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Présentation

  • : Le blog de CHRISTOPHE BOUTIER, professeur documentaliste au collège de St Germain-des-Fossés, dans l'Allier
  • : Blog qui a pour objectif de parler de la littérature jeunesse, des écrivains jeunesse... pour donner le goût de lire aux adolescents. L'objectif est également d'intéresser à la culture. Il s'agit aussi de faire découvrir cette littérature à part entière aux adultes.
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Le Vampire Du Cdi

  • Le cédéiste
  • Je suis le "VAMPIRE d'un CDI" auvergnat !

ANECDOTES

Pierre BOTTERO,

le Seigneur des ados !

 

Pierre Bottero était fier d’être un auteur jeunesse - une littérature qui n’a rien à envier en qualité à la littérature « vieillesse. » S’il n’était pas qu’un auteur de fantasy, il faut bien reconnaître que c’est à cette littérature de l’Imaginaire qu’il dût son incroyable succès !

Dès l’enfance, il tombait dans la marmite de la fantasy. Il dévorait Tolkien (Un choc ! S’en suivi, plus tard, l’idée que la fantasy ne pouvait s’écrire que sous la forme d’une trilogie), Zelasny, Farmer, Moorcock, Vinge, Howard… Les grands noms qui allaient lui permettre de devenir l’auteur que nous connaissons. Plus tard, il appréciera les auteurs « jeunesse » tels que Erik L’homme, Hervé Jubert, Fabrice Colin ou Philip Pullman, Eoin Colfer pour ne citer qu’eux. Il n’y a pas de concurrence en littérature jeunesse, les auteurs s’apprécient, se côtoient, se téléphonent, se rencontrent, se parlent, rêvent ensemble d’histoires communes. Ainsi Erik L’Homme et Pierre imaginaient ensemble, « A comme assassins »…

De ses lectures, Pierre Bottero ne devait pas ressortir indemne.

C’est par hasard qu’il se lançait dans l’écriture, pour aider sa fille qui séchait devant un concours d'écriture : il rédigeait quelques pages sur son ordinateur, se piquait au jeu, poursuivait (son épouse réclamait la suite), envoyait le texte à un éditeur qui le publiait... Il était dit qu’il n’arrêterait plu. Marqué à tout jamais par Tolkien, il était évident qu’un jour, il s’essaierait à la fantasy. C’est ainsi que naquirent « La quête d’Ewilan », « Les mondes d’Ewilan » et « Le pacte des Machombres. »

 

 

 

Pierre Bottero se fichait éperdument du cadre dans lequel on allait placer ses romans. Mais pour les « techniciens, l’auteur lui-même évoquait la Low Fantasy. Il s’agit d’une low fantasy - inspirée par ses jeux d'enfant, ses rêves d'adulte, ses lectures et les émotions ressenties au quotidien - dans laquelle existe un équilibre entre le bien et le mal, le courage, la volonté et la détermination où domine le désir de tout ramener à des intérêts individuels (égoïsme forcené, aveuglement quant à la mise en danger des équilibres…). Un parallèle pourrait d’ailleurs être établi entre le chaos décrit et notre monde réel. Mais attention. Les propos de Pierre ne demeurent pas sombres, ils restent optimistes. Pour avancer ! Avec pour personnages principaux des… femmes. Pierre était fondamentalement féministe. Il aimait à dire qu’il y avait moins de « cons » chez elles que chez les hommes. Toutefois, Pierer Bottero n’a jamais cherché à donner des leçons, il se méfiait trop pour cela des « transmetteurs » de valeurs et des donneurs de leçons. Le livre était pour lui un objet de partage.

Ce partage, il l’avait avec sa famille qui appréciait ce qu’il écrivait et qui le rassurait : Claudine, son épouse, ses deux filles lisaient ce qu’il écrivait avant publication.

 

 

 

Lorsque Pierre Bottero était invité dans un salon du livre pour une dédicace, il faisait partie des auteurs les plus demandés (il ne faisait pas bon signer à côté de lui !) : les impressionnantes files d’attentes composées de lecteurs (jeunes et moins… jeunes !) en témoignaient. C’est avec émotion qu’ils recevaient tous les messages de sympathie et… d’amour. Ses livres touchaient, ses histoires permettaient le partage et faisaient rêver, Pierre vivait alors une aventure … magique.

Il avait beau affolé le compteur des ventes, ce qui avait un réel impact sur lui, c’était :  de percevoir la flamme dans les yeux de ses « fans » (euh ! il n’aimait pas le mot), de recevoir leurs avis, de parler avec eux.

Tant d’amour le gonflait à bloc et lui transmettait une énergie positive.

C’est pourquoi, ce succès (qui lui permit d’abandonner son métier d’instituteur) qu’il percevait intensément, à la fois avec bonheur (évidemment !) et tranquillité, lui donnait également un sentiment de responsabilité. Ainsi, s’il savait se montrer reconnaissant envers ceux qui l’avaient aidé à améliorer son écriture (Caroline Westberg, son éditrice chez Rageot), il avait également de la considération pour ce public à qui il devait tant. Quand vous rencontriez Pierre, assis derrière sa table de dédicace, vous aviez le sentiment qu’il n’attendait que vous ! Pierre veillait soigneusement à être proche de son « public », un de ses… bonheurs. Il respectait humainement ses visiteurs et ses lecteurs en leur offrant des histoires dont il voulait qu’elles évitent facilité et démagogie. Il apportait ainsi beaucoup de soin et d’exigences aux corrections, un travail exigeant, vorace en temps et en énergie.

 

L’écriture de Pierre Bottero avec « Le pacte des marchombres » avait atteint une belle maturité. C’est ce que Pierre lui-même soulignait quand il affirmait que « c’est en écrivant qu’on apprend à écrire. » En effet, cette dernière trilogie qui met en scène le personnage d’Ellana est moins légère, plus complexe, que celle de « La quête d’Ewilan » : l’auteur avait eu le sentiment d’avoir grandi, évolué et de s’être trouvé, un sentiment accompagné par le désir de partager encore davantage avec le lecteur. Pierre Bottero était un homme intègre, voilà pourquoi il continue d’être autant aimé. A la lecture de ses trilogies, cette sincérité transpire. Pierre prenait un immense plaisir à écrire, à « rêver », à imaginer le monde (issu d’un vieux rêve de liberté absolue) d’Ewilan, d'Ellana. Il prenait un immense plaisir lorsque d’autres que lui se baladaient dans "ses" mondes. Pierre Bottero écrivait pour être lu mais aussi pour explorer des contrées inconnues (se connaître lui-même ?) et entraîner à sa suite tous ceux qui étaient tentés par l'aventure... Quand il mettait le point final, c’était à la fois une joie (celle d’avoir terminée et d’être satisfait du résultat) et une déchirure (celle de quitter l’univers crée)… Un sentiment d'être coupé d'une part de soi-même avec l’irrésistible envie de replonger très vite.

 

Pierre le « poète » accordait beaucoup d’importance au travail de réflexion qui précède l’écriture. Lorsqu’il attaquait le premier chapitre d’un roman, la trame générale était dans son esprit, il connaissait très bien ses personnages. Ensuite, plongé dans le cœur du roman, il écrivait sans arrêt, du matin au soir, parfois pendant la nuit. Puis, il pouvait ne plus écrire pendant des semaines Enfin, presque car il écrivait toujours… dans sa tête. Quand il n’écrivait pas, il écrivait sans écrire. Pierre était un homme normal qui aimait lire, courir, menuiser, bucheronner, voyager, rencontrer, parler, rêver… et sourire ! Ah, ce sourire !I

L’écriture de Pierre était une écriture « vraie », sans complaisance, une écriture qui venait des tripes, un cadeau offert au lecteur. Il n’était satisfait que si les mots qu’il employait correspondaient réellement à ce qu’il souhaitait écrire. Cette honnêteté, il la devait à ses lecteurs. Pierre était un travailleur qui reprenait, sans cesse, son récit, la cohérence, le fond, la forme… C’est pourquoi il prenait grand soin, malgré les pressions des lecteurs, de ne pas chercher à publier, à tout prix, trop rapidement. Il était persuadé qu’il valait mieux patienter et faire patienter plutôt que de se décevoir et décevoir. Il pendait qu’il fallait laisser le temps à l’histoire de pousser, à son rythme...

 

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   "Le Loup à la voix de miel"
Marc SEASSAU (Grasset jeunesse)

J’ai fait venir dans le collège où je travaillais alors, l’écrivain Marc Séassau.  La journée fut belle et pleine d’émotion notamment lorsque Marc anima une rencontre à deux voix (j’adore organiser ce genre de rencontres : 2 auteurs face à une classe en même temps !) avec Jean-Côme NOGUES qu’il avait adoré lire lorsqu’il était ado.

Marc Séassau a écrit ce roman « Le loup à la voix de miel » parce qu’il a été marqué par sa convocation comme juré dans une affaire de viol. Dans son récit, il narre l’entrée en 6ème d’une petite fille qui, anonymement, dépose des extraits de « Peau d’âne » dans les poches, de sa « marraine », une élève de 3ème.  L’appel au secours était évident !

Cette rencontre a déclenché un phénomène pour le moins inattendu dont j'ai été le témoin, involontaire : il m'a fallu trois semaines pour comprendre ce qui m’arrivais !

Je trouvais régulièrement par terre, dans le CDI, toujours disposées par deux, des photos représentants des scènes classiques de la vie d'une famille avec une de nos élèves de 6ème (anniversaires...). J'ai évidemment rendu ces photos à l'élève qui, agressive, semblait ne pas comprendre pourquoi je détenais son bien. C'est tout juste si elle acceptait de reconnaître qu'il s'agissait d'elle sur les clichés ! Ces scènes se sont régulièrement reproduites ( trois, quatre fois pendant trois semaines) jusqu'au jour où j'ai eu un déclic  : une seule photo sur le sol évoquant la petite sur les genoux d'un homme. J'ai de suite compris (Peau d’âne !), j'ai alerté l'infirmière, la Principale du collège... Cette élève avait eu l’idée de reproduire ce que l’héroïne du roman faisait.
Voilà ce qu'uns simple rencontre d'écrivain peut entraîner en dehors du plaisir de lire.
Le roman avait libéré la parole de l’élève !


Nous en avons évidemment parlé avec Marc Séassau qui était évidemment KO : comment ne pas l'être ? Il avait écrit ce roman un peu dans un but pédagogique mais quand la réalité dépasse la fiction...

Recherche

PERLES de LECTURE

 Le collège de Gannat

 a voyagé dans le temps !

 

 Après la lecture des romans historiques jeunesse de Béatrice Nicodème....

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« Oyez ! Oyez gente dames et damoiseaux ! Entrez dans le Moyen Age ! » Ainsi s’est écrié le troubadour, jeudi 9 juin 2011, dans la plaine gannatoise : deux cent élèves de 5ème du collège Hennequin et CM2 des écoles du Malcourlet, de Pasteur et de Jean Jaurès ont bravement et « prestement » effectué le « pas sur le côté » pour revêtir leur cotte de maille et ainsi plonger en plein XIVème siècle.

  

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  Pour rendre vivant et attractif le Moyen Age, période étudiée en classe et encore largement visible dans la cité des portes occitanes, Gannat, douze comédiens et cascadeurs professionnels de la compagnie toulousaine ARMUTAN, ont chevauché leurs destriers pour répondre à l’olifant de Christophe Boutier, professeur documentaliste, initiateur de cet imposant projet, « Cultures, loisirs et genres de vie au Moyen Age », un projet fédérateur d’énergie d’une année.

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Un campement faits de plusieurs tentes, de peaux de bêtes, de râteliers d’armes, de tonneaux… a été établi dans la partie herbeuse et arborée de l’établissement scolaire. Les écuyers – élèves, aux yeux brillant de plaisir, répartis en six « compagnies » de « routiers » qui répondaient au nom d’un  célèbre homme de guerre, du Guesclin, Prince noir ou bien d’un roi, Philippe Auguste…ont défilé avec leurs bannières dans les sept ateliers pédagogiques pendant six heures.  Ainsi, ils ont été initiés à l’archerie, au maniement des armes, au combat rapproché, à l’héraldique – l’art de faire son blason – à la danse, aux instruments et à la musique, à la jonglerie… Le capitaine « Barbepeste » et ses sbires ont alors conquis la « piétaille » qui après explications et démonstrations, devait mettre en pratique l’enseignement de leurs maîtres…  

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 Les corps fatigués furent réparés par le succulent banquet médiéval régional (tortillons gannatois, galichons d’Escurolles, fromages de chèvres de Bellenaves, Fraises bourbonnaises sur lit de fromage blanc de campagne de Cérilly étaient inscrits sur le très beau papier imprimé à l’ancienne par le moulin Richard de Bas ), pris en musique, et proposé par le chef, Sylvain Bruno. Une projection d’images, capturées dans la matinée, proposées par les élèves de l’atelier image du collège lors du repas, a également ravi les convives.

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En fin d'après-midi, les petits occitans, tout sourire, étaient regroupés pour assister à un spectacle de jongleries burlesques proposées par « Grand mètres Yann »,  à de la poésie lyrique, et à une impressionnante saynète de combats à l’épée accompagnée par la musique du groupe DAYAZELL.

 

Quel bonheur ! Quelle joie d'avoir vu les yeux des enfants pétiller de plaisir ! Quel  moment de vie ! Il ne fait aucun doute que cette journée unanimement saluée comme étant extraordinaire restera gravée dans les mémoires.

  351.JPG Alors, un grand MERCI à tous ceux qui ont participé à la réussite du projet ! Les personnels du collège Hennequin, la mairie de Gannat, les mécènes, les comédiens si sympathiques et bien sûr…les élèves !

 

Pour en savoir davantage :

 

RV sur le blog du collège de Gannat (03),

une 100e de photos...

 

http://cdi.gannat.over-blog.com/

 

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A propos de ce blog !

 

Lu dans « La nouvelle encyclopédie des filles 2011 » de Sonia Feertchak ((Plon)

 

« Le blog passionné et passionnant d’un professeur documentaliste  fou de littérature jeunesse, pour « sourire, rêver, aimer ». Des articles vivants sur la lecture, qui donnent envie de découvrir plein de livres et autant d’auteurs

 

 

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A lire, vraiment !




 

 

 

 

 

 

 

 

   

A travers de nombreuses anecdotes Christian Grenier évoque son enfance placée sous le signe du théâtre et de la lecture, son adolescence marquée par l'écriture et la passion. Il relate son parcours d'enseignant, d'auteur mais aussi de lecteur-correcteur, journaliste, scénariste et directeur de collection. Il se penche également sur les mécanismes intimes de l'imaginaire, détaille la genèse de ses oeuvres et fait pénétrer le lecteur dans les coulisses de l'écriture et de l'édition. Enfin il s'interroge sur les principes qui font d'une fiction un récit pour la jeunesse. Regorgeant de confessions, de convictions et de passion, ce témoignage d'une vie consacrée à la littérature jeunesse se lit comme un roman.
 

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Le MOT du JOUR : ......

    "Des millions de gens vivent sans lire, mais ce qu'ils ignorent,

c'est qu'on vit infiniment plus en lisant."

Xavier-Laurent PETIT

  

     318 042 visiteurs 

Je vous livre l'adresse du blog de mon nouveau cdi et collège : http://colllafontaine.over-blog.com/

 

depuis octobre 2009

 

 

4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 15:06

interview-anne-sophie-silvestre-11309546.jpgAnne-Sophie SILVESTRE, nous dit tout, tout, tout.. enfin presque tout !
Interview réalisée par moi-même en janvier 2015. Elle sort donc du four.... et est à consommer sans aucune modération !

 

Bonjour Anne ! Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

Bonjour ! Anne-Sophie Silvestre, raconteuse d’histoires en tous genres.

 

L’auteur aujourd’hui

 

• Comment se situe l’auteur aujourd’hui par rapport à l’auteur des débuts ? Il y a-t-il une différence (style, pensée, méthode…) ?

Pas beaucoup de différence, je pense… Le style est sûrement plus précis, plus exigeant, j’ai acquis du métier.
La pensée, j’espère qu’elle a progressé avec l’âge.

La méthode, je n’en ai jamais beaucoup eu : si j’ai une idée, un désir, et qu’ils prennent forme, alors j’écris. 

 

• Quelle est ta définition de l’auteur jeunesse ? En es-tu un ?

C’est une question difficile. J’écris comme j’ai envie d’écrire, pour moi, comme j’ai envie que mon texte soit. Je ne pense jamais « C’est pour tel âge, il faut faire comme ci ou comme ça ». J’écris pour les jeunes lecteurs comme pour les adultes, j’ai le sentiment qu’ils comprennent tout. Et les jeunes lecteurs sont un public délicieux, facilement contents, pas chichiteurs, sans préjugés. Merci, les jeunes !

 

L’écriture :

 

• Pourquoi écris-tu ? Est-ce quelque chose de facile à expliquer ?

Oui. Parce que j’aime ça.

 

• C’est quoi être écrivain ? Ecrire c’est quoi ?

C’est raconter une histoire avec des personnages, des émotions, des costumes, des paysages, des parfums, de la musique, des rythmes, des pensées, des balalaïkas, des lapins et de la neige, au moyen de mots et de ponctuation. Si les mots sont justes et bien assemblés, ça fonctionne.

 

• Que penses-tu des écoles américaines dans lesquelles on peut apprendre à écrire ?
On fait en France beaucoup de composition française et de travaux rédigés, il me semble que c’est une bonne façon d’apprendre à écrire.

 

• Arthur Ténor parle de lui comme étant un « explorateur de l’imaginaire. » As-tu une formule pour te caractériser ?

J’en ai une, mais elle n’est pas de moi : « Conteurs, contez ! Ho, la place est belle ! » Elle est de Patrick Chamoiseau.

• L’écriture a-t-elle toujours été en toi ou est-ce quelque chose qui est arrivé tardivement dans ta vie ? Il y a t-il eu un élément déclencheur ?

J’ai gribouillé des histoires assez tôt, mais j’étais avant tout une grande liseuse.

 

• Pour qui écris-tu ? A moins que ce ne soit pour un public ? Pour être lu ?

D’abord pour moi. Et quand mon texte est aussi proche que possible de ce que je voudrais, je suis contente qu’il soit lu. Et si les lecteurs aiment, j’en suis ravie.

 

• Le public/l’éditeur t’ont-ils influencé à un moment donné ?

Sur mon travail en général, non. Mais bien sûr une critique qui me paraît juste, j’en tiens compte.

 

• Cette fameuse imagination, d’où vient-elle ? De quoi t’inspires-tu ?

De tout. Tout ce que je lis, je vis ou je vois. Tout cela ce sont des ingrédients à mettre dans ma pâte à gâteaux personnelle, et ils vont lever et cuire ensemble.

 

• Comment procèdes-tu pour écrire ? Un plan ? des carnets ?

Pas de plan. Pas de fiches. J’ai mon idée de départ, mon ou mes personnages principaux et go ! Que trépasse si je faiblis !

J’ai plein de carnets mais ils me servent à autre chose, des notes, des dessins, des trucs sans ordre.

 

• A quel moment de la journée écris-tu ? Avec quoi ? Une heure précise ?
As-tu besoin d’isolement ?

Quand j’ai le temps. J’écris sur mon ordinateur. Sur des cahiers quand je n’ai pas mon ordi. Et, oui, s’il y a du calme et du silence, c’est mieux.

 

• Qui te lis en 1er ? Un proche ? Pourquoi ?

J’aime bien quand mes enfants me relisent. Parce qu’ils ont des avis très sûrs.

 

• Ecrire à 4 mains cela te tente-t-il ?

Non. Déjà au lycée ou à la fac, quand il fallait travailler en binôme, je m’arrangeais chaque fois que possible pour me trouver en équipe avec un absent.

 

• Est-il facile de vivre de sa plume ? Exerces-tu un autre métier ?

C’est quasiment impossible. Oui, je suis médecin.

 

• Qualités et défauts de la Femme ? qui rejaillissent sur l’écrivain ?

Je ne sais pas, je manque d’objectivité sur ce sujet. Mais les qualités et les défauts marchent sûrement aussi pour l’écrivain, si on peut utiliser ce mot qui me paraît très pompeux pour moi.

 

* Quels conseils donnerais-tu à un auteur débutant ?

Je les donne souvent lors des rencontres : écrire ce que vous voulez, finir ce que vous commencez, et faire lire votre ouvrage quand vous avez décidé qu’il est terminé.

 

L'Histoire :

 

* Qu'est-ce qui t’as amenée à écrire des romans historiques ?

Il me semble que tous les romans sont des romans historiques. Il y a toujours une époque qui sert de cadre au roman.

Est-ce que le roman historique est plus compliqué à écrire que d'autres romans aux genres différents ?

Je crois que le plus difficile, c’est écrire des choses justes sur aujourd’hui.

Comment parvient-on à mêler fiction et réalité ?

C’est le privilège et la merveille du roman.

 

Tes personnages :

 

• Comment crées-tu tes personnages ?

Comme le docteur Frankenstein. Je les ébauche un peu et j’abaisse le gros interrupteur, s’ils prennent vie, c’est du tout bon, on continue.

 

• Est-ce que ce sont tes personnages qui te mènent ? Par exemple, peuvent-ils te faire changer de voie en cours d’écriture ?

Un peu, pas totalement. Nous nous partageons le devenir du récit. Hé ho, j’ai quand même mon mot à dire. Ce n’est pas ma création qui va me casser les pieds outre mesure ! Qui c’est le démiurge, ici ?

 

• Qu’aimes-tu le plus dans la création du personnage ? L’aspect psychologique ?

Psychologique, oui. Physique aussi. Décrire le Chevalier d’Eon torse nu, trempé d’eau et l’épée à la main, c’est very inspirating.

 

• Quel est le personnage que tu as créé et qui t’a posé le plus de souci. Pourquoi ?

Aucun. Si je n’ai plus d’idées pour gérer un personnage, ni de plaisir à lui inventer des aventures, c’est qu’il est temps de le faire sortir du récit si c’est un personnage secondaire, ou de terminer l’histoire et passer à autre chose si c’est un personnage principal. Cela ne m’est jamais arrivé avec un personnage principal. Je les ai toujours quittés avec tristesse.

 

• Quel personnage de papier que tu as inventé aimes-tu le plus ?

Je les aime bien tous.

 

Les lieux :

 

• Comment t’inspires-tu pour créer un lieu ? Une atmosphère ?

J’imagine que j’y suis.

 

• Te rends-tu sur place ? Visites-tu beaucoup ?

Oui. J’aime beaucoup cela. Si l’on connaît un endroit, cela aide beaucoup. Mais on peut aussi décrire un endroit que l’on connaît en le transposant géographiquement pour le bien du roman. Le roman est un espace de liberté.

 

Le style, la phrase, le mot…

 

• Quelle est la phrase qui te pose le plus de souci dans l’écriture ? L’incipit ?

Non, au contraire. Les premières phrases doivent être parfaites. C’est très amusant. Ce sont plutôt certaines transitions qui peuvent être ennuyeuses, comment aller d’un passage fort à un autre.

 

• Quel style préfères-tu ? style indirect libre… « je » ou « il »…

J’use des deux. Les deux ont leurs avantages.

 

• As-tu la plume facile ? Où est-ce laborieux ? Te faut-il raturer beaucoup ?

Je corrige énormément mais c’est parce que cela m’amuse.

 

• Combien dure la phase avant l’écriture (recherches…) ? Et la phase d’écriture ? Combien écris-tu de livres par an ?

Presque rien. Quand j’ai une idée, j’y vais tout de suite. Les recherches, je les fais en cours d’écriture. Les idées, elles tombent un peu du ciel, je trouve. Quand il y en a une qui arrive, il faut la saisir et la bloquer sur le papier pendant qu’elle est là. Une bonne idée, originale, motivante, c’est précieux, ce n’est pas si fréquent.

 

• Quel place a le mot dans tes romans ? Le vocabulaire est-il très important pour toi ?

Essentielle. La recherche du mot juste est ma principale préoccupation. Et j’aime aussi le plaisir gourmand de me servir de beaux mots. Les répétitions ne me gênent pas, beaucoup moins que l’utilisation d’un synonyme à la nuance inexacte, ou moche tout simplement.

 

• Fais-tu attention à la longueur de tes phrases ? Pierre Bottero faisait des phrases courtes ; parfois, il ne les finissait pas pour laisser le soin au lecteur d’imaginer, de rêver et donc de les terminer lui-même.

J’ai envie que ce soit joli, alors je fais surtout attention au rythme et à la musique de mes phrases. Un alexandrin ou un décasyllabe caché dans la prose, ce peut être très agréable. Je me dis parfois : « je relis, c’est le moment de me mettre le cerveau en gamme de blues. »

 

• Qu’est-ce qui fait que pour toi, une phrase est bonne ?

Allons tout droit au sublime. Mon cher maître Flaubert l’a splendidement dit : « Une bonne phrase de prose doit être comme un bon vers, inchangeable, aussi rythmée, aussi sonore. »

 

• Utilises-tu beaucoup de documentation ?

Enormément, j’adore cela.

 

La littérature :

 

• Anne, qu’est-ce ce que la littérature jeunesse ? Une littérature à part entière ?

Je crois qu’un texte écrit avec des mots, des phrases et de la ponctuation relève de la littérature, de la comptine à « La guerre et la paix » de Tolstoï. Ensuite, si l’on veut, on peut la classer par genres. C’est plus commode dans les bibliothèques et les librairies.

 

• Faut-il lire les classiques ? Pourquoi ?

Il me semble qu’en lecture, il ne « faut » pas grand-chose. J’aime beaucoup les ouvrages classiques et je les conseille vivement, mais chacun lit ce qu’il aime. J’aime aussi beaucoup les bd et les mangas.

 

L’avenir du livre ?

• As-tu un avis dessus ? Les nouvelles technologies vont-elles le tuer ?

J’espère que non.

 

Le fruit de ton imagination :

 

• Quel est le livre que tu as écrit pour lequel tu gardes une affection particulière ?

Je les aime bien tous.

 

• Pourquoi vas-tu dans les salons du livre ? Cela n’est-il pas trop ennuyeux ?

Pour rencontrer les lecteurs. Non, ce n’est pas ennuyeux, au contraire c’est un moment privilégié.

 

• Ecrire, c’est s’exposer aux regards des autres ? Est-ce compliqué ?

Vous voulez dire : par le biais du contenu du récit ? En effet, on livre beaucoup de soi-même à travers les personnages. Mais le roman et la fiction font une cuirasse très efficace, comme celle d’Achille.

 

• Quel est le plus beau compliment reçu ?

Oh, la plupart ! Les lecteurs et les blogueurs sont tellement gentils avec moi, tellement indulgents, tellement généreux. Quarante mille fois trop gentils !

 

• La réflexion la plus dure ?

Je n’ai pas le souvenir… On a dit des choses assez aigres sur Marie-Antoinette mais ce n’était pas sur mon roman, c’était sur sa personne. C’est étonnant, plus de deux cents ans après, des gens la détestent encore. Bon, on a aussi dit des choses très sympa sur elle et je crois que c’est celui de mes livres qui a été le plus acheté.

 

L’écriture engagée :

• Peut-on tout écrire quand on sait qu’on est lu par des ados ? Evoquer les affres de notre société n’est-il pas périlleux pour le moral de notre jeunesse ?

J’écris des comédies et des romans de cape et d’épée, je ne crois vraiment pas que je puisse être un péril pour le moral de qui que ce soit.

 

Les éditeurs, l’édition :

 

Te sens-tu libre comme écrivain ? As-tu eu à souffrir de la censure ? T’interdis-tu des choses dans l’écriture ? L’éditeur te « dirige »-t-il beaucoup ?

Tout à fait libre. J’écris avant de proposer mes textes. J’écris comme j’ai envie que mon texte soit. Je ne présente donc aux éditeurs que des textes finis. Et cela leur plaît ou ne leur plaît pas. Si leurs propositions me paraissent améliorer le roman, bien sûr j’en tiens compte, c’est très souvent le cas.

 

Les éditeurs mènent des études pour connaître les goûts des lecteurs (en matière d’histoires, de personnages,…)… Comment fais-tu pour résister aux modes et toujours être un auteur apprécié ?

Je ne me tiens pas au courant de ces études. Je crois qu’écrire sur un canevas ma barberait profondément.

 

Est-ce que lecture et écriture vont de pair ? Faut-il aimer lire pour écrire ?

Pour moi, oui. Pour les autres, je ne sais pas. Il doit bien y avoir des gens qui arrivent à dissocier.

 

• Pour toi, lire c’est quoi ?

C’est intense, silencieux et immergé.

 

• Les livres jeunesse qui t’ont marquée chez les autres ?

Rudyard Kipling !!!

Merci Christophe

 

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Published by Le cédéiste - dans INTERVIEWS du Cédéiste
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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 11:46

celine-le-gallo-dedicace-son-premier-livre-le-tresor-de-lab.jpg 

Bonjour Céline ! Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

L’auteur aujourd’hui


• Comment es-tu devenue écrivain, aujourd'hui publiée ?

 

C'est une très belle aventure qui a commencé il y a maintenant un peu plus d'un an lorsque j'ai reçu un e-mail de Françoise Hessel, directrice éditoriale aux éditions Oskar, qui me disait qu'elle avait beaucoup aimé mon roman et qu'elle souhaitait le publier en 2014. Inutile de dire qu'il m'a fallu me frotter les yeux, me pincer, même, pour être certaine de ne pas rêver...

 

* Et pour la jeunesse ?

 

Ca, c'est sûrement la documentaliste qui rejaillit ! Eh oui, la littérature jeunesse fait partie de mon quotidien au collège. Sans dire que je suis tombée dedans quand j'étais petite (même s'il est vrai que j'ai toujours eu un livre à la main, même plusieurs !), disons que je la côtoie assez pour savoir à quel point elle peut, elle aussi, se révéler passionnante et enrichissante car oui, même en littérature jeunesse, on trouve de vraies petites pépites !

Par ailleurs, je crois qu'il me serait difficile d'écrire pour les adultes et uniquement pour eux : l'avantage de la littérature jeunesse est d'être, à mon avis, ouverte à tout public, de 1an à... tiens d'ailleurs, jusqu'à quel âge ? 100 ? 110 ? 120 ?... C'est une richesse incroyable et un plaisir de savoir que son petit livre va être lu par des petits, certes, mais aussi par des grands et que ceux-ci le feront lire à d'autres petits... et même à d'autres grands !

 

* Tu viens donc de publier ton 1er roman chez Oskar. Comment est né ce roman ?

 

Oh, ça, c'est une assez longue histoire (gloups, désolée, j'ai toujours eu du mal à faire court...) Au départ, j'avais été contactée par une maison d'édition régionale : il me fallait donc être extrêmement précise quant aux détails que j'étais amenée à fournir sur les principaux lieux de l'intrigue. Et comme je souhaitais que cette première enquête se déroule dans une abbaye où les moines sont encore bien présents, j'ai donc contacté le père abbé et le frère hôtelier de ladite abbaye pour solliciter un entretien : j'ai échangé avec eux durant plusieurs heures, l'occasion aussi de visiter l'église et même d'obtenir d'eux le plan que l'on découvre dans le prologue. Bon, il s'avère que le projet avec cette maison d'édition ne s'est finalement pas fait pour des raisons diverses et variées. C'est donc là que j'ai décidé, encouragée par ma famille et mes amis, de tenter ma chance au niveau national : j'ai d'abord « gommé » tout ancrage local dans mon récit pour en faire quelque chose de plus ouvert, j'ai ensuite corrigé et supprimé quelques parties propres à ma région (la Normandie, plus précisément, le département de la Manche) et puis... j'ai envoyé mon manuscrit, sans trop y croire au départ, mais en croisant tout de même fortement les doigts !

 


* La peur a-t-elle existée ? L'angoisse du débutant ?

 

Ce serait évidemment mentir que de dire que je n'ai jamais ressenti la moindre petite peur, la moindre petite angoisse... Au contraire ! Encore aujourd'hui, alors que l'aventure se poursuit plutôt de manière positive, je ne cesse de me poser x questions sur le quand, le comment, le « est-ce que la suite va leur plaire au moins autant », le « est-ce que je vais trouver une idée originale, les mots justes... », j'en passe et des meilleures... Cela dit, ça n'est pas très étonnant : d'abord, parce que je suis quelqu'un d'hyper stressé par nature (et pourtant, promis, je me soigne !) et rien à faire, je ne peux pas ne pas me poser cent mille questions ! Et puis aussi parce que c'est quand même une toute nouvelle expérience pour moi et il faut apprendre à gérer ces nouvelles émotions. Sans oublier la peur de décevoir ceux qui ont cru en moi (à commencer par Françoise Hessel), celles et ceux, petits et grands, qui vont me lire et puis l'inévitable envie ? besoin ? nécessité ? de progresser car ne l'oublions pas, je suis une toute « jeune » auteure.. disons plutôt récente, ça évitera les ambiguïtés, et j'ai donc encore tant à apprendre !

 


* Il n'y a pas d'école en France pour apprendre à écrire un roman, comment as-tu procédé ? As-tu lu d'éventuelles méthodes(si celles-ci existent) d'écriture ?

 

Non, je n'ai rien lu de ce genre, je me suis simplement mise un jour devant mon clavier et puis... j'ai commencé à noircir l'écran, sans méthode particulière, mais avec beaucoup, beaucoup de passion !

 


* Comment as-tu travaillé pour écrire ce roman ? Quelle fut ta méthode de travail ?

Comme je l'ai dit, j'ai d'abord bien étudié les lieux où je campe mon intrigue, cela me paraissait essentiel pour les restituer le plus fidèlement possible aux yeux des lecteurs. Pour le reste, je me suis aussi pas mal documentée sur la police scientifique via internet car même si je n'entre pas dans des détails trop précis, j'avoue que j'ai dû un peu potassé les questions d'empreintes digitales et d'ADN ! Ceci dit, c'est passionnant car j'ai appris quantité de choses ! Idem, d'ailleurs, pour les tomes suivants qui m'ont amenée à me renseigner sur les numéros de commission paritaire des journaux ou encore l'expertise des oeuvres d'art ! Sans oublier de longues recherches sur la vie dans l'Egypte antique au temps de Ramsès II mais là, chuuutttt, c'est une autre série, avec d’autres héros et donc une autre histoire !

 

 


L’écriture :

• Pourquoi écris-tu ? Est-ce quelque chose de facile à expliquer ?

 

En fait, ce n'est ni facile, ni difficile, c'est plutôt quelque chose de l'ordre du ressenti... Pour moi, en tout cas, c'est une vraie passion, peut-être même un vrai besoin, en tout cas assurément une grande source de plaisir... et d'angoisse aussi !!!

 


• Arthur Ténor parle de lui comme étant un « explorateur de l’imaginaire. » As-tu une formule pour te caractériser ?

 

Ouh là, ça c'est difficile... Eh oui, comme je l'ai dit, j'ai encore tout à apprendre... Alors, disons que je suis une « passeuse de mots, une gribouilleuse ou une raconteuse d'histoires ». Et si j'arrive vraiment à être ça, j'en serais ravie !!!


• L’écriture a-t-elle toujours été en toi ou est-ce quelque chose qui est arrivé tardivement dans ta vie ? Il y a t-il eu un élément déclencheur ?

 

Disons que j'ai toujours aimé gribouillé du papier : eh oui, à l'époque, les ordinateurs n'existaient pas (remarque qui me fait toujours passer pour une extra-terrestre aux yeux de mes élèves) ! Oh, pas de grandes histoires, non, tout juste des « historiettes », souvent des petites intrigues, d'ailleurs, mais oui, j'ai toujours aimé titiller mes « petites cellules grises » !

Ensuite, bien sûr, le temps des études est arrivé et là, ce sont d'autres mots que j'ai posés sur le papier à travers des études de cas, des dissertations, des mémoires... Des mots plus sérieux, plus alambiqués parfois, mais toujours, là aussi, avec beaucoup de passion et de plaisir. Et puis, il y a eu enfin le temps du CAPES de documentation et celui de ce métier que j'exerce aujourd'hui, un temps où j'ai beaucoup, beaucoup lu (de la littérature jeunesse surtout, eh oui !) et, du coup, moins écrit... C'est d'ailleurs de là que le déclic a eu lieu : une envie, un besoin même, de reprendre la plume (enfin... le clavier) mais cette fois-ci, non pas pour des textes documentaires (ce temps là me semblait loin désormais...) mais pour de la fiction ; l'envie d'explorer les recoins de mon imaginaire, peut-être même de me surprendre ; en tout cas, assurément, l'envie de relever un défi qui me paraissait excitant et tellement périlleux à la fois car enfin, quand même, une question me taraudait sans cesse : en es-tu vraiment capable ? Toujours est-il que j'y ai pris un plaisir fou, que j'y ai ressenti des émotions vraiment fortes et nouvelles que j'ai eu envie, bien sûr, de poursuivre l'aventure !


• Pour qui écris-tu ? A moins que ce ne soit pour un public ? Pour être lu ?

 

Franchement, j'écris d'abord pour moi, pour ce plaisir pleinement égoïste que je suis seule à partager avec mes petits héros. J'adore en effet ces longs moments où ils n'appartiennent qu'à moi, où je les imagine dans de futures situations, où finalement mon texte est encore « mon » bébé. Et d'ailleurs, au départ, je n'avais pas forcément envisagé la publication...

Pour autant, je ne cacherai pas que je prends aussi plaisir à être lue (et d'ailleurs, si ça n'était pas le cas, jamais je n'aurais envoyé mon texte, il serait resté bien au chaud dans mon tiroir...) : c'est toujours excitant (et stressant !) de voir son livre poursuivre son aventure dans les mains d'autres lecteurs, connus ou pas, car ce sont eux aussi qui le font vivre en dehors de nous ! Et quel plaisir d'échanger avec ces lecteurs car leur regard, leur ressenti nous apporte forcément beaucoup !

 


• Cette fameuse imagination, d’où vient-elle ? De quoi t’inspires-tu ?

 

Ca c'est une question que l'on pose souvent et à laquelle il n'est pas si aisé de répondre... Disons, pour faire simple et court (si, si, de temps en temps, je peux faire court !), que les idées originelles proviennent de mes lectures, de faits divers, de films, de bribes de conversations, d'expériences vécues, d'élucubrations et autres moments de folie, que sais-je encore ? Tout cela se glisse plus ou moins subrepticement dans un coin de mon crâne et puis... le temps fait son oeuvre : ça mijote, ça mijote, et ça mijote encore dans la tête jusqu'au moment magique où voilà, les personnages apparaissent peu à peu, l'intrigue, elle aussi, prend place avec ses avancées, ses rebondissements... Et justement, pour moi, c'est ça l'imagination, quelque chose qui se construit à partir de tous ces éléments ou bribes d'éléments qui, par une sorte d'alchimie dont je ne maîtrise absolument pas le procédé, vont accoucher d'un scénario, d'une histoire, de personnages, d'intrigues...

 


• Comment procèdes-tu pour écrire ? Un plan ? des carnets ?

 

Un plan ? Oui ! Des carnets ? Oui, enfin, des fiches plutôt. J'ai en effet besoin de poser d'abord une sorte de trame générale de l'intrigue, il se peut même que celle-ci soit assez détaillée avec le découpage des chapitres et, pour chacun d'entre eux, une sorte de résumé de l'action. Il est surtout important pour moi de savoir d'où je pars mais surtout où je vais même si, évidemment, entre les deux, il arrive parfois que la ligne ne soit pas droite, loin de là ! Mais c'est justement ça qui est grisant... et angoissant en même temps ! A cela s'ajoute évidemment pas mal de notes recueillies ça et là concernant un sujet précis (j'ai collecté beaucoup de documents, par exemple, sur l'Egypte antique et ma table est couverte de livres documentaires sur le sujet !)

 

• A quel moment de la journée écris-tu ? Avec quoi ? Une heure précise ?

 

Contrairement à beaucoup d'auteurs, je suis incapable d'écrire la nuit... Bon, très sincèrement, je n'ai jamais essayé, mais je crains que mon esprit soit quelque peu embrouillé à ces heures tardives... Alors moi, j'écris uniquement dans la journée, notamment les week-end et les mercredis, mes jours de repos, sans oublier les vacances. Difficile aussi d'écrire le soir en rentrant du travail, d'abord parce que j'ai souvent des choses à préparer pour le collège et puis parce que je crois, tout simplement, que mon esprit n'est pas assez disponible pour ça (d'autant que j'ai besoin de longues plages horaires pour écrire).

 


• Qui te lis en 1er ? Un proche ? Pourquoi ?

 

Ma mère !!! Elle est ma fidèle première lectrice et joue son rôle en toute objectivité, si, si ! Ensuite, mes premiers jets vont dans les mains de deux collègues et amies qui, elles aussi, prennent leur fonction de « lectrices-cobayes » très au sérieux ! C'est très important pour moi d'avoir déjà ces premiers avis, cela me permet de voir rapidement si je me suis fourvoyée ou pas, si l'alchimie dont je parlais tout à l'heure fonctionne ou non et puis, surtout, cela m'encourage, me donne l'envie de poursuivre l'aventure !

 

• Qu’aimerais-tu écrire ? Un sujet qui te taraude ?

Pour le moment, mon premier souhait est de mener à bout les projets que je me suis fixés, à savoir, une première série dont « Le trésor de l'abbaye » est le premier tome puis une autre série dont j'ai écrit les six premiers chapitres du premier tome, ça serait déjà très, très bien !


• Ecrire à 4 mains cela te tente-t-il ?

Cela doit être évidemment une expérience très enrichissante mais pour les mêmes raisons que précédemment, je m’occupe pour le moment de mes projets en cours. Mais plus tard, qui sait, pourquoi pas ?


• Est-il facile de vivre de sa plume ? Exerces-tu un autre métier ?

 

Je n'en suis évidemment pas à ce stade-là car je n'ai, à ce jour, publié qu'un seul roman, mais disons que je ne suis pas totalement inculte sur le sujet : je sais à quel point il est difficile d'en vivre (et visiblement, les choses ne vont pas en s'arrangeant...) Vivre exclusivement de sa plume semble être devenu un vrai luxe aujourd'hui, ce qui explique que je suis aussi admirative envers ces « grands » auteurs !

Mais cette question ne se pose pas pour moi, du moins pour le moment, car je suis avant tout documentaliste dans un petit collège et heureuse de l'être ! Je trouve d'ailleurs que c'est une sacrée chance, une sacrée richesse, de pouvoir porter deux casquettes à la fois même si je reconnais que j'aimerais avoir un peu plus de temps libre pour écrire...


• Qualités et défauts de la Femme ? qui rejaillissent sur l’écrivain ?

  • L'entêtement : les quelques gênes bretons qui se baladent en moi font que je suis quelqu'un d'assez têtu (mais bon, que les Bretons se rassurent, ce trait de caractère se rencontre aussi ailleurs !) : par conséquent, j'ai du mal à lâcher mes idées, je fais tout pour aller au bout de mes intentions et, concernant l'écriture, au bout de l'intrigue prévue même si, évidemment, je vais parfois être obligée de la remodeler légèrement.

  • La quête de la perfection : je suis aussi quelqu'un de perfectionniste (peut-être parfois trop d'ailleurs...), je vais donc m'efforcer là aussi de chercher et de donner le meilleur, à la fois dans mon travail et, naturellement, dans l'écriture (mais est-ce que j'y arrive vraiment, ça...)

  • L'incertitude : on l'aura compris, je suis aussi quelqu'un qui doute énormément de soi, d'où le stress engendré et les cent mille questions qui vont avec !

  • La volubilité : à tout cela s'ajoute le fait que je suis assez bavarde : on comprendra pourquoi certaines de mes phrases peuvent être parfois à rallonge (mais promis, ça aussi j'y travaille !)

  • La curiosité (intellectuelle, cela va sans dire) : je suis en effet toujours avide d'apprendre, de découvrir des choses et des univers qui me sont inconnus. En cela l'écriture est une vraie richesse car elle est une interrogation perpétuelle sur la recherche du bon mot, de la bonne expression, sans oublier les recherches préliminaires sur les divers sujets traités !

  • La passion : que ce soit pour mon métier ou dans ma vie personnelle, je suis quelqu'un qui fait les choses avec passion et forcément, c'est la même chose pour l'écriture, cela génère chez moi des émotions très fortes, y compris, même, lorsque cela ne fonctionne pas comme je le souhaiterais !

Les personnes qui me connaissent pourraient, sans doute, ajouter quelques termes à la liste mais je trouve que là, c'est déjà pas si mal !

 

Ton genre préféré :

Qu'est-ce qui amené à écrire le genre d'histoires qui sont les tiennes ?

Comme je l'ai écrit précédemment, j'ai toujours eu un livre à la main et il s'avère que très tôt, j'ai aimé lire des histoires construites sous forme d'enquêtes, d'énigmes à résoudre : mes lectures préférées de petite fille étaient « Le Club des Cinq », « Fantômette », « Le Clan des Sept »... Plus tard, bien plus tard, j'ai continué dans cette mouvance et ma bibliothèque personnelle aujourd'hui est à 80% composée de polars et de thrillers (romans et bandes-dessinées confondus). J'ajouterai que ce genre particulier est aussi celui qui retient mon attention lorsqu'il s'agit d'aller voir un film au cinéma (eh oui, on ne se refait pas !)

Alors bien sûr, cela rejaillit sur l'écriture : rien d'étonnant à ce que mon premier roman soit une petite intrigue policière doublée d'une chasse au trésor et d'énigmes à décoder ! La suite est du même acabit, d'ailleurs, avec, évidemment, un clin d'oeil à Hercule Poirot ou encore Sherlock Holmes, des personnages qui ont peuplé mon adolescence et qui sont devenus « mes » héros ! Et comme si cela ne suffisait pas, l'autre série comporte elle aussi une enquête à mener même si, cette fois-ci, elle se déroule en Egypte antique.

En réalité, je crois que je suis incapable d'écrire une histoire sans qu'il y ait forcément une intrigue, des codes et autres messages secrets, une enquête... C'est peut-être dommage mais en même temps, c'est dans ce genre que je m'épanouis, alors...

 

 

Tes personnages :

• Comment crées-tu tes personnages ?

Pour commencer, j'aime que mes personnages aient un caractère bien défini qui leur soit propre. D'autre part, je joue assez sur leur complémentarité (« l'intellectuelle » et le « manuel », le « nonchalant » et la « cartésienne »...), les compétences de chacun étant au final mises au service de la résolution de l'intrigue.

Pour le reste, disons que j'aime bien aussi y mettre un peu de moi-même (ce que mes « lectrices-cobayes et autres lecteurs ont d'ailleurs aisément repéré), que ce soit dans les traits de caractère ou dans mes passions, mes goûts, mes envies... Mais attention, mes personnages ont toutefois leur propre existence, ils ne sont pas « moi » à proprement parler (heureusement, d'ailleurs !), ni même une copie conforme, ce sont juste quelques petites touches posées ici ou là !

• Est-ce que ce sont tes personnages qui te mènent ? Par exemple, peuvent-ils te faire changer de voie en cours d’écriture ?

Ouh, là, là, OUI !!!! Et c'est d'ailleurs ça qui est vraiment magique dans l'écriture, c'est de voir à quel point l'on se retrouve embarqué(e) dans des chemins que l'on n'avait pas forcément anticipés ! C'est une émotion très forte et très grisante : les mots défilent sur le clavier et l'on s'aperçoit en relisant l'ensemble que l'on a bougrement dévié de la route et de la trame initialement prévues ! Et dans ce cas, difficile de ne pas croire que ce sont eux, justement, qui nous ont joué ce drôle de tour ! C'est une sensation très forte, l'essentiel étant toutefois de parvenir au but que l'on s'était fixé : ces digressions ne sont pas toujours de mon fait mais je parviens quand même toujours à ramener mes petits héros là où je veux !


• Qu’aimes-tu le plus dans la création du personnage ? L’aspect psychologique ?

Oui, évidemment, l'aspect psychologique compte beaucoup car, comme je l'ai écrit précédemment, j'aime que mes personnages aient une personnalité bien campée. Pour autant, l'aspect physique aussi est très important pour moi : lorsque je lis un livre, j'aime pouvoir me construire une image mentale des personnages, cela m'aide à mieux entrer encore dans l'histoire, cela m'aide, surtout, à me les rendre plus attachants, plus proches. Du coup, je m'efforce de susciter cette sorte de complicité avec les lecteurs en décrivant aussi précisément que possible mes personnages mais attention : j'en dis juste assez mais pas trop non plus pour que l'imagination de chacun puisse aussi se libérer. En fait, tout est une question de bon dosage : suffisamment... mais pas trop non plus et ça, ça n'est pas si facile !


• Quel est le personnage que tu as crée et qui t’a posé le plus de souci Pourquoi ?

Difficile de répondre à cette question car franchement, je n'ai pas réellement ressenti de souci particulier : les personnages s'imposent finalement assez vite à moi. Peut-être, éventuellement, le comte russe dans la deuxième série que j'ai commencé à écrire, je voudrais qu'il soit encore plus cruel, plus mystérieux, plus intrigant, plus terrifiant...


• Quel personnage de papier que tu as inventé aimes-tu le plus ?

J'aime beaucoup le personnage de Zoé, son intelligence, sa perspicacité, sa maturité d'esprit mais en même temps, elle est peut-être un peu trop sérieuse. J'aime bien aussi celui de Matthéo, son camarade : lui se moque bien de l'école, des livres... mais il est profondément sincère et fidèle dans ses sentiments, sans oublier qu'il a des traits de génie (certes, involontaires) indispensables à la résolution de l'enquête. Armande Chabons, l'enseignante d'histoire-géographie, me plaît bien aussi avec son côté un brin rabat-joie et austère mais tout cela n'est qu'une façade, bien sûr ! Dans l'autre série, j'aime surtout les deux animaux, le mainate qui s'exprime en alexandrins et la moufette, joviale, bavarde et gourmande ! Et puis peut-être aussi les deux enfants pour leurs caractères là aussi opposés mais complémentaires, sans oublier l'infâme comte russe et la rassurante Artémise... Bref, je crois, en réalité, que je les aime tous !



Les lieux :

• Comment t’inspires-tu pour créer un lieu ? Une atmosphère ?

Comme je l'ai écrit précédemment, pour mon premier roman, je me suis largement inspirée d'une abbaye proche de chez moi. Dans le troisième tome, le château est là aussi directement inspiré d'un monument de ma région que j'ai visité il y a quelques années de cela. Pour le reste, j'imagine entièrement ou bien je prends des bouts ici et là et je reconstruis le tout. Evidemment, pour la deuxième série, les lieux ne sont pas du tout laissés au hasard : j'ai par exemple fait moult recherches sur la ville de Memphis au temps de Ramsès II, sur le temple de Ptah, les maisons d'artisans et de la noblesse... Pas question en effet de raconter n'importe quoi, on se doit d'être le plus fidèle possible !


• Te rends-tu sur place ? Visites-tu beaucoup ?

Pour l'abbaye et le château, oui, je les ai visités, cela faisait partie intégrante de ma démarche d'écriture. Concernant le deuxième tome dont l'intrigue se déroule dans un cirque, j'ai tout simplement fait appel à mes souvenirs de petite fille ! Quant à l'Egypte... Ah ça c'est sûr que j'aimerais bien y aller même si les monuments que je décris ont en grande partie disparu ! Cela dit, ce serait quand même une belle conclusion à ce voyage au pays des mots !




Le style, la phrase, le mot…

• Quelle est la phrase qui te pose le plus de souci dans l’écriture ? L’incipit ?

Evidemment, les premiers mots couchés sur le papier ou sur l'écran sont très importants, ce sont eux qui nous mènent et qui emmènent les lecteurs ; ils donnent un ton, une ambiance, parfois même ils dévoilent un style. Mais très franchement, l'atmosphère d'un livre ne se réduit pas à l'incipit... et heureusement ! En fait, pour moi, tous les mots ont leur importance, du premier au dernier et il m'arrive parfois de laisser des espaces en blanc car les mots ou les phrases qui me viennent à l'esprit à cet instant précis ne rendent pas assez fidèlement l'idée qui est au fond de moi alors, j'y reviens plus tard.


• Quel style préfères-tu ? style indirect libre… « je » ou « il »…

J'avoue que le style indirect me convient mieux mais cela dit, je ne me suis jamais essayé au style direct... un jour peut-être ?


• As-tu la plume facile ? Où est-ce laborieux ? Te faut-il raturer beaucoup ?

Non, ce n'est malheureusement pas facile ! Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est laborieux, enfin... pas tout le temps, même si parfois, je renonce car ça ne vient pas comme je le souhaiterais (dans ce cas, je préfère laisser reposer un peu, comme la pâte à crêpes, et y revenir ensuite ; parfois, quelques heures suffisent !) Disons qu'il m'arrive d'effacer, parfois souvent, mais heureusement, il arrive aussi souvent que les mots, les phrases, les paragraphes me plaisent dès le premier jet !


• Combien dure la phase avant l’écriture (recherches…) ? Et la phase d’écriture ?

En ce qui concerne les recherches préalables, je dirai que c'est très variable selon la nature de l'histoire racontée : j'ai évidemment passé bien plus de temps à faire les recherches pour la deuxième série que pour la première, tout simplement parce que je n'ai qu'une connaissance partielle de l'Egypte antique alors même que je souhaite en donner au contraire une vision précise.

Quant à la phase d'écriture, là aussi elle varie selon les disponibilités du moment mais quoiqu'il en soit, je ne m'impose aucune contrainte de temps : j'ai la chance d'écrire avant tout pour le plaisir puisque j'ai par ailleurs un métier qui me passionne et me permet de vivre, aussi vais-je à mon rythme, au grès de mes possibilités et de mes envies. Disons globalement qu'il me faut quand même un an pour boucler une histoire.


• Quelle phase préfères-tu ? La recherche des idées ? l’écriture ?

Les deux !!! Allez, un plus quand même pour l'écriture car à ce moment-là, la fiction reprend le pas sur la partie purement documentaire et c'est quand même plaisant de jouer avec son imaginaire !


. • Quel place a le mot dans tes romans ? Le vocabulaire est-il très important pour toi ?

Oui, évidemment, le vocabulaire est très important pour moi. Bien que mes histoires s'adressent à priori à des enfants, des ados, je m'efforce de maintenir un registre de langage assez soutenu et je n'hésite pas à glisser volontairement de temps à autres des mots de vocabulaire un brin désuets, voire alambiqués (enfin, rassurez-vous, il n'y en a pas trop non plus !) Des lecteurs m'ont d'ailleurs déjà fait la remarque, ce à quoi je réponds que mon intention n'est absolument pas de jouer les pédagogues, non, mais disons que je ne suis pas du tout pour brader l'écriture au prétexte que dans la vie de tous les jours, on omet les négations, on utilise un registre de vocabulaire familier... au contraire ! L'écriture doit justement servir à cela, dépasser le quotidien et je crois franchement que c'est aussi cela que les lecteurs, petits et grands, attendent ! Pour moi, le rôle d'un auteur (même débutant !), en dehors de faire rêver, est de faire réfléchir, de faire se poser des questions et, bien sûr, d'apprendre des choses et le vocabulaire en fait pleinement partie je crois. Nous avons la chance de posséder une langue d'une richesse incroyable, il serait dommage de s'en priver ! Et puis, quel problème cela pose-t-il à ce qu'un enfant ne comprenne pas un mot en particulier ? C'est justement l'occasion pour lui de demander à ses parents, frères et soeurs, professeurs... sans oublier d'utiliser un dictionnaire (euh, là, je reconnais, c'est un peu la documentaliste qui se réveille !)

• Fais-tu attention à la longueur de tes phrases ? Pierre Bottero faisait des phrases courtes ; parfois, il ne les finissait pas pour laisser le soin au lecteur d’imaginer, de rêver et donc de les terminer lui-même.

Ouh là, oui car ça, c'est un des mes gros défauts d'écriture (on l'aura sans doute déjà remarqué !) Je me souviens de mon directeur de mémoire qui me disais souvent : « Céline, tu vois ta phrase, là ? Coupe-la au moins en trois ! » (faut dire qu'elles faisaient parfois dix lignes !) Depuis, j'ai essayé de suivre ce conseil mais je reconnais que pour moi, ça ne va pas du tout de soi ! C'est donc un vrai travail pour moi que d'arriver à faire des phrases d'une longueur, disons... raisonnable. A quoi cela est-il dû ? Aucune idée... peut-être au fait que les idées se bousculent dans ma tête et que chacune veut être la première à être retranscrite sur l'écran, qui sait... Mais en même temps, si la phrase,  même un peu longue, fonctionne, je ne vais pas me priver de la livrer ainsi.


• Qu’est-ce qui fait que pour toi, une phrase est bonne ?

Disons qu'une phrase me paraît bonne si elle retranscrit le plus fidèlement possible l'idée, l'intention de départ. Une phrase est bonne également si elle fait sens, si elle embarque avec elle les lecteurs, si elle apporte un peu de magie, si elle choque, parfois, si elle titille l'imaginaire… bref, si elle est pleinement utile et si elle interpelle, dans quel sens que ce soit.


• Utilises-tu beaucoup de documentation ?


Oui, j'utilise pas mal de documentation : des sites internet et pas mal de livres documentaires, parfois quelques livres de fiction aussi mais c'est plus rare.


Les éditeurs, l’édition :
* Te sens-tu libre comme écrivain ? As-tu eu à souffrir de la censure ? T’interdis-tu des choses dans l’écriture ? L’éditeur te « dirige »-t-il beaucoup ?

Je n'ai, à ce jour, que peu de recul par rapport à tout ceci. La seule chose que je puisse écrire à ce sujet c'est que jamais l'on m'a imposé ou interdit quoique ce soit, y compris lors de la phase de corrections : j'ai toujours eu « carte blanche » pour accepter ou non les propositions de modification de la correctrice (elles étaient heureusement peu nombreuses) ; j'en ai suivi certaines, celles que je jugeais pertinentes, mais j'en ai écarté aussi d'autres et jamais on ne m'a fait la moindre remarque. C'est d'ailleurs une marque de confiance de la part de l'éditeur que j'apprécie tout particulièrement.


• Quel fut le rôle d'Oskar dans ton écriture ? Comment la collaboration s'est-elle passée ?

C'est un partenariat qui a fonctionné sur la confiance totale, en tout cas c'est ce que je ressens : nous avons surtout échangé par e-mails, parfois par téléphone, mais toujours de manière amicale, bienveillante et ça c'est très agréable et rassurant, surtout pour les personnes comme moi qui découvrent ce nouvel univers !


* Est-ce que lecture et écriture vont de pair ? Faut-il aimer lire pour écrire ?

Pour moi en effet, lecture et écriture vont de pair, je ne peux me passer ni de l'une, ni de l'autre. Toutes deux sont des portes ouvertes sur l'imaginaire et toutes deux s'enrichissent mutuellement : certaines lectures vont inspirer plus ou moins certaines histoires au même titre que l'acte d'écriture va faire que l'on ne va pas lire le livre tout à fait de la même manière (on va être, justement, plus sensible au style, au vocabulaire… on va même, parfois, se dire : « et si c'était moi qui avais écrit ce passage-là, comment l'aurais-je écrit ? »)


• Pour toi, lire c’est quoi ?

Rêver, rire, pleurer, réfléchir, m'abandonner un instant, me poser des questions, m'instruire, m'offusquer, m'attendrir, oublier le quotidien, m'évader, m'inventer des mondes secrets, tomber amoureuse (si, si, promis, ça m'est arrivé de tomber follement amoureuse d'un personnage, de plusieurs, même !), changer de personnalité (être une fée, une aventurière, une super-flic, une midinette, une vraie méchante... l'espace de quelques pages.)

Bref, pour moi, lire, c'est avant tout jouer avec tout un panel d'émotions, mais c'est aussi une expérience qui fait que je vais en sortir grandie.


• Quels sont tes auteurs préférés ? tes lectures préférées ?

J'ai un faible, je l'avoue, pour la littérature policière, mon auteur préféré en la matière étant assurément Fred Vargas dont je possède, d'ailleurs, tous les livres, qu'il m'arrive souvent de relire et relire encore. Je lis aussi pas mal de Maxime Chattam, Jean-Christophe Grangé, Agatha Christie, bien sûr (même si là, c'était plutôt mes lectures d'adolescente), Viviane Moore, Stieg Larsson, Camilla Läckberg, Deryn Lake... et côté bandes-dessinées, j'adore le travail d'Isabelle Dethan ou encore de Didier Convard. Ceci dit, j'aime bien aussi un bon roman historique (surtout lorsqu'il se double d'une bonne enquête !) et il m'arrive aussi souvent de piocher dans la littérature « générale ». En revanche, j'ai peu d'appétence pour les biographies, la science-fiction et la fantasy.


• Les livres jeunesse qui t’ont marquée chez les autres ?

Ta bibliothèque,
* quelle est-elle ? Comment sont ces livres, Beaux livres, poches… genres ? Où sont-ils rangés ? Comment sont-ils classés ?

Ma bibliothèque est située à l'étage, dans ma mezzanine. Elle contient surtout des polars et thrillers mais aussi quelques titres plus « généralistes ». Certains sont en effet au format poche mais si un livre me plaît, je n'attend pas qu'il sorte à ce format, je l'achète immédiatement en grand format (c'est le cas pour les romans de Fred Vargas, par exemple). Je possède aussi deux bons rayonnages de bandes-dessinées. J'ai également la chance d'avoir hérité de toute la série des Rougon-Macquard qui avait appartenu à ma grand-mère, une belle collection avec reliure en cuir et papier de qualité. Et puis, parce que je suis aussi assez nostalgique de mon enfance, j'ai conservé très précieusement quelques livres que je lisais lorsque j'étais encore une toute petite fille ; il m'arrive parfois de me plonger à nouveau dedans et là... tout plein d'images resurgissent, quelques larmes aussi...

Quant au classement... eh bien non, j'ai beau être documentaliste, je ne mets pas de cote à mes livres !!! Blague mise à part, il m'est arrivé une fois dans ma carrière qu'un élève me confie, suite à mes cours sur le classement des documents, qu'il avait repris tous ses bouquins dans sa bibliothèque pour leur assigner une cote ! Depuis, je m'efforce de préciser que cela a surtout du sens dans une bibliothèque ou un CDI, sait-on jamais ! En revanche, j'essaie de les ranger par genre, parfois par taille, faute de place.


Comment les achètes-tu ?

J'essaie le plus souvent possible de les acheter en librairie (j'ai la chance d'avoir des libraires adorables tout près de chez moi avec qui je travaille aussi pour les commandes au CDI). Quant au choix ? Je suis l'actualité, j'écoute les critiques, le bouche-à-oreille, je vais sur des sites spécialisés, je flâne dans les librairies...


• Quel est le livre sur table de chevet ?

Cela varie souvent, en fonction des lectures, il arrive même parfois qu'il y en ait plusieurs en même temps ! Actuellement, la place est laissée à la littérature jeunesse.

Pas de livre de chevet, donc, mais il en est toutefois un qui revient souvent, c'est justement un roman de Fred Vargas que je ne me lasse pas de lire et relire, en particulier « Dans les bois éternels ».


• Quels sont les auteurs qui t’ont influencé? Pourquoi ? Que leur as-tu empruntés ?

Je ne sais pas si un ou des auteurs particuliers m'ont influencée... Je crois que c'est la richesse de chacun qui a semé un petit caillou quelque part au fond de mon crâne, le temps et l'imagination ont fait le reste !


• Si tu avais un auteur à qui écrire, lequel serait-ce ? Et que lui écrirais-tu ?

Ce serait sans doute Fred Vargas, justement... mais je n'ai jamais vraiment réfléchi au contenu...

 

 

 

 

 

 

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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 19:03

22633.jpgBonjour Agnès ! Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

 Bonjour ! Avec plaisir.

Agnès Marot, auteure de romans jeunesse et jeunes adultes, dans les littératures de l’imaginaire. Je suis publiée depuis un peu plus d’un an, aux éditions du Chat Noir avec De l’autre côté du mur, un roman qui commence dans une communauté de femmes, toutes artistes, qui ignorent l’existence des hommes ; aux éditions Armada avec La Couleur de l’aube, un roman de fantasy qui emprunte beaucoup à l’onirisme et à la cruauté du conte ; et aux éditions Imaginemos avec Le Secret des Bois-Noirs, un club des cinq moderne où cinq cousins chassent un trésor dans la vieille demeure familiale pour sauver leur grand-mère.

Et quand je n’écris pas, je suis éditrice freelance, et directrice de collection aux éditions Scrineo !

On peut donc dire que le livre fait partie intégrante de mon quotidien…

 

L’auteur aujourd’hui

 • Comment se situe l’auteur aujourd’hui par rapport à l’auteur des débuts ? Il y a-t-il une différence (style, pensée, méthode…) ?


Je suis encore une jeune auteure : ça fait seulement un an que je suis publiée, je n’ai donc pas beaucoup de recul. Pourtant, mes méthodes ont déjà évolué par rapport à mon premier roman : je planifie (un peu) plus ce que j’écris, je connais mieux mon rythme et j’apprends à adopter un style « complexe, mais pas compliqué » (pour paraphraser un éditeur de ma connaissance) qui convient aux jeunes lecteurs.

Quant à la pensée, elle est en perpétuelle évolution, bien sûr.

 • Quelle est ta définition de l’auteur jeunesse ? En es-tu un ?

 Un auteur jeunesse est, pour moi, un auteur qui s’adresse au jeune public (de l’album au roman de Young Adult). Cela n’empêche pas que ses romans puissent être lus par des adultes, il s’agit plutôt de l’âge des héros que de celui des lecteurs à mon sens.

Et, oui, j’en suis un ! Comme j’aime à le dire : « si j'écris de la jeunesse et du Young Adult, c'est parce que j'aime que mes héros découvrent ce qui les entoure. »

 

L’écriture :

 

• Pourquoi écris-tu ? Est-ce quelque chose de facile à expliquer ?

J’écris pour partager, et surtout parce que j’adore ça. J’écris tout simplement les histoires que j’aurais aimé lire, et j’y trouve le même plaisir que quand un roman m’embarque hors du monde – avec, en plus, le bonheur de partager cette sensation avec mes lecteurs.

J’écris parce que c’est aussi ma façon de participer au monde et d’y apporter un peu de rêve et d’espoir, même à ma toute petite échelle.

 

• C’est quoi être écrivain ? Ecrire c’est quoi ?

 Être écrivain, selon moi, c’est tout simplement écrire, que ce soit pour soi, pour les autres, régulièrement ou de temps en temps.

Et écrire… Ecrire, c’est raconter une histoire, jouer avec les mots pour trouver la bonne formule, celle qui fera passer l’émotion ou la pensée qu’on a envie de partager. Cela dit, je pense qu’il y a autant de définitions de l’écriture que de gens qui écrivent !

 

• Que penses-tu des écoles américaines dans lesquelles on peut apprendre à écrire ? En France, elles n’existent pas. Quel écrivain es-tu ?

 

Je me dis qu’elles doivent être précieuses pour rencontrer des gens du milieu du livre, trouver des « primo-lecteurs » (des lecteurs critiques qui nous aident à travailler nos textes pour les améliorer), et découvrir différentes techniques d’écriture. L’essentiel serait, il me semble, de ne pas chercher à formater l’étudiant mais de lui apprendre à trouver ses propres méthodes pour mettre son style et ses idées en valeur.

Personnellement, je ne suis pas un écrivain solitaire. J’ai travaillé ma plume et mes histoires sur le forum de CoCyclics, avec d’autres auteurs des littératures de l’imaginaire, pendant trois ans avant de me sentir prête à voler de mes propres ailes – et encore, je reste en contact quotidien avec les amies auteures que j’ai trouvées là-bas. Nous avons, à notre façon, appris à écrire et à publier ensemble.

 

• Arthur Ténor parle de lui comme étant un « explorateur de l’imaginaire. » As-tu une formule pour te caractériser ?

 

Pas vraiment, mais c’est une jolie formule qui lui correspond bien !

S’il y en avait une, elle tournerait autour des émotions, du rêve et de l’espoir.

 

• L’écriture a-t-elle toujours été en toi ou est-ce quelque chose qui est arrivé tardivement dans ta vie ? Il y a t-il eu un élément déclencheur ?

 

J’ai toujours écrit, comme j’ai toujours lu. Le seul élément déclencheur a été celui qui m’a décidée à travailler mes écrits sérieusement en vue de la publication : mon entrée en Master Edition, accompagnée de ma découverte du forum de CoCyclics.

 

• Pour qui écris-tu ? A moins que ce ne soit pour un public ? Pour être lu ?

 

J’écris pour ceux qui ont envie de partager les mêmes rêves que moi, tout simplement, quels que soient leur âge ou leurs goûts.

 

• Le public/l’éditeur t’ont-ils influencé à un moment donné ?

 

Souvent, même. C’est un éditeur qui m’a poussée à écrire pour les 10 ans et +, par exemple, car je n’aurais pas osé m’y lancer faute de connaître ce public assez bien pour m’adresser à lui. Mes lecteurs m’ont aussi incitée à écrire une préquelle à De l’autre côté du mur, parce qu’ils avaient envie d’en savoir plus sur les origines de la société qui y est dépeinte.

Je m’empare très souvent de leurs idées ou de leurs envies pour me les approprier et y mettre la part de moi qui résonne à ce qu’ils ont partagé avec moi.

 

• Cette fameuse imagination, d’où vient-elle ? De quoi t’inspires-tu ?

 

Du quotidien. De ce que je vois, ce que je lis, ce que j’entends ; de mes coups de gueule et de mes coups de cœur, des choses qui m’amusent, qui m’émeuvent… Je pioche dans des milliers de détails de la vie de tous les jours pour former des histoires imaginaires – car l’imaginaire reste pour moi une manière de parler des hommes et du monde qui nous entoure.

 

 

• Comment procèdes-tu pour écrire ? Un plan ? des carnets ?

 

Je laisse l’histoire mûrir pendant des mois sans en écrire un mot, puis j’élabore un synospsis vague (qui comporte les lignes directrices du roman : début, fin, péripéties essentielles et évolution du personnage principal), et je me lance. J’écris vite, de façon intense, puis je fais des pauses plus ou moins longues pour laisser les idées mûrir avant de me replonger dans un autre projet.

 

• A quel moment de la journée écris-tu ? Avec quoi ? Une heure précise ?

As-tu besoin d’isolement ?

 

A peu près dès que j’en ai l’occasion quand je suis dans une période d’écriture ou de correction. Peu importe l’heure, le support, le bruit autour… Si je peux écrire, j’écris !

Pour les longues séances de travail, c’est sur mon fauteuil préféré, avec mon chat qui ronronne sur mes genoux et une bonne tasse de thé, et sur mon ordinateur portable.

 

• Qui te lit en 1er ? Un proche ? Pourquoi ?

 

Mes amies auteures : Cindy Van Wilder, Nadia Coste et Silène Edgar en général, parfois d’autres. Parce qu’elles n’ont pas leur pareil pour me botter les fesses quand j’ai des corrections à faire, qu’elles connaissent ma plume et mes idées et savent comment m’aider à les mettre en valeur, et qu’elles sont aussi les meilleures supportrices pendant les coups de blues !

 

• Qu’aimerais-tu écrire ? Un sujet que tu n’as pas abordé et qui te taraude ?

 

Pas pour le moment : j’explore les idées qui m’interpellent au fur et à mesure que j’écris de nouveaux projets. Celui que j’ai envie de développer, en particulier en ce moment, c’est l’univers de la télé-réalité et du monde virtuel.

 

• Ecrire à 4 mains cela te tente-t-il ?

 

Pourquoi pas, mais il faudrait que ce soit avec une de mes amies mentionnées plus haut, puisqu’on se connaît très bien humainement comme d’un point de vue littéraire. Ce n’est pas prévu pour le moment !

 

• Est-il facile de vivre de sa plume ? Exerces-tu un autre métier ?

 

Non, c’est très difficile, il faut vendre beaucoup, publier des ouvrages régulièrement et faire des interventions rémunérées. De mon côté, j’ai un autre métier (qui reste dans le milieu du livre), et cela me convient très bien : j’ai besoin de vivre d’autre choses pour trouver le terreau de mes romans, je ne me vois pas passer tout mon temps à écrire.

 

• Qualités et défauts de la Femme ? qui rejaillissent sur l’écrivain ?

 

Pas facile comme question ! Peut-être ma rigueur qui me permet d’écrire d’atteindre les objectifs que je me fixe en cours d’écriture (tant de mots par jour, arriver à telle scène avant de déjeuner, …). Et mon côté passionné qui m’empêche d’avoir un rythme d’écriture régulier : quand j’écris un roman, je lui donne tout, j’y pense tout le temps au détriment de ma vie quotidienne, et du coup j’ai besoin de longues pauses pour me ressourcer entre deux projets.

 

* Quels conseils donnerais-tu à un auteur débutant ?

 

De terminer ce qu’il a commencé, coûte que coûte. On doute toujours quand on écrit, on a envie de reprendre le début, de corriger avant d’avancer… Si on n’arrive pas à terminer un projet de cette façon, mieux vaut se forcer à aller jusqu’au bout quand même et noter les choses à corriger pour les relectures qui suivront le premier jet !

 

Ton genre préféré :

 

Qu'est-ce qui amené à écrire le genres d'histoires qui sont les tiennes ?

 

Ce sont tout simplement celles que je lis le plus et celles qui me parlent : les littératures de l’imaginaire permettent de parler de choses graves comme de choses légères, tout en instillant rêve et espoir au lecteur grâce à un univers malléable à l’envi.

 

Est-ce que les Mondes imaginaires sont plus compliqués à écrire que d'autres romans aux genres différents ?

 

Je ne crois pas : toute histoire a ses difficultés. Pour ma part, j’aurais par exemple bien du mal à écrire un polar (il faut être tellement rigoureux sur le moindre détail de l’intrigue !).

 

 

Tes personnages :

 

• Comment crées-tu tes personnages ?

 

Progressivement, en leur ajoutant petit à petit des traits de caractère qui deviennent essentiels. Je me concentre surtout autour de leur évolution, puisque c’est elle qui guidera mon histoire : comment vont-ils dépasser leurs défauts qui les paralysent pour en faire une force et devenir des héros ? Qu’est-ce qui est important pour eux ?

Je pense à eux comme à des personnes réelles, avec leurs rêves, leurs craintes, leurs déceptions et leurs épreuves passées.

 

• Est-ce que ce sont tes personnages qui te mènent ? Par exemple, peuvent-ils te faire changer de voie en cours d’écriture ?

 

Un peu des deux. Il m’arrive d’être surprise de la tournure que peuvent prendre certains dialogues et de devoir adapter les relations des personnages en conséquence, mais c’est tout de même moi qui choisis les  situations dans lesquelles je vais les plonger.

 

• Qu’aimes-tu le plus dans la création du personnage ? L’aspect psychologique ?

 

Oui, et la relation qu’il a avec les autres. Les personnages sont très importants pour moi, ce sont eux qui mènent tout le reste dans mes romans. C’est à travers leur regard et leurs questionnements que je peux faire ressentir de l’émotion à mes lecteurs, que je peux leur faire regarder le monde autrement.

 

• Quel est le personnage que tu as crée et qui t’a posé le plus de souci ? Pourquoi ?

 

Ealeth, le héros de La Couleur de l’aube. Il était trop parfait au départ, puis trop colérique, puis trop doux… j’ai eu du mal à dépeindre les nuances qu’il avait dans mon esprit. Pourquoi lui et pas un autre ? Aucune idée !

 

• Quel personnage de papier que tu as inventé aimes-tu le plus ?

 

J’ai un petit faible pour Aylin, la meilleure amie de Sibel dans De l’autre côté du mur.

 

Les lieux :

 

• Comment t’inspires-tu pour créer un lieu ? Une atmosphère ?

 

Je vois les scènes très distinctement dans mon esprit, j’imagine mes personnages et ce qu’ils ressentiraient dans ce contexte, je me mets à leur place et je décris l’atmosphère à travers leurs ressentis. Parfois, je m’inspire d’images ou de lieux que je connais, mais c’est assez rare.

 

• Te rends-tu sur place ? Visites-tu beaucoup ?

 

Non, très peu, principalement parce que j’en invente la grande majorité.

 

• Est-il plus facile de partir de rien ou de ce que l’on connaît ?

 

Je fais l’un ou l’autre selon ce dont j’ai besoin, je ne trouve pas qu’il y en ait un des deux qui soit plus facile.

 

Le style, la phrase, le mot…

 

• Quelle est la phrase qui te pose le plus de souci dans l’écriture ? L’incipit ?

 

Sans conteste : le premier chapitre dans son ensemble. Qu’il est difficile de commencer une histoire de façon dynamique, tout en présentant les lieux, les personnages et les enjeux du roman !

Pour tout avouer, j’ai une forte tendance à supprimer mon premier chapitre une fois le premier jet achevé, pour distiller les informations dans les chapitres suivants.

 

• Quel style préfères-tu ? style indirect libre… « je » ou « il »…

 

Le « je » et le présent, pour une immersion immédiate dans la peau du personnage principal. Au mieux, je fais parfois une focalisation interne au présent (la 3epersonne du singulier mais qui suit un seul personnage, permet de connaître ses pensées mais pas celles des personnages qui l’entourent).

 

• As-tu la plume facile ? Ou est-ce laborieux ? Te faut-il raturer beaucoup ?

 

J’ai la chance d’avoir la plume facile : quand je corrige, c’est surtout pour le fond du roman (ce qui peut m’amener à réécrire beaucoup), mais l’écriture elle-même me vient facilement et nécessite peu de retravail derrière.

 

• Combien dure la phase avant l’écriture (recherches…) ? Et la phase d’écriture ? Combien écris-tu de livres par an ?

 

C’est très variable ! En général, le temps « avant » l’écriture est assez long mais pas mesurable : l’histoire se construit dans ma tête sans que j’écrive quoi que ce soit sur le papier. Le temps d’écriture, lui, dure en moyenne deux à trois mois, selon la taille du roman.

J’écris deux ou trois romans par an, là aussi en fonction de leur taille !

 

• Quelle phase préfères-tu ? La recherche des idées ? l’écriture ?

 

L’écriture et la correction, même si j’aime toutes les phases. Parce que j’adore voir l’histoire se sculpter sous mes yeux, découvrir des connexions auxquelles je n’avais pas pensé et glisser des clins d’œil juste pour le plaisir ! Je rentre dans un état second, comme quand on est pris dans un bon livre et qu’on oublie tout ce qu’il y a entoure ; mais doublé de la satisfaction de créer quelque chose qu’on pourra partager.

 

• Quelle place a le mot dans tes romans ? Le vocabulaire est-il très important pour toi ?

 

Très important : j’aime trouver le mot juste, laisser les nuances s’insinuer dans les phrases selon qu’on choisit un terme ou un autre.

 

• Fais-tu attention à la longueur de tes phrases ? Pierre Bottero faisait des phrases courtes ; parfois, il ne les finissait pas pour laisser le soin au lecteur d’imaginer, de rêver et donc de les terminer lui-même.

 

J’y fais très attention, parce que le style est avant tout une question de rythme et de mélodie à mes yeux. Il peut être dissonant dans des passages particulièrement durs (phrases courtes, mots uniques, sonorités grinçantes) ou au contraire très poétique dans des passages qui se prêtent au rêve (alternance des phrases courtes et longues, grande attention à la sonorité des mots et à la mélodie générale de la phrase, etc.).

 

• Qu’est-ce qui fait que pour toi, une phrase est bonne ?

 

Quand le rythme et le sens s’accordent parfaitement, tout en nuances.

 

• Utilises-tu beaucoup de documentation ?

 

Non, assez peu, j’essaie de faire en sorte de ne pas en avoir besoin.

 

 

La littérature :

 

• Agnès, qu’est-ce ce que la littérature jeunesse ? Une littérature à part entière ?

 

C’est de la littérature au même titre que toutes les autres littératures, la seule différence étant l’âge des héros. On aborde également des thèmes qui vont parler aux jeunes (la question de l’identité et du rapport à l’autorité pour les adolescents, par exemple), en plus de tous les autres thèmes. Pour moi, on peut y parler de tout, mais pas n’importe comment.

Pour plus de détails : http://lesmotsdaelys.blogspot.fr/2014/10/pourquoi-tu-ecris-pour-la-jeunesse-et.html

 

• Faut-il lire les classiques ? Pourquoi ?

 

Les classiques apportent toute une histoire à notre culture et une richesse incroyable, pourtant à mon avis il ne « faut » les lire que si on en a envie. Il n’y a pas de meilleur moyen de détester un roman que de le lire à contrecoeur, ou sans le comprendre. Pourtant, il y a de vraies pépites parmi ces romans ! Mon avis, donc : s’intéresser aux classiques, oui, mais pas pour la prescription : le mieux est de chercher parmi eux ceux qui pourraient nous plaire, et les lire parce qu’ils nous font envie.

 

L’avenir du livre ?

 

• As-tu un avis dessus ? Les nouvelles technologies vont-elles le tuer ?

 

Oulah, non ! Au contraire, elles permettent d’y revenir, de le rendre plus accessible, de proposer des dizaines de formats qui n’existaient pas avant et qui conviendront mieux aux nouveaux lecteurs. On dit que les jeunes lisent peu, mais ils n’ont jamais lu autant : la différence tient plus dans les pratiques (lectures fragmentées, sur des formats divers).

Le tout est de nous adapter à ces évolutions, et d’éviter le snobisme pour les nouveaux types de lectures qui ne fera que repousser les futurs lecteurs.

 

Le fruit de ton imagination :

 

• Comment définis-tu tes écrits ? qu’est-ce qui te guide ? te pousse ? te fait avancer ?

 

Comme je le disais : le rêve, l’espoir, l’émotion. J’ai envie de faire réfléchir tout en faisant plaisir.

 

• Quel est le livre que tu as écrit pour lequel tu gardes une affection particulière ?

 

Tous, en fait. Mais si je dois en choisir un, ce sera Le Secret des Bois-Noirs, parce que j’ai une histoire personnelle très particulière autour de ce roman, de son écriture et de son édition.

(Plus de détails : http://lesmotsdaelys.blogspot.fr/2014/07/cest-presque-une-tradition-apres-avoir.html)

 

• Pourquoi vas-tu dans les salons du livre ? Cela n’est-il pas trop ennuyeux ?

 

Parce que j’adore ça ! Et, non, ce n’est pas ennuyeux. Cela permet à la fois de rencontrer d’autres auteurs, dé découvrir leurs plumes, leurs façon de travailler et leurs univers, et de découvrir qui sont nos lecteurs, de voir ce qui leur plaît ou ne leur plaît pas, d’échanger sur nos romans et sur la littérature en général. C’est toujours passionnant !

 

• Ecrire, c’est s’exposer aux regards des autres ? Est-ce compliqué ?

 

Oui, parfois, surtout vis-à-vis des gens qui nous connaissent dans la vie de tous les jours. Ils découvrent une facette de nous qui était secrète jusque-là, et en parler avec eux est parfois très étrange. Je mets beaucoup de moi dans mes romans, je suis chacun des personnages et toutes les idées développées me tiennent évidemment à cœur. Alors, c’est sûr, il faut assumer qui on est.

 

• Quel est le plus beau compliment reçu ?

 

Il est venu en salon, sous la forme d’un de mes romans (De l’autre côté du mur) serré contre le cœur d’une lectrice. Il était tout abîmé, écorné, avec des taches de thé dessus et des pages ternies d’avoir été tournées et retournées. La lectrice m’a avoué du bout des lèvres l’avoir lu un nombre incalculable de fois tant il l’avait touchée et aidée dans son quotidien, et ses yeux se sont remplis de larmes quand je le lui ai dédicacé.

Les miens aussi.

 

• La réflexion la plus dure ?

 

Je ne sais pas. Il y en a eu, bien sûr, mais je ne suis pas particulièrement touchée par les retours négatifs, car je comprends tout à fait qu’on puisse ne pas aimer mes romans, tout comme je n’aime pas forcément ceux des autres.

Si, peut-être la fois où on m’a accusé de défendre quelque chose que je cherchais justement à dénoncer dans le roman… c’est frustrant de se dire qu’on a échoué à le montrer !

 

L’écriture engagée :

 

• Peut-on tout écrire quand on sait qu’on est lu par des ados ? Evoquer les affres de notre société n’est-il pas périlleux pour le moral de notre jeunesse ?

 

Comme je le disais, on peut tout écrire, mais pas n’importe comment, et pour moi l’espoir doit rester le moteur de toutes ces réflexions : ce sont les romans qui peuvent nous donner envie de nous battre pour ce en quoi on croit, nous aussi, particulièrement pour les adolescents qui sont à un âge où on se pose beaucoup de questions sur la société dans laquelle on vit.

J’aime à la dire : mes armes, à moi, ce sont mes mots.

 

• Est-il facile d’être engagé et publié ? L’écriture engagée intéresse-t-elle aujourd’hui ?

 

Je ne me définis pas particulièrement comme une auteure engagée, j’aurais donc bien du mal à répondre à cette question… mais je pense qu’elle a son public, oui !

(Lisez le merveilleux Fortune Cookies de Silène Edgar chez Bragelonne si vous en doutez.)

 

• Comment l’auteur que tu es peut-il garder son indépendance, ses idéaux tout en continuant d’exister sur le marché ?

 

Ce sont ces idéaux qui me guident ; ils resteront toujours au cœur de mes écrits. Et je pense que c’est parce que j’y crois vraiment que les éditeurs, et le public après eux, y croient aussi.

 

Les éditeurs, l’édition :

 

* Tu es éditrice, pourquoi ?

Pour la même raison que j’écris : parce que j’aime partager des bonnes histoires, et que cela ne se restreint pas aux miennes. Et parce que j’aime participer à leur élaboration !

 

* Comment travailles-tu ?

De chez moi la plupart du temps, sur un fichier word que j’annote pour l’auteur ou le traducteur ; puis en collaboration avec eux pour améliorer le texte autant que possible.

 

* Te sens-tu libre comme écrivain ? As-tu eu à souffrir de la censure ? T’interdis-tu des choses dans l’écriture ? L’éditeur te « dirige »-t-il beaucoup ?

Je me sens très libre, oui : je n’accepte des contraintes que si je suis capable de me les approprier, et je ne corrige jamais sans être d’accord avec mon éditeur. Il n’est pas là pour me restreindre, il est là pour m’aider !

 

* Les éditeurs mènent des études pour connaître les goûts des lecteurs (en matière d’histoires, de personnages,…)… Comment fais-tu pour résister aux modes et toujours être un auteur apprécié ?

Je n’ai pas l’impression de résister à quoi que ce soit : j’écris ce que j’ai envie d’écrire et de lire, parfois c’est à la mode et parfois pas. Je pars du principe que je ne suis pas la seule dans mon cas : si quelque chose me parle, il parlera sans doute à d’autres !

 

* Est-ce que lecture et écriture vont de pair ? Faut-il aimer lire pour écrire ?

 

Je pense que oui, ne serait-ce que pour comprendre comment une histoire peut fonctionner (ou pas), quelles peuvent être les immenses richesses de la littérature. Lire d’autres auteurs nous pousse à explorer des univers et des questions auxquels on n’aurait pas pensé autrement, sans compter que c’est une source d’inspiration infinie !

 

• Pour toi, lire c’est quoi ?

 

C’est vivre plus de vies que je ne pourrais jamais en vivre autrement.

 

• Quels sont tes auteurs préférés ? tes lectures préférées ?

 

C’est très variable selon les périodes. Francis Berthelot reste une constante depuis que j’ai découvert sa plume, j’aime beaucoup également ce qu’écrivent Silène Edgar, Cindy Van Wilder et Nadia Coste, mes amies et auteures. Estelle Faye s’y fait également une bonne place depuis quelques mois.

En plus ancien ou plus lointain, il y a bien sûr Barjavel, Camus, Murakami, Suzanne Collins, Marguerite Yourcenar, Prévert, …

Je suis à vrai dire incapable de faire une liste précise !

 

• Les livres jeunesse qui t’ont marquée chez les autres ?

Outre les auteurs déjà cités : Coda d’Emma Trevayne, L’Accident d’Agnès Aziza, Le Parloir d’Eric Sanvoisin… Là aussi, difficile de faire une liste, il y en a trop !

 

 

Ta bibliothèque,

 

* quelle est-elle ? Comment sont ces livres, Beaux livres, poches… genres ? Où sont-ils rangés ? Comment sont-ils classés ?

Comment les achètes-tu ?

 

Elle déborde ! Il y a surtout des romans de l’imaginaire, quelques étages de classiques aussi, une étagère rien que pour les romans des copines, une autre pour le boulot.

Ils sont classés par collections (c’est joli !) et, depuis peu, en lu/pas lu (grossière erreur : j’ai trois étagères de livres à lire et je culpabilise chaque fois que j’en achète un nouveau maintenant).

Je les achète surtout sur conseil des copines qui ont les mêmes goûts que moi, et en salon du livre, vu que j’en fais beaucoup et que résister à acheter le livre d’un auteur avec qui on a bien discuté est très difficile !

Il y a aussi plein de bibelots sur ma bibliothèque : j’aime bien la sentir vivante, comme autant de souvenirs de vies que j’ai vécues pendant quelques heures.

 

• Quel est le livre sur table de chevet ?

 

La Voie des Oracles d’Estelle Faye (plus pour longtemps, je l’ai presque fini !), un excellent roman d’aventure qui propose la quête initiatique d’une des dernières oracles pendant le déclin de l’Empire Romain, en Gaule. Une vraie réussite que je vous conseille !

 

• Quels sont les auteurs qui t’ont influencée ? Pourquoi ? Que leur as-tu emprunté ?

 

Francis Berthelot, pour sa plume à la fois poétique et fluide, ses romans où tout fait sens, jusque dans la structure même des chapitres.

Silène, pour sa façon de parler du cœur en toute simplicité.

Suzanne Collins et son Hunger Games qui m’a tellement émue et m’a fait tellement réfléchir à la fois.

Et tant d’autres !

 

 

• Si tu avais un auteur à qui écrire, lequel serait-ce ? Et que lui écrirais-tu ?

Sans doute Suzanne Collins, puisque j’ai eu la chance de parler aux deux autres que je viens de citer. Je lui écrirais tout ce que ses romans m’ont apporté, à quel point ils font écho à la femme et à l’auteure que je suis, avec leurs qualités et leurs défauts.

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 13:29

L’auteur aujourd’hui

·         Jean-Luc, dis-moi, comment se situe l’auteur aujourd’hui par rapport à l’auteur des débuts ? Il y a-t-il une différence (style, pensée, méthode…)

 

Il est plus vieux.

 

C’est une boutade mais ça conditionne beaucoup de chose, en particulier le regard que je porte sur la vie, le recul que j’ai sur mon œuvre et ma pensée. Celui que je porte sur le monde et les gens, plus nuancé, moins radical.

 

Il faut savoir que j’ai commencé à écrire très jeune, à neuf ans j’écrivais des petites histoires de trois ou quatre pages que je reliais avec de agrafes et que j’illustrais. Je m’y mettais en scène avec les gens que j’aimais (et ceux que je n’aimais pas mais ça finissait généralement mal pour eux). Je n’ai jamais arrêté, les histoires sont simplement devenues plus grosses et je m’y suis caché derrière des avatars.

 

L’adolescent qui écrivait sa révolte et ses désirs d’absolu est devenu un adulte, puis un père qui, maintenant, pose sur ceux qui l’entourent un regard moins tranché, plus nuancé, qui essaye de comprendre ses semblables et le monde dans lequel il vit, qui aime l’humanité jusque dans ses contradictions, qui croit en elle, malgré tout, et désire transmettre à son fils et à ses lecteurs la vision qu’il a de tout ça et ce qu’il a pu apprendre de la vie, sans prétention, mais avec sincérité.

 

Au niveau du style, bien sûr, il est en évolution constante, on ne cesse jamais d’apprendre et j’essaye, à chaque nouvelle page de l’améliorer, ou de le changer.

 

J’aime me donner des défis, la rédaction de Louis le Galoup, ce style, cette « oralité écrite », simple, mais jamais simpliste, en est un exemple. Les lecteurs l’ont aimé, et j’en suis heureux.

 

Mais je prendrais autant de plaisir à écrire à la première personne, dans le style des polars, et j’essaierais d’y être aussi inventif.

 

 Pour moi, la forme est aussi importante que le fond. L’idée ne suffit pas si elle n’est pas servie par le style. Les deux doivent se répondre, la richesse de l’un se nourrissant de la richesse de l’autre. Un film avec un bon scénario mais une réalisation affligeante est aussi désolant qu’un film bien léché mais au scénario inexistant.

 

Je refuse l’idée selon laquelle un roman « jeunesse », car il s’adresse à un lectorat « jeune », peut faire l’impasse sur la richesse de l’écriture. Les « jeunes » ne sont pas rebutés par le vocabulaire ou les tournures de phrases qui comportent plus que sujet/verbe/complément. Ils comprennent les termes « difficiles » à demi mots, continuent, et s’ils ont envie, vont chercher la signification dans le dictionnaire.

 

·         Quelle est ta définition de l’auteur jeunesse ? En es-tu un ?

 

Je n’ai pas de définition pour « auteur jeunesse ». Est-ce que Jules Verne se définissait comme un auteur jeunesse ? Et J.R.R Tolkien ? Pourtant ils ont tous les deux été considérés comme tels ? Et si je regarde bien les lecteurs que je rencontre en dédicaces, leur âge s’échelonne de 9 à 96 ans (les deux extrêmes que j’ai rencontré).

 

Plutôt que d’auteur jeunesse je parlerais d’auteur qui s’adresse à tous, ou un auteur pour les jeunes de 9 à 99 ans…

 

Pour ma part, j’ai horreur des étiquettes : jeunesse, adulte, fantasy, polar, science-fiction, Uchronie, roman de marine, Dark fantasy, roman historique, fantastique, steampunk fantasy et en ce moment Bit lit… Je vous en mets combien de kilos ? On se croirait au rayon fruits et légumes des supermarchés. Je milite contre ce catalogage mercantile qui ne veut rien dire et qui assassine la créativité. Le galoup par exemple qu’est-ce que c’est ?... Un roman jeunesse de fantaisie médiévale terroir écrit comme un conte à la veillée ?

 

Avant qu’on invente le mot « fantasy » qu’était donc le Seigneur des anneaux et à qui s’adressait-il ?

 

J’écris des histoires, et j’espère de bonnes histoires, car pour moi, au-delà de tout ça, il n’en existe que deux sortes, les bonnes et les mauvaises.

 

Donc quant à te dire si je suis un auteur jeunesse, je dirais juste que je suis un auteur, quelqu’un qui aime raconter des histoires et les partager.

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 13:28

L’écriture :

 

·         Pourquoi écris-tu ? Est-ce quelque chose de facile à expliquer ?

 

Parce que c’est pour moi une nécessité. J’ai besoin d’écrire comme de respirer, si je n’écris pas de deux ou trois semaines je deviens intenable, comme une marmite sur le point d’exploser.

 

Je ne sais pas comment l’expliquer. J’ai des histoires et des personnages qui attendent, dans ma tête, de sortir. Les histoires tournent, sans cesse, comme les rubik’s cubes de mon enfance, en attendant de s’emboîter comme il faut. Je joue donc avec elles, je tourne les faces, je les manipule, jusqu’à trouver la bonne combinaison, jusqu’au moment ou un problème qui demeurait insoluble jusqu’ici finit par s’emboîter et m’apporter la solution. Alors je sais que l’histoire est prête. Je me mets alors à mon clavier et c’est reparti pour six mois ou un an…

 

·         C’est quoi être écrivain ? Ecrire c’est quoi ?

 

Un célèbre écrivain américain dont j’ai oublié le nom disait cette chose magnifique quand on lui demandait ce qui qualifiait un écrivain : « Un écrivain écrit. »

 

Pour moi, c’est aimer raconter des histoires, en premier à soi même, puis aux autres, bien sûr, car nos histoires n’existent que par le regard et le cœur des autres.

 

Je crois que Paul Valery disait que les romans sont des vampires de papier attendant les lecteurs qui leur prêteront vie. J’aime bien cette image. Quand j’étais jeune, j’imaginais les livres volant comme des chauves souris dans le petit bruit sec de leurs pages agitées dans la pénombre feutrée des bibliothèques, attendant un pauvre lecteur innocent pour s’abattre sur lui.

 

Ce qui fait un écrivain, à mon avis, c’est qu’il ne pourrait pas s’arrêter d’écrire, même si l’écriture devenait un crime et qu’on lui interdisait.

 

Pour ma part, j’ai besoin d’écrire, je ne peux m’en passer, si j’arrête trop longtemps, je ne me sens pas bien.

 

Ecrire c’est une catharsis, une manière de s’apprivoiser, de se dompter, de se connaître, de se comprendre, et à travers soi l’humanité, de s’interroger, de se remettre en question d’apprendre le monde et de s’ouvrir aux autres

 

·         Que penses-tu des écoles américaines dans lesquelles on peut apprendre à écrire ? En France, elles n’existent pas. Quel écrivain es-tu ?

 

Pour moi c’est complètement extra-terrestre. L’écriture ne se met pas en équation. Quand j’étais enseignant j’ai toujours été très amusé par « Les cinq étapes du récit ». Cette manière de mettre l’écriture en formule… Ca me fait toujours un peu penser au cercle des poètes disparus, quand M. Keating fait arracher la première page du livre ou un sinistre inconnu décompose la poésie en équation.

 

Comme aurait dit Desproges, je me définis comme un écrivain dégagé, loin de tout courant politique.

 

 S’il y a une chose récurrente dans mon œuvre, pour laquelle je milite, au-delà de tout, c’est la liberté et l’égalité des hommes et des femmes et l’opposition à toute forme d’oppression ou d’aliénation.

 

·         Arthur Ténor parle de lui comme étant un « explorateur de l’imaginaire. » As-tu une formule pour te caractériser ?

 

Très modestement, un conteur d’histoires.

 

·         L’écriture a-t-elle toujours été en toi ou est-ce quelque chose qui est arrivé tardivement dans ta vie ? Il y a t-il eu un élément déclencheur ?

 

Comme je te le disais précédemment, j’écris depuis l’âge de neuf ans, et quand on me demandait ce que je voulais faire plus tard, je répondais, sans hésiter, « écrivain » ou « dessinateur », qui est ma seconde passion. En tout cas il fallait que je crée et que je raconte des histoires.

 

Un élément déclencheur ? J’aimais lire, je lisais énormément, et très vite, j’ai eu envie de lire des histoires où mes amis, ma famille et moi même, étions les héros, et comme il n’y avait aucune chance pour qu’un écrivain s’intéresse à mon cas, il a bien fallu que je prenne le taureau par les cornes. J’ai donc attrapé un stylo, des feuilles, et je me suis mis à écrire… A quarante et un ans, maintenant, le virus ne m’a pas lâché.

 

·         Pour qui écris-tu ? A moins que ce ne soit pour un public ? Pour être lu ?

 

Pour moi tout d’abord, car je suis la première personne à qui je raconte mes histoires, mais ceux à qui je les destine sont : ma femme, Stéphanie (à la fin du cinquième tome du Galoup je lui ai écrit que j’aurais pu résumer ce livre en trois mots « Je t’aime » et c’était vrai), pour mon fils, ma famille et mes amis, et enfin pour tous ceux qui se retrouveront dans ces pages et qu’elles feront rêver.

 

Bien sûr que j’écris pour être lu, nous écrivons tous pour être lu, comment prétendre le contraire ? Sinon pourquoi envoyer son livre chez un éditeur ? Si nous ne voulions pas être lus, nous brulerions nos livres une fois ceux ci terminés, ou nous les enfermerions dans un coffre pour que personne d’autre ne les lisent. Ou mieux encore, nous ne les écririons pas. Figer une histoire sur le papier c’est déjà un acte de transmission, une volonté de faire durer cette histoire, de la partager.

 

·         Le public/l’éditeur t’ont-ils influencé à un moment donné ?

 

Non. J’écris mes histoires comme elles me viennent. Quand j’y trouve quelque chose d’intéressant, je le creuse et j’essaye de voir où ça me mène, de dégager le fossile de la roche, comme dirait Stephen King. Mais jamais je ne me suis demandé « Est-ce que ça plaira à untelle ou unetelle ? » ou « A qui ça s’adresse ? » Quand j’écris une histoire, je ne me pose aucune limite, aucune contrainte, ni la question de savoir si c’est dans l’air du temps ou vendeur. Pour moi, se poser ce genre de questions est le meilleur moyen de faire quelque chose d’insipide et sans saveur. J’ai déjà vu, au cinéma, ce que cette logique poussée à l’extrême engendrait comme progéniture… Je me souviens de quelques nanars redoutables…

 

·         Cette fameuse imagination, d’où vient-elle ? De quoi t’inspires-tu ?

 

De mes lectures tout d’abord, des milliers de livres que j’ai lu, des films que j’ai vus. Tout ça fermente, au fond de mon crâne, en une alchimie dont je n’ai pas conscience, et, parfois des années plus tard, engendre de surprenants surgeons…

 

Je ne me rappelle plus quel auteur très célèbre disait, quant on lui demandait ce qu’il fallait faire pour devenir écrivain : « Lire, lire, lire… » Et c’est vrai. Il faut de la matière première à mettre dans la chaudière pour la faire brûler. Comme pour le dessin ou la peinture, on commence par ingurgiter, on copie ses modèles, puis on s’émancipe, quand on a fini de les digérer. Mais je ne pense pas qu’on puisse venir à l’écriture si on n’a jamais lu.

 

En ce qui concerne mon inspiration, et bien elle me vient de tout ce qui m’entoure, des lieux que je hante, des gens que je fréquente, qui sont, pour moi, une source inépuisable d’inspiration. Nous avons tous les acteurs de nos livres autour de nous. On cherche un personnage de gueulard sympathique ? On a tous un tonton un peu fort en gueule qui passe les repas de famille à brailler à en faire tomber les oreilles des autres. On a besoin d’un méchant ? On a tous connu des sales types qui nous ont empoisonnés la vie… Et qui croyez-vous qui va se faire bouffer par le monstre quand on aura besoin d’une victime pour faire peur à tout le monde ? Certains de ceux qui m’ennuyaient à l’école, quand j’étais gosse, n’ont jamais su le sort que je leur réservais dans mes livres, et même encore…

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 13:26

 

·         Comment procèdes-tu pour écrire ? Un plan ? des carnets ?

 

Auparavant, je me lançais dans une histoire sans réfléchir. J’avais une idée de base, un vague canevas et généralement une scène de début, je partais de là et je tirais sur le fil, page après page, jusqu’à la fin.

 

Depuis que j’écris de manière professionnelle, j’ai dû, en particulier quand j’écris des séries, changer ma méthode de travail. Quand mon premier éditeur m’a demandé combien de tomes je pensais écrire pour le Galoup, il a fallu que je lui réponde. J’ai dit 5 tomes… J’ai donc dû réfléchir à la manière dont j’allais organiser chacun et ce que j’allais pouvoir y mettre.

 

Plus le temps passe, et plus je travaille mon histoire en amont. J’écris d’abord un canevas, puis le scénario, chapitre après chapitre (ce qui peut, au final, représenter une bonne trentaine de pages) de manière à ce que chaque tome, mais aussi chaque chapitre, se termine de manière à ce que le lecteur ait envie de lire la suite de l’histoire. Ca me permet aussi de vérifier la cohérence et le dynamisme de l’ensemble, de voir si l’action ne noie pas la réflexion ou l’émotion, si les passages plus lents ne deviennent pas lassants… Bref, à équilibrer l’histoire et faire en sorte que le lecteur se régale de bout en bout.

 

Pour une de mes séries, j’ai même fini par écrire tous les dialogues comme une pièce de théâtre avant de reprendre toute l’histoire et de la bâtir autour. Ainsi je pouvais, dans un premier temps, me concentrer sur les dialogues, puis, dans un second, sur les décors les descriptions et l’action.

 

Tout cela, le lecteur ne s’en rend pas compte bien sûr, et c’est bien normal, comme le disait Céline : « Le lecteur a embarqué sur le bateau pour faire une croisière et se délecter, il n’est pas là pour savoir comment on a sué dans la salle des machines. » Notre travail est justement de lui faire oublier qu’il y a une salle des machines.

 

Et oui, j’ai toujours un carnet sur moi qui me permet de m’assoir n’ importe où et de travailler, sur un plan, une idée, des dialogues, une description, une scène…

 

·         A quel moment de la journée écris-tu ? Avec quoi ? Une heure précise ?

As-tu besoin d’isolement ?

 

Comme tu t’en doutes, écrivain est un métier ou personne ne se penche sur notre épaule pour nous dire « Il faut se mettre au boulot ! » et si on se laisse aller, on a toujours une bonne excuse pour ne pas bosser. « Oh je n’ai pas l’inspiration ce matin ! » ou « Oh ! Il fait beau dehors. » « Oh ! Je suis fatigué aujourd’hui ». Donc je m’astreins à un rythme de travail journalier.

 

J’écris le matin après avoir amené mon fils à l’école, de 8h45 à 11h15 où je vais le rechercher, puis de 1h45 à 16h15 et le soir de 22h à minuit, une heure ou deux heures du matin selon ma forme.

 

Auparavant j’écrivais avec un stylo et une écritoire et je retapais après, mais depuis quelques années, et le second tome du Galoup, j’écris directement à l’ordinateur (le portable à changé ma vie). Maintenant, quand j’ai des difficultés sur une scène ou que je suis en voyage, je reviens à la plume dont la spontanéité me permet de franchir les obstacles (et puis il y a le plaisir de biffer rageusement, qu’on perd avec le clavier).

 

Et oui, j’ai besoin d’isolement et de calme. Quand j’étais jeune j’écrivais en écoutant de la musique, maintenant, j’ai besoin d’entendre la musicalité de la phrase quand je l’écris, je ne peux donc entendre une musique en même temps. Finalement, il n’y a que mon chat qui me tient compagnie quand j’écris, la plupart du temps, il me laisse travailler.

 

·         Qui te lis en 1er ? Un proche ? Pourquoi ?

 

La plus impitoyable des lectrices, ma femme. Tout d’abord parce que c’est pour elle que j’écris mes histoires, et ensuite parce qu’elle est impitoyable et ne me passe rien. Il lui est arrivé de me biffer des passages entiers en me marquant un « bof ! » Alors je râle, je peste, je lui dis : « Mais il est bien écrit ce passage ! » et c’est vrai, j’y ai en plus mis de l’énergie, j’y ai sué sang et eau, et elle de me répondre, avec son plus beau sourire : « Oui mais en s’ennuie. » et là tout et dit…

 

On doit choisir ses lecteurs en fonction de leur capacité à juger notre texte de manière impitoyable et impartiale, les gens qui nous font « tap, tap » sur l’épaule, c’est bien et bon pour l’égo (les auteurs, tous les auteurs, et bien qu’ils s’en défendent, sont d’affreux Narcisse, et des gens qui ont un besoin maladif de reconnaissance, sinon, il n’auraient jamais l’idée saugrenue d’envoyer leurs textes à des éditeurs), et il en faut, mais ça ne fait pas avancer.

 

·         Qu’aimerais-tu écrire ? un sujet que tu n’as pas abordé et qui te taraude ? un genre ?

 

En fait, non, j’écris rigoureusement ce que j’aime, quant au sujet, j’en ai plein en réserve. Les histoires poussent dans ma tête et ne demandent qu’à sortir, parfois j’hésite sur celle que je vais cueillir. Certaines attendent depuis des années car je sais qu’elles réclameront beaucoup de temps et d’énergie, et elles me font un peu peur, mais j’ai une ou deux grand-œuvres en gestation…

 

N’ayant véritablement aucun genre de prédilection, car les aimant tous et ne voulant m’enfermer dans aucun, je ne peux te donner de réponse sur cette dernière question. En plus, mes histoires, comme je le disais tout à l’heure, se situent toujours en limite ou à cheval sur plusieurs genres car je déteste me sentir enfermé et n’écris pas mes histoires en réfléchissant au genre ou on va essayer de les faire entrer. J’écris celles qui me passent par la tête, du mieux que je le peux, et les donne à lire… Si les gens ont vraiment besoin de classer mes histoires, et bien qu’ils inventent un nouveau genre pour elles.

·         Ecrire à 4 mains cela te tente-t-il ?

 

Ca doit être une expérience très enrichissante, grisante, troublante, mais aussi très délicate, un exercice fascinant. J’ai souvent rêvé d’écrire un roman avec ma femme ou deux personnages, un féminin, l’autre masculin, se répondraient, chacun faisant avancer l’histoire qu’on découvrirait, alternativement, à travers les yeux de l’un et de l’autre et de son point de vue, pour les mêmes évènements. Ce n’est guère original, bien sûr, mais l’idée de se parler à cœur ouvert, à travers deux avatars, et de vivre des aventures par procuration, de se retrouver à travers les mots, est faite pour séduire un auteur et doit réserver bien des surprises.

 

Avec un autre auteur, ce doit être un exercice difficile mais fascinant.

 

·         Est-il facile de vivre de sa plume ? Exerces-tu un autre métier ?

 

En France, où le lectorat potentiel est bien moins important que dans le monde anglo-saxon, ce n’est pas facile. Il faut de l’obstination, de l’engagement et une vraie foi en ce qu’on fait. Il faut aussi, du moins au début, à moins qu’on ne soit rentier, ou riche héritier, exercer un métier « officiel », ou vivre avec un conjoint qui peut « faire bouillir la marmite ». Enfin, il ne faut pas espérer qu’un premier livre pourra vous faire vivre, ni même un second ou un troisième, mais les petits ruisseaux font les grandes rivières, et si on est sincère, je veux croire que le travail finit par payer.

 

·         Qualités et défauts de l‘Homme ? qui rejaillissent sur l’écrivain ?

 

Je suis têtu, « testu » comme on dit par chez moi, ce défaut, quand je m’attaque à un livre, devient une qualité. Je n’ai jamais abandonné un récit que j’ai commencé. Bon an, mal an, je les ai tous terminés, même si, parfois, je désespérais ou craignais de ne jamais en voir la fin.

 

Est-ce que ce défaut peut devenir une qualité ? Je ne sais pas, mais j’ai toujours défendu mes œuvres contre vents et marées et refusé de les laisser perdre leur âme, de les transformer pour en faire des produits de consommation calibrés. Aujourd’hui il semble que les lecteurs me donnent raison, justement parce que ces histoires sortent du rang, alors finalement, c’est peut être une qualité, même si je donne parfois mal au crâne à certains de mes éditeurs et je m’en excuse auprès d’eux.

 

Et passionné aussi, c’est ma passion qui guide ma plume, et si elle enflamme ma plume, elle peut parfois devenir excessive, et je dois la retenir.*

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 13:23

 

Tes personnages :

 

·         Comment crées-tu tes personnages ?

 

Le personnage principal vient souvent tout seul, il s’impose de lui-même, comme une émanation de moi. J’ai parfois quelques idées sur sa personnalité ou son passé, mais pour le reste, je le laisse agir à sa guise, s’affirmer, selon ma fantaisie, puisqu’il est mon avatar, ma porte d’entrée pour mes univers.

 

Quand j’écris mon histoire, c’est moi que je projette dans les situations que je décris, mon personnage agit donc comme je souhaiterais agir (ou espèrerais le faire).

 

Il est évident que mon personnage principal est la projection de ce que souhaiterais être, et pas forcément de ce que je suis, mais c’est justement la beauté et le bonheur de l’écriture, être celui qu’on a toujours rêvé d’être. Ou son exact opposé.

 

·         Est-ce que ce sont tes personnages qui te mènent ? Par exemple, peuvent-ils te faire changer de voie en cours d’écriture ?

 

J’aurais tendance à dire que c’est moi qui mène les personnages où je souhaite les conduire, et généralement aucun ne me fait changer la trame ou la fin de l’histoire. Mais il arrive que certains personnages, que je n’avais pas prévu au départ, ou que j’avais juste créés pour un rôle subalterne et qui étaient destinés à disparaître de l’histoire dès leur petite scène jouée, finissent par acquérir une vie propre et gagnent finalement un rôle de tout premier plan. C’est le cas de Matthieu, le galoup noir au cœur trop grand, qui, dans le troisième tome de Louis le Galoup, devait juste servir à transmettre un message de Dame Stéphanie, la mère de Louis, à mon héros. Je me suis attaché à Matthieu dès la première description, et n’ai pas pu me résoudre à le faire disparaître. Il est donc resté et a finalement gagné un des tout premiers rôles de la saga.

 

J’aime quand ce genre d’alchimie se produit, cela me donne l’impression que l’histoire se déroule en dehors de ce que j’avais prévu, qu’elle m’attire vers des sentiers que je n’avais pas vu, qu’elle se met à vivre par elle-même… c’est un moment grisant.

 

·         Qu’aimes-tu le plus dans la création du personnage ? L’aspect psychologique ?

 

Bien sûr, il est passionnant, pour l’auteur, quand il a créé ses personnages, de se pencher sur eux et de découvrir ce qu’ils lui révèlent sur lui-même, car après tout il ne faut pas oublier que si nous sommes nos héros, nous sommes aussi nos salauds… Nous projetons dans nos héros notre lumière et nos hautes aspirations, et dans nos méchants nos peurs et nos démons…C’est fascinant et effrayant à la fois.

 

Pour un auteur, chaque roman est une quête initiatique. A travers les interrogations et le voyage intérieur de ses personnages, c’est lui-même qu’il interroge et qu’il questionne.  Ecrire c’est un voyage à la recherche de soi-même.

 

·         Quel est le personnage que tu as crée et qui t’a posé le plus de souci Pourquoi ?

 

J’ai beau chercher, je n’en vois aucun qui m’ait réellement  « posé de souci ». Ou alors si, dans le dernier livre que je viens d’écrire « La Geste d’Alban » le premier d’une nouvelle saga dans l’univers du Galoup mais se déroulant 300 ans plus tôt… le personnage de l’héroïne.

 

D’habitude mes personnages et leur psychologie sont bien fixés quand j’entame un récit, je les connais, et même s’ils évoluent pendant l’histoire, je sais d’où ils partent…. Pour elle, cette fois, c’était l’inconnu. Je l’ai rencontrée en même temps que le héros, j’en sais, sur elle et ses origines, bien plus que le héros, mais pour une fois, je ne connaissais pas à l’avance sa personnalité et son caractère, je les ai découverts en même temps que mon héros, c’était à la fois frustrant et fascinant…

 

·         Quel personnage de papier que tu as inventé aimes-tu le plus ?

 

C’est une question difficile, mais je dois avouer que j’ai un faible pour Faëllia, dans « Frankia » une de mes séries, dont je suis éperdument amoureux, mais aussi pour sa sœur déchue, Ishaëna, un personnage terrible et tourmenté. Elles ont, à toutes les deux, certaines des scènes les plus marquantes et poignantes (pour moi) que j’ai écrites.

 

J’ai aussi un faible pour Fanie et Johan, deux des héros du « Dernier Hiver » un de mes livres qui n’est pas encore publié à ce jour. Des adolescents tourmentés mais fascinants et touchants tous les deux qui m’ont énormément ému et m’ont fait découvrir sur moi des choses que je ne soupçonnais pas.

 

Et Louis, Séverin et la Roussotte, bien sûr, Thierry, le Galoup Blanc, et Malemort et ce démon de Siblaire…

 

Et Von Wolf, un des méchant de Frankia dont je ne suis pas peu fier, surtout dans sa première apparition.

 

Et puis d’autres, tant d’autres, Morkhaï, Gralk et d’autres encore que je ne pourrai citer ici, en fait, je les aime tous…

 

Les lieux :

 

·         Comment t’inspires-tu pour créer un lieu ? Une atmosphère ?

 

Je fais appel à mes souvenirs, mes impressions, ce que j’ai ressenti, et j’essaye de les peindre en mot. Pour moi, les descriptions sont très importantes, et je n’en fais jamais l’économie. Personne ne décrira le même lieu, ni même le même objet, de la même manière, en fonction de son vécu, de sa personnalité.

 

Que serait un livre de Balzac, ou de Lovecraft, sans leurs extraordinaires descriptions ? Lovecraft qui vous aurait fichu la trouille en vous décrivant un simple bosquet.

 

·         Te rends-tu sur place ? Visites-tu beaucoup ?

 

Si je peux, oui, c’est toujours mieux.

 

·         Est-il facile de partir de rien ou de ce que l’on connaît ?

 

On peut toujours partir de rien, c’est justement le pouvoir de l’imagination et ce qui fait sa richesse, mais pour moi, il vaut toujours mieux partir de ce que l’on connait.

 

Prenons un exemple :

 

Je peux écrire un livre se déroulant à New York, à Los Angeles, à Bombay ou à Tokyo, et je l’ai déjà fait, pour certaines de ces villes… Je me documenterai, je lirai des livres, je regarderai des documentaires, des films… Mais même gavé de doc, jamais je ne pourrai écrire sur New York aussi bien qu’un Newyorkais, ma description demeurera froide, artificielle, un peu toc, finalement. Pourquoi ? Parce que je n’aurais jamais arpenté son pavé, je n’aurais pas senti les odeurs de ses marchés aux poissons au petit matin, je n’aurais aucuns réels souvenirs, aucune émotion véritable liée à cette cité. Je parlerais d’un accent que je ne connais pas, de restaurants où je n’aurai jamais mangé…

 

Par contre, je peux très bien imaginer, moi, un village du fin fond de la France en plein moyen-âge et la vie rude qu’on y menait alors. Je peux écrire une fantasy médiévale qui sonne vraie…

 

Stephen King, encore lui, dit, dans son livre « Ecriture : mémoire d’un métier », qu’on n’écrit vraiment bien que sur ce qu’on connait. Il sait de quoi il parle, tous ses livres se déroulent dans le Maine, l’état où il habite, et le plus souvent dans la même ville Castle Rock, une ville qui n’existe pas mais qui est, pour lui, l’archétype de la ville moyenne de ce coin d’Amérique qu’il connait… Et force est de constater que ses livres se lisent plus loin que dans le Maine.

 

Quand on écrit des livres se déroulant dans l’espace ou le futur, c’est différent, on y est plus libre puisque personne ne pourra faire la comparaison avec les lieux qu’on y décrit et la réalité.

 

Là aussi, pourtant, on peut partir de ce qu’on connait, et pour revenir à King, il suggérait, si un plombier se piquait d’écrire du Space Opéra, par exemple, de commencer par un personnage de plombier œuvrant sur un vaisseau, l’auteur n’aurait ainsi aucun mal à crédibiliser son héros et à l’investir… et ça peut faire un début intéressant.

 

Il faut, pendant la durée de nos histoires, que le lecteur croit en notre univers. On ne peut pas se contenter de lui offrir un décor en carton-pâte, mais un univers dans lequel il peut croire, un univers qui lui laisse l’impression, une fois le livre refermé, de continuer de vivre hors de son regard.

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 14:05

Le style, la phrase, le mot…

 

·         Quelle est la phrase qui te pose le plus de souci dans l’écriture ? L’incipit ?

 

En fait, aucune, et en ce qui concerne l’incipit, je dois avouer qu’il vient tout seul. J’aurais même tendance à dire qu’il s’impose de lui-même et conditionne le début de l’histoire, il est même assez jubilatoire. Je n’ai pas l’angoisse de la page blanche.

 

Ce qui me posent plus de problème ce sont parfois les titres de chapitre, il est difficiles de trouver un bon mot ou une bonne formule qui en disent assez pour piquer la curiosité du lecteur (ou l’induire en erreur) sans trop en révéler.

 

·         Quel style préfères-tu ? style indirect libre… « je » ou « il »…

 

Je n’ai pas de préférence, c’est l’histoire qui dicte le style. Il est même agréable de passer de l’un à l’autre, c’est une sorte de récréation et un exercice intellectuel.

 

·         As-tu la plume facile ? Où est-ce laborieux ? Te faut-il raturer beaucoup ?

 

J’ai la plume facile, en premier lieu parce que je travaille tous les jours et ne laisse donc pas l’organe rouiller. Je ne sais pas si c’est pour tous les auteurs pareils, mais si je ne travaille pas d’un certain temps, j’ai du mal à m’y remettre. Il faut dérouiller l’outil, remettre le cerveau dans une certaine conformation, un certain mode de pensée, si on arrête longtemps, le débit, au début, est difficile et laborieux.

 

Claude Seignolle, un de mes maîtres en écriture et le plus extraordinaire des conteurs, à qui je voue une admiration sans borne, me disait, il n’y a pas longtemps, et je suis tout à fait d’accord avec lui, qu’on n’imaginerait jamais, tant qu’on n’est pas en train d’écrire, toutes les choses qui vont sortir de notre plume ou de notre clavier. Il faut que nous soyons assis là, l’esprit dans un certain état de fonctionnement, pour être capables de sortir ce que nous jetons sur la page, nous en serions infichu en toute autre circonstance.

 

En ce qui concerne les ratures, ça dépend… Sur certains passages, oui, et on peut vraiment parler de ratures puisque c’est sur les passages difficiles que je reviens à l’écrit et prends donc une jouissance perverse à raturer, dix fois s’il le faut, les phrases ou les paragraphes dont je ne suis pas satisfait.

 

·         Comment définirais-tu ton style ?

 

Mon style change en fonction des séries et des livres que j’écris, j’en ai donc plusieurs. En ce qui concerne le Galoup, par exemple, j’ai essayé de développer une sorte d’oralité/écrite, simple mais jamais simpliste, très imagée, avec des tournures de phrases très chantantes, afin de donner à mes lecteurs l’impression d’être assis au coin du feu à écouter le conteur parler du loup. Il semble que j’ai réussi, et j’en suis heureux.

 

·         Combien dure la phase avant l’écriture (recherches…) ? Et la phase d’écriture ? Combien écris-tu de livres par an ?

 

Tout dépend du livre. Pour un livre se déroulant à une époque précise, et qui nécessite d’abondantes recherches, cela peut durer trois mois, quant à la phase d’écriture, selon la taille du livre, elle peut varier de 1 mois à un an (pour le premier jet jusqu’au point final, mais sans compter les relectures et corrections successives).

 

·         Quelle phase préfères-tu ? La recherche des idées ? l’écriture ?

 

Les deux sont passionnantes, mais je dois avoir une préférence pour l’écriture car je suis avant toute chose un conteur et un jongleur de mots et c’est là que je prends le plus de plaisir, à faire chanter les phrases et les syllabes.

 

·         Quel place a le mot dans tes romans ? Le vocabulaire est-il très important pour toi ?

 

Oui, le mot est très important, primordial, même. Un seul mot bien choisi vaut toutes les phrases, tous les paragraphes, toutes les descriptions du monde.

 

Si je dis par exemple : « La peur se lisait sur son visage. » On n’a pas peur, on ne la sent pas, même pas un petit frisson, on sait juste que le personnage a peur, ça ne nous touche pas.

 

Mais si je dis : « La peur rampait sur son visage. » Ca change tout, on sent alors glisser sur sa peau cette noire et froide chose qu’est la peur. Le terme n’est pas plus compliqué, il est juste mieux choisi.

 

 Quant au vocabulaire, oui, il est, lui aussi, essentiel. On doit le maîtriser parfaitement, pour en tirer la quintessence, non pas pour en mettre plein la vue, mais justement pour le faire oublier en choisissant le bon mot, le plus circonstancié, le plus suggestif, le plus percutant, le plus adapté….

 

Une fois encore, comme le technicien qui travaille dans les soutes du bateau dont parlait Céline, l’auteur doit parfaitement maîtriser le vocabulaire pour l’utiliser à bon escient, sans même que le lecteur s’en rende compte.

 

 Dans le Galoup, je me suis volontairement interdit certains mots trop « savants » car le narrateur est un homme simple qui s’adresse à un auditoire paysan du moyen-âge. Il n’était pas logique qu’il maîtrise des mots trop « recherchés », donc il m’a fallu compenser par des images, des métaphores qui m’ont demandé d’autant plus de travail, car elles devaient aussi chanter avec le reste du texte…

 

Simple, mais jamais simpliste, et toujours en conservant la musicalité de la phrase. Telle est ma devise.

 

·         Fais-tu attention à la longueur de tes phrases ? Pierre Bottero faisait des phrases courtes ; parfois, il ne les finissait pas pour laisser le soin au lecteur d’imaginer, de rêver et donc de les terminer lui-même.

 

Non. La phrase dicte d’elle-même sa structure. Elle peut être longue ou courte. Je n’aime pas les systématismes. Pour moi un texte s’articule avec la respiration du conteur, on doit pouvoir le lire à haute voix. Il doit donc être aéré, mais certaines phrases peuvent être longues, en particulier dans les descriptions, comme un canto. Dans les scènes d’action, au contraire, les phrases deviennent plus courtes, s’accélèrent, jusqu’à se réduire parfois à un mot, pour suggérer la vitesse de l’action. C’est un procédé classique mais efficace s’il est bien utilisé.

 

Par moment, je peux mettre des phrases courtes, voire même un mot seul, pour créer un effet de surprise, ou briser le rythme, mais jamais je ne m’impose de dogmatisme… Ah si ! Un seul peut être, je fais la chasse aux adverbes.

 

Stephen King, oui encore lui, dit (toujours dans « Ecriture mémoire d’un métier ») que les adverbes sont de faux amis, que si on est obligé d’utiliser un adverbe, c’est qu’on a mal décrit ce qui se passait avant. Que si, par exemple, on est contraint de préciser qu’un personnage ferme « brutalement » la porte, c’est qu’on pense que le lecteur n’a pas bien compris qu’il était en colère et donc qu’on a mal fait son boulot. 

 

J’aurais tendance à le rejoindre sur ce point, et je fais donc la traque aux adverbes, mais là encore, je n’en fais pas une règle, j’en utilise et en laisse aussi volontairement quand je veux souligner mon propos.

 

·         Qu’est-ce qui fait que pour toi, une phrase est bonne ?

 

Si elle sonne juste, si elle chante, si, lue à haute voix, elle fonctionne encore, ou mieux, si on a envie de la relire.

 

·         Utilises-tu beaucoup de documentation ?

Tout dépend du livre que je suis en train d’écrire. Certaines fois très peu, d’autres beaucoup (en particulier s’il s’agit d’un livre dont l’action se déroule dans le passé ou un autre pays). Mais une chose est sûre, je prends bien garde à ce que la documentation ne me noie pas. Un roman n’est pas un livre d’information. Il existe maintenant tellement de vecteurs d’information qu’il serait ridicule, dans un roman, de se perdre dans un cours sur telle ou telle époque, tel ou tel pays, il y a pour cela de très bons documentaires, sur de multiples supports. Avant toute chose, il ne faut jamais oublier que le plus important, dans un roman, c’est l’histoire, et que tout ce qui nuit à l’histoire est mauvais pour le récit. Comme toujours, le mieux nuit au bien.

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 14:03

La littérature :

·         La littérature c’est quoi ? Cela sous entend que tout ne serait pas littérature…

 

Alors là je n’en ai aucune idée. Attends, je vais regarder mon Larousse… A voilà, j’y suis…

 

Littérature n.f (lat. litteratura, écriture) 1. Ensemble des œuvres écrites ou orales auxquelles on reconnait une finalité esthétique.

 

Eh bien ! nous voilà bien avancé.

 

Non, en fait je ne sais pas ce qu’est la « littérature » mais pour avoir été libraire (pas très longtemps), je sais que certains auteurs sont classés dans la « littérature » et d’autres non. Les auteurs de Sf ou de fantastique, de fantasy, d’imaginaire, par exemple, ne sont pas classés en littérature, sauf s’ils deviennent très, très célèbres et sont reconnus par les universitaires. Dans ce cas là on ne dit plus, « C’est de la sf » ou « C’est du fantastique. » d’un air condescendant, supérieur et méprisant, mais, « C’est de la littérature. » d’un air très inspiré. Ca veut dire que les gens très sérieux ont le droit de lire ces auteurs et de garder la tête haute malgré tout.

 

George Orwell par exemple, a commencé dans l’anticipation, de la sf en somme, mais depuis qu’on l’étudie à la fac, c’est devenu de la littérature.

 

Pour Lovecraft et Tolkien, idem, avant ils n’étaient pas fréquentables par les gens sérieux, maintenant, ca fait bien de les avoir lus, même pour les gens sérieux.

 

Jules Verne était classé à son époque dans les livres pour jeunes, pas sérieux,  maintenant c’est devenu de la littérature, et même un classique.

 

Peut être qu’il faut juste attendre cent ans pour devenir de la « littérature ».

 

·         Qu’est-ce ce que la littérature jeunesse ? Une littérature à part entière ?

 

Comme je te l’ai dit tout à l’heure, pour moi, il n’y a pas de littérature jeunesse, mais seulement de la bonne ou de la mauvaise littérature.

 

Qu’est-ce que la littérature jeunesse ? Un livre où les héros sont jeunes ? Je parlais de Stephen King, tout à l’heure, et me vient à l’esprit une de ses nouvelles « Le corps » d’où a été tiré le film « Stand By me » de Rob Reiner. Les héros ont beau être des enfants, ce n’est pas de la littérature jeunesse.

 

A l’inverse, nombre de livres de Jules Verne, ou d’Alexandre Dumas, où les héros sont des adultes, peuvent être lus par des jeunes, mais est-ce que ça fait des « Trois mousquetaires » de la littérature « jeunesse ».

 

On peut parler de littérature pouvant être lue par des jeunes et des adultes, car les thèmes qui la traversent sauront leur parler et les toucher, mais de tels livres ne sauraient s’adresser qu’à une seule tranche ou catégorie d’âge, ce serait vraiment trop réducteur.

 

En ce qui me concerne, le Galoup, par exemple, peut être lu à partir de neuf ans mais n’a pas de limite haute, il s’adresse à tous et à toutes. Est-ce que ça en fait donc de la littérature « jeunesse » ?

 

Certains livres, pour diverses raisons, ne s’adressent pas à un lectorat en dessous de seize ans, tel est, par exemple, le cas de Frankia (une autre de mes séries parue aux éditions Mnemos), mais cela fait-il des autres livres des livres « jeunesse ».

 

Et un livre « Jeunesse » qu’est-ce que ça veut dire ? Que les adultes et les vieux n’ont pas le droit de le lire ? Ou alors si, mais c’est qu’ils sont vraiment attardés ? J’en serais le premier attristé parce que nombre des lecteurs de mon Galoup ont passé l’âge d’être qualifiés de « jeunes ».

 

 

·         Faut-il lire les classiques ? Pourquoi ?

 

Oui, mille fois oui. Parce qu’il vaut toujours mieux revenir à la source que de lire des copies de copies de copies…

 

On peut, par exemple, découvrir la mythologie grecque à travers des livres illustrés, puis des romans écrits par les auteurs contemporains, mais si on veut vraiment approcher la réalité du mythe, le découvrir dans son entier et sa force originelle, il faudra lire l’Iliade et l’Odyssée.

 

Enfin, si, par classique, on entend les classiques de la littérature française, il est évident, pour moi, qu’il faille les avoir lus, au moins un livre de chaque, pour se faire une idée. Un écrivain ne peut faire l’impasse dessus, pas plus qu’un musicien ne peut faire l’impasse sur Mozart, Bach,  Vivaldi, Wagner, Dvorak, Korsakov (je ne cite que ceux là que les autres m’excusent) ou qu’un peintre ou un dessinateur ne pourra faire l’impasse des peintures de Lascaux, des mosaïques de Pompéi, des de Vinci, Miquel Ange, Picasso, Ingres, Manet, Degas, Van Gogh…

 

Je ne veux pas dire qu’il faut les copier, mais ils procureront à l’auteur une richesse qui deviendra une force et une mine inépuisable. On se construit toujours en référence ou en opposition à ses modèles, alors autant viser haut.

 

L’avenir du livre ?

 

·         As-tu un avis dessus ?

 

Pas vraiment pour l’instant, mais je pense que nous allons voir des choses intéressantes dans les temps à venir en ce qui concerne le livre et peut être des développements auxquels nous n’avions même pas pensé. Le livre numérique, par exemple, ouvre aux auteurs de nouvelles possibilités même s’il pose de nombreuses interrogations et n’est pas exempt de dangers.

 

 

·         Les nouvelles technologies vont-elles le tuer ?

 

Le « livre », si on peut dire, est apparu voici 5000 ans sur des tablettes d’argiles avec « l’Epopée de Gilgamesh »… Ce n’est pas parce que les tablettes d’argiles ont disparu que le livre à cessé d’exister. Celui qui, par contre, a disparu, c’est celui qui fabriquait les tablettes d’argile.

 

Je ne pense pas qu’il faille craindre le futur. Le livre ne disparaitra pas, il mutera, il se transformera, comme il l’a toujours fait… Mais les gens auront toujours besoin qu’on leur raconte des histoires… Je le vois tous les jours avec mon Galoup. Nous sommes au XXIeme siècle, mais les gens ont toujours envie de s’asseoir près du feu pour entendre le conteur parler du loup.

 

Il faudra juste être vigilant et faire en sorte que les auteurs ne soient pas les grands perdants des transformations à venir. Ceci étant, ce ne serait dans l’intérêt de personne de détruire les auteurs, non ?

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 14:01

Le fruit de ton imagination :

 

·         Comment définis-tu tes écrits ? qu’est-ce qui te guide ? te pousse ? te fait avancer ?

 

Mes écrits, avant toutes choses, sont des histoires. Je n’ai que cette prétention là, et peut être celle de dire simplement, avec sincérité, à mes contemporains, des choses qui me semblent essentielles et les faire s’interroger, sans jamais oublier qu’ils sont avant tout là pour se divertir…

Quant à ce qui me pousse, avant toute chose, mon moteur essentiel, et tant pis si cela peut sembler fleur bleue, c’est l’amour, celui de ma femme, de mon fils, de mes proches, et, à travers eux, de toute l’humanité.

 

 

·         Quel est le livre que tu as écrit pour lequel tu gardes une affection particulière ?

 

Je ne sais pas, « Louis le Galoup » bien sûr, mais aussi, à égalité, « Le Dernier Hiver » et « Frankia », « Praërie » « Le Simulacre »…  et les autres aussi, comme je l’ai déjà dis, je les aime tous, ils sont un peu de moi.

 

·         Pourquoi vas-tu dans les salons du livre ? Cela n’est-il pas trop ennuyeux ?

 

Pour aller à la rencontre des lecteurs de mes histoires. Ecrire est une activité solitaire, et même si j’apprécie la solitude, écrire est avant tout pour moi un acte de partage, un acte d’amour, aussi, les salons du livre sont-ils pour moi une sorte de point d’orgue, un moment de grâce où auteur et lecteur, qui ne se sont jusqu’alors connus que par les mots, se rencontrent enfin, un moment de bonheur et de magie. Et non, ce n’est jamais ennuyeux, mais plein de surprises et d’instants de bonheur.

 

C’est aussi un moment où je peux enfin me faire vraiment conteur et dire l’histoire à ceux qui viennent me voir, de vive voix. C’’est quelque chose que j’adore faire, quand je donne vie aux mots que je couche sur papier.

 

·         Ecrire c’est s’exposer aux regards des autres ? Est-ce compliqué ?

 

Non, pas pour moi, et puis, comme je te le disais, soyons honnête et arrêtons de jouer les artistes maudits, si nous ne voulions pas être lus, nous n’enverrions pas nos livres à des éditeurs. Mais oui, il est parfois dur de recevoir des critiques négatives, c’est parfois douloureux ou cruels, mais on s’en remet, surtout si les bonnes sont plus nombreuses que les mauvaises.

 

·         Quel est le plus beau compliment reçu ?

 

Celui de Clara Dupont Monod, qui m’a un jour écrit, dans un mail : « Vous êtes un créateur d’enfance. »

 

·         La réflexion la plus dure ?

 

C’était au sujet de Frankia, et je ne la citerai pas ici parce que ça vient de si bas et c’est tellement affligeant que je préfère la taire… C’était sur Internet, où, chaque médaille à son revers, même les pires des chroniqueurs haineux et frustrés peuvent s’exprimer en toute liberté et sans mesure aucune. Je me suis longtemps tâté pour savoir si je devais y répondre, et j’ai préféré ne pas entrer dans ce jeu là.

 

L’écriture engagée :

 

·         Peut-on tout écrire quand on sait qu’on est lu par des ados ? Evoquer le affres de notre société n’est-il pas périlleux pour le moral de notre jeunesse ?

 

Non, je ne pense pas qu’évoquer les affres de notre société soit périlleux, c’est même plutôt constructif, voire, même, nécessaire, vital.

 

A une époque où, même dans nos sociétés dites modernes, pour ne prendre que cet exemple, les femmes ou les jeunes filles sont encore battues ou soumises au pouvoir des hommes, moins bien payées pour des emplois équivalents et que sais-je encore, (une femme sur dix, estime-t-on, est aujourd’hui encore battue), je pense qu’il est même urgent d’évoquer certains problèmes.

 

L’imaginaire a toujours été, pour moi, un moyen de porter un masque, de maquiller la réalité pour en parler plus librement et faire réfléchir. Si mes romans se passent toujours dans d’autres mondes ou d’autres réalités, ou ici mais dans une société microscopique par exemple, ils reflètent tous les problèmes de notre temps et portent dessus des interrogations… Maintenant, il faut être responsable, et constructif.

 

·         Est-il facile d’être engagé et publié ? L’écriture engagée intéresse-t-elle  aujourd’hui ?

 

Comme pour tout, les rapports entre auteurs et éditeurs sont des rapports humains, il faut tomber sur la bonne personne au bon moment, il y a, dans ce métier, une part de chance.

 

Et oui, je pense que l’écriture engagée intéresse encore aujourd’hui mais il fait savoir suggérer, emmener à s’interroger, pas infliger ni assener, et avant tout ne jamais oublier qu’on est là pour raconter une histoire et donner du plaisir, pas pour faire un court. Il n’y a que comme ça qu’on peut faire passer les idées.

 

·         Comment l’auteur que tu es peut-il garder son indépendance, ses idéaux tout  en continuant d’exister sur le marché ?

 

Pour moi, ce n’est pas antithétique. Je n’ai pas eu à faire, pour l’instant, de concession sur ces sujets. Mes éditeurs, et je les remercie, se sont toujours montrés respectueux de mes idées et ne m’ont pas demandé de changer mes histoires sur le fond.

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POURQUOI ce BLOG ?

 Le BLOG consacré
aux AUTEURS,
à la LITTERATURE JEUNESSE
et à L'ECRITURE
.

Enfants 1 199La lecture est une nécessité dans le monde moderne. Elle permet de maîtriser la langue, de développer l’imaginaire, de structurer la pensée, d’accéder au savoir, d'acquérir du vocabulaire... C’est pourquoi parents et enseignants se lamentent lorsque les enfants ne lisent pas et les ados encore moins. Pourtant, ils prendront PLAISIR à lire... pur cela, il suffit de les juindécembre2010 225aider à ouvrir la porte.

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  

 

 Avec ce blog, j'aimerais :
 * faire découvrir la littérature jeunesse,l'écriture et les auteurs pour la jeunesse
partager une passion et pourquoi pas donner envie de lire et de rêver entre les pages.  

juindécembre2010 260Le livre est une véritable source de plaisir, de joie et d'émotion. Beaucoup d’élèves disent ne pas aimer lire. Je ne suis pas loin de penser que TOUS aiment lire, sans exception ! Le plus difficile pour eux est de parvenir à trouver dans la masse, LE livre, celui qui ne va pas les endormir… juindécembre2010 227LE LIVRE, celui qui va leur "parler", le livre qui leur correspond, le livre qui va leur remuer les tripes, les boyaux, les neurones, la tête !!!  

Enfants 1 178-copie-1Personne n'aime lire toutes les histoires, tous les livres. Evidemment. Il existe donc des "critères" à appliquer pour trouver et emprunter la perle, le livre qui va faire définitivement plonger dans le plaisir de lire !

Dans le livre on fait de merveilleuses rencontres, on découvre plein d'amis, on voyage, on s'ouvre sur le monde, on vit des aventures que l'on ne connaîtra jamais dans la vie de tous les jours : on embrasse des princesses, on escalade des rochers, on "zigouille" les méchants, on galope sur des chevaux lancés à la poursuite de terribles bandits ... bref, on fait de fabuleux voyages pour... "sourire, rêver et aimer" (Lisez "Le type" de Philippe Barbeau.) !!

Enfants 1 258Dans ce blog, il sera question des hommes et des femmes qui écrivent : les écrivains pour la jeunesse. Les ouvrages de littérature jeunesse de qualité seront présentés, racontés, "décortiqués"...
Vous lirez des interviews de professionnels, vous découvrirez des portraits, le monde de la chaîne du livre (éditeurs, imprimeurs, libraires...), vous trouverez également des conseils, vous ferez des rencontres, participerez à des débats, vous lirez des expériences d'animations pédagogiques autour des livres, vous découvrirez des "paroles" d'élèves, d'enseignants, des textes et.... plein d'autres choses encore !

juindécembre2010 224

 Brigitte Coppin 015
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    "Les gens qui aiment lire sont rarement des salauds !"
Xavier-Laurent PETIT
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  SPECTACLES

   

  "Salomon, vous vous rendez-compte ?"

de Christophe Boutier

 

spectacle radeau 010 

 

Sa majesté des couches"

de Christophe Boutier  

 

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  Une comédie en V actes écrite et mise en scène par Christophe Boutier

L’histoire de la séduction, de l’enfant et de sa famille depuis la préhistoire jusqu’à l’enfant-roi du XXIème siècle.

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Sur scène, il y avait :

- 14 comédiens 

- Six musiciens professionnels dont Michel Léger, accompagnateur de vedettes de la chanson et du cabaret, telles que La Bande à Basile, Daniel Guichard, Zanini, Jean Constantin, André Aubert (Don Patillo)...

- la chorale du collège de Xavier Bélanger (professeur d'éducation musicale qui a mis en musique le spectacle) qui a interprété des chansons de variété en rapport avec l'enfance.

- des projections murales assurées par les élèves de l'option image (Eddy Dabrigeon...) du collège, option dirigée par Cécile Cotten,  professeur d’Arts plastiques.

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Les spectacles précédents

 

2013- Le temps du maquis"

2012 - "Salomon, vous vous rendez compte ?"

2011 - "Sa majesté des couches"(Gannat)

2010 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes"  : 2ème épisode (Gannat)

2010 - "Un zèbre sur la banquise" (Gannat)

2009 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes " : 1er épisode (Lapalisse)

2008 - "La farce vaudevillesquement tragique de la chambre forte du jugement dernier. " (Lapalisse)

2007 - "Le terrier zeixcoussois en Zinzinmouli ou la complainte des comédiens en danger" (Saint- Prix)

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    Un grand MERCI donc à tous les écrivains jeunesse
 que j'épuise et à qui je donne mal à la tête !!!
Ah ! Ah !!

Enfants 1 224Christian Grenier, Eric Boisset, Alain Grousset, Alain Surget, Béatrice Nicodème, Anne-Marie Desplat-Duc, Susie Morgenstern, Arthur Ténor, Hubert Ben Kemoun, Jean-Côme Noguès, Marc Séassau, Fabrice Colin,  Lorris Murail, Roger Judenne, Philippe Barbeau, Anne Ferrier, Evelyne Brisou-Pellen, Eric Sanvoisin, Christophe Léon, Jean-Luc Luciani, Béatrice Egémar, Magali Herbert, Guy Jimenes, Jean-Claude Mourlevat, Raymond Perrin, Jean-Baptiste Evette, Marc Cantin, Claire Gratias, Christophe Miraucourt, Xavier Bascour, François Librini, René Gouichoux, Yaël Hassan, Jean-Marc Ligny, Marie-Aude Murail, Cécile Roumiguière, Brigitte Coppin, Dorothée Piatek, Sophie Audouin-Mamikonian, Fanny Joly, Johan Héliot, Jack Chaboud, Jean-Luc Marcastel, Stéphane Daniel, Emmanuelle et Benoît de Saint Chamas, Jean-Paul Gourévitch, Michèle Laframboise., Florence Hinckel, Christophe Loupy, Lénia Major, Viviane Koenig, Marie Mélisou..

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... évoque le BLOG sur la littérature jeunesse.

 

"Des conseils pratiques de pro à pro, des interviews délicieuses et des
articles écrits par des écrivains ou des éditeurs, des bibliographies,
des réflexions sur la littérature jeunesse, des coups de coeur et
 des anecdotes...On trouvera tout cela (!) sur le blog de C
hristophe
Boutier, professeur documentaliste  au collège de Gannat (Allier).

Les petits articles de réflexion sur certains aspects de la littérature
jeunesse sont parmi les plus intéressants, d'autant plus qu'ils soulèvent
parfois des points souvent peu vus : les genres relevant de l'imaginaire
et les critères de classification (science fiction, fantasy...), les styles
d'écriture (classique, moderne…), ou encore le souci de la véracité dans
les romans historiques jeunesse.

En plus de cela, on trouvera une liste impressionnante de sites
d'écrivains  et des ressources diverses et variées qui émaillent les
articles (liens vers des  sites de séries jeunesse, des conférences
en ligne...), des « trucs et astuces » de Doc pour aimer et faire
aimer la lecture, des bibliographies...

Si la mise en page gagnerait à être un peu plus claire et lisible, le côté
bric-à-brac (où on flâne volontiers de longs moments) perdrait de son
charme...

Par un prof-doc amoureux et défenseur acharné de la littérature
jeunesse.
"

 

Rubriques

CULTURE au CDI de Gannat

Collège de Gannat (03)

" Fête de la culture, de la lecture et de l'écriture"

  Mai 2013 - 4ème édition

Eric Boisset 

Mai 2013 145

ArthuArthur Ténor 024r Ténor

Alain Surget 

Alain Surget 053

 

Mai 2012 - 3ème édition

 Jean-Luc Marcastel

jean-luc-MARCASTEL-010.jpg

Brigitte Coppin 

      Brigitte-Coppin-013.jpg

 

Mai 2011 - 2ème édition

Philippe Barbeau, Christian Couty

juindécembre2010 236

Béatrice Nicodème

 

juindecembre2010-245.jpg

 

Juin 2010 - la 1ère édition :

 

Alain GROUSSETet Christian GRENIERétaient parmi nous pour évoquer la Science-Fiction (SF) etpour débattre des nouvelles technologiesqui pourraient "tuer » les livres...

 Enfants 1 196

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Le nouveau spectacle du collège

Joseph Hennequin de Gannat, dans l’Allier.

 

 

La troupe de théâtre du collège Hennequin, composée cette année de 30 comédiens issus des quatre niveaux de classes, a réalisé un film (un vrai ! en noir et blanc)écrit par Christophe Boutier, professeur documentaliste, « Le temps du maquis» (vendredi 14 juin 2013, centre socio culturel de Gannat). Xavier Bélanger, professeur d’Education musicale, assurera la mise en musique.

Ce film présente la dure réalité de la vie quotidienne et clandestine, au milieu de la forêt,d’hommes et de femmes – les maquisards - remarquablement courageux qui recoururent, au péril de leur vie, à la guérilla pour s’attaquer à la milice du Maréchal Pétain et aux troupes d’occupation allemande.

Ce spectacle entre dans le cadre du projet « Devoir de mémoire », une option du collège menée en classe de 3ème. Les 16 élèves de cette option dirigée par M. Bellet, professeur d'Histoire, présenteront la soirée :

En 1ère partie, un court métrage : Roger VENUAT, résistant dans le maquis de Hérisson (Allier, 03), au collège Joseph Hennequin.

En 2ème partie, la pièce de théâtre, « Le temps du maquis »

ENTREE GRATUITE

  

QUI SUIS-JE ?

Je suis Christophe BOUTIER, professeur documentaliste au collège de Gannat (1 rue Joseph Hennequin. 03800 GANNAT) , dans l’Allier, en Auvergne.

Passionné par la littérature jeunesse, l'écriture, la lecture... j'ai découvert, grâce à ma profession cette littérature - une vraie littérature ! - qui comporte de magnifiques textes. Et derrière des mots adressés, peut-être davantage aux enfants, aux adolescents - quoi qu'un bon texte doit pouvoir être lu par tous sans aucune histoire d'âge ! - se cachent des écrivains adorables, des personnes d'une incroyable richesse humaine, intellectuelle et culturelle, des gens de talent que j'ai/j'ai eu la chance pour certains de côtoyer !

Aujourd'hui, j'éprouve le besoin de partager mon amour des auteurs jeunesse et de leur oeuvre ! je compte également sur vous lecteurs pour faire vivre ce blog, mutualiser nos expériences, nos connaissances, nos réflexions et... débattre.

 
Mon autre BLOG, celui du CDI du collège de GANNAT :
http://www.cdi.gannat.over-blog.com