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Présentation

  • : Le blog de CHRISTOPHE BOUTIER, professeur documentaliste au collège de St Germain-des-Fossés, dans l'Allier
  • : Blog qui a pour objectif de parler de la littérature jeunesse, des écrivains jeunesse... pour donner le goût de lire aux adolescents. L'objectif est également d'intéresser à la culture. Il s'agit aussi de faire découvrir cette littérature à part entière aux adultes.
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Le Vampire Du Cdi

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  • Je suis le "VAMPIRE d'un CDI" auvergnat !

ANECDOTES

Pierre BOTTERO,

le Seigneur des ados !

 

Pierre Bottero était fier d’être un auteur jeunesse - une littérature qui n’a rien à envier en qualité à la littérature « vieillesse. » S’il n’était pas qu’un auteur de fantasy, il faut bien reconnaître que c’est à cette littérature de l’Imaginaire qu’il dût son incroyable succès !

Dès l’enfance, il tombait dans la marmite de la fantasy. Il dévorait Tolkien (Un choc ! S’en suivi, plus tard, l’idée que la fantasy ne pouvait s’écrire que sous la forme d’une trilogie), Zelasny, Farmer, Moorcock, Vinge, Howard… Les grands noms qui allaient lui permettre de devenir l’auteur que nous connaissons. Plus tard, il appréciera les auteurs « jeunesse » tels que Erik L’homme, Hervé Jubert, Fabrice Colin ou Philip Pullman, Eoin Colfer pour ne citer qu’eux. Il n’y a pas de concurrence en littérature jeunesse, les auteurs s’apprécient, se côtoient, se téléphonent, se rencontrent, se parlent, rêvent ensemble d’histoires communes. Ainsi Erik L’Homme et Pierre imaginaient ensemble, « A comme assassins »…

De ses lectures, Pierre Bottero ne devait pas ressortir indemne.

C’est par hasard qu’il se lançait dans l’écriture, pour aider sa fille qui séchait devant un concours d'écriture : il rédigeait quelques pages sur son ordinateur, se piquait au jeu, poursuivait (son épouse réclamait la suite), envoyait le texte à un éditeur qui le publiait... Il était dit qu’il n’arrêterait plu. Marqué à tout jamais par Tolkien, il était évident qu’un jour, il s’essaierait à la fantasy. C’est ainsi que naquirent « La quête d’Ewilan », « Les mondes d’Ewilan » et « Le pacte des Machombres. »

 

 

 

Pierre Bottero se fichait éperdument du cadre dans lequel on allait placer ses romans. Mais pour les « techniciens, l’auteur lui-même évoquait la Low Fantasy. Il s’agit d’une low fantasy - inspirée par ses jeux d'enfant, ses rêves d'adulte, ses lectures et les émotions ressenties au quotidien - dans laquelle existe un équilibre entre le bien et le mal, le courage, la volonté et la détermination où domine le désir de tout ramener à des intérêts individuels (égoïsme forcené, aveuglement quant à la mise en danger des équilibres…). Un parallèle pourrait d’ailleurs être établi entre le chaos décrit et notre monde réel. Mais attention. Les propos de Pierre ne demeurent pas sombres, ils restent optimistes. Pour avancer ! Avec pour personnages principaux des… femmes. Pierre était fondamentalement féministe. Il aimait à dire qu’il y avait moins de « cons » chez elles que chez les hommes. Toutefois, Pierer Bottero n’a jamais cherché à donner des leçons, il se méfiait trop pour cela des « transmetteurs » de valeurs et des donneurs de leçons. Le livre était pour lui un objet de partage.

Ce partage, il l’avait avec sa famille qui appréciait ce qu’il écrivait et qui le rassurait : Claudine, son épouse, ses deux filles lisaient ce qu’il écrivait avant publication.

 

 

 

Lorsque Pierre Bottero était invité dans un salon du livre pour une dédicace, il faisait partie des auteurs les plus demandés (il ne faisait pas bon signer à côté de lui !) : les impressionnantes files d’attentes composées de lecteurs (jeunes et moins… jeunes !) en témoignaient. C’est avec émotion qu’ils recevaient tous les messages de sympathie et… d’amour. Ses livres touchaient, ses histoires permettaient le partage et faisaient rêver, Pierre vivait alors une aventure … magique.

Il avait beau affolé le compteur des ventes, ce qui avait un réel impact sur lui, c’était :  de percevoir la flamme dans les yeux de ses « fans » (euh ! il n’aimait pas le mot), de recevoir leurs avis, de parler avec eux.

Tant d’amour le gonflait à bloc et lui transmettait une énergie positive.

C’est pourquoi, ce succès (qui lui permit d’abandonner son métier d’instituteur) qu’il percevait intensément, à la fois avec bonheur (évidemment !) et tranquillité, lui donnait également un sentiment de responsabilité. Ainsi, s’il savait se montrer reconnaissant envers ceux qui l’avaient aidé à améliorer son écriture (Caroline Westberg, son éditrice chez Rageot), il avait également de la considération pour ce public à qui il devait tant. Quand vous rencontriez Pierre, assis derrière sa table de dédicace, vous aviez le sentiment qu’il n’attendait que vous ! Pierre veillait soigneusement à être proche de son « public », un de ses… bonheurs. Il respectait humainement ses visiteurs et ses lecteurs en leur offrant des histoires dont il voulait qu’elles évitent facilité et démagogie. Il apportait ainsi beaucoup de soin et d’exigences aux corrections, un travail exigeant, vorace en temps et en énergie.

 

L’écriture de Pierre Bottero avec « Le pacte des marchombres » avait atteint une belle maturité. C’est ce que Pierre lui-même soulignait quand il affirmait que « c’est en écrivant qu’on apprend à écrire. » En effet, cette dernière trilogie qui met en scène le personnage d’Ellana est moins légère, plus complexe, que celle de « La quête d’Ewilan » : l’auteur avait eu le sentiment d’avoir grandi, évolué et de s’être trouvé, un sentiment accompagné par le désir de partager encore davantage avec le lecteur. Pierre Bottero était un homme intègre, voilà pourquoi il continue d’être autant aimé. A la lecture de ses trilogies, cette sincérité transpire. Pierre prenait un immense plaisir à écrire, à « rêver », à imaginer le monde (issu d’un vieux rêve de liberté absolue) d’Ewilan, d'Ellana. Il prenait un immense plaisir lorsque d’autres que lui se baladaient dans "ses" mondes. Pierre Bottero écrivait pour être lu mais aussi pour explorer des contrées inconnues (se connaître lui-même ?) et entraîner à sa suite tous ceux qui étaient tentés par l'aventure... Quand il mettait le point final, c’était à la fois une joie (celle d’avoir terminée et d’être satisfait du résultat) et une déchirure (celle de quitter l’univers crée)… Un sentiment d'être coupé d'une part de soi-même avec l’irrésistible envie de replonger très vite.

 

Pierre le « poète » accordait beaucoup d’importance au travail de réflexion qui précède l’écriture. Lorsqu’il attaquait le premier chapitre d’un roman, la trame générale était dans son esprit, il connaissait très bien ses personnages. Ensuite, plongé dans le cœur du roman, il écrivait sans arrêt, du matin au soir, parfois pendant la nuit. Puis, il pouvait ne plus écrire pendant des semaines Enfin, presque car il écrivait toujours… dans sa tête. Quand il n’écrivait pas, il écrivait sans écrire. Pierre était un homme normal qui aimait lire, courir, menuiser, bucheronner, voyager, rencontrer, parler, rêver… et sourire ! Ah, ce sourire !I

L’écriture de Pierre était une écriture « vraie », sans complaisance, une écriture qui venait des tripes, un cadeau offert au lecteur. Il n’était satisfait que si les mots qu’il employait correspondaient réellement à ce qu’il souhaitait écrire. Cette honnêteté, il la devait à ses lecteurs. Pierre était un travailleur qui reprenait, sans cesse, son récit, la cohérence, le fond, la forme… C’est pourquoi il prenait grand soin, malgré les pressions des lecteurs, de ne pas chercher à publier, à tout prix, trop rapidement. Il était persuadé qu’il valait mieux patienter et faire patienter plutôt que de se décevoir et décevoir. Il pendait qu’il fallait laisser le temps à l’histoire de pousser, à son rythme...

 

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   "Le Loup à la voix de miel"
Marc SEASSAU (Grasset jeunesse)

J’ai fait venir dans le collège où je travaillais alors, l’écrivain Marc Séassau.  La journée fut belle et pleine d’émotion notamment lorsque Marc anima une rencontre à deux voix (j’adore organiser ce genre de rencontres : 2 auteurs face à une classe en même temps !) avec Jean-Côme NOGUES qu’il avait adoré lire lorsqu’il était ado.

Marc Séassau a écrit ce roman « Le loup à la voix de miel » parce qu’il a été marqué par sa convocation comme juré dans une affaire de viol. Dans son récit, il narre l’entrée en 6ème d’une petite fille qui, anonymement, dépose des extraits de « Peau d’âne » dans les poches, de sa « marraine », une élève de 3ème.  L’appel au secours était évident !

Cette rencontre a déclenché un phénomène pour le moins inattendu dont j'ai été le témoin, involontaire : il m'a fallu trois semaines pour comprendre ce qui m’arrivais !

Je trouvais régulièrement par terre, dans le CDI, toujours disposées par deux, des photos représentants des scènes classiques de la vie d'une famille avec une de nos élèves de 6ème (anniversaires...). J'ai évidemment rendu ces photos à l'élève qui, agressive, semblait ne pas comprendre pourquoi je détenais son bien. C'est tout juste si elle acceptait de reconnaître qu'il s'agissait d'elle sur les clichés ! Ces scènes se sont régulièrement reproduites ( trois, quatre fois pendant trois semaines) jusqu'au jour où j'ai eu un déclic  : une seule photo sur le sol évoquant la petite sur les genoux d'un homme. J'ai de suite compris (Peau d’âne !), j'ai alerté l'infirmière, la Principale du collège... Cette élève avait eu l’idée de reproduire ce que l’héroïne du roman faisait.
Voilà ce qu'uns simple rencontre d'écrivain peut entraîner en dehors du plaisir de lire.
Le roman avait libéré la parole de l’élève !


Nous en avons évidemment parlé avec Marc Séassau qui était évidemment KO : comment ne pas l'être ? Il avait écrit ce roman un peu dans un but pédagogique mais quand la réalité dépasse la fiction...

Recherche

PERLES de LECTURE

 Le collège de Gannat

 a voyagé dans le temps !

 

 Après la lecture des romans historiques jeunesse de Béatrice Nicodème....

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« Oyez ! Oyez gente dames et damoiseaux ! Entrez dans le Moyen Age ! » Ainsi s’est écrié le troubadour, jeudi 9 juin 2011, dans la plaine gannatoise : deux cent élèves de 5ème du collège Hennequin et CM2 des écoles du Malcourlet, de Pasteur et de Jean Jaurès ont bravement et « prestement » effectué le « pas sur le côté » pour revêtir leur cotte de maille et ainsi plonger en plein XIVème siècle.

  

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  Pour rendre vivant et attractif le Moyen Age, période étudiée en classe et encore largement visible dans la cité des portes occitanes, Gannat, douze comédiens et cascadeurs professionnels de la compagnie toulousaine ARMUTAN, ont chevauché leurs destriers pour répondre à l’olifant de Christophe Boutier, professeur documentaliste, initiateur de cet imposant projet, « Cultures, loisirs et genres de vie au Moyen Age », un projet fédérateur d’énergie d’une année.

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Un campement faits de plusieurs tentes, de peaux de bêtes, de râteliers d’armes, de tonneaux… a été établi dans la partie herbeuse et arborée de l’établissement scolaire. Les écuyers – élèves, aux yeux brillant de plaisir, répartis en six « compagnies » de « routiers » qui répondaient au nom d’un  célèbre homme de guerre, du Guesclin, Prince noir ou bien d’un roi, Philippe Auguste…ont défilé avec leurs bannières dans les sept ateliers pédagogiques pendant six heures.  Ainsi, ils ont été initiés à l’archerie, au maniement des armes, au combat rapproché, à l’héraldique – l’art de faire son blason – à la danse, aux instruments et à la musique, à la jonglerie… Le capitaine « Barbepeste » et ses sbires ont alors conquis la « piétaille » qui après explications et démonstrations, devait mettre en pratique l’enseignement de leurs maîtres…  

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 Les corps fatigués furent réparés par le succulent banquet médiéval régional (tortillons gannatois, galichons d’Escurolles, fromages de chèvres de Bellenaves, Fraises bourbonnaises sur lit de fromage blanc de campagne de Cérilly étaient inscrits sur le très beau papier imprimé à l’ancienne par le moulin Richard de Bas ), pris en musique, et proposé par le chef, Sylvain Bruno. Une projection d’images, capturées dans la matinée, proposées par les élèves de l’atelier image du collège lors du repas, a également ravi les convives.

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En fin d'après-midi, les petits occitans, tout sourire, étaient regroupés pour assister à un spectacle de jongleries burlesques proposées par « Grand mètres Yann »,  à de la poésie lyrique, et à une impressionnante saynète de combats à l’épée accompagnée par la musique du groupe DAYAZELL.

 

Quel bonheur ! Quelle joie d'avoir vu les yeux des enfants pétiller de plaisir ! Quel  moment de vie ! Il ne fait aucun doute que cette journée unanimement saluée comme étant extraordinaire restera gravée dans les mémoires.

  351.JPG Alors, un grand MERCI à tous ceux qui ont participé à la réussite du projet ! Les personnels du collège Hennequin, la mairie de Gannat, les mécènes, les comédiens si sympathiques et bien sûr…les élèves !

 

Pour en savoir davantage :

 

RV sur le blog du collège de Gannat (03),

une 100e de photos...

 

http://cdi.gannat.over-blog.com/

 

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A propos de ce blog !

 

Lu dans « La nouvelle encyclopédie des filles 2011 » de Sonia Feertchak ((Plon)

 

« Le blog passionné et passionnant d’un professeur documentaliste  fou de littérature jeunesse, pour « sourire, rêver, aimer ». Des articles vivants sur la lecture, qui donnent envie de découvrir plein de livres et autant d’auteurs

 

 

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A lire, vraiment !




 

 

 

 

 

 

 

 

   

A travers de nombreuses anecdotes Christian Grenier évoque son enfance placée sous le signe du théâtre et de la lecture, son adolescence marquée par l'écriture et la passion. Il relate son parcours d'enseignant, d'auteur mais aussi de lecteur-correcteur, journaliste, scénariste et directeur de collection. Il se penche également sur les mécanismes intimes de l'imaginaire, détaille la genèse de ses oeuvres et fait pénétrer le lecteur dans les coulisses de l'écriture et de l'édition. Enfin il s'interroge sur les principes qui font d'une fiction un récit pour la jeunesse. Regorgeant de confessions, de convictions et de passion, ce témoignage d'une vie consacrée à la littérature jeunesse se lit comme un roman.
 

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Le MOT du JOUR : ......

    "Des millions de gens vivent sans lire, mais ce qu'ils ignorent,

c'est qu'on vit infiniment plus en lisant."

Xavier-Laurent PETIT

  

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Je vous livre l'adresse du blog de mon nouveau cdi et collège : http://colllafontaine.over-blog.com/

 

depuis octobre 2009

 

 

24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 10:40

 

Nicolas Jaillet, vous donne des conseils pour écrire votre propre roman. Cette fois-ci, le rythme du texte.

 

Vidéo à regarder sur...

http://www.youtube.com/watch?v=rBQqpWei4KQ

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 10:28

  

  La version poche du second tome du Pacte des Marchombres, « Ellana, l'envol », on trouve à la fin de l’ouvrage, un texte inédit de
l’auteur, Pierre Bottero, dans lequel celui-ci évoque sa conception de l'écriture pour la jeunesse.

Ce texte est très intéressant mais pour illustrer ses propos, la
différence entre l'écriture pour la jeunesse et l'écriture pour les adultes,
Pierre Bottero prend l'exemple d'une scène d'amour de son livre et la réécrit telle
qu'elle aurait pu l’être dans un roman pour adultes. Une récriture qui a étonné certains adultes : peut-on mettre entre les mains de collégiens l’édition poche du roman ?

Quel est votre avis ?

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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 11:45

 

 

 

·         Sophie, quelle est la phrase qui te pose le plus de souci dans l’écriture ? L’incipit ?

 

Ben j’ai bossé dans la pub chez Seguela alors l’art de la formule ne me pose pas trop de souci

 

·         Quel style préfères-tu ? style indirect libre… « je » ou « il »…

Je viens d’écrire un livre, Indiana Teller, Lune de Printemps, ma nouvelle série sur les loups-garous, que j’ai travaillé en « Je ». Glurps, c’est beaucoup plus difficile qu’en il ou elle ! Le livre sort en Mars chez Michel Lafon, l’éditeur des Chevaliers d’Emeraude et d’Eternels, les lecteurs me diront alors s’ils ont aimé ou pas !

 

·         As-tu la plume facile ? Où est-ce laborieux ? Te faut-il raturer beaucoup ?

Ah, mon plus gros souci c’est que c’est super facile d’écrire pour moi, je ne connais pas du tout le problème de la page blanche. Du coup, je dois beaucoup réécrire, je sacrifie souvent des centaines de pages ce qui horrifie mes filles !

 

·         Comment définirais-tu ton style ?

Copieux.

 

·         Combien dure la phase avant l’écriture (recherches…) ? Et la phase d’écriture ? Combien écris-tu de livres par an ?

Pas de phase de recherche, j’ai lu 12 000 livres, ils sont dans ma tête.

Ben je me limite. Mais je pourrais écrire 4 à 5 livres par an si je retravaillais moins. En 2008 j’ai écrit Tara 7 et la DDO. Cette année, j’ai écrit Tara 8 et Indiana Teller en même temps. Disons que ma phase d’écriture est…tout le temps ! lol !

 

·         Quelle phase préfères-tu ? La recherche des idées ? l’écriture ?

Rechercher des idées n’est pas un concept que je connais parce que les idées me tombent constamment dessus. Le seul moyen que j’ai trouvé c’est le golf. Pendant quatre à cinq heures, je ne pense qu’à une seule chose c’est mettre cette foutue balle dans ce foutu trou. Mon cerveau se repose vraiment. Sinon, c’est l’enfer. Je me perds à 50 mètres de chez moi, parce que j’ai des idées qui me traquent et que je ne sais plus où je suis !

 

·         Quel place a le mot dans tes romans ? Le vocabulaire est-il très important pour toi ?

Très. J’essaye d’apporter le mot juste au bon moment, je ne ménage pas mes lecteurs, si le mot est compliqué et qu’ils sont trop jeunes pour le connaitre ou le comprendre, vive les dictionnaires !

 

·         Fais-tu attention à la longueur de tes phrases ? Pierre Bottero faisait des phrases courtes ; parfois, il ne les finissait pas pour laisser le soin au lecteur d’imaginer, de rêver et donc de les terminer lui-même.

Pierre était un poète. Je suis une proustienne. Précise, longue dans mes phrases, méticuleuse, obsessionnelle.

 

·         Qu’est-ce qui fait que pour toi, une phrase est bonne ?

Je ne trouve jamais mes phrases bonnes. Ce sont les scènes que je trouve bonnes, parce qu’elles me font rire.

 

·         Utilises-tu beaucoup de documentation ?

Non.

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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 11:40

  

 

   Sophie, comment t’inspires-tu pour créer un lieu ? Une atmosphère ?

 

Mince alors, je vis dans mon imagination, je suis incapable de dire ce qui est emprunté à l’extérieur.

 

·      Te rends-tu sur place ? Visites-tu beaucoup ?

 

Je voyage énormément, mais il n’y a pas toujours d’influence de ce que je vois dans ce que j’écris.

 

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 09:34

 

 

Le site officiel de la saga de Didier Van Cauwelaert,

"Thomas Drinn".

 

Site officiel

http://www.thomas-drimm.com/

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 09:29

 

 

 

Interview de Didier Van Cauwelaert pour la sortie du roman jeunesse "Thomas Drimm - La fin du monde tombe un jeudi" aux éditions Albin Michel pour le site spécialisé en littérature jeunesse, Les Histoires Sans Fin.

 

Vidéo à regarder sur...

 

http://www.dailymotion.com/video/xb35oe_itw-didier-van-cauwelaert-thomas-dr_creation

 

Photo : 

http://www.lexpress.fr/culture/livre/didier-van-cauwelaert-je-suis-un-romancier-de-la-reconstruction_900252.html

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 10:29

 

L’auteur aujourd’hui

 
Comment se situe l’auteur aujourd’hui par rapport à l’auteur des débuts ? Il y a-t-il une différence (style, pensée, méthode…)

J'ai triché... Avant d'être auteur, j'étais scénariste. Je jouais déjà avec les mots, les transitions, les images. Entre mon premier scénario et mon dernier album ? De la simplification, sans doute. Aller à l'essentiel sans... tricher, sans appuyer le trait. Enfin, j'espère. Et tellement plus d'interrogations inassouvies sur les mots, leur place, leurs résonances...


Quelle est ta définition de l’auteur jeunesse ? En es-tu un ?

Non, je ne pense pas. C'est idiot d'écrire ça, je publie en jeunesse, exclusivement. Mais l'acte d'écriture n'a pas pour moi de frontière d'âge. J'écris pour raconter une histoire, pour dire le monde. Ensuite, que cette histoire touche un enfant ou un vieil homme, c'est à l'enfant, c'est au vieil homme de dire pourquoi. Je pourrais plutôt répondre que j'écris l'enfance, parfois, que je m'approche au plus près de ce moment où tout est là, en germe. Pas plus.

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 10:28

L’écriture :

·        Pourquoi écris-tu ? Est-ce quelque chose de facile à expliquer ?

 Ah, zut, j'ai déjà répondu en partie. L'écriture est d'abord un geste, de la tête à la main, un dessin, un trait noir sur une feuille blanche. Ensuite, elle est tissage de ces fils qui sont nés de ce geste. Pourquoi j'écris ? Un jour où je me noyais dans des questions sans fin sur pourquoi écrire, quand Proust ou Rimbaud on tout écrit, une femme, une belle femme, ma marraine en écriture, a hoché la tête. Elle a tiré une longue goulée de sa cigarette brune, et, en regardant l'océan, elle a répondu : « Oui, ils ont tout écrit. Mais pas ce que toi tu vas écrire. » Alors, écrire ? Pour tisser des toiles au-dessus du quotidien, un filet pour ne pas tomber ?


·        C’est quoi être écrivain ? Ecrire c’est quoi ?

Je dis souvent que je ne suis pas écrivain, mais auteur, créatrice de tel ou tel livre. Écrivain, c'est avoir travaillé assez les mots, le rythme, les sens, pour que coulent des rivières qu'on ne peut pas arrêter. Un jour, peut-être, quand j'aurais beaucoup travaillé...
Être écrivain, être auteur, artiste, c'est peut-être juste un regard, une attention particulière portée sur le monde, et donnée à voir.

·        Que penses-tu des écoles américaines dans lesquelles on peut apprendre à écrire ? En France, elles n’existent pas. Quel écrivain es-tu ?

Les ateliers d'écriture peuvent être un creuset où l'auteur se développe. Dan Simmons en est un exemple. Aurait-il écrit "pour de bon" s'il n'était pas passé par ces "écoles" ? Le formatage guette, bien sûr. Mais à chacun sa route.

 

·        Arthur Ténor parle de lui comme étant un « explorateur de l’imaginaire. » As-tu  une formule pour te caractériser ?

Je n'aime pas les formules, elles figent, elles emprisonnent. Ne jamais céder à la tentation des formules, ça pourrait être mon crédo du jour

·        L’écriture a-t-elle toujours été en toi ou est-ce quelque chose qui est arrivé tardivement dans ta vie ? Il y a t-il eu un élément déclencheur ?

On n'attrape pas l'écriture comme un rhume ! J'ai toujours aimé les histoires, j'ai appris à lire très tôt, en maternelle. Après les tulipes et le mécano de Rémi et Colette, une des premières histoires dont je me souvienne est... une chanson de Sheila ! Dans "Arlequin", il y avait tout ce que j'aime depuis : le théâtre, le secret, les grands auteurs. J'ai passé des heures en voiture à regarder le ciel, les nuages le jour, la lune et les étoiles la nuit, et je m'inventais des histoires. Je n'arrêtais pas. Alors est-ce que ça veut dire que j'avais "l'écriture en moi" ? Je pense que j'aurai pu faire des tas de métiers. Sans doute l'écriture est-elle le seul qui me permet de rêver tous les métiers en un seul.

·        Pour qui écris-tu ? A moins que ce ne soit pour un public ? Pour être lu ?

Pour l'enfant que j'étais ? Pour la vieille femme que je serai ? Pour le regard de cet homme, croisé dans le métro et qui avait l'air de courir après sa vie, pour tous les possibles, pour les instants improbables, pour la résonance des mots dans nos têtes, et pour le silence aussi.

·        Le public/l’éditeur t’ont-ils influencé à un moment donné ?

Certainement, et en même temps pas vraiment. J'essaie de ne pas perdre ma musique personnelle. Ni surtout le désir de faire.

·        Cette fameuse imagination, d’où vient-elle ? De quoi t’inspires-tu ?

Image. Si j'ai appris à lire très jeune, c'est sans doute parce que je n'arrivais à rien avec les peintures, pastels et autres couleurs à étaler sur du papier. Si je vois une scène banale mais avec un détail, un dièse ou un bémol décalé sur la partition, cette scène s'intègre dans ma boîte à images. Ensuite, peut-être, elle se métamorphosera en début d'histoire, ou en intégrera une autre. Image. Collage. Rapiéçage. Tissage.

·        Comment procèdes-tu pour écrire ? Un plan ? des carnets ?

Indispensable, le carnet. Sans lignes. Solide, sinon il devient un chiffon informe : je le traîne partout. J'ai maintenant ma marque préférée, comme pour les stylos, il faut que je fasse attention, je suis en train de devenir une maniaque du carnet. J'ai récemment travaillé avec Carole Chaix, qui est pire que moi là-dessus : elle date ses feuilles de carnet au tampon dateur. J'aime. Je pense que je vais lui piquer cette façon de faire. Donc, un carnet, partout. Je note, des bribes, des bouts de ficelle. Parfois de grands pans inspirés, qui partiront à la poubelle des ratés.

·        A quel moment de la journée écris-tu ? Avec quoi ? Une heure précise ? As-tu besoin d’isolement ?

Ni moment ni lieu. Seule ou dans un café bondé. Avec un stylo, noir ou bleu, un modèle introuvable que je commande par poignées. En cas de nécessité, j'écris avec ce qui me tombe sous la main, stylo, crayon, feutre, sur un morceau de papier ou un bout d'emballage.

·        Qui te lis en 1er ? Un proche ? Pourquoi ?

 Joker.

·        Qu’aimerais-tu écrire ? un sujet que tu n’as pas abordé et qui te taraude ? un genre ?

Il y a longtemps que je pense au voile, sans arriver à affronter ce thème. Un jour, peut-être. Un genre qui me taraude ? Le cinéma ! La chanson aussi. Écrire, c'est jouer avec les mots, les images, les sons. L'écriture cinématographique me tente depuis toujours, cinéma et théâtre étaient au cœur de mes études de lettres.

·        Ecrire à 4 mains cela te tente-t-il ?

Ah ça, c'est fait, et même à huit mains, avec l'équipe que j'ai réunie pour écrire les blue Cerises. Une habitude de fille du spectacle : passer de plateaux de cent personnes à la solitude, ce n'était pas facile. Maintenant, je jongle entre l'écriture à plusieurs et l'écriture solitaire, c'est très différent, et les deux me sont essentielles.

·        Est-il facile de vivre de sa plume ? Exerces-tu un autre métier ?

Non, bien sûr que non, ce n'est pas facile. J'ai la chance d'arriver à vivre de mon écriture depuis des années, avec les spectacles d'abord, puis petit à petit avec mes livres et beaucoup de rencontres. Je suis auteur, et j'ai un métier annexe : je rencontre des lecteurs, je les fais écrire aussi, en ateliers, mais peu, parce que le temps file.

·        Qualités et défauts de l‘Homme ? qui rejaillissent sur l’écrivain ?

De l'Homme ? Avec un "H" ? C'est drôle... La femme que je suis n'a aucun défaut, bien sûr, elle ne râle jamais, ne bout jamais devant l'injustice, ne craque jamais sur un carré de chocolat noir, très noir, ni sur le dernier roman de Nancy Huston qu'elle ferait mieux d'acheter en poche mais elle n'a pas la patience d'attendre. Non, je ne vois pas : la femme que je suis n'a aucun défaut, et surtout elle est est très modeste et consciente de ses limites. Plus sérieusement, la curiosité, de la femme, de l'auteur, est essentielle. L'empathie aussi. 

 

Tes personnages

Comment crées-tu tes personnages ?

En partant du réel, en mélangeant, touillant, transformant, des choses vues, des ressentis. Un personnage est une sorte de Frankestein nourri de tas d'éléments. À l'arrivée, il peut être pataud, ou s'envoler et nous emporter. Ça, c'est l'alchimie des mots. Et du travail pour que cette alchimie opère.

·        Est-ce que ce sont tes personnages qui te mènent ? Par exemple, peuvent-ils te faire changer de voie en cours d’écriture ?

La Goule (dans "Pablo de La Courneuve") est le personnage qui m'a le plus déstabilisée. Au départ, je n'imaginais cette vieille femme que comme un personnage secondaire, elle est devenue essentielle dans le roman. Il faut aussi savoir se laisser emporter, lâcher, sans perdre pied.

·        Qu’aimes-tu le plus dans la création du personnage ? L’aspect psychologique ?

Je ne fais jamais de "portrait psychologique" de mes personnages. Ils naissent des mots, ils sont portés par eux. C'est le langage qui les fait exister ; pour moi, c'est antinomique avec une quelconque idée préconçue. Ils peuvent me surprendre, au détours d'une phrase, devenir autre, impulser une direction à l'histoire, ou pas. C'est ça que j'aime, l'improbable qui advient.

·        Quel est le personnage que tu as crée et qui t’a posé le plus de souci Pourquoi ?

Je me suis posé beaucoup de questions pour écrire l'histoire de Bala ("Rouge Bala", mon album à paraître en octobre chez Milan, illustré par Justine Brax). Comment, de quel droit, "parler pour" une enfant indienne de douze ans ? Le décalage culturel, social, est immense. J'ai beaucoup hésité. Puis j'ai lu le livre de Baby Halder, "Une vie moins ordinaire" (éd. Philippe Picquier) qui dit ce que peuvent dire toutes les femmes, car on est femme avant d'être indienne ou parisienne. Mais ce personnage, cette histoire, m'a donné beaucoup à réfléchir, sur des tas de plans, avant de me lancer dans son écriture.

·        Quel personnage de papier que tu as inventé aimes-tu le plus ?

Trop difficile de choisir. J'ai eu beaucoup de mal à laisser Pablo à la fin du roman. Un peu comme un tournage qu'on aimerait ne jamais finir.

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 10:27

Les lieux

·        Comment t’inspires-tu pour créer un lieu ? Une atmosphère ?

Toujours mes bouts de ficelle, bouts de vie ramassés par terre. Inventés, collectés, tissés, et hop !

·        Te rends-tu sur place ? Visites-tu beaucoup ?

J'ai écrit "L'école du Désert" qui se passe au Maroc, et cette année - enfin ! - on m'a invitée à Casablanca. C'était ma première visite au Maroc. J'attends qu'on m'invite en Colombie (pour Pablo), à Tahiti (pour "le Voyage de Poéma"), en Inde avec Bala... J'aimerais voyager, respirer les pays puis écrire. Mais je ne m'interdis pas d'écrire sur des lieux que je ne connais pas. J'ai trop écrit de spectacles sur des siècles différents pour m'interdire quoi que ce soit sur l'espace. Aujourd'hui, je n'écrirais pas "L'école du désert" de la même façon, bien sûr. Mais un lieu imaginé a une force propre. La Colombie que j'ai inventée à partir de documents glanés ça et là existe, c'est celle de Pablo. POur La Courneuve, au contraire, je la connaissais bien et je suis même allée jusqu'à faire vérifier des itinéraires parce que j'avais besoin qu'ils soit précisément exacts. La Courneuve réelle faisait face à la Colombie que Pablo avait laissée loin derrière lui, dans le brouillard aigu des souvenirs.

·        Est-il facile de partir de rien ou de ce que l’on connaît ?

Dans "Demain la Lune", Michel passe ses vacances d'été dans le camping... de mes vacances d'enfant, à l'époque où j'y étais (en 1969, année du premier pas de l'homme sur la Lune). J'ai tout vérifié, la date de sortie des bonbons de telle marque, les voitures, les chansons de cet été-là, jusqu'au vainqueur du tour de France et à la une du journal du coin... C'était comme un jeu de piste, très réjouissant. Mais j'aurais très bien pu écrire ce roman sans du tout entrer dans ces détails. Il se trouve que pour ce roman-là, à ce moment-là, j'ai eu besoin de travailler comme ça. Ce n'est pas une question de facilité ou pas, c'est plutôt une question d'envie, et de pertinence par rapport à l'écriture en cours.

Mais pour répondre à la question, peut-on réellement partir de rien ? Dans mes premiers essais d'écriture, j'ai essayé d'écrire un roman dans lequel le lecteur ne saurait pas à quelle époque l'histoire se passait, je voulais le plonger dans un "flou temporel". Je n'y suis pas arrivée. Dès qu'un personnage a dû faire passer un message à un autre, j'ai été coincée : téléphone, coursier ou pigeon voyageur, il fallait bien que je choisisse. Et le temps était marqué. Le réel nous rattrape.

Le style, la phrase, le mot…


Quelle est la phrase qui te pose le plus de souci dans l’écriture ? L’incipit ?

Ah, celui-là... je devrais recommencer le début après avoir fini. Mais ce sont des moments particuliers de l'histoire qui sont parfois difficiles à mettre en mots.


Quel style préfères-tu ? style indirect libre… « je » ou « il »…

Le "je" sans doute m'est plus facile, comme un jeu d'acteur — encore ce lien au théâtre, au cinéma !

As-tu la plume facile ? Où est-ce laborieux ? Te faut-il raturer beaucoup ?

Ça dépend.

Comment définirais-tu ton style ?

Je ne sais pas définir. Quand on définit, on arrive encore à une formule, une sentence, non ?

Combien dure la phase avant l’écriture (recherches…) ? Et la phase d’écriture ? Combien écris-tu de livres par an ?

Ça dépend aussi. Mais je laisse toujours reposer un texte que j'ai commencé. Par exemple, en ce moment, je termine une histoire d'enfant gitan que j'ai commencé à écrire il y a deux ans... Pablo est resté en friche dans mes tiroirs pendant des années. Ensuite, ça peut aller très vite. J'ai écrit "L'enfant silence" en sortant d'une exposition de peintures, en moins d'une heure, puis je l'ai relu souvent, et repris, mais sans presque rien changé. Mais c'est un texte à part.

Quelle phase préfères-tu ? La recherche des idées ? l’écriture ?

Le moment où l'idée nait.

Quel place a le mot dans tes romans ? Le vocabulaire est-il très important pour toi ?

J'aime les ginkgos bilobas dans "À l'ombre du tilleul", je me suis battue pour les garder. Le mot est essentiel.

Fais-tu attention à la longueur de tes phrases ? Pierre Bottero faisait des phrases courtes ; parfois, il ne les finissait pas pour laisser le soin au lecteur d’imaginer, de rêver et donc de les terminer lui-même.

Courtes, longues, elles rythment le texte. Mais Pierre Bottero avait raison : laisser la liberté au lecteur est essentiel. On peut le faire différemment, chacun son style, mais cette liberté-là est première.

Qu’est-ce qui fait que pour toi, une phrase est bonne ?

 Je lis toujours mes manuscrits à haute voix, plusieurs fois. Il faut que tout coule, s'il y a des graviers au fond de la rivière, ils doivent avoir une raison d'être là. Sinon, je réécris. Encore, et encore.

Utilises-tu beaucoup de documentation ?

Tout dépend de ce que j'écris. Si je m'y plonge, je laisse décanter avant de partir en écriture.

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 10:26

  La littérature

La littérature c’est quoi ? Cela sous entend que tout ne serait pas littérature…

Un regard particulier ?

Qu’est-ce ce que la littérature jeunesse ? Une littérature à part entière ?

Là, je ne répondrai même pas. C'est une provocation ?  ;-) Il y a "littérature" et "littérature" dans tous les genres, des livres essentiels et des "produits-paquets de lessive" partout. En jeunesse comme ailleurs.

Faut-il lire les classiques ? Pourquoi ?

Il faudrait sans doute repenser ce que sont les classiques. Certains auteurs que j'ai lus ne sont plus considérés comme tels (j'ai baigné dans Eugène Sue par exemple). La nécessité d'une culture commune à une génération et entre les générations me semble nécessaire à la cohérence d'une société. En cela, oui, il faut lire "des classiques", comme il faut voir des films marquants de l'histoire du cinéma, ne serait-ce que pour mieux "comprendre" ("prendre avec soi") les films qui sortent, et avoir un regard critique, un regard libre, sur le monde. Et la musique, la peinture, la sculpture, l'architecture...

L’avenir du livre ?


As-tu un avis dessus ? Les nouvelles technologies vont-elles le tuer ?

Le livre papier nous sera toujours indispensable, à nous, lecteurs qui avons appris à lire avec lui. Je ne suis pas extra-lucide et ne peut pas dire ce qu'il adviendra quand les lecteurs apprendront à lire sur des tablettes numériques ou autres supports encore à inventer. Mais le fait de (se) raconter une histoire me semble inhérent à la condition humaine. L'essentiel, c'est la littérature, le livre, qu'il soit fait de papier ou numérique, n'est qu'un support. Maintenant, le livre numérique permet un champ de création nouveau, entre le livre papier et le cinéma, qui va étonner, décevoir, déstabiliser... Nous vivons une charnière passionnante, dommage qu'on parle trop de finances dans cette histoire, et pas assez de création.

 La lecture et ta bibliothèque :


Pour toi, lire c’est quoi ?

Des fenêtres de vie dans la vie.

Quels sont tes auteurs préférés ? tes lectures préférées ?

C"est mouvant, ils changent selon ce que je vis. Il y a les piliers, bien sûr, ils ont balisé mon adolescence : Maupassant, Balzac, Cohen, Claudel, Anaïs Nin, Dostoievsky, Proust, Mishima... ceux que je relis aujourd'hui, Duras, Camus, Éluard, Romain Gary... ceux que j'ai découvert récemment, Nancy Huston, Ludmilla Oulitskaïa, Carson Mac Culler, Raymond Carver... et Olivier Adam, Marie Desplechin... et la SF, Dan Simmons, Dick, Van Vogt, Iain M. Banks, et...

Les livres jeunesse qui t’ont marqués chez les autres ? Un livre de chevet ?

Chien bleu", de Najda. "Sables émouvants", de Thomas Scotto et Éric Battut
"Lily Plume" de Natali Fortier "Petit bleu et petit jaune", de Léo Lionni
"L'Atlas des géographes d'Œrbe" de François Place


Ta bibliothèque, quelle est-elle ? Comment sont ces livres, Beaux livres, poches… genres ?

Disparates, dépareillés, émancipés.

 Où sont-ils rangés ? Comment sont-ils classés ?

En tas, en couches, dans toutes les pièces, par terre, partout.

Comment les achètes-tu ?

Au coup de coeur, en flânant, en les prenant dans la main, en les reniflant. Parfois aussi chez mon libraire, qui est un super libraire.

Quel est le livre sur table de chevet ?

Les livres... mais celui que je lis ce soir, c'est  "Le chemin des âmes", de Joseph Boyden.

Quels sont les auteurs qui t’ont influencé? Pourquoi ? Que leur as-tu empruntés ?

C'est difficile de citer des écrivains pour parler de sa propre écriture, presqu'indécent. Mais si c'est un hommage, alors je peux citer Ludmila Oulitskaïa, et ce souffle de sa phrase. Les haïkus japonais, le dire tant dans si peu, Maupassant, bien sûr. Oui, Maupassant. Et Anaïs Nin, Renoir (le cinéaste), Orson Welles, Éluard. Claudel aussi, qui donne à sa phrase le sens et le son de la respiration des personnages. Je pourrais continuer très longtemps...

Si tu avais un auteur à qui écrire, lequel serait-ce ? Et que lui écrirais-tu ?

Jules,
Si tu ne m'avais pas emmenée au centre de la Terre et en voyage autour du monde, je n'en serai pas là, des années après, à essayer de m'envoler encore et encore dans des histoires à imaginer debout...

Cher Guy,

Vous m'avez prise par la main à l'âge des premiers émois. Depuis que j'ai rencontré "la Petite Roque", les rivières ont perdu leur légèreté, elles signent les jours de drame. Vous m'avez donné à partager "le Horla", cette frontière, cet ailleurs sensible où l'on sait que l'on peut plonger, par inadvertance, par vertige. Qui sait ? "Une Vie" m'a fait frissonner : ainsi, c'était donc ça, être femme ? Mais il y a eu Benoîte (Groult), Virginia (Woolf) et Anaïs (Nin), pour me rassurer : on pouvait être femme autrement. Reste entre nous ces instants partagés, vos nouvelles cachées sous les draps, lues si tard dans la nuit. Vos nouvelles, comme une porte au sortir de mon enfance.

Marguerite,

Vous êtes allée si loin, Madame. Comment écrire après vous ? Je reste au bord des vagues. Et respire. Et tremble.

et à tant d'autres...

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POURQUOI ce BLOG ?

 Le BLOG consacré
aux AUTEURS,
à la LITTERATURE JEUNESSE
et à L'ECRITURE
.

Enfants 1 199La lecture est une nécessité dans le monde moderne. Elle permet de maîtriser la langue, de développer l’imaginaire, de structurer la pensée, d’accéder au savoir, d'acquérir du vocabulaire... C’est pourquoi parents et enseignants se lamentent lorsque les enfants ne lisent pas et les ados encore moins. Pourtant, ils prendront PLAISIR à lire... pur cela, il suffit de les juindécembre2010 225aider à ouvrir la porte.

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  

 

 Avec ce blog, j'aimerais :
 * faire découvrir la littérature jeunesse,l'écriture et les auteurs pour la jeunesse
partager une passion et pourquoi pas donner envie de lire et de rêver entre les pages.  

juindécembre2010 260Le livre est une véritable source de plaisir, de joie et d'émotion. Beaucoup d’élèves disent ne pas aimer lire. Je ne suis pas loin de penser que TOUS aiment lire, sans exception ! Le plus difficile pour eux est de parvenir à trouver dans la masse, LE livre, celui qui ne va pas les endormir… juindécembre2010 227LE LIVRE, celui qui va leur "parler", le livre qui leur correspond, le livre qui va leur remuer les tripes, les boyaux, les neurones, la tête !!!  

Enfants 1 178-copie-1Personne n'aime lire toutes les histoires, tous les livres. Evidemment. Il existe donc des "critères" à appliquer pour trouver et emprunter la perle, le livre qui va faire définitivement plonger dans le plaisir de lire !

Dans le livre on fait de merveilleuses rencontres, on découvre plein d'amis, on voyage, on s'ouvre sur le monde, on vit des aventures que l'on ne connaîtra jamais dans la vie de tous les jours : on embrasse des princesses, on escalade des rochers, on "zigouille" les méchants, on galope sur des chevaux lancés à la poursuite de terribles bandits ... bref, on fait de fabuleux voyages pour... "sourire, rêver et aimer" (Lisez "Le type" de Philippe Barbeau.) !!

Enfants 1 258Dans ce blog, il sera question des hommes et des femmes qui écrivent : les écrivains pour la jeunesse. Les ouvrages de littérature jeunesse de qualité seront présentés, racontés, "décortiqués"...
Vous lirez des interviews de professionnels, vous découvrirez des portraits, le monde de la chaîne du livre (éditeurs, imprimeurs, libraires...), vous trouverez également des conseils, vous ferez des rencontres, participerez à des débats, vous lirez des expériences d'animations pédagogiques autour des livres, vous découvrirez des "paroles" d'élèves, d'enseignants, des textes et.... plein d'autres choses encore !

juindécembre2010 224

 Brigitte Coppin 015
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    "Les gens qui aiment lire sont rarement des salauds !"
Xavier-Laurent PETIT
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  SPECTACLES

   

  "Salomon, vous vous rendez-compte ?"

de Christophe Boutier

 

spectacle radeau 010 

 

Sa majesté des couches"

de Christophe Boutier  

 

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  Une comédie en V actes écrite et mise en scène par Christophe Boutier

L’histoire de la séduction, de l’enfant et de sa famille depuis la préhistoire jusqu’à l’enfant-roi du XXIème siècle.

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Sur scène, il y avait :

- 14 comédiens 

- Six musiciens professionnels dont Michel Léger, accompagnateur de vedettes de la chanson et du cabaret, telles que La Bande à Basile, Daniel Guichard, Zanini, Jean Constantin, André Aubert (Don Patillo)...

- la chorale du collège de Xavier Bélanger (professeur d'éducation musicale qui a mis en musique le spectacle) qui a interprété des chansons de variété en rapport avec l'enfance.

- des projections murales assurées par les élèves de l'option image (Eddy Dabrigeon...) du collège, option dirigée par Cécile Cotten,  professeur d’Arts plastiques.

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Les spectacles précédents

 

2013- Le temps du maquis"

2012 - "Salomon, vous vous rendez compte ?"

2011 - "Sa majesté des couches"(Gannat)

2010 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes"  : 2ème épisode (Gannat)

2010 - "Un zèbre sur la banquise" (Gannat)

2009 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes " : 1er épisode (Lapalisse)

2008 - "La farce vaudevillesquement tragique de la chambre forte du jugement dernier. " (Lapalisse)

2007 - "Le terrier zeixcoussois en Zinzinmouli ou la complainte des comédiens en danger" (Saint- Prix)

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    Un grand MERCI donc à tous les écrivains jeunesse
 que j'épuise et à qui je donne mal à la tête !!!
Ah ! Ah !!

Enfants 1 224Christian Grenier, Eric Boisset, Alain Grousset, Alain Surget, Béatrice Nicodème, Anne-Marie Desplat-Duc, Susie Morgenstern, Arthur Ténor, Hubert Ben Kemoun, Jean-Côme Noguès, Marc Séassau, Fabrice Colin,  Lorris Murail, Roger Judenne, Philippe Barbeau, Anne Ferrier, Evelyne Brisou-Pellen, Eric Sanvoisin, Christophe Léon, Jean-Luc Luciani, Béatrice Egémar, Magali Herbert, Guy Jimenes, Jean-Claude Mourlevat, Raymond Perrin, Jean-Baptiste Evette, Marc Cantin, Claire Gratias, Christophe Miraucourt, Xavier Bascour, François Librini, René Gouichoux, Yaël Hassan, Jean-Marc Ligny, Marie-Aude Murail, Cécile Roumiguière, Brigitte Coppin, Dorothée Piatek, Sophie Audouin-Mamikonian, Fanny Joly, Johan Héliot, Jack Chaboud, Jean-Luc Marcastel, Stéphane Daniel, Emmanuelle et Benoît de Saint Chamas, Jean-Paul Gourévitch, Michèle Laframboise., Florence Hinckel, Christophe Loupy, Lénia Major, Viviane Koenig, Marie Mélisou..

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
     

... évoque le BLOG sur la littérature jeunesse.

 

"Des conseils pratiques de pro à pro, des interviews délicieuses et des
articles écrits par des écrivains ou des éditeurs, des bibliographies,
des réflexions sur la littérature jeunesse, des coups de coeur et
 des anecdotes...On trouvera tout cela (!) sur le blog de C
hristophe
Boutier, professeur documentaliste  au collège de Gannat (Allier).

Les petits articles de réflexion sur certains aspects de la littérature
jeunesse sont parmi les plus intéressants, d'autant plus qu'ils soulèvent
parfois des points souvent peu vus : les genres relevant de l'imaginaire
et les critères de classification (science fiction, fantasy...), les styles
d'écriture (classique, moderne…), ou encore le souci de la véracité dans
les romans historiques jeunesse.

En plus de cela, on trouvera une liste impressionnante de sites
d'écrivains  et des ressources diverses et variées qui émaillent les
articles (liens vers des  sites de séries jeunesse, des conférences
en ligne...), des « trucs et astuces » de Doc pour aimer et faire
aimer la lecture, des bibliographies...

Si la mise en page gagnerait à être un peu plus claire et lisible, le côté
bric-à-brac (où on flâne volontiers de longs moments) perdrait de son
charme...

Par un prof-doc amoureux et défenseur acharné de la littérature
jeunesse.
"

 

Rubriques

CULTURE au CDI de Gannat

Collège de Gannat (03)

" Fête de la culture, de la lecture et de l'écriture"

  Mai 2013 - 4ème édition

Eric Boisset 

Mai 2013 145

ArthuArthur Ténor 024r Ténor

Alain Surget 

Alain Surget 053

 

Mai 2012 - 3ème édition

 Jean-Luc Marcastel

jean-luc-MARCASTEL-010.jpg

Brigitte Coppin 

      Brigitte-Coppin-013.jpg

 

Mai 2011 - 2ème édition

Philippe Barbeau, Christian Couty

juindécembre2010 236

Béatrice Nicodème

 

juindecembre2010-245.jpg

 

Juin 2010 - la 1ère édition :

 

Alain GROUSSETet Christian GRENIERétaient parmi nous pour évoquer la Science-Fiction (SF) etpour débattre des nouvelles technologiesqui pourraient "tuer » les livres...

 Enfants 1 196

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Le nouveau spectacle du collège

Joseph Hennequin de Gannat, dans l’Allier.

 

 

La troupe de théâtre du collège Hennequin, composée cette année de 30 comédiens issus des quatre niveaux de classes, a réalisé un film (un vrai ! en noir et blanc)écrit par Christophe Boutier, professeur documentaliste, « Le temps du maquis» (vendredi 14 juin 2013, centre socio culturel de Gannat). Xavier Bélanger, professeur d’Education musicale, assurera la mise en musique.

Ce film présente la dure réalité de la vie quotidienne et clandestine, au milieu de la forêt,d’hommes et de femmes – les maquisards - remarquablement courageux qui recoururent, au péril de leur vie, à la guérilla pour s’attaquer à la milice du Maréchal Pétain et aux troupes d’occupation allemande.

Ce spectacle entre dans le cadre du projet « Devoir de mémoire », une option du collège menée en classe de 3ème. Les 16 élèves de cette option dirigée par M. Bellet, professeur d'Histoire, présenteront la soirée :

En 1ère partie, un court métrage : Roger VENUAT, résistant dans le maquis de Hérisson (Allier, 03), au collège Joseph Hennequin.

En 2ème partie, la pièce de théâtre, « Le temps du maquis »

ENTREE GRATUITE

  

QUI SUIS-JE ?

Je suis Christophe BOUTIER, professeur documentaliste au collège de Gannat (1 rue Joseph Hennequin. 03800 GANNAT) , dans l’Allier, en Auvergne.

Passionné par la littérature jeunesse, l'écriture, la lecture... j'ai découvert, grâce à ma profession cette littérature - une vraie littérature ! - qui comporte de magnifiques textes. Et derrière des mots adressés, peut-être davantage aux enfants, aux adolescents - quoi qu'un bon texte doit pouvoir être lu par tous sans aucune histoire d'âge ! - se cachent des écrivains adorables, des personnes d'une incroyable richesse humaine, intellectuelle et culturelle, des gens de talent que j'ai/j'ai eu la chance pour certains de côtoyer !

Aujourd'hui, j'éprouve le besoin de partager mon amour des auteurs jeunesse et de leur oeuvre ! je compte également sur vous lecteurs pour faire vivre ce blog, mutualiser nos expériences, nos connaissances, nos réflexions et... débattre.

 
Mon autre BLOG, celui du CDI du collège de GANNAT :
http://www.cdi.gannat.over-blog.com