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Présentation

  • : Le blog de CHRISTOPHE BOUTIER, professeur documentaliste au collège de St Germain-des-Fossés, dans l'Allier
  • : Blog qui a pour objectif de parler de la littérature jeunesse, des écrivains jeunesse... pour donner le goût de lire aux adolescents. L'objectif est également d'intéresser à la culture. Il s'agit aussi de faire découvrir cette littérature à part entière aux adultes.
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Le Vampire Du Cdi

  • Le cédéiste
  • Je suis le "VAMPIRE d'un CDI" auvergnat !

ANECDOTES

Pierre BOTTERO,

le Seigneur des ados !

 

Pierre Bottero était fier d’être un auteur jeunesse - une littérature qui n’a rien à envier en qualité à la littérature « vieillesse. » S’il n’était pas qu’un auteur de fantasy, il faut bien reconnaître que c’est à cette littérature de l’Imaginaire qu’il dût son incroyable succès !

Dès l’enfance, il tombait dans la marmite de la fantasy. Il dévorait Tolkien (Un choc ! S’en suivi, plus tard, l’idée que la fantasy ne pouvait s’écrire que sous la forme d’une trilogie), Zelasny, Farmer, Moorcock, Vinge, Howard… Les grands noms qui allaient lui permettre de devenir l’auteur que nous connaissons. Plus tard, il appréciera les auteurs « jeunesse » tels que Erik L’homme, Hervé Jubert, Fabrice Colin ou Philip Pullman, Eoin Colfer pour ne citer qu’eux. Il n’y a pas de concurrence en littérature jeunesse, les auteurs s’apprécient, se côtoient, se téléphonent, se rencontrent, se parlent, rêvent ensemble d’histoires communes. Ainsi Erik L’Homme et Pierre imaginaient ensemble, « A comme assassins »…

De ses lectures, Pierre Bottero ne devait pas ressortir indemne.

C’est par hasard qu’il se lançait dans l’écriture, pour aider sa fille qui séchait devant un concours d'écriture : il rédigeait quelques pages sur son ordinateur, se piquait au jeu, poursuivait (son épouse réclamait la suite), envoyait le texte à un éditeur qui le publiait... Il était dit qu’il n’arrêterait plu. Marqué à tout jamais par Tolkien, il était évident qu’un jour, il s’essaierait à la fantasy. C’est ainsi que naquirent « La quête d’Ewilan », « Les mondes d’Ewilan » et « Le pacte des Machombres. »

 

 

 

Pierre Bottero se fichait éperdument du cadre dans lequel on allait placer ses romans. Mais pour les « techniciens, l’auteur lui-même évoquait la Low Fantasy. Il s’agit d’une low fantasy - inspirée par ses jeux d'enfant, ses rêves d'adulte, ses lectures et les émotions ressenties au quotidien - dans laquelle existe un équilibre entre le bien et le mal, le courage, la volonté et la détermination où domine le désir de tout ramener à des intérêts individuels (égoïsme forcené, aveuglement quant à la mise en danger des équilibres…). Un parallèle pourrait d’ailleurs être établi entre le chaos décrit et notre monde réel. Mais attention. Les propos de Pierre ne demeurent pas sombres, ils restent optimistes. Pour avancer ! Avec pour personnages principaux des… femmes. Pierre était fondamentalement féministe. Il aimait à dire qu’il y avait moins de « cons » chez elles que chez les hommes. Toutefois, Pierer Bottero n’a jamais cherché à donner des leçons, il se méfiait trop pour cela des « transmetteurs » de valeurs et des donneurs de leçons. Le livre était pour lui un objet de partage.

Ce partage, il l’avait avec sa famille qui appréciait ce qu’il écrivait et qui le rassurait : Claudine, son épouse, ses deux filles lisaient ce qu’il écrivait avant publication.

 

 

 

Lorsque Pierre Bottero était invité dans un salon du livre pour une dédicace, il faisait partie des auteurs les plus demandés (il ne faisait pas bon signer à côté de lui !) : les impressionnantes files d’attentes composées de lecteurs (jeunes et moins… jeunes !) en témoignaient. C’est avec émotion qu’ils recevaient tous les messages de sympathie et… d’amour. Ses livres touchaient, ses histoires permettaient le partage et faisaient rêver, Pierre vivait alors une aventure … magique.

Il avait beau affolé le compteur des ventes, ce qui avait un réel impact sur lui, c’était :  de percevoir la flamme dans les yeux de ses « fans » (euh ! il n’aimait pas le mot), de recevoir leurs avis, de parler avec eux.

Tant d’amour le gonflait à bloc et lui transmettait une énergie positive.

C’est pourquoi, ce succès (qui lui permit d’abandonner son métier d’instituteur) qu’il percevait intensément, à la fois avec bonheur (évidemment !) et tranquillité, lui donnait également un sentiment de responsabilité. Ainsi, s’il savait se montrer reconnaissant envers ceux qui l’avaient aidé à améliorer son écriture (Caroline Westberg, son éditrice chez Rageot), il avait également de la considération pour ce public à qui il devait tant. Quand vous rencontriez Pierre, assis derrière sa table de dédicace, vous aviez le sentiment qu’il n’attendait que vous ! Pierre veillait soigneusement à être proche de son « public », un de ses… bonheurs. Il respectait humainement ses visiteurs et ses lecteurs en leur offrant des histoires dont il voulait qu’elles évitent facilité et démagogie. Il apportait ainsi beaucoup de soin et d’exigences aux corrections, un travail exigeant, vorace en temps et en énergie.

 

L’écriture de Pierre Bottero avec « Le pacte des marchombres » avait atteint une belle maturité. C’est ce que Pierre lui-même soulignait quand il affirmait que « c’est en écrivant qu’on apprend à écrire. » En effet, cette dernière trilogie qui met en scène le personnage d’Ellana est moins légère, plus complexe, que celle de « La quête d’Ewilan » : l’auteur avait eu le sentiment d’avoir grandi, évolué et de s’être trouvé, un sentiment accompagné par le désir de partager encore davantage avec le lecteur. Pierre Bottero était un homme intègre, voilà pourquoi il continue d’être autant aimé. A la lecture de ses trilogies, cette sincérité transpire. Pierre prenait un immense plaisir à écrire, à « rêver », à imaginer le monde (issu d’un vieux rêve de liberté absolue) d’Ewilan, d'Ellana. Il prenait un immense plaisir lorsque d’autres que lui se baladaient dans "ses" mondes. Pierre Bottero écrivait pour être lu mais aussi pour explorer des contrées inconnues (se connaître lui-même ?) et entraîner à sa suite tous ceux qui étaient tentés par l'aventure... Quand il mettait le point final, c’était à la fois une joie (celle d’avoir terminée et d’être satisfait du résultat) et une déchirure (celle de quitter l’univers crée)… Un sentiment d'être coupé d'une part de soi-même avec l’irrésistible envie de replonger très vite.

 

Pierre le « poète » accordait beaucoup d’importance au travail de réflexion qui précède l’écriture. Lorsqu’il attaquait le premier chapitre d’un roman, la trame générale était dans son esprit, il connaissait très bien ses personnages. Ensuite, plongé dans le cœur du roman, il écrivait sans arrêt, du matin au soir, parfois pendant la nuit. Puis, il pouvait ne plus écrire pendant des semaines Enfin, presque car il écrivait toujours… dans sa tête. Quand il n’écrivait pas, il écrivait sans écrire. Pierre était un homme normal qui aimait lire, courir, menuiser, bucheronner, voyager, rencontrer, parler, rêver… et sourire ! Ah, ce sourire !I

L’écriture de Pierre était une écriture « vraie », sans complaisance, une écriture qui venait des tripes, un cadeau offert au lecteur. Il n’était satisfait que si les mots qu’il employait correspondaient réellement à ce qu’il souhaitait écrire. Cette honnêteté, il la devait à ses lecteurs. Pierre était un travailleur qui reprenait, sans cesse, son récit, la cohérence, le fond, la forme… C’est pourquoi il prenait grand soin, malgré les pressions des lecteurs, de ne pas chercher à publier, à tout prix, trop rapidement. Il était persuadé qu’il valait mieux patienter et faire patienter plutôt que de se décevoir et décevoir. Il pendait qu’il fallait laisser le temps à l’histoire de pousser, à son rythme...

 

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   "Le Loup à la voix de miel"
Marc SEASSAU (Grasset jeunesse)

J’ai fait venir dans le collège où je travaillais alors, l’écrivain Marc Séassau.  La journée fut belle et pleine d’émotion notamment lorsque Marc anima une rencontre à deux voix (j’adore organiser ce genre de rencontres : 2 auteurs face à une classe en même temps !) avec Jean-Côme NOGUES qu’il avait adoré lire lorsqu’il était ado.

Marc Séassau a écrit ce roman « Le loup à la voix de miel » parce qu’il a été marqué par sa convocation comme juré dans une affaire de viol. Dans son récit, il narre l’entrée en 6ème d’une petite fille qui, anonymement, dépose des extraits de « Peau d’âne » dans les poches, de sa « marraine », une élève de 3ème.  L’appel au secours était évident !

Cette rencontre a déclenché un phénomène pour le moins inattendu dont j'ai été le témoin, involontaire : il m'a fallu trois semaines pour comprendre ce qui m’arrivais !

Je trouvais régulièrement par terre, dans le CDI, toujours disposées par deux, des photos représentants des scènes classiques de la vie d'une famille avec une de nos élèves de 6ème (anniversaires...). J'ai évidemment rendu ces photos à l'élève qui, agressive, semblait ne pas comprendre pourquoi je détenais son bien. C'est tout juste si elle acceptait de reconnaître qu'il s'agissait d'elle sur les clichés ! Ces scènes se sont régulièrement reproduites ( trois, quatre fois pendant trois semaines) jusqu'au jour où j'ai eu un déclic  : une seule photo sur le sol évoquant la petite sur les genoux d'un homme. J'ai de suite compris (Peau d’âne !), j'ai alerté l'infirmière, la Principale du collège... Cette élève avait eu l’idée de reproduire ce que l’héroïne du roman faisait.
Voilà ce qu'uns simple rencontre d'écrivain peut entraîner en dehors du plaisir de lire.
Le roman avait libéré la parole de l’élève !


Nous en avons évidemment parlé avec Marc Séassau qui était évidemment KO : comment ne pas l'être ? Il avait écrit ce roman un peu dans un but pédagogique mais quand la réalité dépasse la fiction...

Recherche

PERLES de LECTURE

 Le collège de Gannat

 a voyagé dans le temps !

 

 Après la lecture des romans historiques jeunesse de Béatrice Nicodème....

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« Oyez ! Oyez gente dames et damoiseaux ! Entrez dans le Moyen Age ! » Ainsi s’est écrié le troubadour, jeudi 9 juin 2011, dans la plaine gannatoise : deux cent élèves de 5ème du collège Hennequin et CM2 des écoles du Malcourlet, de Pasteur et de Jean Jaurès ont bravement et « prestement » effectué le « pas sur le côté » pour revêtir leur cotte de maille et ainsi plonger en plein XIVème siècle.

  

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  Pour rendre vivant et attractif le Moyen Age, période étudiée en classe et encore largement visible dans la cité des portes occitanes, Gannat, douze comédiens et cascadeurs professionnels de la compagnie toulousaine ARMUTAN, ont chevauché leurs destriers pour répondre à l’olifant de Christophe Boutier, professeur documentaliste, initiateur de cet imposant projet, « Cultures, loisirs et genres de vie au Moyen Age », un projet fédérateur d’énergie d’une année.

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Un campement faits de plusieurs tentes, de peaux de bêtes, de râteliers d’armes, de tonneaux… a été établi dans la partie herbeuse et arborée de l’établissement scolaire. Les écuyers – élèves, aux yeux brillant de plaisir, répartis en six « compagnies » de « routiers » qui répondaient au nom d’un  célèbre homme de guerre, du Guesclin, Prince noir ou bien d’un roi, Philippe Auguste…ont défilé avec leurs bannières dans les sept ateliers pédagogiques pendant six heures.  Ainsi, ils ont été initiés à l’archerie, au maniement des armes, au combat rapproché, à l’héraldique – l’art de faire son blason – à la danse, aux instruments et à la musique, à la jonglerie… Le capitaine « Barbepeste » et ses sbires ont alors conquis la « piétaille » qui après explications et démonstrations, devait mettre en pratique l’enseignement de leurs maîtres…  

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 Les corps fatigués furent réparés par le succulent banquet médiéval régional (tortillons gannatois, galichons d’Escurolles, fromages de chèvres de Bellenaves, Fraises bourbonnaises sur lit de fromage blanc de campagne de Cérilly étaient inscrits sur le très beau papier imprimé à l’ancienne par le moulin Richard de Bas ), pris en musique, et proposé par le chef, Sylvain Bruno. Une projection d’images, capturées dans la matinée, proposées par les élèves de l’atelier image du collège lors du repas, a également ravi les convives.

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En fin d'après-midi, les petits occitans, tout sourire, étaient regroupés pour assister à un spectacle de jongleries burlesques proposées par « Grand mètres Yann »,  à de la poésie lyrique, et à une impressionnante saynète de combats à l’épée accompagnée par la musique du groupe DAYAZELL.

 

Quel bonheur ! Quelle joie d'avoir vu les yeux des enfants pétiller de plaisir ! Quel  moment de vie ! Il ne fait aucun doute que cette journée unanimement saluée comme étant extraordinaire restera gravée dans les mémoires.

  351.JPG Alors, un grand MERCI à tous ceux qui ont participé à la réussite du projet ! Les personnels du collège Hennequin, la mairie de Gannat, les mécènes, les comédiens si sympathiques et bien sûr…les élèves !

 

Pour en savoir davantage :

 

RV sur le blog du collège de Gannat (03),

une 100e de photos...

 

http://cdi.gannat.over-blog.com/

 

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A propos de ce blog !

 

Lu dans « La nouvelle encyclopédie des filles 2011 » de Sonia Feertchak ((Plon)

 

« Le blog passionné et passionnant d’un professeur documentaliste  fou de littérature jeunesse, pour « sourire, rêver, aimer ». Des articles vivants sur la lecture, qui donnent envie de découvrir plein de livres et autant d’auteurs

 

 

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A lire, vraiment !




 

 

 

 

 

 

 

 

   

A travers de nombreuses anecdotes Christian Grenier évoque son enfance placée sous le signe du théâtre et de la lecture, son adolescence marquée par l'écriture et la passion. Il relate son parcours d'enseignant, d'auteur mais aussi de lecteur-correcteur, journaliste, scénariste et directeur de collection. Il se penche également sur les mécanismes intimes de l'imaginaire, détaille la genèse de ses oeuvres et fait pénétrer le lecteur dans les coulisses de l'écriture et de l'édition. Enfin il s'interroge sur les principes qui font d'une fiction un récit pour la jeunesse. Regorgeant de confessions, de convictions et de passion, ce témoignage d'une vie consacrée à la littérature jeunesse se lit comme un roman.
 

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Le MOT du JOUR : ......

    "Des millions de gens vivent sans lire, mais ce qu'ils ignorent,

c'est qu'on vit infiniment plus en lisant."

Xavier-Laurent PETIT

  

     318 042 visiteurs 

Je vous livre l'adresse du blog de mon nouveau cdi et collège : http://colllafontaine.over-blog.com/

 

depuis octobre 2009

 

 

21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 10:27

Les lieux

·        Comment t’inspires-tu pour créer un lieu ? Une atmosphère ?

Toujours mes bouts de ficelle, bouts de vie ramassés par terre. Inventés, collectés, tissés, et hop !

·        Te rends-tu sur place ? Visites-tu beaucoup ?

J'ai écrit "L'école du Désert" qui se passe au Maroc, et cette année - enfin ! - on m'a invitée à Casablanca. C'était ma première visite au Maroc. J'attends qu'on m'invite en Colombie (pour Pablo), à Tahiti (pour "le Voyage de Poéma"), en Inde avec Bala... J'aimerais voyager, respirer les pays puis écrire. Mais je ne m'interdis pas d'écrire sur des lieux que je ne connais pas. J'ai trop écrit de spectacles sur des siècles différents pour m'interdire quoi que ce soit sur l'espace. Aujourd'hui, je n'écrirais pas "L'école du désert" de la même façon, bien sûr. Mais un lieu imaginé a une force propre. La Colombie que j'ai inventée à partir de documents glanés ça et là existe, c'est celle de Pablo. POur La Courneuve, au contraire, je la connaissais bien et je suis même allée jusqu'à faire vérifier des itinéraires parce que j'avais besoin qu'ils soit précisément exacts. La Courneuve réelle faisait face à la Colombie que Pablo avait laissée loin derrière lui, dans le brouillard aigu des souvenirs.

·        Est-il facile de partir de rien ou de ce que l’on connaît ?

Dans "Demain la Lune", Michel passe ses vacances d'été dans le camping... de mes vacances d'enfant, à l'époque où j'y étais (en 1969, année du premier pas de l'homme sur la Lune). J'ai tout vérifié, la date de sortie des bonbons de telle marque, les voitures, les chansons de cet été-là, jusqu'au vainqueur du tour de France et à la une du journal du coin... C'était comme un jeu de piste, très réjouissant. Mais j'aurais très bien pu écrire ce roman sans du tout entrer dans ces détails. Il se trouve que pour ce roman-là, à ce moment-là, j'ai eu besoin de travailler comme ça. Ce n'est pas une question de facilité ou pas, c'est plutôt une question d'envie, et de pertinence par rapport à l'écriture en cours.

Mais pour répondre à la question, peut-on réellement partir de rien ? Dans mes premiers essais d'écriture, j'ai essayé d'écrire un roman dans lequel le lecteur ne saurait pas à quelle époque l'histoire se passait, je voulais le plonger dans un "flou temporel". Je n'y suis pas arrivée. Dès qu'un personnage a dû faire passer un message à un autre, j'ai été coincée : téléphone, coursier ou pigeon voyageur, il fallait bien que je choisisse. Et le temps était marqué. Le réel nous rattrape.

Le style, la phrase, le mot…


Quelle est la phrase qui te pose le plus de souci dans l’écriture ? L’incipit ?

Ah, celui-là... je devrais recommencer le début après avoir fini. Mais ce sont des moments particuliers de l'histoire qui sont parfois difficiles à mettre en mots.


Quel style préfères-tu ? style indirect libre… « je » ou « il »…

Le "je" sans doute m'est plus facile, comme un jeu d'acteur — encore ce lien au théâtre, au cinéma !

As-tu la plume facile ? Où est-ce laborieux ? Te faut-il raturer beaucoup ?

Ça dépend.

Comment définirais-tu ton style ?

Je ne sais pas définir. Quand on définit, on arrive encore à une formule, une sentence, non ?

Combien dure la phase avant l’écriture (recherches…) ? Et la phase d’écriture ? Combien écris-tu de livres par an ?

Ça dépend aussi. Mais je laisse toujours reposer un texte que j'ai commencé. Par exemple, en ce moment, je termine une histoire d'enfant gitan que j'ai commencé à écrire il y a deux ans... Pablo est resté en friche dans mes tiroirs pendant des années. Ensuite, ça peut aller très vite. J'ai écrit "L'enfant silence" en sortant d'une exposition de peintures, en moins d'une heure, puis je l'ai relu souvent, et repris, mais sans presque rien changé. Mais c'est un texte à part.

Quelle phase préfères-tu ? La recherche des idées ? l’écriture ?

Le moment où l'idée nait.

Quel place a le mot dans tes romans ? Le vocabulaire est-il très important pour toi ?

J'aime les ginkgos bilobas dans "À l'ombre du tilleul", je me suis battue pour les garder. Le mot est essentiel.

Fais-tu attention à la longueur de tes phrases ? Pierre Bottero faisait des phrases courtes ; parfois, il ne les finissait pas pour laisser le soin au lecteur d’imaginer, de rêver et donc de les terminer lui-même.

Courtes, longues, elles rythment le texte. Mais Pierre Bottero avait raison : laisser la liberté au lecteur est essentiel. On peut le faire différemment, chacun son style, mais cette liberté-là est première.

Qu’est-ce qui fait que pour toi, une phrase est bonne ?

 Je lis toujours mes manuscrits à haute voix, plusieurs fois. Il faut que tout coule, s'il y a des graviers au fond de la rivière, ils doivent avoir une raison d'être là. Sinon, je réécris. Encore, et encore.

Utilises-tu beaucoup de documentation ?

Tout dépend de ce que j'écris. Si je m'y plonge, je laisse décanter avant de partir en écriture.

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 10:26

  La littérature

La littérature c’est quoi ? Cela sous entend que tout ne serait pas littérature…

Un regard particulier ?

Qu’est-ce ce que la littérature jeunesse ? Une littérature à part entière ?

Là, je ne répondrai même pas. C'est une provocation ?  ;-) Il y a "littérature" et "littérature" dans tous les genres, des livres essentiels et des "produits-paquets de lessive" partout. En jeunesse comme ailleurs.

Faut-il lire les classiques ? Pourquoi ?

Il faudrait sans doute repenser ce que sont les classiques. Certains auteurs que j'ai lus ne sont plus considérés comme tels (j'ai baigné dans Eugène Sue par exemple). La nécessité d'une culture commune à une génération et entre les générations me semble nécessaire à la cohérence d'une société. En cela, oui, il faut lire "des classiques", comme il faut voir des films marquants de l'histoire du cinéma, ne serait-ce que pour mieux "comprendre" ("prendre avec soi") les films qui sortent, et avoir un regard critique, un regard libre, sur le monde. Et la musique, la peinture, la sculpture, l'architecture...

L’avenir du livre ?


As-tu un avis dessus ? Les nouvelles technologies vont-elles le tuer ?

Le livre papier nous sera toujours indispensable, à nous, lecteurs qui avons appris à lire avec lui. Je ne suis pas extra-lucide et ne peut pas dire ce qu'il adviendra quand les lecteurs apprendront à lire sur des tablettes numériques ou autres supports encore à inventer. Mais le fait de (se) raconter une histoire me semble inhérent à la condition humaine. L'essentiel, c'est la littérature, le livre, qu'il soit fait de papier ou numérique, n'est qu'un support. Maintenant, le livre numérique permet un champ de création nouveau, entre le livre papier et le cinéma, qui va étonner, décevoir, déstabiliser... Nous vivons une charnière passionnante, dommage qu'on parle trop de finances dans cette histoire, et pas assez de création.

 La lecture et ta bibliothèque :


Pour toi, lire c’est quoi ?

Des fenêtres de vie dans la vie.

Quels sont tes auteurs préférés ? tes lectures préférées ?

C"est mouvant, ils changent selon ce que je vis. Il y a les piliers, bien sûr, ils ont balisé mon adolescence : Maupassant, Balzac, Cohen, Claudel, Anaïs Nin, Dostoievsky, Proust, Mishima... ceux que je relis aujourd'hui, Duras, Camus, Éluard, Romain Gary... ceux que j'ai découvert récemment, Nancy Huston, Ludmilla Oulitskaïa, Carson Mac Culler, Raymond Carver... et Olivier Adam, Marie Desplechin... et la SF, Dan Simmons, Dick, Van Vogt, Iain M. Banks, et...

Les livres jeunesse qui t’ont marqués chez les autres ? Un livre de chevet ?

Chien bleu", de Najda. "Sables émouvants", de Thomas Scotto et Éric Battut
"Lily Plume" de Natali Fortier "Petit bleu et petit jaune", de Léo Lionni
"L'Atlas des géographes d'Œrbe" de François Place


Ta bibliothèque, quelle est-elle ? Comment sont ces livres, Beaux livres, poches… genres ?

Disparates, dépareillés, émancipés.

 Où sont-ils rangés ? Comment sont-ils classés ?

En tas, en couches, dans toutes les pièces, par terre, partout.

Comment les achètes-tu ?

Au coup de coeur, en flânant, en les prenant dans la main, en les reniflant. Parfois aussi chez mon libraire, qui est un super libraire.

Quel est le livre sur table de chevet ?

Les livres... mais celui que je lis ce soir, c'est  "Le chemin des âmes", de Joseph Boyden.

Quels sont les auteurs qui t’ont influencé? Pourquoi ? Que leur as-tu empruntés ?

C'est difficile de citer des écrivains pour parler de sa propre écriture, presqu'indécent. Mais si c'est un hommage, alors je peux citer Ludmila Oulitskaïa, et ce souffle de sa phrase. Les haïkus japonais, le dire tant dans si peu, Maupassant, bien sûr. Oui, Maupassant. Et Anaïs Nin, Renoir (le cinéaste), Orson Welles, Éluard. Claudel aussi, qui donne à sa phrase le sens et le son de la respiration des personnages. Je pourrais continuer très longtemps...

Si tu avais un auteur à qui écrire, lequel serait-ce ? Et que lui écrirais-tu ?

Jules,
Si tu ne m'avais pas emmenée au centre de la Terre et en voyage autour du monde, je n'en serai pas là, des années après, à essayer de m'envoler encore et encore dans des histoires à imaginer debout...

Cher Guy,

Vous m'avez prise par la main à l'âge des premiers émois. Depuis que j'ai rencontré "la Petite Roque", les rivières ont perdu leur légèreté, elles signent les jours de drame. Vous m'avez donné à partager "le Horla", cette frontière, cet ailleurs sensible où l'on sait que l'on peut plonger, par inadvertance, par vertige. Qui sait ? "Une Vie" m'a fait frissonner : ainsi, c'était donc ça, être femme ? Mais il y a eu Benoîte (Groult), Virginia (Woolf) et Anaïs (Nin), pour me rassurer : on pouvait être femme autrement. Reste entre nous ces instants partagés, vos nouvelles cachées sous les draps, lues si tard dans la nuit. Vos nouvelles, comme une porte au sortir de mon enfance.

Marguerite,

Vous êtes allée si loin, Madame. Comment écrire après vous ? Je reste au bord des vagues. Et respire. Et tremble.

et à tant d'autres...

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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 10:23

L’auteur aujourd’hui

         Marie-Aude, comment se situe l’auteur aujourd’hui par rapport à l’auteur des débuts ? Il y a-t-il une différence (style, pensée, méthode…)

 

Aujourd’hui, chaque roman est beaucoup plus douloureux à mettre en route. Je traverse des périodes de creux profonds. Je sens davantage de responsabilités, d’attentes qui font qu’il faut que je m’applique. Ce qui fait que tout est moins léger.

MAIS, j’ai l’impression d’aller beaucoup plus loin, d’écrire des choses plus complexes, plus littéraires.

 

Autrefois, lorsque j’entendais un auteur dire qu’écrire, c’était l’enfer, je riais et je pensais que dans ce cas là, il fallait qu’il fasse autre chose. En fait, j’avais tort ! Ecrire me remue énormément : écrire fait tellement travailler que l’on se fait dans l’histoire ! Chaque livre me permet d’explorer quelque chose de moi. L’écriture n’a donc rien d’anodin ! J’ai peur de l’appauvrissement, d’avoir tout donné. Je ressens cette douleur qu’est l’angoisse de se retrouver à « sec ». C’est pourquoi, j’ai constamment le besoin de me « nourrir », ce qui prend du temps : plus on est cultivé, plus on est créatif !

 

         Quelle est ta définition de l’auteur jeunesse ? En es-tu un ?

 

J’ai beaucoup revendiqué. Je suis écrivain, un écrivain jeunesse : voilà mon étendard !  Je suis lue par tous. Les destinataires de mes romans ont évolué. Beaucoup de mes lecteurs sont de jeunes adultes qui m’ont lu quand ils étaient enfants puis adolescents. Les gens ont aussi moins de préjugés, les thèmes que j’évoque les concerne. Plutôt que de littérature jeunesse, je parlerai donc davantage de littérature familiale.

 

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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 10:20

 

L’écriture :

          Marie-Aude, pourquoi écris-tu ?

 

Ecrire est pour moi un mouvement naturel. Mais la vraie question semble plutôt être, pourquoi vouloir être publiée ? J’écris pour être lue et donc être publiée. Pourquoi vouloir être lue ? Pour être écoutée, être aimée, dire des choses importantes aux autres…

 Je suis une personne qui a peu d’énergie pour écrire, il faut donc que je fasse attention à ne pas me disperser. C’est un désir fragile qui me demande beaucoup d’effort.

 

         Que penses-tu des écoles américaines dans lesquelles on peut apprendre à écrire ? En France, elles n’existent pas. Quel écrivain es-tu ?

C’est un métier qui s’apprend ! On perdrait moins de temps si nous étions formés. Pour ce qui me concerne, j’ai appris dans les livres des autres. Ainsi,  j’ai « dépecé » des livres policiers avant d’en écrire. Toutefois, le risque de ces écoles est le formatage, de vouloir construire des best seller en appliquant des « recettes. »

         Arthur Ténor parle de lui comme étant un « explorateur de l’imaginaire. » As-tu une formule pour te caractériser ?

Je déteste que l’on me range dans une case !

         L’écriture a-t-elle toujours été en toi ou est-ce quelque chose qui est arrivé tardivement dans ta vie ? Il y a t-il eu un élément déclencheur ?

 

J’ai toujours voulue lire, écrire, créer : la seule chose qui m’inquiétait, c’était de ne pas m’y mettre. J’ai vite écrit pour ma petite soeur. Par la suite, en faire un métier fut plus dur. Au départ, il y a tout de même papa et maman, une famille d’artistes pour laquelle, le monde la création était quelque chose de très important. Ecrire, c’est un débordement d’égo (Jules Renard), un besoin de reconnaissance, une quête. Et comme j’ai de l’ambition…

         Le public/l’éditeur t’ont-ils influencé à un moment donné ?

 

Je tiens compte de l’avis de l’avis du public, de mon éditeur pour écrire. C’est en pensa        nt à mes lecteurs que je trouve mon écriture, une écriture efficace.

 

         Cette fameuse imagination, d’où vient-elle ? De quoi t’inspires-tu ?

 

De l’information, je suis surinformée ! Je me tiens au courant de tout ce qui se passe. Je suis quelqu’un de silencieux ce qui me permet de pouvoir beaucoup écouter les autres. 

Quand j’ai une thématique en tête, je pose des questions, je vais voir sur place : je me rends dans une entreprise de transport, je suis un médecin, j’accompagne une maîtresse d’école pendant cinq années (Vive la République !), je participe à la journée d’une classe de 3ème : je prends en notes, des phrases d’enfants... Les gens se mettent facilement à ma disposition ; ils  sont contents lorsque je leur dis que je suis écrivain pour la jeunesse. Dickens était un homme de terrain : il s’est rendu sur place pour décrire les écoles du Yorkshire qui étaient de véritables mouroirs. Ses écrits ont permis de les faire fermer !

Tout part d’une bonne idée, du désir d’écrire une bonne histoire et malgré moi je deviens une sorte de porte-parole (ainsi lorsque j’écris sur la garde à vue). Au cours de mes recherches, l’indignation me prends mais je ne me vois pas comme un écrivain militant.

         Comment procèdes-tu pour écrire ? Un plan ? Des carnets ?

 

Tout dépend du type de récit auquel je travaille.

 Si je dois écrire pour le magazine J’aime Lire, je rêvasse, allongée sur mon lit dans le but de trouver une histoire qui m’amuse, oui car il faut que cela me fasse rire, les chose se feront simplement quoi que…

S’il s’agit d’un roman historique, les choses seront évidemment bien plus longues, de nombreux travaux de préparation seront nécessaires. D’autres romans nécessitent de se rendre sur le terrain, le roman policier pose des problèmes d’intrigues…

 Une chose est sûre : je n’aime pas tout savoir au départ ! Dans « Oh, boy ! », je ne savais ce que j’allais faire du petit garçon leucémique, Siméon devait-il mourir ? Vivre ? En tout cas, je fais au mieux pour mes personnages j’essaye de les sortir d’affaire, de  les faire grandir mais le réalisme s’en mêle, l’intrigue s’en mêle… Les romans de littérature jeunesse sont souvent des romans d’apprentissage.

  

         A quel moment de la journée écris-tu ? Avec quoi ? Une heure précise ?

As-t besoin d’isolement ?

 

Je peux rester des mois sans écrire ! Ecrire n’est pas pour moi un besoin au même titre que lire. L’écriture est un métier à risque, du jour au lendemain cela peut vous quitter.

Non, je n’ai pas de rituel, j’écris n’importe où, n’importe comment. Le tout est que j’en ai envie.

 

         Qui te lis en 1er ? Un proche ? Pourquoi ?

 

Mon mari ! Mais il ne lit pas tout de suite. Parfois, il lit en cours de route… selon le livre. Il sait, qu’au départ, il ne doit formuler aucune critique du moins jusqu’à un certain point. Car au début, j’ai très peur.

 J’écris d’abord à la plume sur un cahier, illisiblement, peut-être par peur, par manque de confiance.

 En fait, aucun de mes romans n’a la même histoire. Pour « Miss Charity », mon mari l’a lu au fur et à mesure - ce qui n’est pas le cas pour les autres romans - peut-être parce que l’écriture, la construction de celui-ci fut facile. J’étais comme portée : l’histoire est linéaire (l’héroïne a 5 ans, grandit, devient adulte…) ce qui est loin d’être le cas, par exemple, dans les romans policiers.

 Le vrai problème est de trouver le ton, de trouver les bon réglages : qui parle ? « Je » ? « Il » ? Quel temps employer ? L’imparfait ? Je change, je recommence…

           Qu’aimerais-tu écrire ? Un sujet que tu n’as pas abordé et qui te taraude ? Un genre ?

 J’ai des tas de sujets qui sont dans des dossiers pour lesquels je n’y arrive pas. Je voudrais écrire du théâtre, un scénario de BD.. Tous les genres m’intéressent.

 

         Pourquoi avoir participé à cette extraordinaire expérience de l’écriture à… six mains ?

 

Oui, une sacrée aventure qui a duré deux ans ! Mais qui ne fut possible que parce qu’il s’agissait de Lorris, mon frère et d’Elvire, ma sœur. Ce défi fraternel fut éprouvant même si nous ne nous sommes pas disputés, en tout cas nous voulions arriver eu bout, « Golem » est né de cette envie. En tout cas, nous ne recommencerons pas. Enfants nous jouions beaucoup tous les trois, cette expérience fut aussi une façon de continuer à « jouer » ensemble après le décès de maman.

 

·         Qu’as-tu retenu de cette expérience ?

 

Qu’écrire s’apprend ! Qu’écrire s’apprend avec des gens du métier.  Tout professionnel te débusque facilement, connaît rapidement toutes tes petites astuces. Un professionnel est sévère dans son jugement, les échanges que nous avons eu m’ont évidemment permis d’apprendre. Tout comme j’ai appris des éditeurs, des scénaristes…

 

 

         Est-il facile de vivre de sa plume ? Exerces-tu un autre métier ?

 

Pour moi, oui ! C’est une  réalité mais  dire que c’est toujours simple serait mentir. L’idée que je doive faire autre chose est inconcevable. Ecrivain est un métier à risque ! De plus, l’attaque actuelle contre les droits d’auteurs  m’inquiète.

 

         Qualités et défauts de la Femme qui rejaillissent sur l’écrivain ?

 

 Être à la fois écrivain et femme est un inconvénient majeur : j’ai des enfants et je veux être une mère à 100% ! L’écriture c’est du temps « arraché » à mon devoir de mère MAIS je n’écris des livres que parce que je les aie eu ! Mes enfants m’ont donné du matériau pour écrire et une proximité avec le public auquel je m’adresse.

 

·         L’écriture de scénario. Que retiens-tu de cette autre expérience ?

 

J’aime apprendre ! Ce fut à la foi un plaisir et une galère : j’ai dû écrire 10 ou 12 fois le texte. C’est une autre école, une grande école d’écriture. J’ai appris quant à la façon de mener l’intrigue par contre cela ne m’a rien apporté au niveau de l’écriture.  Je n’y retournerai pas car ce n’est pas ma vocation.

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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 10:17

 

 

 Tes personnages :

          Marie Aude, comment crées-tu tes personnages ?

 

Je me sers des gens que j’ai sous la main, de mes fantasmes, de ce que j’aurais aimé être, parfois de chimères… En tout cas, mes personnages sont des êtres composites. Parfois, je croque une personne réelle, rarement des personnes entières, je ne m’inspire seulement que de certains traits.

Pour qu’ils existent, il faut avant tout que je les nomme, je leur fais faire des bouts d’essai, je les fais parler… puis, ils commencent alors à vivre en moi.

  

         Est-ce que ce sont tes personnages qui te mènent ? Par exemple, peuvent-ils te faire changer de voie en cours d’écriture ?

 

Ils peuvent en effet prendre le pouvoir : au début, on tire les ficelles et puis… Mais j’en fais ce que j’en veux !

 

        Qu’aimes-tu le plus dans la création du personnage ? L’aspect psychologique ?

 

Ce personnage, je dois l’aimer ! Il doit me procurer des émotions, me faire rire, me faire pleurer… Dans l’histoire, il me faut un homme car j’ai besoin d’être amoureuse. L’aspect psychologique m’intéresse le plus car je ne pourrais jamais me lancer dans de grandes descriptions, comme Balzac : décrire la verrue sur un nez  ne m’intéresse pas !

 

       Quel est le personnage que tu as crée et qui t’a posé le plus de souci Pourquoi ?

 

Je n’ai pas vraiment eu de souci avec un personnage. Avant qu’il ne se dégage de la gangue.

 

 

         Quel personnage de papier que tu as inventé aimes-tu le plus ?

 

Les plus marginaux ! Ceux qui dérangent !

 

 

Les lieux :

          Comment t’inspires-tu pour créer un lieu ? Une atmosphère ?

 

J’ai beaucoup déménagé, Bordeaux, Orléans… J’ai circulé de nuit dans Paris pour trouver l’atmosphère évoquée dans la question. J’ai besoin de voir.

Sinon une description peut se résumer en deux phrases : l’important est qu’on y soit !

 

 

         Est-il facile de partir de rien ou de ce que l’on connaît ?

 

Je ne pars jamais de rien – rien, n’existe pas - mais du chaos ! De choses informes… puis les idées viennent.

 

 

Le style, la phrase, le mot…

          Quelle est la phrase qui te pose le plus de souci dans l’écriture ? L’incipit ?

 

Quand j’ai la dernière phrase du roman, je sais que je vais aller au bout de l’écriture de celui-ci. Parfois, elle arrive en cours d’écriture. L’incipit, lui, ne me pose pas de problème majeur. Généralement, je travaille beaucoup le début de l’histoire. Au démarrage, on se chauffe… après on retravaille, on nettoie le texte, on revient beaucoup sur le premier chapitre….

 

         Quel style préfères-tu ? Style indirect libre… « je » ou « il »…

 

J’ai beaucoup été formatée par le récit à la première personne, cela vient de mon expérience, au début de ma carrière, dans l’écriture d’articles de magazines féminins. J’ai trouvé du plaisir à écrire sous la forme du »je » masculin (la série des « Emilien »). Il en reste une empreinte quand j’écris à la 3ème personne.

 

 

         As-tu la plume facile ? Où est-ce laborieux ? Te faut-il raturer beaucoup ?

 

Ni l’un ni l’autre. Par moment, ça coule, d’autre fois, c’est par à-coup. Je réécris beaucoup. Je peux écrire tout le manuscrit sous la forme du « je » puis passer à « il » car je me rends compte que c’est ce qui convient le mieux.  De même, pour le temps employé, il arrive de tout changer, de tout réécrire, et d’employer le présent en lieu et place de l’imparfait (Jésus, comme un roman...).

 

         Comment définirais-tu ton style ?

 

Limpide ! Il faut que ça coule… que ça coule de source. Et pour arriver à cela, il y a beaucoup de travail. Un petit garçon m’a fait un compliment touchant : « J’ai pas pu m’empêcher d’aller au bout ! » en parlant d’un de mes romans.

Il peut arriver au démarrage d’un roman que je me trompe de public mais en général, dès le début, je sais pour qui est destiné ce que j’écris.

 

       Combien dure la phase avant l’écriture (recherches…) ? Et la phase d’écriture ?

 

Le plus long pour moi, c’est de ne pas écrire ! J’ai mis trois mois pour écrire « Oh, Boy ! » L’écriture est la phase qui justifie mon existence.

 

         Quelle phase préfères-tu ? La recherche des idées ? L’écriture ?

 

 

  • Quelle place a le mot dans tes romans ? Le vocabulaire est-il très important pour toi ?

 Le choix des mots est très important. Tout ce que je suis est dans les mots.  Trouver le mot juste est une grande satisfaction dans l’existence. J’utilise les dictionnaires, je vérifie l’étymologie afin d’être certaine que le sens du mot qui m’intéresse soit le bon. Je ne veux pas que le lecteur puisse buter sur un mot mais si l’un deux  est compliqué, le contexte de l’histoire doit l’aider à saisir sa signification.

  

         Fais-tu attention à la longueur de tes phrases ? Pierre Bottero faisait des phrases courtes ; parfois, il ne les finissait pas pour laisser le soin au lecteur d’imaginer, de rêver et donc de les terminer lui-même.

 

Je retravaille certains types d’écrits (les courts) à … l’oreille. J’écoute beaucoup mon texte, le lis et j’entends quand c’est trop long, trop lent... C’est une passion que d’entendre mes textes lus à haute voix.

  

Le fruit de ton imagination :

         Alors cette imagination…

 

Pour être créatif, il faut être cultivé ! On ne crée pas à partir de rien. I lest important de savoir ce qui s’est fait pour ne pas recommencer. I lest donc nécessaire d’avoir des références pour être novateur.

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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 10:14

 

Les salons du livre :

 

         Marie-Aude, pourquoi vas-tu dans les salons du livre ?

 

J’évite ! Je trouve les salons « humiliant » même s’il m’arrive d’y participer. On est exposés à la vente avec un écriteau au-dessus de soi, ce n’est pas mon métier. Parfois, il arrive d’avoir à faire à un public de connaisseurs ; de temps en temps, une heureuse surprise attend l’auteur car il rencontre des gens qui viennent parler de ses livres. La salon de Bruxelles est ainsi un salon toujours très gai. C’est aussi le lieu de retrouver les collègues, d’avoir de bonnes rigolades, de parler de notre métier, de s’apercevoir qu’il existe des « familles d’écrivains » avec lesquelles on partage les mêmes « trucs » pour calmer ses angoisses, pour ne pas écrire… . Mais la plupart du temps, les salons sont un véritable désespoir.

Ecrivain n’est pas un métier si solitaire que cela, je suis souvent en contact avec des éditeurs, mes proches, mes lecteurs…

 

·         Et les animations dans les classes ?

 

Alors là, j’aime ! Car je rencontre les vrais lecteurs, ceux pour qui je travaille : les petits gars de 8 ans, les ados… Cela me permet de ne pas perdre le contact, de ne pas les oublier pour écrire.

 

         Ecrire c’est s’exposer aux regards des autres ? Est-ce compliqué ?

 

Je me cache derrières les personnages : c’est un soulagement que d’écrire.

 

         Quel est le plus beau compliment reçu ?

 

« T’es géniale ! » par mon mari quand il a lu les réactions de mes lecteurs sur le net ! Cela m’aide le jour où cela ne va pas bien.

          La réflexion la plus dure ?

 

Les gens qui considèrent comme dégradant le fait d’ouvrir un de mes livres. Le prof… qui se sent obligé de me lire car je vais rencontrer sa classe…

 

 

L’écriture engagée :

 

         Te considères-tu comme un auteur engagé ?

 

Non ! Je ne suis pas « engagée » comme un Thierry Lenain peut l’être. Je ne suis pas une militante ! Certes mon roman « Oh, Boy ! » évoque l’homophobie mais au départ il s’agissait juste de prendre plaisir à écrire, d’une démarche naïve, l’envie de m ‘identifier à des personnages différents, dérangeants. J’écris avec sincérité sur des thèmes qui me touchent et ce n’est pas un combat.

  

         Peut-on tout écrire quand on sait qu’on est lu par des ados ? Evoquer les affres de notre société n’est-il pas périlleux pour le moral de notre jeunesse ? Est-il facile d’être engagé et publié ? L’écriture engagée intéresse-t-elle  aujourd’hui ?

 

Tant mieux si certains écrivent des histoires de dragons ! Cela me permet, à moi, d’écrire mes histoires Oui, l’écriture engagée existe toujours ! Les enfants aiment aussi le monde tel qu’il est aujourd’hui, les histoires de vie. Les lecteurs me l’écrivent.

 

         Comment l’auteur que tu es peut-il garder son indépendance, ses idéaux tout  en continuant d’exister sur le marché ?

 

 Il ne faut pas mépriser le goût du public : cela m’intéresse de tenir compte de l’avis des éditeurs, du public. J’aimerais que L’Ecole des Loisirs tienne compte du fait que leurs couvertures ne sont plus au goût du jour. Je ferraille aussi avec mon éditeur sur l’idée que la 4ème de couverture doit raconter quelque chose. L’enfant a besoin de savoir où il va.

 

 

Les éditeurs, l’édition :

 

       Les éditeurs mènent des études pour connaître les goûts des lecteurs (en matière d’histoires, de personnages…)… Comment fais-tu pour résister aux modes et toujours être un auteur apprécié ?

 

L’éditeur intervient peu dans mon écriture. Nous avons de vrais échanges avec mon éditeur, il s’agit d’un travail en commun que j’ai voulu car à L’Ecole des Loisirs il y a une super équipe. On discute de tout, du fond, de la forme. Le travail sur la maquette, pareil, se fait ensemble. Je suis en confiance, nous allons dans le même sens pour obtenir le meilleur. On discute du choix de l’illustrateur, du traducteur. Il faut savoir complimenter, dire bravo, merci ! Cet esprit d’entreprise me plait.

 

         Te sens-tu libre comme écrivain ? As-tu eu à souffrir de la censure ?

 

Je fais attention à ce que j’écris pour les mineurs. Mais sinon je me sens libre et pas du tout brimée.

 

         T’interdis-tu des choses dans l’écriture ? L’éditeur te « dirige »-t-il beaucoup ?

 

De tenir des propos édifiants pour le public que je préfère, les enfants et les ados.

 

         Comment s’opère la collaboration avec ton éditeur au niveau de la correction des textes ? Un auteur libre, cela existe-t-il ?

 

L’avenir du livre :

 

Je ne suis pas inquiète hormis pour les droits d’auteurs et que des tas de gens risquent de rester sur le carreau.

 

 

La lecture et ta bibliothèque :

 Ils sont  rangés, classés. Chez nous, des pans entiers de murs sont des rayonnages. Il y a les classiques jusqu’aux contemporains, des sections théâtre, polar, poésie…Les livres d’enfance sont dans une vitrine, nous avons deux bibliothèques de BD, une autre de mangas…

 

          Quels sont les auteurs qui t’ont influencé? Pourquoi ? Que leur as-tu empruntés ?

 

Dickens est mon auteur préféré. Depuis mes 17ans.

 

         Si tu avais un auteur à qui écrire, lequel serait-ce ? Et que lui écrirais-tu ?

Justement à Dickens ! Je lui enverrai une lettre de groupie de remerciement pour être ma bonne fée.

 

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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 10:23

L'auteur aujourd'hui

 

 

"         Lorris, comment se situe l'auteur aujourd'hui par rapport à l'auteur des débuts ? Y a‑t‑il une différence (style, pensée, méthode…)

 

            Rien que cette question pourrait mériter de longs développements. Je vais me contenter de dire qu’écrire est pour moi un métier et qu’un métier s’apprend. Donc, oui, tout est différent.  J’ai changé, le monde aussi a changé. J’ai commencé sur une machine mécanique, j’ai poursuivi sur une machine électrique, maintenant je tape sur un ordinateur. Le rapport au texte s’est modifié. Les stratégies d’écriture également. Dans le même temps, je suis passé du monde de Woodstock à celui de Jérôme Kerviel. J’ai progressé mais j’ai perdu mes illusions, y compris à mon sujet. Plus on progresse, mieux on perçoit ses insuffisances. Ce n’est pas grave. L’important, c’est le mouvement.

  

"         Quelle est ta définition de l'auteur jeunesse ? En es‑tu un ?

           

            C’est quelqu’un qui est suffisamment vieux pour envisager de s’adresser à de jeunes lecteurs. Et je suis en effet suffisamment vieux à mon goût. Mais, dans des moments de régression, il m’arrive encore de m’adresser à de vieux lecteurs.

 

 L'écriture :

 

"         Pourquoi écris‑tu ? Est‑ce quelque chose de facile à expliquer ?

 

            Très facile. Pour gagner de l’argent. What else ?

 

"         C'est quoi être écrivain ? Ecrire c'est quoi ?

 

            C’est, comme dirait Stephen King, aller à la mare où tous nous allons boire. Après... ma foi, il s’agit d’organiser ses pensées en vue de créer de la fiction. La question est de savoir pourquoi certains le font et d’autres non. Je l’ignore et, si je le savais, je ne le dirais pas. Il me semble que nous sommes déjà beaucoup trop nombreux à le faire. Nous n’avons pas tous les mêmes besoins. Certains n’ont pas besoin d’engendrer des extensions d’eux-mêmes. Leur propre personne les emplit en entier et cela leur suffit. Je ne peux rien pour eux.

  

"         Que penses‑tu des écoles américaines dans lesquelles on peut apprendre à écrire ? En France, elles n'existent pas. Quel écrivain es‑tu ?

 

            Ces écoles ou workshops sont censées donner à l’auteur des outils, lui apprendre des techniques. Il est clair que les écrivains anglo-saxons sont dans ce domaine remarquablement armés (et les nôtres gravement déficients). Le risque est bien sûr celui de l’uniformité. Les techniques employées sont standardisées, donc repérables. Elles permettent d’être à peu près bon même quand on est mauvais. Les mauvais auteurs français sont vraiment mauvais. C’est l’une des raisons de notre supériorité. L’idéal serait d’apprendre puis d’oublier. Moi, j’ai appris sur le tas, en écrivant de mauvais livres.

  

"         Arthur Ténor parle de lui comme étant un " explorateur de l'imaginaire. " As‑tu une formule pour te caractériser ?

 

            Arthur est un garçon très courageux et je suis convaincu que sa quête sera finalement couronnée de succès. Je ne suis, pour ma part, qu’un modeste artisan en chambre.

  

"         L'écriture a‑t‑elle toujours été en toi ou est‑ce quelque chose qui est arrivé tardivement dans ta vie ? Il y a t‑il eu un élément déclencheur ?

 

            Désolé, je ne me souviens pas du nom de la fée. Donc, ce devait être plus tard. L’élément déclencheur ? Probablement l’ennui. L’ennui est un puissant moteur, trop souvent négligé de nos jours. Le désoeuvrement, qui libère l’esprit, passe pour l’ennemi de la société. Mais sans doute craint-on surtout les “explorations de l’imaginaire”.

  

"         Pour qui écris‑tu ? A moins que ce ne soit pour un public ? Pour être lu ?

 

            Oui, pour être lu. Je ne me fatiguerais pas à écrire pour mon propre compte. Les histoires qu’on n’écrit pas sont les plus belles. Si on se résoud à les écrire quand même, c’est bien pour qu’elles parviennent à un lecteur. Au moins un.

 

 "         Le public/l'éditeur t'ont‑ils influencé à un moment donné ?

 

            Les éditeurs sont une inépuisable source d’inspiration. L’un d’eux, par exemple, m’a fait écrire l’Iliade et l’Odyssée. Deux excellents livres.

 

 "         Cette fameuse imagination, d'où vient‑elle ? De quoi t'inspires‑tu ?

 

            D’Homère. Je veux dire, en l’occurrence. Le reste du temps, c’est plus compliqué. Il faut savoir chercher. Mais ça va, j’ai des tas d’autres bons livres à la maison.

 

 "         Comment procèdes‑tu pour écrire ? Un plan ? des carnets ?

 

            Je déverse tout ce qui me vient et, après, je m’efforce d’organiser. De ce point de vue, l’ordinateur est très supérieur au carnet, dont les pages se déplacent difficilement. Enfin, oui, j’ai besoin d’un plan à peu près complet. Il est très désagréable de se rendre compte soudain qu’on ne sait pas où on va. Je suis un piètre improvisateur.       

  

"         A quel moment de la journée écris‑tu ? Avec quoi ? Une heure précise ?

As‑t besoin d'isolement ?

 

            J’écris uniquement la nuit, avec résignation. Le signal de départ est une forme d’angoisse qui m’instruit que la journée écoulée menace de n’avoir servi à rien. Les journées inutiles de ma vie pourraient ou auraient pu, je pense, composer une très belle oeuvre. La nuit isole, en effet. Sauf chez moi, où les créatures nocturnes se sont multipliées au fil du temps. Les enfants ne veulent plus aller se coucher.

 

 "         Qui te lis en 1er ? Un proche ? Pourquoi ?

 

            Ma femme, en qui j’ai toute confiance. Elle sait par exemple qu’on écrit “qui te lit” et non “qui te lis”. C’est précieux. Sauf récemment, car elle était trop occupée. Du coup, je n’ai plus de premier lecteur. Et rien ne prouve que j’en aurai un second.

  

"         Qu'aimerais‑tu écrire ? un sujet que tu n'as pas abordé et qui te taraude ? un genre ?

 

            J’aimerais beaucoup écrire un bon livre mais je ne sais pas si ce sera possible. Sinon, j’ai déjà abordé la plupart des genres. Mais pas la plupart des sujets, à la réflexion. En fait, ce qui me plairait, ce serait d’écrire ce que je ne sais pas écrire. Par exemple un roman plein de suspense avec une énigme dont la résolution laisserait le lecteur pantois. Ces temps-ci, j’essaie d’émouvoir. C’est nouveau chez moi. On vieillit.

  

"         Ecrire à 4 mains cela te tente‑t‑il ?

 

            Oui, je l’ai déjà fait, à quatre et même à six. Écrire avec les mains des autres est très agréable. Reposant, pour tout dire.

  

"         Est‑il facile de vivre de sa plume ? Exerces‑tu un autre métier ?

 

            J’ai toujours réussi jusqu’à présent à vivre de ma plume. Mais c’est aussi, je crois, ce que disait Zizi Jeanmaire. Tout dépend donc de l’endroit où on se place. Sinon, je suis cuisinier à domicile pour une famille de six personnes. Mon meilleur emploi, d’après certains.

  

"         Qualités et défauts de l'Homme ? qui rejaillissent sur l'écrivain ?

 

            De l’avis général, l’Homme est charmant (mais ça n’engage que lui). Bien sûr, il a aussi ses défauts. Ainsi, un certain manque d’ardeur à la tâche qui rejaillit de façon flagrante sur l’écrivain -lequel s’en plaint, vous vous en doutez. Les relations entre les deux n’en demeurent pas moins courtoises.

 

Tes personnages :

 

"         Comment crées‑tu tes personnages ?

 

            Aucune idée. A priori, ils sont au service de l’histoire, mais il se peut que l’ordre des facteurs s’inverse. On les crée pour jouer un rôle puis...

  

"         Est‑ce que ce sont tes personnages qui te mènent ? Par exemple, peuvent‑ils te faire changer de voie en cours d'écriture ?

 

            ... puis voilà. Si tout va bien, ils prennent de la consistance. À ce moment-là, oui, ils peuvent dominer les événements. Certaines choses prévues deviennent impossibles. D’autres s’imposent. Dans certains de mes romans, les personnages sont des pions (on me le reproche parfois). L’oeuvre ultime, dans ce registre, est “La Ville est un échiquier” de John Brunner. Chaque personnage incarne une pièce dans une partie d’échecs ayant réellement été jouée. Et son destin suit celui de la pièce. Quand elle est capturée dans le jeu, il meurt dans l’histoire. Très fort.

  

"         Qu'aimes‑tu le plus dans la création du personnage ? L'aspect psychologique ?

 

            J’ai écrit un roman en compagnie de ma soeur Marie-Aude (“L’Expérienceur”). Un jour, elle m’a dit à propos du personnage central de l’histoire: “Il sera beau. Je ne suis pas maso.” Pour moi, c’était une perception très étrange du problème. Tout à fait nouvelle. Non, je crois que je m’intéresse surtout à la dynamique générale. Dans “Ce que disent les nuages”, les personnages sont soumis au principe de synchronicité de Carl Jung (un cas unique en littérature jeunesse, je présume). Leur latitude en est très restreinte. Cela ne plaît pas à tout le monde. Mais vous avez raison, je vais me mettre à travailler la psychologie.

  

"         Quel est le personnage que tu as crée et qui t'a posé le plus de souci Pourquoi ?

 

            Je n’ai pas le souvenir que les problèmes rencontrés aient pu venir de là. La source des ennuis, c’est toujours la construction, l’enchaînement des événements. Si ça, ça va, le reste va. Chez moi, cela se confirme, les personnages suivent, ils ne précédent pas.

 

 "         Quel personnage de papier que tu as inventé aimes‑tu le plus ?

 

            Je ne sais pas. Curieusement, je me suis toujours davantage attaché aux personnes réelles.

  

Les lieux :

 

"         Comment t'inspires‑tu pour créer un lieu ? Une atmosphère ?

 

            Quand je n’ai pas de bases solides, je suis plutôt impressionniste. Je disperse des petites touches en espérant que le lecteur verra quelque chose - ce qu’il voudra car je n’ai pas forcément l’image moi-même. Sinon (voir plus bas), si je désire composer un tableau plus net, je vais en effet recourir à des éléments documentaires.

  

"         Te rends‑tu sur place ? Visites‑tu beaucoup ?

 

            Non. Enfin, les lieux sont souvent imaginaires, parfois situés dans le passé ou le futur. La visite en est difficile. Puis les romans sont différents. Chacun a ses exigences. Quand je raconte la Libération de Paris (“les Semelles de bois”), je m’appuie sur une documentation abondante, je m’efforce que chaque détail soit exact (y compris la météo par exemple). Je préfère en tout cas la documentation livresque à la visite. Mais parfois, une visite s’impose. Dans “Ce que disent les nuages”, il y a des éléments précis et vérifiés sur le Jardin des Plantes. En revanche, quand j’expédie un peu plus tard mes personnages au Jardin d’Eden ou Paradis terrestre, je propose une description beaucoup moins scrupuleuse (les lieux sont actuellement fermés).  Et la Genèse reste très évasive, probablement pour que François-Marie Banier ne puisse pas localiser l’endroit.

  

"         Est‑il facile de partir de rien ou de ce que l'on connaît ?

 

            La question ne se pose pas en ces termes. Pour écrire Blanche-Ebène (l’Afrique au XIXème siècle), j’ai lu et analysé des milliers de pages. Ce n’était pas facile, c’était nécessaire. Actuellement, pour un autre roman, je retourne en Afrique mais il s’agit d’une Afrique uchronique. Même époque présumée mais niveau de développement différent. C’est, si l’on veut, une uchronie steampunk, avec la naissance des technologies nouvelles. Je suis donc libre de mes choix : je décris un pays qui n’a jamais vraiment existé. Je ne m’en documente pas moins sur la flore, la faune, les traditions locales etc. Ensuite, j’en fais ce que je veux. Mais j’ai besoin de savoir. Par ailleurs, je pense qu’on ne part jamais de rien. Il n’y a pas d’imaginaire pur. Tout n’est que recyclage.

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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 10:21

Le style, la phrase, le mot…

 

"         Quelle est la phrase qui te pose le plus de souci dans l'écriture ? L'incipit ?

 

            Le moment du livre le plus difficile à traiter, est-ce le sens de la question ? Terminer. Toujours terminer. Mon débit ralentit vers la fin. Les angoisses prennent le dessus. Un livre qui s’achève, ce sont les ennuis qui commencent. Le faire lire, le vendre...

 

 "         Quel style préfères‑tu ? style indirect libre… " je " ou " il "…

 

            Cela peut paraître curieux mais je n’ai jamais le sentiment d’opérer ce choix. Il s’impose tout seul et n’est a priori jamais remis en cause consciemment. Plus étrange encore, je pense que si on me présentait un série de livres que j’ai écrits, je serais incapable de dire lesquels sont rédigés à la première personne, lesquels à la troisième. Pas sans réfléchir en tout cas. Cela se fond dans la masse, cela appartient à la matière romanesque, comme la paille au mur. Très vite, je ne perçois plus si le style est ceci ou cela. Il m’arrive même de devoir me référer à mon propre texte en cours d’écriture pour vérifier ce qu’il en est.

 

 "         As‑tu la plume facile ? Où est‑ce laborieux ? Te faut‑il raturer beaucoup ?

 

            C’est lent et méthodique plutôt que laborieux. Il y a dans laborieux une idée de travail qui ne me correspond pas. Je ne rature plus depuis que j’ai un ordinateur (seuls les Belges mettent encore du Tipp-ex sur leur écran). Et je corrige très peu. Vous pourriez en déduire que je suis excellent. C’est une hypothèse. La vérité est que j’ai recours à une méthode très particulière. Je préfère réfléchir avant d’écrire plutôt qu’après. Je suis un vrai paresseux. Or, cette méthode est la plus économique. Elle est d’ailleurs l’héritage du temps où j’écrivais sur une machine dépourvue de processeur. Il fallait alors corriger à la main ou bien, si possible, taper à nouveau, “au propre”. Il valait donc mieux faire attention à l’endroit où le doigt allait frapper. J’ai gardé cette habitude. Écrire quelque chose qui ne me convient pas en me disant que je pourrai toujours y revenir plus tard me trouble. Sage précaution car, en général, je n’y reviens pas.

  

"         Comment définirais‑tu ton style ?

 

            Il est ce que les Anglo-saxons appellent “versatile”. Je m’empresse de préciser que ce terme, en anglais, n’est pas aussi péjoratif qu’en français. Je suis une créature adaptative. Un livre, un style. L’unité se fait ailleurs. Par exemple, il paraît que je suis un écrivain de science-fiction même quand j’écris des romans d’amour. Puis, derrière le style, il y a le ton. L’important est là. Le ton traduit la vision du monde. Dans mon cas, un mélange de détachement et de désespoir, enrobé de sarcasme. On ne devrait pas donner des choses pareilles à lire aux enfants.

 

 

"         Combien dure la phase avant l'écriture (recherches…) ? Et la phase d'écriture ? Combien écris‑tu de livres par an ?

 

            Je n’ai pas encore eu recours à la réponse qu’à peu près toutes les questions du monde me paraissent pourtant appeler : ça dépend. Ça dépend est d’une universalité magnifique. Il y a des livres longs et des livres courts, vous comprenez, des livres compliqués et... bon, les autres aussi, mais il est parfois possible d’abréger leurs souffrances. Ma seule certitude est que je pourrais faire plus et mieux. Mais à quoi ça m’avancerait, franchement ?

 

"         Quelle phase préfères‑tu ? La recherche des idées ? l'écriture ?

 

            Le moment où j’ai une vision globale de l’affaire, où tous les éléments se mettent en place. Ce peut être un moment de pure extase, une expérience quasi mystique. On croit qu’on n’a rien fait et, soudain, le livre est là. Il ne reste plus qu’à l’écrire. C’est un peu comme quand vous marchez vers l’horizon et que, tout à coup, ça y est, vous y êtes (méfiez-vous, il y a un gouffre très profond de l’autre côté).

  

"         Quel place a le mot dans tes romans ? Le vocabulaire est‑il très important pour toi ?

 

            Quand on demande à Stephen King (mon maître à penser, on l’aura compris) comment il écrit, il répond : un mot après l’autre. Je ne me demande donc pas quelle place a le mot dans mes romans mais à quelle place y mettre les mots. Le vocabulaire est évidemment très important. Je vous le dis tout net. Sans lui, nous autres écrivains ne serions rien.

 

 

"         Fais‑tu attention à la longueur de tes phrases ? Pierre Bottero faisait des phrases courtes ; parfois, il ne les finissait pas pour laisser le soin au lecteur d'imaginer, de rêver et donc de les terminer lui‑même.

 

            J’ai eu l’occasion d’admettre que j’étais paresseux mais il y a des limites. J’ai toujours pris soin de terminer mes phrases. Et il m’arrive même d’en écrire de longues car je n’éprouve que mépris pour les fainéants sans panache.

 

"         Qu'est‑ce qui fait que pour toi, une phrase est bonne ?

 

            Quand je parviens à comprendre ce que j’ai écrit en me relisant, je considère cela comme un signe encourageant. Par ailleurs, une bonne phrase est une phrase que le lecteur ne peut compléter mentalement de lui-même avant d’en avoir achevé la lecture. Voilà pourquoi le choix et la place des mots sont importants. Dans un bon polar, on ne doit pas deviner tout de suite l’identité de l’assassin. Dans une bonne phrase, on ne doit pas sentir venir immédiatement le verbe (les lecteurs allemands doivent être plus patients que les autres). Ni l’image. Etc.

 

 "         Utilises‑tu beaucoup de documentation ?

 

            Je crois avoir déjà abordé cette question. Je rappelle que la réponse est oui (sauf contre-indication).

 

 

La littérature :

 

"         La littérature c'est quoi ? Cela sous entend que tout ne serait pas littérature…

            Je pense qu’en effet tout n’est pas littérature. Je pourrais citer des noms mais je n’ai déjà que trop peu d’amis. Dire ce qu’est la littérature est plus compliqué que de dire ce qu’elle n’est pas. Je crois que je vais renoncer.

  

"         Qu'est‑ce ce que la littérature jeunesse ? Une littérature à part entière ?

 

            Vraiment très peu d’amis, je vous assure. Merci de ne pas insister.

 

 "         Faut‑il lire les classiques ? Pourquoi ?

 

            Oui, naturellement. Toutes ces oeuvres se trouvent dans des éditions de poche à bon marché. Lire les classiques est très avantageux, on ne le souligne pas assez. Et il en est même de fort amusants, comme “Le Lys dans la vallée”.

 

 

L'avenir du livre ?

 

"         As‑tu un avis dessus ?

           

            Je peux me tromper mais je pense qu’il se situe devant nous.

 

"         Les nouvelles technologies vont‑elles le tuer ?

 

            Qu’on me permette de ne pas répondre moi-même. Lisez plutôt cet extrait d’un article paru récemment :

Tu rêves de devenir le nouveau Marc Lévy, de voir ton visage s'afficher en 4 x 3 dans le métro et ton livre adapté au cinéma par Spielberg ? Vite, rejoins My Major Company Books, la première maison d'édition participative made in France.

Lancé le 27 mai, ce web‑crochet pour aspirants romanciers est né du prometteur partenariat entre My Major Company (MMC), label musical communautaire responsable du succès de l'horrible Grégoire (750 000 albums vendus), et XO Editions, qui compte Guillaume Musso, Christian Jacq ou Max Gallo parmi ses auteurs élevés en batterie.

Le principe : des romans sont mis en ligne et les internautes misent au minimum 10 euros sur leur oeuvre préférée. Si le livre récolte 20 000 euros, il est édité par XO et tiré à 10 000 exemplaires. En retour, les internautes‑éditeurs se répartissent 25% sur les ventes.

 

L’avenir du livre se situe devant nous mais, si j’étais vous, je réfléchirais à deux fois avant d’y aller.

 

 

Le fruit de ton imagination :

 

"         Comment définis‑tu tes écrits ? qu'est‑ce qui te guide ? te pousse ? te fait avancer ?

 

            Je suppose que mes écrits sont à mon image, arrogants, cyniques et autodestructeurs. Quant à ce qui me pousse, si vous connaissiez le prix de mon loyer, vous ne poseriez pas la question.

 

 

"         Quel est le livre que tu as écrit pour lequel tu gardes une affection particulière ?

 

            “Blanche-Ebène” (1985). C’est tout du moins la réponse que j’ai toujours donnée. Il faudra que je me demande un jour si c’est réellement le cas.

 

"         Pourquoi vas‑tu dans les salons du livre ? Cela n'est‑il pas trop ennuyeux ?

 

            J’y vais parce qu’on m’invite et que je ne sais pas dire non. Et c’est en général assez ennuyeux. Mais le principal problème est que les toilettes sont souvent mal situées.

 

"         Ecrire c'est s'exposer aux regards des autres ? Est‑ce compliqué ?

 

            Non, je crois au contraire qu’on écrit parce qu’on a du mal à s’exposer au regard des autres. Je l’ai toujours vécu ainsi en tout cas, comme une interface. Si je m’étais trouvé présentable moi-même, je m’en serais sans doute dispensé. Et la littérature aurait quand même beaucoup perdu.

 

 "         Quel est le plus beau compliment reçu ?

 

            “J’adore les livres de Marie-Aude”. Bon, peut-être n’est-ce pas le plus beau, mais c’est assurément le plus fréquent.

 

"         La réflexion la plus dure ?

 

            “Et... c’est votre mère ?” Enfin, celle-là est surtout dure pour ma soeur.

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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 10:18

L'écriture engagée :

 

"         Peut‑on tout écrire quand on sait qu'on est lu par des ados ? Evoquer les affres de notre société n'est‑il pas périlleux pour le moral de notre jeunesse ?

 

            Je ne vois pas en quoi il serait moins condamnable de démoraliser les personnes âgées. Je m’efforce pour ma part de composer une oeuvre équilibrée, où je sape le moral tantôt des uns tantôt des autres.

 

 "         Est‑il facile d'être engagé et publié ? L'écriture engagée intéresse‑t‑elle  aujourd'hui ?

 

            Si j’en juge par le nombre de titres qui paraissent chaque année, il est aujourd’hui assez facile d’être publié. De là à être engagé... Mais laissez l’écriture en dehors de tout cela, voulez-vous ?

 

 "         Comment l'auteur que tu es peut‑il garder son indépendance, ses idéaux tout  en continuant d'exister sur le marché ?

 

            J’ai fait savoir à de nombreux éditeurs que j’étais tout à fait disposé à renoncer à mon indépendance et à mes idéaux, en échange d’un contrat confortable. À mon grand regret, personne n’a eu l’air intéressé.

  

Les éditeurs, l'édition :

 

"         Les éditeurs mènent des études pour connaître les goûts des lecteurs (en matière d'histoires, de personnages,…)… Comment fais‑tu pour résister aux modes et toujours être un auteur apprécié  ?

 

            C’est aux lecteurs de résister aux modes et aux éditeurs. Moi, je n’y peux rien.

  

"         Te sens‑tu libre comme écrivain ? As‑tu eu à souffrir de la censure ?

 

            Contrairement à certains de mes confrères, je n’ai jamais considéré qu’un éditeur me censurait quand il refusait un de mes livres. Je ne considère pas non plus que les agents de la RATP me prennent en otage quand ils font grève. Mais peut-être ne voyez-vous pas le rapport. A la réflexion, moi non plus, mais il y a sans doute là quelque chose à creuser (à propos des abus de langage).

 

  

"         T'interdis‑tu des choses dans l'écriture ? L'éditeur te " dirige "‑t‑il beaucoup ?

 

            Les fautes de conjugaison. Enfin, j’essaie. Mais il ne faudrait pas croire que les éditeurs cherchent à nous imposer des choses ou à brider notre liberté (je réponds en même temps à la question suivante). Les éditeurs vendent du papier. Si un éditeur pense qu’il peut vendre beaucoup de papier en imprimant : “va te faire enculer, avec ton système de merde” (telle serait la citation exacte et il faut toujours être précis), il n’aura aucune inhibition.

  

"         Comment s'opère la collaboration avec ton éditeur au niveau de la correction des textes ? Un auteur libre, cela existe‑t‑il ?

 

            Mais non, je ne me souviens pas qu’on m’ait imposé quelque chose. Suggéré, oui, mais cela ne pose pas de problème. En réalité, un éditeur dit généralement oui ou non. S’il a dit oui, c’est rarement sous conditions. Le fait est que les éditeurs français ne savent pas faire travailler les auteurs. Pas les écrivains, plutôt. En revanche, ils aiment bien bricoler avec les textes de gens qui ne savent pas du tout écrire. Bon, en vérité, je crois que les éditeurs préfèrent les auteurs qui ne savent pas écrire.

 

La lecture et ta bibliothèque :

 

"         Est‑ce que lecture et écriture vont de pair ? Faut‑il aimer lire pour écrire ?

 

             Écrire s’apprend en lisant, aucun doute là-dessus.

           

 "         Pour toi, lire c'est quoi ?

 

            Apprendre à écrire, donc. Je suis un très mauvais lecteur. Distrait. Il y a tellement d’idées à prendre dans les livres des autres. Comme des fleurs au bord du chemin, qu’on n’a qu’à cueillir. Oui, d’accord, c’est joli, ce que je viens d’écrire, mais c’est aussi très mal. Je ne m’accuse pas de plagiat, comprenez-moi bien. Je vous parle de fleurs que l’auteur a laissées sur le talus tandis qu’il poursuivait sa route vers je ne sais quel chimérique bouquet. Bref, mon esprit s’égare. Ce qui est grave, c’est que mes yeux, eux, continuent de descendre de ligne en ligne. Il y a des livres auxquels je n’ai rien compris mais qui m’ont permis de prendre des notes passionnantes. Franchement, j’espère que personne n’a l’outrecuidance de me lire de cette façon-là.

  

"         Quels sont tes auteurs préférés ? tes lectures préférées ?

 

            J’ai lu de la science-fiction pendant des décennies, jusqu’à la nausée. Au point d’être devenu un spécialiste du genre et que mes commentaires sont encore aujourd’hui fréquemment cités sur l’internet (je profite de l’occasion pour remercier les citateurs). En dehors de cela, j’aime la littérature française de la première moitié du XXème siècle (Colette, Proust, Aymé, Aragon, Vialatte), Conrad, Dostoïevski (les Russes sont vraiment très forts)... bref, rien d’original.

            

 "         Les livres jeunesse qui t'ont marqués chez les autres ? Un livre de chevet ?

 

            J’ai été terriblement marqué par “le Faucon déniché”. Je n’arrive pas à comprendre comment il a pu en vendre autant. “L’épervier de Maheux” avait également très bien marché. Je pense qu’il y a quelque chose avec les rapaces.

 

 "         Ta bibliothèque, quelle est‑elle ? Comment sont ces livres, Beaux livres, poches… genre?

 

            Beaucoup de science-fiction car j’ai reçu des services de presse pendant des années. Il y a quelques beaux livres mais il faut avouer qu’il ont tendance à devenir moches avec le temps. De toute façon, je préfère les poches (j’aime bien lire dans le bain et dans le métro).

  

"         Où sont‑ils rangés ? Comment sont‑ils classés ?

 

            Mes livres sont rangés sur des étagères qui forment ce qu’on appelle des bibliothèques. C’est très pratique. Ils sont classés par genres. C’est-à-dire qu’il y a de la science-fiction.

 

"         Comment les achètes‑tu ?

 

            Autrefois, sur les quais de Paris et chez les bouquinistes. Désormais, j’en pique surtout chez les éditeurs. Je n’achète quasi jamais de livres neufs. Je connais le pourcentage réservé à l’auteur. J’aimerais soutenir mes confrères mais, franchement, ça ne vaut pas le coup.

  

"         Quel est le livre sur table de chevet ?

 

            La fin du questionnaire est proche. Je sens que vous commencez vous aussi à fatiguer. Vous allez rire. Je n’ai pas de table de chevet. Mais j’ai des livres.

 

"         Quels sont les auteurs qui t'ont influencé? Pourquoi ? Que leur as‑tu empruntés ?

 

            Certains auteurs comme Lovecraft ou Borges m’ont sans doute influencé à mes débuts mais je ne pense pas leur avoir emprunté grand-chose. D’un autre côté, ma soeur Marie-Aude ne m’a jamais vraiment influencé mais je lui ai malgré tout emprunté pas mal d’argent (ce sera rendu, promis). Allez comprendre.

 

  "         Si tu avais un auteur à qui écrire, lequel serait‑ce ? Et que lui écrirais‑tu ?

 

            Svetlana Alexievitch. Je lui dirais qu’elle incarne pour moi la grandeur et la dignité humaines. Que les voix qui s’expriment à travers elle dans “les Cercueils de zinc”, “la Supplication” ou “la Guerre n’a pas un visage de femme” sont les plus belles et les plus fortes qui me soient parvenues. Je lui dirais que je me réjouis de la voir aux côtés de Colette, Proust, Aragon, Céline, Borges, Greene, Boulgakov etc. sur la liste de ceux qui n’ont jamais eu et n’auront jamais le prix Nobel. Et je la remercierais de m’avoir fourni l’occasion de donner, enfin, une réponse parfaitement sérieuse.

 

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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 10:29

L’auteur aujourd’hui

  

     ·         Comment se situe l’auteur aujourd’hui par rapport à l’auteur des débuts ? Il y a-t-il une différence (style, pensée, méthode…)    

Il est évident que j'ai beaucoup, beaucoup progressé. Il faut dire que je partais de si bas...

Pour ce qui est du style, c'est à mes lecteurs de juger. Je pense cependant qu'il y a un livre charnière à ce niveau : "La Guerre d'Eliane". C'est en effet à partir de ce roman que j'ai épuré mon travail, insistant davantage sur la sugestion.

Pour la pensée : difficile de répondre.

Quant à la méthode, là, les changements sont considérables. Je travaillais très empiriquement au début. Aujourd'hui, si je me laisse toujours guider par mes émotions, véritable moteur de mon écriture, mon travail est toujours préparé à l'avance, je ne pars plus jamais en terrain inconnu.

 

·         Quelle est ta définition de l’auteur jeunesse ? En es-tu un ?

Pour moi, est auteur jeunesse celui qui écrit des textes qui peuvent toucher un lectorat jeune. Maintenant, beaucoup de livres estampillés jeunesse sont lisibles par des adultes, je dirais même que les différents niveaux de lecture caractérisent un bon livre jeunesse. Dans un bon livre jeunesse : chacun trouve le plaisir dont il a besoin.

J'essaye d'en être un.

 

L’écriture :

 

·         Pourquoi écris-tu ? Est-ce quelque chose de facile à expliquer ?

J'écris pour partager mes émotions avec mes lecteurs. J'écris aussi parce que j'aime raconter des histoires. J'écris encore pour défendre certaines idées que j'ai la prétention de croire humanistes. En effet, je ne crois pas aux livres innocents et, tant qu'à faire, autant essayer de défendre mes idées. Les jeunes étant les adultes de demain, je crois aussi qu'il vaut mieux semer de bonnes graines dans le terreau qu'ils sont afin de ne pas reproduire les erreurs du passé. Toutes ces raisons me poussent de plus en plus à écrire des livres à dimension historique. Sans doute y-a-t-il d'autres raisons plus obscures mais là, il me faudrait un divan.

 

·         C’est quoi être écrivain ? Ecrire c’est quoi ?

Si c'est gagner sa vie grâce à l'écriture, j'en suis un. Si c'est partager ses émotions avec ses lecteurs, j'en suis parfois un. Si c'est savoir raconter des histoires, j'en suis peut-être un. Si c'est faire partie d'une élite bénie des dieux, je n'en suis pas un... et cela me réjouit.

 

 

·         Que penses-tu des écoles américaines dans lesquelles on peut apprendre à écrire ? En France, elles n’existent pas. Quel écrivain es-tu ?

Je pense qu'on apprend à y écrire de jolis textes, mais l'émotion n'est pas toujours au rendez-vous, loin s'en faut. La preuve : peu de leurs élèves percent. Je suis certain que la meilleure école pour écrire, c'est lire, car on se nourrit d'abord du travail des autres, travail que l'on digère pour ensuite offrir le sien à ses lecteurs.

 

·         Arthur Ténor parle de lui comme étant un « explorateur de l’imaginaire. » As-tu une formule pour te caractériser ?

Mettre son coeur sur la page. Cela dit, la définition d'Arthur me convient aussi très bien, même si je la trouve un peu restrictive.

 

·         L’écriture a-t-elle toujours été en toi ou est-ce quelque chose qui est arrivé tardivement dans ta vie ? Il y a t-il eu un élément déclencheur ?

Les livres sont arrivés dans ma vie à 24 ans, alors que j'assistai à une rencontre de Christian Grenier avec une classe. Ce jour-là, Christian m'a ouvert les yeux sur la dimension humaine du livre et m'a montré que le livre n'appartenait pas à une élite dont je ne serais jamais. J'ai commencé à écrire trois ans plus tard, à la suite d'une blague avec une amie instit, pour connaître un éditeur susceptible de payer la fabrication d'un livre écrit par mes élèves.

 

·         Pour qui écris-tu ? A moins que ce ne soit pour un public ? Pour être lu ?

J'écris pour ceux que mes histoires peuvent peut-être toucher, avec qui je pourrai peut-être partager mes émotions, pour aussi semer quelques graines dans la tête de mes lecteurs. J'écris donc pour être lu.

 

·         Le public/l’éditeur t’ont-ils influencé à un moment donné ?

Je ne pense pas que le public m'influence. Cela dit... Quant à l'éditeur, un bon est un peu comme une bonne terre qui va permettre à la graine de donner une belle plante. Le potentiel est là et il facilite l'épanouissement. Un mauvais éditeur est une mauvaise terre qui gêne la plante et l'empêche de donner le meilleur d'elle même.

 

·         Cette fameuse imagination, d’où vient-elle ? De quoi t’inspires-tu ?

Mon imagination vient de mon enfance. Tout pouvait devenir jouet pour moi, au gré de mon imaginaire qui transformait allègrement. Aujourd'hui, j'utilise cette même imagination, même si je l'ai développée et, surtout, canalisée.

 

·         Comment procèdes-tu pour écrire ? Un plan ? des carnets ?

Je prends des notes, évidemment, j'accumule aussi un maximum de documentation et, quand je me sens prêt, j'écris un synopsis que je retravaille autant que nécessaire, jusqu'à ce que je me sente mûr pour l'écriture. Le premier jet vient rapidement. Je ne me préoccupe alors que de laisser parler mes émotions et recommence ensuite autant que nécessaire, jusqu'à ce que le texte me convienne.

 

·         A quel moment de la journée écris-tu ? Avec quoi ? Une heure précise ?

As-t besoin d’isolement ?

J'écris de 8h à 22h00 par petites tranches d'une demi-heure/trois quarts d'heure, avec un ordinateur, dans mon bureau où je suis isolé... car la moindre petite chose me dérange.

 

·         Qui te lis en 1er ? Un proche ? Pourquoi ?

Ma compagne. C'est une excellente lectrice qui sait parfaitement m'apporter un regard extérieur de qualité. Elle me permet d'envoyer aux éditeurs que des versions déjà relativement abouties.

 

·         Qu’aimerais-tu écrire ? un sujet que tu n’as pas abordé et qui te taraude ? un genre ?

Tout ce que je n'ai pas encore écrit et ma vie n'y suffira pas.

 

·         Ecrire à 4 mains cela te tente-t-il ?

Je le fais déjà beaucoup (Voir dans la rubrique « écriture à quatre main », la longue interview de Philippe Barbeau et de Roger Judenne)

 

·         Est-il facile de vivre de sa plume ? Exerces-tu un autre métier ?

Non, c'est difficile, très difficile et c'est un combat quotidien, les acquis étant sans cesse remis en cause. J'ai été instituteur et suis devenu professionnel 9 ans après la sortie de mon premier livre... et je le suis depuis 15 ans.

 

·         Qualités et défauts de l‘Homme ? qui rejaillissent sur l’écrivain ?

Têtu, avec les émotions à fleur de peau.

 

 

Tes personnages :

 

·         Comment crées-tu tes personnages ?

L'idée de départ me les imposent. Tous sont au service de cette idée.

 

·         Est-ce que ce sont tes personnages qui te mènent ? Par exemple, peuvent-ils te faire changer de voie en cours d’écriture ?

J'essaye de les mener mais ils me mènent parfois et m'amènent de temps en temps à changer en court d'écriture.

 

·         Qu’aimes-tu le plus dans la création du personnage ? L’aspect psychologique ?

J'aime le faire vivre, me glisser dans sa peau.

 

·         Quel est le personnage que tu as crée et qui t’a posé le plus de souci Pourquoi ?

Pas des soucis, des craintes. C'est Eliane et, Eliane, c'était ma mère et je n'avais pas le droit de la trahir.

 

·         Quel personnage de papier que tu as inventé aimes-tu le plus ?

En général, le dernier que j'ai créé parce que je m'en sens encore très proche. Trois m'ont tout de même marqué et me marquent encore : Vermillon, Eliane et Le type.

 

Les lieux :

 

·         Comment t’inspires-tu pour créer un lieu ? Une atmosphère ?

Je me documente, m'inspire de photos, voire je me rends sur des lieux qui accueilleront peut-être mon histoire.

 

·         Te rends-tu sur place ? Visites-tu beaucoup ?

Beaucoup n'est peut-être pas le mot mais je voyage tout de même assez souvent.

 

·         Est-il facile de partir de rien ou de ce que l’on connaît ?

Je pars plus facilement de ce que je connais, quoique... partir de rien, ce qui m'arrive de temps en temps, peut laisser plus de liberté.

 

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POURQUOI ce BLOG ?

 Le BLOG consacré
aux AUTEURS,
à la LITTERATURE JEUNESSE
et à L'ECRITURE
.

Enfants 1 199La lecture est une nécessité dans le monde moderne. Elle permet de maîtriser la langue, de développer l’imaginaire, de structurer la pensée, d’accéder au savoir, d'acquérir du vocabulaire... C’est pourquoi parents et enseignants se lamentent lorsque les enfants ne lisent pas et les ados encore moins. Pourtant, ils prendront PLAISIR à lire... pur cela, il suffit de les juindécembre2010 225aider à ouvrir la porte.

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  

 

 Avec ce blog, j'aimerais :
 * faire découvrir la littérature jeunesse,l'écriture et les auteurs pour la jeunesse
partager une passion et pourquoi pas donner envie de lire et de rêver entre les pages.  

juindécembre2010 260Le livre est une véritable source de plaisir, de joie et d'émotion. Beaucoup d’élèves disent ne pas aimer lire. Je ne suis pas loin de penser que TOUS aiment lire, sans exception ! Le plus difficile pour eux est de parvenir à trouver dans la masse, LE livre, celui qui ne va pas les endormir… juindécembre2010 227LE LIVRE, celui qui va leur "parler", le livre qui leur correspond, le livre qui va leur remuer les tripes, les boyaux, les neurones, la tête !!!  

Enfants 1 178-copie-1Personne n'aime lire toutes les histoires, tous les livres. Evidemment. Il existe donc des "critères" à appliquer pour trouver et emprunter la perle, le livre qui va faire définitivement plonger dans le plaisir de lire !

Dans le livre on fait de merveilleuses rencontres, on découvre plein d'amis, on voyage, on s'ouvre sur le monde, on vit des aventures que l'on ne connaîtra jamais dans la vie de tous les jours : on embrasse des princesses, on escalade des rochers, on "zigouille" les méchants, on galope sur des chevaux lancés à la poursuite de terribles bandits ... bref, on fait de fabuleux voyages pour... "sourire, rêver et aimer" (Lisez "Le type" de Philippe Barbeau.) !!

Enfants 1 258Dans ce blog, il sera question des hommes et des femmes qui écrivent : les écrivains pour la jeunesse. Les ouvrages de littérature jeunesse de qualité seront présentés, racontés, "décortiqués"...
Vous lirez des interviews de professionnels, vous découvrirez des portraits, le monde de la chaîne du livre (éditeurs, imprimeurs, libraires...), vous trouverez également des conseils, vous ferez des rencontres, participerez à des débats, vous lirez des expériences d'animations pédagogiques autour des livres, vous découvrirez des "paroles" d'élèves, d'enseignants, des textes et.... plein d'autres choses encore !

juindécembre2010 224

 Brigitte Coppin 015
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    "Les gens qui aiment lire sont rarement des salauds !"
Xavier-Laurent PETIT
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  SPECTACLES

   

  "Salomon, vous vous rendez-compte ?"

de Christophe Boutier

 

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Sa majesté des couches"

de Christophe Boutier  

 

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  Une comédie en V actes écrite et mise en scène par Christophe Boutier

L’histoire de la séduction, de l’enfant et de sa famille depuis la préhistoire jusqu’à l’enfant-roi du XXIème siècle.

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Sur scène, il y avait :

- 14 comédiens 

- Six musiciens professionnels dont Michel Léger, accompagnateur de vedettes de la chanson et du cabaret, telles que La Bande à Basile, Daniel Guichard, Zanini, Jean Constantin, André Aubert (Don Patillo)...

- la chorale du collège de Xavier Bélanger (professeur d'éducation musicale qui a mis en musique le spectacle) qui a interprété des chansons de variété en rapport avec l'enfance.

- des projections murales assurées par les élèves de l'option image (Eddy Dabrigeon...) du collège, option dirigée par Cécile Cotten,  professeur d’Arts plastiques.

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Les spectacles précédents

 

2013- Le temps du maquis"

2012 - "Salomon, vous vous rendez compte ?"

2011 - "Sa majesté des couches"(Gannat)

2010 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes"  : 2ème épisode (Gannat)

2010 - "Un zèbre sur la banquise" (Gannat)

2009 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes " : 1er épisode (Lapalisse)

2008 - "La farce vaudevillesquement tragique de la chambre forte du jugement dernier. " (Lapalisse)

2007 - "Le terrier zeixcoussois en Zinzinmouli ou la complainte des comédiens en danger" (Saint- Prix)

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    Un grand MERCI donc à tous les écrivains jeunesse
 que j'épuise et à qui je donne mal à la tête !!!
Ah ! Ah !!

Enfants 1 224Christian Grenier, Eric Boisset, Alain Grousset, Alain Surget, Béatrice Nicodème, Anne-Marie Desplat-Duc, Susie Morgenstern, Arthur Ténor, Hubert Ben Kemoun, Jean-Côme Noguès, Marc Séassau, Fabrice Colin,  Lorris Murail, Roger Judenne, Philippe Barbeau, Anne Ferrier, Evelyne Brisou-Pellen, Eric Sanvoisin, Christophe Léon, Jean-Luc Luciani, Béatrice Egémar, Magali Herbert, Guy Jimenes, Jean-Claude Mourlevat, Raymond Perrin, Jean-Baptiste Evette, Marc Cantin, Claire Gratias, Christophe Miraucourt, Xavier Bascour, François Librini, René Gouichoux, Yaël Hassan, Jean-Marc Ligny, Marie-Aude Murail, Cécile Roumiguière, Brigitte Coppin, Dorothée Piatek, Sophie Audouin-Mamikonian, Fanny Joly, Johan Héliot, Jack Chaboud, Jean-Luc Marcastel, Stéphane Daniel, Emmanuelle et Benoît de Saint Chamas, Jean-Paul Gourévitch, Michèle Laframboise., Florence Hinckel, Christophe Loupy, Lénia Major, Viviane Koenig, Marie Mélisou..

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... évoque le BLOG sur la littérature jeunesse.

 

"Des conseils pratiques de pro à pro, des interviews délicieuses et des
articles écrits par des écrivains ou des éditeurs, des bibliographies,
des réflexions sur la littérature jeunesse, des coups de coeur et
 des anecdotes...On trouvera tout cela (!) sur le blog de C
hristophe
Boutier, professeur documentaliste  au collège de Gannat (Allier).

Les petits articles de réflexion sur certains aspects de la littérature
jeunesse sont parmi les plus intéressants, d'autant plus qu'ils soulèvent
parfois des points souvent peu vus : les genres relevant de l'imaginaire
et les critères de classification (science fiction, fantasy...), les styles
d'écriture (classique, moderne…), ou encore le souci de la véracité dans
les romans historiques jeunesse.

En plus de cela, on trouvera une liste impressionnante de sites
d'écrivains  et des ressources diverses et variées qui émaillent les
articles (liens vers des  sites de séries jeunesse, des conférences
en ligne...), des « trucs et astuces » de Doc pour aimer et faire
aimer la lecture, des bibliographies...

Si la mise en page gagnerait à être un peu plus claire et lisible, le côté
bric-à-brac (où on flâne volontiers de longs moments) perdrait de son
charme...

Par un prof-doc amoureux et défenseur acharné de la littérature
jeunesse.
"

 

Rubriques

CULTURE au CDI de Gannat

Collège de Gannat (03)

" Fête de la culture, de la lecture et de l'écriture"

  Mai 2013 - 4ème édition

Eric Boisset 

Mai 2013 145

ArthuArthur Ténor 024r Ténor

Alain Surget 

Alain Surget 053

 

Mai 2012 - 3ème édition

 Jean-Luc Marcastel

jean-luc-MARCASTEL-010.jpg

Brigitte Coppin 

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Mai 2011 - 2ème édition

Philippe Barbeau, Christian Couty

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Béatrice Nicodème

 

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Juin 2010 - la 1ère édition :

 

Alain GROUSSETet Christian GRENIERétaient parmi nous pour évoquer la Science-Fiction (SF) etpour débattre des nouvelles technologiesqui pourraient "tuer » les livres...

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Le nouveau spectacle du collège

Joseph Hennequin de Gannat, dans l’Allier.

 

 

La troupe de théâtre du collège Hennequin, composée cette année de 30 comédiens issus des quatre niveaux de classes, a réalisé un film (un vrai ! en noir et blanc)écrit par Christophe Boutier, professeur documentaliste, « Le temps du maquis» (vendredi 14 juin 2013, centre socio culturel de Gannat). Xavier Bélanger, professeur d’Education musicale, assurera la mise en musique.

Ce film présente la dure réalité de la vie quotidienne et clandestine, au milieu de la forêt,d’hommes et de femmes – les maquisards - remarquablement courageux qui recoururent, au péril de leur vie, à la guérilla pour s’attaquer à la milice du Maréchal Pétain et aux troupes d’occupation allemande.

Ce spectacle entre dans le cadre du projet « Devoir de mémoire », une option du collège menée en classe de 3ème. Les 16 élèves de cette option dirigée par M. Bellet, professeur d'Histoire, présenteront la soirée :

En 1ère partie, un court métrage : Roger VENUAT, résistant dans le maquis de Hérisson (Allier, 03), au collège Joseph Hennequin.

En 2ème partie, la pièce de théâtre, « Le temps du maquis »

ENTREE GRATUITE

  

QUI SUIS-JE ?

Je suis Christophe BOUTIER, professeur documentaliste au collège de Gannat (1 rue Joseph Hennequin. 03800 GANNAT) , dans l’Allier, en Auvergne.

Passionné par la littérature jeunesse, l'écriture, la lecture... j'ai découvert, grâce à ma profession cette littérature - une vraie littérature ! - qui comporte de magnifiques textes. Et derrière des mots adressés, peut-être davantage aux enfants, aux adolescents - quoi qu'un bon texte doit pouvoir être lu par tous sans aucune histoire d'âge ! - se cachent des écrivains adorables, des personnes d'une incroyable richesse humaine, intellectuelle et culturelle, des gens de talent que j'ai/j'ai eu la chance pour certains de côtoyer !

Aujourd'hui, j'éprouve le besoin de partager mon amour des auteurs jeunesse et de leur oeuvre ! je compte également sur vous lecteurs pour faire vivre ce blog, mutualiser nos expériences, nos connaissances, nos réflexions et... débattre.

 
Mon autre BLOG, celui du CDI du collège de GANNAT :
http://www.cdi.gannat.over-blog.com