Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de CHRISTOPHE BOUTIER, professeur documentaliste au collège de St Germain-des-Fossés, dans l'Allier
  • : Blog qui a pour objectif de parler de la littérature jeunesse, des écrivains jeunesse... pour donner le goût de lire aux adolescents. L'objectif est également d'intéresser à la culture. Il s'agit aussi de faire découvrir cette littérature à part entière aux adultes.
  • Contact

Le Vampire Du Cdi

  • Le cédéiste
  • Je suis le "VAMPIRE d'un CDI" auvergnat !

ANECDOTES

Pierre BOTTERO,

le Seigneur des ados !

 

Pierre Bottero était fier d’être un auteur jeunesse - une littérature qui n’a rien à envier en qualité à la littérature « vieillesse. » S’il n’était pas qu’un auteur de fantasy, il faut bien reconnaître que c’est à cette littérature de l’Imaginaire qu’il dût son incroyable succès !

Dès l’enfance, il tombait dans la marmite de la fantasy. Il dévorait Tolkien (Un choc ! S’en suivi, plus tard, l’idée que la fantasy ne pouvait s’écrire que sous la forme d’une trilogie), Zelasny, Farmer, Moorcock, Vinge, Howard… Les grands noms qui allaient lui permettre de devenir l’auteur que nous connaissons. Plus tard, il appréciera les auteurs « jeunesse » tels que Erik L’homme, Hervé Jubert, Fabrice Colin ou Philip Pullman, Eoin Colfer pour ne citer qu’eux. Il n’y a pas de concurrence en littérature jeunesse, les auteurs s’apprécient, se côtoient, se téléphonent, se rencontrent, se parlent, rêvent ensemble d’histoires communes. Ainsi Erik L’Homme et Pierre imaginaient ensemble, « A comme assassins »…

De ses lectures, Pierre Bottero ne devait pas ressortir indemne.

C’est par hasard qu’il se lançait dans l’écriture, pour aider sa fille qui séchait devant un concours d'écriture : il rédigeait quelques pages sur son ordinateur, se piquait au jeu, poursuivait (son épouse réclamait la suite), envoyait le texte à un éditeur qui le publiait... Il était dit qu’il n’arrêterait plu. Marqué à tout jamais par Tolkien, il était évident qu’un jour, il s’essaierait à la fantasy. C’est ainsi que naquirent « La quête d’Ewilan », « Les mondes d’Ewilan » et « Le pacte des Machombres. »

 

 

 

Pierre Bottero se fichait éperdument du cadre dans lequel on allait placer ses romans. Mais pour les « techniciens, l’auteur lui-même évoquait la Low Fantasy. Il s’agit d’une low fantasy - inspirée par ses jeux d'enfant, ses rêves d'adulte, ses lectures et les émotions ressenties au quotidien - dans laquelle existe un équilibre entre le bien et le mal, le courage, la volonté et la détermination où domine le désir de tout ramener à des intérêts individuels (égoïsme forcené, aveuglement quant à la mise en danger des équilibres…). Un parallèle pourrait d’ailleurs être établi entre le chaos décrit et notre monde réel. Mais attention. Les propos de Pierre ne demeurent pas sombres, ils restent optimistes. Pour avancer ! Avec pour personnages principaux des… femmes. Pierre était fondamentalement féministe. Il aimait à dire qu’il y avait moins de « cons » chez elles que chez les hommes. Toutefois, Pierer Bottero n’a jamais cherché à donner des leçons, il se méfiait trop pour cela des « transmetteurs » de valeurs et des donneurs de leçons. Le livre était pour lui un objet de partage.

Ce partage, il l’avait avec sa famille qui appréciait ce qu’il écrivait et qui le rassurait : Claudine, son épouse, ses deux filles lisaient ce qu’il écrivait avant publication.

 

 

 

Lorsque Pierre Bottero était invité dans un salon du livre pour une dédicace, il faisait partie des auteurs les plus demandés (il ne faisait pas bon signer à côté de lui !) : les impressionnantes files d’attentes composées de lecteurs (jeunes et moins… jeunes !) en témoignaient. C’est avec émotion qu’ils recevaient tous les messages de sympathie et… d’amour. Ses livres touchaient, ses histoires permettaient le partage et faisaient rêver, Pierre vivait alors une aventure … magique.

Il avait beau affolé le compteur des ventes, ce qui avait un réel impact sur lui, c’était :  de percevoir la flamme dans les yeux de ses « fans » (euh ! il n’aimait pas le mot), de recevoir leurs avis, de parler avec eux.

Tant d’amour le gonflait à bloc et lui transmettait une énergie positive.

C’est pourquoi, ce succès (qui lui permit d’abandonner son métier d’instituteur) qu’il percevait intensément, à la fois avec bonheur (évidemment !) et tranquillité, lui donnait également un sentiment de responsabilité. Ainsi, s’il savait se montrer reconnaissant envers ceux qui l’avaient aidé à améliorer son écriture (Caroline Westberg, son éditrice chez Rageot), il avait également de la considération pour ce public à qui il devait tant. Quand vous rencontriez Pierre, assis derrière sa table de dédicace, vous aviez le sentiment qu’il n’attendait que vous ! Pierre veillait soigneusement à être proche de son « public », un de ses… bonheurs. Il respectait humainement ses visiteurs et ses lecteurs en leur offrant des histoires dont il voulait qu’elles évitent facilité et démagogie. Il apportait ainsi beaucoup de soin et d’exigences aux corrections, un travail exigeant, vorace en temps et en énergie.

 

L’écriture de Pierre Bottero avec « Le pacte des marchombres » avait atteint une belle maturité. C’est ce que Pierre lui-même soulignait quand il affirmait que « c’est en écrivant qu’on apprend à écrire. » En effet, cette dernière trilogie qui met en scène le personnage d’Ellana est moins légère, plus complexe, que celle de « La quête d’Ewilan » : l’auteur avait eu le sentiment d’avoir grandi, évolué et de s’être trouvé, un sentiment accompagné par le désir de partager encore davantage avec le lecteur. Pierre Bottero était un homme intègre, voilà pourquoi il continue d’être autant aimé. A la lecture de ses trilogies, cette sincérité transpire. Pierre prenait un immense plaisir à écrire, à « rêver », à imaginer le monde (issu d’un vieux rêve de liberté absolue) d’Ewilan, d'Ellana. Il prenait un immense plaisir lorsque d’autres que lui se baladaient dans "ses" mondes. Pierre Bottero écrivait pour être lu mais aussi pour explorer des contrées inconnues (se connaître lui-même ?) et entraîner à sa suite tous ceux qui étaient tentés par l'aventure... Quand il mettait le point final, c’était à la fois une joie (celle d’avoir terminée et d’être satisfait du résultat) et une déchirure (celle de quitter l’univers crée)… Un sentiment d'être coupé d'une part de soi-même avec l’irrésistible envie de replonger très vite.

 

Pierre le « poète » accordait beaucoup d’importance au travail de réflexion qui précède l’écriture. Lorsqu’il attaquait le premier chapitre d’un roman, la trame générale était dans son esprit, il connaissait très bien ses personnages. Ensuite, plongé dans le cœur du roman, il écrivait sans arrêt, du matin au soir, parfois pendant la nuit. Puis, il pouvait ne plus écrire pendant des semaines Enfin, presque car il écrivait toujours… dans sa tête. Quand il n’écrivait pas, il écrivait sans écrire. Pierre était un homme normal qui aimait lire, courir, menuiser, bucheronner, voyager, rencontrer, parler, rêver… et sourire ! Ah, ce sourire !I

L’écriture de Pierre était une écriture « vraie », sans complaisance, une écriture qui venait des tripes, un cadeau offert au lecteur. Il n’était satisfait que si les mots qu’il employait correspondaient réellement à ce qu’il souhaitait écrire. Cette honnêteté, il la devait à ses lecteurs. Pierre était un travailleur qui reprenait, sans cesse, son récit, la cohérence, le fond, la forme… C’est pourquoi il prenait grand soin, malgré les pressions des lecteurs, de ne pas chercher à publier, à tout prix, trop rapidement. Il était persuadé qu’il valait mieux patienter et faire patienter plutôt que de se décevoir et décevoir. Il pendait qu’il fallait laisser le temps à l’histoire de pousser, à son rythme...

 

-------------------

   "Le Loup à la voix de miel"
Marc SEASSAU (Grasset jeunesse)

J’ai fait venir dans le collège où je travaillais alors, l’écrivain Marc Séassau.  La journée fut belle et pleine d’émotion notamment lorsque Marc anima une rencontre à deux voix (j’adore organiser ce genre de rencontres : 2 auteurs face à une classe en même temps !) avec Jean-Côme NOGUES qu’il avait adoré lire lorsqu’il était ado.

Marc Séassau a écrit ce roman « Le loup à la voix de miel » parce qu’il a été marqué par sa convocation comme juré dans une affaire de viol. Dans son récit, il narre l’entrée en 6ème d’une petite fille qui, anonymement, dépose des extraits de « Peau d’âne » dans les poches, de sa « marraine », une élève de 3ème.  L’appel au secours était évident !

Cette rencontre a déclenché un phénomène pour le moins inattendu dont j'ai été le témoin, involontaire : il m'a fallu trois semaines pour comprendre ce qui m’arrivais !

Je trouvais régulièrement par terre, dans le CDI, toujours disposées par deux, des photos représentants des scènes classiques de la vie d'une famille avec une de nos élèves de 6ème (anniversaires...). J'ai évidemment rendu ces photos à l'élève qui, agressive, semblait ne pas comprendre pourquoi je détenais son bien. C'est tout juste si elle acceptait de reconnaître qu'il s'agissait d'elle sur les clichés ! Ces scènes se sont régulièrement reproduites ( trois, quatre fois pendant trois semaines) jusqu'au jour où j'ai eu un déclic  : une seule photo sur le sol évoquant la petite sur les genoux d'un homme. J'ai de suite compris (Peau d’âne !), j'ai alerté l'infirmière, la Principale du collège... Cette élève avait eu l’idée de reproduire ce que l’héroïne du roman faisait.
Voilà ce qu'uns simple rencontre d'écrivain peut entraîner en dehors du plaisir de lire.
Le roman avait libéré la parole de l’élève !


Nous en avons évidemment parlé avec Marc Séassau qui était évidemment KO : comment ne pas l'être ? Il avait écrit ce roman un peu dans un but pédagogique mais quand la réalité dépasse la fiction...

Recherche

PERLES de LECTURE

 Le collège de Gannat

 a voyagé dans le temps !

 

 Après la lecture des romans historiques jeunesse de Béatrice Nicodème....

    321.JPG

« Oyez ! Oyez gente dames et damoiseaux ! Entrez dans le Moyen Age ! » Ainsi s’est écrié le troubadour, jeudi 9 juin 2011, dans la plaine gannatoise : deux cent élèves de 5ème du collège Hennequin et CM2 des écoles du Malcourlet, de Pasteur et de Jean Jaurès ont bravement et « prestement » effectué le « pas sur le côté » pour revêtir leur cotte de maille et ainsi plonger en plein XIVème siècle.

  

284.JPG

  Pour rendre vivant et attractif le Moyen Age, période étudiée en classe et encore largement visible dans la cité des portes occitanes, Gannat, douze comédiens et cascadeurs professionnels de la compagnie toulousaine ARMUTAN, ont chevauché leurs destriers pour répondre à l’olifant de Christophe Boutier, professeur documentaliste, initiateur de cet imposant projet, « Cultures, loisirs et genres de vie au Moyen Age », un projet fédérateur d’énergie d’une année.

  323        

Un campement faits de plusieurs tentes, de peaux de bêtes, de râteliers d’armes, de tonneaux… a été établi dans la partie herbeuse et arborée de l’établissement scolaire. Les écuyers – élèves, aux yeux brillant de plaisir, répartis en six « compagnies » de « routiers » qui répondaient au nom d’un  célèbre homme de guerre, du Guesclin, Prince noir ou bien d’un roi, Philippe Auguste…ont défilé avec leurs bannières dans les sept ateliers pédagogiques pendant six heures.  Ainsi, ils ont été initiés à l’archerie, au maniement des armes, au combat rapproché, à l’héraldique – l’art de faire son blason – à la danse, aux instruments et à la musique, à la jonglerie… Le capitaine « Barbepeste » et ses sbires ont alors conquis la « piétaille » qui après explications et démonstrations, devait mettre en pratique l’enseignement de leurs maîtres…  

   336.JPG

 Les corps fatigués furent réparés par le succulent banquet médiéval régional (tortillons gannatois, galichons d’Escurolles, fromages de chèvres de Bellenaves, Fraises bourbonnaises sur lit de fromage blanc de campagne de Cérilly étaient inscrits sur le très beau papier imprimé à l’ancienne par le moulin Richard de Bas ), pris en musique, et proposé par le chef, Sylvain Bruno. Une projection d’images, capturées dans la matinée, proposées par les élèves de l’atelier image du collège lors du repas, a également ravi les convives.

  287.JPG

En fin d'après-midi, les petits occitans, tout sourire, étaient regroupés pour assister à un spectacle de jongleries burlesques proposées par « Grand mètres Yann »,  à de la poésie lyrique, et à une impressionnante saynète de combats à l’épée accompagnée par la musique du groupe DAYAZELL.

 

Quel bonheur ! Quelle joie d'avoir vu les yeux des enfants pétiller de plaisir ! Quel  moment de vie ! Il ne fait aucun doute que cette journée unanimement saluée comme étant extraordinaire restera gravée dans les mémoires.

  351.JPG Alors, un grand MERCI à tous ceux qui ont participé à la réussite du projet ! Les personnels du collège Hennequin, la mairie de Gannat, les mécènes, les comédiens si sympathiques et bien sûr…les élèves !

 

Pour en savoir davantage :

 

RV sur le blog du collège de Gannat (03),

une 100e de photos...

 

http://cdi.gannat.over-blog.com/

 

    ------------------------------------

 

 

A propos de ce blog !

 

Lu dans « La nouvelle encyclopédie des filles 2011 » de Sonia Feertchak ((Plon)

 

« Le blog passionné et passionnant d’un professeur documentaliste  fou de littérature jeunesse, pour « sourire, rêver, aimer ». Des articles vivants sur la lecture, qui donnent envie de découvrir plein de livres et autant d’auteurs

 

 

-------------------                                                      

A lire, vraiment !




 

 

 

 

 

 

 

 

   

A travers de nombreuses anecdotes Christian Grenier évoque son enfance placée sous le signe du théâtre et de la lecture, son adolescence marquée par l'écriture et la passion. Il relate son parcours d'enseignant, d'auteur mais aussi de lecteur-correcteur, journaliste, scénariste et directeur de collection. Il se penche également sur les mécanismes intimes de l'imaginaire, détaille la genèse de ses oeuvres et fait pénétrer le lecteur dans les coulisses de l'écriture et de l'édition. Enfin il s'interroge sur les principes qui font d'une fiction un récit pour la jeunesse. Regorgeant de confessions, de convictions et de passion, ce témoignage d'une vie consacrée à la littérature jeunesse se lit comme un roman.
 

Archives

Le MOT du JOUR : ......

    "Des millions de gens vivent sans lire, mais ce qu'ils ignorent,

c'est qu'on vit infiniment plus en lisant."

Xavier-Laurent PETIT

  

     318 042 visiteurs 

Je vous livre l'adresse du blog de mon nouveau cdi et collège : http://colllafontaine.over-blog.com/

 

depuis octobre 2009

 

 

27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 11:52

La parution en librairie des dernières aventures de Logicielle, héroïne bien connue de Christian GRENIER est prévue le 28 septembre ! Voici la couverture de Marc Mosnier.

Repost 0
3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 09:40

C'est parti !

 

Le film NICOSTRATOS, tiré du roman d'Eric BOISSET est désormais dans les salles !!

Je vous livre le lien avec le JT de France 2 pour découvrir, entre autre, une interview d'Eric, des dresseurs des pélicans et des extraits du film...

 

Réalisateur : Olivier Horlait.

 

Avec : Emir Kusturica, Thibault Le Guellec, François-Xavier Demaison, Jade Rose Parker

A regarder sur...

http://www.2424actu.fr/actualite/presentation-du-film-nicostratos-le-pelican-2727090/#read-2727090

Repost 0
20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 20:24

"Louis le Galoup" dans une magnifique et nouvelle édition ! Les tomes 1 et 2 habillés de leur nouvelles couvertures qui reviennent aux origines de la saga avec une pelisse de cuir façon, vieux grimoire.

 

Repost 0
15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 10:53

J’ai publié mon premier roman à 25 ans, il y a donc 12 ans, et j'écris à un rythme assez soutenu. Mais quand on écrit durant toute la journée, quand on ne fait que ça, ça ne paraît pas un si grand exploit sportif d’écrire deux ou trois romans par an, notamment les romans jeunesse sur lesquels je ne passe peut-être pas autant de temps que sur un roman adulte. L'écriture est rapide également dans la mesure où, même si c'est impor-tant de savoir écrire une histoire, il n’y a pas de recherche stylistique à proprement parler et c’est ça qui prend du temps, je trouve. Certains auteurs peuvent passer plu-sieurs journées sur une seule page. Mais on n'écrit pas un roman de jeunesse comme on écrirait La Recherche du temps perdu, où le style, le rythme et la musicalité de la langue comptent énormément. Quand vous écrivez des romans de science fiction ou de fantasy, notamment pour la jeunesse, vous savez que ce sont des romans où l'intrigue et la structure comptent beaucoup plus que le style. J’essaie bien sûr toujours de bien écrire mais il y a une limite à cela ; je pense qu'à vouloir atteindre un trop beau style, on risque de créer un obstacle pour le lecteur. Je n’ai donc pas besoin de deux ans pour écrire un roman.

 

 

. Vous établissez une forte différence entre la littérature pour la jeunesse et la littérature adulte. En ayant en tête que la littérature adulte rassemble des œuvres et des auteurs aux antipodes, quelle est malgré tout cette différence avec la littérature jeunesse selon vous ?

  

 

    C’est compliqué car dans mon cas, à trois exceptions près, même quand j’ai écrit pour les adultes, il s'agissait également de fantasy ou de science fiction. Et dans ce cas, ce n’est pas très différent. Mais je crois que si demain je décide d'écrire un roman adulte pour un grand éditeur tel que Gallimard, Stock ou Actes Sud, alors, oui, les choses seront différentes, l'écriture me prendra plus de temps, car l'investissement est autrement plus important en matière de recherche stylistique, de travail sur la phrase, sur la qualité des métaphores, bref, sur l’écriture… Mais, comme vous dites. parler de la littérature adulte de manière générale, ça n’a pas grand sens. C’est une entité tellement hétérogène.

  

 

. Oui, parce que finalement, quand on regarde la production en littérature pour adultes  et en littérature pour adolescents, on se rend compte que la frontière est très poreuse et donc, peut-être, qu'une oeuvre comme la Saga Mendelson, en la retravaillant un peu, pourrait aussi intéresser un lectorat adulte.

  

 

    Oui, tout à fait. Mais une fois encore, si je devais d'emblée me dire que j'écris  des romans pour adultes, cela prendrait plus de temps, au moins un an pour écrire et  pas trois ou quatre mois. Mais les frontières sont poreuses en effet, tellement d'ailleurs qu’il y a des livres qui sont publiés en grand format pour adolescents et qui sortent ensuite en collection de poche pour adultes. Sans parler de la science fiction, genre où  se rencontrent les deux lectorats sans qu'on ne puisse dire s'il s'agit de littérature adulte ou pas.

  

 

. Qu'en est-il du public ? Ayant choisi la littérature jeunesse, rencontrez-vous régulièrement vos jeunes lecteurs ?

 

 

    Oui ; j’ai choisi d’écrire pour la jeunesse en 2001, et c’était vraiment le fruit de  ma volonté… C’était avant le grand succès de Harry Potter ; maintenant, il y a pas mal  de gens qui se mettent parfois à la littérature de jeunesse pour des raisons financières mais pour moi c’était vraiment un besoin, une impulsion. Je pense avoir deux facettes comme écrivain, une facette grave, réfléchie, et puis une autre facette, celle du racon-teur d'histoires. moins dans l’exploration des tourments intimes et plus dans la saga, dans le récit. Et j'ai besoin de faire alterner ces deux facettes-là, à un rythme plus ou moins régulier.

 

    Mais pour revenir à votre question, je côtoie régulièrement mon public de jeunes lecteurs en effet, parce que, en tant qu'écrivain, jeunesse ou pas d'ailleurs, on est souvent sollicité par des établissements scolaires, par les bibliothèques, pour des rencontres. On est libre d'accepter ou pas mais je me suis rapidement et facilement  prêté au jeu, au point que c'est à présent une partie intégrante de mon travail, que ce soit devant une classe entière, ou deux ou trois élèves seulement. On parle des livres, on parle de l'écriture en général, et les sujets peuvent ensuite déborder de sorte que j'apporte une parole complémentaire à celle du professeur dans ces établissements, et c'est très intéressant. Pour être honnête, au départ, j'acceptais de participer à ces rencontres par intérêt financier et flatterie ; je trouvais agréable et facile de venir parler de mes romans. Mai maintenant, je pense qu'un écrivain jeunesse est investi d'une certaine mission, d'aller parler de la littérature auprès de ces jeunes d'une façon dont les professeurs ne peuvent pas forcément leur parler parce qu'ils ont un programme à suivre, ou ils n'ont pas le temps, ou pas le droit...

 

 

. Quand on lit vos romans et qu'on parcourt votre blog, on peut se dire que le point commun reliant la fantasy et la science fiction chez vous est le rapport au temps, le temps qui passe, le temps qui s'écoule...

 

 

    Oui, on est souvent dans des récits initiatiques qui servent de métaphores sur le passage de l'adolescence à l'âge adulte, et donc un changement de temporalité. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si la plupart des héros de cette littérature de jeunesse sont eux-mêmes des adolescents, des jeunes gens. Il y a un rapport au temps mais à l'espace aussi ; c'est une littérature de voyage et de découvertes. C'est aussi une littérature où les personnages prennent conscience des grandes questions, notamment autour de la mortalité. Ça me paraît très parlant avec Harry Potter par exemple, qui est une série de romans où la mort est très présente. La question du bien et du mal y est également centrale, celle du possible passage «du côté obscur» des choses. C'est que cette litté-rature pour adolescents est aussi une école de la vie, qui confronte les jeunes à des questions parfois dures. Regardez certaines publications pour adolescents de l'Ecole des Loisirs ou du Rouergue par exemple, qui touchent à des questions de société, à des questions de l'intime. Cette littérature ne prend pas de gants avec ces jeunes, ce qui est intéressant d'ailleurs car si eux accueillent cette littérature de manière positive, les professeurs sont plus prudents et souvent interrogatifs sur les raisons qui nous poussent à faire mourir tel personnage, etc. Je pense que l'écrivain doit tracer des lignes de force, des lignes de sens et de causalité ; il peut alors ne pas lésiner sur la violence, la douleur et le pathos, s'il donne un sens à cela, s'il parvient à montrer que les phénomènes les plus gratuits sont eux aussi porteur d'un sens. Pour moi, la limite chez l'écrivain est dans cette gratuité : exposer son lecteur à une violence extrême et le laisser seul avec elle. Il doit toujours y avoir quelque chose à tirer de thématiques dures, une leçon de vie.

 

. C'est ce que dit votre héroïne à la fin du premier volume de la saga : on vient au  monde pour vivre et être heureux. On a bien là votre credo. Qu'en est-il des titres des trois romans  Les Exilés, Les Insoumis, Les Fidèles ? Pourquoi ces titres, le dernier surtout ? Fidèles à quoi ?

 

    C'est la fidélité à cette pulsion de vie Mendelson, la fidélité à la famille. Au fond, ils sont tous éparpillés mais ils reviennent tous toujours autour de ce noyau. Avec certains invariants : ce sont des gens qui ne se laissent pas abattre, qui font ce qu'ils ont envie  de faire, qui vont au bout de leurs idées même si elles sont un peu folles. C'est une fidélité à ces idéaux ; ils réalisent d'ailleurs que ce qui compte est moins leur identité juive que cette identité familiale. Dans les moments durs, ils ont toujours tendance à se regrouper, à part quelques électrons libres ; il y a toujours cette force centripète qui les ramène autour du noyau familial.

 

Repost 0
15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 10:50

 

. Le judaïsme est l'un de ces invariants. On comprend que vous avez choisi de  raconter l'histoire d'une famille juive car c'est un observatoire privilégié de l'histoire du XXe siècle, d'Odessa à Los Angeles en passant par New-York. L'histoire des États-Unis est également explicitée par ce biais. C'est aussi un judaïsme qui doit beaucoup au grand-père fondateur, un juif orthodoxe, comme le seront les jeunes à la fin de la saga. Finalement, le judaïsme libéral, pourtant très présent aux États-Unis, est peu envisagé dans ces romans. Pourquoi ?

 

 

    Le choix d'une famille juive, vous avez tout à fait raison, vient de ce que, hélas souvent à leurs corps défendant, les Juifs furent des témoins et des acteurs de l'histoire du XXe siècle. L'idée de cette saga est également partie d'une histoire de la fondation des grands studios hollywoodiens par des migrants juifs, venant notamment d'Europe de l'Est, avec, en filigrane, l'idée que ces gens, privés de leur histoire, viennent ici pour recréer des histoires, poussés par un besoin de raconter et de reconstruire une sorte de Terre promise. Ce livre s'intitule d'ailleurs Le Royaume de leurs rêves, un très beau titre je trouve. Ensuite, pour ce qui est du judaïsme orthodoxe, je dirais que, même si de nombreux migrants ont abandonné la pratique de la religion pour n'en garder que quelques éléments folkloriques, ce ne fut pas le cas de tout le monde. Je me suis donc beaucoup interrogé dans la construction de mes personnages – allaient-ils embrasser leur foi, atermoyer, y revenir ? -, et en discutant avec plusieurs personnes autour de moi, j'ai réalisé que ces hésitations, que ces allers-retours représentaient une réalité. Pour le reste, ce retour à la foi orthodoxe est sans doute statistiquement faible mais  j'ai fait ce choix en romancier. Je n'ai donc pas cherché à faire de ma famille une entité exemplaire ni voulu m'engager sur des questions religieuses : la religion sert de toile de fond. On est dans de la littérature de jeunesse ; les choses sont donc forcément simplifiées, on ne rentre pas dans le détail des questions religieuses.

 

 

. Certains personnages font aussi penser à des romans de Chaïm Potok.

 

 

    Oui, tout à fait. J'ai lu plusieurs romans d'auteurs juifs américains. Je pense notamment à l'humour corrosif de La Lamentation du prépuce de Shalom Auslander, l'histoire d'un juif prisonnier de sa religion et qui essaye durant tout le livre de s'en libérer de manière complètement outrancière, en violant systématiquement tous les commandements, avec une sorte de désespoir tendre. Ses efforts à sortir de la religion montrent à quel point il est dedans ; son refus de Dieu est en fait un dialogue incessant avec Lui. Ce type d'écriture et d'itinéraire m'a pas mal inspiré.

 

 

. On suit avec attachement les différents personnages de cette famille, tout au long de la saga, et les femmes notamment, qui jouent un rôle central dans l'histoire familiale, comme chefs de clans, passeuses de la religion, etc. Était-ce important pour vous de leur attribuer cette place ?

 

 

    Complètement. C'était important dans une œuvre de littérature traitant du XXe siècle, des États-Unis et des Juifs, mais aussi parce que la rôle des femmes dans la fantasy est le plus souvent réduit à la portion congrue, autour de stéréotypes oscillant entre la sorcière, la magicienne puissante, et l'esclave. Elles suivent le héros masculin, l'admirent ou attendent qu'il vienne à leur secours. Elles sont souvent outrancières dans leurs comportements, hyperactives. C'est un problème avec ce type de littérature car on a beau vouloir aller contre ces clichés, on est aussi dépendant de ce qu'on a lu et des passages obligés du genre, de sorte qu'on a du mal à développer de grands personnages féminins. J'avais pu faire cela dans un autre de mes romans, qui s'intitule La Malédiction d'Old Haven et qui est centré sur un personnage de sorcière, que je suis tout au long de 600 pages. Et ça m'a fait beaucoup de bien de prendre en charge un personnage féminin et de l'accompagner ainsi, de façon approfondie. Plus personnellement, je suis persuadé du rôle central des femmes notamment auprès d'hommes écrivains qui sont incapables de faire quoi que ce soit à la maison et qu'elles aident à sortir de leurs doutes. C'est mon cas comme celui de nombreux des mes amis écrivains hommes !

 

 

. Pouvez-vous, pour finir, nous dire comment cette saga a vu le jour ?

 

 

    Cela remonte à cinq ou six ans. J'avais alors proposé le projet à une autre maison d'édition. Un projet ambitieux puisque j'envisageais une saga en dix volumes, ce qui séduisait et effrayait à la fois mon éditeur, car j'avais à l'époque moins d'assise qu'aujourd'hui. Le projet a néanmoins bien avancé avec mon éditrice chez eux, sauf que cette éditrice a finalement disparu du jour au lendemain, prise par des projets personnels. La saga a finalement revu le jour aux éditions du Seuil, où j'avais travaillé avec un autre éditeur sur un autre roman. Cet éditeur a quitté la maison et il m'a fallu donc ''séduire'' sa remplaçante, ce qui n'est jamais facile ni gagné d'avance. On s'est en fait immédiatement très bien entendus et c'est elle qui m'a demandé si j'avais d'autres projets sous le coude. J'ai donc remis La Saga Mendelson sur le tapis. Elle était d'emblée emballée, à l'exception des dix tomes. On a donc signé pour trois volumes et le projet allait pouvoir se faire. Cette éditrice a toujours été très enthousiaste pour ce projet, ce qui est très important car cela demande beaucoup de travail à l'auteur mais aussi de la part de l'éditeur ; nous avons vraiment travaillé la main dans la main.

 

entretien avec Marie-Paule Caire et Sarah McDonough

( Parutions.com – jeudi 27 mai 2010 )

 

 

 

http://www.parutions.com

Repost 0
1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 08:56

Adaptation de contes normands de la Renaissance, loufoques avant l’heure, dans La Petite Fabrique du mensonge et de la vérité

Adélaïde Lebrun  est née à Saint-Lô en 1974 et vit en Basse Normandie ; elle a enseigné l’histoire de l’art dans un IUFM. En 2010 chez Alzabane éditions elle adapte et illustre La Nouvelle Fabrique des excellents traits de vérité de Philippe d’Alcripe en La petite fabrique du mensonge et de la vérité qui présente dix-neuf contes. Ces derniers se terminent tous par deux vers de morale (comme « Souvent en évitant un danger, Dans un autre, on tombe inconséquemment ») que les jeunes apprécieront à méditer car ils renvoient à des situations qu’ils savent pouvoir rencontrer. Voilà une bonne occasion de mettre en valeur en 2011 une région qui du Tréport (à la limite de la Picardie) au Mont Saint-Michel (aux frontières de la Bretagne) en passant par Alençon (proche du Maine) fête cette année le onzième centenaire de sa création (en 911 le roi de France cède le comté de Rouen à Rollon un chef viking) car les histoires sont très contextualisées à la Normandie de l’époque des guerres de religion (bien plus rarement au XVe siècle) et le style d’illustration renvoie à certains aspects du style de la peinture flamande de l’époque. Les images ont un contenu narratif fort car elles évoquent systématiquement des personnages en action. La dorure sur tranche avec en plus une couverture qui rappelle le cuir et l’existence du marque-page rouge en tissu rendent un aspect antique à ce livre.  L’alternance de récits courts et longs, le passage de héros humains à des héros animaliers, le recours successif à l’étrange, à l’extravagant, au comique renouvelle l’intérêt régulièrement ; tout esprit de paillardise ou de scatologie est totalement exclu dans cette adaptation pour les jeunes. Ces récits ont suscité des réflexions chez des écrivains et universitaires de Charles Nodier en 1829 (par ailleurs lui-même auteur de contes) à la chercheuse espagnole Daniela Ventura en 2002 et une bibliographie composée de sept titres fait connaître ces études au lecteur adulte de ce livre pour la jeunesse.

Adélaïde Lebrun  reprend l’intégralité en quatre tomes des quatre-vingt-dix-neuf contes chez OREP éditions pour cette fois une version bilingue pour adultes qui donne le texte original de en langue française du XVIe siècle, matinée de quelques mots typiquement normand. La dimension grivoise apparaît alors dans certains contes, le premier tome disponible en 2011 De l’Abondance et de l’Ingéniosité sera suivi pour les années suivantes par De l’incroyable et du merveilleux, Du grivois et du cruel, De l’étrange et du fantastique. L’auteur, de son véritable nom Philippe le Picard, est un moine qui vécut l’essentiel de sa vie dans l’abbaye de Mortemer située entre Rouen et Gisors. Dans la forme, on pense à un rapprochement aux contes de Boccace, antérieurs toutefois de deux siècles. Adélaïde Lebrun  réalise également pour Alzabane éditions, l’iconographie du Fabuleux voyage sur la lune que fit Cyrano de Bergerac, premier tiers des Etats et Empires de la lune, ouvrage précurseur de la littérature de science-fiction et de fantastique  écrit par  Cyrano de Bergerac et paru après sa mort en 1655 ; il s’agit là d’une odyssée fantastique et humoristique.

ALCRIPE, Philippe ; LEBRUN, Adélaïde. La petite fabrique du mensonge et de la vérité. Alzabane éditions, 2010. 178 pages. 19 euros.

 

Merci à Alain Chiron pour l'information.

Repost 0
22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 09:03

Écrire pour la jeunesse en France et en Allemagne dans l’entre-deux-guerres : un ouvrage de Mathilde Lévêque qui apporte des arguments opposables à l’idée d’un marasme éditorial en la matière.  

 

Mathilde Lévêque, sous le titre Écrire pour la jeunesse en France et en Allemagne dans l’entre-deux-guerres, publie une version remaniée de sa thèse intitulée Le renouveau du roman et du récit pour la jeunesse en France et en Allemagne pendant l'entre-deux-guerres : modernité et écriture narrative. L’ouvrage, préfacé par Isabelle Nières-Chevrel, montre que les livres pour la jeunesse circulent entre la France et l’Allemagne ; les écrivains dialoguent en particulier autour des idées véhiculées par l’utopie sociale (à travers le communisme mais pas seulement) et le pacifisme. Aux éditions Sociales Internationales (aux mains des responsables communistes français), la collection de livre de littérature de jeunesse Mon Camarade , liée au journal pour les enfants éponyme (animé par Georges Sadoul) , propose des traductions d’ouvrage parus outre-Rhin : Ce que disent les amis du Petit Pierre, suivi de La Muraille magique, Les Trois amis, Le Cheval de fiacre, Le Pont  par Hermynia zur Mühlen, Hans et son Lièvre enchanté de Lisa Tetzner, Émile et les détectives  sous la plume de l’auteur phare dans l’univers germanique de la littérature de jeunesse des années vingt E. Kaestner (une première version française de ce dernier titre avait paru auparavant chez Stock) . En Allemagne sont transcrits dans la langue de Goethe Trois petits enfants bleus de  Geneviève Fauconnier, La Colonie de Charles Vildrac, Jean-sans-Pain par Paul Vaillant Couturier, Patapoufs et Filifers par André Maurois. Mathilde Lévêque montre à travers l’étude d’une trentaine de titres produits par une dizaine d’auteurs de chaque nationalité, comment convergent certaines thématiques en prise avec un regard nouveau porté sur l’enfance  des deux côtés du Rhin. Il existe des points communs dans la modernité des choix littéraires et graphiques. Outre les auteurs déjà cités, l’étude se penche sur des écrivains germaniques comme  Kurt Held (Zora la Rousse), Carl Dantz (Peter Stoll, ein Kinderleben, von ihm selbst erzählt), Wolf Durian (Kai aus der Kiste. Ein ganz unglaubliche Geschichte, traduction française : Kai, roi de la pub), Erika Mann (Stoffel fliegt übers Meer, traduction française Petit Christophe et son dirigeable), Erika Mann (Muck der Zauberonkel, A gang of ten), Ruth Rewald (Sonne und Regen im Kinderland, Müllerstrasse, Jungens von heute,Janko, der Junge aus Mexiko, Vier spanische Jungen). Les autres auteurs hexagonaux présents sont Colette Vivier (La maison des petits bonheurs) , Claude Aveline (Baba Diène et Morceau-de-Sucre, considéré comme le premier roman pour enfants à tonalité anticoloniale), Marcel Aymé (Les contes du Chat Perché), Léopold Chauveau (Les cures merveilleuses du docteur Popotame qui remet en cause la supériorité autoproclamé des blancs sur les populations noires), Marie Colmont (Rossignol des neiges), René Duchateau pseudonyme de Georges Sadoul (Le mystère du serpent à plumes), Georges Duhamel (Les Jumeaux de Vallangoujard), Nanine Gruner (Isabelle et la porte jaune), François Mauriac ( Le Drôle ). Des informations sur certains auteurs comme celle que Colette Vivier ait collaboré à Mon Camarade explique mieux la genèse de son œuvre et l’attribution du Prix Jeunesse qui lui fut décerné en 1939. Marc Soriano, dans son Guide de littérature pour la jeunesse,  soulignait que les idées reçues voulaient que la littérature de jeunesse francophone de l’entre-deux-guerres soit marquée par une baisse de qualité et il souhaitait voir réviser ce jugement. C’est le cas pour la presse des jeunes qui voient ses titres fort réduits, qui garde des dessinateurs déjà fort connus avant 1914 et à qui les éditeurs imposent une interdiction de l’usage de la bulle jusqu’à l’arrivée du Journal de Mickey dont le succès force les périodiques à évoluer s’ils ne veulent pas disparaître. Une meilleure connaissance des livres de bibliothèque (comme Mathilde Lévêque le fait ici) et des romans scolaires (grâce en particulier à certaines études publiées dans le numéro 29 des Cahiers robinson)  ne pourra que répondre au désir exprimé, voici près de quarante ans, par un des pionniers de la recherche universitaire en matière de littérature de jeunesse. D’autre part la connaissance apportée aux lecteurs sur la littérature de jeunesse allemande, non empreinte de l’idéologie nazie, est précieuse ; elle suscitera l’acquisition par des CDI de la version originale de certains ouvrages et la redécouverte de titres traduits  leur évitant un désherbage intempestif (ainsi par méconnaissance de son intérêt dans une médiathèque d’une ville moyenne de l’Ouest l’exemplaire en très bon état de Zora la Rousse a disparu fin 2010).  

 

Marci à Alain Chiron pour cette information.

 

LÉVÊQUE, Mathilde. Écrire pour la jeunesse en France et en Allemagne dans l’entre-deux-guerres. Rennes : Presses Universitaires de Rennes, 2011. 16 euros.

 

Repost 0
11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 09:37

51xLa9tHZQL__SS500_

Des élèves de mon collège de Gannat me demandaient hier quand sortiraient les prochaines aventures du Félin, le héros d'Arthur Ténor....

 

C'est chose faite !

 

Les nouvelles aventures du Félin - chevalier agent secret, sont à découvrir sur ce site dédié (premiers chapitres), pour ceux qui ne connaissent pas encore la série (pour les 10 - 12 ans et +).

 

http://lefelin.canalblog.com/

 

Repost 0
11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 09:32

L'enfant et la forêt

ENFIN.... une nouvelle aventure de Martin, le héros du FAUCON DÉNICHÉ, de Jean-Côme NOGUES !


Après avoir déniché un faucon en bravant les lois seigneuriales, Martin s'oppose une nouvelle fois au château. On veut l'enfermer dans les cuisines, pour qu'il devienne tournebroche ! Il ne pourra plus parcourir la forêt où, jeune serf, il vit ses plus beaux moments de liberté. Un jour, une présence mystérieuse se dissimule sous les feuillages et Martin se sent épié... Peut-il se douter qu'une grande aventure commence ? Pour une fois, c'est à lui qu'on va demander de l'aide...

Repost 0
8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 11:13

Quelques infos de Christophe Loupy à se mettre sous la dent :

- Son dernier livre sort en librairie : "L'invasion des kaméléons", aux éditions Milan, pour les 10 ans et plus. Le pitch : Wallis, 12 ans, hémiplégique, et le monde à sauver.
Wallis est "le Destinant", celui dont la prophétie raconte qu'il va délivrer les humains de l'invasion de créatures venues d'un autre monde, les kaméléons, appelés ainsi car ils peuvent prendre l'apparence humaine. Il s'agit du tome 1 d'un récit d'aventure, le tome 2 est en cours d'écriture.


Christophe Loupy est également le directeur de publication du Guide de l'Edition Jeunesse, l'annuaire professionnel de l'édition jeunesse (www.leguidedeleditionjeunesse.com) et à ce titre, je vous annonce que mon blog sera référencé dans la prochaine édition.

« Je l'ai visité (le blog) et je le trouve très intéressant. Il fait partie des sites que nos lecteurs, professionnels ou passionnés, recherchent. C'est bien qu'il existe et c'est important de le faire connaître au plus grand nombre. »

Christophe Loupy

Repost 0

POURQUOI ce BLOG ?

 Le BLOG consacré
aux AUTEURS,
à la LITTERATURE JEUNESSE
et à L'ECRITURE
.

Enfants 1 199La lecture est une nécessité dans le monde moderne. Elle permet de maîtriser la langue, de développer l’imaginaire, de structurer la pensée, d’accéder au savoir, d'acquérir du vocabulaire... C’est pourquoi parents et enseignants se lamentent lorsque les enfants ne lisent pas et les ados encore moins. Pourtant, ils prendront PLAISIR à lire... pur cela, il suffit de les juindécembre2010 225aider à ouvrir la porte.

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  

 

 Avec ce blog, j'aimerais :
 * faire découvrir la littérature jeunesse,l'écriture et les auteurs pour la jeunesse
partager une passion et pourquoi pas donner envie de lire et de rêver entre les pages.  

juindécembre2010 260Le livre est une véritable source de plaisir, de joie et d'émotion. Beaucoup d’élèves disent ne pas aimer lire. Je ne suis pas loin de penser que TOUS aiment lire, sans exception ! Le plus difficile pour eux est de parvenir à trouver dans la masse, LE livre, celui qui ne va pas les endormir… juindécembre2010 227LE LIVRE, celui qui va leur "parler", le livre qui leur correspond, le livre qui va leur remuer les tripes, les boyaux, les neurones, la tête !!!  

Enfants 1 178-copie-1Personne n'aime lire toutes les histoires, tous les livres. Evidemment. Il existe donc des "critères" à appliquer pour trouver et emprunter la perle, le livre qui va faire définitivement plonger dans le plaisir de lire !

Dans le livre on fait de merveilleuses rencontres, on découvre plein d'amis, on voyage, on s'ouvre sur le monde, on vit des aventures que l'on ne connaîtra jamais dans la vie de tous les jours : on embrasse des princesses, on escalade des rochers, on "zigouille" les méchants, on galope sur des chevaux lancés à la poursuite de terribles bandits ... bref, on fait de fabuleux voyages pour... "sourire, rêver et aimer" (Lisez "Le type" de Philippe Barbeau.) !!

Enfants 1 258Dans ce blog, il sera question des hommes et des femmes qui écrivent : les écrivains pour la jeunesse. Les ouvrages de littérature jeunesse de qualité seront présentés, racontés, "décortiqués"...
Vous lirez des interviews de professionnels, vous découvrirez des portraits, le monde de la chaîne du livre (éditeurs, imprimeurs, libraires...), vous trouverez également des conseils, vous ferez des rencontres, participerez à des débats, vous lirez des expériences d'animations pédagogiques autour des livres, vous découvrirez des "paroles" d'élèves, d'enseignants, des textes et.... plein d'autres choses encore !

juindécembre2010 224

 Brigitte Coppin 015
--------------------------- 

    "Les gens qui aiment lire sont rarement des salauds !"
Xavier-Laurent PETIT
  ---------------------------

  SPECTACLES

   

  "Salomon, vous vous rendez-compte ?"

de Christophe Boutier

 

spectacle radeau 010 

 

Sa majesté des couches"

de Christophe Boutier  

 

  24.JPG54.JPG

Photo-034.jpg

  Une comédie en V actes écrite et mise en scène par Christophe Boutier

L’histoire de la séduction, de l’enfant et de sa famille depuis la préhistoire jusqu’à l’enfant-roi du XXIème siècle.

 119.JPG

Sur scène, il y avait :

- 14 comédiens 

- Six musiciens professionnels dont Michel Léger, accompagnateur de vedettes de la chanson et du cabaret, telles que La Bande à Basile, Daniel Guichard, Zanini, Jean Constantin, André Aubert (Don Patillo)...

- la chorale du collège de Xavier Bélanger (professeur d'éducation musicale qui a mis en musique le spectacle) qui a interprété des chansons de variété en rapport avec l'enfance.

- des projections murales assurées par les élèves de l'option image (Eddy Dabrigeon...) du collège, option dirigée par Cécile Cotten,  professeur d’Arts plastiques.

  19.JPG 20.JPG

 

Les spectacles précédents

 

2013- Le temps du maquis"

2012 - "Salomon, vous vous rendez compte ?"

2011 - "Sa majesté des couches"(Gannat)

2010 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes"  : 2ème épisode (Gannat)

2010 - "Un zèbre sur la banquise" (Gannat)

2009 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes " : 1er épisode (Lapalisse)

2008 - "La farce vaudevillesquement tragique de la chambre forte du jugement dernier. " (Lapalisse)

2007 - "Le terrier zeixcoussois en Zinzinmouli ou la complainte des comédiens en danger" (Saint- Prix)

 ------------------------------------------------------------

 

    Un grand MERCI donc à tous les écrivains jeunesse
 que j'épuise et à qui je donne mal à la tête !!!
Ah ! Ah !!

Enfants 1 224Christian Grenier, Eric Boisset, Alain Grousset, Alain Surget, Béatrice Nicodème, Anne-Marie Desplat-Duc, Susie Morgenstern, Arthur Ténor, Hubert Ben Kemoun, Jean-Côme Noguès, Marc Séassau, Fabrice Colin,  Lorris Murail, Roger Judenne, Philippe Barbeau, Anne Ferrier, Evelyne Brisou-Pellen, Eric Sanvoisin, Christophe Léon, Jean-Luc Luciani, Béatrice Egémar, Magali Herbert, Guy Jimenes, Jean-Claude Mourlevat, Raymond Perrin, Jean-Baptiste Evette, Marc Cantin, Claire Gratias, Christophe Miraucourt, Xavier Bascour, François Librini, René Gouichoux, Yaël Hassan, Jean-Marc Ligny, Marie-Aude Murail, Cécile Roumiguière, Brigitte Coppin, Dorothée Piatek, Sophie Audouin-Mamikonian, Fanny Joly, Johan Héliot, Jack Chaboud, Jean-Luc Marcastel, Stéphane Daniel, Emmanuelle et Benoît de Saint Chamas, Jean-Paul Gourévitch, Michèle Laframboise., Florence Hinckel, Christophe Loupy, Lénia Major, Viviane Koenig, Marie Mélisou..

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
     

... évoque le BLOG sur la littérature jeunesse.

 

"Des conseils pratiques de pro à pro, des interviews délicieuses et des
articles écrits par des écrivains ou des éditeurs, des bibliographies,
des réflexions sur la littérature jeunesse, des coups de coeur et
 des anecdotes...On trouvera tout cela (!) sur le blog de C
hristophe
Boutier, professeur documentaliste  au collège de Gannat (Allier).

Les petits articles de réflexion sur certains aspects de la littérature
jeunesse sont parmi les plus intéressants, d'autant plus qu'ils soulèvent
parfois des points souvent peu vus : les genres relevant de l'imaginaire
et les critères de classification (science fiction, fantasy...), les styles
d'écriture (classique, moderne…), ou encore le souci de la véracité dans
les romans historiques jeunesse.

En plus de cela, on trouvera une liste impressionnante de sites
d'écrivains  et des ressources diverses et variées qui émaillent les
articles (liens vers des  sites de séries jeunesse, des conférences
en ligne...), des « trucs et astuces » de Doc pour aimer et faire
aimer la lecture, des bibliographies...

Si la mise en page gagnerait à être un peu plus claire et lisible, le côté
bric-à-brac (où on flâne volontiers de longs moments) perdrait de son
charme...

Par un prof-doc amoureux et défenseur acharné de la littérature
jeunesse.
"

 

Rubriques

CULTURE au CDI de Gannat

Collège de Gannat (03)

" Fête de la culture, de la lecture et de l'écriture"

  Mai 2013 - 4ème édition

Eric Boisset 

Mai 2013 145

ArthuArthur Ténor 024r Ténor

Alain Surget 

Alain Surget 053

 

Mai 2012 - 3ème édition

 Jean-Luc Marcastel

jean-luc-MARCASTEL-010.jpg

Brigitte Coppin 

      Brigitte-Coppin-013.jpg

 

Mai 2011 - 2ème édition

Philippe Barbeau, Christian Couty

juindécembre2010 236

Béatrice Nicodème

 

juindecembre2010-245.jpg

 

Juin 2010 - la 1ère édition :

 

Alain GROUSSETet Christian GRENIERétaient parmi nous pour évoquer la Science-Fiction (SF) etpour débattre des nouvelles technologiesqui pourraient "tuer » les livres...

 Enfants 1 196

  -----------------

Le nouveau spectacle du collège

Joseph Hennequin de Gannat, dans l’Allier.

 

 

La troupe de théâtre du collège Hennequin, composée cette année de 30 comédiens issus des quatre niveaux de classes, a réalisé un film (un vrai ! en noir et blanc)écrit par Christophe Boutier, professeur documentaliste, « Le temps du maquis» (vendredi 14 juin 2013, centre socio culturel de Gannat). Xavier Bélanger, professeur d’Education musicale, assurera la mise en musique.

Ce film présente la dure réalité de la vie quotidienne et clandestine, au milieu de la forêt,d’hommes et de femmes – les maquisards - remarquablement courageux qui recoururent, au péril de leur vie, à la guérilla pour s’attaquer à la milice du Maréchal Pétain et aux troupes d’occupation allemande.

Ce spectacle entre dans le cadre du projet « Devoir de mémoire », une option du collège menée en classe de 3ème. Les 16 élèves de cette option dirigée par M. Bellet, professeur d'Histoire, présenteront la soirée :

En 1ère partie, un court métrage : Roger VENUAT, résistant dans le maquis de Hérisson (Allier, 03), au collège Joseph Hennequin.

En 2ème partie, la pièce de théâtre, « Le temps du maquis »

ENTREE GRATUITE

  

QUI SUIS-JE ?

Je suis Christophe BOUTIER, professeur documentaliste au collège de Gannat (1 rue Joseph Hennequin. 03800 GANNAT) , dans l’Allier, en Auvergne.

Passionné par la littérature jeunesse, l'écriture, la lecture... j'ai découvert, grâce à ma profession cette littérature - une vraie littérature ! - qui comporte de magnifiques textes. Et derrière des mots adressés, peut-être davantage aux enfants, aux adolescents - quoi qu'un bon texte doit pouvoir être lu par tous sans aucune histoire d'âge ! - se cachent des écrivains adorables, des personnes d'une incroyable richesse humaine, intellectuelle et culturelle, des gens de talent que j'ai/j'ai eu la chance pour certains de côtoyer !

Aujourd'hui, j'éprouve le besoin de partager mon amour des auteurs jeunesse et de leur oeuvre ! je compte également sur vous lecteurs pour faire vivre ce blog, mutualiser nos expériences, nos connaissances, nos réflexions et... débattre.

 
Mon autre BLOG, celui du CDI du collège de GANNAT :
http://www.cdi.gannat.over-blog.com