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Présentation

  • : Le blog de CHRISTOPHE BOUTIER, professeur documentaliste au collège de St Germain-des-Fossés, dans l'Allier
  • : Blog qui a pour objectif de parler de la littérature jeunesse, des écrivains jeunesse... pour donner le goût de lire aux adolescents. L'objectif est également d'intéresser à la culture. Il s'agit aussi de faire découvrir cette littérature à part entière aux adultes.
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Le Vampire Du Cdi

  • Le cédéiste
  • Je suis le "VAMPIRE d'un CDI" auvergnat !

ANECDOTES

Pierre BOTTERO,

le Seigneur des ados !

 

Pierre Bottero était fier d’être un auteur jeunesse - une littérature qui n’a rien à envier en qualité à la littérature « vieillesse. » S’il n’était pas qu’un auteur de fantasy, il faut bien reconnaître que c’est à cette littérature de l’Imaginaire qu’il dût son incroyable succès !

Dès l’enfance, il tombait dans la marmite de la fantasy. Il dévorait Tolkien (Un choc ! S’en suivi, plus tard, l’idée que la fantasy ne pouvait s’écrire que sous la forme d’une trilogie), Zelasny, Farmer, Moorcock, Vinge, Howard… Les grands noms qui allaient lui permettre de devenir l’auteur que nous connaissons. Plus tard, il appréciera les auteurs « jeunesse » tels que Erik L’homme, Hervé Jubert, Fabrice Colin ou Philip Pullman, Eoin Colfer pour ne citer qu’eux. Il n’y a pas de concurrence en littérature jeunesse, les auteurs s’apprécient, se côtoient, se téléphonent, se rencontrent, se parlent, rêvent ensemble d’histoires communes. Ainsi Erik L’Homme et Pierre imaginaient ensemble, « A comme assassins »…

De ses lectures, Pierre Bottero ne devait pas ressortir indemne.

C’est par hasard qu’il se lançait dans l’écriture, pour aider sa fille qui séchait devant un concours d'écriture : il rédigeait quelques pages sur son ordinateur, se piquait au jeu, poursuivait (son épouse réclamait la suite), envoyait le texte à un éditeur qui le publiait... Il était dit qu’il n’arrêterait plu. Marqué à tout jamais par Tolkien, il était évident qu’un jour, il s’essaierait à la fantasy. C’est ainsi que naquirent « La quête d’Ewilan », « Les mondes d’Ewilan » et « Le pacte des Machombres. »

 

 

 

Pierre Bottero se fichait éperdument du cadre dans lequel on allait placer ses romans. Mais pour les « techniciens, l’auteur lui-même évoquait la Low Fantasy. Il s’agit d’une low fantasy - inspirée par ses jeux d'enfant, ses rêves d'adulte, ses lectures et les émotions ressenties au quotidien - dans laquelle existe un équilibre entre le bien et le mal, le courage, la volonté et la détermination où domine le désir de tout ramener à des intérêts individuels (égoïsme forcené, aveuglement quant à la mise en danger des équilibres…). Un parallèle pourrait d’ailleurs être établi entre le chaos décrit et notre monde réel. Mais attention. Les propos de Pierre ne demeurent pas sombres, ils restent optimistes. Pour avancer ! Avec pour personnages principaux des… femmes. Pierre était fondamentalement féministe. Il aimait à dire qu’il y avait moins de « cons » chez elles que chez les hommes. Toutefois, Pierer Bottero n’a jamais cherché à donner des leçons, il se méfiait trop pour cela des « transmetteurs » de valeurs et des donneurs de leçons. Le livre était pour lui un objet de partage.

Ce partage, il l’avait avec sa famille qui appréciait ce qu’il écrivait et qui le rassurait : Claudine, son épouse, ses deux filles lisaient ce qu’il écrivait avant publication.

 

 

 

Lorsque Pierre Bottero était invité dans un salon du livre pour une dédicace, il faisait partie des auteurs les plus demandés (il ne faisait pas bon signer à côté de lui !) : les impressionnantes files d’attentes composées de lecteurs (jeunes et moins… jeunes !) en témoignaient. C’est avec émotion qu’ils recevaient tous les messages de sympathie et… d’amour. Ses livres touchaient, ses histoires permettaient le partage et faisaient rêver, Pierre vivait alors une aventure … magique.

Il avait beau affolé le compteur des ventes, ce qui avait un réel impact sur lui, c’était :  de percevoir la flamme dans les yeux de ses « fans » (euh ! il n’aimait pas le mot), de recevoir leurs avis, de parler avec eux.

Tant d’amour le gonflait à bloc et lui transmettait une énergie positive.

C’est pourquoi, ce succès (qui lui permit d’abandonner son métier d’instituteur) qu’il percevait intensément, à la fois avec bonheur (évidemment !) et tranquillité, lui donnait également un sentiment de responsabilité. Ainsi, s’il savait se montrer reconnaissant envers ceux qui l’avaient aidé à améliorer son écriture (Caroline Westberg, son éditrice chez Rageot), il avait également de la considération pour ce public à qui il devait tant. Quand vous rencontriez Pierre, assis derrière sa table de dédicace, vous aviez le sentiment qu’il n’attendait que vous ! Pierre veillait soigneusement à être proche de son « public », un de ses… bonheurs. Il respectait humainement ses visiteurs et ses lecteurs en leur offrant des histoires dont il voulait qu’elles évitent facilité et démagogie. Il apportait ainsi beaucoup de soin et d’exigences aux corrections, un travail exigeant, vorace en temps et en énergie.

 

L’écriture de Pierre Bottero avec « Le pacte des marchombres » avait atteint une belle maturité. C’est ce que Pierre lui-même soulignait quand il affirmait que « c’est en écrivant qu’on apprend à écrire. » En effet, cette dernière trilogie qui met en scène le personnage d’Ellana est moins légère, plus complexe, que celle de « La quête d’Ewilan » : l’auteur avait eu le sentiment d’avoir grandi, évolué et de s’être trouvé, un sentiment accompagné par le désir de partager encore davantage avec le lecteur. Pierre Bottero était un homme intègre, voilà pourquoi il continue d’être autant aimé. A la lecture de ses trilogies, cette sincérité transpire. Pierre prenait un immense plaisir à écrire, à « rêver », à imaginer le monde (issu d’un vieux rêve de liberté absolue) d’Ewilan, d'Ellana. Il prenait un immense plaisir lorsque d’autres que lui se baladaient dans "ses" mondes. Pierre Bottero écrivait pour être lu mais aussi pour explorer des contrées inconnues (se connaître lui-même ?) et entraîner à sa suite tous ceux qui étaient tentés par l'aventure... Quand il mettait le point final, c’était à la fois une joie (celle d’avoir terminée et d’être satisfait du résultat) et une déchirure (celle de quitter l’univers crée)… Un sentiment d'être coupé d'une part de soi-même avec l’irrésistible envie de replonger très vite.

 

Pierre le « poète » accordait beaucoup d’importance au travail de réflexion qui précède l’écriture. Lorsqu’il attaquait le premier chapitre d’un roman, la trame générale était dans son esprit, il connaissait très bien ses personnages. Ensuite, plongé dans le cœur du roman, il écrivait sans arrêt, du matin au soir, parfois pendant la nuit. Puis, il pouvait ne plus écrire pendant des semaines Enfin, presque car il écrivait toujours… dans sa tête. Quand il n’écrivait pas, il écrivait sans écrire. Pierre était un homme normal qui aimait lire, courir, menuiser, bucheronner, voyager, rencontrer, parler, rêver… et sourire ! Ah, ce sourire !I

L’écriture de Pierre était une écriture « vraie », sans complaisance, une écriture qui venait des tripes, un cadeau offert au lecteur. Il n’était satisfait que si les mots qu’il employait correspondaient réellement à ce qu’il souhaitait écrire. Cette honnêteté, il la devait à ses lecteurs. Pierre était un travailleur qui reprenait, sans cesse, son récit, la cohérence, le fond, la forme… C’est pourquoi il prenait grand soin, malgré les pressions des lecteurs, de ne pas chercher à publier, à tout prix, trop rapidement. Il était persuadé qu’il valait mieux patienter et faire patienter plutôt que de se décevoir et décevoir. Il pendait qu’il fallait laisser le temps à l’histoire de pousser, à son rythme...

 

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   "Le Loup à la voix de miel"
Marc SEASSAU (Grasset jeunesse)

J’ai fait venir dans le collège où je travaillais alors, l’écrivain Marc Séassau.  La journée fut belle et pleine d’émotion notamment lorsque Marc anima une rencontre à deux voix (j’adore organiser ce genre de rencontres : 2 auteurs face à une classe en même temps !) avec Jean-Côme NOGUES qu’il avait adoré lire lorsqu’il était ado.

Marc Séassau a écrit ce roman « Le loup à la voix de miel » parce qu’il a été marqué par sa convocation comme juré dans une affaire de viol. Dans son récit, il narre l’entrée en 6ème d’une petite fille qui, anonymement, dépose des extraits de « Peau d’âne » dans les poches, de sa « marraine », une élève de 3ème.  L’appel au secours était évident !

Cette rencontre a déclenché un phénomène pour le moins inattendu dont j'ai été le témoin, involontaire : il m'a fallu trois semaines pour comprendre ce qui m’arrivais !

Je trouvais régulièrement par terre, dans le CDI, toujours disposées par deux, des photos représentants des scènes classiques de la vie d'une famille avec une de nos élèves de 6ème (anniversaires...). J'ai évidemment rendu ces photos à l'élève qui, agressive, semblait ne pas comprendre pourquoi je détenais son bien. C'est tout juste si elle acceptait de reconnaître qu'il s'agissait d'elle sur les clichés ! Ces scènes se sont régulièrement reproduites ( trois, quatre fois pendant trois semaines) jusqu'au jour où j'ai eu un déclic  : une seule photo sur le sol évoquant la petite sur les genoux d'un homme. J'ai de suite compris (Peau d’âne !), j'ai alerté l'infirmière, la Principale du collège... Cette élève avait eu l’idée de reproduire ce que l’héroïne du roman faisait.
Voilà ce qu'uns simple rencontre d'écrivain peut entraîner en dehors du plaisir de lire.
Le roman avait libéré la parole de l’élève !


Nous en avons évidemment parlé avec Marc Séassau qui était évidemment KO : comment ne pas l'être ? Il avait écrit ce roman un peu dans un but pédagogique mais quand la réalité dépasse la fiction...

Recherche

PERLES de LECTURE

 Le collège de Gannat

 a voyagé dans le temps !

 

 Après la lecture des romans historiques jeunesse de Béatrice Nicodème....

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« Oyez ! Oyez gente dames et damoiseaux ! Entrez dans le Moyen Age ! » Ainsi s’est écrié le troubadour, jeudi 9 juin 2011, dans la plaine gannatoise : deux cent élèves de 5ème du collège Hennequin et CM2 des écoles du Malcourlet, de Pasteur et de Jean Jaurès ont bravement et « prestement » effectué le « pas sur le côté » pour revêtir leur cotte de maille et ainsi plonger en plein XIVème siècle.

  

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  Pour rendre vivant et attractif le Moyen Age, période étudiée en classe et encore largement visible dans la cité des portes occitanes, Gannat, douze comédiens et cascadeurs professionnels de la compagnie toulousaine ARMUTAN, ont chevauché leurs destriers pour répondre à l’olifant de Christophe Boutier, professeur documentaliste, initiateur de cet imposant projet, « Cultures, loisirs et genres de vie au Moyen Age », un projet fédérateur d’énergie d’une année.

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Un campement faits de plusieurs tentes, de peaux de bêtes, de râteliers d’armes, de tonneaux… a été établi dans la partie herbeuse et arborée de l’établissement scolaire. Les écuyers – élèves, aux yeux brillant de plaisir, répartis en six « compagnies » de « routiers » qui répondaient au nom d’un  célèbre homme de guerre, du Guesclin, Prince noir ou bien d’un roi, Philippe Auguste…ont défilé avec leurs bannières dans les sept ateliers pédagogiques pendant six heures.  Ainsi, ils ont été initiés à l’archerie, au maniement des armes, au combat rapproché, à l’héraldique – l’art de faire son blason – à la danse, aux instruments et à la musique, à la jonglerie… Le capitaine « Barbepeste » et ses sbires ont alors conquis la « piétaille » qui après explications et démonstrations, devait mettre en pratique l’enseignement de leurs maîtres…  

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 Les corps fatigués furent réparés par le succulent banquet médiéval régional (tortillons gannatois, galichons d’Escurolles, fromages de chèvres de Bellenaves, Fraises bourbonnaises sur lit de fromage blanc de campagne de Cérilly étaient inscrits sur le très beau papier imprimé à l’ancienne par le moulin Richard de Bas ), pris en musique, et proposé par le chef, Sylvain Bruno. Une projection d’images, capturées dans la matinée, proposées par les élèves de l’atelier image du collège lors du repas, a également ravi les convives.

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En fin d'après-midi, les petits occitans, tout sourire, étaient regroupés pour assister à un spectacle de jongleries burlesques proposées par « Grand mètres Yann »,  à de la poésie lyrique, et à une impressionnante saynète de combats à l’épée accompagnée par la musique du groupe DAYAZELL.

 

Quel bonheur ! Quelle joie d'avoir vu les yeux des enfants pétiller de plaisir ! Quel  moment de vie ! Il ne fait aucun doute que cette journée unanimement saluée comme étant extraordinaire restera gravée dans les mémoires.

  351.JPG Alors, un grand MERCI à tous ceux qui ont participé à la réussite du projet ! Les personnels du collège Hennequin, la mairie de Gannat, les mécènes, les comédiens si sympathiques et bien sûr…les élèves !

 

Pour en savoir davantage :

 

RV sur le blog du collège de Gannat (03),

une 100e de photos...

 

http://cdi.gannat.over-blog.com/

 

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A propos de ce blog !

 

Lu dans « La nouvelle encyclopédie des filles 2011 » de Sonia Feertchak ((Plon)

 

« Le blog passionné et passionnant d’un professeur documentaliste  fou de littérature jeunesse, pour « sourire, rêver, aimer ». Des articles vivants sur la lecture, qui donnent envie de découvrir plein de livres et autant d’auteurs

 

 

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A lire, vraiment !




 

 

 

 

 

 

 

 

   

A travers de nombreuses anecdotes Christian Grenier évoque son enfance placée sous le signe du théâtre et de la lecture, son adolescence marquée par l'écriture et la passion. Il relate son parcours d'enseignant, d'auteur mais aussi de lecteur-correcteur, journaliste, scénariste et directeur de collection. Il se penche également sur les mécanismes intimes de l'imaginaire, détaille la genèse de ses oeuvres et fait pénétrer le lecteur dans les coulisses de l'écriture et de l'édition. Enfin il s'interroge sur les principes qui font d'une fiction un récit pour la jeunesse. Regorgeant de confessions, de convictions et de passion, ce témoignage d'une vie consacrée à la littérature jeunesse se lit comme un roman.
 

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Le MOT du JOUR : ......

    "Des millions de gens vivent sans lire, mais ce qu'ils ignorent,

c'est qu'on vit infiniment plus en lisant."

Xavier-Laurent PETIT

  

     318 042 visiteurs 

Je vous livre l'adresse du blog de mon nouveau cdi et collège : http://colllafontaine.over-blog.com/

 

depuis octobre 2009

 

 

8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 10:26

L’auteur aujourd’hui

·         Comment se situe l’auteur aujourd’hui par rapport à l’auteur des débuts ? Il y a-t-il une différence (style, pensée, méthode…)

Mon style évolue, enfin je l'espère... la pensée est similaire, probablement plus affirmée, et la méthode identique. J'écris instinctivement, sans brouillon et ce depuis toujours. L'auteur d'aujourd'hui n'a pas plus d'assurance, travail autant, voir même plus.

 

 

·         Quelle est ta définition de l’auteur jeunesse ? En es-tu un ?

Un auteur jeunesse est un auteur tout court. Mais ça, ce n'est pas encore assimilé par tout le monde...

Auteur jeunesse, ma définition :

Personne curieuse, inventive et aimant transmettre aux enfants, qui imagine des histoires pour faire rêver, instruire et partager des émotions. 

L'auteur jeunesse a pour mission de déclencher et transmettre la passion pour la lecture aux adultes de demain.   

 

    

L’écriture :

 

·         Dorothée, pourquoi écris-tu ? Est-ce quelque chose de facile à expliquer ?

En premier lieu, j'écris parce que j'aime inventer et rêver. J'aime aussi la solitude que demande ce travail et cette sensation de cocon qui m'enveloppe quand je suis face à un texte en cours. Ecrire, c'est être en soi même, c'est aller chercher des émotions, des sensations, c'est éveiller ses sens pour percevoir tout ce qui va faire le livre et incarner une multitude d'identités différentes.  J'écris également parce que c'est le média qui me correspond le mieux. Je ne ressens pas le besoin de parler beaucoup et c'est dans l'écriture que je trouve le plus "facilement" mes mots.

 

·         C’est quoi être écrivain ? Ecrire c’est quoi ?

Etre écrivain, c'est prendre le temps de construire une histoire, une intrigue, de fouiller, d'interroger, de rechercher le moindre détail pour éviter les anachronismes. C'est travailler en respectant son étique personnelle et dans le respect de ses éventuelles futurs lecteurs. 

 

·         Que penses-tu des écoles américaines dans lesquelles on peut apprendre à écrire ? En France, elles n’existent pas. Quel écrivain es-tu ?

Je ne connais pas ces écoles américaines. J'ai seulement tendance à penser que l'écriture est un travail de longue haleine qui demande de l'investissement, du courage et qui doit avant toute chose être un plaisir personnelle et intime. Ecrire c'est une question de ressenti  et d'émotion, ces choses là s'apprennent-elles ? 

 

 ·         Arthur Ténor parle de lui comme étant un « explorateur de l’imaginaire. » As-tu une formule pour te caractériser ?

 

"Filtre à café" me convient bien (rire). J'ingurgite des informations et les ressorts filtrés dans mes livres afin qu'elles soient accessibles et parfois même ludiques.

 ·         L’écriture a-t-elle toujours été en toi ou est-ce quelque chose qui est arrivé tardivement dans ta vie ? Il y a t-il eu un élément déclencheur ?

 

Un élément déclencheur, même deux, ont incontestablement déclenché cette passion chez moi. Le premier, un professeur de français en 6ème" qui m'a invité à lire "Le rêve" d'Emile Zola. Ce livre fut une révélation ! En refermant ce livre, je me suis jurée de lire toute ma vie. C'est des années plus tard que j'ai compris que ce bouquin m'avait donné envie d'écrire. Le second, ma grand-mère, qui chaque soir inventait des histoires pour m'endormir. Son imagination débordante  a suscité chez moi l'envie de créer des histoires.

 

·         Pour qui écris-tu ? A moins que ce ne soit pour un public ? Pour être lu ?

 

Je n'écris pas forcément pour être lu, mais parce que j'aime inventer des histoires et me fondre dans des univers différents. 

Si mes histoires peuvent apporter quelque chose aux enfants, alors tant mieux, j'en suis heureuse. Mais sachez que dès le mot FIN posé, j'ai l'étrange sentiment de ne pas être l'auteur de mes textes. Alors loin de moi l'idée d'être lu à tout prix...

 

·         Le public/l’éditeur t’ont-ils influencé à un moment donné ?

Non, jamais. J'écris librement sans rien montrer à personne, sans répondre aux commandes. Les éditeurs découvrent mes textes une fois achevés. Ils prennent ou ne prennent pas. 

 

 ·         Cette fameuse imagination, d’où vient-elle ? De quoi t’inspires-tu ?

 

Je m'inspire de tout et de rien. Une rencontre, un mot, une visite, une pensée, ... tout est prétexte à imaginer des histoires. Mais l'imagination en tant que tel reste un peu un mystère pour moi. Mes personnages me guident beaucoup, je me laisse porter, je lâche prise et les choses viennent, m'apparaissent, plus ou moins rapidement. 
 

·         Comment procèdes-tu pour écrire ? Un plan ? des carnets ?

 

Pas de plan, pas de carnet, pas de note ou très peu. Tout est dans ma tête, une petite case pour chaque histoire que j'ouvre pour en imaginer la suite. Une fois inventé, je me mets devant le clavier et hop, c'est parti pour quelques semaines d'écriture.

 ·         A quel moment de la journée écris-tu ? Avec quoi ? Une heure précise ? As-tu besoin d’isolement ?

 

Le soir me convient particulièrement. Une fois l'animation de la journée retombée, l'ambiance paisible et feutrée de mon bureau devient propice pour laisser son esprit prendre le déçu et partir dans un élan d'écriture, qui parfois peut durer une demi-heure ou jusque tard dans la nuit. 

 

 ·         Qui te lis en 1er ? Un proche ? Pourquoi ?

 

J'ai une lectrice qui attend toujours mes appels pour une lecture à voix haute : ma soeur ! Elle est une bonne supportrice, mais sait aussi pointer du doigt un passage à retravailler ou me dire "laisse tomber c'est pas bon". 

 

 ·         Qu’aimerais-tu écrire ? un sujet que tu n’as pas abordé et qui te taraude ? un genre ?

 

Des dizaines de sujets tournent dans ma tête. J'invente plus que je ne suis capable d'écrire (rire). Je ne parlerais pas de genre de livre, mais plus de concept. J'aime associer roman et images pour adolescent. C'est un travail laborieux, mais dans lequel je prend du plaisir.

 

·         Ecrire à 4 mains cela te tente-t-il ?

 

Oui. Un de mes éditeurs a une écriture qui se marie bien à la mienne. 

J'espère qu'il prendra le temps un jour de se poser un peu et d'entamer un "vrai" travail autour d'un roman ou d'un album. (A bon entendeur... Il se reconnaîtra)
 

·         Est-il facile de vivre de sa plume ? Exerces-tu un autre métier ?

 

L'auteur n'écrit pas plus avec une plume qu'il ne gagne sa vie avec son écriture, sauf à de rares exceptions. J'ai souvent le sentiment que l'auteur est la quatrième roue du carrosse pour les maisons d'éditions. Premier à livrer son travail, il est le dernier à être payé et doit souvent faire des pieds et des mains pour obtenir son dû. 

C'est un travail qui demande beaucoup d'investissement quand on le fait sérieusement, et que l'on poursuit seulement par passion. Pour répondre à votre question, je vis de ma plume et des interventions scolaires depuis quelques années, mais ce n'est pas palace.

 

·         Qualités et défauts de la Femme ? qui rejaillissent sur l’écrivain ?

 

Qualités... patience, sensibilité, fidélité, courage et curiosité.

Défauts... (rire), trop patiente, devient dingue dès qu'une injustice se présente, têtue. 

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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 10:24

Tes personnages :

 

·         Dorothée, comment crées-tu tes personnages ?

 

Mes personnages naissent lentement, ils se dessinent, puis un tempérament apparaît. Je les imagine dans leur contexte, je m'empreigne  de leur identité pour mieux percevoir leur façon de vivre et de penser. Je les regarde évoluer comme dans un film.

J'ai beaucoup de mal à expliquer cette création. L'image du film est la meilleure pour expliquer comment ils m'apparaissent. Je perçois vraiment des images et observe ce qui défile dans ma tête. Mais rassurez vous, tout va bien docteur (rire)

 

·         Est-ce que ce sont tes personnages qui te mènent ? Par exemple, peuvent-ils te faire changer de voie en cours d’écriture ?

 

Oh, que oui !! Plus d'une fois ils m'ont fait bifurquer en cour de route. Ce sont eux qui mènent la danse, je ne fais que relater leur vie.

 

·         Qu’aimes-tu le plus dans la création du personnage ? L’aspect psychologique ?

 

Ce qui est excitant, c'est de s'immiscer en eux, d'aller fouiller dans leur vie, dans leurs pensées et de faire jaillir leur personnalité.

 

 

·         Quel est le personnage que tu as crée et qui t’a posé le plus de souci Pourquoi ?

 

Vous me poser une colle... Je crois qu'aucun de mes personnages ne pas posé de réel souci.

 

·         Quel personnage de papier que tu as inventé aimes-tu le plus ?

 

J'aime beaucoup Ameline, l'héroïne du Cercle d'or". 

 

 

Les lieux :

 

      Comment t’inspires-tu pour créer un lieu ? Une atmosphère ?

 

Je m'inspire de tout ce que je vois, visite, entends, etc. Mais quand une idée ou un sujet né, les atmosphères, senteurs, couleurs, lieux, etc, s'imposent à moi. Le film se met en marche. Je voyage dans ces images et le décor se plante petit à petit. Je ne suis que spectatrice. Ainsi je me balade du moyen âge à aujourd'hui avec beaucoup de plaisir.

 

     Te rends-tu sur place ? Visites-tu beaucoup ?

 

Je ne me rend jamais sur les lieux. Je regarde simplement quelques photos, une carte et aussitôt les choses s'imposent. Je "sens", je "perçois" les villes et même les gens. C'est assez étrange, je ne m'explique pas ce fonctionnement...

 

      Est-il facile de partir de rien ou de ce que l’on connaît ?

 

Je pense que rien n'est facile. Tout demande du travail et de la concentration. C'est un métier où la réflexion occupe une place très importante. Une à deux années peuvent m'être nécessaire avant d'entamer la phase d'écriture. Le fil de l'histoire se déroule lentement et je me sers dans les images que je perçois. C'est d'ailleurs le soir, au coucher, que je vois ce que le lendemain je vais pouvoir écrire ou décrire.

 

 

 

Le style, la phrase, le mot…

 

·         Dorothée, quelle est la phrase qui te pose le plus de souci dans l’écriture ? L’incipit ?

 

C'est l'intrigue qui me demande le plus de travail, le reste n'est qu'une question de travail. Le début de mes livres coule toujours assez facilement. 

 

·         Quel style préfères-tu ? style indirect libre… « je » ou « il »…

 

J'aime le "je", "il", "elle"... J'aime tenir le crayon pour écrire la vie d'une femme, d'un homme, d'un enfant, d'un vieillard, ... Tous les styles me plaisent. 

Je trouve terriblement excitant de pouvoir changer d'âge et de sexe, je crois que seuls le cinéma, le théâtre et l'écriture le permettent.

 

·         As-tu la plume facile ? Où est-ce laborieux ? Te faut-il raturer beaucoup ?

 

Ecrire n'est pas une chose naturelle et spontanée chez moi. C'est toujours un travail laborieux et de longue haleine.

Je rature peu durant l'écriture. c'est une fois le livre achevé que je vais relire et corriger, puis réitérer avec l'éditeur.

 

·         Comment définirais-tu ton style ?

 

Mon style ?! je l'ignore.  Je ne viens d'aucune école, j'écris d'instinct, sans code, sans repères. Seule l'émotion me guide.

 

 ·         Combien dure la phase avant l’écriture (recherches…) ? Et la phase d’écriture ? Combien écris-tu de livres par an ?

 

Pour les romans historiques, la phase préparatoire peut durer de 1 à 3 ans. Durant ces longs mois, je lis beaucoup de documents historiques, interroge des témoins et construit l'intrigue en y associant des faits historiques. L'écriture me prend ensuite entre 4 et 6 mois. Pour les albums, la phase préparatoire peut être inexistante ou trainailler des mois entiers (j'aime prendre mon temps et laisser une idée en suspens pour qu'elle murisse à mon insu), et il arrive qu'en deux jours idée et écriture soient achevées. 

J'écris en moyenne 2 à 3 livres par an. 

 

·         Quelle phase préfères-tu ? La recherche des idées ? l’écriture ?

 

J'adore dans un premier temps faire des recherche historiques, réaliser un travail journalistique précis en interrogeant des témoins, en fouillant dans des archives, en croisant les données... puis le temps de l'écriture est un moment passionnant. J'aime tout !

 

 

·         Quel place a le mot dans tes romans ? Le vocabulaire est-il très important pour toi ?

Les mots sont très importants. Pour faire passer des émotions il faut apprendre à les peser. J'aime l'idée du filtre à café dont je parlais un peu plus haut. Je m'explique. Ecrire un livre historique demande d'ingurgiter énormément de documentations qui ne sont pas toujours très agréables. Elles sont complexes et souvent rébarbatives. Mon travail consiste donc à les digérer et les filtrer pour les ressortir simplifiées, compréhensibles par tous et plus abordables. 

 

·         Fais-tu attention à la longueur de tes phrases ? Pierre Bottero faisait des phrases courtes ; parfois, il ne les finissait pas pour laisser le soin au lecteur d’imaginer, de rêver et donc de les terminer lui-même.

 

J'aime les points de suspensions. Pour moi, cela signifie : prolongation de l'instant. J'aime également les fins ouvertes pour ne pas enfermer l'histoire. La longueur de mes phrases dépend du style du livre. Si mes phrases sont longues, c'est parce qu'une description est nécessaire. Mais je ne réfléchis pas à cela. Les phrases viennent, je les pose, c'est tout.

 

·         Qu’est-ce qui fait que pour toi, une phrase est bonne ?

 

Si je frissonne ou rie en l'écrivant, c'est qu'elle est bonne. Il m'arrive parfois d'appeler mon mari et de lui dire "écoute ça". 

Je sais à ce moment précis que j'ai écris quelque chose de bien. Ce sont des moments de grâce.

 

·         Utilises-tu beaucoup de documentation ?

Enormément. j'ai des cartons entiers de documentations sur le Moyen Age, la Première et Seconde Guerre Mondiale et sur le Japon. (Livres historiques que j'ai écris ces dernières années).

 

 

 

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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 10:21

La littérature :

·         La littérature c’est quoi ? Cela sous entend que tout ne serait pas littérature…

La littérature est une création écrite, quelle provienne d'un enfant ou d'un adulte. Personnellement, j'aime l'idée de l'associer aux grands auteurs parce que pour moi la littérature doit-être majestueuse...

 

·         Qu’est-ce ce que la littérature jeunesse ? Une littérature à part entière ?

Adulte, jeunesse, la frontière est poreuse. Je ne vois de différence que les formules employées en fonction des tranches d'âges.

 

 

·         Faut-il lire les classiques ? Pourquoi ?

Je pense que lire des classiques est formateur, c'est une démarche culturelle, une ouverture qui laisse des traces une fois adulte. 

 

 

L’avenir du livre ?

 

·       Dorothée, as-tu un avis dessus ?

 

J'espère dans l'avenir un mariage équilibré entre le livre numérique et papier. Personnellement, je suis incapable de lire un roman sur un portable, car le papier m'apporte une forme d'intimité avec l'histoire. Mais je sais que des gens aiment ça, alors pourquoi pas...

 

·         Les nouvelles technologies vont-elles le tuer ?

 

Je suis confiante pour l'avenir du livre. Il faut seulement réfléchir à de nouvelles formes de livres afin de s'adapter aux différents supports, mais le papier ne quittera pas nos bibliothèques. Les belles éditions, les grands auteurs... demeureront. Peut-être achèterons nous du support numérique en première lecture et une version papier en cas de coup de coeur...

 

 

 

Le fruit de ton imagination :

 

·         Comment définis-tu tes écrits ? qu’est-ce qui te guide ? te pousse ? te fait avancer ?

 

·         Quel est le livre que tu as écrit pour lequel tu gardes une affection particulière ?

Chacun de mes livres est le fruit d'un investissement personnel fort. Je suis donc attachée à tout mes livres. 

 

·         Pourquoi vas-tu dans les salons du livre ? 

Je vais dans les salons pour satisfaire les demandes d'organisateurs qui s'investissent avec passion pour les livres et pour faire plaisir à mes lecteurs.

 

·         Ecrire c’est s’exposer aux regards des autres ? Est-ce compliqué ?

Je ne sais pas... Je ne pense pas "exposition" quand un de mes livres est publié. 

 

·         Quel est le plus beau compliment reçu ?

Que mon écriture était d'une sensibilité rare

 

·         La réflexion la plus dure ?

Que mon écriture n'avait ni fond, ni forme.

 

 

L’écriture engagée :

 

·         Peut-on tout écrire quand on sait qu’on est lu par des ados ? Evoquer le affaires de notre société n’est-il pas périlleux pour le moral de notre jeunesse ?

 

On peut écrire beaucoup à destination des ados. Mais il est de notre devoir d'auteur de mesurer les termes que nous employons. Les mots ont un poids qu'il ne faut pas négliger. Nous devons les aider à comprendre les affaires de notre monde, à développer leur propre sens critique. Je pense que le moral des jeunes relève plus d'une ambiance générale que de faits racontés ici ou là. Ils ne sont pas dupes et je les admire de trouver le courage de résister dans ce monde pervertit de toutes parts. Il ne leur a pas été fait de cadeau, alors à nous de les aider à prendre le bon chemin. La lecture peut-y aider.

 

·         Est-il facile d’être engagé et publié ? L’écriture engagée intéresse-t-elle  aujourd’hui ?

L'écriture engagée ne trouve pas facilement à être publié ou largement diffusé. C’est le bouche à oreille qui offre au livre de vivre et de rencontrer son public.

Je suis très surprise de l'incroyable implication des enseignants pour les sujets "engagés". De plus en plus de professeurs et instituteurs prônent la lecture "militante", même si cela se fait un peu en sous-marin. Et les enfants rebondissent avec un enthousiasme réconfortant. 

Je rencontre des centaines d'enfants chaque année qui apprécient les livres aux sujets forts et portants à réflexion. Ces deux, trois dernières années, je sens une réelle montée vers ce type de texte. 

 

 

·         Comment l’auteur que tu es peut-il garder son indépendance, ses idéaux tout  en continuant d’exister sur le marché ?

Je ne sais quoi répondre. J'écris comme je suis, je transmets comme je pense, (elles ne sont pas très jolies ces phrases, mais explicites. Rire). Si un éditeur ne veut pas un de mes textes, ce n'est pas grave, je vais ailleurs. J'aime le partage et la transmission. Je ne suis pas une extrémiste, je pense avoir des idées simples et universelles. Pour moi la question ne se pose pas en ces termes.



 

 

 

 

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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 10:20

Les éditeurs, l’édition :

 

·         Les éditeurs mènent des études pour connaître les goûts des lecteurs (en matière d’histoires, de personnages,…)… Comment fais-tu pour résister aux modes et toujours être un auteur apprécié  ?

 

Faire des études pour connaître les goûts des lecteurs est une chose abominable. La littérature ne doit en aucun être un produit fabriqué. Je préfère arrêter d'écrire dans la minute qui suit plutôt que de répondre à un cahier des charges. Nous devons lutter contre ce formatage, apprenons aux lecteurs à lire les quatrième de couverture, à lire le premier chapître d'un livre pour se faire une idée, mais ne lui mettons pas entre les mains un produit marketing. 

Un auteur qui répond à des contraintes stéréotipées n'a aucun mérite. Je préfère vendre deux livres écrits avec mes tripes que 30 000 exemplaires d'une soupe aux navets. Ecrire est un acte personnel, dans lequel nous devons être intégre et y souffler le meilleur de nous même. Ecrire c'est une vibration, de l'émotion, du ressenti. Comment peut-on travailler sans cela ?!  Ca m"échappe.

On ne peut guère plaire à tout le monde et le vouloir serait d'une prétention sans nom. J'ignore si je résiste aux modes, je pense que nous sommes tous plus ou moins influencés, mais il faut garder une ligne directrice, celle de sa conscience et surtout de sa passion. C'est ce que je tente de faire...

 

 

·         Te sens-tu libre comme écrivain ? As-tu eu à souffrir de la censure ?

J'ai reçu une seule fois un appel un peu surprenant émanant d'un bureau X qui souhaitait connaître le contenu précis d'un de mes romans qui était alors en cours d'écriture. J'ai refusé de répondre, car très étonnée que l'on soit au courant du sujet que je traitais alors. Le livre à vu le jour et tout s'est bien passé.

 

·         T’interdis-tu des choses dans l’écriture ? L’éditeur te « dirige »-t-il beaucoup ?

Je n'ai pas le sentiment de me censurer. J'écris en pesant mes mots pour ne pas heurter inutilement. J'aime amener les choses avec douceur.

Jusqu'à aujourd'hui mes éditeurs ne m'ont pas dirigé. Ils m'ont laissé travailler sans contrôler mes écrits, reportant sur moi une confiance qui me touche beaucoup. 

 

·         Comment s’opère la collaboration avec ton éditeur au niveau de la correction des textes ? Un auteur libre, cela existe-t-il ?

Jusqu'à aujourd'hui, j'ai eu beaucoup de chance car mes éditeurs m'ont toujours laissés libres. Les corrections d'orthographes se font à la fin. Je reçois le texte dans lequel chaque changement ou faute est souligné et je suis libre de valider ou non la proposition qui m'est faite. 

Un auteur libre existe forcement, oui et heureusement. 

 

La lecture et ta bibliothèque :

 

·         Est-ce que lecture et écriture vont de pair ? Faut-il aimer lire pour écrire 

Il m'apparaît assez difficile d'aimer écrire et pas de lire. Les deux sont pour ma part indissociable.

 

·         Pour toi, lire c’est quoi ?

La lecture a pour moi deux fonctions totalement différentes. La première, le plaisir, la détente, l'évasion, mais aussi découvrir le travail d'amis auteurs ou d'auteurs dont j'apprécie l'écriture et la seconde, plus laborieuse et qui est un vrai travail, la lecture qui va venir enrichir mes propres écrits sur un plan historique par exemple.

 

·         Quels sont tes auteurs préférés ? tes lectures préférées ?

J'aime l'écriture de Jean Teulé, de Frédéric Clément, Thomas Scotto, Manu Larcenet, Guillaume Guérault, Maupassant, Zola, Ken Follet, mais je fonctionne beaucoup au coup de coeur à l'unité. Certains auteurs vont me toucher avec un ou deux de leurs livres, mais pas toute leur création. J'ai donc plus de titres que de noms à proposer. 

 

·         Les livres jeunesse qui t’ont marqués chez les autres ? Un livre de chevet ?

Par exemple j'ai adoré : "La petite soeur de Kafka" de François David, "Pourquoi j'ai tué Pierre" d'Olivier K, "Tous pareils" d'édouard Manceau, ""Grand loup" de Nadine Brun-Cosme, "Pourquoi" de Pascale Arguedas, "Le vieil ogre" de Marie-Sabine Roger, "Shola des villes, Shola des champs" de Atxaga Bernardo, "Le poids d'un chagrin" de  Roxane Marie Galliez, "Destins de chiens" de Benjamin Lacombe,"L'île"de Armin Greder, "JE MOURRAI PAS GIBIER" Guillaume Guéraud, "RENDEZ-VOUS N'IMPORTE OU" de Thomas Scotto, "Le petit roi Décembre" de Axel Hacke... la liste pourrait-être longue ! Mais pas de livre de chevet, désolée, j'ai une bibliothèque de chevet (rire)

 

·         Ta bibliothèque, quelle est-elle ? Comment sont ces livres, Beaux livres, poches… genres ?

Ma bibliothèque, mon petit royaume, ma caverne secrète... on y trouve de l'adulte, de la jeunesse, du roman, de l'album, de l'historique, des dictionnaires, du poche ou non, peu importe, l'essentiel c'est d'avoir MES livres. J'aime "posséder" des bijoux neufs, des bijoux de papier (rire).

 

·         Où sont-ils rangés ? Comment sont-ils classés ?

Deux lieux pour rangés mes livres, le premier mon bureau où ils s'amoncèlent sans ordre particulier. Là où il reste un creux, je glisse un livre. Le deuxième endroit le pied de mon lit où chaque premier janvier je fais table rase et "amoncelle" mes nouvelles lectures jusqu'au 31 décembre. Ainsi, je vois la pile s'agrandir et je suis contente de constater et de compter tous les livres lus durant une année.
 

·         Comment les achètes-tu ?

En librairie, sur Internet ou en salon. Pas de règle particulière. Mais dans la mesure du possible, je fais travailler la super librairie de ma ville et mon bouquiniste favori. 

 

·         Quel est le livre sur table de chevet ?

Je n'ai pas de table de chevet, j'ai horreur de ça ! Chez moi, c'est le premier livre de la pile qui m'accompagne chaque soir. Le dernier acheté prend la place du précédent.
 

·         Quels sont les auteurs qui t’ont influencé? Pourquoi ? Que leur as-tu empruntés ?

L'auteur qui m'a influencé... influencé est un grand mot... disons qu'un auteur a joué un rôle déterminant dans mon amour de la lecture et a entraîner bien plus tard mon envie d'écrire, c'est Emile Zola. J'ai découvert cet auteur à l'âge de 11 ans, à 13 ans j'avais lu son oeuvre, ce fut un coup de foudre. Je n'écris pas comme Zola, je n'ai pas son  talent, il a "simplement" révélé chez moi l'amour du détail.

 

·         Si tu avais un auteur à qui écrire, lequel serait-ce ? Et que lui écrirais-tu ?

J'ai la chance d'avoir rencontré quelques auteurs que j'apprécie et j'ai écris à l'un d'entre eux. Je garde nos échanges épistolaires précieusement, mais c'est mon secret. 

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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 08:34

 

L’auteur aujourd’hui

·        Brigitte, comment se situe l’auteur aujourd’hui par rapport à l’auteur des débuts ? Il y a-t-il une différence (style, pensée, méthode…) ?

Une évolution, oui : un style plus libre, moins chargé en adjectifs (c’est encore un peu mon défaut), plus imagé. Une plus grande confiance en moi, donc des scénarios moins ficelés au départ. Une meilleure connaissance historique, qui enrichit mes scénarios dans les moindres détails, du « flair » pour trouver/vérifier l’info qui me manque.

 

 

·         Quelle est ta définition de l’auteur jeunesse ? En es-tu un ?

En dehors de quelques articles d’histoire et d’archéologie au début des années 1980, je n’ai publié et écrit que pour les jeunes. Il est plus facile de définir le mot auteur que celui d’écrivain : je suis à l’origine (et donc responsable) des textes publiés sous mon nom, et ceux-ci sont destinés à la jeunesse, et aussi à tous les adultes qui sont restés jeunes.

 

 

 

L’écriture :

 

·         Pourquoi écris-tu ? Est-ce quelque chose de facile à expliquer ? Non, très difficile. Je crois que j’écris pour garder la mort à distance. J’ai toujours un livre en gestation, cela me nourrit, me remplit, cela éloigne la peur de la mort. J’aurais pu peindre ou sculpter, cela m’aurait sans doute aidée pareillement, mais j’étais plus douée pour les mots… qui sont pour moi toujours des sources d’images.

 

·         C’est quoi être écrivain ? Ecrire c’est quoi ?

ça, c’est la question la plus difficile, je la garde pour la fin et j’aurais peut-être répondu à travers les autres questions.

 

·         Que penses-tu des écoles américaines dans lesquelles on peut apprendre à écrire ? En France, elles n’existent pas. Quel écrivain es-tu ?

Pourquoi pas des écoles pour faire des progrès en écriture ? Les écrivains de l’école du Montana ont tout mon respect et même au-delà car je n’oublierai jamais DALVA de Jim Harrison. Ecrire est (aussi ) une technique, que l’on peut améliorer. Et apprendre à enrichir un scénario n’enlève rien à la créativité. À condition, bien sûr, de ne pas accepter des paquets pré emballés, censés plaire au public, au détriment d’une œuvre personnelle.

 

·         Arthur Ténor parle de lui comme étant un « explorateur de l’imaginaire. » As-tu une formule pour te caractériser ?

Moi je n’explore pas. Les images, les idées s’installent; j’ai plutôt l’impression d’une germination. En revanche, j’explore l’histoire, et parfois, au détour d’une recherche, éclate un détail, une anecdote que je vais placer dans un roman. 

 

·         L’écriture a-t-elle toujours été en toi ou est-ce quelque chose qui est arrivé tardivement dans ta vie ? Il y a t-il eu un élément déclencheur ? Oui, l’écriture a toujours été en moi. Je me souviens d’avoir écrit un jour un texte sur un coucher de soleil, j’avais moins de 10 ans et j’avais déjà découvert à quel point c’était exaltant de « trouver les mots » pour exprimer exactement les images que j’avais derrière mon front.

 

·         Pour qui écris-tu ? A moins que ce ne soit pour un public ? Pour être lu ?

J’écris des textes pour qu’ils soient publiés. Un texte qui reste dans un tiroir est pour moi comme un enfant mort-né. Quand un livre est fini (surtout les romans) et qu’il part chez l’éditeur, j’ai l’impression d’offrir quelque chose au monde. Il m’est arrivé d’écrire aussi pour une personne en particulier, et de lui dédier le livre.

 

·         Le public/l’éditeur t’ont-ils influencé à un moment donné ?

Le public, oui. J’ai écrit La route des tempêtes (en partie) grâce à des lecteurs qui m’ont demandé une suite au Quai des secrets.  Et dans ce livre, j’ai donné de l’importance à un personnage secondaire (Guillemette, la cuisinière) parce qu’un garçon de 5° m’avait demandé peu avant ce qu’elle représentait pour moi. Je n’avais pas bien su lui répondre et il avait été déçu. Donc, je lui ai fait un clin d’œil en développant le personnage dans le tome 2. Et s’il ne l’a pas lu, ce n’est pas grave !

 

·         Cette fameuse imagination, d’où vient-elle ? De quoi t’inspires-tu ?

Enorme question ! Je m’inspire de tous les souvenirs, toutes les émotions qui sont dans ma « marmite », un espace très particulier situé entre la tête et le cœur. Il y a des mini souvenirs, des détails comme une glace au chocolat ou une dispute avec ma grande sœur, et puis des ambiances, de douceur, de peur, de culpabilité… Je crois que mon enfance et mon adolescence sont les moteurs de l’inspiration. S’y ajoute ma connaissance de l’histoire qui m’apporte de belles trouvailles. Exemple : en 1418, une armée est entrée secrètement dans Paris grâce à un jeune homme qui a ouvert une porte en prenant la clé sous l’oreiller de son père profondément endormi (et sans doute un peu ivre); j’ai glissé cet épisode et tout ce qui s’ensuit dans mon livre Pendant la guerre de Cent ans, journal de Jeanne Letourneur… Les exemples de cette sorte sont très nombreux. L’histoire, c’est la vie d’avant, aussi riche et complexe que la nôtre.

 

·         Comment procèdes-tu pour écrire ? Un plan ? des carnets ?

Oui, des cahiers partout, tout le temps pour noter une phrase, une image, des notes prises dans un bouquin, des idées, un prénom qui colle bien à un personnage…

Je fais un scénario avant d’écrire un roman, parfois très court. Quand j’ai commencé Les morsures de la nuit (Tome 1 des Poulfenc), j’avais pour scénario : c’est un jeune fils de chevalier, élevé dans un monastère, il sort du monastère car son frère étant mort, il est devenu l’héritier du château. Il  doit s’adapter à sa nouvelle vie, qui est rude, et il découvre vite qu’on a tué son frère…

 

·         A quel moment de la journée écris-tu ? Avec quoi ? Une heure précise ?

As-tu besoin d’isolement ?

J’écris toute la journée, parfois dès 6h du matin, mais jamais le soir. Directement à l‘ordinateur, sauf quand je suis en panne, (je prends alors mon cahier et crayon). J’ai un bureau, une petite pièce avec une jolie vue car je regarde souvent le ciel en travaillant. Et je suis seule, sans bruit, ni musique ! 

·         Qui te lis en 1er ? Un proche ? Pourquoi ?

Mon éditeur en premier, hormis deux ou trois exceptions où une amie a lu les premiers chapitres.  Au début de ma vie professionnelle, j’ai fait lire autour de moi et personne ne donnait le même avis, c’était très déstabilisant.

 

·         Qu’aimerais-tu écrire ? Un sujet que tu n’as pas abordé et qui te taraude ? un genre ?

        Peut-être une histoire au bord du fantastique, un roman pour adultes, ou jeunes adultes.

Cela ne me taraude pas, mais j’y pense.

 

·         Ecrire à 4 mains cela te tente-t-il ?

Oui, dans un genre roman épistolaire, ou dialogue, ou pièce de théâtre.

 

·         Est-il facile de vivre de sa plume ? Exerces-tu un autre métier ?

Non, pas facile ! Il y a eu au moins 15 ans de galère avant que j’aie suffisamment de livres pour que les droits d’auteur me permettent de vivre. Mais je n’ai pas d’autre métier. J’ai arrêté un jour les petits métiers annexes pour me consacrer totalement à l’écriture. c’était risqué mais il me semble que vivre de sa plume, c’est aussi une attitude de vie

 

·         Qualités et défauts de la Femme ? qui rejaillissent sur l’écrivain ?

La sensibilité, la peur, le doute, le goût de la beauté, l’exigence avec soi-même (et avec les autres aussi !) le sens de l’organisation, l’imagination (donc la capacité à interpréter, avec risques d’erreur !), la vivacité, le besoin d’indépendance.…, à la fois qualités et défauts, tout dépend de leur acuité. La femme et l’écrivain sont indissociables.

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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 08:29

 

 

Tes personnages :

 

·         Comment crées-tu tes personnages ? Ils naissent. Ils s’imposent. Au moins pour les principaux. C’est ce qui vient en premier : l’image de Thomas, second fils de chevalier, délaissé, mal-aimé, pour Le château des Poulfenc, ou Jason qui voudrait partir sur les bateaux pour Le quai des secrets. Ensuite, je les laisse s’installer à l’intérieur de moi. Nous vivons ensemble pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois avant que je ne commence à écrire

 

·         Est-ce que ce sont tes personnages qui te mènent ? Par exemple, peuvent-ils te faire changer de voie en cours d’écriture ? Les deux ! Parfois je réfléchis à une situation que je trouve bonne pour l‘intrigue et je les pousse vers ce que j’ai choisi. D’autres fois, ils résistent et il y a de l’imprévu. Le plus bel exemple pour moi est la dame de Mauriencourt dans La route des tempêtes, qui « n’a pas voulu mourir » dans le village ravagé par la peste et qui, donc, est partie en voyage avec les autres personnages. Catherine, mon héroïne, en a tiré du bienfait car la dame est devenue plus ouverte, plus accueillante, presque un substitut de mère.

 

·         Qu’aimes-tu le plus dans la création du personnage ? L’aspect psychologique ? Oui, je crois. Ce qui me passionne dans la vie, et dans les/mes romans, ce sont les relations entre les gens, et comment chacun se débrouille dans la vie avec ce qu’il est.  J’aime créer des situations où les personnages, seuls, ou avec l’aide des autres, vont  trouver le moyen de dépasser une difficulté. J’aime décrire ce processus et le changement, même imperceptible qui s’opère en eux. Dans la trilogie des Poulfenc, l’évolution psychologique de Thomas, de 12 à 14 ans, est un des moteurs du roman.

 

·         Quel est le personnage que tu as crée et qui t’a posé le plus de souci Pourquoi ?

Je n’ai pas le souvenir d’avoir eu du souci avec un personnage en particulier. Les personnages importants naissent avec une sorte d’évidence comme des enfants archi légitimés. Les autres ne sont pas des bâtards pour autant ! Mais je suis parfois moins proche d’eux.

 

·         Quel personnage de papier que tu as inventé aimes-tu le plus ? Comme une mère avec ses enfants, j’aime, sans pouvoir hiérarchiser, tous mes personnages principaux : Catherine et Jason dans Le quai des secrets, Jeanne Letourneur dans Pendant la guerre de Cent Ans, Anne de Cormes dans Au temps de François 1er, Thomas et Alix dans Le château des Poulfenc. Rien que d’écrire leurs prénoms à l’instant, je sens une petite connivence avec eux. Pour les autres personnages, l’attachement est plus souple, à des degrés divers. Je me tiens à distance de ceux qui sont « méchants », comme s’ils pouvaient me faire du mal à moi aussi. Ou plus justement, parce qu’ils m’ont fait du mal, à moi, en premier.

 

Les lieux :

 

·         Comment t’inspires-tu pour créer un lieu ? Une atmosphère ? Je ne sais pas bien l’expliquer. Ça fait un film dans ma tête. Mais le tout n’est pas de voir, c’est de trouver les mots pour l’exprimer au plus juste. Pour moi, c’est là tout le travail de l’écrivain.

 

·         Te rends-tu sur place ? Visites-tu beaucoup ? Je visite rarement pour écrire un roman, j’utilise plutôt dans mes romans les images que j’ai glanées lors de mes voyages. Il y a aussi des lieux qui naissent de mes lectures. Par exemple, je ne m’appuie sur aucun endroit précis pour décrire la vie au monastère dans Les morsures de la nuit (Poulfenc 1.)mais j’ai lu bien des livres sur le sujet.

 

·         Est-il facile de partir de rien ou de ce que l’on connaît ? Je ne crois que l’on puisse partir de rien. L’imagination s’appuie sur du vécu, sur des images, des livres, des films, des choses racontées…

 

 

Le style, la phrase, le mot…

 

·         Quelle est la phrase qui te pose le plus de souci dans l’écriture ? L’incipit ?

C’est en effet l’une des phrases difficiles, mais pas la seule ! Il faut l’écrire d’abord pour que les autres puissent suivre et puis la réécrire à la fin car, quand tout est fini, elle parait souvent maladroite. La dernière phrase n’est pas facile non plus !

 

·         Quel style préfères-tu ? style indirect libre… « je » ou « il »…

« Je » est plus contraignant, surtout quand il s’agit d’un journal et que l’héroïne a donc déjà vécu ce qu’elle raconte. L’effet de surprise, le suspense sont plus difficiles à manier. Et l’intimité de l’auteur avec son personnage n’en est pas plus forte pour autant. J’ai passé un long moment avec Thomas et sa peur, tout en disant « il » au chapitre 7 des morsures de la nuit, le soir du lancer de couteaux, lorsque Thomas entend les lames siffler autour de lui. Ce fut un moment très fort (et facile à écrire alors que je m’attendais au contraire !), inoubliable pour moi.

En fait, il est possible que ma pudeur m’empêche d’être tout à fait à l’aise avec le « je ».

 

·         As-tu la plume facile ? Où est-ce laborieux ? Te faut-il raturer beaucoup ? Je n’ai pas la plume facile. Je n’écris pas vite et je reviens longuement sur les phrases. Mais il y a aussi des moments de bonheur où ça coule tout seul. J’envie ceux qui écrivent 30 000 signes par jour, sans ratures. Moi, il me faut une semaine.

 

·         Comment définirais-tu ton style ? Imagé, souple. Elégant ?

 

·         Combien dure la phase avant l’écriture (recherches…) ? Et la phase d’écriture ? Combien écris-tu de livres par an ? Écrire deux romans par an est pour moi un maximum. Comme je suis aussi écrivain de documentaires, l’idéal est d’alterner. Car le documentaire, qui exige davantage de recherches, de connaissances, me permet d’évacuer la charge émotionnelle que j’ai accumulée en écrivant un roman. À propos des recherches : pour le roman, je les fais en amont, pour être sûre que la réalité historique colle avec mon scénario et aussi en cours d’écriture, quand c’est nécessaire. Et elles nourrissent parfois l’intrigue, par petites touches.

       Et puis, à mesure que s’approfondit ma connaissance historique, les recherches s’allègent…

 

·         Quelle phase préfères-tu ? La recherche des idées ? l’écriture ? Les deux sont liés. Après les premières idées, la suite du scénario vient souvent en écrivant. L’écriture est pour moi le plus difficile, mais aussi passionnant et fécond.

 

·         Quel place a le mot dans tes romans ? Le vocabulaire est-il très important pour toi ?

Très important. Il m’est arrivé de me réveiller la nuit car je n’avais pas choisi le bon adjectif pour qualifier quelque chose. Parfois, alors que je ne suis pas devant mon ordinateur,  des phrases s’imposent à moi d’un seul coup. Alors je lâche tout pour les écrire, sinon elles s’envolent

 

·         Fais-tu attention à la longueur de tes phrases ? Pierre Bottero faisait des phrases courtes ; parfois, il ne les finissait pas pour laisser le soin au lecteur d’imaginer, de rêver et donc de les terminer lui-même. Des phrases courtes sont indispensables pour tenir le lecteur en haleine et puis parfois une ou deux phrases plus longues pour décrire une atmosphère et la laisser reprendre son souffle.  Personnellement, je finis mes phrases mais c’est souvent la fin du livre que je laisse entrouverte

 

·         Qu’est-ce qui fait que pour toi, une phrase est bonne ? Question difficile et réponses multiples : quand elle est belle à entendre, quand elle se glisse au milieu des autres sans en écorcher le flux, quand elle claque, quand on a les yeux qui piquent après l’avoir lue, quand elle a un beau rythme…

 

·         Utilises-tu beaucoup de documentation ? Moins maintenant que par le passé. Je sais mieux chercher, je trouve plus vite et parfois, quand je ne trouve pas, je me débrouille autrement… Cela fait 30 ans que je suis immergée dans le Moyen âge et la Renaissance, j’ai acquis et assimilé des connaissances qui me servent à bien des étapes de l’écriture et je sais qu’il y a encore des milliers d’aspects que j’ignore et autant de nouveaux angles d’approche à explorer.

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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 08:26

 

La littérature :

 

·        Brigitte, qu’est-ce ce que la littérature jeunesse ? Une littérature à part entière ? Il me semble qu’il existe en littérature jeunesse une étroite relation entre l’écrivain et son lecteur, une relation particulière qui pourrait être du domaine de la parentalité, ou au moins une relation d’adulte à plus jeune, avec une responsabilité particulière de la part de l’adulte dans la vision du monde ou de la vie telle qu’il la donne dans ses écrits.

 

·         Faut-il lire les classiques ? Pourquoi ? Je ne crois qu’il « faut ». A des moments de notre vie, nous rencontrons les classiques, au moins certains. Et le moment est important, ni trop tôt ni trop tard, pour que la rencontre soit féconde. Sinon, quel gâchis ! Il est difficile d’aborder Flaubert et Stendhal à 15 ans, mais je connais un enseignant génial qui entraine chaque année toutes ses classes de seconde dans le sillage de Julien Sorel, avec passion.

A mon tour d’oser poser quelques questions, moi qui ait peu étudié la littérature :  Qui sont-ils au juste, ces fameux classiques? Baudelaire supporterait-il d’être affublé du qualificatif ? Où se situe la frontière entre les uns et les autres ? Michel Houellebecq sera-t-il considéré comme un classique parce qu’il a su rendre compte de son temps ?

 

 

L’avenir du livre ?

 

·         As-tu un avis dessus ? Les nouvelles technologies vont-elles le tuer ?

Il y a des histoires écrites créées pour le net et même pour les téléphones portables.  Des feuilletons, des poèmes… De belles histoires, écrites par des écrivains. Tout cela se met en place. L’écrit est loin d’être mort, le livre électronique a un bel avenir, même le livre papier a encore son mot à dire.

 

 

Le fruit de ton imagination :

 

·         Comment définis-tu tes écrits ? qu’est-ce qui te guide ? te pousse ? te fait avancer ?

Je suis poussée par les images, par les personnages qui germent, comme je l’expliquais l’autre jour. Mais il y a aussi en moi  un guide qui tend un fil conducteur, qui entretient une relation avec le lecteur potentiel, qui lui exprime une vision du monde et de la vie. C’est peut-être là que commence la littérature. Et je pose ainsi un tout début de réponse à la question située plus haut que j’ai esquivée parce qu’elle m’embarrasse.

 

·         Quel est le livre que tu as écrit pour lequel tu gardes une affection particulière ?

La Route des Tempêtes, le tome 2 du Quai des Secrets, publié en 2002. Je crois que c’était du bonheur tout le temps, moins de doute qu’aujourd’hui et l’impression d’une grande harmonie. C’est d’un luxe fou, d’écrire un livre dans ces conditions… Il m’est arrivé de le relire et je l’aime encore (avec un regard critique sur certains passages, bien sûr)… Mais pas plus que d’autres, plus récents, comme ce dernier tome du Château des Poulfenc qui vient de sortir et que j’ai fini d’écrire en février 2010. Là aussi, l’histoire et les personnages m’ont embarquée à la relecture.

 

·         Pourquoi vas-tu dans les salons du livre ? Cela n’est-il pas trop ennuyeux ? Pas du tout ennuyeux. C’est l’occasion de sortir de sa solitude, de se confronter aux autres, de découvrir et ressentir leur talent. Un moment nécessaire pour arriver à se situer en tant qu’auteur parmi les autres. Et puis faire des rencontres, renouer des liens, rire ensemble…

 

·         Ecrire, c’est s’exposer aux regards des autres ? Est-ce compliqué ?

L’exposition aux autres dans l’écriture est sous contrôle de l’auteur, comme l’on dirait d’une situation délicate.

Ecrire, c’est à la fois très courageux et très planqué. Monter sur scène et offrir son visage, et sa voix, ses gestes, aux spectateurs me paraît autrement plus risqué. Je suis cachée derrière mes mots, derrière l’intrigue que j’ai ficelée avec des personnages que j’ai inventés, et personne ne sait le lien qu’ils ont avec ma propre vie. De plus, je ne suis pas à côté de vous, à recevoir des tomates et des huées si vous rejetez mon livre parce que vous ne l’aimez pas. En même temps le regard des lecteurs m’est indispensable pour écrire le livre. La perspective d’être lue est un moteur formidable.

 

·         Quel est le plus beau compliment reçu ? Il y en a plusieurs, je vous en livre deux :

1/ Avant, je ne lisais rien (me dit une jeune fille), maintenant que je l’ai lu (c’était le Journal de Jeanne Letourneur), je veux lire tout…

2/ J’aime tellement ce livre que je lis partout, même en marchant dans la rue.

 

·         La réflexion la plus dure ?  Il y a en plusieurs, je vous en livre deux : 1/ Tu ne vivras jamais de ta plume ! 2/Arrête de prendre l’histoire pour une béquille

 

 

L’écriture engagée :

 

·         Peut-on tout écrire quand on sait qu’on est lu par des ados ? Evoquer les affres de notre société n’est-il pas périlleux pour le moral de notre jeunesse ? Les jeunes d’aujourd’hui sont nés de nous, qui appartenons à la génération d’au-dessus (voire deux fois au-dessus). J’ose croire que, si nous les avons mis au monde c’est que nous jugions que la vie, malgré ses horreurs et ses difficultés, valait quand même le coup. Vivre, souvent, parfois, c’est dur et ça fait peur. Les jeunes l’ont intégré, ils se débrouillent avec leur temps comme ils peuvent. Il me semble que les livres pour la jeunesse sont un lieu idéal pour aborder des sujets fondamentaux (la vie, la mort, le pouvoir, l’amour, la peur, le sexe, la violence, le courage, la jalousie, l’amitié, la religion…) sans nécessairement engendrer le désespoir. Tout est dans le choix des mots pour le faire. A chaque auteur de mesurer les images  et les perspectives qu’il fait naître dans la tête de ses lecteurs.

 

·         Est-il facile d’être engagé et publié ? L’écriture engagée intéresse-t-elle  aujourd’hui ? Il y a des formes multiples à l’engagement. Mes livres ne contiennent aucun engagement politique. Historienne du Moyen-âge et de la Renaissance, je crée des personnages vivant  dans une société inégalitaire où la lutte pour la vie est âpre. En tant qu’auteure,  avec ces livres là, et forte de les avoir faits, je suis entrée dans des dizaines et des dizaines de collèges, de bibliothèques, de lycées professionnels, de maisons rurales où nous avons lu et écrit ensemble, les jeunes et moi. Parfois avec très peu de mots. Et nous avons fait naître quelque chose d’unique, à ce moment-là. Peut-être mon engagement serait-il d’essayer de faire du beau, là où je suis. Certains ont voulu y voir de la mièvrerie. Je pense qu’il n’y en a aucune.

 

·         Comment l’auteur que tu es peut-il garder son indépendance, ses idéaux tout  en continuant d’exister sur le marché ?

Je m’occupe très peu du marché. Il s’avère que je suis tombée dans le Moyen âge quand j’étais petite et que l’histoire, et cette période en particulier, est un classique solide.

 

 

Les éditeurs, l’édition :

 

        Te sens-tu libre comme écrivain ? As-tu eu à souffrir de la censure ?

 T’interdis-tu des choses dans l’écriture ? L’éditeur te « dirige »-t-il beaucoup ? L’éditeur ne me dirige pas du tout et n’a jamais corrigé dans mes livres que de détails de style. Je me sens donc libre. Par rapport à la censure, je ne prends pas de risque : le contexte dans lequel évoluent mes personnages est vieux de plusieurs siècles…

 

Les éditeurs mènent des études pour connaître les goûts des lecteurs (en matière d’histoires, de personnages,…)… Comment fais-tu pour résister aux modes et toujours être un auteur apprécié  ? Je crois que je suis hors de la mode. L’historique est un genre qui a toujours ses adeptes. Disons que je fais ce que j’aime, le mieux possible.

 

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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 08:22

          Brigitte, est-ce que lecture et écriture vont de pair ? Faut-il aimer lire pour écrire ?

 

       Je ne sais pas s’il faut. Moi, j’aime lire, j’ai toujours aimé et beaucoup lu. Je lis moins quand j’écris beaucoup.

 

·         Pour toi, lire c’est quoi ?

 

        Pendant mes années d’enfance et d’adolescence, la lecture était un moyen de m’évader d’une vie qui ne m’allait pas complètement , d’être tranquillement avec moi-même sans que personne ne m’embête et de mes constituer un monde. Je pense que c’était fondateur car c’est ce monde que je retrouve lorsque j’écris.

 

·         Quels sont tes auteurs préférés ? tes lectures préférées ?

 

      hormis les nombreux livres historiques que je lis (tout ou partie) pour ma documentation et mon plaisir, il y les romans policiers, les romans historiques… Pour les auteurs qui m’ont marquée, voir un peu plus loin

 

·         Les livres jeunesse qui t’ont marquée chez les autres ?

  

    J’ai été très émue  par exemple par Les larmes de l’assassin de Anne-Laure Bondoux, j’ai adoré La croisée des mondes de Pullman, Tobie Lolness de Timothée de Fombelle, j’aime l’écriture de Bottéro, de Bernard Friot…

 

 

·         Ta bibliothèque, quelle est-elle ? Comment sont ces livres, Beaux livres, poches… genres ? Où sont-ils rangés ? Comment sont-ils classés ?

      

      Un mur entier de mon bureau et le placard, des étagères ailleurs dans la maison. Ceux de mon bureau, hormis un rayonnage romans et lectures personnelles, sont classés par thèmes à travers l’histoire (la mer et bateaux, les pirates, l’histoire de la nourriture et des plantes, l’hygiène, la médecine, l’histoire de l’écriture, l’architecture… Puis par époques : le Moyen Age tient beaucoup de place, la Renaissance pas mal non plus. MAIS, format oblige, les grands livres ne peuvent pas côtoyer les petits, donc il y a une place à part pour les grands, tous confondus, et en fait c’est un peu le bazar…

 

 

 

           Comment les achètes-tu ?

 

        Pas encore par Internet mais chez les libraires et dans les salons du livre où je suis tentée par tout, chez les bouquinistes aussi.

       Sans oublier tous ceux que j’emprunte à la bibliothèque. C’est merveilleux, une bibliothèque, tout ce savoir, ce plaisir à portée des yeux. Pendant longtemps, je n’ai pas été assez riche pour acheter beaucoup de livres et les bibliothèques m’ont énormément aidée.

 

·         Quel est le livre sur table de chevet ?

 

       il y en a quatre : Le dernier Houellebecq, La carte et le territoire ; Jan Guillou, le tome 2 de Arn le templier ;Todorov, La peur des barbares, que je viens d’acheter ; Jean Paul Kauffmann, La maison du retour, que je viens de terminer.

 

 

·         Quels sont les auteurs qui t’ont influencé? Pourquoi ? Que leur as-tu empruntés ?

 

       Ceux que je cite ici m’ont marquée comme lectrice, il m’est difficile de mesurer ce que je leur emprunte en tant qu’auteur. En vrac : Giono pour le regard sur la nature (je sens encore l’odeur du fleuve telle qu’il la décrivait dans Le chant du monde), Maupassant (j’ai tout lu à 15 ans, éblouie par la beauté de la langue), Eugène Guillevic (pour la Bretagne, la force et la sobriété réunies), Julien Gracq dans Le rivage des syrtes (c’était grand et poétique, un paysage hors du commun), Robert Merle dans Fortune de France (fresque historique truculente,) Zoé Oldenbourg dans Argile et cendres (j’avais 12 ans, une porte s’ouvrait sur le Moyen âge), Herman Hesse dans Le loup des steppes (l’âme et solitude), Béroul et ses collègues pour Tristan et Yseut dans le frémissement de l’amour, Albert Cohen dans Belle du Seigneur, (réflexion sur le paraître dans l’amour et le besoin qu’il soit nourri de l’extérieur), Jim Harrison dans Dalva (la fresque familiale et la nature), la comtesse de Ségur avec Les mémoires d’un âne (c’était mon premier livre, j’avais 7 ans), L’usage du monde de Nicolas Bouvier parce que ses voyages sont si intérieurs, Agota Kristof dans Le grand cahier (la spirale de la manipulation y compris celle du lecteur par l’auteur…), Robin Hobb dans L’assassin royal et plus encore dans Les aventuriers de la mer, parce qu’elle donne une âme aux navires…

       

Il y en aurait beaucoup d’autres, qu’ils me pardonnent de ne pas les nommer.

 

·         Si tu avais un auteur à qui écrire, lequel serait-ce ? Et que lui écrirais-tu ?

 

J’écrirais à eux tous pour leur exprimer mon immense gratitude. En cet automne 2010, je remercie tout particulièrement Jean Paul Kauffmann qui a écrit ceci dans La maison du retour : « La lecture, plus que la littérature m'a sauvé. Les mots me suffisaient, ils instauraient une présence. Ils étaient mes complices. Du dehors, ils venaient à mon secours. Ils sortaient de la cellule à leur guise.(…). Ils sont parvenus à m'extraire de mon cachot, à me donner la clé des champs. »

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 10:29

 

L’auteur aujourd’hui

 
Comment se situe l’auteur aujourd’hui par rapport à l’auteur des débuts ? Il y a-t-il une différence (style, pensée, méthode…)

J'ai triché... Avant d'être auteur, j'étais scénariste. Je jouais déjà avec les mots, les transitions, les images. Entre mon premier scénario et mon dernier album ? De la simplification, sans doute. Aller à l'essentiel sans... tricher, sans appuyer le trait. Enfin, j'espère. Et tellement plus d'interrogations inassouvies sur les mots, leur place, leurs résonances...


Quelle est ta définition de l’auteur jeunesse ? En es-tu un ?

Non, je ne pense pas. C'est idiot d'écrire ça, je publie en jeunesse, exclusivement. Mais l'acte d'écriture n'a pas pour moi de frontière d'âge. J'écris pour raconter une histoire, pour dire le monde. Ensuite, que cette histoire touche un enfant ou un vieil homme, c'est à l'enfant, c'est au vieil homme de dire pourquoi. Je pourrais plutôt répondre que j'écris l'enfance, parfois, que je m'approche au plus près de ce moment où tout est là, en germe. Pas plus.

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 10:28

L’écriture :

·        Pourquoi écris-tu ? Est-ce quelque chose de facile à expliquer ?

 Ah, zut, j'ai déjà répondu en partie. L'écriture est d'abord un geste, de la tête à la main, un dessin, un trait noir sur une feuille blanche. Ensuite, elle est tissage de ces fils qui sont nés de ce geste. Pourquoi j'écris ? Un jour où je me noyais dans des questions sans fin sur pourquoi écrire, quand Proust ou Rimbaud on tout écrit, une femme, une belle femme, ma marraine en écriture, a hoché la tête. Elle a tiré une longue goulée de sa cigarette brune, et, en regardant l'océan, elle a répondu : « Oui, ils ont tout écrit. Mais pas ce que toi tu vas écrire. » Alors, écrire ? Pour tisser des toiles au-dessus du quotidien, un filet pour ne pas tomber ?


·        C’est quoi être écrivain ? Ecrire c’est quoi ?

Je dis souvent que je ne suis pas écrivain, mais auteur, créatrice de tel ou tel livre. Écrivain, c'est avoir travaillé assez les mots, le rythme, les sens, pour que coulent des rivières qu'on ne peut pas arrêter. Un jour, peut-être, quand j'aurais beaucoup travaillé...
Être écrivain, être auteur, artiste, c'est peut-être juste un regard, une attention particulière portée sur le monde, et donnée à voir.

·        Que penses-tu des écoles américaines dans lesquelles on peut apprendre à écrire ? En France, elles n’existent pas. Quel écrivain es-tu ?

Les ateliers d'écriture peuvent être un creuset où l'auteur se développe. Dan Simmons en est un exemple. Aurait-il écrit "pour de bon" s'il n'était pas passé par ces "écoles" ? Le formatage guette, bien sûr. Mais à chacun sa route.

 

·        Arthur Ténor parle de lui comme étant un « explorateur de l’imaginaire. » As-tu  une formule pour te caractériser ?

Je n'aime pas les formules, elles figent, elles emprisonnent. Ne jamais céder à la tentation des formules, ça pourrait être mon crédo du jour

·        L’écriture a-t-elle toujours été en toi ou est-ce quelque chose qui est arrivé tardivement dans ta vie ? Il y a t-il eu un élément déclencheur ?

On n'attrape pas l'écriture comme un rhume ! J'ai toujours aimé les histoires, j'ai appris à lire très tôt, en maternelle. Après les tulipes et le mécano de Rémi et Colette, une des premières histoires dont je me souvienne est... une chanson de Sheila ! Dans "Arlequin", il y avait tout ce que j'aime depuis : le théâtre, le secret, les grands auteurs. J'ai passé des heures en voiture à regarder le ciel, les nuages le jour, la lune et les étoiles la nuit, et je m'inventais des histoires. Je n'arrêtais pas. Alors est-ce que ça veut dire que j'avais "l'écriture en moi" ? Je pense que j'aurai pu faire des tas de métiers. Sans doute l'écriture est-elle le seul qui me permet de rêver tous les métiers en un seul.

·        Pour qui écris-tu ? A moins que ce ne soit pour un public ? Pour être lu ?

Pour l'enfant que j'étais ? Pour la vieille femme que je serai ? Pour le regard de cet homme, croisé dans le métro et qui avait l'air de courir après sa vie, pour tous les possibles, pour les instants improbables, pour la résonance des mots dans nos têtes, et pour le silence aussi.

·        Le public/l’éditeur t’ont-ils influencé à un moment donné ?

Certainement, et en même temps pas vraiment. J'essaie de ne pas perdre ma musique personnelle. Ni surtout le désir de faire.

·        Cette fameuse imagination, d’où vient-elle ? De quoi t’inspires-tu ?

Image. Si j'ai appris à lire très jeune, c'est sans doute parce que je n'arrivais à rien avec les peintures, pastels et autres couleurs à étaler sur du papier. Si je vois une scène banale mais avec un détail, un dièse ou un bémol décalé sur la partition, cette scène s'intègre dans ma boîte à images. Ensuite, peut-être, elle se métamorphosera en début d'histoire, ou en intégrera une autre. Image. Collage. Rapiéçage. Tissage.

·        Comment procèdes-tu pour écrire ? Un plan ? des carnets ?

Indispensable, le carnet. Sans lignes. Solide, sinon il devient un chiffon informe : je le traîne partout. J'ai maintenant ma marque préférée, comme pour les stylos, il faut que je fasse attention, je suis en train de devenir une maniaque du carnet. J'ai récemment travaillé avec Carole Chaix, qui est pire que moi là-dessus : elle date ses feuilles de carnet au tampon dateur. J'aime. Je pense que je vais lui piquer cette façon de faire. Donc, un carnet, partout. Je note, des bribes, des bouts de ficelle. Parfois de grands pans inspirés, qui partiront à la poubelle des ratés.

·        A quel moment de la journée écris-tu ? Avec quoi ? Une heure précise ? As-tu besoin d’isolement ?

Ni moment ni lieu. Seule ou dans un café bondé. Avec un stylo, noir ou bleu, un modèle introuvable que je commande par poignées. En cas de nécessité, j'écris avec ce qui me tombe sous la main, stylo, crayon, feutre, sur un morceau de papier ou un bout d'emballage.

·        Qui te lis en 1er ? Un proche ? Pourquoi ?

 Joker.

·        Qu’aimerais-tu écrire ? un sujet que tu n’as pas abordé et qui te taraude ? un genre ?

Il y a longtemps que je pense au voile, sans arriver à affronter ce thème. Un jour, peut-être. Un genre qui me taraude ? Le cinéma ! La chanson aussi. Écrire, c'est jouer avec les mots, les images, les sons. L'écriture cinématographique me tente depuis toujours, cinéma et théâtre étaient au cœur de mes études de lettres.

·        Ecrire à 4 mains cela te tente-t-il ?

Ah ça, c'est fait, et même à huit mains, avec l'équipe que j'ai réunie pour écrire les blue Cerises. Une habitude de fille du spectacle : passer de plateaux de cent personnes à la solitude, ce n'était pas facile. Maintenant, je jongle entre l'écriture à plusieurs et l'écriture solitaire, c'est très différent, et les deux me sont essentielles.

·        Est-il facile de vivre de sa plume ? Exerces-tu un autre métier ?

Non, bien sûr que non, ce n'est pas facile. J'ai la chance d'arriver à vivre de mon écriture depuis des années, avec les spectacles d'abord, puis petit à petit avec mes livres et beaucoup de rencontres. Je suis auteur, et j'ai un métier annexe : je rencontre des lecteurs, je les fais écrire aussi, en ateliers, mais peu, parce que le temps file.

·        Qualités et défauts de l‘Homme ? qui rejaillissent sur l’écrivain ?

De l'Homme ? Avec un "H" ? C'est drôle... La femme que je suis n'a aucun défaut, bien sûr, elle ne râle jamais, ne bout jamais devant l'injustice, ne craque jamais sur un carré de chocolat noir, très noir, ni sur le dernier roman de Nancy Huston qu'elle ferait mieux d'acheter en poche mais elle n'a pas la patience d'attendre. Non, je ne vois pas : la femme que je suis n'a aucun défaut, et surtout elle est est très modeste et consciente de ses limites. Plus sérieusement, la curiosité, de la femme, de l'auteur, est essentielle. L'empathie aussi. 

 

Tes personnages

Comment crées-tu tes personnages ?

En partant du réel, en mélangeant, touillant, transformant, des choses vues, des ressentis. Un personnage est une sorte de Frankestein nourri de tas d'éléments. À l'arrivée, il peut être pataud, ou s'envoler et nous emporter. Ça, c'est l'alchimie des mots. Et du travail pour que cette alchimie opère.

·        Est-ce que ce sont tes personnages qui te mènent ? Par exemple, peuvent-ils te faire changer de voie en cours d’écriture ?

La Goule (dans "Pablo de La Courneuve") est le personnage qui m'a le plus déstabilisée. Au départ, je n'imaginais cette vieille femme que comme un personnage secondaire, elle est devenue essentielle dans le roman. Il faut aussi savoir se laisser emporter, lâcher, sans perdre pied.

·        Qu’aimes-tu le plus dans la création du personnage ? L’aspect psychologique ?

Je ne fais jamais de "portrait psychologique" de mes personnages. Ils naissent des mots, ils sont portés par eux. C'est le langage qui les fait exister ; pour moi, c'est antinomique avec une quelconque idée préconçue. Ils peuvent me surprendre, au détours d'une phrase, devenir autre, impulser une direction à l'histoire, ou pas. C'est ça que j'aime, l'improbable qui advient.

·        Quel est le personnage que tu as crée et qui t’a posé le plus de souci Pourquoi ?

Je me suis posé beaucoup de questions pour écrire l'histoire de Bala ("Rouge Bala", mon album à paraître en octobre chez Milan, illustré par Justine Brax). Comment, de quel droit, "parler pour" une enfant indienne de douze ans ? Le décalage culturel, social, est immense. J'ai beaucoup hésité. Puis j'ai lu le livre de Baby Halder, "Une vie moins ordinaire" (éd. Philippe Picquier) qui dit ce que peuvent dire toutes les femmes, car on est femme avant d'être indienne ou parisienne. Mais ce personnage, cette histoire, m'a donné beaucoup à réfléchir, sur des tas de plans, avant de me lancer dans son écriture.

·        Quel personnage de papier que tu as inventé aimes-tu le plus ?

Trop difficile de choisir. J'ai eu beaucoup de mal à laisser Pablo à la fin du roman. Un peu comme un tournage qu'on aimerait ne jamais finir.

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POURQUOI ce BLOG ?

 Le BLOG consacré
aux AUTEURS,
à la LITTERATURE JEUNESSE
et à L'ECRITURE
.

Enfants 1 199La lecture est une nécessité dans le monde moderne. Elle permet de maîtriser la langue, de développer l’imaginaire, de structurer la pensée, d’accéder au savoir, d'acquérir du vocabulaire... C’est pourquoi parents et enseignants se lamentent lorsque les enfants ne lisent pas et les ados encore moins. Pourtant, ils prendront PLAISIR à lire... pur cela, il suffit de les juindécembre2010 225aider à ouvrir la porte.

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  

 

 Avec ce blog, j'aimerais :
 * faire découvrir la littérature jeunesse,l'écriture et les auteurs pour la jeunesse
partager une passion et pourquoi pas donner envie de lire et de rêver entre les pages.  

juindécembre2010 260Le livre est une véritable source de plaisir, de joie et d'émotion. Beaucoup d’élèves disent ne pas aimer lire. Je ne suis pas loin de penser que TOUS aiment lire, sans exception ! Le plus difficile pour eux est de parvenir à trouver dans la masse, LE livre, celui qui ne va pas les endormir… juindécembre2010 227LE LIVRE, celui qui va leur "parler", le livre qui leur correspond, le livre qui va leur remuer les tripes, les boyaux, les neurones, la tête !!!  

Enfants 1 178-copie-1Personne n'aime lire toutes les histoires, tous les livres. Evidemment. Il existe donc des "critères" à appliquer pour trouver et emprunter la perle, le livre qui va faire définitivement plonger dans le plaisir de lire !

Dans le livre on fait de merveilleuses rencontres, on découvre plein d'amis, on voyage, on s'ouvre sur le monde, on vit des aventures que l'on ne connaîtra jamais dans la vie de tous les jours : on embrasse des princesses, on escalade des rochers, on "zigouille" les méchants, on galope sur des chevaux lancés à la poursuite de terribles bandits ... bref, on fait de fabuleux voyages pour... "sourire, rêver et aimer" (Lisez "Le type" de Philippe Barbeau.) !!

Enfants 1 258Dans ce blog, il sera question des hommes et des femmes qui écrivent : les écrivains pour la jeunesse. Les ouvrages de littérature jeunesse de qualité seront présentés, racontés, "décortiqués"...
Vous lirez des interviews de professionnels, vous découvrirez des portraits, le monde de la chaîne du livre (éditeurs, imprimeurs, libraires...), vous trouverez également des conseils, vous ferez des rencontres, participerez à des débats, vous lirez des expériences d'animations pédagogiques autour des livres, vous découvrirez des "paroles" d'élèves, d'enseignants, des textes et.... plein d'autres choses encore !

juindécembre2010 224

 Brigitte Coppin 015
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    "Les gens qui aiment lire sont rarement des salauds !"
Xavier-Laurent PETIT
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  SPECTACLES

   

  "Salomon, vous vous rendez-compte ?"

de Christophe Boutier

 

spectacle radeau 010 

 

Sa majesté des couches"

de Christophe Boutier  

 

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  Une comédie en V actes écrite et mise en scène par Christophe Boutier

L’histoire de la séduction, de l’enfant et de sa famille depuis la préhistoire jusqu’à l’enfant-roi du XXIème siècle.

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Sur scène, il y avait :

- 14 comédiens 

- Six musiciens professionnels dont Michel Léger, accompagnateur de vedettes de la chanson et du cabaret, telles que La Bande à Basile, Daniel Guichard, Zanini, Jean Constantin, André Aubert (Don Patillo)...

- la chorale du collège de Xavier Bélanger (professeur d'éducation musicale qui a mis en musique le spectacle) qui a interprété des chansons de variété en rapport avec l'enfance.

- des projections murales assurées par les élèves de l'option image (Eddy Dabrigeon...) du collège, option dirigée par Cécile Cotten,  professeur d’Arts plastiques.

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Les spectacles précédents

 

2013- Le temps du maquis"

2012 - "Salomon, vous vous rendez compte ?"

2011 - "Sa majesté des couches"(Gannat)

2010 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes"  : 2ème épisode (Gannat)

2010 - "Un zèbre sur la banquise" (Gannat)

2009 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes " : 1er épisode (Lapalisse)

2008 - "La farce vaudevillesquement tragique de la chambre forte du jugement dernier. " (Lapalisse)

2007 - "Le terrier zeixcoussois en Zinzinmouli ou la complainte des comédiens en danger" (Saint- Prix)

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    Un grand MERCI donc à tous les écrivains jeunesse
 que j'épuise et à qui je donne mal à la tête !!!
Ah ! Ah !!

Enfants 1 224Christian Grenier, Eric Boisset, Alain Grousset, Alain Surget, Béatrice Nicodème, Anne-Marie Desplat-Duc, Susie Morgenstern, Arthur Ténor, Hubert Ben Kemoun, Jean-Côme Noguès, Marc Séassau, Fabrice Colin,  Lorris Murail, Roger Judenne, Philippe Barbeau, Anne Ferrier, Evelyne Brisou-Pellen, Eric Sanvoisin, Christophe Léon, Jean-Luc Luciani, Béatrice Egémar, Magali Herbert, Guy Jimenes, Jean-Claude Mourlevat, Raymond Perrin, Jean-Baptiste Evette, Marc Cantin, Claire Gratias, Christophe Miraucourt, Xavier Bascour, François Librini, René Gouichoux, Yaël Hassan, Jean-Marc Ligny, Marie-Aude Murail, Cécile Roumiguière, Brigitte Coppin, Dorothée Piatek, Sophie Audouin-Mamikonian, Fanny Joly, Johan Héliot, Jack Chaboud, Jean-Luc Marcastel, Stéphane Daniel, Emmanuelle et Benoît de Saint Chamas, Jean-Paul Gourévitch, Michèle Laframboise., Florence Hinckel, Christophe Loupy, Lénia Major, Viviane Koenig, Marie Mélisou..

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... évoque le BLOG sur la littérature jeunesse.

 

"Des conseils pratiques de pro à pro, des interviews délicieuses et des
articles écrits par des écrivains ou des éditeurs, des bibliographies,
des réflexions sur la littérature jeunesse, des coups de coeur et
 des anecdotes...On trouvera tout cela (!) sur le blog de C
hristophe
Boutier, professeur documentaliste  au collège de Gannat (Allier).

Les petits articles de réflexion sur certains aspects de la littérature
jeunesse sont parmi les plus intéressants, d'autant plus qu'ils soulèvent
parfois des points souvent peu vus : les genres relevant de l'imaginaire
et les critères de classification (science fiction, fantasy...), les styles
d'écriture (classique, moderne…), ou encore le souci de la véracité dans
les romans historiques jeunesse.

En plus de cela, on trouvera une liste impressionnante de sites
d'écrivains  et des ressources diverses et variées qui émaillent les
articles (liens vers des  sites de séries jeunesse, des conférences
en ligne...), des « trucs et astuces » de Doc pour aimer et faire
aimer la lecture, des bibliographies...

Si la mise en page gagnerait à être un peu plus claire et lisible, le côté
bric-à-brac (où on flâne volontiers de longs moments) perdrait de son
charme...

Par un prof-doc amoureux et défenseur acharné de la littérature
jeunesse.
"

 

Rubriques

CULTURE au CDI de Gannat

Collège de Gannat (03)

" Fête de la culture, de la lecture et de l'écriture"

  Mai 2013 - 4ème édition

Eric Boisset 

Mai 2013 145

ArthuArthur Ténor 024r Ténor

Alain Surget 

Alain Surget 053

 

Mai 2012 - 3ème édition

 Jean-Luc Marcastel

jean-luc-MARCASTEL-010.jpg

Brigitte Coppin 

      Brigitte-Coppin-013.jpg

 

Mai 2011 - 2ème édition

Philippe Barbeau, Christian Couty

juindécembre2010 236

Béatrice Nicodème

 

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Juin 2010 - la 1ère édition :

 

Alain GROUSSETet Christian GRENIERétaient parmi nous pour évoquer la Science-Fiction (SF) etpour débattre des nouvelles technologiesqui pourraient "tuer » les livres...

 Enfants 1 196

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Le nouveau spectacle du collège

Joseph Hennequin de Gannat, dans l’Allier.

 

 

La troupe de théâtre du collège Hennequin, composée cette année de 30 comédiens issus des quatre niveaux de classes, a réalisé un film (un vrai ! en noir et blanc)écrit par Christophe Boutier, professeur documentaliste, « Le temps du maquis» (vendredi 14 juin 2013, centre socio culturel de Gannat). Xavier Bélanger, professeur d’Education musicale, assurera la mise en musique.

Ce film présente la dure réalité de la vie quotidienne et clandestine, au milieu de la forêt,d’hommes et de femmes – les maquisards - remarquablement courageux qui recoururent, au péril de leur vie, à la guérilla pour s’attaquer à la milice du Maréchal Pétain et aux troupes d’occupation allemande.

Ce spectacle entre dans le cadre du projet « Devoir de mémoire », une option du collège menée en classe de 3ème. Les 16 élèves de cette option dirigée par M. Bellet, professeur d'Histoire, présenteront la soirée :

En 1ère partie, un court métrage : Roger VENUAT, résistant dans le maquis de Hérisson (Allier, 03), au collège Joseph Hennequin.

En 2ème partie, la pièce de théâtre, « Le temps du maquis »

ENTREE GRATUITE

  

QUI SUIS-JE ?

Je suis Christophe BOUTIER, professeur documentaliste au collège de Gannat (1 rue Joseph Hennequin. 03800 GANNAT) , dans l’Allier, en Auvergne.

Passionné par la littérature jeunesse, l'écriture, la lecture... j'ai découvert, grâce à ma profession cette littérature - une vraie littérature ! - qui comporte de magnifiques textes. Et derrière des mots adressés, peut-être davantage aux enfants, aux adolescents - quoi qu'un bon texte doit pouvoir être lu par tous sans aucune histoire d'âge ! - se cachent des écrivains adorables, des personnes d'une incroyable richesse humaine, intellectuelle et culturelle, des gens de talent que j'ai/j'ai eu la chance pour certains de côtoyer !

Aujourd'hui, j'éprouve le besoin de partager mon amour des auteurs jeunesse et de leur oeuvre ! je compte également sur vous lecteurs pour faire vivre ce blog, mutualiser nos expériences, nos connaissances, nos réflexions et... débattre.

 
Mon autre BLOG, celui du CDI du collège de GANNAT :
http://www.cdi.gannat.over-blog.com