui des adultes.

-          Une écriture simple mettant en scène des êtres complexes (avec des dilemmes moraux).

-          La créativité de l’auteur qui imaginé un monde (une faune, une flore, des créatures magiques) qui ne cesse de s’enrichir au fil des tomes et une société magique. La saga Harry Potter explore le monde des sorciers, une communauté possédant ses propres institutions et ses références culturelles (le Quidditch…), un monde mitoyen au nôtre. Les interférences entre les deux cultures magique et humaine sont d'ailleurs une source de cocasserie mais aussi de réflexion sur la coexistence des communautés, sur le racisme, le métissage.

-          Harry Potter, l’orphelin au destin exceptionnel, a l’étoffe d’un héros.

-          Le récit fait la part belle à l’action.

-          Un mystère à résoudre.

-          Le travail du traducteur français de Harry Potter, Jean-François Ménard.

 

Est-ce suffisant pour expliquer ce succès ? Bien sûr que non ! 

Repost 0

POURQUOI ce BLOG ?

 Le BLOG consacré
aux AUTEURS,
à la LITTERATURE JEUNESSE
et à L'ECRITURE
.

Enfants 1 199La lecture est une nécessité dans le monde moderne. Elle permet de maîtriser la langue, de développer l’imaginaire, de structurer la pensée, d’accéder au savoir, d'acquérir du vocabulaire... C’est pourquoi parents et enseignants se lamentent lorsque les enfants ne lisent pas et les ados encore moins. Pourtant, ils prendront PLAISIR à lire... pur cela, il suffit de les juindécembre2010 225aider à ouvrir la porte.

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  

 

 Avec ce blog, j'aimerais :
 * faire découvrir la littérature jeunesse,l'écriture et les auteurs pour la jeunesse
partager une passion et pourquoi pas donner envie de lire et de rêver entre les pages.  

juindécembre2010 260Le livre est une véritable source de plaisir, de joie et d'émotion. Beaucoup d’élèves disent ne pas aimer lire. Je ne suis pas loin de penser que TOUS aiment lire, sans exception ! Le plus difficile pour eux est de parvenir à trouver dans la masse, LE livre, celui qui ne va pas les endormir… juindécembre2010 227LE LIVRE, celui qui va leur "parler", le livre qui leur correspond, le livre qui va leur remuer les tripes, les boyaux, les neurones, la tête !!!  

Enfants 1 178-copie-1Personne n'aime lire toutes les histoires, tous les livres. Evidemment. Il existe donc des "critères" à appliquer pour trouver et emprunter la perle, le livre qui va faire définitivement plonger dans le plaisir de lire !

Dans le livre on fait de merveilleuses rencontres, on découvre plein d'amis, on voyage, on s'ouvre sur le monde, on vit des aventures que l'on ne connaîtra jamais dans la vie de tous les jours : on embrasse des princesses, on escalade des rochers, on "zigouille" les méchants, on galope sur des chevaux lancés à la poursuite de terribles bandits ... bref, on fait de fabuleux voyages pour... "sourire, rêver et aimer" (Lisez "Le type" de Philippe Barbeau.) !!

Enfants 1 258Dans ce blog, il sera question des hommes et des femmes qui écrivent : les écrivains pour la jeunesse. Les ouvrages de littérature jeunesse de qualité seront présentés, racontés, "décortiqués"...
Vous lirez des interviews de professionnels, vous découvrirez des portraits, le monde de la chaîne du livre (éditeurs, imprimeurs, libraires...), vous trouverez également des conseils, vous ferez des rencontres, participerez à des débats, vous lirez des expériences d'animations pédagogiques autour des livres, vous découvrirez des "paroles" d'élèves, d'enseignants, des textes et.... plein d'autres choses encore !

juindécembre2010 224

 Brigitte Coppin 015
--------------------------- 

    "Les gens qui aiment lire sont rarement des salauds !"
Xavier-Laurent PETIT
  ---------------------------

  SPECTACLES

   

  "Salomon, vous vous rendez-compte ?"

de Christophe Boutier

 

spectacle radeau 010 

 

Sa majesté des couches"

de Christophe Boutier  

 

  24.JPG54.JPG

Photo-034.jpg

  Une comédie en V actes écrite et mise en scène par Christophe Boutier

L’histoire de la séduction, de l’enfant et de sa famille depuis la préhistoire jusqu’à l’enfant-roi du XXIème siècle.

 119.JPG

Sur scène, il y avait :

- 14 comédiens 

- Six musiciens professionnels dont Michel Léger, accompagnateur de vedettes de la chanson et du cabaret, telles que La Bande à Basile, Daniel Guichard, Zanini, Jean Constantin, André Aubert (Don Patillo)...

- la chorale du collège de Xavier Bélanger (professeur d'éducation musicale qui a mis en musique le spectacle) qui a interprété des chansons de variété en rapport avec l'enfance.

- des projections murales assurées par les élèves de l'option image (Eddy Dabrigeon...) du collège, option dirigée par Cécile Cotten,  professeur d’Arts plastiques.

  19.JPG 20.JPG

 

Les spectacles précédents

 

2013- Le temps du maquis"

2012 - "Salomon, vous vous rendez compte ?"

2011 - "Sa majesté des couches"(Gannat)

2010 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes"  : 2ème épisode (Gannat)

2010 - "Un zèbre sur la banquise" (Gannat)

2009 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes " : 1er épisode (Lapalisse)

2008 - "La farce vaudevillesquement tragique de la chambre forte du jugement dernier. " (Lapalisse)

2007 - "Le terrier zeixcoussois en Zinzinmouli ou la complainte des comédiens en danger" (Saint- Prix)

 ------------------------------------------------------------

 

    Un grand MERCI donc à tous les écrivains jeunesse
 que j'épuise et à qui je donne mal à la tête !!!
Ah ! Ah !!

Enfants 1 224Christian Grenier, Eric Boisset, Alain Grousset, Alain Surget, Béatrice Nicodème, Anne-Marie Desplat-Duc, Susie Morgenstern, Arthur Ténor, Hubert Ben Kemoun, Jean-Côme Noguès, Marc Séassau, Fabrice Colin,  Lorris Murail, Roger Judenne, Philippe Barbeau, Anne Ferrier, Evelyne Brisou-Pellen, Eric Sanvoisin, Christophe Léon, Jean-Luc Luciani, Béatrice Egémar, Magali Herbert, Guy Jimenes, Jean-Claude Mourlevat, Raymond Perrin, Jean-Baptiste Evette, Marc Cantin, Claire Gratias, Christophe Miraucourt, Xavier Bascour, François Librini, René Gouichoux, Yaël Hassan, Jean-Marc Ligny, Marie-Aude Murail, Cécile Roumiguière, Brigitte Coppin, Dorothée Piatek, Sophie Audouin-Mamikonian, Fanny Joly, Johan Héliot, Jack Chaboud, Jean-Luc Marcastel, Stéphane Daniel, Emmanuelle et Benoît de Saint Chamas, Jean-Paul Gourévitch, Michèle Laframboise., Florence Hinckel, Christophe Loupy, Lénia Major, Viviane Koenig, Marie Mélisou..

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
     

... évoque le BLOG sur la littérature jeunesse.

 

"Des conseils pratiques de pro à pro, des interviews délicieuses et des
articles écrits par des écrivains ou des éditeurs, des bibliographies,
des réflexions sur la littérature jeunesse, des coups de coeur et
 des anecdotes...On trouvera tout cela (!) sur le blog de C
hristophe
Boutier, professeur documentaliste  au collège de Gannat (Allier).

Les petits articles de réflexion sur certains aspects de la littérature
jeunesse sont parmi les plus intéressants, d'autant plus qu'ils soulèvent
parfois des points souvent peu vus : les genres relevant de l'imaginaire
et les critères de classification (science fiction, fantasy...), les styles
d'écriture (classique, moderne…), ou encore le souci de la véracité dans
les romans historiques jeunesse.

En plus de cela, on trouvera une liste impressionnante de sites
d'écrivains  et des ressources diverses et variées qui émaillent les
articles (liens vers des  sites de séries jeunesse, des conférences
en ligne...), des « trucs et astuces » de Doc pour aimer et faire
aimer la lecture, des bibliographies...

Si la mise en page gagnerait à être un peu plus claire et lisible, le côté
bric-à-brac (où on flâne volontiers de longs moments) perdrait de son
charme...

Par un prof-doc amoureux et défenseur acharné de la littérature
jeunesse.
"

 

Rubriques

CULTURE au CDI de Gannat

Collège de Gannat (03)

" Fête de la culture, de la lecture et de l'écriture"

  Mai 2013 - 4ème édition

Eric Boisset 

Mai 2013 145

ArthuArthur Ténor 024r Ténor

Alain Surget 

Alain Surget 053

 

Mai 2012 - 3ème édition

 Jean-Luc Marcastel

jean-luc-MARCASTEL-010.jpg

Brigitte Coppin 

      Brigitte-Coppin-013.jpg

 

Mai 2011 - 2ème édition

Philippe Barbeau, Christian Couty

juindécembre2010 236

Béatrice Nicodème

 

juindecembre2010-245.jpg

 

Juin 2010 - la 1ère édition :

 

Alain GROUSSETet Christian GRENIERétaient parmi nous pour évoquer la Science-Fiction (SF) etpour débattre des nouvelles technologiesqui pourraient "tuer » les livres...

 Enfants 1 196

  -----------------

Le nouveau spectacle du collège

Joseph Hennequin de Gannat, dans l’Allier.

 

 

La troupe de théâtre du collège Hennequin, composée cette année de 30 comédiens issus des quatre niveaux de classes, a réalisé un film (un vrai ! en noir et blanc)écrit par Christophe Boutier, professeur documentaliste, « Le temps du maquis» (vendredi 14 juin 2013, centre socio culturel de Gannat). Xavier Bélanger, professeur d’Education musicale, assurera la mise en musique.

Ce film présente la dure réalité de la vie quotidienne et clandestine, au milieu de la forêt,d’hommes et de femmes – les maquisards - remarquablement courageux qui recoururent, au péril de leur vie, à la guérilla pour s’attaquer à la milice du Maréchal Pétain et aux troupes d’occupation allemande.

Ce spectacle entre dans le cadre du projet « Devoir de mémoire », une option du collège menée en classe de 3ème. Les 16 élèves de cette option dirigée par M. Bellet, professeur d'Histoire, présenteront la soirée :

En 1ère partie, un court métrage : Roger VENUAT, résistant dans le maquis de Hérisson (Allier, 03), au collège Joseph Hennequin.

En 2ème partie, la pièce de théâtre, « Le temps du maquis »

ENTREE GRATUITE

  

QUI SUIS-JE ?

Je suis Christophe BOUTIER, professeur documentaliste au collège de Gannat (1 rue Joseph Hennequin. 03800 GANNAT) , dans l’Allier, en Auvergne.

Passionné par la littérature jeunesse, l'écriture, la lecture... j'ai découvert, grâce à ma profession cette littérature - une vraie littérature ! - qui comporte de magnifiques textes. Et derrière des mots adressés, peut-être davantage aux enfants, aux adolescents - quoi qu'un bon texte doit pouvoir être lu par tous sans aucune histoire d'âge ! - se cachent des écrivains adorables, des personnes d'une incroyable richesse humaine, intellectuelle et culturelle, des gens de talent que j'ai/j'ai eu la chance pour certains de côtoyer !

Aujourd'hui, j'éprouve le besoin de partager mon amour des auteurs jeunesse et de leur oeuvre ! je compte également sur vous lecteurs pour faire vivre ce blog, mutualiser nos expériences, nos connaissances, nos réflexions et... débattre.

 
Mon autre BLOG, celui du CDI du collège de GANNAT :
http://www.cdi.gannat.over-blog.com