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Présentation

  • : Le blog de CHRISTOPHE BOUTIER, professeur documentaliste au collège de St Germain-des-Fossés, dans l'Allier
  • : Blog qui a pour objectif de parler de la littérature jeunesse, des écrivains jeunesse... pour donner le goût de lire aux adolescents. L'objectif est également d'intéresser à la culture. Il s'agit aussi de faire découvrir cette littérature à part entière aux adultes.
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Le Vampire Du Cdi

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  • Je suis le "VAMPIRE d'un CDI" auvergnat !

ANECDOTES

Pierre BOTTERO,

le Seigneur des ados !

 

Pierre Bottero était fier d’être un auteur jeunesse - une littérature qui n’a rien à envier en qualité à la littérature « vieillesse. » S’il n’était pas qu’un auteur de fantasy, il faut bien reconnaître que c’est à cette littérature de l’Imaginaire qu’il dût son incroyable succès !

Dès l’enfance, il tombait dans la marmite de la fantasy. Il dévorait Tolkien (Un choc ! S’en suivi, plus tard, l’idée que la fantasy ne pouvait s’écrire que sous la forme d’une trilogie), Zelasny, Farmer, Moorcock, Vinge, Howard… Les grands noms qui allaient lui permettre de devenir l’auteur que nous connaissons. Plus tard, il appréciera les auteurs « jeunesse » tels que Erik L’homme, Hervé Jubert, Fabrice Colin ou Philip Pullman, Eoin Colfer pour ne citer qu’eux. Il n’y a pas de concurrence en littérature jeunesse, les auteurs s’apprécient, se côtoient, se téléphonent, se rencontrent, se parlent, rêvent ensemble d’histoires communes. Ainsi Erik L’Homme et Pierre imaginaient ensemble, « A comme assassins »…

De ses lectures, Pierre Bottero ne devait pas ressortir indemne.

C’est par hasard qu’il se lançait dans l’écriture, pour aider sa fille qui séchait devant un concours d'écriture : il rédigeait quelques pages sur son ordinateur, se piquait au jeu, poursuivait (son épouse réclamait la suite), envoyait le texte à un éditeur qui le publiait... Il était dit qu’il n’arrêterait plu. Marqué à tout jamais par Tolkien, il était évident qu’un jour, il s’essaierait à la fantasy. C’est ainsi que naquirent « La quête d’Ewilan », « Les mondes d’Ewilan » et « Le pacte des Machombres. »

 

 

 

Pierre Bottero se fichait éperdument du cadre dans lequel on allait placer ses romans. Mais pour les « techniciens, l’auteur lui-même évoquait la Low Fantasy. Il s’agit d’une low fantasy - inspirée par ses jeux d'enfant, ses rêves d'adulte, ses lectures et les émotions ressenties au quotidien - dans laquelle existe un équilibre entre le bien et le mal, le courage, la volonté et la détermination où domine le désir de tout ramener à des intérêts individuels (égoïsme forcené, aveuglement quant à la mise en danger des équilibres…). Un parallèle pourrait d’ailleurs être établi entre le chaos décrit et notre monde réel. Mais attention. Les propos de Pierre ne demeurent pas sombres, ils restent optimistes. Pour avancer ! Avec pour personnages principaux des… femmes. Pierre était fondamentalement féministe. Il aimait à dire qu’il y avait moins de « cons » chez elles que chez les hommes. Toutefois, Pierer Bottero n’a jamais cherché à donner des leçons, il se méfiait trop pour cela des « transmetteurs » de valeurs et des donneurs de leçons. Le livre était pour lui un objet de partage.

Ce partage, il l’avait avec sa famille qui appréciait ce qu’il écrivait et qui le rassurait : Claudine, son épouse, ses deux filles lisaient ce qu’il écrivait avant publication.

 

 

 

Lorsque Pierre Bottero était invité dans un salon du livre pour une dédicace, il faisait partie des auteurs les plus demandés (il ne faisait pas bon signer à côté de lui !) : les impressionnantes files d’attentes composées de lecteurs (jeunes et moins… jeunes !) en témoignaient. C’est avec émotion qu’ils recevaient tous les messages de sympathie et… d’amour. Ses livres touchaient, ses histoires permettaient le partage et faisaient rêver, Pierre vivait alors une aventure … magique.

Il avait beau affolé le compteur des ventes, ce qui avait un réel impact sur lui, c’était :  de percevoir la flamme dans les yeux de ses « fans » (euh ! il n’aimait pas le mot), de recevoir leurs avis, de parler avec eux.

Tant d’amour le gonflait à bloc et lui transmettait une énergie positive.

C’est pourquoi, ce succès (qui lui permit d’abandonner son métier d’instituteur) qu’il percevait intensément, à la fois avec bonheur (évidemment !) et tranquillité, lui donnait également un sentiment de responsabilité. Ainsi, s’il savait se montrer reconnaissant envers ceux qui l’avaient aidé à améliorer son écriture (Caroline Westberg, son éditrice chez Rageot), il avait également de la considération pour ce public à qui il devait tant. Quand vous rencontriez Pierre, assis derrière sa table de dédicace, vous aviez le sentiment qu’il n’attendait que vous ! Pierre veillait soigneusement à être proche de son « public », un de ses… bonheurs. Il respectait humainement ses visiteurs et ses lecteurs en leur offrant des histoires dont il voulait qu’elles évitent facilité et démagogie. Il apportait ainsi beaucoup de soin et d’exigences aux corrections, un travail exigeant, vorace en temps et en énergie.

 

L’écriture de Pierre Bottero avec « Le pacte des marchombres » avait atteint une belle maturité. C’est ce que Pierre lui-même soulignait quand il affirmait que « c’est en écrivant qu’on apprend à écrire. » En effet, cette dernière trilogie qui met en scène le personnage d’Ellana est moins légère, plus complexe, que celle de « La quête d’Ewilan » : l’auteur avait eu le sentiment d’avoir grandi, évolué et de s’être trouvé, un sentiment accompagné par le désir de partager encore davantage avec le lecteur. Pierre Bottero était un homme intègre, voilà pourquoi il continue d’être autant aimé. A la lecture de ses trilogies, cette sincérité transpire. Pierre prenait un immense plaisir à écrire, à « rêver », à imaginer le monde (issu d’un vieux rêve de liberté absolue) d’Ewilan, d'Ellana. Il prenait un immense plaisir lorsque d’autres que lui se baladaient dans "ses" mondes. Pierre Bottero écrivait pour être lu mais aussi pour explorer des contrées inconnues (se connaître lui-même ?) et entraîner à sa suite tous ceux qui étaient tentés par l'aventure... Quand il mettait le point final, c’était à la fois une joie (celle d’avoir terminée et d’être satisfait du résultat) et une déchirure (celle de quitter l’univers crée)… Un sentiment d'être coupé d'une part de soi-même avec l’irrésistible envie de replonger très vite.

 

Pierre le « poète » accordait beaucoup d’importance au travail de réflexion qui précède l’écriture. Lorsqu’il attaquait le premier chapitre d’un roman, la trame générale était dans son esprit, il connaissait très bien ses personnages. Ensuite, plongé dans le cœur du roman, il écrivait sans arrêt, du matin au soir, parfois pendant la nuit. Puis, il pouvait ne plus écrire pendant des semaines Enfin, presque car il écrivait toujours… dans sa tête. Quand il n’écrivait pas, il écrivait sans écrire. Pierre était un homme normal qui aimait lire, courir, menuiser, bucheronner, voyager, rencontrer, parler, rêver… et sourire ! Ah, ce sourire !I

L’écriture de Pierre était une écriture « vraie », sans complaisance, une écriture qui venait des tripes, un cadeau offert au lecteur. Il n’était satisfait que si les mots qu’il employait correspondaient réellement à ce qu’il souhaitait écrire. Cette honnêteté, il la devait à ses lecteurs. Pierre était un travailleur qui reprenait, sans cesse, son récit, la cohérence, le fond, la forme… C’est pourquoi il prenait grand soin, malgré les pressions des lecteurs, de ne pas chercher à publier, à tout prix, trop rapidement. Il était persuadé qu’il valait mieux patienter et faire patienter plutôt que de se décevoir et décevoir. Il pendait qu’il fallait laisser le temps à l’histoire de pousser, à son rythme...

 

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   "Le Loup à la voix de miel"
Marc SEASSAU (Grasset jeunesse)

J’ai fait venir dans le collège où je travaillais alors, l’écrivain Marc Séassau.  La journée fut belle et pleine d’émotion notamment lorsque Marc anima une rencontre à deux voix (j’adore organiser ce genre de rencontres : 2 auteurs face à une classe en même temps !) avec Jean-Côme NOGUES qu’il avait adoré lire lorsqu’il était ado.

Marc Séassau a écrit ce roman « Le loup à la voix de miel » parce qu’il a été marqué par sa convocation comme juré dans une affaire de viol. Dans son récit, il narre l’entrée en 6ème d’une petite fille qui, anonymement, dépose des extraits de « Peau d’âne » dans les poches, de sa « marraine », une élève de 3ème.  L’appel au secours était évident !

Cette rencontre a déclenché un phénomène pour le moins inattendu dont j'ai été le témoin, involontaire : il m'a fallu trois semaines pour comprendre ce qui m’arrivais !

Je trouvais régulièrement par terre, dans le CDI, toujours disposées par deux, des photos représentants des scènes classiques de la vie d'une famille avec une de nos élèves de 6ème (anniversaires...). J'ai évidemment rendu ces photos à l'élève qui, agressive, semblait ne pas comprendre pourquoi je détenais son bien. C'est tout juste si elle acceptait de reconnaître qu'il s'agissait d'elle sur les clichés ! Ces scènes se sont régulièrement reproduites ( trois, quatre fois pendant trois semaines) jusqu'au jour où j'ai eu un déclic  : une seule photo sur le sol évoquant la petite sur les genoux d'un homme. J'ai de suite compris (Peau d’âne !), j'ai alerté l'infirmière, la Principale du collège... Cette élève avait eu l’idée de reproduire ce que l’héroïne du roman faisait.
Voilà ce qu'uns simple rencontre d'écrivain peut entraîner en dehors du plaisir de lire.
Le roman avait libéré la parole de l’élève !


Nous en avons évidemment parlé avec Marc Séassau qui était évidemment KO : comment ne pas l'être ? Il avait écrit ce roman un peu dans un but pédagogique mais quand la réalité dépasse la fiction...

Recherche

PERLES de LECTURE

 Le collège de Gannat

 a voyagé dans le temps !

 

 Après la lecture des romans historiques jeunesse de Béatrice Nicodème....

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« Oyez ! Oyez gente dames et damoiseaux ! Entrez dans le Moyen Age ! » Ainsi s’est écrié le troubadour, jeudi 9 juin 2011, dans la plaine gannatoise : deux cent élèves de 5ème du collège Hennequin et CM2 des écoles du Malcourlet, de Pasteur et de Jean Jaurès ont bravement et « prestement » effectué le « pas sur le côté » pour revêtir leur cotte de maille et ainsi plonger en plein XIVème siècle.

  

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  Pour rendre vivant et attractif le Moyen Age, période étudiée en classe et encore largement visible dans la cité des portes occitanes, Gannat, douze comédiens et cascadeurs professionnels de la compagnie toulousaine ARMUTAN, ont chevauché leurs destriers pour répondre à l’olifant de Christophe Boutier, professeur documentaliste, initiateur de cet imposant projet, « Cultures, loisirs et genres de vie au Moyen Age », un projet fédérateur d’énergie d’une année.

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Un campement faits de plusieurs tentes, de peaux de bêtes, de râteliers d’armes, de tonneaux… a été établi dans la partie herbeuse et arborée de l’établissement scolaire. Les écuyers – élèves, aux yeux brillant de plaisir, répartis en six « compagnies » de « routiers » qui répondaient au nom d’un  célèbre homme de guerre, du Guesclin, Prince noir ou bien d’un roi, Philippe Auguste…ont défilé avec leurs bannières dans les sept ateliers pédagogiques pendant six heures.  Ainsi, ils ont été initiés à l’archerie, au maniement des armes, au combat rapproché, à l’héraldique – l’art de faire son blason – à la danse, aux instruments et à la musique, à la jonglerie… Le capitaine « Barbepeste » et ses sbires ont alors conquis la « piétaille » qui après explications et démonstrations, devait mettre en pratique l’enseignement de leurs maîtres…  

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 Les corps fatigués furent réparés par le succulent banquet médiéval régional (tortillons gannatois, galichons d’Escurolles, fromages de chèvres de Bellenaves, Fraises bourbonnaises sur lit de fromage blanc de campagne de Cérilly étaient inscrits sur le très beau papier imprimé à l’ancienne par le moulin Richard de Bas ), pris en musique, et proposé par le chef, Sylvain Bruno. Une projection d’images, capturées dans la matinée, proposées par les élèves de l’atelier image du collège lors du repas, a également ravi les convives.

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En fin d'après-midi, les petits occitans, tout sourire, étaient regroupés pour assister à un spectacle de jongleries burlesques proposées par « Grand mètres Yann »,  à de la poésie lyrique, et à une impressionnante saynète de combats à l’épée accompagnée par la musique du groupe DAYAZELL.

 

Quel bonheur ! Quelle joie d'avoir vu les yeux des enfants pétiller de plaisir ! Quel  moment de vie ! Il ne fait aucun doute que cette journée unanimement saluée comme étant extraordinaire restera gravée dans les mémoires.

  351.JPG Alors, un grand MERCI à tous ceux qui ont participé à la réussite du projet ! Les personnels du collège Hennequin, la mairie de Gannat, les mécènes, les comédiens si sympathiques et bien sûr…les élèves !

 

Pour en savoir davantage :

 

RV sur le blog du collège de Gannat (03),

une 100e de photos...

 

http://cdi.gannat.over-blog.com/

 

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A propos de ce blog !

 

Lu dans « La nouvelle encyclopédie des filles 2011 » de Sonia Feertchak ((Plon)

 

« Le blog passionné et passionnant d’un professeur documentaliste  fou de littérature jeunesse, pour « sourire, rêver, aimer ». Des articles vivants sur la lecture, qui donnent envie de découvrir plein de livres et autant d’auteurs

 

 

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A lire, vraiment !




 

 

 

 

 

 

 

 

   

A travers de nombreuses anecdotes Christian Grenier évoque son enfance placée sous le signe du théâtre et de la lecture, son adolescence marquée par l'écriture et la passion. Il relate son parcours d'enseignant, d'auteur mais aussi de lecteur-correcteur, journaliste, scénariste et directeur de collection. Il se penche également sur les mécanismes intimes de l'imaginaire, détaille la genèse de ses oeuvres et fait pénétrer le lecteur dans les coulisses de l'écriture et de l'édition. Enfin il s'interroge sur les principes qui font d'une fiction un récit pour la jeunesse. Regorgeant de confessions, de convictions et de passion, ce témoignage d'une vie consacrée à la littérature jeunesse se lit comme un roman.
 

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Le MOT du JOUR : ......

    "Des millions de gens vivent sans lire, mais ce qu'ils ignorent,

c'est qu'on vit infiniment plus en lisant."

Xavier-Laurent PETIT

  

     318 042 visiteurs 

Je vous livre l'adresse du blog de mon nouveau cdi et collège : http://colllafontaine.over-blog.com/

 

depuis octobre 2009

 

 

4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 10:11

Les recherches sur la littérature de jeunesse se sont profondément renouvelées depuis près d'un demi-siècle. Il nous a semblé que le temps était venu de mettre à la disposition de tous des informations, souvent peu accessibles, sous la forme d'un Dictionnaire du livre de jeunesse. Son ambition est de satisfaire l'attente du simple curieux, mais aussi de répondre aux questions des chercheurs, des collectionneurs, des professionnels du livre et, plus largement, de toute personne intéressée par la culture contemporaine d'enfance et de jeunesse.
Il réunit les contributions de 133 chercheurs et spécialistes I du livre et de la culture dans 1034 notices qui font la part belle aux écrivains et aux illustrateurs, mais portent également sur les maisons d'édition et leurs collections, sur la presse enfantine... ce dictionnaire témoigne de la vitalité de la production contemporaine, qu'il s'attache cependant à mettre en perspective au sein de 74 articles encyclopédiques, et en consacrant aussi de nombreuses notices aux oeuvres anciennes. Comment comprendre le présent en ignorant tout du passé ? Un choix d'illustrations donne aussi à voir comme en pointillé les évolutions du livre pour la jeunesse de l'ancien régime à aujourd'hui.

 

D'Abécédaire à Zozo la tornade

 

    "Nous avons tous en mémoire des souvenirs, parfois précis (du moins le croyons-              nous), parfois incertains de nos lectures d'enfance. Nous nous souvenons d'un titre, d'une scène, d'une image. Notre mémoire d'enfance est comme une Belle au bois dormant qui attend le baiser qui le réveillera." En 1000 pages et avec 122 auteurs, 826 illustrations et 1034 entrées, ils ont fait œuvre encyclopédique, à destination des "simples curieux […] amateurs de livres anciens, professionnels du livre et plus largement de la communauté des chercheurs."

 

    Entièrement consacré à la littérature francophone pour la jeunesse, avec un "éventail plus large que les dictionnaires américains", il s'ouvre aux auteurs étrangers reconnus, qu'ils soient classiques comme les frères Grimm, Lewis Carroll, Charles Dickens, Féodor Rojankovski 'l'illustrateur russe des "Albums du Père Castor" ou contemporains comme Maurice Sendak (Max et les maximonstres), et J.L. Rowling ("Harry Potter"). Parce qu'on connait davantage Le Tour de France par deux enfants, Martine, Fantomette ou Bambi, ceux-ci ont fait l'objet d'une entrée.

 

    Enfin, des articles mettent en perspective l'histoire du livre de jeunesse : l'impression des images, les livres animés, lez romans d'aventures, les robinsonnades, la traduction, l'adaptation, les bibliothèques ou plus largement la culture des plus jeunes avec le jeu et le multimédia.

 

par Claude Combet

 

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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 10:01

Le Dictionnaire du livre de jeunesse, dirigé par Isabelle Nières-Chevrel et Jean Perrot,  paru le 23 août aux éditions du Cercle de la librairie, s'annonce comme le premier outil de référence de cette envergure publié en France.     

 

 Rencontre avec les deux directeurs.

 

 

Comment est née l'idée de ce dictionnaire ?

 

    Isabelle Nières-Chevrel – Nous avioss, chacun de notre côté, l'envie d'un outil de référence, ample et solide. Les tenratives précédentes d'une histoire de la littérature pour la jeuesse avaient échoué et un seul volume a vu le jour, Librairie de jeunesse et littérature ibndustrielle au XXème siècle, de Francis Marcoin, paru en 2006 chez Champion. Le Guide de littérature pour la jeunesse de Marc Soriano, conçu en 1959 et réédité en 1974) a vieilli et le Dictionnaire des écrivains français pour la jeunesse de Nic Diament, à l'Ecole des loisirs, qui couvre la période très large de 1914 à 1991, est très sélectif. Parallèlement, la recherche s'est tellement renouvelée depus trente ans qu'il fallait proposer quelque chose. J'en ai parlé à Jean en 2001, qui m'a suggéré d'unir nos forces.

 

    Jean Perrot – Nous sommes très en retard sur les Anglo-Saxons. Nous rêvions d'un équivalent de l'allemand Lexikon der Kinder une Jugendliteratur, du britannique Oxford companion to children's litérature, ou des quatre volumes de l'Oxford Encyclopédie of children's literature.

 

Comment s'est passée votre collaboration ? Vous êtes-vous réparti des domaines ?

 

    Jean Perrot - Nous sommes tous les deux des comparatistes. Isabelle a fait sa thèse sur Lewis Carroll, et moi sur Henry James. Isabelle est spécialiste du XVIIIéme siècle et mon domaine est plutôt l'illustration et l'album contempororain.

 

    Isabelle Nières-Chevrel - Nous sommes l'eau et le feu. Nous ne nous ressemblons pas du tout, nous n'avons pas lez mêmes centres d'intérêt, ni la même façon de travailler ou d'écrire, mais nous nous complétons. Je savais que j'insisterais plus sur le creuset historique et que Jean connaissait mieux la littérature contemporaine.

 

Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

 

    Jean Perrot – Le travail préparatoire – repérer les entrées, réfléchir à la longueur et  au type de notices que nous voulions – a été long. Les auteurs et illustrateurs repré-sentent près de 80% de l'ensemble, mais nous avons inclus les éditeurs et les collections

qui ont compté. Nous avons aussi voulu traiter des thèmes transversaux, comme l'imaginaire du jeu, les abécédaires, la typologie des romans, les prix littéraires… Il a fallu trouver ensuite les auteurs pour rédiger les notices.

 

    Isabelle Nières-Chevrel – Choisir est un processus horrible. Pour les contemporains, quand s'arrête-t-on ? Met-on Marie Colmont, qui a travaillé pendant l'entre-deux guerres pour le Père Castor ? Et Guillot, sur lequel il n'y a pas d'étude ? Et les romanciers liés à la période de la France coloniale ? Autant de problèmes qu'il a fallu résoudre. Nous nous trouvions devant une contradiction : le chercheur a tendance à choisir ce qui compte du point de vue de l'adulte cultivé qui a une idée de la littérature pour la jeunesse. Mais Matthieu Letourneux nous a conseillé de faire une place à Martine, Caroline et à toute cette production dont une partie est tombé dans l'oubli. Nous avons aussi traité des origines de la presse et de la bande dessinée pour les jeunes, et de quelques incontour-nables come Hergé et Goscinny. Sans aller au-delà, car il existe de nombeux dictionnaires sur la BD.

 

Avez-vois fait des trouvailles ?

 

    Isabelle Nières-Chevrel - Le dictionnaire a permis d'aller au-delà de nos connaissances, de nous plonger dans les rayonnages de la Bibliothèque nationale. Je me suis interessée au XIXème siècle, aux robinsonnades et aux albums, la spécialité de Jean. L'album est fascinant : c'est la forme fictionnelle la plus riche que produit le livre pour la jeunesse, avec la particularité de s'adresser à un enfant qui n'a pas encore accès au langage. Par ailleurs, Jean Macé, Laure Suville (la sœur de Balzac) ont été de belles rencontres. Le but de ce dictionnaire est, autant pour le rédacteur que pour le lecteur, d'inciter à aller voir ailleurs et donner envie de faire des d2couvertes.

 

    Jean Perrot– L'auteur qui m'enchante, c'est George Sand. Elle a été très lue jusqu'en 1938, puis a disparu pour revenir en 1985. Pour Isabelle, c'est la comtesse de Ségur : elles ont toutes deux leur place dans le dictionnaire. J'ai aussi été passionné par Charles Nodier, par Thérèse Bentson (1840-1907), une femme formidable qui dénonce "la littérature pour jeunes filles" de son époque, et par Carlo Collodi, l'auteur de Pinocchio.

 

Avez-vous des regrets, des sujets que vous auriez aimé traiter ?

 

    Isabelle Nières-Chevrel – Pour la partie historique, les choses se sont imposées car nous avons des prédécesseurs sur lesquels nous appuyer. Pour le reste, nous avons croisé nis sources et fait appel à des spécialistes pour vérifier l'information, afin de ne pas se limiter à ce qu'on connaissait déjà ou de ne pas reprendre la doxa. Le dictionnaire donne une légitimité aux sujets traités : nous nous devions de rester vigilant.

 

Au final, comment voyez-vous l'évolution de la littérature de jeunesse ?

 

    Isabelle Nières-Chevrel -  La littérature pour la jeunesse est une contradiction. D'un côté, elle n'a pas évolué et reste englué dans son péché originel : l'idée qu'il faut éduquer les gosses. D'un autre côté, elle a évolué en multipliant les lectorats possibles. Il y a de fortes chanses que le numérique la bouscule encore et la modifie de façon considérable.

 

    Jean Perrot – Les bibliothécaires, les enseignants et les municipalités s'impliquent désormais dans la littérature pour la jeunesse, et la sensibilisation des adultes au genre  a beaucoup changé. Un festival comme celui d'Eaubonne, où viennent les faimilles modestes, a des conséquence sur le choix des livres à la bibliothèque.

 

A l'heure du numérique, un dictionnaire de 1000 pages est-il toujours d'actualité ?

 

    Jean Perrot Internet permet de faire des mises à jour régulières, mais une question majeure se pose : qui procède à cette mise à jour ? Le Net est une source potentielle d'erreurs : seul un spécialiste qui connait le sujet peut les repérer. Par ailleurs, le propre d'un dictionnaire n'est pas de courir après l'actualité. Il faut devoir s'arrêter à un moment donné, admettre qu'on ne connait pas tout et qu'on ne pourra pas tout embrasser.

 

propos recueillis par Claude Combet

(Livres-Hebdo numéro 963 – 30  août 2013)

 

 

 

 

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 11:49

Pourquoi les Français font-ils lire aux enfants des livres plus réalistes qu’ailleurs ?

Par Charlotte Pudlowski

http://www.slate.fr/story/57755/monstrueuse-litterature-jeunesse-peur-france

 

Max et Les Maximonstres, de Maurice Sendak. © L'Ecole des loisirs.

- Max et Les Maximonstres, de Maurice Sendak. © L'Ecole des loisirs. -

Je me souviens d’un livre que j’avais, petite, que mon père avait acheté: La poupoune et le Gram-Groum. C’était l’histoire d’une petite fille si méchante et si capricieuse que sa mère la menace de la venue du méchant Gram-Groum pour la punir. Un beau jour, ça ne manque pas: le Gram-Groum vient et l'emporte. Après avoir lu l’histoire, ma mère l’avait trouvée si terrible qu’elle en avait déchiré des pages. Pour que jamais je ne retombe dessus. Quand je lui en ai reparlé récemment, elle a dit: «Ce Gram-Groum qui emmenait la poupoune avec l'assentiment de la mère, c’était épouvantable!»*Moi, évidemment, j’adorais cette histoire.

J’y ai repensé en tombant sur un diaporama du Guardian: Terrifying French children's books («les terrifiants livres français pour enfants»). La journaliste et romancière Jenny Colgan, qui a passé du temps en France, a été sidérée de voir ce que les parents français font lire à leurs enfants. «Je ne sais pas pourquoi tant de livres français pour enfants sont si bizarrement et inutilement effrayants», écrit-elle.

Faisons-nous vraiment lire des livres différents aux enfants, en France? «Oui, sans aucun doute», tranche Emmanuelle Marie, directrice des droits des livres étrangers du groupe Bayard. «Il y a un vrai décalage entre ce qu’on peut dire en France aux enfants, par rapport aux pays anglo-saxons.»

En Angleterre, et surtout aux Etats-Unis, certains sujets sont bannis des lectures jeunesse: la violence, la nudité, même les sentiments amoureux. Au point qu’on retouche certains livres vendus à l’étranger.

«Nous avons dû rhabiller des livres sur le corps humain, raconte Emmanuelle Marie. Chez Milan [maison du groupe Bayard], le Grand Livre animé du corps humain a été distribué sur le territoire américain sans montrer les parties intimes. On ne peut pas montrer les fesses d’un bébé sans couche. Il y a aussi une difficulté d’exprimer des sentiments que les Anglo-Saxons considèrent comme réservés aux adultes: pas de sentiment amoureux chez les enfants de 3 ou 4 ans par exemple.»

Comme en atteste la surprise réprobatrice de la journaliste du Guardian, les Anglo-Saxons n’aiment pas beaucoup les sujets douloureux dans les livres pour enfants. «Tous les éditeurs anglo-saxons nous ont dit un jour “on ne peut pas acheter ça, on serait mis en cause par toutes les mères de famille”»,raconte Laurence Carrion, éditrice Petite Enfance au Seuil.

«Aux Etats-Unis, ils ne veulent pas de sujets qui fâchent: pas de deuil, pas de divorce, pas de sujets difficiles», ajoute Isabelle Bézard, directrice éditoriale Petite Enfance chez Bayard. Laurence Carrion renchérit:

«Les éditeurs anglo-saxons manquent un peu d’audace. Dans la BD, le discours est radicalement différent, on peut tout faire. Chez les plus grands aussi, à partir de 10 ans, 12 ans. Mais les enfants américains sont beaucoup plus protégés de la réalité que les enfants européens, sinon français.»

Outre-Atlantique, les parents veulent nourrir leur progéniture d’émotions positives, d’imagerie heureuse, en s’appuyant sur le «self-esteem». Il faut dire sans cesse aux enfants qu’ils sont merveilleux, qu’ils doivent s’aimer. «C’est important pour nous aussi qu’il y ait une issue positive, remarque Isabelle Bézard, mais eux ne voient pas l’intérêt de mettre un élément négatif, à aucun moment de l’histoire.»

Protéger les enfants

Cette volonté de protéger les enfants est si forte qu’elle frise parfois le ridicule. En 2012, en Grande-Bretagne, des parents furieux ont déposé de nombreuses plaintes contre certains livres pour enfants: Un conte peut en cacher un autre de Roald Dahl, pour sa langue trop crue, Ali Baba et les 40 Voleurs parce qu’il fait trop peur et Casse-Noissette, pour être trop sinistre…

David McKee, auteur britannique (notamment d’Elmerl’éléphant multicolore) est l’un des auteurs qui a suscité le plus de critiques durant cette affaire de plaintes. Les parents incriminaient notamment Denver, livre perçu comme faisant l’apologie de l’inégalité des richesses. (A la sortie de l’album en Belgique, en 2010, le quotidien Le Soir qualifiait Denver de «fable subtile sur la place de l'argent dans la vie».)

Aux Etats-Unis, l’American Library Association's Office for Intellectual Freedom (le bureau des libertés intellectuelles de l’association des bibliothèques américaines) répertorie tous les ans les tentatives de retraits de livres dans les librairies du pays: il en a compté plus de 11.000 depuis le début de ce travail, en 1990. Parmi ces livres: James et la Pêche géante (parce qu’il contient le mot «ass», qui veut dire fesses, mais en plus vulgaire que fesses, et moins vulgaire que cul). La Petite Sirène a aussi été mise en cause (parce que dans la version d’Andersen, elle n’avait pas forcément de coquillages sur les tétons dans certains éditions), Le Petit Chaperon rouge (la version de Grimm) et Blanche Neige (Grimm également), à cause de la violence du loup pour l’un, de la violence du chasseur et de la marâtre pour l’autre…

Recette pour un bon livre qui fait peur

En France, tous les sujets peuvent être abordés, mais le ton doit être adapté. «Je pense que l’ironie doit être bannie des livres pour enfants», estime Anaïs Vaugelade, notamment auteure de La Guerre et du Garçon qui ne connaissait pas la peur.

La Guerre d'Anaïs Vaugelade © L'Ecole des Loisirs

Et le dénouement doit être heureux. Comme dans Le Garçon qui ne connaissait pas la peur. L’histoire est celle d’un homme qui trouve un bébé en train de téter une pierre. On devine que cet enfant vient de perdre ses parents dans un accident de la route. Toute la question, c’est comment l’enfant va grandir. Longtemps il n’a plus peur de rien, puisqu’il a déjà tout perdu. Jusqu’à ce qu’il tombe amoureux.

Le Garçon qui ne connaissait pas la peur © L'Ecole des Loisirs

Un enfant qui a peur, des animaux, du noir, de perdre ses parents, se sent moins seul quand cette peur est mise en scène dans un livre. «Voir un livre qui fait peur, c’est déjà apprivoiser cette peur, il y a un réel besoin de voir des figurations de ce qui font leurs émotions internes», dit le pédopsychiatre Patrick Ben Soussan, coordinateur notamment de Naître au monde et à la culture et co-auteur de Le Bébé et ses peurs.

«Je ne vois pas pourquoi les enfants seraient privés de ces livres, explique Anaïs Vaugelade. C’est peut-être plus important encore pour eux que pour les adultes, qui ont d’autres armes pour rompre leur solitude.»

L’adulte, selon la conception anglo-saxonne, est prompt à croire que les enfants n’ont pas peur, n’ont pas de questionnements graves sur le monde, pas encore de véritables émotions. «Mais ils en ont, assure Patrick Ben Soussan, et les livres aident à y répondre.»

Les parents peureux

Ne soyons pas caricaturaux. Certains parents français aussi, peuvent s’offusquer de voir des thèmes difficiles abordés. Les Français sont d’ailleurs plutôt sages comparés aux Scandinaves, estime Laurence Carrion, qui juge leur discours plus «honnête» et par conséquent valorisant pour l’enfant. «Là-bas, on pourrait publier Nos petits enterrements: on ne prend pas les enfants pour des crétins.» Les Français seraient presque les Anglais des Suédois.

«J’avais écrit un livre sur les SDF, Les petits bonshommes sur le carreau», se souvient Olivier Douzou, auteur-illustrateur, éditeur des albums jeunesse et directeur artistique pour la jeunesse au Rouergue.

«Certains parents m’ont dit que c’était une honte de raconter de telles histoires, de parler des sans-abris à des enfants. Mais quand on voit les sans-abris dans la rue, les enfants s’arrêtent, ce sont les adultes qui les tirent par la main. Les adultes veulent pouvoir ignorer et les enfants veulent savoir. Et comme les adultes ne peuvent pas ignorer la réalité du monde, ils font parfois en sorte d’aveugler leurs enfants.»


Les parents ne sont pas toujours prêts à offrir spontanément à leurs enfants ces compagnons de route vers la réalité. A la librairie parisienne Le Chat Pitre, spécialisée jeunesse, on parle des «livres qui font peur aux adultes».Comme ma mère avait peur de La Poupoune et le Gram-Groum. Mais les enfants adorent les livres qui font peur, qui dérangent, qui bousculent.

Anaïs Vaugelade:

«Dans un de mes titres, j’ai un personnage, une petite fille, qui a pour animal totémique un crocodile, et les thèmes tournent autour de la colère, des difficultés de la petite fille avec le réel. Ce sont des bides [commerciaux] complets. Mais c’est pour les livres avec ce personnage que j’ai le plus de courriers de lecteurs spontanés, des enfants qui m’écrivent pour me dire que ça leur plaît, que ça les touche.»

D’où des décalages étonnants entre l’amour des enfants pour certains livres, et le nombre d’exemplaires vendus. Max et les Maximonstrespar exemple, a été vendu à 600.000 exemplaires, tous formats confondus, depuis sa première traduction en France en 1967 (selon des chiffres fournis par l’Ecole des loisirs). Alors que Loulou, de Solotareff, très bon best-seller de l’Ecole des Loisirs, s’est également vendu à 600.000, mais depuis 1989, en moitié moins d’années, peut-être parce qu’il n’a jamais fait scandale comme l’album de Sendak.

Max et les Maximonstres, de Maurice Sendak © L'Ecole des loisirs
Loulou, de Grégoire Solotareff © L'Ecole des loisirs

Les enfants adorent pourtant Max et les Maximonstres (j’adorais Max et les Maximonstres, que ma mère n’avait pas déchiré). Dans une interview au Time réalisée en 1980, et republiée en mai dernier au moment de sa mort, Maurice Sendak expliquait:

«Les gens sont toujours frappés de voir des enfants qui font et disent ce qu’ils ont envie, et pas ce que les adultes ont envie de les entendre dire ou faire. Les enfants agacent les adultes. Je crois que la plupart des adultes n’aiment pas vraiment les enfants ou ne sont pas à l’aise avec eux. Je sais que beaucoup de parents n’observent pas leurs enfants, beaucoup de parents ne leur prêtent pas attention. Donc ils ne savent pas ce qu’ils sont réellement.»

Cliquez sur le (+) voir une interview vidéo hilarante de Maurice Sendak

Si, culturellement, les parents français acceptent plus facilement de faire lire des livres plus exigeants (ou plus effrayants par leurs thèmes) aux enfants, ce n’est pas que spontané –«et les enfants français n’ont pas des aspirations différentes des enfants anglo-saxons», garantit le pédopsychiatre Patrick Bensoussan. Ce qui est différent en France, c’est aussi l’offre, qui crée un cercle vertueux.

«En France, le réseau de libraires est d’une très grande qualité», disent d’un commun accord Isabelle Bézard, Anaïs Vaugelade et Olivier Douzou.

Aux Etats-Unis, on compte environ 2.000 librairies. Soit une librairie pour 100.000 habitants. Cinq fois moins qu’en France. Autant vous dire que si vous habitez le Missouri et que vous avez envie d’acheter un livre à votre enfant, à moins d’avoir le temps de faire quelques dizaines de kilomètres pour trouver un charmant établissement qui vous conseillera le livre d’un disciple de Maurice Sendak, vous allez chez Walmart. Où l’idée n’est pas de nourrir les imaginaires enfantins mais plutôt le chiffre d’affaires de la chaîne.

Les libraires, ces ensorceleurs

En France, les librairies sont là pour ça. On y trouve une variété de titres, qui ne se vendent pas nécessairement beaucoup, mais qui sont disponibles. Laurence Tutello, directrice de la librairie Chat Pitre, explique que les librairies comme la sienne, petite et spécialisée, ne sont pas dans une logique de rentabilité immédiate.

«J’ai aussi besoin de livres qui se vendent beaucoup, évidemment, mais je ne peux pas tabler que sur ça. Les gens viennent me voir pour des conseils, pour trouver des choses différentes.»

Certains parents arrivent pensant acheter un livre commercial et puis Laurence Tutello discute avec eux, pose des questions sur l’enfant, et suggère le titre qui lui conviendra le mieux.

«Dans un monde idéal, il faudrait des bibliothèques ouvertes pour que les enfants puissent puiser ce qu’ils veulent», sourit Anaïs Vaugelade. Mais il faut surtout que dans ces librairies, on trouve de bons livres. Et c’est le cas en France, où les rayons enfants regorgent de trésors. C’est d’ailleurs dans une médiathèque, à Antibes, que la journaliste du Guardian a trouvé les livres si «terrifiants».La situation n’est pas la même partout.

Dans un article de 1985 [payant], le New York Times s’inquiétait déjà de ce que s’apprêtait à devenir la littérature jeunesse aux Etats-Unis: disparition de subventions aux librairies, aux bibliothèques.

«De bons livres récents ne sont plus imprimés parce que les écoles et les bibliothèques n’ont plus les moyens d’acheter des exemplaires de remplacement, et les éditeurs n’ont pas les moyens de payer un espace de stockage. Le public est aussi de plus en plus réticent à voter des subventions pour les bibliothèques (…) et les livres pour enfants sont les premiers touchés.»

Tandis que les bibliothèques françaises, si elles ne reçoivent pas tout l’argent qu’elles souhaiteraient, bénéficient d’aides importantes: 23,9 millions d’euros pour aider au fonctionnement des bibliothèques municipales (selon des chiffres de 2005). L’article du New York Times de 1985 soulignait déjà que la qualité de la littérature enfantine baissait, que les éditeurs essayaient d'attirer le regard des parents, qui sélectionnent en un coup d’œil, en pariant sur des ouvrages lisses et consensuels. Alors se sont multipliés les livres aux couleurs flashy, les pop-ups. Pas tous mauvais, mais moins concentrés sur le fond que sur la forme.

Les contraintes économiques égorgent les loups, les sorcières, les serpents. S’il y a bien quelque chose de terrifiant, c’est un monde où tous vos enfants liraient forcément ça. Parce que tous les monstres et les peurs auraient été assassinés.

 

Charlotte Pudlowski

* Ma mère a précisé, quand j’ai parlé de cette histoire:«Je n’avais pas encore lu les ouvrages à destination des adultes, qui m’auraient permis de comprendre qu'en fait les enfants adorent avoir peur. Mais tu penses que tu vas t'en remettre?»

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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 10:04

J'ai le plaisir de vous annoncer la parution des Actes du colloque "Les représentations du XVIIe siècle dans la littérature pour la jeunesse contemporaine : patrimoine, symbolique, imaginaire" (Marie Pérouse-Battelo, Edwige Keller-Rahbé dir.) dans la revue des Papers on French Seventeenth Century Literature (PFSCL, XXXIX (2012), No. 77).

                    
14 universitaires (historiens, littéraires, spécialistes de littérature jeunesse) se sont penchés sur un corpus d'environ 80 titres de fictions romanesques prenant pour cadre le XVIIe siècle (Anne-Marie Desplat-Duc, Annie Jay, Annie Pietri, Artur Ténor, Florence Thinard, Odile Weulersse, etc.) afin de rendre compte de la fascination que cette période de l'Histoire de France exerce sur le jeune public.


Plus d'informations sur le site du GRAC (Groupe Reniassance et Age Classique) :

http://recherche.univ-lyon2.fr/grac/305-2012-Les-representations-XVIIe-siecle-dans-litterature-pour-jeunesse-contemporaine-patrimoine.html


Edwige Keller-Rahbé

 

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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 10:00

       

Je suis maître de conférences en littérature (je travaille sur la naissance de la LJ au XVIIe siècle) et je lis souvent votre blog qui est très riche.


Je souhaitais porter à votre connaissance l'ouverture d'une nouvelle formation universitaire (master Littérature de jeunesse) sur deux sites de la région parisienne (Antony et Cergy-Pontoise) en septembre 2012.

 

Christine Mongenot

 

 

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 20:23

Mireille DISDERO est écrivain pour la jeunesse et  exerce la profession de bibliothécaire.

 

" Cela fait plusieurs années qu'une quinzaine de bibliothécaires (dont je fais partie) et de libraires des Bouches-du-Rhône se réunissent chaque mois, dans le cadre d'un comité de lecture en littérature jeunesse.


Chaque mois nous lisons entre 20 et 30 livres (documentaires, romans, albums, contes...) que nous présentons aux autres bibliothécaires et libraires. Chaque mois, nous sélectionnons un certain nombre de ces ouvrages qui ensuite paraissent sur le site de « La Marmite à lire ». Les débats ne manquent pas car qu’est-ce qui fait qu’un livre est réussi ? Le choix peut-il être objectif ? D’où l’intérêt d’un comité de lecture.
Enfin, chaque année, paraît une sélection avec nos coups de cœur.


Si tu as le temps, tu peux aller fureter sur le site qui, s'il présente un aspect un peu rétro, n'en reste pas moins très complet et actualisé très régulièrement par une personne passionnée, Jacqueline Delalleau. Ce qui nous lie tous dans ce comité jeunesse, c'est notre passion pour la lecture, le livre, et tout particulièrement le livre jeunesse de la même façon que notre métier de professionnels du livre.


Nous sommes plusieurs, comme ça, à être à la fois auteur et bibliothécaire… Par exemple, lors du prix Ados" Tout en auteurs" 2011 à Tarbes, j'ai rencontrée Cécile Chartre qui est aussi écrivain jeunesse et bibliothécaire, comme moi. C'était amusant d'en parler, simplement."

 

http://marmitalire.free.fr/

 

 

A noter,

la sortie le 12 avril 2012 du prochain roman pour la jeunesse de Mireille DISDERO, " Ma vie océan" (Seuil).

 

" Héloïse a 16 ans quand le tsunami qui a dévasté les côtes de l'océan Indien emporte ses parents, en vacances à Phuket. Dans une maison de convalescence au coeur des Alpes, dévastée par le chagrin et hantée par les souvenirs de sa " vie d'Avant ", Héloïse s'est enfermée dans le mutisme et s'alimente à peine. Heureusement, il y a Etienne, un surveillant un peu taciturne mais bienveillant, la pétillante Katy, et, surtout, le beau et mystérieux Théo... Grâce à eux, petit à petit, Héloïse réapprend à vivre et accepte à nouveau d'être heureuse."

 

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 17:37
Les vampires sont mort, vive la dystopie ! Le grand phénomène littéraire du moment.
La dystopie, gros plan sur un genre littéraire en pleine explosion…. | Monde du Livre | La dystopie et le roman pour ados ou jeunes adultes | Scoop.it 
Il s'agit de dépeindre une société où les craintes, les préocupations humaines sont poussées à l'extrême et érigées en principe de vie par un gouvernement, souvent tyrannique, liberticides, et manipulateur. Dans ce nouveau genre, le héros doit faire face à ses peurs… Et au monde qui se ligue contre lui...
Une dystopie est donc un récit d'anticipation qui décrit une société imaginaire régentée par des pouvoirs Autoritaires Cette société est organisée de telle façon qu'elle empêche ses membres d'atteindre le bonheur. La dystopie s'oppose à l'utopie: au lieu de présenter un monde parfait, la dystopie propose un des pires qui soit.
Exemple : le culte de la beauté dans UGLIES, une société sans émotion ni liberté de pensée dans Promise, sans dangers ni risques sanitaires pour Risque Zéro.
 

Ces romans dénoncent un ou plusieurs fléaux qui tétanisent notre société actuelle. Chacun place son histoire dans une société très organisée, refermée sur elle-même et protégée d’un monde extérieur revenu à l'état sauvage. Dans chacun d'eux, une résistance se met en place, une héroine ouvre les yeux grâce à l'amour.

 

Le genre dont  Ravage, 1984, Farenheit 451 ou le meilleur des mondes ont fait les belles heures semblent renaitre de ses cendres sur les tables des libraires. Espérons qu'on en nous  offre pas jusqu'à l'indigestion, comme lors de chaque lubie littéraire, car  il faut l'avouer le principe étant toujours le même quelque soit le sujet, on va vite tourner en rond.  

 

Sur http://follepicarde.canalblog.com/archives/2012/01/17/23269221.html

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 17:28

 Avec le succès du dystopique Hunger Games, on est bien loin du presque gentillet Harry Potter. Les romans d'ado deviennent de plus en plus trash, reflet de notre société angoissée ou simple réinterprétation des genres ?

 

 Jennifer Lawrence, qui joue le rôle de Katniss Everdeen, dans The Hunger Games, le film

    Harry Potter, c'est fini. Le jeune héros a donné son dernier coup de baguette magique dans l'épisode final, Harry Potter et les reliques de la mort. Pendant 13 ans, l'écolier binoclard de Poudlard aura suscité l'émoi chez les enfants et les adolescents.

Au total, plus de 400 millions de livres vendus et plus de quatre milliards d'euros de recettes tirées des sept premiers films. Un succès qui s'explique selon Isabelle Smadja, psychologue et philosophe, spécialiste de cette saga, par le fait que les jeunes ont très tôt adopté le héros :

 

    "Les adolescents ont grandi avec ce personnage.Harry Potter a un effet-miroir, puisque les lecteurs y lisent leurs désir d'une amitié véritable, d'un monde toujours en mouvement et débordant de surprises et d'actions; ils y lisent aussi leurs expériences  du monde scolaire et de leurs relations aux adultes, qui oscillent entre volonté de transgression et respect de leurs peurs. Mais, du fait de son exotisme, il a aussi un effet-fenêtre: il ouvre des perspectives, d'autres mondes."

 

    Dans son livre, l'auteure J. K Rowling crée un véritable monde parallèle, débordant de détails et de références à la bible, aux contes et légendes et à la mythologie. Ce mélange de cultures correspond aux disponibilités qu'offre aujourd'hui internet. Un clin d'œil à la société moderne dans lequel sont plongés les adolescents, explique Isabelle Smadja :

 

    "Les inventions, comme la carte du maraudeur qui demande un mot de passe ou la cape d’invisibilité, parlent à la génération des«screenagers» en leur fournissant des métaphores qui fonctionnent comme des véritables outils de l'imagination pour intégrer, modeler ou traduire dans l'imaginaire leur expérience de ce nouvel espace qu'est  l'espace visuel."

 

Sexe, sang et vampires

 

    Harry Potter a apporté un nouveau souffle à la littérature ado, au point de laisser un vide chez les jeunes qui avaient suivi les aventures de ce jeune garçon depuis l'âge de 10 ans. Pour combler ce manque, les auteurs se sont penchés sur les histoires de vampires.

 

    Désormais, leurs nouveaux héros s'appellent Damon et Stefan dans Vampire Diairies et Edward dans Twilight. Avec eux, on est loin du personnage d’Harry, le petit garçon gentillet. Place aux vampires sexy, dépendants au sang, un peu comme des drogués à l'héroïne, qui tentent de se sevrer en mangeant macro-bio (sang d'animaux). Avec la littérature, les vampires revivent une seconde jeunesse et un second succès, observe Jean Marigny, spécialiste du sujet:

 

    "Aujourd’hui, les ados aiment s’identifier à des personnages de fiction qui leur ressemblent et qui ont des pouvoirs extraordinaires. Les vampires modernes ne peuvent que leur plaire. Ils sont lycéens et ont des problèmes semblables aux leurs. Ils se sont débarrassés de l’aura diabolique qui émanait traditionnellement des vampires puisqu’ils n’ont plus besoin de tuer pour survivre et qu’ils ne consomment que du sang provenant d’animaux. Par ailleurs, sur le plan pratique, ils ne craignent pas la lumière, ils ne dorment pas le jour, ce qui leur permet d’avoir une existence normale."

 

    Stefan, Damon et Edward incarnent la nouvelle génération de vampires séducteurs. Les chastes baisers entre Harry Potter et Chuang Cho dans L’Ordre du Phoenix font pâle figure comparés à ceux de Bella et d’Edward Cullen dans Twilight. Dans la saga de Rowling, le jeune Harry préfère se battre contre Voldemort. 

  

     Pour le côté Don Juan, il laisse ce rôle à ces jeunes éphèbes, portés sur la jugulaire et les relations sentimentales torturées: de véritables aimants pour adolescentes en mal "de sensations fortes". Dans Vampire Diairies et Twilight, le sexe et l'amour occupent une place prépondérante. Triangle amoureux pour le premier et relation platonique  mêlée de tensions sexuelles pour le second. Le vampire, autrefois objet de dégoût, se transfor-merait-il en Casanova?

 

Le vampire n'est plus tabou

 

    De l'avis de Jean Marigny :

 

    "A l’époque où Bram Stoker écrivait Dracula, il y avait un tabou sur la sexualité et l’on voyait le diable partout. Dans la société victorienne, le vampire ne pouvait être qu’un personnage effrayant et maléfique. La société occidentale contemporaine est devenue infiniment plus tolérante et, sauf cas particuliers, la libération sexuelle est généralement acceptée. Les parents font prendre la pilule à leur fille et achètent des préservatifs à leur fils. La sexualité n’est plus un tabou. Le vampire moderne est plutôt séduisant, éternellement jeune, invulnérable et immortel. Il est donc a priori un objet sexuel idéal et il n’est plus un fruit défendu."

 

    La littérature adolescente ne fait plus dans le fleur bleue. Désormais, les auteurs y évoquent sans détour la sexualité.

 

    "N’oublions jamais la loi sur la censure de juillet 1949 qui "contraint" les publications destinées à la jeunesse dans des normes de non incitation à la violence, au racisme, à la mise en scène "crue" de la sexualité. Les questions sexuelles apparaissent fréquemment dans les romans pour ados et il est important d’en parler. Cela fait, ô combien, partie de la vie et intéresse particulièrement les adolescents "travaillés" comme jamais par ces questions dans leur tête et dans leur corps", analyse Joëlle Turin, écrivain et critique en littérature jeunesse.

 

    Le vampire est aussi l’archétype idéal pour aborder d’autres problèmes adolescents comme la drogue. Jolie figure de style dans Vampire Diaries, la soif de sang humain est perçue comme une véritable addiction, Damon calme ses pulsions à coup de grands verres de whisky. Les héros ressemblent à des camés à l’héroïne, en recherche perpétuelle de leur dernier shoot.

 

    "Si les vampires de la bit-lit (littéralement, "littérature mordante pour jeunes femmes") étaient uniquement des personnages parfaits, ils deviendraient rapidement ennuyeux. Ce qui donne une certaine épaisseur psychologique à des personnages comme Stefan et Edward, c’est qu’ils sont en butte à un conflit intérieur. Ils veulent être humains mais ils doivent sans cesse lutter contre leur instinct vampirique et ce combat ressemble à celui que doit affronter le drogué qui veut se libérer de son addiction", décrypte le spécialiste des vampires.

 

Les ados accros à la dystopie

 

    Après avoir abreuvé nos charmants ados d’histoire de vampires jusqu'à plus soif, le monde de l'édition jeunesse s'est retranché dans un nouvel univers: celui de la dystopie. Un genre mineur de science fiction qui dépeint la lutte pour la liberté de héros atypiques dans une société d'oppression ou des univers post apocalyptiques.

 

    La dystopie, en réalité tout le monde connaît déjà, avec le très précurseur Meilleur  des Mondes d'Aldous Huxley, (écrit en 1932) ou encore 1984 de Georges Orwell. Des grands titres qui ont donné leurs lettres de noblesse au genre et ont drainé dans leur sillon tout un tas d'ouvrages plus ou moins réussis, destinés généralement à un public de jeunes adultes à tendance conspirationniste...

 

    Mais si tout le monde connaît les grands classiques et les sagas de gare, la grande nouveauté c'est bien de voir ce genre visité par la littérature jeunesse. Avec Hunger

 

Games, littéralement "Les jeux de la faim", de Suzanne Collins, saga contre-utopique pur jus particulièrement cruelle, la dystopie fait sa grande entrée dans le roman adolescent.

 

    La trilogie retrace les aventures de Katniss Evergreen, adolescente de 16 ans vivant dans une Amérique post apocalyptique du nom de Panem. Dans cet univers anxiogène, où chacun doit lutter pour survivre, le gouvernement lance un jeu télévisé, les Hunger Games, des combats à mort entre deux enfants de 12 à 18 ans issus de chaque district de la ville.

 

Angoisse ambiante ou réinterprétation?

 

    Un concept particulièrement trash qui relègue Harry Potter et ses gentils combats contre les dragons au rang de trip initiatique pour débutant. Le titre est un véritable succès outre-Atlantique avec 7 millions d’exemplaires vendus.

 

    En France, il est en passe de devenir le nouveau phénomène de littérature adolescente, 100.000 exemplaires ont été écoulés pour le premier tome, et près de 40.000 pour le troisième qui vient de paraître. Pour Natacha Derevitsky, directrice d'édition chez Pocket Jeunesse qui a fait le pari d'éditer les Hunger Games :  

 

     "L’émergence de ce type de roman tient aussi à un environnement culturel, cela  vient d’une certaine anxiété, d'une angoisse ambiante que ressentent les auteurs, notamment avec le nombre de catastrophes naturelles et leurs effets relayés extrê-mement vite par les médias. Ce qui fait qu'on a eu plein de titres d’un coup, et qu'il y a maintenant une vraie famille de titre dystopiques pour les jeunes.»

 

     Xavier D'Almeida directeur de la collection dans laquelle sont édités les Hunger Games décrypte lui la tendance différemment :

 

    "On assiste à une réinterprétation de genres qui étaient réservés à la littérature adulte. Beaucoup de romans pour jeunes ont adapté des recettes de certains genres, comme les romans de vampires ou de SF. Avec la dystopie, c’est la même chose. On a ajouté plus de romance, rendu l’histoire plus accessible et moins technique. Enfin, il y a le regard que va proposer la dystopie sur la société actuelle, sur un monde qui aurait dérivé."

 

La qualité, plus que le genre

 

    Le regard critique, un nouvel ingrédient de la littérature de nos jeunes ? La simple lutte contre les forces du mal, trop premier degré, serait donc devenue complètement tarte pour les ados ? La littérature dystopique paie tout de même son tribut au précurseur à baguette, assure Xavier D'Almeida:

 

    "C’est Harry Potter qui a tout changé. On a arrêté d’essayer d’éviter les sujets plus durs, comme la mort ou la rébellion. Avant, il y avait une espèce de réflexe de protection de l’enfance qui exerçait des tabous sur la littérature jeunesse. Avec la littérature d’ado de maintenant, on peut dépasser ces tabous, se confronter à des choses plus dures et plus sombres."

 

    Pour autant les professionnels reconnaissent que ce n'est pas seulement cette deuxième lecture qui a déclenché le succès d'Hunger Games, dont la critique de la société peut dépasser certains jeunes lecteurs.

 

    Ce qui fait réellement le succès de la trilogie tient dans une écriture extrêmement maîtrisée et froide, bien en dehors du mélo, qui dépeint des situations dramatiques intenses avec un véritable triangle amoureux et un personnage principal particu-lièrement réussi.

 

    "L'héroïne n’est pas une héroïne conventionnelle, romanesque ou effacée comme on avait l’habitude d’en voir dans les autres ouvrages, ce n’est ni une fée, ni une princesse mais un personnage féminin qui prend vraiment son destin en main", explique Xavier D'Almeida.

 

 

L'offre crée la demande

 

    Hunger Games s'imposerait ainsi par ses qualités narratives. Son genre, sa violence  et son contexte créatif, seraient à mettre au second plan, et ne devraient en aucun cas être perçu comme une demande de violence toujours plus extrême de la part de nos jeunes lecteurs.

 

    "Dans notre métier, c'est l'offre qui crée la demande», confirme Natacha Derevitsky. La trilogie dystopique de Suzanne Collins, est donc bien l'exception qui a lancé la règle. Presque tous les manuscrits qui atterrissent sur le bureau des deux deux éditeurs de Pocket Jeunesse désormais sont de savants mélanges d'univers Fantasy ou vampi-riques ... tous passés à la sauce dystopiques.

 

    "Avec l’apparition de Hunger Games, la dystopie est devenue le troisième genre de référence de la littérature jeunesse après les magiciens et les vampires", explique Xavier D’Almeida.

 

    Le roman pour ado devrait donc continuer de bercer ses lecteurs de douces désillusions en leur offrant à découvrir des univers où l'amour est interdit (Delirium de Lauren Oliver), où la société contrôle tout de votre vie (Promise de Ally Condie ) et où le fait d’être laid est interdit par la loi (Uglies de Scott Westerfeld).

 

    Pas de panique. Pour la critique Joëlle Turin, le lecteur, pour autant qu'il soit jeune,  ne perd en aucun cas pied dans la fiction.

 

    "Les représentations de la violence ou de la sexualité sont comprises par les lecteurs comme des «représentations» et non pas comme la réalité ou un miroir fidèle  de la réalité. Elles peuvent déranger, voire blesser au moment de la lecture mais elles ne laissent pas de cicatrices, elles suscitent une élaboration, une mise à distance, une activité du lecteur qui n’est en rien passif et dupe.»

 

    Une mise à distance qui, il faut l'espérer, fonctionne toujours lorsque l'on passe à l'image. La plupart des grands succès de la dystopie ont tous prévu d'être adapté à l'écran. Pour Hunger Games dont on a pu voir les premières images, la sortie est prévue courant 2012.

 

par Laura Guien et Stéphanie Plasse

( Slate -  4 septembre 2011 )

 

http://www.slate.fr

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 20:03

Fichier:Alain Surget-Nancy 2011.jpg

Beaucoup de gens, de professeurs de français, pensent à tord qu’Alain Surget, s’est inspiré du lai, « Bisclaret », de Marie de France pour écrire son excellent roman, « Le renard de Morlange. »

Alain Surget  m’a expliqué comment il a travaillé.

« En ce qui concerne le Renard de Morlange, je dois avouer que je ne me suis aucunement servi du lai du Bisclavret, mais tout simplement de la légende du Renard de Morlange qui court en Lorraine depuis plusieurs siècles. J'ai d'ailleurs habité pendant 25 ans à Fameck, lieu de ce fameux conte. Mon seul ajout a été d'insister sur la vie du renard et de lui laisser son esprit humain, sans quoi l'histoire ne peut exister. Si tu cherches dans Contes et Légendes de Lorraine, tu retrouveras ce conte. À noter qu'en France, on  l'appelle le Renard de Morlange, alors qu'en Allemagne où le conte est également connu, on l'appelle Der Graf von Morlingen c'est-à-dire qu'on porte l'accent sur l'homme, sur le comte. »

Le renard de Morlange (Nathan Poche) :

L’histoire : Violences, humiliations : rien n'arrête le cruel comte de Morlange. Rien ? Jusqu'au jour où un vieil ermite lui prédit que, s'il ne change pas sa conduite, il sera transformé en jeune renard les nuits de pleine lune... tout en conservant son esprit humain, et ainsi jusqu'à ce qu'il ait fait pénitence ! Si Renaud de Morlange est un fin chasseur, renard a, lui, bien des choses à apprendre pour affronter les dangers de la forêt...

Néanmoins…

je ne peux que vous conseiller de regarder le magnifique court métrage en vitrail d’Emilie Mercier, film de 14 mn fidèle au texte d’origine.

Bisclavret

http://videos.arte.tv/fr/videos/bisclavret_-4060780.html

Une dame, épouse d’un baron, s’aperçoit que celui-ci disparaît de temps à autre des nuits entières, et le questionne. Il lui avoue que ces nuits-là, il se transforme en un loup-garou sanguinaire…

Une dame, épouse d'un baron, s'aperçoit que son mari s'absente souvent et le questionne. Il lui avoue qu'il se dénude et devient Bisclavret. Transformé en loup, il saccage, pille et tue. Effrayée et prise de dégoût, la dame révèle ce secret à un chevalier qui lui fait la cour depuis longtemps. Elle s'offre à lui et lui demande de récupérer les habits du Baron pendant l'une de ses sorties nocturnes, le condamnant ainsi à errer sous son aspect animal. Un an plus tard, lors d'une chasse, le roi capture ce loup qui se jette à ses pieds pour implorer grâce, dans un élan qui semble humain. Ramenant l'animal prodigieux au palais, celui-ci s'y intègre et devient le fidèle compagnon du roi. Mais un jour il croise la dame, se jette sur elle et lui arrache le nez. On la soumet alors à la torture pour tirer l'affaire au clair. Elle avoue tout : les vêtements sont rendus au Bisclavret qui reprend forme humaine. La dame et son second mari son bannis du royaume.

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 15:36

 

Comme vous le savez la littérature jeunesse a été placée à la marge des programmes scolaires et les classiques effectuentun retour en force.

 

Les effets n'ont pas tardé à se faire sentir : recul des tirages, droits d'auteur en diminution, éditeurs faisant le ménage dans leurs catalogues et enlèvant certains titres pourtant excellents (exit du catalogue Bayard, « La musicienne de l'aube », le dernier Christian Léourier, « Le puits des âmes »...).

 

Doit-on s'inquiéter ? 

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Published by Le cédéiste - dans La LITTERATURE JEUNESSE
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POURQUOI ce BLOG ?

 Le BLOG consacré
aux AUTEURS,
à la LITTERATURE JEUNESSE
et à L'ECRITURE
.

Enfants 1 199La lecture est une nécessité dans le monde moderne. Elle permet de maîtriser la langue, de développer l’imaginaire, de structurer la pensée, d’accéder au savoir, d'acquérir du vocabulaire... C’est pourquoi parents et enseignants se lamentent lorsque les enfants ne lisent pas et les ados encore moins. Pourtant, ils prendront PLAISIR à lire... pur cela, il suffit de les juindécembre2010 225aider à ouvrir la porte.

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  

 

 Avec ce blog, j'aimerais :
 * faire découvrir la littérature jeunesse,l'écriture et les auteurs pour la jeunesse
partager une passion et pourquoi pas donner envie de lire et de rêver entre les pages.  

juindécembre2010 260Le livre est une véritable source de plaisir, de joie et d'émotion. Beaucoup d’élèves disent ne pas aimer lire. Je ne suis pas loin de penser que TOUS aiment lire, sans exception ! Le plus difficile pour eux est de parvenir à trouver dans la masse, LE livre, celui qui ne va pas les endormir… juindécembre2010 227LE LIVRE, celui qui va leur "parler", le livre qui leur correspond, le livre qui va leur remuer les tripes, les boyaux, les neurones, la tête !!!  

Enfants 1 178-copie-1Personne n'aime lire toutes les histoires, tous les livres. Evidemment. Il existe donc des "critères" à appliquer pour trouver et emprunter la perle, le livre qui va faire définitivement plonger dans le plaisir de lire !

Dans le livre on fait de merveilleuses rencontres, on découvre plein d'amis, on voyage, on s'ouvre sur le monde, on vit des aventures que l'on ne connaîtra jamais dans la vie de tous les jours : on embrasse des princesses, on escalade des rochers, on "zigouille" les méchants, on galope sur des chevaux lancés à la poursuite de terribles bandits ... bref, on fait de fabuleux voyages pour... "sourire, rêver et aimer" (Lisez "Le type" de Philippe Barbeau.) !!

Enfants 1 258Dans ce blog, il sera question des hommes et des femmes qui écrivent : les écrivains pour la jeunesse. Les ouvrages de littérature jeunesse de qualité seront présentés, racontés, "décortiqués"...
Vous lirez des interviews de professionnels, vous découvrirez des portraits, le monde de la chaîne du livre (éditeurs, imprimeurs, libraires...), vous trouverez également des conseils, vous ferez des rencontres, participerez à des débats, vous lirez des expériences d'animations pédagogiques autour des livres, vous découvrirez des "paroles" d'élèves, d'enseignants, des textes et.... plein d'autres choses encore !

juindécembre2010 224

 Brigitte Coppin 015
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    "Les gens qui aiment lire sont rarement des salauds !"
Xavier-Laurent PETIT
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  SPECTACLES

   

  "Salomon, vous vous rendez-compte ?"

de Christophe Boutier

 

spectacle radeau 010 

 

Sa majesté des couches"

de Christophe Boutier  

 

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  Une comédie en V actes écrite et mise en scène par Christophe Boutier

L’histoire de la séduction, de l’enfant et de sa famille depuis la préhistoire jusqu’à l’enfant-roi du XXIème siècle.

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Sur scène, il y avait :

- 14 comédiens 

- Six musiciens professionnels dont Michel Léger, accompagnateur de vedettes de la chanson et du cabaret, telles que La Bande à Basile, Daniel Guichard, Zanini, Jean Constantin, André Aubert (Don Patillo)...

- la chorale du collège de Xavier Bélanger (professeur d'éducation musicale qui a mis en musique le spectacle) qui a interprété des chansons de variété en rapport avec l'enfance.

- des projections murales assurées par les élèves de l'option image (Eddy Dabrigeon...) du collège, option dirigée par Cécile Cotten,  professeur d’Arts plastiques.

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Les spectacles précédents

 

2013- Le temps du maquis"

2012 - "Salomon, vous vous rendez compte ?"

2011 - "Sa majesté des couches"(Gannat)

2010 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes"  : 2ème épisode (Gannat)

2010 - "Un zèbre sur la banquise" (Gannat)

2009 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes " : 1er épisode (Lapalisse)

2008 - "La farce vaudevillesquement tragique de la chambre forte du jugement dernier. " (Lapalisse)

2007 - "Le terrier zeixcoussois en Zinzinmouli ou la complainte des comédiens en danger" (Saint- Prix)

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    Un grand MERCI donc à tous les écrivains jeunesse
 que j'épuise et à qui je donne mal à la tête !!!
Ah ! Ah !!

Enfants 1 224Christian Grenier, Eric Boisset, Alain Grousset, Alain Surget, Béatrice Nicodème, Anne-Marie Desplat-Duc, Susie Morgenstern, Arthur Ténor, Hubert Ben Kemoun, Jean-Côme Noguès, Marc Séassau, Fabrice Colin,  Lorris Murail, Roger Judenne, Philippe Barbeau, Anne Ferrier, Evelyne Brisou-Pellen, Eric Sanvoisin, Christophe Léon, Jean-Luc Luciani, Béatrice Egémar, Magali Herbert, Guy Jimenes, Jean-Claude Mourlevat, Raymond Perrin, Jean-Baptiste Evette, Marc Cantin, Claire Gratias, Christophe Miraucourt, Xavier Bascour, François Librini, René Gouichoux, Yaël Hassan, Jean-Marc Ligny, Marie-Aude Murail, Cécile Roumiguière, Brigitte Coppin, Dorothée Piatek, Sophie Audouin-Mamikonian, Fanny Joly, Johan Héliot, Jack Chaboud, Jean-Luc Marcastel, Stéphane Daniel, Emmanuelle et Benoît de Saint Chamas, Jean-Paul Gourévitch, Michèle Laframboise., Florence Hinckel, Christophe Loupy, Lénia Major, Viviane Koenig, Marie Mélisou..

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... évoque le BLOG sur la littérature jeunesse.

 

"Des conseils pratiques de pro à pro, des interviews délicieuses et des
articles écrits par des écrivains ou des éditeurs, des bibliographies,
des réflexions sur la littérature jeunesse, des coups de coeur et
 des anecdotes...On trouvera tout cela (!) sur le blog de C
hristophe
Boutier, professeur documentaliste  au collège de Gannat (Allier).

Les petits articles de réflexion sur certains aspects de la littérature
jeunesse sont parmi les plus intéressants, d'autant plus qu'ils soulèvent
parfois des points souvent peu vus : les genres relevant de l'imaginaire
et les critères de classification (science fiction, fantasy...), les styles
d'écriture (classique, moderne…), ou encore le souci de la véracité dans
les romans historiques jeunesse.

En plus de cela, on trouvera une liste impressionnante de sites
d'écrivains  et des ressources diverses et variées qui émaillent les
articles (liens vers des  sites de séries jeunesse, des conférences
en ligne...), des « trucs et astuces » de Doc pour aimer et faire
aimer la lecture, des bibliographies...

Si la mise en page gagnerait à être un peu plus claire et lisible, le côté
bric-à-brac (où on flâne volontiers de longs moments) perdrait de son
charme...

Par un prof-doc amoureux et défenseur acharné de la littérature
jeunesse.
"

 

Rubriques

CULTURE au CDI de Gannat

Collège de Gannat (03)

" Fête de la culture, de la lecture et de l'écriture"

  Mai 2013 - 4ème édition

Eric Boisset 

Mai 2013 145

ArthuArthur Ténor 024r Ténor

Alain Surget 

Alain Surget 053

 

Mai 2012 - 3ème édition

 Jean-Luc Marcastel

jean-luc-MARCASTEL-010.jpg

Brigitte Coppin 

      Brigitte-Coppin-013.jpg

 

Mai 2011 - 2ème édition

Philippe Barbeau, Christian Couty

juindécembre2010 236

Béatrice Nicodème

 

juindecembre2010-245.jpg

 

Juin 2010 - la 1ère édition :

 

Alain GROUSSETet Christian GRENIERétaient parmi nous pour évoquer la Science-Fiction (SF) etpour débattre des nouvelles technologiesqui pourraient "tuer » les livres...

 Enfants 1 196

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Le nouveau spectacle du collège

Joseph Hennequin de Gannat, dans l’Allier.

 

 

La troupe de théâtre du collège Hennequin, composée cette année de 30 comédiens issus des quatre niveaux de classes, a réalisé un film (un vrai ! en noir et blanc)écrit par Christophe Boutier, professeur documentaliste, « Le temps du maquis» (vendredi 14 juin 2013, centre socio culturel de Gannat). Xavier Bélanger, professeur d’Education musicale, assurera la mise en musique.

Ce film présente la dure réalité de la vie quotidienne et clandestine, au milieu de la forêt,d’hommes et de femmes – les maquisards - remarquablement courageux qui recoururent, au péril de leur vie, à la guérilla pour s’attaquer à la milice du Maréchal Pétain et aux troupes d’occupation allemande.

Ce spectacle entre dans le cadre du projet « Devoir de mémoire », une option du collège menée en classe de 3ème. Les 16 élèves de cette option dirigée par M. Bellet, professeur d'Histoire, présenteront la soirée :

En 1ère partie, un court métrage : Roger VENUAT, résistant dans le maquis de Hérisson (Allier, 03), au collège Joseph Hennequin.

En 2ème partie, la pièce de théâtre, « Le temps du maquis »

ENTREE GRATUITE

  

QUI SUIS-JE ?

Je suis Christophe BOUTIER, professeur documentaliste au collège de Gannat (1 rue Joseph Hennequin. 03800 GANNAT) , dans l’Allier, en Auvergne.

Passionné par la littérature jeunesse, l'écriture, la lecture... j'ai découvert, grâce à ma profession cette littérature - une vraie littérature ! - qui comporte de magnifiques textes. Et derrière des mots adressés, peut-être davantage aux enfants, aux adolescents - quoi qu'un bon texte doit pouvoir être lu par tous sans aucune histoire d'âge ! - se cachent des écrivains adorables, des personnes d'une incroyable richesse humaine, intellectuelle et culturelle, des gens de talent que j'ai/j'ai eu la chance pour certains de côtoyer !

Aujourd'hui, j'éprouve le besoin de partager mon amour des auteurs jeunesse et de leur oeuvre ! je compte également sur vous lecteurs pour faire vivre ce blog, mutualiser nos expériences, nos connaissances, nos réflexions et... débattre.

 
Mon autre BLOG, celui du CDI du collège de GANNAT :
http://www.cdi.gannat.over-blog.com