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Présentation

  • : Le blog de CHRISTOPHE BOUTIER, professeur documentaliste au collège de St Germain-des-Fossés, dans l'Allier
  • : Blog qui a pour objectif de parler de la littérature jeunesse, des écrivains jeunesse... pour donner le goût de lire aux adolescents. L'objectif est également d'intéresser à la culture. Il s'agit aussi de faire découvrir cette littérature à part entière aux adultes.
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Le Vampire Du Cdi

  • Le cédéiste
  • Je suis le "VAMPIRE d'un CDI" auvergnat !

ANECDOTES

Pierre BOTTERO,

le Seigneur des ados !

 

Pierre Bottero était fier d’être un auteur jeunesse - une littérature qui n’a rien à envier en qualité à la littérature « vieillesse. » S’il n’était pas qu’un auteur de fantasy, il faut bien reconnaître que c’est à cette littérature de l’Imaginaire qu’il dût son incroyable succès !

Dès l’enfance, il tombait dans la marmite de la fantasy. Il dévorait Tolkien (Un choc ! S’en suivi, plus tard, l’idée que la fantasy ne pouvait s’écrire que sous la forme d’une trilogie), Zelasny, Farmer, Moorcock, Vinge, Howard… Les grands noms qui allaient lui permettre de devenir l’auteur que nous connaissons. Plus tard, il appréciera les auteurs « jeunesse » tels que Erik L’homme, Hervé Jubert, Fabrice Colin ou Philip Pullman, Eoin Colfer pour ne citer qu’eux. Il n’y a pas de concurrence en littérature jeunesse, les auteurs s’apprécient, se côtoient, se téléphonent, se rencontrent, se parlent, rêvent ensemble d’histoires communes. Ainsi Erik L’Homme et Pierre imaginaient ensemble, « A comme assassins »…

De ses lectures, Pierre Bottero ne devait pas ressortir indemne.

C’est par hasard qu’il se lançait dans l’écriture, pour aider sa fille qui séchait devant un concours d'écriture : il rédigeait quelques pages sur son ordinateur, se piquait au jeu, poursuivait (son épouse réclamait la suite), envoyait le texte à un éditeur qui le publiait... Il était dit qu’il n’arrêterait plu. Marqué à tout jamais par Tolkien, il était évident qu’un jour, il s’essaierait à la fantasy. C’est ainsi que naquirent « La quête d’Ewilan », « Les mondes d’Ewilan » et « Le pacte des Machombres. »

 

 

 

Pierre Bottero se fichait éperdument du cadre dans lequel on allait placer ses romans. Mais pour les « techniciens, l’auteur lui-même évoquait la Low Fantasy. Il s’agit d’une low fantasy - inspirée par ses jeux d'enfant, ses rêves d'adulte, ses lectures et les émotions ressenties au quotidien - dans laquelle existe un équilibre entre le bien et le mal, le courage, la volonté et la détermination où domine le désir de tout ramener à des intérêts individuels (égoïsme forcené, aveuglement quant à la mise en danger des équilibres…). Un parallèle pourrait d’ailleurs être établi entre le chaos décrit et notre monde réel. Mais attention. Les propos de Pierre ne demeurent pas sombres, ils restent optimistes. Pour avancer ! Avec pour personnages principaux des… femmes. Pierre était fondamentalement féministe. Il aimait à dire qu’il y avait moins de « cons » chez elles que chez les hommes. Toutefois, Pierer Bottero n’a jamais cherché à donner des leçons, il se méfiait trop pour cela des « transmetteurs » de valeurs et des donneurs de leçons. Le livre était pour lui un objet de partage.

Ce partage, il l’avait avec sa famille qui appréciait ce qu’il écrivait et qui le rassurait : Claudine, son épouse, ses deux filles lisaient ce qu’il écrivait avant publication.

 

 

 

Lorsque Pierre Bottero était invité dans un salon du livre pour une dédicace, il faisait partie des auteurs les plus demandés (il ne faisait pas bon signer à côté de lui !) : les impressionnantes files d’attentes composées de lecteurs (jeunes et moins… jeunes !) en témoignaient. C’est avec émotion qu’ils recevaient tous les messages de sympathie et… d’amour. Ses livres touchaient, ses histoires permettaient le partage et faisaient rêver, Pierre vivait alors une aventure … magique.

Il avait beau affolé le compteur des ventes, ce qui avait un réel impact sur lui, c’était :  de percevoir la flamme dans les yeux de ses « fans » (euh ! il n’aimait pas le mot), de recevoir leurs avis, de parler avec eux.

Tant d’amour le gonflait à bloc et lui transmettait une énergie positive.

C’est pourquoi, ce succès (qui lui permit d’abandonner son métier d’instituteur) qu’il percevait intensément, à la fois avec bonheur (évidemment !) et tranquillité, lui donnait également un sentiment de responsabilité. Ainsi, s’il savait se montrer reconnaissant envers ceux qui l’avaient aidé à améliorer son écriture (Caroline Westberg, son éditrice chez Rageot), il avait également de la considération pour ce public à qui il devait tant. Quand vous rencontriez Pierre, assis derrière sa table de dédicace, vous aviez le sentiment qu’il n’attendait que vous ! Pierre veillait soigneusement à être proche de son « public », un de ses… bonheurs. Il respectait humainement ses visiteurs et ses lecteurs en leur offrant des histoires dont il voulait qu’elles évitent facilité et démagogie. Il apportait ainsi beaucoup de soin et d’exigences aux corrections, un travail exigeant, vorace en temps et en énergie.

 

L’écriture de Pierre Bottero avec « Le pacte des marchombres » avait atteint une belle maturité. C’est ce que Pierre lui-même soulignait quand il affirmait que « c’est en écrivant qu’on apprend à écrire. » En effet, cette dernière trilogie qui met en scène le personnage d’Ellana est moins légère, plus complexe, que celle de « La quête d’Ewilan » : l’auteur avait eu le sentiment d’avoir grandi, évolué et de s’être trouvé, un sentiment accompagné par le désir de partager encore davantage avec le lecteur. Pierre Bottero était un homme intègre, voilà pourquoi il continue d’être autant aimé. A la lecture de ses trilogies, cette sincérité transpire. Pierre prenait un immense plaisir à écrire, à « rêver », à imaginer le monde (issu d’un vieux rêve de liberté absolue) d’Ewilan, d'Ellana. Il prenait un immense plaisir lorsque d’autres que lui se baladaient dans "ses" mondes. Pierre Bottero écrivait pour être lu mais aussi pour explorer des contrées inconnues (se connaître lui-même ?) et entraîner à sa suite tous ceux qui étaient tentés par l'aventure... Quand il mettait le point final, c’était à la fois une joie (celle d’avoir terminée et d’être satisfait du résultat) et une déchirure (celle de quitter l’univers crée)… Un sentiment d'être coupé d'une part de soi-même avec l’irrésistible envie de replonger très vite.

 

Pierre le « poète » accordait beaucoup d’importance au travail de réflexion qui précède l’écriture. Lorsqu’il attaquait le premier chapitre d’un roman, la trame générale était dans son esprit, il connaissait très bien ses personnages. Ensuite, plongé dans le cœur du roman, il écrivait sans arrêt, du matin au soir, parfois pendant la nuit. Puis, il pouvait ne plus écrire pendant des semaines Enfin, presque car il écrivait toujours… dans sa tête. Quand il n’écrivait pas, il écrivait sans écrire. Pierre était un homme normal qui aimait lire, courir, menuiser, bucheronner, voyager, rencontrer, parler, rêver… et sourire ! Ah, ce sourire !I

L’écriture de Pierre était une écriture « vraie », sans complaisance, une écriture qui venait des tripes, un cadeau offert au lecteur. Il n’était satisfait que si les mots qu’il employait correspondaient réellement à ce qu’il souhaitait écrire. Cette honnêteté, il la devait à ses lecteurs. Pierre était un travailleur qui reprenait, sans cesse, son récit, la cohérence, le fond, la forme… C’est pourquoi il prenait grand soin, malgré les pressions des lecteurs, de ne pas chercher à publier, à tout prix, trop rapidement. Il était persuadé qu’il valait mieux patienter et faire patienter plutôt que de se décevoir et décevoir. Il pendait qu’il fallait laisser le temps à l’histoire de pousser, à son rythme...

 

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   "Le Loup à la voix de miel"
Marc SEASSAU (Grasset jeunesse)

J’ai fait venir dans le collège où je travaillais alors, l’écrivain Marc Séassau.  La journée fut belle et pleine d’émotion notamment lorsque Marc anima une rencontre à deux voix (j’adore organiser ce genre de rencontres : 2 auteurs face à une classe en même temps !) avec Jean-Côme NOGUES qu’il avait adoré lire lorsqu’il était ado.

Marc Séassau a écrit ce roman « Le loup à la voix de miel » parce qu’il a été marqué par sa convocation comme juré dans une affaire de viol. Dans son récit, il narre l’entrée en 6ème d’une petite fille qui, anonymement, dépose des extraits de « Peau d’âne » dans les poches, de sa « marraine », une élève de 3ème.  L’appel au secours était évident !

Cette rencontre a déclenché un phénomène pour le moins inattendu dont j'ai été le témoin, involontaire : il m'a fallu trois semaines pour comprendre ce qui m’arrivais !

Je trouvais régulièrement par terre, dans le CDI, toujours disposées par deux, des photos représentants des scènes classiques de la vie d'une famille avec une de nos élèves de 6ème (anniversaires...). J'ai évidemment rendu ces photos à l'élève qui, agressive, semblait ne pas comprendre pourquoi je détenais son bien. C'est tout juste si elle acceptait de reconnaître qu'il s'agissait d'elle sur les clichés ! Ces scènes se sont régulièrement reproduites ( trois, quatre fois pendant trois semaines) jusqu'au jour où j'ai eu un déclic  : une seule photo sur le sol évoquant la petite sur les genoux d'un homme. J'ai de suite compris (Peau d’âne !), j'ai alerté l'infirmière, la Principale du collège... Cette élève avait eu l’idée de reproduire ce que l’héroïne du roman faisait.
Voilà ce qu'uns simple rencontre d'écrivain peut entraîner en dehors du plaisir de lire.
Le roman avait libéré la parole de l’élève !


Nous en avons évidemment parlé avec Marc Séassau qui était évidemment KO : comment ne pas l'être ? Il avait écrit ce roman un peu dans un but pédagogique mais quand la réalité dépasse la fiction...

Recherche

PERLES de LECTURE

 Le collège de Gannat

 a voyagé dans le temps !

 

 Après la lecture des romans historiques jeunesse de Béatrice Nicodème....

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« Oyez ! Oyez gente dames et damoiseaux ! Entrez dans le Moyen Age ! » Ainsi s’est écrié le troubadour, jeudi 9 juin 2011, dans la plaine gannatoise : deux cent élèves de 5ème du collège Hennequin et CM2 des écoles du Malcourlet, de Pasteur et de Jean Jaurès ont bravement et « prestement » effectué le « pas sur le côté » pour revêtir leur cotte de maille et ainsi plonger en plein XIVème siècle.

  

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  Pour rendre vivant et attractif le Moyen Age, période étudiée en classe et encore largement visible dans la cité des portes occitanes, Gannat, douze comédiens et cascadeurs professionnels de la compagnie toulousaine ARMUTAN, ont chevauché leurs destriers pour répondre à l’olifant de Christophe Boutier, professeur documentaliste, initiateur de cet imposant projet, « Cultures, loisirs et genres de vie au Moyen Age », un projet fédérateur d’énergie d’une année.

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Un campement faits de plusieurs tentes, de peaux de bêtes, de râteliers d’armes, de tonneaux… a été établi dans la partie herbeuse et arborée de l’établissement scolaire. Les écuyers – élèves, aux yeux brillant de plaisir, répartis en six « compagnies » de « routiers » qui répondaient au nom d’un  célèbre homme de guerre, du Guesclin, Prince noir ou bien d’un roi, Philippe Auguste…ont défilé avec leurs bannières dans les sept ateliers pédagogiques pendant six heures.  Ainsi, ils ont été initiés à l’archerie, au maniement des armes, au combat rapproché, à l’héraldique – l’art de faire son blason – à la danse, aux instruments et à la musique, à la jonglerie… Le capitaine « Barbepeste » et ses sbires ont alors conquis la « piétaille » qui après explications et démonstrations, devait mettre en pratique l’enseignement de leurs maîtres…  

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 Les corps fatigués furent réparés par le succulent banquet médiéval régional (tortillons gannatois, galichons d’Escurolles, fromages de chèvres de Bellenaves, Fraises bourbonnaises sur lit de fromage blanc de campagne de Cérilly étaient inscrits sur le très beau papier imprimé à l’ancienne par le moulin Richard de Bas ), pris en musique, et proposé par le chef, Sylvain Bruno. Une projection d’images, capturées dans la matinée, proposées par les élèves de l’atelier image du collège lors du repas, a également ravi les convives.

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En fin d'après-midi, les petits occitans, tout sourire, étaient regroupés pour assister à un spectacle de jongleries burlesques proposées par « Grand mètres Yann »,  à de la poésie lyrique, et à une impressionnante saynète de combats à l’épée accompagnée par la musique du groupe DAYAZELL.

 

Quel bonheur ! Quelle joie d'avoir vu les yeux des enfants pétiller de plaisir ! Quel  moment de vie ! Il ne fait aucun doute que cette journée unanimement saluée comme étant extraordinaire restera gravée dans les mémoires.

  351.JPG Alors, un grand MERCI à tous ceux qui ont participé à la réussite du projet ! Les personnels du collège Hennequin, la mairie de Gannat, les mécènes, les comédiens si sympathiques et bien sûr…les élèves !

 

Pour en savoir davantage :

 

RV sur le blog du collège de Gannat (03),

une 100e de photos...

 

http://cdi.gannat.over-blog.com/

 

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A propos de ce blog !

 

Lu dans « La nouvelle encyclopédie des filles 2011 » de Sonia Feertchak ((Plon)

 

« Le blog passionné et passionnant d’un professeur documentaliste  fou de littérature jeunesse, pour « sourire, rêver, aimer ». Des articles vivants sur la lecture, qui donnent envie de découvrir plein de livres et autant d’auteurs

 

 

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A lire, vraiment !




 

 

 

 

 

 

 

 

   

A travers de nombreuses anecdotes Christian Grenier évoque son enfance placée sous le signe du théâtre et de la lecture, son adolescence marquée par l'écriture et la passion. Il relate son parcours d'enseignant, d'auteur mais aussi de lecteur-correcteur, journaliste, scénariste et directeur de collection. Il se penche également sur les mécanismes intimes de l'imaginaire, détaille la genèse de ses oeuvres et fait pénétrer le lecteur dans les coulisses de l'écriture et de l'édition. Enfin il s'interroge sur les principes qui font d'une fiction un récit pour la jeunesse. Regorgeant de confessions, de convictions et de passion, ce témoignage d'une vie consacrée à la littérature jeunesse se lit comme un roman.
 

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Le MOT du JOUR : ......

    "Des millions de gens vivent sans lire, mais ce qu'ils ignorent,

c'est qu'on vit infiniment plus en lisant."

Xavier-Laurent PETIT

  

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Je vous livre l'adresse du blog de mon nouveau cdi et collège : http://colllafontaine.over-blog.com/

 

depuis octobre 2009

 

 

12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 08:29

 

 

Tes personnages :

 

·         Comment crées-tu tes personnages ? Ils naissent. Ils s’imposent. Au moins pour les principaux. C’est ce qui vient en premier : l’image de Thomas, second fils de chevalier, délaissé, mal-aimé, pour Le château des Poulfenc, ou Jason qui voudrait partir sur les bateaux pour Le quai des secrets. Ensuite, je les laisse s’installer à l’intérieur de moi. Nous vivons ensemble pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois avant que je ne commence à écrire

 

·         Est-ce que ce sont tes personnages qui te mènent ? Par exemple, peuvent-ils te faire changer de voie en cours d’écriture ? Les deux ! Parfois je réfléchis à une situation que je trouve bonne pour l‘intrigue et je les pousse vers ce que j’ai choisi. D’autres fois, ils résistent et il y a de l’imprévu. Le plus bel exemple pour moi est la dame de Mauriencourt dans La route des tempêtes, qui « n’a pas voulu mourir » dans le village ravagé par la peste et qui, donc, est partie en voyage avec les autres personnages. Catherine, mon héroïne, en a tiré du bienfait car la dame est devenue plus ouverte, plus accueillante, presque un substitut de mère.

 

·         Qu’aimes-tu le plus dans la création du personnage ? L’aspect psychologique ? Oui, je crois. Ce qui me passionne dans la vie, et dans les/mes romans, ce sont les relations entre les gens, et comment chacun se débrouille dans la vie avec ce qu’il est.  J’aime créer des situations où les personnages, seuls, ou avec l’aide des autres, vont  trouver le moyen de dépasser une difficulté. J’aime décrire ce processus et le changement, même imperceptible qui s’opère en eux. Dans la trilogie des Poulfenc, l’évolution psychologique de Thomas, de 12 à 14 ans, est un des moteurs du roman.

 

·         Quel est le personnage que tu as crée et qui t’a posé le plus de souci Pourquoi ?

Je n’ai pas le souvenir d’avoir eu du souci avec un personnage en particulier. Les personnages importants naissent avec une sorte d’évidence comme des enfants archi légitimés. Les autres ne sont pas des bâtards pour autant ! Mais je suis parfois moins proche d’eux.

 

·         Quel personnage de papier que tu as inventé aimes-tu le plus ? Comme une mère avec ses enfants, j’aime, sans pouvoir hiérarchiser, tous mes personnages principaux : Catherine et Jason dans Le quai des secrets, Jeanne Letourneur dans Pendant la guerre de Cent Ans, Anne de Cormes dans Au temps de François 1er, Thomas et Alix dans Le château des Poulfenc. Rien que d’écrire leurs prénoms à l’instant, je sens une petite connivence avec eux. Pour les autres personnages, l’attachement est plus souple, à des degrés divers. Je me tiens à distance de ceux qui sont « méchants », comme s’ils pouvaient me faire du mal à moi aussi. Ou plus justement, parce qu’ils m’ont fait du mal, à moi, en premier.

 

Les lieux :

 

·         Comment t’inspires-tu pour créer un lieu ? Une atmosphère ? Je ne sais pas bien l’expliquer. Ça fait un film dans ma tête. Mais le tout n’est pas de voir, c’est de trouver les mots pour l’exprimer au plus juste. Pour moi, c’est là tout le travail de l’écrivain.

 

·         Te rends-tu sur place ? Visites-tu beaucoup ? Je visite rarement pour écrire un roman, j’utilise plutôt dans mes romans les images que j’ai glanées lors de mes voyages. Il y a aussi des lieux qui naissent de mes lectures. Par exemple, je ne m’appuie sur aucun endroit précis pour décrire la vie au monastère dans Les morsures de la nuit (Poulfenc 1.)mais j’ai lu bien des livres sur le sujet.

 

·         Est-il facile de partir de rien ou de ce que l’on connaît ? Je ne crois que l’on puisse partir de rien. L’imagination s’appuie sur du vécu, sur des images, des livres, des films, des choses racontées…

 

 

Le style, la phrase, le mot…

 

·         Quelle est la phrase qui te pose le plus de souci dans l’écriture ? L’incipit ?

C’est en effet l’une des phrases difficiles, mais pas la seule ! Il faut l’écrire d’abord pour que les autres puissent suivre et puis la réécrire à la fin car, quand tout est fini, elle parait souvent maladroite. La dernière phrase n’est pas facile non plus !

 

·         Quel style préfères-tu ? style indirect libre… « je » ou « il »…

« Je » est plus contraignant, surtout quand il s’agit d’un journal et que l’héroïne a donc déjà vécu ce qu’elle raconte. L’effet de surprise, le suspense sont plus difficiles à manier. Et l’intimité de l’auteur avec son personnage n’en est pas plus forte pour autant. J’ai passé un long moment avec Thomas et sa peur, tout en disant « il » au chapitre 7 des morsures de la nuit, le soir du lancer de couteaux, lorsque Thomas entend les lames siffler autour de lui. Ce fut un moment très fort (et facile à écrire alors que je m’attendais au contraire !), inoubliable pour moi.

En fait, il est possible que ma pudeur m’empêche d’être tout à fait à l’aise avec le « je ».

 

·         As-tu la plume facile ? Où est-ce laborieux ? Te faut-il raturer beaucoup ? Je n’ai pas la plume facile. Je n’écris pas vite et je reviens longuement sur les phrases. Mais il y a aussi des moments de bonheur où ça coule tout seul. J’envie ceux qui écrivent 30 000 signes par jour, sans ratures. Moi, il me faut une semaine.

 

·         Comment définirais-tu ton style ? Imagé, souple. Elégant ?

 

·         Combien dure la phase avant l’écriture (recherches…) ? Et la phase d’écriture ? Combien écris-tu de livres par an ? Écrire deux romans par an est pour moi un maximum. Comme je suis aussi écrivain de documentaires, l’idéal est d’alterner. Car le documentaire, qui exige davantage de recherches, de connaissances, me permet d’évacuer la charge émotionnelle que j’ai accumulée en écrivant un roman. À propos des recherches : pour le roman, je les fais en amont, pour être sûre que la réalité historique colle avec mon scénario et aussi en cours d’écriture, quand c’est nécessaire. Et elles nourrissent parfois l’intrigue, par petites touches.

       Et puis, à mesure que s’approfondit ma connaissance historique, les recherches s’allègent…

 

·         Quelle phase préfères-tu ? La recherche des idées ? l’écriture ? Les deux sont liés. Après les premières idées, la suite du scénario vient souvent en écrivant. L’écriture est pour moi le plus difficile, mais aussi passionnant et fécond.

 

·         Quel place a le mot dans tes romans ? Le vocabulaire est-il très important pour toi ?

Très important. Il m’est arrivé de me réveiller la nuit car je n’avais pas choisi le bon adjectif pour qualifier quelque chose. Parfois, alors que je ne suis pas devant mon ordinateur,  des phrases s’imposent à moi d’un seul coup. Alors je lâche tout pour les écrire, sinon elles s’envolent

 

·         Fais-tu attention à la longueur de tes phrases ? Pierre Bottero faisait des phrases courtes ; parfois, il ne les finissait pas pour laisser le soin au lecteur d’imaginer, de rêver et donc de les terminer lui-même. Des phrases courtes sont indispensables pour tenir le lecteur en haleine et puis parfois une ou deux phrases plus longues pour décrire une atmosphère et la laisser reprendre son souffle.  Personnellement, je finis mes phrases mais c’est souvent la fin du livre que je laisse entrouverte

 

·         Qu’est-ce qui fait que pour toi, une phrase est bonne ? Question difficile et réponses multiples : quand elle est belle à entendre, quand elle se glisse au milieu des autres sans en écorcher le flux, quand elle claque, quand on a les yeux qui piquent après l’avoir lue, quand elle a un beau rythme…

 

·         Utilises-tu beaucoup de documentation ? Moins maintenant que par le passé. Je sais mieux chercher, je trouve plus vite et parfois, quand je ne trouve pas, je me débrouille autrement… Cela fait 30 ans que je suis immergée dans le Moyen âge et la Renaissance, j’ai acquis et assimilé des connaissances qui me servent à bien des étapes de l’écriture et je sais qu’il y a encore des milliers d’aspects que j’ignore et autant de nouveaux angles d’approche à explorer.

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Published by Le cédéiste - dans INTERVIEWS du Cédéiste
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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 08:26

 

La littérature :

 

·        Brigitte, qu’est-ce ce que la littérature jeunesse ? Une littérature à part entière ? Il me semble qu’il existe en littérature jeunesse une étroite relation entre l’écrivain et son lecteur, une relation particulière qui pourrait être du domaine de la parentalité, ou au moins une relation d’adulte à plus jeune, avec une responsabilité particulière de la part de l’adulte dans la vision du monde ou de la vie telle qu’il la donne dans ses écrits.

 

·         Faut-il lire les classiques ? Pourquoi ? Je ne crois qu’il « faut ». A des moments de notre vie, nous rencontrons les classiques, au moins certains. Et le moment est important, ni trop tôt ni trop tard, pour que la rencontre soit féconde. Sinon, quel gâchis ! Il est difficile d’aborder Flaubert et Stendhal à 15 ans, mais je connais un enseignant génial qui entraine chaque année toutes ses classes de seconde dans le sillage de Julien Sorel, avec passion.

A mon tour d’oser poser quelques questions, moi qui ait peu étudié la littérature :  Qui sont-ils au juste, ces fameux classiques? Baudelaire supporterait-il d’être affublé du qualificatif ? Où se situe la frontière entre les uns et les autres ? Michel Houellebecq sera-t-il considéré comme un classique parce qu’il a su rendre compte de son temps ?

 

 

L’avenir du livre ?

 

·         As-tu un avis dessus ? Les nouvelles technologies vont-elles le tuer ?

Il y a des histoires écrites créées pour le net et même pour les téléphones portables.  Des feuilletons, des poèmes… De belles histoires, écrites par des écrivains. Tout cela se met en place. L’écrit est loin d’être mort, le livre électronique a un bel avenir, même le livre papier a encore son mot à dire.

 

 

Le fruit de ton imagination :

 

·         Comment définis-tu tes écrits ? qu’est-ce qui te guide ? te pousse ? te fait avancer ?

Je suis poussée par les images, par les personnages qui germent, comme je l’expliquais l’autre jour. Mais il y a aussi en moi  un guide qui tend un fil conducteur, qui entretient une relation avec le lecteur potentiel, qui lui exprime une vision du monde et de la vie. C’est peut-être là que commence la littérature. Et je pose ainsi un tout début de réponse à la question située plus haut que j’ai esquivée parce qu’elle m’embarrasse.

 

·         Quel est le livre que tu as écrit pour lequel tu gardes une affection particulière ?

La Route des Tempêtes, le tome 2 du Quai des Secrets, publié en 2002. Je crois que c’était du bonheur tout le temps, moins de doute qu’aujourd’hui et l’impression d’une grande harmonie. C’est d’un luxe fou, d’écrire un livre dans ces conditions… Il m’est arrivé de le relire et je l’aime encore (avec un regard critique sur certains passages, bien sûr)… Mais pas plus que d’autres, plus récents, comme ce dernier tome du Château des Poulfenc qui vient de sortir et que j’ai fini d’écrire en février 2010. Là aussi, l’histoire et les personnages m’ont embarquée à la relecture.

 

·         Pourquoi vas-tu dans les salons du livre ? Cela n’est-il pas trop ennuyeux ? Pas du tout ennuyeux. C’est l’occasion de sortir de sa solitude, de se confronter aux autres, de découvrir et ressentir leur talent. Un moment nécessaire pour arriver à se situer en tant qu’auteur parmi les autres. Et puis faire des rencontres, renouer des liens, rire ensemble…

 

·         Ecrire, c’est s’exposer aux regards des autres ? Est-ce compliqué ?

L’exposition aux autres dans l’écriture est sous contrôle de l’auteur, comme l’on dirait d’une situation délicate.

Ecrire, c’est à la fois très courageux et très planqué. Monter sur scène et offrir son visage, et sa voix, ses gestes, aux spectateurs me paraît autrement plus risqué. Je suis cachée derrière mes mots, derrière l’intrigue que j’ai ficelée avec des personnages que j’ai inventés, et personne ne sait le lien qu’ils ont avec ma propre vie. De plus, je ne suis pas à côté de vous, à recevoir des tomates et des huées si vous rejetez mon livre parce que vous ne l’aimez pas. En même temps le regard des lecteurs m’est indispensable pour écrire le livre. La perspective d’être lue est un moteur formidable.

 

·         Quel est le plus beau compliment reçu ? Il y en a plusieurs, je vous en livre deux :

1/ Avant, je ne lisais rien (me dit une jeune fille), maintenant que je l’ai lu (c’était le Journal de Jeanne Letourneur), je veux lire tout…

2/ J’aime tellement ce livre que je lis partout, même en marchant dans la rue.

 

·         La réflexion la plus dure ?  Il y a en plusieurs, je vous en livre deux : 1/ Tu ne vivras jamais de ta plume ! 2/Arrête de prendre l’histoire pour une béquille

 

 

L’écriture engagée :

 

·         Peut-on tout écrire quand on sait qu’on est lu par des ados ? Evoquer les affres de notre société n’est-il pas périlleux pour le moral de notre jeunesse ? Les jeunes d’aujourd’hui sont nés de nous, qui appartenons à la génération d’au-dessus (voire deux fois au-dessus). J’ose croire que, si nous les avons mis au monde c’est que nous jugions que la vie, malgré ses horreurs et ses difficultés, valait quand même le coup. Vivre, souvent, parfois, c’est dur et ça fait peur. Les jeunes l’ont intégré, ils se débrouillent avec leur temps comme ils peuvent. Il me semble que les livres pour la jeunesse sont un lieu idéal pour aborder des sujets fondamentaux (la vie, la mort, le pouvoir, l’amour, la peur, le sexe, la violence, le courage, la jalousie, l’amitié, la religion…) sans nécessairement engendrer le désespoir. Tout est dans le choix des mots pour le faire. A chaque auteur de mesurer les images  et les perspectives qu’il fait naître dans la tête de ses lecteurs.

 

·         Est-il facile d’être engagé et publié ? L’écriture engagée intéresse-t-elle  aujourd’hui ? Il y a des formes multiples à l’engagement. Mes livres ne contiennent aucun engagement politique. Historienne du Moyen-âge et de la Renaissance, je crée des personnages vivant  dans une société inégalitaire où la lutte pour la vie est âpre. En tant qu’auteure,  avec ces livres là, et forte de les avoir faits, je suis entrée dans des dizaines et des dizaines de collèges, de bibliothèques, de lycées professionnels, de maisons rurales où nous avons lu et écrit ensemble, les jeunes et moi. Parfois avec très peu de mots. Et nous avons fait naître quelque chose d’unique, à ce moment-là. Peut-être mon engagement serait-il d’essayer de faire du beau, là où je suis. Certains ont voulu y voir de la mièvrerie. Je pense qu’il n’y en a aucune.

 

·         Comment l’auteur que tu es peut-il garder son indépendance, ses idéaux tout  en continuant d’exister sur le marché ?

Je m’occupe très peu du marché. Il s’avère que je suis tombée dans le Moyen âge quand j’étais petite et que l’histoire, et cette période en particulier, est un classique solide.

 

 

Les éditeurs, l’édition :

 

        Te sens-tu libre comme écrivain ? As-tu eu à souffrir de la censure ?

 T’interdis-tu des choses dans l’écriture ? L’éditeur te « dirige »-t-il beaucoup ? L’éditeur ne me dirige pas du tout et n’a jamais corrigé dans mes livres que de détails de style. Je me sens donc libre. Par rapport à la censure, je ne prends pas de risque : le contexte dans lequel évoluent mes personnages est vieux de plusieurs siècles…

 

Les éditeurs mènent des études pour connaître les goûts des lecteurs (en matière d’histoires, de personnages,…)… Comment fais-tu pour résister aux modes et toujours être un auteur apprécié  ? Je crois que je suis hors de la mode. L’historique est un genre qui a toujours ses adeptes. Disons que je fais ce que j’aime, le mieux possible.

 

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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 08:22

          Brigitte, est-ce que lecture et écriture vont de pair ? Faut-il aimer lire pour écrire ?

 

       Je ne sais pas s’il faut. Moi, j’aime lire, j’ai toujours aimé et beaucoup lu. Je lis moins quand j’écris beaucoup.

 

·         Pour toi, lire c’est quoi ?

 

        Pendant mes années d’enfance et d’adolescence, la lecture était un moyen de m’évader d’une vie qui ne m’allait pas complètement , d’être tranquillement avec moi-même sans que personne ne m’embête et de mes constituer un monde. Je pense que c’était fondateur car c’est ce monde que je retrouve lorsque j’écris.

 

·         Quels sont tes auteurs préférés ? tes lectures préférées ?

 

      hormis les nombreux livres historiques que je lis (tout ou partie) pour ma documentation et mon plaisir, il y les romans policiers, les romans historiques… Pour les auteurs qui m’ont marquée, voir un peu plus loin

 

·         Les livres jeunesse qui t’ont marquée chez les autres ?

  

    J’ai été très émue  par exemple par Les larmes de l’assassin de Anne-Laure Bondoux, j’ai adoré La croisée des mondes de Pullman, Tobie Lolness de Timothée de Fombelle, j’aime l’écriture de Bottéro, de Bernard Friot…

 

 

·         Ta bibliothèque, quelle est-elle ? Comment sont ces livres, Beaux livres, poches… genres ? Où sont-ils rangés ? Comment sont-ils classés ?

      

      Un mur entier de mon bureau et le placard, des étagères ailleurs dans la maison. Ceux de mon bureau, hormis un rayonnage romans et lectures personnelles, sont classés par thèmes à travers l’histoire (la mer et bateaux, les pirates, l’histoire de la nourriture et des plantes, l’hygiène, la médecine, l’histoire de l’écriture, l’architecture… Puis par époques : le Moyen Age tient beaucoup de place, la Renaissance pas mal non plus. MAIS, format oblige, les grands livres ne peuvent pas côtoyer les petits, donc il y a une place à part pour les grands, tous confondus, et en fait c’est un peu le bazar…

 

 

 

           Comment les achètes-tu ?

 

        Pas encore par Internet mais chez les libraires et dans les salons du livre où je suis tentée par tout, chez les bouquinistes aussi.

       Sans oublier tous ceux que j’emprunte à la bibliothèque. C’est merveilleux, une bibliothèque, tout ce savoir, ce plaisir à portée des yeux. Pendant longtemps, je n’ai pas été assez riche pour acheter beaucoup de livres et les bibliothèques m’ont énormément aidée.

 

·         Quel est le livre sur table de chevet ?

 

       il y en a quatre : Le dernier Houellebecq, La carte et le territoire ; Jan Guillou, le tome 2 de Arn le templier ;Todorov, La peur des barbares, que je viens d’acheter ; Jean Paul Kauffmann, La maison du retour, que je viens de terminer.

 

 

·         Quels sont les auteurs qui t’ont influencé? Pourquoi ? Que leur as-tu empruntés ?

 

       Ceux que je cite ici m’ont marquée comme lectrice, il m’est difficile de mesurer ce que je leur emprunte en tant qu’auteur. En vrac : Giono pour le regard sur la nature (je sens encore l’odeur du fleuve telle qu’il la décrivait dans Le chant du monde), Maupassant (j’ai tout lu à 15 ans, éblouie par la beauté de la langue), Eugène Guillevic (pour la Bretagne, la force et la sobriété réunies), Julien Gracq dans Le rivage des syrtes (c’était grand et poétique, un paysage hors du commun), Robert Merle dans Fortune de France (fresque historique truculente,) Zoé Oldenbourg dans Argile et cendres (j’avais 12 ans, une porte s’ouvrait sur le Moyen âge), Herman Hesse dans Le loup des steppes (l’âme et solitude), Béroul et ses collègues pour Tristan et Yseut dans le frémissement de l’amour, Albert Cohen dans Belle du Seigneur, (réflexion sur le paraître dans l’amour et le besoin qu’il soit nourri de l’extérieur), Jim Harrison dans Dalva (la fresque familiale et la nature), la comtesse de Ségur avec Les mémoires d’un âne (c’était mon premier livre, j’avais 7 ans), L’usage du monde de Nicolas Bouvier parce que ses voyages sont si intérieurs, Agota Kristof dans Le grand cahier (la spirale de la manipulation y compris celle du lecteur par l’auteur…), Robin Hobb dans L’assassin royal et plus encore dans Les aventuriers de la mer, parce qu’elle donne une âme aux navires…

       

Il y en aurait beaucoup d’autres, qu’ils me pardonnent de ne pas les nommer.

 

·         Si tu avais un auteur à qui écrire, lequel serait-ce ? Et que lui écrirais-tu ?

 

J’écrirais à eux tous pour leur exprimer mon immense gratitude. En cet automne 2010, je remercie tout particulièrement Jean Paul Kauffmann qui a écrit ceci dans La maison du retour : « La lecture, plus que la littérature m'a sauvé. Les mots me suffisaient, ils instauraient une présence. Ils étaient mes complices. Du dehors, ils venaient à mon secours. Ils sortaient de la cellule à leur guise.(…). Ils sont parvenus à m'extraire de mon cachot, à me donner la clé des champs. »

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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 10:29

·         Quelle est la phrase qui te pose le plus de souci dans l’écriture ? L’incipit ?

 

Toutes. Chacune.

·         Quel style préfères-tu ? style indirect libre… « je » ou « il »…
 

Plutôt “je”, mon empathie naturelle me porte à m’identifier, mais je passe aussi souvent par “il”, et avec plaisir...


·         As-tu la plume facile ? Où est-ce laborieux ? Te faut-il raturer beaucoup ?


Je fais beaucoup de brouillons. Notes. Puis “monstres” rédigés que je ne laisserais lire à personne au monde car ils sont terribles. Ensuite, c’est comme de la sculpture, je reprends, taille, peaufine, polit. Je tape et imprime assez tard. Puis relecture et ratures à la main sur tapuscrit. Ca me semble assez laborieux, non ? Quand je boucle deux pages satisfaisantes par jour, je suis contente.

·         Comment définirais-tu ton style ?


Vif , proche, volontiers ironique, et j’espère un peu spirituel.

·         Combien dure la phase avant l’écriture (recherches…) ? Et la phase d’écriture ? Combien écris-tu de livres par an ?


Ce n’est pas régulier, je dirais moitié recherches, moitié écriture. J’écris... Je ne sais pas au juste, bon an mal an entre 6 et 10 livres ?

·         Quelle phase préfères-tu ? La recherche des idées ? l’écriture ?


La dernière phase de l’écriture. Quand je sais que mon histoire ne peut plus m’échapper et que je ne fais qu’améliorer (du moins c’est dont je me persuade !)

·         Quel place a le mot dans tes romans ? Le vocabulaire est-il très important pour toi ?


Oui, mais adapater le niveau de voca à l’âge visé l’est encore davantage !

·         Fais-tu attention à la longueur de tes phrases ? Pierre Bottero faisait des phrases courtes ; parfois, il ne les finissait pas pour laisser le soin au lecteur d’imaginer, de rêver et donc de les terminer lui-même.


Non. Je n’y fais pas attention. Sauf si c’est une contrainte d’écriture demandée par l’éditeur/collection en fonction de l’âge visé.

·         Qu’est-ce qui fait que pour toi, une phrase est bonne ? 

 
Quand elle a du nerf. Quand elle sonne.

·         Utilises-tu beaucoup de documentation ?

Non. Je déteste m’encombrer. Je n’en utilise qu’en cas de nécessité absolue.


 

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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 10:27

 

·        Fanny, la littérature c’est quoi ? Cela sous entend que tout ne serait pas littérature…


Je ne sais pas. Je n’aime pas les classifications. Ca ne m’intéresse pas et je ne me sens aucune légitimité pour me prêter à ça. Je ne connais que les livres qui m’emportent et ceux qui me tombent des mains. Je suis subjective à mort. Comme lectrice je commence des tas de livres (empruntés en bibli). S’ils m’ennuient, je les rends bien vite avec bonheur. S’ils m’emportent, je les achète après les avoir lus !

·         Qu’est-ce ce que la littérature jeunesse ? Une littérature à part entière ?


Et comment ! Les enfants ne sont ni snobs ni complaisants. Avec eux c’est la lecture à l’estomac et c’est ce qui me plaît !

·         Faut-il lire les classiques ? Pourquoi ?


Là encore, je ne saurais dire ce qu’il faut ou pas. J’ai lu beaucoup. J’en lis encore. J’adore ça. J’ai fait bp de latin. Adoré ça. Je pense que ça m’a formée au gout des mots, au sens des phrases. Mais c’est mon histoire. Si j’étais prof, j’essaierais de communiquer le goût de certains classiques, de leur exigence, leur confort, le plaisir qu’ils distillent.  Y parviendrais-je ? Encore une autre histoire !


Photo : http://www.babelio.com/auteur/Fanny-Joly/3652

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 09:37

Les salons du livre sont morts,

que vivent les salons !

 

  

  Dans un billet très bien argumenté et joyeusement engagé,    Francis Mizio annonce qu'il refuser désormais de se rendre dans les salons   pour dédicacer ses livres, quand cette invitation n'est pas liée à l'une ou l'autre activité rémunérée (atelier d'écriture, conférence, lecture). À ses yeux, le rapport entre auteurs et lecteurs dans un salon n'a pas beaucoup de sens : la dédicace et les quelques mots qu'on échange, les milliers de livres identiques à ceux qu'on trouve en librairie et, comme dans les magasins, tous ces noms d'auteurs que les lecteurs ne connaissent pas (et souvent, pour ne rien arranger, leurs tronches de types pas propres et pas télégéniques). Une foire ne bénéfie ni aux auteurs ni aux lecteurs, tant que le système  de vedettariat et de surproduction éditoriale est en place. Voilà le propos violemment résumé. Allez lire l'original, il est plus complexe que ces quelques lignes et plein de jolies initiatives pour changer les choses.

 

    Ces impressions, je les partage presque toutes.

 

    C'est pour cette raison que j'avais tant apprécié, il y a bien longtemps de cela, à la Foire du Livre de Bruxelles, un stand sponsorisé par la Poste, qui proposait aux auteurs de venir, une heure durant, mettre leur plume au service des lecteurs. Pour écrire quoi ? C'était aux lecteurs d'en décider. L'un voulait une déclaration d'amour, l'autre un souvenir d'enfance, une troisième une lettre d'insulte. Le texte était rédigé à chaud, puis, dans la foulée, si le lecteur le souhaitait, transcrit en braille par un aveugle et, toujours en option, envoyé au destinataire éventuel.

 

    J'ai raffolé de cet exercice. Les auteurs n'étaient plus juste des gueules qu'on colle au dos de leurs livres, ils redevenaient des gens qui écrivent et qui aiment ça, qui, face à un problème donné, trouvent volontiers une solution en mots et en phrases, qui ravit les lecteurs et les lectrices.

 

    Bien entendu, l'année suivante le stand n'était plus là. Sans doute s'était-on trop bien amusé ? Sans doute avait-on bousculé les ordres protocolaires habituels ? Sur le stand de La Poste, les lecteurs ne connaissaient pour la plupart pas les auteurs mais ils les rencontraient vraiment et, peut-être, mais on s'en fout un peu, avaient-ils envie de lire ensuite leurs autres textes. C'est possible, mais ce n'était pas le but premier.

 

    Quelques années plus tard, l'équipe des donneurs, menée par Jean-Pierre Girard, a débarqué à Liège, puis à Bruxelles, pour rallier les écrivains à sacause, celle d'écrivains qui offrent leur plume au public. L'esprit était le même, le plaisir aussi. Au Québec, cela dure depuis longtemps et c'est permanent.

 

    Mais tout seul, sans un collectif d'auteur, on ne peut proposer ça sur un seul stand dans un salon quelconque.

 

    Suffit pas de mettre un petit panneau "Ici auteur à votre disposition".

 

    J'avais aussi beaucoup aimé la lecture performance organisée par l'embryon de Maelström réEvolution en 2007 dans le petit théâtre de la Foire du Livre de Bruxelles, les lectures en musique y suivaient un cours très organique et festif, façon auberge espagnole où les auteurs se confrontent et s'explorent, se succèdent et s'écoutent, dans la grande tradition des Nuits de la Poésie de feu le Cirque Divers à Liège, par exemple.

 

    Du coup, j'ai proposé l'an dernier d'écrire un roman en 24h chrono à la Foire du Livre de Bruxelles. J'ai adoré ça, j'en ai déjà beaucoup parlé sur ce blog, et je ne pense pas que ça a fait vendre des tas de livres dans la foulée, malgré la couverture médiatique exceptionnelle, mais ce n'était pas le but du tout.

 

    La plus grande vertu de cette performance, à mes yeux, c'est d'avoir remis l'écriture au centre du débat, d'avoir montré dans un salon qu'un écrivain est un bête type avec un cahier ou un clavier et que les trucs qu'on lit ensuite, joliment imprimés, coulent d'abord très spontanément comme la cervelle s'écoule d'un crâne fracassé.

 

    J'ai aussi appris à écrire seul mais en équipe. Pour mon projet, j'avais organisé un concours pour avoir des noms de personnages à intégrer dans le texte, puis, durant toute la rédaction, le manuscrit était lisible en ligne en temps réel, à mesure que je le rédigeais. C'était fun. C'était excitant. C'était surtout vivant et j'ai pu parler de ça, très simplement avec beaucoup de visiteurs du salon. Tout d'un coup, nous avions quelque chose de très concret à échanger. Les gens étaient gentils, m'apportaient à boire et à manger, prenaient de mes nouvelles.

 

    Autre chose que trois heures de signature sur un stand perdu parmi 500 autres auteurs à Brive ou à Nancy, par exemple.

 

    Je serai au Québec l'hiver prochain, je compte bien réitérer le coup de l'écriture en direct. Et recommencer ensuite partout où on voudra bien de moi.

 

    Non pas parce que les textes que j'écris ainsi sont bons mais parce que le moment que je vis avec les visiteurs est exceptionnel.

 

    Je m'amuse et chaque minute est unique.

 

    Comme chaque rencontre avec les lecteurs.

 

    Je suis certain qu'en comptant sur les idées des auteurs pour rendre les salons vivants, ces événements auront encore de très belles années à vivre.

 

    En alliant l'écriture en direct, la lecture et la diffusion numérique, on peut même faire rayonner les salons bien plus loin que la grand-place des villes de province et leurs tentes interminables.

 

Nicolas Ancion - 26 septembre 2010

 

 

http://ancion.hautetfort.com

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 09:32

Pourquoi vous ne me verrez plus en dédicaces 

et pourquoi il faut repenser tout ça

 

 

Les 20/21 novembre je serai en dédicaces à "La Fureur du noir" de Lamballe (car je suis un des auteurs invités dans le recueil du concours de nouvelles et rémunéré  à ce titre) et sans doute en décembre dans une librairie de Nantes car c'est à côté de chez moi et ensuite, vous ne risquerez plus de me voir beaucoup en dédicaces.

 

    Pourquoi ? Car je déclinerai les invitations, ou alors je me serai définitivement grillé avec le texte qui suit. Ca sera dommage de ne plus se voir, mais c'est comme ça.

 

    Il faut en finir avec les foires aux auteurs bestiaux

 

    En effet, je n'irai plus en dédicaces si ce n'est pas lié à un moyen de gagner ma vie (atelier d'écriture, rencontre, etc.). J'ai toujours été dans une démarche d'auteur professionnel. Or donc, je ne passerai plus mon temps de loisirs à travailler bénévolement.

 

    La vente seule de livres ne m'enrichit pas en deux jours ni financièrement - je touche 5% brut en moyenne l'année suivante, calculez si je reste assis 2 jours pour signer deux dizaines de livres à tout péter - ni intellectuellement car les conditions ne sont jamais réunies pour avoir des rapports intéressants avec les lecteurs qui, eux aussi, méritent mieux que de connaître de seuls rapports marchands avec les auteurs.

 

    Les foires décentralisées à dédicaces dans le monde du roman noir sont un principe devenu totalement obsolète, car si on veut acheter des bouquins aujourd'hui, on ne manque pas de maisons pour ça. J'annonce même prophétiquement leur déclin car le livre intéresse de moins en moins de gens. Je reviens d'un petit salon organisé par une équipe de gens adorables à St-Malo et la librairie "Droguerie de Marine". Il y a eu de  gros moyens de mis, des frais engagés, de l'énergie, de la communication, des affiches, des articles abondants dans la presse pour annoncer la venue de 5 auteurs : on a eu quasiment personne. J'ai perdu deux jours, les autres auteurs aussi. Le libraire des jours et des sous. Les bénévoles de l'énergie. Alors on a fait ce qu'on fait toujours : on a picolé, sympathisé et rit. C'est formidable et hyper sympa, mais voilà : il faut aussi que nous gagnions notre vie et nous avions tous autre chose à faire. Ecrire par exemple.

 

    Sentant d'ailleurs que le principe de la foire à l'auteur bestiau perd en attrait, de plus en plus de salons demandent aux auteurs d'animer des jeux, d'écrire des textes. Tout ça gracieusement. Bref, c'est le plombier qui pose gratos les chiottes du salon de la plomberie.

 

    Ensuite, ces salons, émanations d'un militantisme alors nécessaire dans les années 70/80 pour la diffusion du livre et de la littérature populaire ne servent plus en rien l'auteur, ni le livre. Cela servait à l'auteur il y a une dizaine d'années, j'en ai même bénéficié chaleureusement et cela m'a aidé à entrer dans le milieu, à décrocher des travaux : tout cela, c'est fini. On fait aujourd'hui les tenanciers de stand comme les vendeuses de parfumerie des galeries Farfouillette ou on joue les majorettes, mais ça n'influe plus sur notre notoriété, sur des débouchés éditoriaux lors de contacts ou sur  des plans boulot : les éditeurs sont raides, ou gavés de manuscrits. Ils s'en foutent. Les institutions n'ont plus assez de subventions ou perdent le cadre comptable pour nous faire travailler en ateliers ou autre.

 

    Cela ne sert en rien le livre. Le système est totalement pourri de l'intérieur à cause des systèmes d'édition et de distribution. L'atomisation et la multiplicité de l'offre si elle est pratiquée en salon ne fait que reproduire le délire du système éditorial devenu fou.

 

    La chute des revenus des auteurs (les éditeurs paient de plus en plus mal, ou peu, quand ils paient ; les livres se vendent en moyenne de moins en moins) ne leur permet plus de faire les zouaves désormais sans plus aucun bénéfice direct ou indirect (puisque

 

 

l'effet promotionnel qui pourrait compenser est devenu dérisoire). On a besoin de temps pour gagner notre vie, on a besoin de loisirs pour se ressourcer et même si on veut  écrire encore, de temps pour le faire. Et time is money, sorry.

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 09:28

   

 

 Si on veut aider les auteurs, qu'on les paie pour faire des choses plus intéressantes pour tout le monde et pour la littérature que de débiter du bouquin. Le salon du polar de Pau "un aller et retour dans le Noir" , convaincu par les arguments de la marraine de leur 1ère édition, Lalie Walker, vient de décider de rémunérer les auteurs en dédicaces lors de sa prochaine édition début octobre (ce qui se pratiquait pour les stars pourtant gros vendeurs dans les salons de la "littérature blanche", par exemple... Pas pour nous autres soutiers que l'on motive en faisant vibrer les cordes de l'affectif et du militant. Paiement, que demande la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse depuis des lustres, soit dit en passant). C'est tout à leur immense honneur. Désormais, après cette décision de Pau, on ne me dira pas que ce n'est pas possible : il suffit d'intégrer ça dans son budget de festival, ou d'inviter moins de monde... ou de ne rien faire.

 

    A quoi rime de mobiliser l'énergie de bénévoles qui triment comme des malades, d'enrichir les restaurateurs, les hôteliers, la SNCF et le libraire (qui reste mon ami) qui gagne pourtant bien plus par livre que l'auteur, mais ne jamais aider en quoi que ce soit l'auteur ? Qui plus est dans des manifestations marchandes qui perdent tout leur sens, sont montées parfois à la va-vite sans imagination ni professionnalisme, ou sans se renouveler ?

 

    N'est-ce pas faire perdurer le système pervers de l'édition qui contribue d'année en année à décourager la création en appauvrissant ou maltraitant toujours plus les auteurs, en anonymisant les livres qui vivent toujours moins longtemps ? (Et ce ne sont plus les dizaines de bouquins vendus en festival qui endiguent le processus. Affirmer le contraire, c'est se leurrer). Continuons de ne pas se soucier de la vie financière de l'auteur et vous n'aurez plus que de la littérature petite bourgeoise écrite par des profs (qui restent mes amis) bardés de congés pour écrire et autres professions nanties en temps de loisirs.

 

    Maintenant quelques messages et questions personnels :

 

    Amis festivaliers : rémunérer l'auteur en dédicaces n'aura que des avantages. A commencer par le fait que soudain, vous ne ramerez plus pour en trouver de disponibles et compléter vos listes quand les salons se font de la concurrence à cause de la synchro-nicité des dates... J'ai bien conscience que cela va créer ses propres effets pervers : on ne verra plus que des stars, les rémunérations risquent de grimper. Mais de toute façon il suffit qu'une speakrine de la tévé aux velleités de littérature soit invitée et c'est déjà elle qui rafle le public, alors hein... Hé bien pour compenser il faudra se remuer pour attirer du monde avec des événements créatifs qui ramèneront même le public qui était au rayon livres de la Fnac la veille. Les auteurs y participeront avec plaisir. Quoiqu'il en soit que l'on se pose la question du sens et de l'avenir de ces foires aux auteurs embauchés le temps d'un week end pour faire du chiffre autour de deux vagues débats rebattus. Faire de la culture, il doit y avoir une autre approche à trouver. Une approche qui correspond aux attentes de chacun : auteurs, lecteurs, libraires. Je ne sais pas, moi :  par exemple : au lieu d'inviter 40 auteurs en 2 jours, faites en venir quarante fois un différent dans l'année et faites-lui l'honneur d'être autre chose qu'une tenancière de stand, en lui permettant de davantage s'exprimer.

 

    Amis lecteurs (et jolies amies lectrices) : n'avez-vous pas envie d'autre chose que  cinq minutes de discussion avant de passer à la caisse ?

 

    Ami(e)s confrères et consoeurs auteurs qui s'accordent à trouver que les salons              n'ont plus de sens, d'usage, ni même l'ambiance d'avant : arrêtez de râler dans le train du retour, ou alors refusez les invitations gratos. Quoiqu'il en soit, si on ne met pas le problème sur la table, on n'en sortira pas.

 

    Amis libraires : je vous aime, je vous adore, mais trouvez vous normal qu'une équipe de bénévoles, des auteurs et des vendeuses en stage travaillent tous gratuitement à votre seul commerce. Oui ? Pourquoi ?

 

    Amis politiques : êtes-vous certain que décentraliser une librairie sous un chapiteau et faire bosser gratos une foultitude de gens, soit de la culture, comme vous le dites, dans vos discours d'ouverture ?

 

    Allez, la bise à toutes et tous

 

    Tenons bon, tenez vous bien.

 

Francis Mizio - dimanche 26 septembre 2010

 

 

 

http://francismizio.blogspot.com

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 11:42

·         Comment crées-tu tes personnages ?
Longuement, précisément, passionnément. Pour moi c’est l’essentiel, le moteur et les roues...


·         Est-ce que ce sont tes personnages qui te mènent ? Par exemple, peuvent-ils te faire changer de voie en cours d’écriture ?
Changer non car je suis planifieuse. Mais ce sont eux qui mènent... ma planification !


·         Qu’aimes-tu le plus dans la création du personnage ? L’aspect psychologique ?
J’aime tous les aspects, des plus concrets (look, style, goûts, manies, vêtements) aux plus psychologiques. Dans les histoires comme dans la vie, les “gens” sont mon oxygène !



·         Quel est le personnage que tu as crée et qui t’a posé le plus de souci Pourquoi ?
Je n’ai pas de souci en la matière, pas de recordman du souci, donc. Ce qui me pose du souci, c’est plutôt la construction, les péripéties, l’ordonnancement...



·         Quel personnage de papier que tu as inventé aimes-tu le plus ?
Celui que je ferai demain, peut-être ?

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 11:36
·         La littérature c’est quoi ? Cela sous entend que tout ne serait pas littérature…
 Je ne m'intéresse surtout pas à la littérature ! J'aime écrire et lire des histoires, point barre.

 

 
·         Qu’est-ce ce que la littérature jeunesse ? Une littérature à part entière ?
 Juste une étiquette pour certaines collections.

 

 
·         Faut-il lire les classiques ? Pourquoi ?
 Oui. Parce qu'il faut lire de tout.

 

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POURQUOI ce BLOG ?

 Le BLOG consacré
aux AUTEURS,
à la LITTERATURE JEUNESSE
et à L'ECRITURE
.

Enfants 1 199La lecture est une nécessité dans le monde moderne. Elle permet de maîtriser la langue, de développer l’imaginaire, de structurer la pensée, d’accéder au savoir, d'acquérir du vocabulaire... C’est pourquoi parents et enseignants se lamentent lorsque les enfants ne lisent pas et les ados encore moins. Pourtant, ils prendront PLAISIR à lire... pur cela, il suffit de les juindécembre2010 225aider à ouvrir la porte.

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  

 

 Avec ce blog, j'aimerais :
 * faire découvrir la littérature jeunesse,l'écriture et les auteurs pour la jeunesse
partager une passion et pourquoi pas donner envie de lire et de rêver entre les pages.  

juindécembre2010 260Le livre est une véritable source de plaisir, de joie et d'émotion. Beaucoup d’élèves disent ne pas aimer lire. Je ne suis pas loin de penser que TOUS aiment lire, sans exception ! Le plus difficile pour eux est de parvenir à trouver dans la masse, LE livre, celui qui ne va pas les endormir… juindécembre2010 227LE LIVRE, celui qui va leur "parler", le livre qui leur correspond, le livre qui va leur remuer les tripes, les boyaux, les neurones, la tête !!!  

Enfants 1 178-copie-1Personne n'aime lire toutes les histoires, tous les livres. Evidemment. Il existe donc des "critères" à appliquer pour trouver et emprunter la perle, le livre qui va faire définitivement plonger dans le plaisir de lire !

Dans le livre on fait de merveilleuses rencontres, on découvre plein d'amis, on voyage, on s'ouvre sur le monde, on vit des aventures que l'on ne connaîtra jamais dans la vie de tous les jours : on embrasse des princesses, on escalade des rochers, on "zigouille" les méchants, on galope sur des chevaux lancés à la poursuite de terribles bandits ... bref, on fait de fabuleux voyages pour... "sourire, rêver et aimer" (Lisez "Le type" de Philippe Barbeau.) !!

Enfants 1 258Dans ce blog, il sera question des hommes et des femmes qui écrivent : les écrivains pour la jeunesse. Les ouvrages de littérature jeunesse de qualité seront présentés, racontés, "décortiqués"...
Vous lirez des interviews de professionnels, vous découvrirez des portraits, le monde de la chaîne du livre (éditeurs, imprimeurs, libraires...), vous trouverez également des conseils, vous ferez des rencontres, participerez à des débats, vous lirez des expériences d'animations pédagogiques autour des livres, vous découvrirez des "paroles" d'élèves, d'enseignants, des textes et.... plein d'autres choses encore !

juindécembre2010 224

 Brigitte Coppin 015
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    "Les gens qui aiment lire sont rarement des salauds !"
Xavier-Laurent PETIT
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  SPECTACLES

   

  "Salomon, vous vous rendez-compte ?"

de Christophe Boutier

 

spectacle radeau 010 

 

Sa majesté des couches"

de Christophe Boutier  

 

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  Une comédie en V actes écrite et mise en scène par Christophe Boutier

L’histoire de la séduction, de l’enfant et de sa famille depuis la préhistoire jusqu’à l’enfant-roi du XXIème siècle.

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Sur scène, il y avait :

- 14 comédiens 

- Six musiciens professionnels dont Michel Léger, accompagnateur de vedettes de la chanson et du cabaret, telles que La Bande à Basile, Daniel Guichard, Zanini, Jean Constantin, André Aubert (Don Patillo)...

- la chorale du collège de Xavier Bélanger (professeur d'éducation musicale qui a mis en musique le spectacle) qui a interprété des chansons de variété en rapport avec l'enfance.

- des projections murales assurées par les élèves de l'option image (Eddy Dabrigeon...) du collège, option dirigée par Cécile Cotten,  professeur d’Arts plastiques.

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Les spectacles précédents

 

2013- Le temps du maquis"

2012 - "Salomon, vous vous rendez compte ?"

2011 - "Sa majesté des couches"(Gannat)

2010 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes"  : 2ème épisode (Gannat)

2010 - "Un zèbre sur la banquise" (Gannat)

2009 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes " : 1er épisode (Lapalisse)

2008 - "La farce vaudevillesquement tragique de la chambre forte du jugement dernier. " (Lapalisse)

2007 - "Le terrier zeixcoussois en Zinzinmouli ou la complainte des comédiens en danger" (Saint- Prix)

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    Un grand MERCI donc à tous les écrivains jeunesse
 que j'épuise et à qui je donne mal à la tête !!!
Ah ! Ah !!

Enfants 1 224Christian Grenier, Eric Boisset, Alain Grousset, Alain Surget, Béatrice Nicodème, Anne-Marie Desplat-Duc, Susie Morgenstern, Arthur Ténor, Hubert Ben Kemoun, Jean-Côme Noguès, Marc Séassau, Fabrice Colin,  Lorris Murail, Roger Judenne, Philippe Barbeau, Anne Ferrier, Evelyne Brisou-Pellen, Eric Sanvoisin, Christophe Léon, Jean-Luc Luciani, Béatrice Egémar, Magali Herbert, Guy Jimenes, Jean-Claude Mourlevat, Raymond Perrin, Jean-Baptiste Evette, Marc Cantin, Claire Gratias, Christophe Miraucourt, Xavier Bascour, François Librini, René Gouichoux, Yaël Hassan, Jean-Marc Ligny, Marie-Aude Murail, Cécile Roumiguière, Brigitte Coppin, Dorothée Piatek, Sophie Audouin-Mamikonian, Fanny Joly, Johan Héliot, Jack Chaboud, Jean-Luc Marcastel, Stéphane Daniel, Emmanuelle et Benoît de Saint Chamas, Jean-Paul Gourévitch, Michèle Laframboise., Florence Hinckel, Christophe Loupy, Lénia Major, Viviane Koenig, Marie Mélisou..

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... évoque le BLOG sur la littérature jeunesse.

 

"Des conseils pratiques de pro à pro, des interviews délicieuses et des
articles écrits par des écrivains ou des éditeurs, des bibliographies,
des réflexions sur la littérature jeunesse, des coups de coeur et
 des anecdotes...On trouvera tout cela (!) sur le blog de C
hristophe
Boutier, professeur documentaliste  au collège de Gannat (Allier).

Les petits articles de réflexion sur certains aspects de la littérature
jeunesse sont parmi les plus intéressants, d'autant plus qu'ils soulèvent
parfois des points souvent peu vus : les genres relevant de l'imaginaire
et les critères de classification (science fiction, fantasy...), les styles
d'écriture (classique, moderne…), ou encore le souci de la véracité dans
les romans historiques jeunesse.

En plus de cela, on trouvera une liste impressionnante de sites
d'écrivains  et des ressources diverses et variées qui émaillent les
articles (liens vers des  sites de séries jeunesse, des conférences
en ligne...), des « trucs et astuces » de Doc pour aimer et faire
aimer la lecture, des bibliographies...

Si la mise en page gagnerait à être un peu plus claire et lisible, le côté
bric-à-brac (où on flâne volontiers de longs moments) perdrait de son
charme...

Par un prof-doc amoureux et défenseur acharné de la littérature
jeunesse.
"

 

Rubriques

CULTURE au CDI de Gannat

Collège de Gannat (03)

" Fête de la culture, de la lecture et de l'écriture"

  Mai 2013 - 4ème édition

Eric Boisset 

Mai 2013 145

ArthuArthur Ténor 024r Ténor

Alain Surget 

Alain Surget 053

 

Mai 2012 - 3ème édition

 Jean-Luc Marcastel

jean-luc-MARCASTEL-010.jpg

Brigitte Coppin 

      Brigitte-Coppin-013.jpg

 

Mai 2011 - 2ème édition

Philippe Barbeau, Christian Couty

juindécembre2010 236

Béatrice Nicodème

 

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Juin 2010 - la 1ère édition :

 

Alain GROUSSETet Christian GRENIERétaient parmi nous pour évoquer la Science-Fiction (SF) etpour débattre des nouvelles technologiesqui pourraient "tuer » les livres...

 Enfants 1 196

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Le nouveau spectacle du collège

Joseph Hennequin de Gannat, dans l’Allier.

 

 

La troupe de théâtre du collège Hennequin, composée cette année de 30 comédiens issus des quatre niveaux de classes, a réalisé un film (un vrai ! en noir et blanc)écrit par Christophe Boutier, professeur documentaliste, « Le temps du maquis» (vendredi 14 juin 2013, centre socio culturel de Gannat). Xavier Bélanger, professeur d’Education musicale, assurera la mise en musique.

Ce film présente la dure réalité de la vie quotidienne et clandestine, au milieu de la forêt,d’hommes et de femmes – les maquisards - remarquablement courageux qui recoururent, au péril de leur vie, à la guérilla pour s’attaquer à la milice du Maréchal Pétain et aux troupes d’occupation allemande.

Ce spectacle entre dans le cadre du projet « Devoir de mémoire », une option du collège menée en classe de 3ème. Les 16 élèves de cette option dirigée par M. Bellet, professeur d'Histoire, présenteront la soirée :

En 1ère partie, un court métrage : Roger VENUAT, résistant dans le maquis de Hérisson (Allier, 03), au collège Joseph Hennequin.

En 2ème partie, la pièce de théâtre, « Le temps du maquis »

ENTREE GRATUITE

  

QUI SUIS-JE ?

Je suis Christophe BOUTIER, professeur documentaliste au collège de Gannat (1 rue Joseph Hennequin. 03800 GANNAT) , dans l’Allier, en Auvergne.

Passionné par la littérature jeunesse, l'écriture, la lecture... j'ai découvert, grâce à ma profession cette littérature - une vraie littérature ! - qui comporte de magnifiques textes. Et derrière des mots adressés, peut-être davantage aux enfants, aux adolescents - quoi qu'un bon texte doit pouvoir être lu par tous sans aucune histoire d'âge ! - se cachent des écrivains adorables, des personnes d'une incroyable richesse humaine, intellectuelle et culturelle, des gens de talent que j'ai/j'ai eu la chance pour certains de côtoyer !

Aujourd'hui, j'éprouve le besoin de partager mon amour des auteurs jeunesse et de leur oeuvre ! je compte également sur vous lecteurs pour faire vivre ce blog, mutualiser nos expériences, nos connaissances, nos réflexions et... débattre.

 
Mon autre BLOG, celui du CDI du collège de GANNAT :
http://www.cdi.gannat.over-blog.com