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Présentation

  • : Le blog de CHRISTOPHE BOUTIER, professeur documentaliste au collège de St Germain-des-Fossés, dans l'Allier
  • : Blog qui a pour objectif de parler de la littérature jeunesse, des écrivains jeunesse... pour donner le goût de lire aux adolescents. L'objectif est également d'intéresser à la culture. Il s'agit aussi de faire découvrir cette littérature à part entière aux adultes.
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Le Vampire Du Cdi

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  • Je suis le "VAMPIRE d'un CDI" auvergnat !

ANECDOTES

Pierre BOTTERO,

le Seigneur des ados !

 

Pierre Bottero était fier d’être un auteur jeunesse - une littérature qui n’a rien à envier en qualité à la littérature « vieillesse. » S’il n’était pas qu’un auteur de fantasy, il faut bien reconnaître que c’est à cette littérature de l’Imaginaire qu’il dût son incroyable succès !

Dès l’enfance, il tombait dans la marmite de la fantasy. Il dévorait Tolkien (Un choc ! S’en suivi, plus tard, l’idée que la fantasy ne pouvait s’écrire que sous la forme d’une trilogie), Zelasny, Farmer, Moorcock, Vinge, Howard… Les grands noms qui allaient lui permettre de devenir l’auteur que nous connaissons. Plus tard, il appréciera les auteurs « jeunesse » tels que Erik L’homme, Hervé Jubert, Fabrice Colin ou Philip Pullman, Eoin Colfer pour ne citer qu’eux. Il n’y a pas de concurrence en littérature jeunesse, les auteurs s’apprécient, se côtoient, se téléphonent, se rencontrent, se parlent, rêvent ensemble d’histoires communes. Ainsi Erik L’Homme et Pierre imaginaient ensemble, « A comme assassins »…

De ses lectures, Pierre Bottero ne devait pas ressortir indemne.

C’est par hasard qu’il se lançait dans l’écriture, pour aider sa fille qui séchait devant un concours d'écriture : il rédigeait quelques pages sur son ordinateur, se piquait au jeu, poursuivait (son épouse réclamait la suite), envoyait le texte à un éditeur qui le publiait... Il était dit qu’il n’arrêterait plu. Marqué à tout jamais par Tolkien, il était évident qu’un jour, il s’essaierait à la fantasy. C’est ainsi que naquirent « La quête d’Ewilan », « Les mondes d’Ewilan » et « Le pacte des Machombres. »

 

 

 

Pierre Bottero se fichait éperdument du cadre dans lequel on allait placer ses romans. Mais pour les « techniciens, l’auteur lui-même évoquait la Low Fantasy. Il s’agit d’une low fantasy - inspirée par ses jeux d'enfant, ses rêves d'adulte, ses lectures et les émotions ressenties au quotidien - dans laquelle existe un équilibre entre le bien et le mal, le courage, la volonté et la détermination où domine le désir de tout ramener à des intérêts individuels (égoïsme forcené, aveuglement quant à la mise en danger des équilibres…). Un parallèle pourrait d’ailleurs être établi entre le chaos décrit et notre monde réel. Mais attention. Les propos de Pierre ne demeurent pas sombres, ils restent optimistes. Pour avancer ! Avec pour personnages principaux des… femmes. Pierre était fondamentalement féministe. Il aimait à dire qu’il y avait moins de « cons » chez elles que chez les hommes. Toutefois, Pierer Bottero n’a jamais cherché à donner des leçons, il se méfiait trop pour cela des « transmetteurs » de valeurs et des donneurs de leçons. Le livre était pour lui un objet de partage.

Ce partage, il l’avait avec sa famille qui appréciait ce qu’il écrivait et qui le rassurait : Claudine, son épouse, ses deux filles lisaient ce qu’il écrivait avant publication.

 

 

 

Lorsque Pierre Bottero était invité dans un salon du livre pour une dédicace, il faisait partie des auteurs les plus demandés (il ne faisait pas bon signer à côté de lui !) : les impressionnantes files d’attentes composées de lecteurs (jeunes et moins… jeunes !) en témoignaient. C’est avec émotion qu’ils recevaient tous les messages de sympathie et… d’amour. Ses livres touchaient, ses histoires permettaient le partage et faisaient rêver, Pierre vivait alors une aventure … magique.

Il avait beau affolé le compteur des ventes, ce qui avait un réel impact sur lui, c’était :  de percevoir la flamme dans les yeux de ses « fans » (euh ! il n’aimait pas le mot), de recevoir leurs avis, de parler avec eux.

Tant d’amour le gonflait à bloc et lui transmettait une énergie positive.

C’est pourquoi, ce succès (qui lui permit d’abandonner son métier d’instituteur) qu’il percevait intensément, à la fois avec bonheur (évidemment !) et tranquillité, lui donnait également un sentiment de responsabilité. Ainsi, s’il savait se montrer reconnaissant envers ceux qui l’avaient aidé à améliorer son écriture (Caroline Westberg, son éditrice chez Rageot), il avait également de la considération pour ce public à qui il devait tant. Quand vous rencontriez Pierre, assis derrière sa table de dédicace, vous aviez le sentiment qu’il n’attendait que vous ! Pierre veillait soigneusement à être proche de son « public », un de ses… bonheurs. Il respectait humainement ses visiteurs et ses lecteurs en leur offrant des histoires dont il voulait qu’elles évitent facilité et démagogie. Il apportait ainsi beaucoup de soin et d’exigences aux corrections, un travail exigeant, vorace en temps et en énergie.

 

L’écriture de Pierre Bottero avec « Le pacte des marchombres » avait atteint une belle maturité. C’est ce que Pierre lui-même soulignait quand il affirmait que « c’est en écrivant qu’on apprend à écrire. » En effet, cette dernière trilogie qui met en scène le personnage d’Ellana est moins légère, plus complexe, que celle de « La quête d’Ewilan » : l’auteur avait eu le sentiment d’avoir grandi, évolué et de s’être trouvé, un sentiment accompagné par le désir de partager encore davantage avec le lecteur. Pierre Bottero était un homme intègre, voilà pourquoi il continue d’être autant aimé. A la lecture de ses trilogies, cette sincérité transpire. Pierre prenait un immense plaisir à écrire, à « rêver », à imaginer le monde (issu d’un vieux rêve de liberté absolue) d’Ewilan, d'Ellana. Il prenait un immense plaisir lorsque d’autres que lui se baladaient dans "ses" mondes. Pierre Bottero écrivait pour être lu mais aussi pour explorer des contrées inconnues (se connaître lui-même ?) et entraîner à sa suite tous ceux qui étaient tentés par l'aventure... Quand il mettait le point final, c’était à la fois une joie (celle d’avoir terminée et d’être satisfait du résultat) et une déchirure (celle de quitter l’univers crée)… Un sentiment d'être coupé d'une part de soi-même avec l’irrésistible envie de replonger très vite.

 

Pierre le « poète » accordait beaucoup d’importance au travail de réflexion qui précède l’écriture. Lorsqu’il attaquait le premier chapitre d’un roman, la trame générale était dans son esprit, il connaissait très bien ses personnages. Ensuite, plongé dans le cœur du roman, il écrivait sans arrêt, du matin au soir, parfois pendant la nuit. Puis, il pouvait ne plus écrire pendant des semaines Enfin, presque car il écrivait toujours… dans sa tête. Quand il n’écrivait pas, il écrivait sans écrire. Pierre était un homme normal qui aimait lire, courir, menuiser, bucheronner, voyager, rencontrer, parler, rêver… et sourire ! Ah, ce sourire !I

L’écriture de Pierre était une écriture « vraie », sans complaisance, une écriture qui venait des tripes, un cadeau offert au lecteur. Il n’était satisfait que si les mots qu’il employait correspondaient réellement à ce qu’il souhaitait écrire. Cette honnêteté, il la devait à ses lecteurs. Pierre était un travailleur qui reprenait, sans cesse, son récit, la cohérence, le fond, la forme… C’est pourquoi il prenait grand soin, malgré les pressions des lecteurs, de ne pas chercher à publier, à tout prix, trop rapidement. Il était persuadé qu’il valait mieux patienter et faire patienter plutôt que de se décevoir et décevoir. Il pendait qu’il fallait laisser le temps à l’histoire de pousser, à son rythme...

 

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   "Le Loup à la voix de miel"
Marc SEASSAU (Grasset jeunesse)

J’ai fait venir dans le collège où je travaillais alors, l’écrivain Marc Séassau.  La journée fut belle et pleine d’émotion notamment lorsque Marc anima une rencontre à deux voix (j’adore organiser ce genre de rencontres : 2 auteurs face à une classe en même temps !) avec Jean-Côme NOGUES qu’il avait adoré lire lorsqu’il était ado.

Marc Séassau a écrit ce roman « Le loup à la voix de miel » parce qu’il a été marqué par sa convocation comme juré dans une affaire de viol. Dans son récit, il narre l’entrée en 6ème d’une petite fille qui, anonymement, dépose des extraits de « Peau d’âne » dans les poches, de sa « marraine », une élève de 3ème.  L’appel au secours était évident !

Cette rencontre a déclenché un phénomène pour le moins inattendu dont j'ai été le témoin, involontaire : il m'a fallu trois semaines pour comprendre ce qui m’arrivais !

Je trouvais régulièrement par terre, dans le CDI, toujours disposées par deux, des photos représentants des scènes classiques de la vie d'une famille avec une de nos élèves de 6ème (anniversaires...). J'ai évidemment rendu ces photos à l'élève qui, agressive, semblait ne pas comprendre pourquoi je détenais son bien. C'est tout juste si elle acceptait de reconnaître qu'il s'agissait d'elle sur les clichés ! Ces scènes se sont régulièrement reproduites ( trois, quatre fois pendant trois semaines) jusqu'au jour où j'ai eu un déclic  : une seule photo sur le sol évoquant la petite sur les genoux d'un homme. J'ai de suite compris (Peau d’âne !), j'ai alerté l'infirmière, la Principale du collège... Cette élève avait eu l’idée de reproduire ce que l’héroïne du roman faisait.
Voilà ce qu'uns simple rencontre d'écrivain peut entraîner en dehors du plaisir de lire.
Le roman avait libéré la parole de l’élève !


Nous en avons évidemment parlé avec Marc Séassau qui était évidemment KO : comment ne pas l'être ? Il avait écrit ce roman un peu dans un but pédagogique mais quand la réalité dépasse la fiction...

Recherche

PERLES de LECTURE

 Le collège de Gannat

 a voyagé dans le temps !

 

 Après la lecture des romans historiques jeunesse de Béatrice Nicodème....

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« Oyez ! Oyez gente dames et damoiseaux ! Entrez dans le Moyen Age ! » Ainsi s’est écrié le troubadour, jeudi 9 juin 2011, dans la plaine gannatoise : deux cent élèves de 5ème du collège Hennequin et CM2 des écoles du Malcourlet, de Pasteur et de Jean Jaurès ont bravement et « prestement » effectué le « pas sur le côté » pour revêtir leur cotte de maille et ainsi plonger en plein XIVème siècle.

  

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  Pour rendre vivant et attractif le Moyen Age, période étudiée en classe et encore largement visible dans la cité des portes occitanes, Gannat, douze comédiens et cascadeurs professionnels de la compagnie toulousaine ARMUTAN, ont chevauché leurs destriers pour répondre à l’olifant de Christophe Boutier, professeur documentaliste, initiateur de cet imposant projet, « Cultures, loisirs et genres de vie au Moyen Age », un projet fédérateur d’énergie d’une année.

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Un campement faits de plusieurs tentes, de peaux de bêtes, de râteliers d’armes, de tonneaux… a été établi dans la partie herbeuse et arborée de l’établissement scolaire. Les écuyers – élèves, aux yeux brillant de plaisir, répartis en six « compagnies » de « routiers » qui répondaient au nom d’un  célèbre homme de guerre, du Guesclin, Prince noir ou bien d’un roi, Philippe Auguste…ont défilé avec leurs bannières dans les sept ateliers pédagogiques pendant six heures.  Ainsi, ils ont été initiés à l’archerie, au maniement des armes, au combat rapproché, à l’héraldique – l’art de faire son blason – à la danse, aux instruments et à la musique, à la jonglerie… Le capitaine « Barbepeste » et ses sbires ont alors conquis la « piétaille » qui après explications et démonstrations, devait mettre en pratique l’enseignement de leurs maîtres…  

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 Les corps fatigués furent réparés par le succulent banquet médiéval régional (tortillons gannatois, galichons d’Escurolles, fromages de chèvres de Bellenaves, Fraises bourbonnaises sur lit de fromage blanc de campagne de Cérilly étaient inscrits sur le très beau papier imprimé à l’ancienne par le moulin Richard de Bas ), pris en musique, et proposé par le chef, Sylvain Bruno. Une projection d’images, capturées dans la matinée, proposées par les élèves de l’atelier image du collège lors du repas, a également ravi les convives.

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En fin d'après-midi, les petits occitans, tout sourire, étaient regroupés pour assister à un spectacle de jongleries burlesques proposées par « Grand mètres Yann »,  à de la poésie lyrique, et à une impressionnante saynète de combats à l’épée accompagnée par la musique du groupe DAYAZELL.

 

Quel bonheur ! Quelle joie d'avoir vu les yeux des enfants pétiller de plaisir ! Quel  moment de vie ! Il ne fait aucun doute que cette journée unanimement saluée comme étant extraordinaire restera gravée dans les mémoires.

  351.JPG Alors, un grand MERCI à tous ceux qui ont participé à la réussite du projet ! Les personnels du collège Hennequin, la mairie de Gannat, les mécènes, les comédiens si sympathiques et bien sûr…les élèves !

 

Pour en savoir davantage :

 

RV sur le blog du collège de Gannat (03),

une 100e de photos...

 

http://cdi.gannat.over-blog.com/

 

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A propos de ce blog !

 

Lu dans « La nouvelle encyclopédie des filles 2011 » de Sonia Feertchak ((Plon)

 

« Le blog passionné et passionnant d’un professeur documentaliste  fou de littérature jeunesse, pour « sourire, rêver, aimer ». Des articles vivants sur la lecture, qui donnent envie de découvrir plein de livres et autant d’auteurs

 

 

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A lire, vraiment !




 

 

 

 

 

 

 

 

   

A travers de nombreuses anecdotes Christian Grenier évoque son enfance placée sous le signe du théâtre et de la lecture, son adolescence marquée par l'écriture et la passion. Il relate son parcours d'enseignant, d'auteur mais aussi de lecteur-correcteur, journaliste, scénariste et directeur de collection. Il se penche également sur les mécanismes intimes de l'imaginaire, détaille la genèse de ses oeuvres et fait pénétrer le lecteur dans les coulisses de l'écriture et de l'édition. Enfin il s'interroge sur les principes qui font d'une fiction un récit pour la jeunesse. Regorgeant de confessions, de convictions et de passion, ce témoignage d'une vie consacrée à la littérature jeunesse se lit comme un roman.
 

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Le MOT du JOUR : ......

    "Des millions de gens vivent sans lire, mais ce qu'ils ignorent,

c'est qu'on vit infiniment plus en lisant."

Xavier-Laurent PETIT

  

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Je vous livre l'adresse du blog de mon nouveau cdi et collège : http://colllafontaine.over-blog.com/

 

depuis octobre 2009

 

 

2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 10:04

Pierre Bordagel’auteur le plus reconnu en France au niveau de la SF a mis huit ans avant d’être publié ; ce ne fut fut pas un rêve d’enfant. Il a écrit de la SF sans le savoir, spontanément : à la fac de Nantes, un prof a imposé à ses étudiants « Chroniques martiennes » de Ray Bradbury, ce fut un choc pour Pierre ! Il est emporté dans l’histoire, comme projeté dans un ailleurs… Une sorte d’effet vertige provoqué par la SF.

Qu'est-ce qui attire Pierre Bordage dans le SF ?

·         L’attrait du merveilleux : il convoque le lecteur pour un merveilleux voyage : c'est le décalage par rapport au réel qui intéresse Pierre Bordage. « Viens (au lecteur), je t’emmène dans une aventure… avec des personnages, tu vas découvrir quelque chose que tu une connais pas »

·         La réflexion (la sf a une fonction d’avertissement, tel « 1984 »): le saut socio temporel est fait pour mieux réfléchir sur notre présent : les évolutions technologiques, sociales, religieuses…

·         La réflexion philosophique : qu’est-ce que l’être humain ? La mort…

·         La réflexion sur le temps : le voyage dans le temps, la reconstitution de l’histoire (l’ukronie).

La SF innove davantage, les progrès scientifiques qui entraînent de nouveaux comportements… Pierre Bordage dit de lui qu’il n’est pas un très grand innovateur. Bordage utilise lui le décors de SF, l’anticipation pour réfléchir, lancer les héros dans des aventures incroyables comme dans la mythologie, la fantasy : le space opéra lui parle.

Pierre Bordage est un vulgarisateur qui seréclame de la littérature populaire (il se soucie de ses lecteurs et de ceux qui ne connaissent pas la Sf), de même c'est un conteur  : la SF raconte une histoire (c’est pour cela qu’on accuse le genre de ne point faire parti de la grande Littérature pour laquelle seul le style est important).

De plus, Pierre Bordage s'est commis à écrire de la… littérature pour la jeunesse : « Ceux qui sauront » (Flammarion)... et comme « Les cons, ça ose tout et c’est à ça qu’on les reconnaît » (Audiard) aime-t-il rappeler... C'est Alain Grousset directeur de collection chez Flammarion, qui lui a parlé de sa collection Ukronie : Pierre n'a pu résister à Alain et à son humour.

Aucun éditeur ne lui a demandé de changements structurels à réaliser dans on roman ; par contre, ils sont intervenus sur le plan stylistique  : il reconnaît avoir un tic, une même phrase qu’il aime beaucoup et qui revient dans son texte, un « bordagisme. » L’éditeur alors souligne, met des points d’interrogation… L’éditeur est donc un œil extérieur qui traque la répétition, les phrases pas claires… Il ne s’agit là que de corrections qui ne prennent pas beaucoup de temps. La relation avec l’éditeur est une relation de confiance : le but de l’éditeur est de présenter le meilleur texte possible, ce n’est pas un ennemi. Même si parfois, c’est douloureux pour son ego.

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 10:53

 

 

Anne Besson est universitaire, maître de conférence en Littérature Générale et Comparée à l’Université d’Artois (Arras) et spécialiste de la fantasy sur laquelle elle a notamment écrit un essai très éclairant "La fantasy" (coll. 50 questions, Klincksieck). Elle est également co-fondatrice de l’association Modernités médiévales. Elle organise des cycles de conférences et journées d’études sur la Fantasy, c’est d’ailleurs peu après le colloque « La Fantasy en France aujourd’hui » tenu à Paris les 10 et 11 juin derniers qu’elle a accepté de répondre à nos questions.


Khimaira : Pourquoi parle-t-on de "modernités médiévales", de "médiévalisme", de "neomedieval" en littérature, musique, etc., aujourd'hui ? Qu'entend-on exactement par ces néologismes ?

 

Anne Besson : Pour parler de ce que je connais (la littérature plus que la musique, donc…) : « médiévalisme » et « néomédiéval » sont des traductions, et donc des tentatives pour importer en France des termes existant depuis longtemps aux Etats-Unis. Le « medievalism » y désigne tout un champ de recherches universitaires, très développé là-bas (le rendez-vous annuel de Kalamazoo regroupe plusieurs milliers de communications !), car le travail sur les textes du Moyen Âge n’y est pas coupé de ses prolongements dans les siècles ultérieurs. « Modernités médiévales » est le nom de l’association que j’ai fondée en 2004 avec Vincent Ferré et Anne Larue (voir

www.modernitesmedievales.org) pour contribuer à faire émerger en France ce type d’études – tout en évitant si possible les travers de la recherche américaine, très inégale… Notre idée consistait à introduire des travaux sur la fantasy dans un cadre disciplinaire qui lui donne une légitimité universitaire : en les rapprochant donc des autres exploitations littéraires du Moyen Âge depuis sa « redécouverte » par les romantiques français et les victoriens anglais.

« Néo-médiéval » s’utilise davantage pour désigner la fiction, afin de donner un équivalent français de l’abréviation « medfan », « medieval fantastic », qu’on ne peut pas reprendre tel quel parce que le « fantastique » américain correspond davantage à notre « fantasy », c’est-à-dire, pour parler comme Todorov, au « merveilleux » plus qu’au « fantastique » (ce n’est pas simple !).


K : Vous expliquez que le Moyen-Âge a été choisi par la fantasy d'une part pour son bestiaire fantastique, son imaginaire mais aussi car il représente un "monde intact et préservé"... C'est une explication également valable pour les festivals médiévaux ? Comment expliquer leur succès ?


A.B. : Le bestiaire merveilleux est malheureusement difficile à transposer dans la vie réelle ;-), mais les festivals, fêtes et autres banquets médiévaux, ou encore certains GN et certaines reconstitutions se rattachant à cette période, participent bien d’un goût similaire, et très répandu aujourd’hui, pour ce que semble offrir le Moyen Âge tel qu’on aime à se le représenter : au milieu de motivations très variables selon les activités (goût de l’histoire pour les reconstituteurs, dépense physique pour les adeptes du GN…), les participants semblent partager :
- un désir d’évasion (un monde alternatif qui propose de mettre le quotidien entre parenthèse),
- fortement ludique (on aime se mettre en scène, se déguiser, de plus en plus, rapprocher nos univers de jeux de notre quotidien : le médiéval n’en est qu’une variante, le gothique ou le cosplay manga en donnent d’autres),
- des « valeurs » associées quant à elles spécifiquement au Moyen Âge, qui vont de la proximité à la nature (rejoignant des intérêts écologistes aujourd’hui très partagés) à la convivialité – l’image de la « taverne », liée à la détente et à un contact facile avec d’autres gens partageant les mêmes envies. C’est un peu paradoxal, car le Moyen Âge était socialement très inégalitaire, mais cette période apparaît dans ces occasions de rencontres communautaires comme un « grand égalisateur » : les costumes ne sont pas tous aussi beaux, les contributions ne sont pas toutes aussi abouties, mais chacun peut participer pour peu de s’impliquer un minimum !
Pour plus de développements, via des articles universitaires accessibles consacrés à ces divers aspects, voir : l’article de Gil Bartholeyns et Daniel Bonvoisin sur
les motivations des joueurs de GN et leur perception du Moyen Âge et les articles tirés du colloque « Le Moyen Âge en jeu » (université Bordeaux 3, 2008), sur les JdR, jeux vidéo, reconstitutions, médiations culturelles…


K : La fantasy semble avoir beaucoup de mal à se définir. Toute tentative se heurte à des contours flous ou part dans des directions diffuses aux multiples sous-genres. Évoquer tant de sous-genres, en voir surgir sans cesse de nouveaux, n'est-il pas une façon étrange de définir un genre ? On a l'impression qu'aussi bien les auteurs, les critiques ou les universitaires détournent la question de la définition du tout en
s'arrêtant sur celles des parties, peut-être plus facilement circonscrites ?

 

A.B. : L’impossibilité de la définition est en réalité un problème partagé par absolument tous les genres littéraires : comment être assez large pour tout inclure, et assez précis pour ne pas « déborder » sur les domaines voisins ? La science-fiction en donne un exemple frappant : les études critiques à son sujet s’ouvrent traditionnellement sur une liste infinie des autres ouvrages ayant relevé le défi de la définition, et la question n’est absolument pas réglée ! On peut juger que la démarche est vaine en elle-même, car vouée à l’échec, ou bien, en voyant le bon côté des choses, se dire que ça laisse le champ libre pour d’autres tentatives dans le futur.  Pour la fantasy, une difficulté particulière vient de ce que les anglophones, auxquels nous reprenons le terme, ne désignent pas quand ils l’emploient la même chose que nous : « fantasy » y prend un sens plus large, englobant quasiment tous les genres de l’imaginaire, ce qui ne nous avance guère ! J’ai proposé pour ma part dans mon ouvrage, non pas comme une définition (car je savais à quoi m’attendre), davantage comme un ensemble de traits généralisés (qui seront amendés/contestés/complétés, c’est le but), « ensemble d’œuvres qui exaltent (ou parodient) une noblesse passée marquée par l’héroïsme, les splendeurs de la nature préservée et l’omniprésence du sacré, en ayant recours à un surnaturel magique qui s’appuie sur les mythes et le folklore ». On voit déjà que ça ne marche pas pour l’urban fantasy, pour laquelle il ne faudrait garder que la dernière partie de la phrase, au risque de retomber dans quelque chose de trop général !
J’en viens donc à la question des sous-genres et de leur multiplication : on touche ainsi à une autre difficulté de la définition des genres, qui est l’articulation de la théorie (qu’est-ce que ce genre ?) et de la pratique, en l’occurrence éditoriale (qu’est-ce qui est proposé aux lecteurs sous le label « fantasy » ?). C’est facile en effet de répondre à la 1ère question par la seconde : la fantasy, c’est ce qui se publie sous ce nom, mais, les impératifs commerciaux imposant un renouvellement constant, au moins minimal, de « l’offre » pour ne pas lasser la « demande », on aboutirait ainsi à ce que la définition du genre se modifie également en permanence, ce qui n’est guère satisfaisant… Là encore, pour ne pas être défaitiste, je précise qu’on n’a ce problème que parce que le genre est vivant et même en phase d’hyper-développement. S’il était figé, on serait certes plus à l’aise pour le saisir et le définir : mais il serait mort !

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 10:50

 

K : Autre flou, les origines de la fantasy. Doit-on remonter à tout récit imaginaire ou se limiter au moment où la fantasy est devenu un genre à part entière ?
A.B. :
Pour moi, la réponse est claire : n°2, l’apparition du genre en tant que tel, la seconde moitié du 19ème siècle anglais (même si elle était annoncée en amont, rien ne naissant spontanément du jour au lendemain, de loin par exemple par le poème Paradise Lost de Milton, 1662 je crois, très influent sur les romantiques anglais, ou d’un point de vue réflexif, entre autres par l’essai de Samuel Coleridge, Imagination and Fancy, début 19ème). La fantasy, c’est le retour au merveilleux dans les siècles du désenchantement : cette distance avec ce qu’il essaie de ressusciter est pour moi constitutive du genre. Si l’on décide que les mythes étaient déjà de la fantasy, la question de la définition n’a plus (du tout) de sens…

K : Nombre d'oeuvres fantasy semblent s'inscrire dans une opposition entre la Nature/magie et la Raison. Est-ce là artifices d'auteurs ou une réelle volonté, inscrite dans l'ère du temps ?
A.B. :
Eh bien, cela découle de ce que je viens d’écrire à la question précédente : la fantasy naît après l’avènement de l’esthétique classique (17ème), après l’âge des lumières et le triomphe de la rationalité philosophique et scientifique (18ème), après l’industrialisation (19ème : je vais vite), et naît d’un sentiment de rupture, qui est la conséquence « normale » de ces bouleversements longs, d’avec la nature et la magie qui lui étaient associées. Le rapport entre ces deux catégories, de la raison civilisée et son envers immémorial, constitue donc une des grandes polarités constitutives du genre, et il est normal que les auteurs se consacrent à l’explorer, en tentant de lui donner toujours de nouveaux contours - plus ou moins bien, car ils commencent à être nombreux sur ce créneau, et que du coup on a un peu l’impression qu’ils rabâchent. C’est aujourd’hui un cliché de dire que notre époque a besoin de sacré, de spiritualité, pour compenser un « sens de l’histoire » qui ne prenait pas franchement cette direction.

K : Le genre fantastique semble beaucoup souffrir de la fantasy. Nombre de ses figures ont été récupérées et transformées. On pense au vampire, au loup-garou. Que reste-t-il au fantastique qui n’ait été repris ou transformé par la fantasy ?
A.B. : Effectivement, l’émergence de la fantasy et son succès public ont entraîné une reconfiguration au sein des littératures de l’imaginaire : la science-fiction comme le fantastique souffrent violemment de cette concurrence et se trouvent peu ou prou absorbés par la fantasy. A cela, des raisons de politique éditoriale et de fonctionnement du marché du livre : les éditeurs et les libraires (puis les bibliothèques, les CDI…) doivent proposer aux lecteurs des œuvres identifiables comme conformes à leurs attentes, un « classement », et les auteurs sont bien obligés de s’adapter. Le fantastique avait cependant commencé sa « mutation » en amont, se renouvelant déjà largement sous la plume d’un Stephen King par exemple, et les œuvres « vampiriques », aujourd’hui si omniprésentes, me semblent relever encore de ce fantastique aux frontières élargies. En outre, des œuvres comme celles de Mélanie Fazi en France ou de Graham Joyce en Angleterre, continuent à illustrer le fantastique le plus « classique » qui soit, dans la lignée directe du genre français du 19ème s, des Maupassant ou Mérimée – l’intrusion d’un trouble, dont l’origine reste indécidable, au sein du quotidien familier qu’il vient remettre en question. Mais, nous en discutions encore récemment avec Mélanie Fazi, ces œuvres posent des difficultés de positionnement qui peuvent nuire à leur perception par le public, parce qu’il n’existe plus de « rayon », d’espace, pour le fantastique.

K : Le retard français explique-t-il son originalité ? En France, on a l'impression qu'on a d'abord voulu copier les maîtres anglophones pour ensuite, très rapidement, s'intéresser aux écarts, aux limites du genre?
Contrairement au monde anglophone qui affiche ses Tolkien, Lewis, Zimmer Bradley, Eddings, etc. Comment expliquez-vous l'absence d'oeuvres aussi fortes en France ?
A.B. : La tradition « historique » du genre est anglophone, et quand on a commencé à lire de la fantasy en France, tardivement (Le Seigneur des Anneaux n’est traduit qu’en 1973), c’est ce corpus-là qui a été progressivement mis à disposition : Tolkien mais aussi les américains ou les auteurs plus « pulp », Howard, Leiber, Moorcock… Les auteurs français, qui ont d’abord été des lecteurs (et aussi, bien souvent, des joueurs et/ou scénaristes de JdR) se construisent eux aussi par rapport à ces modèles – ils n’ont pas d’équivalents en France, parce qu’historiquement la littérature merveilleuse y est faiblement représentée (pour des raisons culturelles anciennes : nous serions plus « cartésiens ») : elle a glissé très tôt vers le public jeunesse, ou bien s’est perdue dans le réalisme dominant (Salambô de Flaubert, La Peau de Chagrin de Balzac…)
L’autre grande différence entre les deux aires culturelles qui explique les spécificités de la fantasy française, c’est la conception du métier d’écrivain : pour le dire vite et de façon un peu caricaturale, en Angleterre et aux Etats-Unis (en Allemagne aussi, culture protestante oblige), l’écrivain est un artisan, un « professionnel » qui a intégré les contraintes du marché, tandis qu’en France, l’écrivain est un artiste, dont l’œuvre est l’occasion d’exprimer une singularité personnelle, et qui va dès lors viser l’originalité. Tendanciellement toujours, les premiers auront plus de facilité à respecter des codes de genre, les seconds tendront spontanément à s’en éloigner, et c’est un fait que chez les écrivains français aujourd’hui on ne trouve pas ce qui plaît pourtant le plus au public, de la bonne vieille quête épique ! Les quelques exemples qu’on a pu en avoir aux débuts de la fantasy française (les premiers Fabrice Colin, Loevenbruck, Grimbert…) s’expliquent en bonne partie par le contexte éditorial : celui du « premier Mnémos », alors dirigé par Stéphane Marsan et issu de Multisim, des éditeurs de jeux de rôles, qui cherchaient à publier un type spécifique de fantasy et encouragaient les écrivains dans ce sens. Les auteurs français d’aujourd’hui privilégient en effet l’exploration des marges du genre, la recherche d’un style personnel et d’un imaginaire original, ou bien le jeu sur les codes et les croisements de genre, avec un goût marqué pour le roman historique (Pevel, Mauméjean). C’est moins le cas en littérature de jeunesse, où il apparaît peut-être plus naturel de respecter certaines contraintes, et les gros succès en terme de ventes des auteurs français sont en conséquence à chercher plutôt de ce côté-là…

K : Si l'on regarde du côté des succès publics, deux oeuvres semblent incontournables aujourd'hui: Harry Potter et le Seigneur des Anneaux. Si, comme vous l'écrivez, le Seigneur des Anneaux est une réponse de Tolkien à son refus de modernité technologique, que représente Harry Potter ?
A.B. : Une problématique très contemporaine, qui parle aux enfants (et aux adultes « adulescents ») la difficulté et la nécessité de grandir – soit une sorte de réponse au si répandu « syndrôme de Peter Pan » dans notre société. Je tire cette idée, que je partage, de l’ouvrage d’Isabelle Cani sur les 7 volumes, Harry Potter ou l’anti Peter Pan, Fayard, 2007. Mais des œuvres telles que celles-ci ne se réduisent pas à un seul message bien sûr… On peut ainsi, par exemple, souligner que le SdA et HP partagent, à plusieurs décennies d’écart pour leurs rédactions, une réflexion sur les leçons à tirer de la Seconde Guerre Mondiale : le pouvoir comme tentation du mal, la nécessaire tolérance, le bon usage du libre-arbitre contre les aveuglements collectifs….

K : Vous expliquez que le succès de la fantasy tient finalement beaucoup à deux phénomènes: la tradition du pulp américain et le jeu de rôle. Croyez-vous que sans ces deux phénomènes, la fantasy n'aurait pas eu le succès qu'on lui connaît aujourd'hui ? Ou n'en sont-ils que des accélérateurs ?
On voit également, dans les accélérateurs du genre côté public, le fort impact du cinéma. Un impact qui va également de pair avec des phénomènes sociétaux. Conan dans les années 80 (années du culte du corps) et Le Seigneur des Anneaux dans les années 2000 fortement marquées par un retour de la magie et des croyances...
A.B. : C’est difficile de refaire l’histoire et d’imaginer « ce qui se serait passé si… ». Mais si l’on retire les pulps (qui sont antérieurs à Tolkien je le rappelle, et donc véritablement fondateurs) et le JdR, né dans la foulée du succès grand public de ce même Tolkien aux Etats-Unis, et contemporain des premiers romans qui souhaitent en prolonger l’héritage, qu’est-ce qui reste ? Tolkien seul, avec son œuvre érudite, et ses prédécesseurs anglais encore moins accessibles ? Pas sûr qu’on ait là la base d’un genre « populaire » (au sens noble) ! Pour cela, il fallait à l’imaginaire merveilleux et mythique des relais sur des supports plus facilement reçus par tous : les magazines bon marché mais aussi, le texte n’étant pas, ce n’est pas une découverte, la forme culturelle la mieux partagée, les bandes dessinées, le jeu, le cinéma bien sûr – même s’il y a peu de « chefs-d’œuvre » de fantasy au cinéma, où la science-fiction par exemple a été nettement mieux traitée.
Bien sûr, les succès des adaptations de « Conan » et du SdA sont liés à leur contexte d’époque, mais ça me semble une question de bon sens, voire une lapalissade : les producteurs sont des commerçants, ils s’appuient sur ce qui marche autour d’eux pour estimer ce qui va marcher ; le body-building est à la mode, adaptons Conan ! « Harry Potter » marche fort, donnons (enfin) à Jackson le budget nécessaire !

K : Quel est le rapport entre la féerie et la fantasy ? La première est-elle plus qu'un simple catalogue où puiser des personnages pour nourrir la seconde ?
A.B. : Si par « « féerie » vous entendez la tradition du conte merveilleux, dont l’histoire littéraire remonte au 17ème siècle, elle constitue une des principales sources d’inspiration de la fantasy, avec les mythologies (certains estiment même que les contes font partie d’une fantasy qu’ils font remonter très loin dans l’histoire, mais ça n’est pas mon cas). La fairy-tale fantasy s’en nourrit directement, mais son influence diffuse est plus largement présente : on prendrait alors « féerie » dans le sens de « merveilleux lumineux », du côté d’un surnaturel positif, des beautés de la nature, des créatures bénéfiques, de la magie blanche.. Enfin, sous le nom de « Faërie », Tolkien a décrit sa propre démarche, qu’on appelerait aujourd’hui « fantasy », dans son bel essai « Du conte de fées ».

K : Dans votre livre, vous évoquez le fait que les auteurs n'ont pas une connaissance directe des sources, qu'ils s'inspirent plutôt les uns des autres. N'y a-t-il pas un danger de voir s'effacer ces sources, que les contes, légendes, mythes, l'Histoire se dénaturent par la fiction ?
A.B. : Je ne crois pas, pas vraiment. Certes, certaines œuvres aboutissent à des « gloubiboulga » terribles, et dès lors qu’une erreur est reprise, il devient difficile de la distinguer de la vérité – le même phénomène se produit à plus grande échelle sur Internet… Mais d’une part, on est ici dans la fiction, et je fais confiance au public pour pouvoir en prendre conscience ; et dès l’origine de la transmission des fictions, que ce soient les mythes, la légende arthurienne, les épopées orales, le processus de déformation était à l’œuvre. Il faut de très longues années d’études et une spécialisation très érudite pour s’y retrouver dans ces sources anciennes et reconstituer la « vraie » version, si tant est qu’elle existe ! Tolkien, toujours dans « Du conte de fées », évoquait déjà (dans les années 30) le « chaudron du conte », une « soupe » où chaque époque a ajouté ses ingrédients, en touillant bien l’ensemble pour qu’il reste « mangeable » !
D’autre part, dans « culture populaire » il y a « culture », et pour moi le succès de la fantasy aujourd’hui se traduit par une connaissance partagée plutôt impressionnante, dans un public très large, des différentes mythologies par exemple. Je le constate auprès de mes étudiants : ce type de lectures les incite en fait à effectuer un « retour aux sources », ils cherchent à déterminer ce qui est nouveau de ce qui vient de plus loin, ils se renseignent… et au final ils emmagasinent un bon bagage de connaissances, avec les nuances que j’ai dites plus haut – c’est une connaissance des origines du merveilleux telle qu’elle est accessible aujourd’hui, passée par le filtre déformant des siècles, mais cela n’en reste pas moins une forme d’érudition contemporaine, valide et valable.

K : Vous décrivez la fantasy comme multimédiatique, transposable dans une multitude de médias, ce qui en explique aussi le succès. La science-fiction ou le fantastique n'ont-ils pas le même potentiel ? Pourquoi la fantasy serait-elle plus multimédiatique que d'autres genres ?
A.B. : Il y a effectivement des traits communs aux « genres de l’imaginaire » qui favorisent leur transposition sur les supports médiatiques les plus divers : d’une part le public qu’ils touchent préférentiellement (les « jeunes », aux contours de plus en plus larges), plutôt férus d’images et de technologies, suffisamment « fans » pour consommer des produits dérivés, et du côté des contenus la liberté dont ils disposent (l’intervention du surnaturel anime bien les combats, par exemple…). La SF et la fantasy (le fantastique à la rigueur, si on le considère dans son sens élargi) disposent aussi de chronologies et de géographies potentiellement infinies, où déployer des cycles ou des univers partagés. La fantasy m’apparaît toutefois encore plus porteuse, pour deux raisons principalement : par raport au fantastique, elle propose des univers plus « profonds », ou plus complets (voir sa vieille habitude de proposer des cartes, des chronologies, des lexiques : le monde et les récits qui s’y déploient se mettent en place simultanément) ; par rapport à la science-fiction, elle est plus simple, plus « spontanée » : pas besoin d’être technophile ou doté d’un esprit « scientifique » pour l’apprécier, sans compter son évident caractère pratique pour les créateurs (ses décors en partie naturels par exemple, ou encore la répartition facile de ses personnages en « types » ou « classes »). Il faudrait bien sûr préciser selon les médias concernés…

K : La fantasy est encore marquée par un temps cyclique, le refus d'une fin... Une façon de répondre à l'angoisse de la mort ?
A.B. : Le principe du temps cyclique n’est pas tant de refuser la mort que de n’y voir qu’une étape elle-même transitoire : dans le cycle des saisons, il faut en passer par le froid et l’obscurité de l’hiver pour, à Noël ou au solstice, mieux se réjouir de voir bientôt renaître la nature. Je ne veux pas dire par là que la fantasy véhicule une croyance dans la réincarnation ! Pour moi, elle correspond au niveau de chaque individu à un désir de préserver une forme de contact avec l’enfance, ou du moins avec l’image qu’on se fait de l’enfance aujourd’hui. La fantasy n’empêche pas de grandir, elle n’est pas régressive à mon avis, mais elle donne sens à un regret qu’on a tous, la nostalgie d’une époque plus « merveilleuse » dans la vie de chacun. Si l’on élargit, de l’individu-lecteur aux grandes tendances de l’époque, l’émergence de la fantasy correspond globalement au moment des grandes antiennes sur la « fin », fin des idéologies, des croyances collectives, fin de l’Histoire… Du côté de l’évasion et du divertissement, « modestement » donc, la fantasy peut apparaître comme une forme de réponse à ces constats désespérants, car son temps et ses histoires se donnent justement comme infinis.

K : Finalement, la fantasy est-elle un genre à message ?
A.B. : Il y a une part de permanence du genre à travers les décennies (il n’est pas encore très vieux…), mais pas de message unique commun me semble-t-il. Et puis, une part de renouvellement, heureusement, qui bien sûr coïncide avec l’évolution des intérêts de chaque époque : le genre entre autres s’est fait de plus en plus porteur de messages de tolérance, ou encore il a vu l’éclosion de nombreuses œuvres féminines ou féministes qui sont venues équilibrer un côté un peu machiste à l’origine. Que les littératures de l’imaginaire, même si elles s’affichent comme « non-mimétiques », ne soient pas déconnectées des réalités de l’époque où elles sont produites me semble évident, mais en même temps ce n’est pas forcément ce qui m’intéresse le plus en elles. Les lit-on vraiment pour le « message » qu’elles véhiculent, trop souvent convenu, ou plutôt pour le plaisir d’immersion dans un autre monde qu’elles nous procurent ? Ce serait peut-être ça, alors, le message partagé : d’autres mondes sont possibles…

Propos recueillis en juin 2009.

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 10:50

  

1)   Comment expliquer les différents genres littéraires ?

 

Histoire du chat :

-        Le chat, à l’arrivée de son maître, miaule. Il a faim.

Roman de littérature générale, littérature mimétique, qui montre la réalité

 

-        Le chat, à l’arrivée de son maître dit qu’il a faim. Le propriétaire ouvre de grands yeux et se pose des questions.

Littérature fantastique : pas d’explication ou de justification, irruption de l’impossible

 

-        Le chat, à l’arrivée de son maître dit qu’il a faim et celui-ci lui répond.

Littérature de fantasy. Le personnage n’est pas surpris. On se situe dans un univers merveilleux, l’irréel est assumé.

 

-        Le chat, à l’arrivée de son maître dit qu’il a faim. Il y a une explication : le chat est un robot (ou son ADN a été manipulé)

Littérature de science-fiction. La SF décrit de manière réaliste ce qui n’existe pas (que se passerait-il si … ?)

 

2)   Les points de blocages de la science-fiction

 

·        Un genre littéraire trop scientifique

Rapide historique

1926 lancement d’un magazine « Amazy Stories »

1929 la scientifiction devient science-fiction = le succès éditorial est là, les lecteurs sont avides d’aventures et de science. Cette mise en fiction de la science montre les conséquences dans la vie quotidienne. Finalement, la SF parle du présent. Certes, il existe bien un courant très scientifique « hard science » qui donne de très nombreuses explications dans les textes.

Le premier roman authentique de SF est en 1817 « Frankenstein ». C’est une littérature de l’extrapolation et de l’exagération mais c’est une littérature de son époque, marquée par l’électricité

 

·        Une littérature trop pessimiste

L’avenir n’est peut-être pas gai mais il faut réfléchir au futur pour éviter que le pire arrive (cf Bradbury).

Les meilleurs ressorts sont évidemment dans le dramatique mais une problématique est posée

 

·        Une littérature trop débile

Cette littérature a des origines populaires (USA) mais il existe de grands auteurs européens (Wells, Verne).

Elle est aussi frappée par une « malédiction thématique » = robots, ET... mais on oublie souvent son aspect métaphorique (thèmes de la différence ou de la rencontre) 

 

·        c’est pour les mecs

Il est vrai que les hommes constituent 75% du lectorat. La culture sexiste existe dès la naissance. Pourtant ce sont les filles qui lisent le plus. La collection « Autres mondes » essaient d’attirer les filles. 1/3 des auteurs sont des femmes. La collection essaie de présenter des romans à émotion.

 

·        trop difficile à lire

Les écrivains sont devant un dilemme lorsqu’ils présentent un endroit insolite : soit ils expliquent où on est et le roman devient vite imbuvable, ou alors le lecteur est perdu. La solution est alors de distiller les informations, le lecteur est alors intrigué.

Il existe aussi des romans plus faciles que d’autres.

 

 3)   Que peut apporter la SF ?

 

·        De l’évasion aux adolescents qui subissent tout un tas de contraintes

·        Une ouverture intellectuelle, la SF permet de débloquer l’imagination, de se laisser surprendre

·        Un miroir de notre présent = une lecture différente de la société. La SF peut servir d’alarme (ex pour la pollution, on peut étudier les conséquences éventuelles d’un phénomène)

·        De l’humanisme = importance de l’Autre et de ses multiples facettes

·        Un questionnement philosophique

La SF pose les questions essentielles : qu’est-ce qu’un être humain ? (ET, robot, clone…) ; les questions en relation avec les problèmes de la société

·        roman d’apprentissage : le héros est confronté à différentes situations qui vont lui permettre de découvrir sa propre personnalité

 

 

4)   Le métier de directeur de collection

 

 

Denis Guiot bénéficie d’une pleine liberté éditoriale ; il a la responsabilité des couvertures qu’il veut réalistes et qu’il conçoit en relation avec les auteurs.

 

 

Tirages = 6000 exemplaires en tirage initial. Certains titres peuvent faire plus de 15 000 exemplaires.

Le seuil de rentabilité est à 3000 exemplaires.

Les inédits sont des créations francophones. Il s’agit souvent de « commandes » et il intervient sur le synopsis.

 

Critères de choix lorsqu'il était Directeur de collection chez Mango ("Autre monde")

·        littérature populaire. Le roman doit être divertissant et procurer du plaisir et de l’émotion

·        lisibilité. Chaque auteur a son style mais l’écriture doit être fluide. Les premières pages sont primordiales.

·        Ne pas abuser de la crédibilité du lecteur. Raconter des choses connues ou adapter

·        Identification = les lecteurs doivent se sentir concernés. Les âges peuvent être différents mais il faut traiter de problématiques qui les concernent.

·        Littérature de sens = le plaisir n’exclut pas la réflexion

·        Effet de réel = raconter de manière réelle le futur

·        Cible de 11 à 111 ans = les 11/16 ans sont la première cible mais un bon roman peut se lire à tout âge.

 

 Source : http://helene.leroy.pagesperso-orange.fr/textes/InterventionGuiot.htm

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 11:16

 

Cécile, les nouvelles technologies vont-elles tuer le livre ?

Le livre papier nous sera toujours indispensable, à nous, lecteurs qui avons appris à lire avec lui. Je ne suis pas extra-lucide et ne peut pas dire ce qu'il adviendra quand les lecteurs apprendront à lire sur des tablettes numériques ou autres supports encore à inventer. Mais le fait de (se) raconter une histoire me semble inhérent à la condition humaine. L'essentiel, c'est la littérature, le livre, qu'il soit fait de papier ou numérique, n'est qu'un support. Maintenant, le livre numérique permet un champ de création nouveau, entre le livre papier et le cinéma, qui va étonner, décevoir, déstabiliser... Nous vivons une charnière passionnante, dommage qu'on parle trop de finances dans cette histoire, et pas assez de création.

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 09:33

 

Barbara Bessat-Lelarge, directrice éditoriale de Castelmore (nouvelle maison d'édition de littérature de l'imaginaire) pour les adolescents, évoque cette nouvelle maison d'édition

Barbara, que peux-tu nous dire sur toi, sur ton parcours ?

Après ma maîtrise d'anglais, je suis devenue libraire jeunesse à Paris l'année de la sortie du quatrième tome d'Harry Potter en version originale. J'ai lu et vendu des livres à des enfants et des parents pendant dix ans, et maintenant je passe de l'autre côté du miroir en publiant de la littérature jeunesse. Je suis aussi passionnée de graphisme et de dessin, j'adore la bande dessinée et tous les films d’animation.
 

Quel type de romans publiera Castelmore ? Qu’est-ce qui différenciera Castelmore de ses nombreux concurrents ?

Les romans chez Castelmore ont tous un point commun: l'imaginaire, pour des lecteurs à partir de douze ans, ados, jeunes adultes et même adultes.
Je veux proposer des romans dans lesquels les ados pourront se reconnaître : à l'âge où on rêve de refaire le monde tous les soirs, on n'a pas forcément envie de lire du quotidien réaliste, ni des histoires de gamins ou du fantastique avec des héros adultes qui envisagent la vie à leur façon. Quand je lis des manuscrits, je veux retrouver ce que je ressentais à l’adolescence, la découverte du monde, des autres et de soi-même, où tout est possible.
Dans l'imaginaire, il y a différentes tendances, mais en jeunesse on ne peut pas vraiment parler de genres, car ils sont souvent mélangés. Par exemple, pour la série Vampire Academy de Richelle Mead, on pourrait, si on se trouvait en rayon SF-Fantasy, parler de Bit-Lit : ce sont des vampires adolescents, dans un lycée pour vampires, mais ces vampires-là ont des pouvoirs magiques, qu'ils tirent de la terre et des quatre éléments. Certains sont mortels, d'autres immortels. C'est toute la force de la littérature jeunesse que de s’approprier des codes issus de différents genres pour en inventer de nouveaux.
On va aussi publier des romans où des jeunes gens apprennent la magie, dans des univers alternatifs, où les forces du bien et du mal se déchaînent et où il est de la responsabilité des héros de restaurer l'équilibre du monde, où il faut faire des choix difficiles, mais où l'amitié et la loyauté comptent aussi beaucoup. Il y aura des créatures fantastiques, centaures, elfes et mêmes des démons.
Certains textes sont écrits dans un style classique, d'autres humoristique. En résumé, beaucoup de variété, et deux critères indispensables : de la littérature de l’imaginaire, avec des héros à la frontière entre l’enfance et l’âge adulte, et elle intéressera les ados aussi bien que les adultes qui ont envie de rêver.
 

Pourquoi avoir voulu créer Castelmore ?

En tant que libraire, face à des lecteurs assidus, il devenait parfois difficile de leur conseiller chaque semaine des textes fantastiques écrit d’un point de vue d'adolescent : prendre son destin en main et faire ses propres choix, vouloir changer la face du monde, découvrir des sentiments extrêmes, amour, haine, injustice…
Le passage de la littérature jeunesse à la littérature générale peut être frustrant. Les éléments fantastiques sont oubliés au profit du monde réel, et les livres sont écrits d'un point de vue adulte. Il me semble important de laisser aux ados la possibilité de garder une part de rêve et d'imaginaire dans leurs lectures, tout en leur permettant de s’identifier à des héros de leur âge.
 

Quels seront les moyens utilisés pour assurer la promotion de Castelmore ?

Un site web, www.castelmore.fr, est en cours de construction. Il y aura aussi un site dédié à Vampire Academy. Castelmore aura sa page Facebook, un compte Twitter : tout ce qu’il faut pour répondre aux questions des lecteurs.
 

Au fait, d’où vient le nom de Castelmore ?

C'est le nom du château dans le Gers où j'aimerais installer mon bureau.
 

Y aura-t-il des œuvres françaises ?

Oui, bien sûr ! La littérature jeunesse française est riche d'auteurs talentueux. Des projets sont d'ores et déjà en cours.
 

Des coups de cœur dans les livres à paraître ? Peux-tu nous en parler ?

Oui ! L’Épreuve, le premier tome de la trilogie Le Prix de la magie, de Kathleen Duey, est un véritable coup de cœur. Hahp, l’un des héros, est envoyé à l’académie de magie ; l’apprentissage se fait à la sueur de son front, l’estomac vide. Les élèves, s’ils n’apprennent pas à créer leur propre nourriture à l’aide d’une pierre magique, risquent de mourir de faim. La jolie Sadima, élevée à la campagne, possède une faculté qu’elle doit cacher : elle est capable d’entendre les pensées. Ce don est dangereux et seuls deux apprentis sorciers semblent accepter la jeune fille comme elle est, malgré sa différence. Sur un thème devenu classique, école de magie et don extraordinaire, Kathleen Duey a écrit une histoire qui prend aux tripes et qui fait réfléchir à l’éducation, au pouvoir des adultes sur des enfants, à la rébellion et à la différence.

Mon deuxième coup de cœur est Le Roi Démon, un roman d’aventure fantastique, 1er tome des Sept Royaumes de Cinda Williams Chima. Le jour où Han confisque une amulette à trois jeunes sorciers, c’est l’avenir du royaume qu’il met en péril. Cet objet magique a appartenu au Roi Démon des siècles auparavant et a causé le chaos. La princesse Raisa, elle, rêve de ressembler à la reine guerrière Hanalea, qui tua le Roi Démon en son temps. La rencontre de Han et de Raisa réveille des menaces ancestrales qui mettent en danger l’équilibre du monde, et les deux héros devront faire face à leur destin. C’est un roman que Castelmore publie en simultanée avec Bragelonne, parce qu’il transcende les tranches d’âge : deux formats, deux couvertures différentes, un plaisir de lecture pour les jeunes adultes et les adultes.
 

 Y a-t-il déjà des titres programmés pour 2011 ? Peux-tu en citer quelques uns ?

En 2011, nous aurons le plaisir de publier un roman de Fiona McIntosh, une trilogie de Jim C. Hines, dont les héroïnes sont les drôles de dames des contes de fées, la suite de Vampire Academy, et bien d’autres choses.

 

Source : http://www.fantasy.fr/interviews/view/237/castelmore-refaire-le-monde-au-quotidien

Photo : http://www.actusf.com/forum/viewtopic.php?p=55882

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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 09:15

Certains n’aiment pas la fantasy, c’est leur droit !

Leurs raisons ?

-       Le manichéisme des histoires. La perpétuelle lutte du bien contre le mal. Est-ce que la vie est si simple ?

 

-       La magie permanente qui résout tout. Il n’y a aucune explication. L’homme subit en permanence : ni son courage ni son intelligence ne suffisent à le rendre maître de son destin. Il s’agirait là d’une nouvelle religiosité !

 

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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 09:53

 

Alain GROUSSET explique les raisons qui font qu'il est difficile d'être édité quand on écrit de la science ficction.

 

 

Avec quinze ans d'expérience, comment ça se passe ?

 

Il faut faire le constat honnête que la plupart des éditeurs ne connaissent pas forcément la science-fiction comme un spécialiste la connaît. Quand je dis « éditeur », je devrais dire « éditrice », puisque c'est un monde particulièrement féminin - or le lectorat de la science-fiction est principalement masculin ! La Fantasy, c'est autre chose. Donc pour la science-fiction, on se heurte déjà à ça. Le spécialiste comme moi va essayer de faire une histoire un peu plus pointue. Parce que j‛ai tous mes référents, je vais essayer d'ouvrir une nouvelle porte, là-bas, au fond du cosmos, et souvent, je me heurte au pacte de lecture vis-à-vis de certains éditeurs qui n'ont pas bien compris, qui se demandent ce que vient faire la fusée là-dedans, au moyen âge, bref, il faut se battre, il faut expliquer ! Bien entendu, sinon je ne serais pas là, il y a des maisons d'édition qui acceptent ce genre là, donc je

me dis « Ça y est, je suis sauvé, le livre va sortir enfin ! » mais là arrivent les libraires.

 

Les libraires se demandent où ils vont ranger ce livre. Ils se demandent juste avec la quatrième de couverture si c'est de la science-fiction, de la Fantasy, du fantastique !

Tant mieux si l'éditeur a marqué quel genre c'était, comme ça on peut le ranger. Après, ils le rangent dans la bibliothèque au fond, là où il n‛y a que le fantastique, la Fantasy et la science-fiction, à côté du polar, bien spécifique. Ce qui fait qu‛effectivement, le grand spécialiste, le lecteur, traverse la librairie tout droit, ne regarde ni à droite ni à gauche, il s'en fout, il va au fond du magasin parce que c'est toujours au fond du magasin, il va avoir sa littérature préférée, va prendre ses derniers ouvrages et va aller, tout content, à la caisse.

Par contre, ce qu'il faut se dire, c'est que j'aimerais bien toucher aussi

d'autres personnes et faire du prosélytisme, trouver plein de nouveaux lecteurs, leur montrer que la science-fiction, ce n'est pas que « Star Wars » et des petits bonhommes verts, qu‛il y a d'autres choses ! Eh bien ceux-là, ils ne vont pas aller au fond du magasin, parce qu‛ils ne verront pas tout de suite l‛armoire de science-fiction. Enfin, les livres se

vendent et ça y est, je suis sauvé ! Que nenni !

 

Parce que lorsque j'arrive dans les classes, je trouve là aussi une méconnaissance de la science-fiction. Et on me dit, à propos de La citadelle du vertige : « Ah ! M. Grousset, quel merveilleux livre de fantastique ! ». Alors j‛essaie de lever le doigt : « M‛dame, non, c‛est de la sciencefiction ! » et elle me répond : « Oui, mais c'est du fantastique ». Et voilà ! Ce travail-là, en tant qu'auteur, dans les classes, on le fait en permanence. Quand on se réunit, entre auteurs de science-fiction, comme Christian Grenier, on est quelquefois un peu fatigué de faire toujours cette mise au point…

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 09:25

Chacun a sa définition, ça dure depuis cinquante ans. J'en ai trouvé une, moi aussi, de définition, en tant que spécialiste du genre. On me pose la question à chaque fois que je vais dans les classes : quelle différence y a-t-il entre la science-fiction et le fantastique ?

Ce à quoi je réponds que la science-fiction, c'est le réel dans l'irréel, alors que le fantastique, c'est l'irréel dans le réel. Donc ce sont deux littératures complètement opposées. En ce qui concerne la science-fiction, on part d'un postulat irréel, un monde carré ou une planète carrée, un océan qui avance sur une planète, tout ce qu'on veut bien imaginer. À partir de là, l'auteur de science-fiction va raconter le quotidien des gens sur cette planète. Bien entendu, il va être complètement impliqué avec la géographie de cette planète. Donc, la science-fiction, c'est d‛écrire le quotidien dans un monde, un postulat de départ assez fou ! Au contraire, dans le fantastique, on connaît le départ. Par exemple, on va passer un week-end en camping près d'un château et d'un seul coup, il va y avoir un orage, on est surpris, on va avoir du mal à mettre en place la tente et là, d‛un seul coup, il va y avoir l‛irruption d‛un mec avec une tronçonneuse, et là, c‛est donc l'irruption de l'irréel dans le réel. J‛aime moins le fantastique que la science-fiction. Ces deux littératures-là sont souvent mises dans le même paquet alors qu'elles obéissent à des lois complètement différentes.

 

Au milieu de tout ça il y a la Fantasy. Je pense que le merveilleux, c'est la racine de la science-fiction, de la Fantasy, du fantastique. Si je voulais représenter cela avec une image, il y aurait d‛un côté d‛un canyon le fantastique et de l‛autre la science-fiction, et entre les deux, il y aurait une passerelle et toute la Fantasy est là. Quand cette fantasy est très proche de la science-fiction, à ce moment-là c'est la science-fantasy : c'est une planète avec des sorciers, de la sorcellerie, mais on y arrive en fusée, il y a une technologie. Quand c‛est en plein milieu du gué, du pont, c‛est la « hight fantasy » : là, on est complètement dans un monde de sorciers, il n'y a pas de problème, tout est reconnu comme ça, c'est

tout à fait accepté. Et puis après, on va vers le fantastique, là, il y a la « dark fantasy » : là, on est aussi dans un monde complètement merveilleux mais pas si merveilleux que ça, puisqu'il y a le mal, que les sorciers sont très méchants, que les romans sont très noirs. N'empêche que, par rapport à ma définition avec le réel et l'irréel, la Fantasy est plus proche de la science-fiction que du fantastique, puisqu‛elle obéit au départ à une acceptation du monde avec des sorciers.

 

Pour être bien clair, je voudrais donner une petite définition qui vient de Denis Guiot, de chez Mango jeunesse qui tient une collection de science-fiction, « Autres mondes : il explique que le matin, vous vous levez, vous préparez votre petit déjeuner, et votre chat se met à causer. Trois solutions : vous êtes abasourdi : « Comment ça se fait que ce matin, mon chat parle ?! » Là, vous êtes dans le fantastique. Ou alors vous êtes dans la Fantasy, vous pensez que c'est normal que votre chat parle. Ou vous êtes dans la science-fiction et ça vous a coûté beaucoup beaucoup d‛argent pour lui faire fabriquer des cordes vocales et vous vous dites qu'avec les nanotechnologies, enfin il parle ! Voilà les trois genres !

 

Et une cathédrale du moyen âge qui devient tout à coup une fusée et s‛envole, c‛est de la science-fiction ! [Allusion à la « Citadelle du Vertige », d‛A. Grousset, Hachette]

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 11:18

La fantasy… un genre aux contours fluctants et à la définition problématique

Alors que certains y voient un phénomène marketing destiné à classer au même endroit des romans en apparence similaires mais en réalité très différents, d’autres, essayistes ou universitaires, s’efforcent de dégager les grands lignes de ce qui est à leur sens devenu un genre littéraire.

 

Ce problème de la définition de la fantasy, inhérent finalement à tout genre littéraire, vient déjà, nous dit Anne Besson, de ce que le terme « fantasy » ne désigne pas pour les anglophones, la même chose que pour nous : « fantasy » englobe quasiment tous les genres de l’imaginaire. Jacques Baudou, essayiste, critique littéraire et chroniqueur au journal Le Monde fait, dans le TDC n° 967 de janvier 2009, le même constat : « Le terme anglais fantasy se traduit, selon le dictionnaire Harrap’s, par « fantaisie », dont l’un des sens français désigne la « faculté de créer librement sans contrainte » […] Appliqué au domaine littéraire, il recouvre à la fois le champ du fantastique et celui du merveilleux ».

Anne Besson tente une approche du genre comme un « ensemble d’œuvres qui exaltent (ou parodient) une noblesse passée marquée par l’héroïsme, les splendeurs de la nature préservée et l’omniprésence du sacré, en ayant recours à un surnaturel magique qui s’appuie sur les mythes et le folklore » La fantasy. Paris : Klincksieck, 2007

 

Les origines de la fantasy

Seconde moitié du XIXème siècle anglais.


« la fantasy naît après l’avènement de l’esthétique classique (17ème), après l’âge des lumières et le triomphe de la rationalité philosophique et scientifique (18ème), après l’industrialisation (19ème : je vais vite), et naît d’un sentiment de rupture, qui est la conséquence « normale » de ces bouleversements longs, d’avec la nature et la magie qui lui étaient associées. »

L’évènement à l’origine de l’irrésistible ascension de la fantasy, nous dit Jacques Baudou, c’est la publication, en 1965, aux Etats-Unis d’une édition pirate du Seigneur des Anneaux de John Reuel Tolkien, suivie un peu plus tard d’une édition officielle chez Ballantine Books.

 

Fantasy, fantastique, science-fiction…

« La fantasy est un genre qui admet l’existence de la magie, c’est-à-dire d’une force magique et/ ou de créatures magiques. En cela elle s’oppose à la science-fiction – dans laquelle la science joue un rôle à priori exclusif, et qui repose sur des postulats rationnels – et au fantastique – dans lequel l’impossible ou le merveilleux ne sont pas admis mais simplement constatés. Ces trois sous-genres délimitent en quelque sorte un territoire triangulaire, celui des littératures de l’imaginaire. »

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POURQUOI ce BLOG ?

 Le BLOG consacré
aux AUTEURS,
à la LITTERATURE JEUNESSE
et à L'ECRITURE
.

Enfants 1 199La lecture est une nécessité dans le monde moderne. Elle permet de maîtriser la langue, de développer l’imaginaire, de structurer la pensée, d’accéder au savoir, d'acquérir du vocabulaire... C’est pourquoi parents et enseignants se lamentent lorsque les enfants ne lisent pas et les ados encore moins. Pourtant, ils prendront PLAISIR à lire... pur cela, il suffit de les juindécembre2010 225aider à ouvrir la porte.

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  

 

 Avec ce blog, j'aimerais :
 * faire découvrir la littérature jeunesse,l'écriture et les auteurs pour la jeunesse
partager une passion et pourquoi pas donner envie de lire et de rêver entre les pages.  

juindécembre2010 260Le livre est une véritable source de plaisir, de joie et d'émotion. Beaucoup d’élèves disent ne pas aimer lire. Je ne suis pas loin de penser que TOUS aiment lire, sans exception ! Le plus difficile pour eux est de parvenir à trouver dans la masse, LE livre, celui qui ne va pas les endormir… juindécembre2010 227LE LIVRE, celui qui va leur "parler", le livre qui leur correspond, le livre qui va leur remuer les tripes, les boyaux, les neurones, la tête !!!  

Enfants 1 178-copie-1Personne n'aime lire toutes les histoires, tous les livres. Evidemment. Il existe donc des "critères" à appliquer pour trouver et emprunter la perle, le livre qui va faire définitivement plonger dans le plaisir de lire !

Dans le livre on fait de merveilleuses rencontres, on découvre plein d'amis, on voyage, on s'ouvre sur le monde, on vit des aventures que l'on ne connaîtra jamais dans la vie de tous les jours : on embrasse des princesses, on escalade des rochers, on "zigouille" les méchants, on galope sur des chevaux lancés à la poursuite de terribles bandits ... bref, on fait de fabuleux voyages pour... "sourire, rêver et aimer" (Lisez "Le type" de Philippe Barbeau.) !!

Enfants 1 258Dans ce blog, il sera question des hommes et des femmes qui écrivent : les écrivains pour la jeunesse. Les ouvrages de littérature jeunesse de qualité seront présentés, racontés, "décortiqués"...
Vous lirez des interviews de professionnels, vous découvrirez des portraits, le monde de la chaîne du livre (éditeurs, imprimeurs, libraires...), vous trouverez également des conseils, vous ferez des rencontres, participerez à des débats, vous lirez des expériences d'animations pédagogiques autour des livres, vous découvrirez des "paroles" d'élèves, d'enseignants, des textes et.... plein d'autres choses encore !

juindécembre2010 224

 Brigitte Coppin 015
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    "Les gens qui aiment lire sont rarement des salauds !"
Xavier-Laurent PETIT
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  SPECTACLES

   

  "Salomon, vous vous rendez-compte ?"

de Christophe Boutier

 

spectacle radeau 010 

 

Sa majesté des couches"

de Christophe Boutier  

 

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  Une comédie en V actes écrite et mise en scène par Christophe Boutier

L’histoire de la séduction, de l’enfant et de sa famille depuis la préhistoire jusqu’à l’enfant-roi du XXIème siècle.

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Sur scène, il y avait :

- 14 comédiens 

- Six musiciens professionnels dont Michel Léger, accompagnateur de vedettes de la chanson et du cabaret, telles que La Bande à Basile, Daniel Guichard, Zanini, Jean Constantin, André Aubert (Don Patillo)...

- la chorale du collège de Xavier Bélanger (professeur d'éducation musicale qui a mis en musique le spectacle) qui a interprété des chansons de variété en rapport avec l'enfance.

- des projections murales assurées par les élèves de l'option image (Eddy Dabrigeon...) du collège, option dirigée par Cécile Cotten,  professeur d’Arts plastiques.

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Les spectacles précédents

 

2013- Le temps du maquis"

2012 - "Salomon, vous vous rendez compte ?"

2011 - "Sa majesté des couches"(Gannat)

2010 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes"  : 2ème épisode (Gannat)

2010 - "Un zèbre sur la banquise" (Gannat)

2009 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes " : 1er épisode (Lapalisse)

2008 - "La farce vaudevillesquement tragique de la chambre forte du jugement dernier. " (Lapalisse)

2007 - "Le terrier zeixcoussois en Zinzinmouli ou la complainte des comédiens en danger" (Saint- Prix)

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    Un grand MERCI donc à tous les écrivains jeunesse
 que j'épuise et à qui je donne mal à la tête !!!
Ah ! Ah !!

Enfants 1 224Christian Grenier, Eric Boisset, Alain Grousset, Alain Surget, Béatrice Nicodème, Anne-Marie Desplat-Duc, Susie Morgenstern, Arthur Ténor, Hubert Ben Kemoun, Jean-Côme Noguès, Marc Séassau, Fabrice Colin,  Lorris Murail, Roger Judenne, Philippe Barbeau, Anne Ferrier, Evelyne Brisou-Pellen, Eric Sanvoisin, Christophe Léon, Jean-Luc Luciani, Béatrice Egémar, Magali Herbert, Guy Jimenes, Jean-Claude Mourlevat, Raymond Perrin, Jean-Baptiste Evette, Marc Cantin, Claire Gratias, Christophe Miraucourt, Xavier Bascour, François Librini, René Gouichoux, Yaël Hassan, Jean-Marc Ligny, Marie-Aude Murail, Cécile Roumiguière, Brigitte Coppin, Dorothée Piatek, Sophie Audouin-Mamikonian, Fanny Joly, Johan Héliot, Jack Chaboud, Jean-Luc Marcastel, Stéphane Daniel, Emmanuelle et Benoît de Saint Chamas, Jean-Paul Gourévitch, Michèle Laframboise., Florence Hinckel, Christophe Loupy, Lénia Major, Viviane Koenig, Marie Mélisou..

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... évoque le BLOG sur la littérature jeunesse.

 

"Des conseils pratiques de pro à pro, des interviews délicieuses et des
articles écrits par des écrivains ou des éditeurs, des bibliographies,
des réflexions sur la littérature jeunesse, des coups de coeur et
 des anecdotes...On trouvera tout cela (!) sur le blog de C
hristophe
Boutier, professeur documentaliste  au collège de Gannat (Allier).

Les petits articles de réflexion sur certains aspects de la littérature
jeunesse sont parmi les plus intéressants, d'autant plus qu'ils soulèvent
parfois des points souvent peu vus : les genres relevant de l'imaginaire
et les critères de classification (science fiction, fantasy...), les styles
d'écriture (classique, moderne…), ou encore le souci de la véracité dans
les romans historiques jeunesse.

En plus de cela, on trouvera une liste impressionnante de sites
d'écrivains  et des ressources diverses et variées qui émaillent les
articles (liens vers des  sites de séries jeunesse, des conférences
en ligne...), des « trucs et astuces » de Doc pour aimer et faire
aimer la lecture, des bibliographies...

Si la mise en page gagnerait à être un peu plus claire et lisible, le côté
bric-à-brac (où on flâne volontiers de longs moments) perdrait de son
charme...

Par un prof-doc amoureux et défenseur acharné de la littérature
jeunesse.
"

 

Rubriques

CULTURE au CDI de Gannat

Collège de Gannat (03)

" Fête de la culture, de la lecture et de l'écriture"

  Mai 2013 - 4ème édition

Eric Boisset 

Mai 2013 145

ArthuArthur Ténor 024r Ténor

Alain Surget 

Alain Surget 053

 

Mai 2012 - 3ème édition

 Jean-Luc Marcastel

jean-luc-MARCASTEL-010.jpg

Brigitte Coppin 

      Brigitte-Coppin-013.jpg

 

Mai 2011 - 2ème édition

Philippe Barbeau, Christian Couty

juindécembre2010 236

Béatrice Nicodème

 

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Juin 2010 - la 1ère édition :

 

Alain GROUSSETet Christian GRENIERétaient parmi nous pour évoquer la Science-Fiction (SF) etpour débattre des nouvelles technologiesqui pourraient "tuer » les livres...

 Enfants 1 196

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Le nouveau spectacle du collège

Joseph Hennequin de Gannat, dans l’Allier.

 

 

La troupe de théâtre du collège Hennequin, composée cette année de 30 comédiens issus des quatre niveaux de classes, a réalisé un film (un vrai ! en noir et blanc)écrit par Christophe Boutier, professeur documentaliste, « Le temps du maquis» (vendredi 14 juin 2013, centre socio culturel de Gannat). Xavier Bélanger, professeur d’Education musicale, assurera la mise en musique.

Ce film présente la dure réalité de la vie quotidienne et clandestine, au milieu de la forêt,d’hommes et de femmes – les maquisards - remarquablement courageux qui recoururent, au péril de leur vie, à la guérilla pour s’attaquer à la milice du Maréchal Pétain et aux troupes d’occupation allemande.

Ce spectacle entre dans le cadre du projet « Devoir de mémoire », une option du collège menée en classe de 3ème. Les 16 élèves de cette option dirigée par M. Bellet, professeur d'Histoire, présenteront la soirée :

En 1ère partie, un court métrage : Roger VENUAT, résistant dans le maquis de Hérisson (Allier, 03), au collège Joseph Hennequin.

En 2ème partie, la pièce de théâtre, « Le temps du maquis »

ENTREE GRATUITE

  

QUI SUIS-JE ?

Je suis Christophe BOUTIER, professeur documentaliste au collège de Gannat (1 rue Joseph Hennequin. 03800 GANNAT) , dans l’Allier, en Auvergne.

Passionné par la littérature jeunesse, l'écriture, la lecture... j'ai découvert, grâce à ma profession cette littérature - une vraie littérature ! - qui comporte de magnifiques textes. Et derrière des mots adressés, peut-être davantage aux enfants, aux adolescents - quoi qu'un bon texte doit pouvoir être lu par tous sans aucune histoire d'âge ! - se cachent des écrivains adorables, des personnes d'une incroyable richesse humaine, intellectuelle et culturelle, des gens de talent que j'ai/j'ai eu la chance pour certains de côtoyer !

Aujourd'hui, j'éprouve le besoin de partager mon amour des auteurs jeunesse et de leur oeuvre ! je compte également sur vous lecteurs pour faire vivre ce blog, mutualiser nos expériences, nos connaissances, nos réflexions et... débattre.

 
Mon autre BLOG, celui du CDI du collège de GANNAT :
http://www.cdi.gannat.over-blog.com