Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de CHRISTOPHE BOUTIER, professeur documentaliste au collège de St Germain-des-Fossés, dans l'Allier
  • : Blog qui a pour objectif de parler de la littérature jeunesse, des écrivains jeunesse... pour donner le goût de lire aux adolescents. L'objectif est également d'intéresser à la culture. Il s'agit aussi de faire découvrir cette littérature à part entière aux adultes.
  • Contact

Le Vampire Du Cdi

  • Le cédéiste
  • Je suis le "VAMPIRE d'un CDI" auvergnat !

ANECDOTES

Pierre BOTTERO,

le Seigneur des ados !

 

Pierre Bottero était fier d’être un auteur jeunesse - une littérature qui n’a rien à envier en qualité à la littérature « vieillesse. » S’il n’était pas qu’un auteur de fantasy, il faut bien reconnaître que c’est à cette littérature de l’Imaginaire qu’il dût son incroyable succès !

Dès l’enfance, il tombait dans la marmite de la fantasy. Il dévorait Tolkien (Un choc ! S’en suivi, plus tard, l’idée que la fantasy ne pouvait s’écrire que sous la forme d’une trilogie), Zelasny, Farmer, Moorcock, Vinge, Howard… Les grands noms qui allaient lui permettre de devenir l’auteur que nous connaissons. Plus tard, il appréciera les auteurs « jeunesse » tels que Erik L’homme, Hervé Jubert, Fabrice Colin ou Philip Pullman, Eoin Colfer pour ne citer qu’eux. Il n’y a pas de concurrence en littérature jeunesse, les auteurs s’apprécient, se côtoient, se téléphonent, se rencontrent, se parlent, rêvent ensemble d’histoires communes. Ainsi Erik L’Homme et Pierre imaginaient ensemble, « A comme assassins »…

De ses lectures, Pierre Bottero ne devait pas ressortir indemne.

C’est par hasard qu’il se lançait dans l’écriture, pour aider sa fille qui séchait devant un concours d'écriture : il rédigeait quelques pages sur son ordinateur, se piquait au jeu, poursuivait (son épouse réclamait la suite), envoyait le texte à un éditeur qui le publiait... Il était dit qu’il n’arrêterait plu. Marqué à tout jamais par Tolkien, il était évident qu’un jour, il s’essaierait à la fantasy. C’est ainsi que naquirent « La quête d’Ewilan », « Les mondes d’Ewilan » et « Le pacte des Machombres. »

 

 

 

Pierre Bottero se fichait éperdument du cadre dans lequel on allait placer ses romans. Mais pour les « techniciens, l’auteur lui-même évoquait la Low Fantasy. Il s’agit d’une low fantasy - inspirée par ses jeux d'enfant, ses rêves d'adulte, ses lectures et les émotions ressenties au quotidien - dans laquelle existe un équilibre entre le bien et le mal, le courage, la volonté et la détermination où domine le désir de tout ramener à des intérêts individuels (égoïsme forcené, aveuglement quant à la mise en danger des équilibres…). Un parallèle pourrait d’ailleurs être établi entre le chaos décrit et notre monde réel. Mais attention. Les propos de Pierre ne demeurent pas sombres, ils restent optimistes. Pour avancer ! Avec pour personnages principaux des… femmes. Pierre était fondamentalement féministe. Il aimait à dire qu’il y avait moins de « cons » chez elles que chez les hommes. Toutefois, Pierer Bottero n’a jamais cherché à donner des leçons, il se méfiait trop pour cela des « transmetteurs » de valeurs et des donneurs de leçons. Le livre était pour lui un objet de partage.

Ce partage, il l’avait avec sa famille qui appréciait ce qu’il écrivait et qui le rassurait : Claudine, son épouse, ses deux filles lisaient ce qu’il écrivait avant publication.

 

 

 

Lorsque Pierre Bottero était invité dans un salon du livre pour une dédicace, il faisait partie des auteurs les plus demandés (il ne faisait pas bon signer à côté de lui !) : les impressionnantes files d’attentes composées de lecteurs (jeunes et moins… jeunes !) en témoignaient. C’est avec émotion qu’ils recevaient tous les messages de sympathie et… d’amour. Ses livres touchaient, ses histoires permettaient le partage et faisaient rêver, Pierre vivait alors une aventure … magique.

Il avait beau affolé le compteur des ventes, ce qui avait un réel impact sur lui, c’était :  de percevoir la flamme dans les yeux de ses « fans » (euh ! il n’aimait pas le mot), de recevoir leurs avis, de parler avec eux.

Tant d’amour le gonflait à bloc et lui transmettait une énergie positive.

C’est pourquoi, ce succès (qui lui permit d’abandonner son métier d’instituteur) qu’il percevait intensément, à la fois avec bonheur (évidemment !) et tranquillité, lui donnait également un sentiment de responsabilité. Ainsi, s’il savait se montrer reconnaissant envers ceux qui l’avaient aidé à améliorer son écriture (Caroline Westberg, son éditrice chez Rageot), il avait également de la considération pour ce public à qui il devait tant. Quand vous rencontriez Pierre, assis derrière sa table de dédicace, vous aviez le sentiment qu’il n’attendait que vous ! Pierre veillait soigneusement à être proche de son « public », un de ses… bonheurs. Il respectait humainement ses visiteurs et ses lecteurs en leur offrant des histoires dont il voulait qu’elles évitent facilité et démagogie. Il apportait ainsi beaucoup de soin et d’exigences aux corrections, un travail exigeant, vorace en temps et en énergie.

 

L’écriture de Pierre Bottero avec « Le pacte des marchombres » avait atteint une belle maturité. C’est ce que Pierre lui-même soulignait quand il affirmait que « c’est en écrivant qu’on apprend à écrire. » En effet, cette dernière trilogie qui met en scène le personnage d’Ellana est moins légère, plus complexe, que celle de « La quête d’Ewilan » : l’auteur avait eu le sentiment d’avoir grandi, évolué et de s’être trouvé, un sentiment accompagné par le désir de partager encore davantage avec le lecteur. Pierre Bottero était un homme intègre, voilà pourquoi il continue d’être autant aimé. A la lecture de ses trilogies, cette sincérité transpire. Pierre prenait un immense plaisir à écrire, à « rêver », à imaginer le monde (issu d’un vieux rêve de liberté absolue) d’Ewilan, d'Ellana. Il prenait un immense plaisir lorsque d’autres que lui se baladaient dans "ses" mondes. Pierre Bottero écrivait pour être lu mais aussi pour explorer des contrées inconnues (se connaître lui-même ?) et entraîner à sa suite tous ceux qui étaient tentés par l'aventure... Quand il mettait le point final, c’était à la fois une joie (celle d’avoir terminée et d’être satisfait du résultat) et une déchirure (celle de quitter l’univers crée)… Un sentiment d'être coupé d'une part de soi-même avec l’irrésistible envie de replonger très vite.

 

Pierre le « poète » accordait beaucoup d’importance au travail de réflexion qui précède l’écriture. Lorsqu’il attaquait le premier chapitre d’un roman, la trame générale était dans son esprit, il connaissait très bien ses personnages. Ensuite, plongé dans le cœur du roman, il écrivait sans arrêt, du matin au soir, parfois pendant la nuit. Puis, il pouvait ne plus écrire pendant des semaines Enfin, presque car il écrivait toujours… dans sa tête. Quand il n’écrivait pas, il écrivait sans écrire. Pierre était un homme normal qui aimait lire, courir, menuiser, bucheronner, voyager, rencontrer, parler, rêver… et sourire ! Ah, ce sourire !I

L’écriture de Pierre était une écriture « vraie », sans complaisance, une écriture qui venait des tripes, un cadeau offert au lecteur. Il n’était satisfait que si les mots qu’il employait correspondaient réellement à ce qu’il souhaitait écrire. Cette honnêteté, il la devait à ses lecteurs. Pierre était un travailleur qui reprenait, sans cesse, son récit, la cohérence, le fond, la forme… C’est pourquoi il prenait grand soin, malgré les pressions des lecteurs, de ne pas chercher à publier, à tout prix, trop rapidement. Il était persuadé qu’il valait mieux patienter et faire patienter plutôt que de se décevoir et décevoir. Il pendait qu’il fallait laisser le temps à l’histoire de pousser, à son rythme...

 

-------------------

   "Le Loup à la voix de miel"
Marc SEASSAU (Grasset jeunesse)

J’ai fait venir dans le collège où je travaillais alors, l’écrivain Marc Séassau.  La journée fut belle et pleine d’émotion notamment lorsque Marc anima une rencontre à deux voix (j’adore organiser ce genre de rencontres : 2 auteurs face à une classe en même temps !) avec Jean-Côme NOGUES qu’il avait adoré lire lorsqu’il était ado.

Marc Séassau a écrit ce roman « Le loup à la voix de miel » parce qu’il a été marqué par sa convocation comme juré dans une affaire de viol. Dans son récit, il narre l’entrée en 6ème d’une petite fille qui, anonymement, dépose des extraits de « Peau d’âne » dans les poches, de sa « marraine », une élève de 3ème.  L’appel au secours était évident !

Cette rencontre a déclenché un phénomène pour le moins inattendu dont j'ai été le témoin, involontaire : il m'a fallu trois semaines pour comprendre ce qui m’arrivais !

Je trouvais régulièrement par terre, dans le CDI, toujours disposées par deux, des photos représentants des scènes classiques de la vie d'une famille avec une de nos élèves de 6ème (anniversaires...). J'ai évidemment rendu ces photos à l'élève qui, agressive, semblait ne pas comprendre pourquoi je détenais son bien. C'est tout juste si elle acceptait de reconnaître qu'il s'agissait d'elle sur les clichés ! Ces scènes se sont régulièrement reproduites ( trois, quatre fois pendant trois semaines) jusqu'au jour où j'ai eu un déclic  : une seule photo sur le sol évoquant la petite sur les genoux d'un homme. J'ai de suite compris (Peau d’âne !), j'ai alerté l'infirmière, la Principale du collège... Cette élève avait eu l’idée de reproduire ce que l’héroïne du roman faisait.
Voilà ce qu'uns simple rencontre d'écrivain peut entraîner en dehors du plaisir de lire.
Le roman avait libéré la parole de l’élève !


Nous en avons évidemment parlé avec Marc Séassau qui était évidemment KO : comment ne pas l'être ? Il avait écrit ce roman un peu dans un but pédagogique mais quand la réalité dépasse la fiction...

Recherche

PERLES de LECTURE

 Le collège de Gannat

 a voyagé dans le temps !

 

 Après la lecture des romans historiques jeunesse de Béatrice Nicodème....

    321.JPG

« Oyez ! Oyez gente dames et damoiseaux ! Entrez dans le Moyen Age ! » Ainsi s’est écrié le troubadour, jeudi 9 juin 2011, dans la plaine gannatoise : deux cent élèves de 5ème du collège Hennequin et CM2 des écoles du Malcourlet, de Pasteur et de Jean Jaurès ont bravement et « prestement » effectué le « pas sur le côté » pour revêtir leur cotte de maille et ainsi plonger en plein XIVème siècle.

  

284.JPG

  Pour rendre vivant et attractif le Moyen Age, période étudiée en classe et encore largement visible dans la cité des portes occitanes, Gannat, douze comédiens et cascadeurs professionnels de la compagnie toulousaine ARMUTAN, ont chevauché leurs destriers pour répondre à l’olifant de Christophe Boutier, professeur documentaliste, initiateur de cet imposant projet, « Cultures, loisirs et genres de vie au Moyen Age », un projet fédérateur d’énergie d’une année.

  323        

Un campement faits de plusieurs tentes, de peaux de bêtes, de râteliers d’armes, de tonneaux… a été établi dans la partie herbeuse et arborée de l’établissement scolaire. Les écuyers – élèves, aux yeux brillant de plaisir, répartis en six « compagnies » de « routiers » qui répondaient au nom d’un  célèbre homme de guerre, du Guesclin, Prince noir ou bien d’un roi, Philippe Auguste…ont défilé avec leurs bannières dans les sept ateliers pédagogiques pendant six heures.  Ainsi, ils ont été initiés à l’archerie, au maniement des armes, au combat rapproché, à l’héraldique – l’art de faire son blason – à la danse, aux instruments et à la musique, à la jonglerie… Le capitaine « Barbepeste » et ses sbires ont alors conquis la « piétaille » qui après explications et démonstrations, devait mettre en pratique l’enseignement de leurs maîtres…  

   336.JPG

 Les corps fatigués furent réparés par le succulent banquet médiéval régional (tortillons gannatois, galichons d’Escurolles, fromages de chèvres de Bellenaves, Fraises bourbonnaises sur lit de fromage blanc de campagne de Cérilly étaient inscrits sur le très beau papier imprimé à l’ancienne par le moulin Richard de Bas ), pris en musique, et proposé par le chef, Sylvain Bruno. Une projection d’images, capturées dans la matinée, proposées par les élèves de l’atelier image du collège lors du repas, a également ravi les convives.

  287.JPG

En fin d'après-midi, les petits occitans, tout sourire, étaient regroupés pour assister à un spectacle de jongleries burlesques proposées par « Grand mètres Yann »,  à de la poésie lyrique, et à une impressionnante saynète de combats à l’épée accompagnée par la musique du groupe DAYAZELL.

 

Quel bonheur ! Quelle joie d'avoir vu les yeux des enfants pétiller de plaisir ! Quel  moment de vie ! Il ne fait aucun doute que cette journée unanimement saluée comme étant extraordinaire restera gravée dans les mémoires.

  351.JPG Alors, un grand MERCI à tous ceux qui ont participé à la réussite du projet ! Les personnels du collège Hennequin, la mairie de Gannat, les mécènes, les comédiens si sympathiques et bien sûr…les élèves !

 

Pour en savoir davantage :

 

RV sur le blog du collège de Gannat (03),

une 100e de photos...

 

http://cdi.gannat.over-blog.com/

 

    ------------------------------------

 

 

A propos de ce blog !

 

Lu dans « La nouvelle encyclopédie des filles 2011 » de Sonia Feertchak ((Plon)

 

« Le blog passionné et passionnant d’un professeur documentaliste  fou de littérature jeunesse, pour « sourire, rêver, aimer ». Des articles vivants sur la lecture, qui donnent envie de découvrir plein de livres et autant d’auteurs

 

 

-------------------                                                      

A lire, vraiment !




 

 

 

 

 

 

 

 

   

A travers de nombreuses anecdotes Christian Grenier évoque son enfance placée sous le signe du théâtre et de la lecture, son adolescence marquée par l'écriture et la passion. Il relate son parcours d'enseignant, d'auteur mais aussi de lecteur-correcteur, journaliste, scénariste et directeur de collection. Il se penche également sur les mécanismes intimes de l'imaginaire, détaille la genèse de ses oeuvres et fait pénétrer le lecteur dans les coulisses de l'écriture et de l'édition. Enfin il s'interroge sur les principes qui font d'une fiction un récit pour la jeunesse. Regorgeant de confessions, de convictions et de passion, ce témoignage d'une vie consacrée à la littérature jeunesse se lit comme un roman.
 

Archives

Le MOT du JOUR : ......

    "Des millions de gens vivent sans lire, mais ce qu'ils ignorent,

c'est qu'on vit infiniment plus en lisant."

Xavier-Laurent PETIT

  

     318 042 visiteurs 

Je vous livre l'adresse du blog de mon nouveau cdi et collège : http://colllafontaine.over-blog.com/

 

depuis octobre 2009

 

 

12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 11:06

     

Censurer les livres pour enfants  !

Les craintes d'une maman... Lu sur son blog.

 

Très souvent, trop souvent, au beau milieu d'un livre pour enfant d'apparence anodine, je tombe nez à nez avec un dessin, une phrase, qui heurte ma sensibilité d'adulte. Parfois, c'est l'histoire entière qui me laisse un sentiment de malaise.Cela me met même parfois hors de moi. Bien sur, sur le moment, je me contiens et ne laisse rien paraître ; mais j'ai du mal à "lâcher l'affaire" véritablement, à "passer à autre chose"

comme me le demande patiemment mon mari.

 

    Mais qu'ont en tête certains auteurs jeunesse ? Ou alors suis-je moi même une réac-ringarde-décalée qui a besoin de sacrément dépoussiérer ses méninges?

 

    Bon, quand c'est Juliette qui joue avec son chat, lui fait bouffer des corn flakes, le   fait danser, lui cours après quand il se sauve, je lis chaque page, et j'explique à Pomme en quoi Juliette n'est pas gentille avec son chat (qu'elle a reçu à son anniversaire… sans commentaire) et pourquoi il faut respecter les animaux.

 

    Quand c'est Petit Ours Brun qui donne une sacrée fessée à sa poupée en lui disant "Méchante Poupée" car elle refuse de manger sa soupe, je dis qu'il ne faut pas taper, et je tourne vite la page… Je range définitivement le livre hors de portée. L'image reste pourtant gravée en moi. Marquante.

 

    Il m'arrive aussi de changer le texte plutôt que de le lire tel quel et j'ai pu  constater que mon mari avait modifier des mots en mettant du blanc et en réécrivant : il ne supporte pas l'utilisation abusive du "j'adore" que l'on trouve absolument partout !

 

    Ce qui me marque aussi beaucoup, c'est la vulgarité.

 

    Déjà omniprésente dans les livres des plus grands (elle garantie même le succès               de Titeuf), elle fait son apparition dans les ouvrages destinés aux plus petits. J'ai pu en faire le constat hier à la bibliothèque lorsque, en lisant un livre à Pomme, je suis tombée sur cette page :

 

    Recherche faite en rentrant sur ledit livre, il est conseillé par l'éducation nationale. Formidable. Il n'y a plus qu'à dire amen, alors ? Sur la même page, un style "texto", lui aussi très utilisé. Désastreux.

 

    Mais je crois qu'il n'y a plus de limite dans la littérature enfantine. Qu'on peut tout dire, tout écrire. Je l'ai compris il y a bien longtemps, en lisant un livre issu de la bibliothèque de la classe à un élève de moyenne section de maternelle (4 ans).

    Le texte, plus violent encore que l'image, utilisait les termes "trucidaient", "égorgeaient", "exécutaient", etc.

 

    Alors maintenant, chers lecteurs, laissez-moi un commentaire pour me le dire,  que  j'ai tort de m'inquiéter ! Pour me le dire, que j'en fais trop! Que je dois évoluer ! Rassurez-moi en me disant que tout va bien et que je n'ai pas besoin de préserver mes filles de tout ça.

 

    S'il vous-plait !

 

 

Source : Simplementmaman ( vendredi 17 septembre2010 )

 http://simplementmaman.unblog.fr  



Repost 0
12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 11:02


COMMENTAIRES
 

    Je comprends votre sentiment. Il est vrai que les livres il vaut mieux les lire avant  de les présenter aux enfants (ce que vous faites probablement) et sélectionner ce qu’on souhaite leur présenter ou non. Pour le second livre dont vous montrez les images, il se trouve que je l’ai étudié en cours de littérature de jeunesse à l’IUFM. J’ai trouvé ce livre très intéressant car il permet d’expliquer les drames commis par les hommes et envers les hommes (et montre aussi la bêtise des hommes qui s’entre-tuent). De plus il permet de faire des liens avec certaines œuvres artistiques. Par contre, il faut faire attention aux sensibilités de chacun et prendre soin de le présenter à des enfants en âge de l’appréhender.

 

    Je ne pense pas qu’il soit bon de tout cacher aux enfants car notre monde est dur et parfois cruel donc il faut aussi les préparer. Quand je vois le nombre d’enfants qui jouent à la guerre, à faire semblant d’avoir des armes, ça m’effraie beaucoup mais je me dis qu’il vaut mieux qu’ils le vivent virtuellement et à travers les livres et que je prenne le temps de leur faire comprendre le respect des autres et l’importance de la discussion et des échanges plutôt que la violence.

 

( Callista – 17 septembre 2010 )

 

    Bonjour,

 

    Je lis votre blog avec attention depuis quelques temps et y trouve beaucoup de sujets de réflexions et de pensées qui font parfois écho aux miennes.

 

    Je suis maman d’une demoiselle de 3 ans et d’un jeune monsieur de 11 mois. Mais je suis aussi libraire, et forcément votre message m’a interpellée. Juste envie de vous dire que oui, il y a de tout en littérature jeunesse, que "Juliette" et "Petit ours brun" sont loin d’en être les meilleurs représentants mais que non, il ne faut surtout pas censurer. Ces livres sont le reflet de la vie, sont pour certains de œuvres d’art et pour d’autres dignes de peu d’intérêt. Mais il me semble être essentiel de laisser les enfants libre aussi dans ce domaine d’expérimenter, de tester, de découvrir, d’appréhender différents univers, d’aborder des façons d’écrire et d’illustrer différentes… c’est ainsi qu’ils apprendront peu à peu à reconnaître ce qu’ils aiment et à se forger un sens critique. De plus, certaines images ou textes peuvent être choquants au regard de votre vécu mais peuvent aussi ouvrir une discussion sur des sujets certes difficiles mais qu’il est parfois nécessaire d’aborder. A nous parents de juger si l’enfant est prêt ou non pour une discussion sur la guerre ou la maltraitance, mais ne leur enlevons pas un livre des mains parce qu’il ne correspond pas à notre vision des choses ou notre sens artistique. Faites leur confiance !

 

    Je vous souhaite en tout cas plein de bonheur à la maison (et à la bibliothèque) avec Pomme.

 

( Sihaya – 17 septembre 2010  )

 

    Callista, oui en général, je lis les livres avant de les lire aux filles. Sauf à la bibliothèque où je les laisse feuilleter et m’apporter ceux qu’elles veulent que je lise à haute voix. Cependant, concernant celui dont j’ai mis l’extrait, je le trouve complètement inadapté à l’école maternelle !

 

    Sihaya, libraire, quel régal! Bien que ce soit un métier bien difficile. Je suis complètement  d’accord avec vous, mon but n’est pas de censurer, juste de… faire un tri préalable pour leur mettre entre les mains des livres adaptés à leur tranche d’âge, même s’ils ne me plaisent pas à moi.

 

    Quand je lis "Juliette" ou d’autres héros enfantins, je ne retrouve pas les émotions d’enfants mais plutôt des projections d’adultes, des interprétations souvent erronées de leurs sentiments. Les héros d’aujourd’hui ne sont plus les modèles de perfection qu’étaient les héros d’hier (parfaite petite Martine, qui a fait rêver plusieurs générations de petites filles!). Pour le moment, elle me semble bien petite. Mais par la suite, il est bien probable que je leur laisse la liberté de choix (sauf peut être pour Titeuf, qui n’entrera pas chez nous!).

 

    Merci pour vos commentaires. Il faut que j’arrive à prendre du recul. Pomme m’y aidera probablement en grandissant!

 

( simplementmaman – 17 septembre 2010  )

 

    Bonjour, je suis tout à fait d’accord avec vous. Mon fils n’a que deux ans et pourtant je fais  déjà attention aux livres que je lui lit. Il ne faut pas croire que le livre est moins brutal qu’un film, l’imagination d’un enfant est immense. Comme une image, un mot peut -être mal interprété par un enfant. Et selon nos croyances et nos principes, on fait forcément le tri. J’ai ce même problème avec les "J’adore"

 

( Morjana – 17 septembre 2010 )

 

    La violence semble omniprésente. Éclatante à la télévision, elle prend des tournures plus sournoises dans nos relations mondaines où l’agressivité tend parfois à devenir la norme comportementale. Pourtant, il existe de très nombreuses micro-société (familiales, associatives, etc) dans lesquelles elle ne semble pas avoir prise. Bien sûr, elle n’est pas ignorée. On sait qu’elle existe. Mais elle ne tisse pas les relations quotidiennes. A quand des reportages sur ces micro-sociétés ?

    Notre vision du monde est souvent façonnée par la puissance médiatique. Quel temps ou  intérêt lui accordons-nous chaque jour ? alors que ces précieuses minutes pourraient servir à construire, simplement là où nous sommes, un monde qui exprime le meilleur de l’homme.

 

    Qu’apprenons-nous de profond devant cet écran “captivant” qui puisse nous inciter à réveiller notre enthousiasme pour la vie, lorsque nous absorbons virtuellement des torrents d’hémoglobine ?

 

    S’il suffisait de regarder à la télévision de tristes événements pour avoir automa-tiquement la soif de construire un autre monde, cela se saurait, cela se verrait. Mais tous les soirs, on revient au "20 heures" pour s’abreuver des mêmes événements morbides qui n’embellissent pas le monde. Voir la violence, ne nous rend donc pas plus forts pour construire la Vie. Cela détruit souvent comme on peut le constater dans les sociétés dont c’est malheureusement la norme comportementale.

 

    Or, si demain nous voulons contribuer à apaiser un peu ce monde, il importe d’offrir à nos enfants un environnement qui leur permette de développer une personnalité qui ne fléchira pas sous les assauts de l’agressivité parce qu’elle aura autant confiance en elle que dans la vie. L’homme construit autant son malheur que son bonheur. Les énergies que les enfants portent en eux deviennent maladives lorsqu’elles absorbent le poison de la violence. Mais, lorsqu’elles sont accompagnées par un environnement qui leur permet de les déployer sereinement, ces énergies contribuent petit à petit à construire le monde. Je suis toujours frappée de voir le déchainement dans les cours de récréation. Les enfants passent d’une position "universitaire" à une position de "petit barbare". Comme quoi une certaine forme d’éducation universitaire n’est pas incompatible avec un certain raffinement barbare.  Les énergies "atomiques" que possèdent les enfants sont créatrices lorsque leur dynamique n’est pas court-circuitée par un environnement qui ne tient  pas compte de leurs capacités physiques et psychiques. L’enfant est un être ultra-mobile. L’immo-bilisme le conduit inévitablement à des comportements agressifs et destructeurs si nous ne leur permettons pas un déploiement actif autant libre qu’ordonné.

 

    Tôt ou tard chacun est confronté à l’une ou l’autre des facettes que peut prendre la violence dans le monde. Mais, notre réceptivité ou notre indépendance vis-vis de ces comportements dépendra de l’état intérieur que notre personnalité aura conquis au fil des expériences. Avec une certaine maturité on peut certainement lire des récits violents sans en subir trop l’influence. Mais, jamais un livre “violent” ne viendra nous apprendre à vivre en paix, à construire la paix. Alors que peut vraiment gagner l’âme d’un enfant à apprivoiser, grâce aux livres, l’agressivité d’un monde adulte qui prend plaisir à se désintégrer?

 

( Saint Germain – 18 septembre 2010 )

 

    Nos passages à la bibliothèque me font penser à ta réaction. J’ai aussi des attentes par  rapport à un livre pour enfant (de l’âge 0-3ans). Après je pense aux besoins de ma fille, quel est-il à son âge ?

 

    Pour moi ce n’est pas parce qu’un bouquin existe et que la bibliothécaire l’a placé  dans le  rayon 0-3 ans que je vais m’y précipiter, on a nous aussi le droit d’exercer notre sens critique. C’est pareil, pour moi, pour la nourriture, il y a des tas de choses en supermarché ce n’est pas pour cela qu’on va remplir le chariot de cochonneries. Pour parler franc, je crois que beaucoup de parents font de la censure sur les livres plus ou moins consciemment, je ne vois pas de différence entre la censure et dire à son enfant de laisser tomber le bouquin qu’il va prendre pour lui dire "Viens regarde un livre sur les princesses" ou "faire un tri préalable pour leur mettre entre les mains des livres adaptés à leur tranche d’âge" ou orienter un enfant vers un autre type de livre ne serait-ce qu’en achetant des livres pour garnir la bibliothèque familiale; dès qu’il y a choix du parent il y a censure car contrôle (pourquoi ce livre et pas un autre). C’est tout simplement un choix éducatif. Dans notre bibliothèque familiale, il y a des bouquins que j’ai choisis en fonction des intérêts d’Elina mais en bibliothèque c’est accès libre à tous les livres, elle va où ses pas la mènent et elle me pose des questions sur ce qu’elle voit ou ne comprend pas et c’est vrai que ça donne lieu à des discussions intéressantes.

 

( petite ecole d'elina – 19 septembre 2010  )

 

    Désolée, mais je ne dirais pas que vous avez tort mais j'irais plutôt dans votre sens ! Ma  fille a reçu un "Petit ours brun" cette semaine que j’ai déjà censuré. Dans Petit Ours Brun fait une bêtise, il découvre le crayon et le dessin sur plan vertical en dessinant sur les murs  et la porte de la maison, la dernière phrase du livre est : "Maman Ours se fâche vraiment : Alors ça, Petit ours brun c’est la fessée !"

 

- Stépahnei – 19 septembre 2010 )

 

Oulala, que tu es courageuse ! Je crois que tu fréquenteras de moins en moins la bibliotheque. Après, pour les lecteurs, les textes des livres sont épurés et remaniés, tu as du mal à trouver des textes intégraux, ce sont des adaptations. Je suis de plus en plus EMMAUS pour trouver de bons livres.

 

    Bon je manque totalement d’enthousiasme.

 

( zelie – 19 septembre 2010 )

 

    Je partage votre avis et je sélectionne quand j’achète, j’oriente parfois à la bibliothèque et il est arrivé que je supprime des livres arrivés chez nous (cadeaux, dons). Maintenant que ma fille a 3 ans, j’ai cependant vu mes critères de sélection à la baisse, notamment en terme de graphisme et de réalisme, en voyant le succès auprès de ma fille de certains livres que je n’aimais pas mais qui, à l’usage, n’étaient pas perturbant non plus.

 

    Par contre pour un tout-petit petit, je reste persuadée de l’importance du réalisme et d’un graphisme de qualité, en variant les styles de graphisme et en évitant une trop grande dérive du livre vers le jouet - OK pour un livre "à toucher" de temps en temps mais les tirettes, les livres en plastique pour le bain, les livres-doudous, les pop-up etc. ne doivent pas prendre la place de "livres à pages", il y a déjà tellement à découvrir selon le format, l’épaisseur des pages, les couleurs etc).

    Actuellement, j’essaie de me focaliser sur ce qui me parait le plus important pour son âge : les valeurs (difficile à expliquer mais si qqch me choque dans une histoire, pour l’instant, j’évite), la grammaire, le vocabulaire (pas de mots inventés ou imprécis par rapport à l’image), un minimum de logique, un niveau de complexité qui puisse être appréhendé par le lecteur. Pour revenir sur les valeurs, oui, moi ça me choque de voir Petit Ours Brun peindre sur les murs, Mimi CraCra faire 1001 expériences sans jamais réparer les éventuels dégats qui ne sont de toute façon même pas évoqués, Juliette se disputer avec sa copine de façon primaire sans qu’il soit donné la moindre piste de résolution de disputes. Avant ça m’ennuyait aussi que des crocodiles, des petits lapins ou des créatures imaginées (style "Tchoupi") se comportent comme des humains ou presque. Mais, à partir de 2/3 ans, j’ai laissé passer, avec en parallèle des photos, des dessins réalistes d’animaux. Mais bon, j’ai souvent des questions du type "Maman, il est content le poulet quand il est dans le four ? Il a bien chaud ? Et est-ce que ça lui fait mal quand tu le coupe ?" et là, je me dis que de faire le distingo réél/imaginaire reste important . Ce que j’aime, c’est quand nous trouvons un livre en rapport avec ce que ma fille peut vivre (la saison, une sortie piscine, une activité, une émotion).

 

    Enfin, je trouve que s’il y a bien un travail de sélection à faire, il reste tout de même du choix et que le plus important, c’est d’avoir un moment d’échange autour du livre.

 

( Gwenn – 21 septembre 2010 )

 

 

 

http://simplementmaman.unblog.fr  

Repost 0
11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 10:00

 

Silence, on irradie ! - Christophe Léon

 

L’histoire :

Un village à l'abri d'une centrale nucléaire. Sven se baigne en catimini dans le lac qui borde la centrale, l'eau y est très chaude malgré l'hiver. Un jour une explosion pétrifie tout. Sven, sa petite soeur Siloé et Grégoras, débile léger, survivent. Lorsque des chars, des hommes vêtus de combinaisons blanches arpentent le village à la recherche de survivants, les trois enfants se terrent. Ils restent au village, seuls.

Thème : Anticipation / Sensibilisation au nucléaire et aux problèmes qu'il pose dans nos sociétés actuelles. Un message anti-nucléaire, une dénonciation de la volonté des pouvoirs publics de maîtriser la communication pour taire la catastrophe.

Commentaire :

A lire pour réfléchir et… débattre. La douce vie au sein d’un village, un lac artificiel dans le quel on se baigne, un belle forêt de résineux… Une centrale nucléaire qui fait vivre la population et qui va faire … mourir la population de toute une région !
Le lecteur est plongé dans une description réaliste, saisissante, terrible et provocante de l’univers du nucléaire avec l’explosion d’une centrale (celle de Tchernobyl ?). Et l’on suit avec angoisse le destin particulier des personnages plongés dans une innommable tragédie.

Ce court récit fait froid dans le dos ! Toutefois, la justesse de l’écriture, le suspense, l’humour, la finesse des relations, la grande tendresse portée aux personnages et à leurs sentiments (font que l’on ne peut quitter ce livre une fois entamée la lecture, qui s’achève sur une fin ouverte, glaçante…

Repost 0
11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 09:23

 

 Brigitte, quelle est la phrase qui te pose le plus de souci dans l’écriture ? L’incipit ?

 

     C’est en effet l’une des phrases difficiles, mais pas la seule ! Il faut l’écrire d’abord pour que les autres puissent suivre et puis la réécrire à la fin car, quand tout est fini, elle parait souvent maladroite. La dernière phrase n’est pas facile non plus !

 

·         Quel style préfères-tu ? style indirect libre… « je » ou « il »…

     

    « Je » est plus contraignant, surtout quand il s’agit d’un journal et que l’héroïne a donc déjà vécu ce qu’elle raconte. L’effet de surprise, le suspense sont plus difficiles à manier. Et l’intimité de l’auteur avec son personnage n’en est pas plus forte pour autant. J’ai passé un long moment avec Thomas et sa peur, tout en disant « il » au chapitre 7 des morsures de la nuit, le soir du lancer de couteaux, lorsque Thomas entend les lames siffler autour de lui. Ce fut un moment très fort (et facile à écrire alors que je m’attendais au contraire !), inoubliable pour moi.

      En fait, il est possible que ma pudeur m’empêche d’être tout à fait à l’aise avec le « je ».

 

·         As-tu la plume facile ? Où est-ce laborieux ? Te faut-il raturer beaucoup ?

    

      Je n’ai pas la plume facile. Je n’écris pas vite et je reviens longuement sur les phrases. Mais il y a aussi des moments de bonheur où ça coule tout seul. J’envie ceux qui écrivent 30 000 signes par jour, sans ratures. Moi, il me faut une semaine.

 

·         Comment définirais-tu ton style ?

      

         Imagé, souple. Elégant ?

 

·         Combien dure la phase avant l’écriture (recherches…) ? Et la phase d’écriture ? Combien écris-tu de livres par an ?

 

      Écrire deux romans par an est pour moi un maximum. Comme je suis aussi écrivain de documentaires, l’idéal est d’alterner. Car le documentaire, qui exige davantage de recherches, de connaissances, me permet d’évacuer la charge émotionnelle que j’ai accumulée en écrivant un roman. À propos des recherches : pour le roman, je les fais en amont, pour être sûre que la réalité historique colle avec mon scénario et aussi en cours d’écriture, quand c’est nécessaire. Et elles nourrissent parfois l’intrigue, par petites touches.

     Et puis, à mesure que s’approfondit ma connaissance historique, les recherches s’allègent…

 

·         Quelle phase préfères-tu ? La recherche des idées ? l’écriture ?

   

      Les deux sont liés. Après les premières idées, la suite du scénario vient souvent en écrivant. L’écriture est pour moi le plus difficile, mais aussi passionnant et fécond.

 

·         Quel place a le mot dans tes romans ? Le vocabulaire est-il très important pour toi ?

 

      Très important. Il m’est arrivé de me réveiller la nuit car je n’avais pas choisi le bon adjectif pour qualifier quelque chose. Parfois, alors que je ne suis pas devant mon ordinateur,  des phrases s’imposent à moi d’un seul coup. Alors je lâche tout pour les écrire, sinon elles s’envolent

 

·         Fais-tu attention à la longueur de tes phrases ? Pierre Bottero faisait des phrases courtes ; parfois, il ne les finissait pas pour laisser le soin au lecteur d’imaginer, de rêver et donc de les terminer lui-même.

 

       Des phrases courtes sont indispensables pour tenir le lecteur en haleine et puis parfois une ou deux phrases plus longues pour décrire une atmosphère et la laisser reprendre son souffle.  Personnellement, je finis mes phrases mais c’est souvent la fin du livre que je laisse entrouverte

 

·         Qu’est-ce qui fait que pour toi, une phrase est bonne ?

 

    Question difficile et réponses multiples : quand elle est belle à entendre, quand elle se glisse au milieu des autres sans en écorcher le flux, quand elle claque, quand on a les yeux qui piquent après l’avoir lue, quand elle a un beau rythme…

 

·         Utilises-tu beaucoup de documentation ?

     Moins maintenant que par le passé. Je sais mieux chercher, je trouve plus vite et parfois, quand je ne trouve pas, je me débrouille autrement… Cela fait 30 ans que je suis immergée dans le Moyen âge et la Renaissance, j’ai acquis et assimilé des connaissances qui me servent à bien des étapes de l’écriture et je sais qu’il y a encore des milliers d’aspects que j’ignore et autant de nouveaux angles d’approche à explorer.

Repost 0
10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 10:23

L'auteur aujourd'hui

 

 

"         Lorris, comment se situe l'auteur aujourd'hui par rapport à l'auteur des débuts ? Y a‑t‑il une différence (style, pensée, méthode…)

 

            Rien que cette question pourrait mériter de longs développements. Je vais me contenter de dire qu’écrire est pour moi un métier et qu’un métier s’apprend. Donc, oui, tout est différent.  J’ai changé, le monde aussi a changé. J’ai commencé sur une machine mécanique, j’ai poursuivi sur une machine électrique, maintenant je tape sur un ordinateur. Le rapport au texte s’est modifié. Les stratégies d’écriture également. Dans le même temps, je suis passé du monde de Woodstock à celui de Jérôme Kerviel. J’ai progressé mais j’ai perdu mes illusions, y compris à mon sujet. Plus on progresse, mieux on perçoit ses insuffisances. Ce n’est pas grave. L’important, c’est le mouvement.

  

"         Quelle est ta définition de l'auteur jeunesse ? En es‑tu un ?

           

            C’est quelqu’un qui est suffisamment vieux pour envisager de s’adresser à de jeunes lecteurs. Et je suis en effet suffisamment vieux à mon goût. Mais, dans des moments de régression, il m’arrive encore de m’adresser à de vieux lecteurs.

 

 L'écriture :

 

"         Pourquoi écris‑tu ? Est‑ce quelque chose de facile à expliquer ?

 

            Très facile. Pour gagner de l’argent. What else ?

 

"         C'est quoi être écrivain ? Ecrire c'est quoi ?

 

            C’est, comme dirait Stephen King, aller à la mare où tous nous allons boire. Après... ma foi, il s’agit d’organiser ses pensées en vue de créer de la fiction. La question est de savoir pourquoi certains le font et d’autres non. Je l’ignore et, si je le savais, je ne le dirais pas. Il me semble que nous sommes déjà beaucoup trop nombreux à le faire. Nous n’avons pas tous les mêmes besoins. Certains n’ont pas besoin d’engendrer des extensions d’eux-mêmes. Leur propre personne les emplit en entier et cela leur suffit. Je ne peux rien pour eux.

  

"         Que penses‑tu des écoles américaines dans lesquelles on peut apprendre à écrire ? En France, elles n'existent pas. Quel écrivain es‑tu ?

 

            Ces écoles ou workshops sont censées donner à l’auteur des outils, lui apprendre des techniques. Il est clair que les écrivains anglo-saxons sont dans ce domaine remarquablement armés (et les nôtres gravement déficients). Le risque est bien sûr celui de l’uniformité. Les techniques employées sont standardisées, donc repérables. Elles permettent d’être à peu près bon même quand on est mauvais. Les mauvais auteurs français sont vraiment mauvais. C’est l’une des raisons de notre supériorité. L’idéal serait d’apprendre puis d’oublier. Moi, j’ai appris sur le tas, en écrivant de mauvais livres.

  

"         Arthur Ténor parle de lui comme étant un " explorateur de l'imaginaire. " As‑tu une formule pour te caractériser ?

 

            Arthur est un garçon très courageux et je suis convaincu que sa quête sera finalement couronnée de succès. Je ne suis, pour ma part, qu’un modeste artisan en chambre.

  

"         L'écriture a‑t‑elle toujours été en toi ou est‑ce quelque chose qui est arrivé tardivement dans ta vie ? Il y a t‑il eu un élément déclencheur ?

 

            Désolé, je ne me souviens pas du nom de la fée. Donc, ce devait être plus tard. L’élément déclencheur ? Probablement l’ennui. L’ennui est un puissant moteur, trop souvent négligé de nos jours. Le désoeuvrement, qui libère l’esprit, passe pour l’ennemi de la société. Mais sans doute craint-on surtout les “explorations de l’imaginaire”.

  

"         Pour qui écris‑tu ? A moins que ce ne soit pour un public ? Pour être lu ?

 

            Oui, pour être lu. Je ne me fatiguerais pas à écrire pour mon propre compte. Les histoires qu’on n’écrit pas sont les plus belles. Si on se résoud à les écrire quand même, c’est bien pour qu’elles parviennent à un lecteur. Au moins un.

 

 "         Le public/l'éditeur t'ont‑ils influencé à un moment donné ?

 

            Les éditeurs sont une inépuisable source d’inspiration. L’un d’eux, par exemple, m’a fait écrire l’Iliade et l’Odyssée. Deux excellents livres.

 

 "         Cette fameuse imagination, d'où vient‑elle ? De quoi t'inspires‑tu ?

 

            D’Homère. Je veux dire, en l’occurrence. Le reste du temps, c’est plus compliqué. Il faut savoir chercher. Mais ça va, j’ai des tas d’autres bons livres à la maison.

 

 "         Comment procèdes‑tu pour écrire ? Un plan ? des carnets ?

 

            Je déverse tout ce qui me vient et, après, je m’efforce d’organiser. De ce point de vue, l’ordinateur est très supérieur au carnet, dont les pages se déplacent difficilement. Enfin, oui, j’ai besoin d’un plan à peu près complet. Il est très désagréable de se rendre compte soudain qu’on ne sait pas où on va. Je suis un piètre improvisateur.       

  

"         A quel moment de la journée écris‑tu ? Avec quoi ? Une heure précise ?

As‑t besoin d'isolement ?

 

            J’écris uniquement la nuit, avec résignation. Le signal de départ est une forme d’angoisse qui m’instruit que la journée écoulée menace de n’avoir servi à rien. Les journées inutiles de ma vie pourraient ou auraient pu, je pense, composer une très belle oeuvre. La nuit isole, en effet. Sauf chez moi, où les créatures nocturnes se sont multipliées au fil du temps. Les enfants ne veulent plus aller se coucher.

 

 "         Qui te lis en 1er ? Un proche ? Pourquoi ?

 

            Ma femme, en qui j’ai toute confiance. Elle sait par exemple qu’on écrit “qui te lit” et non “qui te lis”. C’est précieux. Sauf récemment, car elle était trop occupée. Du coup, je n’ai plus de premier lecteur. Et rien ne prouve que j’en aurai un second.

  

"         Qu'aimerais‑tu écrire ? un sujet que tu n'as pas abordé et qui te taraude ? un genre ?

 

            J’aimerais beaucoup écrire un bon livre mais je ne sais pas si ce sera possible. Sinon, j’ai déjà abordé la plupart des genres. Mais pas la plupart des sujets, à la réflexion. En fait, ce qui me plairait, ce serait d’écrire ce que je ne sais pas écrire. Par exemple un roman plein de suspense avec une énigme dont la résolution laisserait le lecteur pantois. Ces temps-ci, j’essaie d’émouvoir. C’est nouveau chez moi. On vieillit.

  

"         Ecrire à 4 mains cela te tente‑t‑il ?

 

            Oui, je l’ai déjà fait, à quatre et même à six. Écrire avec les mains des autres est très agréable. Reposant, pour tout dire.

  

"         Est‑il facile de vivre de sa plume ? Exerces‑tu un autre métier ?

 

            J’ai toujours réussi jusqu’à présent à vivre de ma plume. Mais c’est aussi, je crois, ce que disait Zizi Jeanmaire. Tout dépend donc de l’endroit où on se place. Sinon, je suis cuisinier à domicile pour une famille de six personnes. Mon meilleur emploi, d’après certains.

  

"         Qualités et défauts de l'Homme ? qui rejaillissent sur l'écrivain ?

 

            De l’avis général, l’Homme est charmant (mais ça n’engage que lui). Bien sûr, il a aussi ses défauts. Ainsi, un certain manque d’ardeur à la tâche qui rejaillit de façon flagrante sur l’écrivain -lequel s’en plaint, vous vous en doutez. Les relations entre les deux n’en demeurent pas moins courtoises.

 

Tes personnages :

 

"         Comment crées‑tu tes personnages ?

 

            Aucune idée. A priori, ils sont au service de l’histoire, mais il se peut que l’ordre des facteurs s’inverse. On les crée pour jouer un rôle puis...

  

"         Est‑ce que ce sont tes personnages qui te mènent ? Par exemple, peuvent‑ils te faire changer de voie en cours d'écriture ?

 

            ... puis voilà. Si tout va bien, ils prennent de la consistance. À ce moment-là, oui, ils peuvent dominer les événements. Certaines choses prévues deviennent impossibles. D’autres s’imposent. Dans certains de mes romans, les personnages sont des pions (on me le reproche parfois). L’oeuvre ultime, dans ce registre, est “La Ville est un échiquier” de John Brunner. Chaque personnage incarne une pièce dans une partie d’échecs ayant réellement été jouée. Et son destin suit celui de la pièce. Quand elle est capturée dans le jeu, il meurt dans l’histoire. Très fort.

  

"         Qu'aimes‑tu le plus dans la création du personnage ? L'aspect psychologique ?

 

            J’ai écrit un roman en compagnie de ma soeur Marie-Aude (“L’Expérienceur”). Un jour, elle m’a dit à propos du personnage central de l’histoire: “Il sera beau. Je ne suis pas maso.” Pour moi, c’était une perception très étrange du problème. Tout à fait nouvelle. Non, je crois que je m’intéresse surtout à la dynamique générale. Dans “Ce que disent les nuages”, les personnages sont soumis au principe de synchronicité de Carl Jung (un cas unique en littérature jeunesse, je présume). Leur latitude en est très restreinte. Cela ne plaît pas à tout le monde. Mais vous avez raison, je vais me mettre à travailler la psychologie.

  

"         Quel est le personnage que tu as crée et qui t'a posé le plus de souci Pourquoi ?

 

            Je n’ai pas le souvenir que les problèmes rencontrés aient pu venir de là. La source des ennuis, c’est toujours la construction, l’enchaînement des événements. Si ça, ça va, le reste va. Chez moi, cela se confirme, les personnages suivent, ils ne précédent pas.

 

 "         Quel personnage de papier que tu as inventé aimes‑tu le plus ?

 

            Je ne sais pas. Curieusement, je me suis toujours davantage attaché aux personnes réelles.

  

Les lieux :

 

"         Comment t'inspires‑tu pour créer un lieu ? Une atmosphère ?

 

            Quand je n’ai pas de bases solides, je suis plutôt impressionniste. Je disperse des petites touches en espérant que le lecteur verra quelque chose - ce qu’il voudra car je n’ai pas forcément l’image moi-même. Sinon (voir plus bas), si je désire composer un tableau plus net, je vais en effet recourir à des éléments documentaires.

  

"         Te rends‑tu sur place ? Visites‑tu beaucoup ?

 

            Non. Enfin, les lieux sont souvent imaginaires, parfois situés dans le passé ou le futur. La visite en est difficile. Puis les romans sont différents. Chacun a ses exigences. Quand je raconte la Libération de Paris (“les Semelles de bois”), je m’appuie sur une documentation abondante, je m’efforce que chaque détail soit exact (y compris la météo par exemple). Je préfère en tout cas la documentation livresque à la visite. Mais parfois, une visite s’impose. Dans “Ce que disent les nuages”, il y a des éléments précis et vérifiés sur le Jardin des Plantes. En revanche, quand j’expédie un peu plus tard mes personnages au Jardin d’Eden ou Paradis terrestre, je propose une description beaucoup moins scrupuleuse (les lieux sont actuellement fermés).  Et la Genèse reste très évasive, probablement pour que François-Marie Banier ne puisse pas localiser l’endroit.

  

"         Est‑il facile de partir de rien ou de ce que l'on connaît ?

 

            La question ne se pose pas en ces termes. Pour écrire Blanche-Ebène (l’Afrique au XIXème siècle), j’ai lu et analysé des milliers de pages. Ce n’était pas facile, c’était nécessaire. Actuellement, pour un autre roman, je retourne en Afrique mais il s’agit d’une Afrique uchronique. Même époque présumée mais niveau de développement différent. C’est, si l’on veut, une uchronie steampunk, avec la naissance des technologies nouvelles. Je suis donc libre de mes choix : je décris un pays qui n’a jamais vraiment existé. Je ne m’en documente pas moins sur la flore, la faune, les traditions locales etc. Ensuite, j’en fais ce que je veux. Mais j’ai besoin de savoir. Par ailleurs, je pense qu’on ne part jamais de rien. Il n’y a pas d’imaginaire pur. Tout n’est que recyclage.

Repost 0
Published by Le cédéiste - dans INTERVIEWS du Cédéiste
commenter cet article
10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 10:21

Le style, la phrase, le mot…

 

"         Quelle est la phrase qui te pose le plus de souci dans l'écriture ? L'incipit ?

 

            Le moment du livre le plus difficile à traiter, est-ce le sens de la question ? Terminer. Toujours terminer. Mon débit ralentit vers la fin. Les angoisses prennent le dessus. Un livre qui s’achève, ce sont les ennuis qui commencent. Le faire lire, le vendre...

 

 "         Quel style préfères‑tu ? style indirect libre… " je " ou " il "…

 

            Cela peut paraître curieux mais je n’ai jamais le sentiment d’opérer ce choix. Il s’impose tout seul et n’est a priori jamais remis en cause consciemment. Plus étrange encore, je pense que si on me présentait un série de livres que j’ai écrits, je serais incapable de dire lesquels sont rédigés à la première personne, lesquels à la troisième. Pas sans réfléchir en tout cas. Cela se fond dans la masse, cela appartient à la matière romanesque, comme la paille au mur. Très vite, je ne perçois plus si le style est ceci ou cela. Il m’arrive même de devoir me référer à mon propre texte en cours d’écriture pour vérifier ce qu’il en est.

 

 "         As‑tu la plume facile ? Où est‑ce laborieux ? Te faut‑il raturer beaucoup ?

 

            C’est lent et méthodique plutôt que laborieux. Il y a dans laborieux une idée de travail qui ne me correspond pas. Je ne rature plus depuis que j’ai un ordinateur (seuls les Belges mettent encore du Tipp-ex sur leur écran). Et je corrige très peu. Vous pourriez en déduire que je suis excellent. C’est une hypothèse. La vérité est que j’ai recours à une méthode très particulière. Je préfère réfléchir avant d’écrire plutôt qu’après. Je suis un vrai paresseux. Or, cette méthode est la plus économique. Elle est d’ailleurs l’héritage du temps où j’écrivais sur une machine dépourvue de processeur. Il fallait alors corriger à la main ou bien, si possible, taper à nouveau, “au propre”. Il valait donc mieux faire attention à l’endroit où le doigt allait frapper. J’ai gardé cette habitude. Écrire quelque chose qui ne me convient pas en me disant que je pourrai toujours y revenir plus tard me trouble. Sage précaution car, en général, je n’y reviens pas.

  

"         Comment définirais‑tu ton style ?

 

            Il est ce que les Anglo-saxons appellent “versatile”. Je m’empresse de préciser que ce terme, en anglais, n’est pas aussi péjoratif qu’en français. Je suis une créature adaptative. Un livre, un style. L’unité se fait ailleurs. Par exemple, il paraît que je suis un écrivain de science-fiction même quand j’écris des romans d’amour. Puis, derrière le style, il y a le ton. L’important est là. Le ton traduit la vision du monde. Dans mon cas, un mélange de détachement et de désespoir, enrobé de sarcasme. On ne devrait pas donner des choses pareilles à lire aux enfants.

 

 

"         Combien dure la phase avant l'écriture (recherches…) ? Et la phase d'écriture ? Combien écris‑tu de livres par an ?

 

            Je n’ai pas encore eu recours à la réponse qu’à peu près toutes les questions du monde me paraissent pourtant appeler : ça dépend. Ça dépend est d’une universalité magnifique. Il y a des livres longs et des livres courts, vous comprenez, des livres compliqués et... bon, les autres aussi, mais il est parfois possible d’abréger leurs souffrances. Ma seule certitude est que je pourrais faire plus et mieux. Mais à quoi ça m’avancerait, franchement ?

 

"         Quelle phase préfères‑tu ? La recherche des idées ? l'écriture ?

 

            Le moment où j’ai une vision globale de l’affaire, où tous les éléments se mettent en place. Ce peut être un moment de pure extase, une expérience quasi mystique. On croit qu’on n’a rien fait et, soudain, le livre est là. Il ne reste plus qu’à l’écrire. C’est un peu comme quand vous marchez vers l’horizon et que, tout à coup, ça y est, vous y êtes (méfiez-vous, il y a un gouffre très profond de l’autre côté).

  

"         Quel place a le mot dans tes romans ? Le vocabulaire est‑il très important pour toi ?

 

            Quand on demande à Stephen King (mon maître à penser, on l’aura compris) comment il écrit, il répond : un mot après l’autre. Je ne me demande donc pas quelle place a le mot dans mes romans mais à quelle place y mettre les mots. Le vocabulaire est évidemment très important. Je vous le dis tout net. Sans lui, nous autres écrivains ne serions rien.

 

 

"         Fais‑tu attention à la longueur de tes phrases ? Pierre Bottero faisait des phrases courtes ; parfois, il ne les finissait pas pour laisser le soin au lecteur d'imaginer, de rêver et donc de les terminer lui‑même.

 

            J’ai eu l’occasion d’admettre que j’étais paresseux mais il y a des limites. J’ai toujours pris soin de terminer mes phrases. Et il m’arrive même d’en écrire de longues car je n’éprouve que mépris pour les fainéants sans panache.

 

"         Qu'est‑ce qui fait que pour toi, une phrase est bonne ?

 

            Quand je parviens à comprendre ce que j’ai écrit en me relisant, je considère cela comme un signe encourageant. Par ailleurs, une bonne phrase est une phrase que le lecteur ne peut compléter mentalement de lui-même avant d’en avoir achevé la lecture. Voilà pourquoi le choix et la place des mots sont importants. Dans un bon polar, on ne doit pas deviner tout de suite l’identité de l’assassin. Dans une bonne phrase, on ne doit pas sentir venir immédiatement le verbe (les lecteurs allemands doivent être plus patients que les autres). Ni l’image. Etc.

 

 "         Utilises‑tu beaucoup de documentation ?

 

            Je crois avoir déjà abordé cette question. Je rappelle que la réponse est oui (sauf contre-indication).

 

 

La littérature :

 

"         La littérature c'est quoi ? Cela sous entend que tout ne serait pas littérature…

            Je pense qu’en effet tout n’est pas littérature. Je pourrais citer des noms mais je n’ai déjà que trop peu d’amis. Dire ce qu’est la littérature est plus compliqué que de dire ce qu’elle n’est pas. Je crois que je vais renoncer.

  

"         Qu'est‑ce ce que la littérature jeunesse ? Une littérature à part entière ?

 

            Vraiment très peu d’amis, je vous assure. Merci de ne pas insister.

 

 "         Faut‑il lire les classiques ? Pourquoi ?

 

            Oui, naturellement. Toutes ces oeuvres se trouvent dans des éditions de poche à bon marché. Lire les classiques est très avantageux, on ne le souligne pas assez. Et il en est même de fort amusants, comme “Le Lys dans la vallée”.

 

 

L'avenir du livre ?

 

"         As‑tu un avis dessus ?

           

            Je peux me tromper mais je pense qu’il se situe devant nous.

 

"         Les nouvelles technologies vont‑elles le tuer ?

 

            Qu’on me permette de ne pas répondre moi-même. Lisez plutôt cet extrait d’un article paru récemment :

Tu rêves de devenir le nouveau Marc Lévy, de voir ton visage s'afficher en 4 x 3 dans le métro et ton livre adapté au cinéma par Spielberg ? Vite, rejoins My Major Company Books, la première maison d'édition participative made in France.

Lancé le 27 mai, ce web‑crochet pour aspirants romanciers est né du prometteur partenariat entre My Major Company (MMC), label musical communautaire responsable du succès de l'horrible Grégoire (750 000 albums vendus), et XO Editions, qui compte Guillaume Musso, Christian Jacq ou Max Gallo parmi ses auteurs élevés en batterie.

Le principe : des romans sont mis en ligne et les internautes misent au minimum 10 euros sur leur oeuvre préférée. Si le livre récolte 20 000 euros, il est édité par XO et tiré à 10 000 exemplaires. En retour, les internautes‑éditeurs se répartissent 25% sur les ventes.

 

L’avenir du livre se situe devant nous mais, si j’étais vous, je réfléchirais à deux fois avant d’y aller.

 

 

Le fruit de ton imagination :

 

"         Comment définis‑tu tes écrits ? qu'est‑ce qui te guide ? te pousse ? te fait avancer ?

 

            Je suppose que mes écrits sont à mon image, arrogants, cyniques et autodestructeurs. Quant à ce qui me pousse, si vous connaissiez le prix de mon loyer, vous ne poseriez pas la question.

 

 

"         Quel est le livre que tu as écrit pour lequel tu gardes une affection particulière ?

 

            “Blanche-Ebène” (1985). C’est tout du moins la réponse que j’ai toujours donnée. Il faudra que je me demande un jour si c’est réellement le cas.

 

"         Pourquoi vas‑tu dans les salons du livre ? Cela n'est‑il pas trop ennuyeux ?

 

            J’y vais parce qu’on m’invite et que je ne sais pas dire non. Et c’est en général assez ennuyeux. Mais le principal problème est que les toilettes sont souvent mal situées.

 

"         Ecrire c'est s'exposer aux regards des autres ? Est‑ce compliqué ?

 

            Non, je crois au contraire qu’on écrit parce qu’on a du mal à s’exposer au regard des autres. Je l’ai toujours vécu ainsi en tout cas, comme une interface. Si je m’étais trouvé présentable moi-même, je m’en serais sans doute dispensé. Et la littérature aurait quand même beaucoup perdu.

 

 "         Quel est le plus beau compliment reçu ?

 

            “J’adore les livres de Marie-Aude”. Bon, peut-être n’est-ce pas le plus beau, mais c’est assurément le plus fréquent.

 

"         La réflexion la plus dure ?

 

            “Et... c’est votre mère ?” Enfin, celle-là est surtout dure pour ma soeur.

Repost 0
Published by Le cédéiste - dans INTERVIEWS du Cédéiste
commenter cet article
10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 10:18

L'écriture engagée :

 

"         Peut‑on tout écrire quand on sait qu'on est lu par des ados ? Evoquer les affres de notre société n'est‑il pas périlleux pour le moral de notre jeunesse ?

 

            Je ne vois pas en quoi il serait moins condamnable de démoraliser les personnes âgées. Je m’efforce pour ma part de composer une oeuvre équilibrée, où je sape le moral tantôt des uns tantôt des autres.

 

 "         Est‑il facile d'être engagé et publié ? L'écriture engagée intéresse‑t‑elle  aujourd'hui ?

 

            Si j’en juge par le nombre de titres qui paraissent chaque année, il est aujourd’hui assez facile d’être publié. De là à être engagé... Mais laissez l’écriture en dehors de tout cela, voulez-vous ?

 

 "         Comment l'auteur que tu es peut‑il garder son indépendance, ses idéaux tout  en continuant d'exister sur le marché ?

 

            J’ai fait savoir à de nombreux éditeurs que j’étais tout à fait disposé à renoncer à mon indépendance et à mes idéaux, en échange d’un contrat confortable. À mon grand regret, personne n’a eu l’air intéressé.

  

Les éditeurs, l'édition :

 

"         Les éditeurs mènent des études pour connaître les goûts des lecteurs (en matière d'histoires, de personnages,…)… Comment fais‑tu pour résister aux modes et toujours être un auteur apprécié  ?

 

            C’est aux lecteurs de résister aux modes et aux éditeurs. Moi, je n’y peux rien.

  

"         Te sens‑tu libre comme écrivain ? As‑tu eu à souffrir de la censure ?

 

            Contrairement à certains de mes confrères, je n’ai jamais considéré qu’un éditeur me censurait quand il refusait un de mes livres. Je ne considère pas non plus que les agents de la RATP me prennent en otage quand ils font grève. Mais peut-être ne voyez-vous pas le rapport. A la réflexion, moi non plus, mais il y a sans doute là quelque chose à creuser (à propos des abus de langage).

 

  

"         T'interdis‑tu des choses dans l'écriture ? L'éditeur te " dirige "‑t‑il beaucoup ?

 

            Les fautes de conjugaison. Enfin, j’essaie. Mais il ne faudrait pas croire que les éditeurs cherchent à nous imposer des choses ou à brider notre liberté (je réponds en même temps à la question suivante). Les éditeurs vendent du papier. Si un éditeur pense qu’il peut vendre beaucoup de papier en imprimant : “va te faire enculer, avec ton système de merde” (telle serait la citation exacte et il faut toujours être précis), il n’aura aucune inhibition.

  

"         Comment s'opère la collaboration avec ton éditeur au niveau de la correction des textes ? Un auteur libre, cela existe‑t‑il ?

 

            Mais non, je ne me souviens pas qu’on m’ait imposé quelque chose. Suggéré, oui, mais cela ne pose pas de problème. En réalité, un éditeur dit généralement oui ou non. S’il a dit oui, c’est rarement sous conditions. Le fait est que les éditeurs français ne savent pas faire travailler les auteurs. Pas les écrivains, plutôt. En revanche, ils aiment bien bricoler avec les textes de gens qui ne savent pas du tout écrire. Bon, en vérité, je crois que les éditeurs préfèrent les auteurs qui ne savent pas écrire.

 

La lecture et ta bibliothèque :

 

"         Est‑ce que lecture et écriture vont de pair ? Faut‑il aimer lire pour écrire ?

 

             Écrire s’apprend en lisant, aucun doute là-dessus.

           

 "         Pour toi, lire c'est quoi ?

 

            Apprendre à écrire, donc. Je suis un très mauvais lecteur. Distrait. Il y a tellement d’idées à prendre dans les livres des autres. Comme des fleurs au bord du chemin, qu’on n’a qu’à cueillir. Oui, d’accord, c’est joli, ce que je viens d’écrire, mais c’est aussi très mal. Je ne m’accuse pas de plagiat, comprenez-moi bien. Je vous parle de fleurs que l’auteur a laissées sur le talus tandis qu’il poursuivait sa route vers je ne sais quel chimérique bouquet. Bref, mon esprit s’égare. Ce qui est grave, c’est que mes yeux, eux, continuent de descendre de ligne en ligne. Il y a des livres auxquels je n’ai rien compris mais qui m’ont permis de prendre des notes passionnantes. Franchement, j’espère que personne n’a l’outrecuidance de me lire de cette façon-là.

  

"         Quels sont tes auteurs préférés ? tes lectures préférées ?

 

            J’ai lu de la science-fiction pendant des décennies, jusqu’à la nausée. Au point d’être devenu un spécialiste du genre et que mes commentaires sont encore aujourd’hui fréquemment cités sur l’internet (je profite de l’occasion pour remercier les citateurs). En dehors de cela, j’aime la littérature française de la première moitié du XXème siècle (Colette, Proust, Aymé, Aragon, Vialatte), Conrad, Dostoïevski (les Russes sont vraiment très forts)... bref, rien d’original.

            

 "         Les livres jeunesse qui t'ont marqués chez les autres ? Un livre de chevet ?

 

            J’ai été terriblement marqué par “le Faucon déniché”. Je n’arrive pas à comprendre comment il a pu en vendre autant. “L’épervier de Maheux” avait également très bien marché. Je pense qu’il y a quelque chose avec les rapaces.

 

 "         Ta bibliothèque, quelle est‑elle ? Comment sont ces livres, Beaux livres, poches… genre?

 

            Beaucoup de science-fiction car j’ai reçu des services de presse pendant des années. Il y a quelques beaux livres mais il faut avouer qu’il ont tendance à devenir moches avec le temps. De toute façon, je préfère les poches (j’aime bien lire dans le bain et dans le métro).

  

"         Où sont‑ils rangés ? Comment sont‑ils classés ?

 

            Mes livres sont rangés sur des étagères qui forment ce qu’on appelle des bibliothèques. C’est très pratique. Ils sont classés par genres. C’est-à-dire qu’il y a de la science-fiction.

 

"         Comment les achètes‑tu ?

 

            Autrefois, sur les quais de Paris et chez les bouquinistes. Désormais, j’en pique surtout chez les éditeurs. Je n’achète quasi jamais de livres neufs. Je connais le pourcentage réservé à l’auteur. J’aimerais soutenir mes confrères mais, franchement, ça ne vaut pas le coup.

  

"         Quel est le livre sur table de chevet ?

 

            La fin du questionnaire est proche. Je sens que vous commencez vous aussi à fatiguer. Vous allez rire. Je n’ai pas de table de chevet. Mais j’ai des livres.

 

"         Quels sont les auteurs qui t'ont influencé? Pourquoi ? Que leur as‑tu empruntés ?

 

            Certains auteurs comme Lovecraft ou Borges m’ont sans doute influencé à mes débuts mais je ne pense pas leur avoir emprunté grand-chose. D’un autre côté, ma soeur Marie-Aude ne m’a jamais vraiment influencé mais je lui ai malgré tout emprunté pas mal d’argent (ce sera rendu, promis). Allez comprendre.

 

  "         Si tu avais un auteur à qui écrire, lequel serait‑ce ? Et que lui écrirais‑tu ?

 

            Svetlana Alexievitch. Je lui dirais qu’elle incarne pour moi la grandeur et la dignité humaines. Que les voix qui s’expriment à travers elle dans “les Cercueils de zinc”, “la Supplication” ou “la Guerre n’a pas un visage de femme” sont les plus belles et les plus fortes qui me soient parvenues. Je lui dirais que je me réjouis de la voir aux côtés de Colette, Proust, Aragon, Céline, Borges, Greene, Boulgakov etc. sur la liste de ceux qui n’ont jamais eu et n’auront jamais le prix Nobel. Et je la remercierais de m’avoir fourni l’occasion de donner, enfin, une réponse parfaitement sérieuse.

 

Repost 0
Published by Le cédéiste - dans INTERVIEWS du Cédéiste
commenter cet article
10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 10:10

Bonjour,

Je suis auteur illustrateur pour la jeunesse et j'ai bien apprécié votre blog. J'y est retrouvé certains collègues que j'aime bien, comme Philippe Barbeau, Miss Susie...
À bientôt
Cordialement
Alexis Ferrier

Son univers sur:  www.alexisferrier.com

Repost 0
Published by Le cédéiste - dans PAROLES D'ECRIVAINS
commenter cet article
9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 11:16

 Brigitte Coppin

·         Brigitte, comment t’inspires-tu pour créer un lieu ? Une atmosphère ?

 

        Je ne sais pas bien l’expliquer. Ça fait un film dans ma tête. Mais le tout n’est pas de voir, c’est de trouver les mots pour l’exprimer au plus juste. Pour moi, c’est là tout le travail de l’écrivain.

 

·         Te rends-tu sur place ? Visites-tu beaucoup ?

 

       Je visite rarement pour écrire un roman, j’utilise plutôt dans mes romans les images que j’ai glanées lors de mes voyages. Il y a aussi des lieux qui naissent de mes lectures. Par exemple, je ne m’appuie sur aucun endroit précis pour décrire la vie au monastère dans Les morsures de la nuit (Poulfenc 1.) mais j’ai lu bien des livres sur le sujet.

 

·         Est-il facile de partir de rien ou de ce que l’on connaît ?

 

        Je ne crois que l’on puisse partir de rien. L’imagination s’appuie sur du vécu, sur des images, des livres, des films, des choses racontées…

 

Repost 0
Published by Le cédéiste - dans ECRIRE : des méthodes
commenter cet article
9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 11:11

Lisa Vauche : Cartable et bottes de cuir

Lisa Vauche entre en Terminale scientifique au lycée Jeanne-d’Arc, à Clermont-Ferrand, et le premier volume de sa saga d’heroic fantasy est en librairie. Sur la planète où vit Lisa Vauche, le temps doit s’allonger, ainsi l’on peut faire « plein de trucs ». Pareil que dans les six mondes magiques. Qui sont au nombre de sept dans l’univers imaginé par la jeune fille. Son héroïne Miridielle est la princesse de l’un d’eux. Ses parents viennent d’être assassinés, elle part affronter des forces obscures sans prendre le temps d’écraser une larme.

Inspirée par des livres comme Le Seigneur des anneaux, « j’écris, explique la jeune auteur, des choses que j’ai visuellement imaginées. J’aime que ce soit beau, qu’il y ait des émotions. » Les Cinq Héritiers est le – volumineux – premier tome d’aventures qui doivent en compter cinq, et Lisa est déjà à l’écriture du quatrième. Mais son plaisir d’être éditée est encore neuf. « J’ai toujours voulu publier. Je respectais beaucoup les auteurs, et ça me paraissait inaccessible. » Au salon du livre de Saint-Floret, elle a rencontré d’autres écrivains. « La plupart sont plus âgés que moi. Il sont étonnés de voir quelqu’un d’aussi jeune et je ne me considère pas vraiment comme l’un d’entre eux. » L’expérience lui a aussi permis de se frotter au monde réel des affaires, où manquent les elfes bienveillants, et elle réalise très bien que l’édition à compte d’auteur souffre d’une promotion « faiblarde ».

« Un défaut qui fait pas de mal »

Mais cette jeune fille à l’imagination débridée est aussi une excellente él��ve qui a les pieds sur terre : « Mon avenir d’écrivain n’est pas du tout assuré, et je pense qu’il est nécessaire d’avoir un métier à côté. Je vise la fac de médecine. Les études sont longues mais je ne suis pas pressée de travailler et j’aime aider les gens. »

Elle écrit depuis longtemps et elle dessine, des personnages longilignes au visage triangulaire et aux yeux bridés qui lui ressemblent. Elle tient ses traits de sa mère, qui a dû quitter le Vietnam dans des circonstances dramatiques, et a plus tard abandonné sa carrière de prof pour élever ses enfants. Ce qui fait dire à Lisa qu’elle a « l’esprit de sacrifice ». La jeune fille se décrit elle-même comme « une fille sérieuse, posée, qui réfléchit beaucoup. J’ai un caractère compréhensif. Je comprends bien les gens. Je trouve toujours chez les méchants un motif à leur attitude. J’ai des moments enthousiastes, d’autres réalistes, je suis peut-être un peu lunatique, ou d’une nature contradictoire qui me fait suivre une filière scientifique tout en écrivant des livres. Un défaut ? Je dois manquer d’assurance, mais ce n’est pas un défaut qui fait du mal aux autres. »

Elle est très jolie, s’habille en noir, en blanc et en rouge. « Et on m’a fait remarquer que j��ai souvent des bottes, comme mes personnages. Il faudrait que j’arrange ça » murmure-t-elle sibylline. Et comme elle grandit, ses prochains livres devraient être « moins magiques et moins rigolos

 

Les Cinq Héritiers (Les Sept Mondes, tome 1), de Lisa Vauche. Éditions Bénévent, 16 €.

 

Source : http://www.auvergne.info/lisa-vauche-cartable-et-bottes-de-cuir.html

 

Repost 0
Published by Le cédéiste - dans EXPERIENCES
commenter cet article

POURQUOI ce BLOG ?

 Le BLOG consacré
aux AUTEURS,
à la LITTERATURE JEUNESSE
et à L'ECRITURE
.

Enfants 1 199La lecture est une nécessité dans le monde moderne. Elle permet de maîtriser la langue, de développer l’imaginaire, de structurer la pensée, d’accéder au savoir, d'acquérir du vocabulaire... C’est pourquoi parents et enseignants se lamentent lorsque les enfants ne lisent pas et les ados encore moins. Pourtant, ils prendront PLAISIR à lire... pur cela, il suffit de les juindécembre2010 225aider à ouvrir la porte.

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  

 

 Avec ce blog, j'aimerais :
 * faire découvrir la littérature jeunesse,l'écriture et les auteurs pour la jeunesse
partager une passion et pourquoi pas donner envie de lire et de rêver entre les pages.  

juindécembre2010 260Le livre est une véritable source de plaisir, de joie et d'émotion. Beaucoup d’élèves disent ne pas aimer lire. Je ne suis pas loin de penser que TOUS aiment lire, sans exception ! Le plus difficile pour eux est de parvenir à trouver dans la masse, LE livre, celui qui ne va pas les endormir… juindécembre2010 227LE LIVRE, celui qui va leur "parler", le livre qui leur correspond, le livre qui va leur remuer les tripes, les boyaux, les neurones, la tête !!!  

Enfants 1 178-copie-1Personne n'aime lire toutes les histoires, tous les livres. Evidemment. Il existe donc des "critères" à appliquer pour trouver et emprunter la perle, le livre qui va faire définitivement plonger dans le plaisir de lire !

Dans le livre on fait de merveilleuses rencontres, on découvre plein d'amis, on voyage, on s'ouvre sur le monde, on vit des aventures que l'on ne connaîtra jamais dans la vie de tous les jours : on embrasse des princesses, on escalade des rochers, on "zigouille" les méchants, on galope sur des chevaux lancés à la poursuite de terribles bandits ... bref, on fait de fabuleux voyages pour... "sourire, rêver et aimer" (Lisez "Le type" de Philippe Barbeau.) !!

Enfants 1 258Dans ce blog, il sera question des hommes et des femmes qui écrivent : les écrivains pour la jeunesse. Les ouvrages de littérature jeunesse de qualité seront présentés, racontés, "décortiqués"...
Vous lirez des interviews de professionnels, vous découvrirez des portraits, le monde de la chaîne du livre (éditeurs, imprimeurs, libraires...), vous trouverez également des conseils, vous ferez des rencontres, participerez à des débats, vous lirez des expériences d'animations pédagogiques autour des livres, vous découvrirez des "paroles" d'élèves, d'enseignants, des textes et.... plein d'autres choses encore !

juindécembre2010 224

 Brigitte Coppin 015
--------------------------- 

    "Les gens qui aiment lire sont rarement des salauds !"
Xavier-Laurent PETIT
  ---------------------------

  SPECTACLES

   

  "Salomon, vous vous rendez-compte ?"

de Christophe Boutier

 

spectacle radeau 010 

 

Sa majesté des couches"

de Christophe Boutier  

 

  24.JPG54.JPG

Photo-034.jpg

  Une comédie en V actes écrite et mise en scène par Christophe Boutier

L’histoire de la séduction, de l’enfant et de sa famille depuis la préhistoire jusqu’à l’enfant-roi du XXIème siècle.

 119.JPG

Sur scène, il y avait :

- 14 comédiens 

- Six musiciens professionnels dont Michel Léger, accompagnateur de vedettes de la chanson et du cabaret, telles que La Bande à Basile, Daniel Guichard, Zanini, Jean Constantin, André Aubert (Don Patillo)...

- la chorale du collège de Xavier Bélanger (professeur d'éducation musicale qui a mis en musique le spectacle) qui a interprété des chansons de variété en rapport avec l'enfance.

- des projections murales assurées par les élèves de l'option image (Eddy Dabrigeon...) du collège, option dirigée par Cécile Cotten,  professeur d’Arts plastiques.

  19.JPG 20.JPG

 

Les spectacles précédents

 

2013- Le temps du maquis"

2012 - "Salomon, vous vous rendez compte ?"

2011 - "Sa majesté des couches"(Gannat)

2010 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes"  : 2ème épisode (Gannat)

2010 - "Un zèbre sur la banquise" (Gannat)

2009 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes " : 1er épisode (Lapalisse)

2008 - "La farce vaudevillesquement tragique de la chambre forte du jugement dernier. " (Lapalisse)

2007 - "Le terrier zeixcoussois en Zinzinmouli ou la complainte des comédiens en danger" (Saint- Prix)

 ------------------------------------------------------------

 

    Un grand MERCI donc à tous les écrivains jeunesse
 que j'épuise et à qui je donne mal à la tête !!!
Ah ! Ah !!

Enfants 1 224Christian Grenier, Eric Boisset, Alain Grousset, Alain Surget, Béatrice Nicodème, Anne-Marie Desplat-Duc, Susie Morgenstern, Arthur Ténor, Hubert Ben Kemoun, Jean-Côme Noguès, Marc Séassau, Fabrice Colin,  Lorris Murail, Roger Judenne, Philippe Barbeau, Anne Ferrier, Evelyne Brisou-Pellen, Eric Sanvoisin, Christophe Léon, Jean-Luc Luciani, Béatrice Egémar, Magali Herbert, Guy Jimenes, Jean-Claude Mourlevat, Raymond Perrin, Jean-Baptiste Evette, Marc Cantin, Claire Gratias, Christophe Miraucourt, Xavier Bascour, François Librini, René Gouichoux, Yaël Hassan, Jean-Marc Ligny, Marie-Aude Murail, Cécile Roumiguière, Brigitte Coppin, Dorothée Piatek, Sophie Audouin-Mamikonian, Fanny Joly, Johan Héliot, Jack Chaboud, Jean-Luc Marcastel, Stéphane Daniel, Emmanuelle et Benoît de Saint Chamas, Jean-Paul Gourévitch, Michèle Laframboise., Florence Hinckel, Christophe Loupy, Lénia Major, Viviane Koenig, Marie Mélisou..

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
     

... évoque le BLOG sur la littérature jeunesse.

 

"Des conseils pratiques de pro à pro, des interviews délicieuses et des
articles écrits par des écrivains ou des éditeurs, des bibliographies,
des réflexions sur la littérature jeunesse, des coups de coeur et
 des anecdotes...On trouvera tout cela (!) sur le blog de C
hristophe
Boutier, professeur documentaliste  au collège de Gannat (Allier).

Les petits articles de réflexion sur certains aspects de la littérature
jeunesse sont parmi les plus intéressants, d'autant plus qu'ils soulèvent
parfois des points souvent peu vus : les genres relevant de l'imaginaire
et les critères de classification (science fiction, fantasy...), les styles
d'écriture (classique, moderne…), ou encore le souci de la véracité dans
les romans historiques jeunesse.

En plus de cela, on trouvera une liste impressionnante de sites
d'écrivains  et des ressources diverses et variées qui émaillent les
articles (liens vers des  sites de séries jeunesse, des conférences
en ligne...), des « trucs et astuces » de Doc pour aimer et faire
aimer la lecture, des bibliographies...

Si la mise en page gagnerait à être un peu plus claire et lisible, le côté
bric-à-brac (où on flâne volontiers de longs moments) perdrait de son
charme...

Par un prof-doc amoureux et défenseur acharné de la littérature
jeunesse.
"

 

Rubriques

CULTURE au CDI de Gannat

Collège de Gannat (03)

" Fête de la culture, de la lecture et de l'écriture"

  Mai 2013 - 4ème édition

Eric Boisset 

Mai 2013 145

ArthuArthur Ténor 024r Ténor

Alain Surget 

Alain Surget 053

 

Mai 2012 - 3ème édition

 Jean-Luc Marcastel

jean-luc-MARCASTEL-010.jpg

Brigitte Coppin 

      Brigitte-Coppin-013.jpg

 

Mai 2011 - 2ème édition

Philippe Barbeau, Christian Couty

juindécembre2010 236

Béatrice Nicodème

 

juindecembre2010-245.jpg

 

Juin 2010 - la 1ère édition :

 

Alain GROUSSETet Christian GRENIERétaient parmi nous pour évoquer la Science-Fiction (SF) etpour débattre des nouvelles technologiesqui pourraient "tuer » les livres...

 Enfants 1 196

  -----------------

Le nouveau spectacle du collège

Joseph Hennequin de Gannat, dans l’Allier.

 

 

La troupe de théâtre du collège Hennequin, composée cette année de 30 comédiens issus des quatre niveaux de classes, a réalisé un film (un vrai ! en noir et blanc)écrit par Christophe Boutier, professeur documentaliste, « Le temps du maquis» (vendredi 14 juin 2013, centre socio culturel de Gannat). Xavier Bélanger, professeur d’Education musicale, assurera la mise en musique.

Ce film présente la dure réalité de la vie quotidienne et clandestine, au milieu de la forêt,d’hommes et de femmes – les maquisards - remarquablement courageux qui recoururent, au péril de leur vie, à la guérilla pour s’attaquer à la milice du Maréchal Pétain et aux troupes d’occupation allemande.

Ce spectacle entre dans le cadre du projet « Devoir de mémoire », une option du collège menée en classe de 3ème. Les 16 élèves de cette option dirigée par M. Bellet, professeur d'Histoire, présenteront la soirée :

En 1ère partie, un court métrage : Roger VENUAT, résistant dans le maquis de Hérisson (Allier, 03), au collège Joseph Hennequin.

En 2ème partie, la pièce de théâtre, « Le temps du maquis »

ENTREE GRATUITE

  

QUI SUIS-JE ?

Je suis Christophe BOUTIER, professeur documentaliste au collège de Gannat (1 rue Joseph Hennequin. 03800 GANNAT) , dans l’Allier, en Auvergne.

Passionné par la littérature jeunesse, l'écriture, la lecture... j'ai découvert, grâce à ma profession cette littérature - une vraie littérature ! - qui comporte de magnifiques textes. Et derrière des mots adressés, peut-être davantage aux enfants, aux adolescents - quoi qu'un bon texte doit pouvoir être lu par tous sans aucune histoire d'âge ! - se cachent des écrivains adorables, des personnes d'une incroyable richesse humaine, intellectuelle et culturelle, des gens de talent que j'ai/j'ai eu la chance pour certains de côtoyer !

Aujourd'hui, j'éprouve le besoin de partager mon amour des auteurs jeunesse et de leur oeuvre ! je compte également sur vous lecteurs pour faire vivre ce blog, mutualiser nos expériences, nos connaissances, nos réflexions et... débattre.

 
Mon autre BLOG, celui du CDI du collège de GANNAT :
http://www.cdi.gannat.over-blog.com