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Présentation

  • : Le blog de CHRISTOPHE BOUTIER, professeur documentaliste au collège de St Germain-des-Fossés, dans l'Allier
  • : Blog qui a pour objectif de parler de la littérature jeunesse, des écrivains jeunesse... pour donner le goût de lire aux adolescents. L'objectif est également d'intéresser à la culture. Il s'agit aussi de faire découvrir cette littérature à part entière aux adultes.
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Le Vampire Du Cdi

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  • Je suis le "VAMPIRE d'un CDI" auvergnat !

ANECDOTES

Pierre BOTTERO,

le Seigneur des ados !

 

Pierre Bottero était fier d’être un auteur jeunesse - une littérature qui n’a rien à envier en qualité à la littérature « vieillesse. » S’il n’était pas qu’un auteur de fantasy, il faut bien reconnaître que c’est à cette littérature de l’Imaginaire qu’il dût son incroyable succès !

Dès l’enfance, il tombait dans la marmite de la fantasy. Il dévorait Tolkien (Un choc ! S’en suivi, plus tard, l’idée que la fantasy ne pouvait s’écrire que sous la forme d’une trilogie), Zelasny, Farmer, Moorcock, Vinge, Howard… Les grands noms qui allaient lui permettre de devenir l’auteur que nous connaissons. Plus tard, il appréciera les auteurs « jeunesse » tels que Erik L’homme, Hervé Jubert, Fabrice Colin ou Philip Pullman, Eoin Colfer pour ne citer qu’eux. Il n’y a pas de concurrence en littérature jeunesse, les auteurs s’apprécient, se côtoient, se téléphonent, se rencontrent, se parlent, rêvent ensemble d’histoires communes. Ainsi Erik L’Homme et Pierre imaginaient ensemble, « A comme assassins »…

De ses lectures, Pierre Bottero ne devait pas ressortir indemne.

C’est par hasard qu’il se lançait dans l’écriture, pour aider sa fille qui séchait devant un concours d'écriture : il rédigeait quelques pages sur son ordinateur, se piquait au jeu, poursuivait (son épouse réclamait la suite), envoyait le texte à un éditeur qui le publiait... Il était dit qu’il n’arrêterait plu. Marqué à tout jamais par Tolkien, il était évident qu’un jour, il s’essaierait à la fantasy. C’est ainsi que naquirent « La quête d’Ewilan », « Les mondes d’Ewilan » et « Le pacte des Machombres. »

 

 

 

Pierre Bottero se fichait éperdument du cadre dans lequel on allait placer ses romans. Mais pour les « techniciens, l’auteur lui-même évoquait la Low Fantasy. Il s’agit d’une low fantasy - inspirée par ses jeux d'enfant, ses rêves d'adulte, ses lectures et les émotions ressenties au quotidien - dans laquelle existe un équilibre entre le bien et le mal, le courage, la volonté et la détermination où domine le désir de tout ramener à des intérêts individuels (égoïsme forcené, aveuglement quant à la mise en danger des équilibres…). Un parallèle pourrait d’ailleurs être établi entre le chaos décrit et notre monde réel. Mais attention. Les propos de Pierre ne demeurent pas sombres, ils restent optimistes. Pour avancer ! Avec pour personnages principaux des… femmes. Pierre était fondamentalement féministe. Il aimait à dire qu’il y avait moins de « cons » chez elles que chez les hommes. Toutefois, Pierer Bottero n’a jamais cherché à donner des leçons, il se méfiait trop pour cela des « transmetteurs » de valeurs et des donneurs de leçons. Le livre était pour lui un objet de partage.

Ce partage, il l’avait avec sa famille qui appréciait ce qu’il écrivait et qui le rassurait : Claudine, son épouse, ses deux filles lisaient ce qu’il écrivait avant publication.

 

 

 

Lorsque Pierre Bottero était invité dans un salon du livre pour une dédicace, il faisait partie des auteurs les plus demandés (il ne faisait pas bon signer à côté de lui !) : les impressionnantes files d’attentes composées de lecteurs (jeunes et moins… jeunes !) en témoignaient. C’est avec émotion qu’ils recevaient tous les messages de sympathie et… d’amour. Ses livres touchaient, ses histoires permettaient le partage et faisaient rêver, Pierre vivait alors une aventure … magique.

Il avait beau affolé le compteur des ventes, ce qui avait un réel impact sur lui, c’était :  de percevoir la flamme dans les yeux de ses « fans » (euh ! il n’aimait pas le mot), de recevoir leurs avis, de parler avec eux.

Tant d’amour le gonflait à bloc et lui transmettait une énergie positive.

C’est pourquoi, ce succès (qui lui permit d’abandonner son métier d’instituteur) qu’il percevait intensément, à la fois avec bonheur (évidemment !) et tranquillité, lui donnait également un sentiment de responsabilité. Ainsi, s’il savait se montrer reconnaissant envers ceux qui l’avaient aidé à améliorer son écriture (Caroline Westberg, son éditrice chez Rageot), il avait également de la considération pour ce public à qui il devait tant. Quand vous rencontriez Pierre, assis derrière sa table de dédicace, vous aviez le sentiment qu’il n’attendait que vous ! Pierre veillait soigneusement à être proche de son « public », un de ses… bonheurs. Il respectait humainement ses visiteurs et ses lecteurs en leur offrant des histoires dont il voulait qu’elles évitent facilité et démagogie. Il apportait ainsi beaucoup de soin et d’exigences aux corrections, un travail exigeant, vorace en temps et en énergie.

 

L’écriture de Pierre Bottero avec « Le pacte des marchombres » avait atteint une belle maturité. C’est ce que Pierre lui-même soulignait quand il affirmait que « c’est en écrivant qu’on apprend à écrire. » En effet, cette dernière trilogie qui met en scène le personnage d’Ellana est moins légère, plus complexe, que celle de « La quête d’Ewilan » : l’auteur avait eu le sentiment d’avoir grandi, évolué et de s’être trouvé, un sentiment accompagné par le désir de partager encore davantage avec le lecteur. Pierre Bottero était un homme intègre, voilà pourquoi il continue d’être autant aimé. A la lecture de ses trilogies, cette sincérité transpire. Pierre prenait un immense plaisir à écrire, à « rêver », à imaginer le monde (issu d’un vieux rêve de liberté absolue) d’Ewilan, d'Ellana. Il prenait un immense plaisir lorsque d’autres que lui se baladaient dans "ses" mondes. Pierre Bottero écrivait pour être lu mais aussi pour explorer des contrées inconnues (se connaître lui-même ?) et entraîner à sa suite tous ceux qui étaient tentés par l'aventure... Quand il mettait le point final, c’était à la fois une joie (celle d’avoir terminée et d’être satisfait du résultat) et une déchirure (celle de quitter l’univers crée)… Un sentiment d'être coupé d'une part de soi-même avec l’irrésistible envie de replonger très vite.

 

Pierre le « poète » accordait beaucoup d’importance au travail de réflexion qui précède l’écriture. Lorsqu’il attaquait le premier chapitre d’un roman, la trame générale était dans son esprit, il connaissait très bien ses personnages. Ensuite, plongé dans le cœur du roman, il écrivait sans arrêt, du matin au soir, parfois pendant la nuit. Puis, il pouvait ne plus écrire pendant des semaines Enfin, presque car il écrivait toujours… dans sa tête. Quand il n’écrivait pas, il écrivait sans écrire. Pierre était un homme normal qui aimait lire, courir, menuiser, bucheronner, voyager, rencontrer, parler, rêver… et sourire ! Ah, ce sourire !I

L’écriture de Pierre était une écriture « vraie », sans complaisance, une écriture qui venait des tripes, un cadeau offert au lecteur. Il n’était satisfait que si les mots qu’il employait correspondaient réellement à ce qu’il souhaitait écrire. Cette honnêteté, il la devait à ses lecteurs. Pierre était un travailleur qui reprenait, sans cesse, son récit, la cohérence, le fond, la forme… C’est pourquoi il prenait grand soin, malgré les pressions des lecteurs, de ne pas chercher à publier, à tout prix, trop rapidement. Il était persuadé qu’il valait mieux patienter et faire patienter plutôt que de se décevoir et décevoir. Il pendait qu’il fallait laisser le temps à l’histoire de pousser, à son rythme...

 

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   "Le Loup à la voix de miel"
Marc SEASSAU (Grasset jeunesse)

J’ai fait venir dans le collège où je travaillais alors, l’écrivain Marc Séassau.  La journée fut belle et pleine d’émotion notamment lorsque Marc anima une rencontre à deux voix (j’adore organiser ce genre de rencontres : 2 auteurs face à une classe en même temps !) avec Jean-Côme NOGUES qu’il avait adoré lire lorsqu’il était ado.

Marc Séassau a écrit ce roman « Le loup à la voix de miel » parce qu’il a été marqué par sa convocation comme juré dans une affaire de viol. Dans son récit, il narre l’entrée en 6ème d’une petite fille qui, anonymement, dépose des extraits de « Peau d’âne » dans les poches, de sa « marraine », une élève de 3ème.  L’appel au secours était évident !

Cette rencontre a déclenché un phénomène pour le moins inattendu dont j'ai été le témoin, involontaire : il m'a fallu trois semaines pour comprendre ce qui m’arrivais !

Je trouvais régulièrement par terre, dans le CDI, toujours disposées par deux, des photos représentants des scènes classiques de la vie d'une famille avec une de nos élèves de 6ème (anniversaires...). J'ai évidemment rendu ces photos à l'élève qui, agressive, semblait ne pas comprendre pourquoi je détenais son bien. C'est tout juste si elle acceptait de reconnaître qu'il s'agissait d'elle sur les clichés ! Ces scènes se sont régulièrement reproduites ( trois, quatre fois pendant trois semaines) jusqu'au jour où j'ai eu un déclic  : une seule photo sur le sol évoquant la petite sur les genoux d'un homme. J'ai de suite compris (Peau d’âne !), j'ai alerté l'infirmière, la Principale du collège... Cette élève avait eu l’idée de reproduire ce que l’héroïne du roman faisait.
Voilà ce qu'uns simple rencontre d'écrivain peut entraîner en dehors du plaisir de lire.
Le roman avait libéré la parole de l’élève !


Nous en avons évidemment parlé avec Marc Séassau qui était évidemment KO : comment ne pas l'être ? Il avait écrit ce roman un peu dans un but pédagogique mais quand la réalité dépasse la fiction...

Recherche

PERLES de LECTURE

 Le collège de Gannat

 a voyagé dans le temps !

 

 Après la lecture des romans historiques jeunesse de Béatrice Nicodème....

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« Oyez ! Oyez gente dames et damoiseaux ! Entrez dans le Moyen Age ! » Ainsi s’est écrié le troubadour, jeudi 9 juin 2011, dans la plaine gannatoise : deux cent élèves de 5ème du collège Hennequin et CM2 des écoles du Malcourlet, de Pasteur et de Jean Jaurès ont bravement et « prestement » effectué le « pas sur le côté » pour revêtir leur cotte de maille et ainsi plonger en plein XIVème siècle.

  

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  Pour rendre vivant et attractif le Moyen Age, période étudiée en classe et encore largement visible dans la cité des portes occitanes, Gannat, douze comédiens et cascadeurs professionnels de la compagnie toulousaine ARMUTAN, ont chevauché leurs destriers pour répondre à l’olifant de Christophe Boutier, professeur documentaliste, initiateur de cet imposant projet, « Cultures, loisirs et genres de vie au Moyen Age », un projet fédérateur d’énergie d’une année.

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Un campement faits de plusieurs tentes, de peaux de bêtes, de râteliers d’armes, de tonneaux… a été établi dans la partie herbeuse et arborée de l’établissement scolaire. Les écuyers – élèves, aux yeux brillant de plaisir, répartis en six « compagnies » de « routiers » qui répondaient au nom d’un  célèbre homme de guerre, du Guesclin, Prince noir ou bien d’un roi, Philippe Auguste…ont défilé avec leurs bannières dans les sept ateliers pédagogiques pendant six heures.  Ainsi, ils ont été initiés à l’archerie, au maniement des armes, au combat rapproché, à l’héraldique – l’art de faire son blason – à la danse, aux instruments et à la musique, à la jonglerie… Le capitaine « Barbepeste » et ses sbires ont alors conquis la « piétaille » qui après explications et démonstrations, devait mettre en pratique l’enseignement de leurs maîtres…  

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 Les corps fatigués furent réparés par le succulent banquet médiéval régional (tortillons gannatois, galichons d’Escurolles, fromages de chèvres de Bellenaves, Fraises bourbonnaises sur lit de fromage blanc de campagne de Cérilly étaient inscrits sur le très beau papier imprimé à l’ancienne par le moulin Richard de Bas ), pris en musique, et proposé par le chef, Sylvain Bruno. Une projection d’images, capturées dans la matinée, proposées par les élèves de l’atelier image du collège lors du repas, a également ravi les convives.

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En fin d'après-midi, les petits occitans, tout sourire, étaient regroupés pour assister à un spectacle de jongleries burlesques proposées par « Grand mètres Yann »,  à de la poésie lyrique, et à une impressionnante saynète de combats à l’épée accompagnée par la musique du groupe DAYAZELL.

 

Quel bonheur ! Quelle joie d'avoir vu les yeux des enfants pétiller de plaisir ! Quel  moment de vie ! Il ne fait aucun doute que cette journée unanimement saluée comme étant extraordinaire restera gravée dans les mémoires.

  351.JPG Alors, un grand MERCI à tous ceux qui ont participé à la réussite du projet ! Les personnels du collège Hennequin, la mairie de Gannat, les mécènes, les comédiens si sympathiques et bien sûr…les élèves !

 

Pour en savoir davantage :

 

RV sur le blog du collège de Gannat (03),

une 100e de photos...

 

http://cdi.gannat.over-blog.com/

 

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A propos de ce blog !

 

Lu dans « La nouvelle encyclopédie des filles 2011 » de Sonia Feertchak ((Plon)

 

« Le blog passionné et passionnant d’un professeur documentaliste  fou de littérature jeunesse, pour « sourire, rêver, aimer ». Des articles vivants sur la lecture, qui donnent envie de découvrir plein de livres et autant d’auteurs

 

 

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A lire, vraiment !




 

 

 

 

 

 

 

 

   

A travers de nombreuses anecdotes Christian Grenier évoque son enfance placée sous le signe du théâtre et de la lecture, son adolescence marquée par l'écriture et la passion. Il relate son parcours d'enseignant, d'auteur mais aussi de lecteur-correcteur, journaliste, scénariste et directeur de collection. Il se penche également sur les mécanismes intimes de l'imaginaire, détaille la genèse de ses oeuvres et fait pénétrer le lecteur dans les coulisses de l'écriture et de l'édition. Enfin il s'interroge sur les principes qui font d'une fiction un récit pour la jeunesse. Regorgeant de confessions, de convictions et de passion, ce témoignage d'une vie consacrée à la littérature jeunesse se lit comme un roman.
 

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Le MOT du JOUR : ......

    "Des millions de gens vivent sans lire, mais ce qu'ils ignorent,

c'est qu'on vit infiniment plus en lisant."

Xavier-Laurent PETIT

  

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Je vous livre l'adresse du blog de mon nouveau cdi et collège : http://colllafontaine.over-blog.com/

 

depuis octobre 2009

 

 

21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 09:39

Aux Etats-Unis, la polémique enfle à propos d’une édition à paraître des Aventures d’Huckleberry Finn où le terme "nigger" a été remplacé.

 

De Mark Twain, on sait qu’il était très susceptible avec ses textes. Un jour,  il avait envoyé une lettre à son éditeur concernant un typographe qui s’était trompé de ponctuation dans son roman d’aventure Un Yankee à la cour du roi Arthur. Et avait réclamé que le pauvre malheureux soit "abattu sans lui donner le temps de faire une prière".

 

S’il n’était décédé il y a un siècle, l’écrivain peut-être le plus célébré d’Amérique serait ainsi aujourd’hui certainement entré dans l’une des colères dont il avait le secret. Le mois prochain en effet, doit être publiée aux Etats-Unis une nouvelle édition passablement édulcorée de l’un de ses classiques, les Aventures d’Huckleberry Finn. Dans le texte qui sera mis en vente en février par NewSouth Books, un éditeur d’Alabama, le mot "nigger" (nègre), écrit pas moins de 219 fois dans la version originale, a été supprimé et remplacé par "slave" (esclave). Une initiative qui provoque une vive controverse depuis quelques jours au sein du monde académique et littéraire outre-Atlantique. De nombreux experts de Mark Twain s’indignant «d’une censure faite au nom du politiquement correct».

 

Puristes

 

     En réalité, la fréquence et l’emploi du mot «nigger» dans Huckleberry Finn alimente le débat depuis sa publication en 1885. Encore aujourd’hui, le roman est interdit dans de nombreuses bibliothèques américaines et n’est plus étudié dans certains établissement scolaires, notamment dans le sud du pays, car les professeurs estiment qu’il peut choquer les élèves.

 

    Le directeur de la nouvelle édition du roman, Alan Gribben, un professeur d’anglais à l’université Auburn-Montgomery, en Alabama, a justifié sa décision de supprimer le mot en assurant que son intention était de "faire en sorte que le livre trouve une audience plus large". "Je ne suis pas un homme politique et je ne pensais pas que tout cela engendrerait de telles réactions", expliquait-t-il hier à Libération. "La vérité est que le livre met plein de gens mal à l’aise. Je ne suis pas sûr que les jeunes puissent replacer tout cela dans le contexte de l’époque et l’interpréter correctement. Nous avons d’ailleurs décidé d’ôter également le terme "nigger" des Aventures de Tom Sawyer que nous publions simultanément dans la même édition."

 

    Pour les puristes de Mark Twain, l’affaire touche au sacrilège. Nombre d’entre eux ont expliqué que le mot avait été utilisé à dessein par l’auteur, pour justement traduire et condamner les attitudes racistes qui étaient celles de la fin du XIXe siècle. «Il y a une raison pour laquelle Mark Twain a recours à ce mot, a assuré Jeff Nichols, directeur du musée Mark-Twain dans le Connecticut, au quotidien USA Today. C’est un mot terrible, qui fait mal mais qui explique beaucoup de choses.» «Je pense qu’il n’y aucune mauvaise intention derrière tout cela, mais je considère que toucher au texte de Mark Twain est une erreur», renchérit Randall Kennedy, professeur de droit à la Harvard Law School. Il y a quelques années, ce dernier a publié un ouvrage intitulé Nigger, the Strange Career of a Troublesome Word, dans lequel il retrace toutes les controverses historiques qui ont existé autour d’un terme qui reste toujours tabou aux Etats-Unis. "Pour moi, cela ne sert à rien de faire plaisir aux gens qui pourraient être offusqués", ajoute Kennedy, "Il faut au contraire essayer de comprendre pourquoi "nigger" provoque une telle indignation. Si l’on commence à pratiquer de telles censures, il faudra le faire dans certains textes de Martin Luther King par exemple, qui contiennent aussi le mot "nigger". Comment imaginer par ailleurs que l’on explique à nos enfants les lynchages d’Afro-Américains qui ont eu lieu au cours de notre histoire, si l’on décide de dissimuler les photos de ces pendaisons ?"

 

Hip-hop

 

La polémique divise aussi la communauté enseignante. Plusieurs professeurs ont relevé que "nigger" faisait partie désormais de la culture rap et hip-hop et que les enfants y étaient confrontés de plus en plus jeunes. En Alabama, Alan Gribben, lui, reste sur ses positions. "On m’accuse d’être politiquement correct, mais j’ai plutôt l’impression d’offrir une alternative", conclut-il, "Que préfère-t-on ? Que le livre de Mark Twain ne soit pas lu parce qu’il est interdit dans telle bibliothèque ou dans telle classe ? Ou que l’on puisse discuter de tout ce que contient cet incroyable roman avec une ou deux modifications mineures ?"

 

par Fabrice Rousselot

(Libération – vendredi 7 janvier 2011 )

 

 

http://www.liberation.fr

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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 09:34

 

Imaginons un monde qui ne voudrait pas déplaire à ses enfants.  Car, n’est-ce pas, les enfants, c’est l’aveni-reu ! Il faut protéger les enfants !  Or voilà que ces petites choses innocentes, après l’époque des purées de bananes, maintenant qu’ils ont des dents dans la bouche et peuvent s’attaquer à la nourriture solide, voilà que ces bambins chéris se refusent à manger des légumes. Ciel ! Que fait-on? Ma foi, on essaie la menace:"Tu n’auras pas de dessert si tu ne manges pas tes légumes !" On promet du sucre. À la longue, évidemment, on se  lasse  de se battre avec sa progéniture à chaque repas. Les portions de légumes diminuent, mais le dessert reste.

L’industrie alimentaire a compris depuis longtemps qu’en mélangeant du sucre et du gras avec à peu près n’importe quoi, les enfants mangeront sans qu’on ait besoin de les obliger. Ainsi dans certains foyers, des enfants peuvent affirmer"qu’ils n’aiment pas les légume", comme si tous les légumes avaient le même goût.

 

    Or, dites-moi, quel parent veut «obliger» ses enfants à quoi que ce soit? On veut diminuer les frictions, leur faire plaisir, préserver leur innocence, et gagner du temps. Le résultat, bien sûr, c’est cette épidémie d’obésité qui, des États-Unis, gagne le reste des pays riches depuis plus de trente ans.

 

    On les aime gros, nos enfants. De plus en plus gros.

 

Grosses têtes

 

    C’est en suivant la même logique, et à peu près en même temps, que s’est développée l’industrie du livre jeunesse.

 

    Une fois passée la période des livres en purée (beaucoup d’images, quelques mots) pour les bambins, les enfants et les adolescents peuvent maintenant se "nourrir" intellectuellement avec des livres conçus expressément pour leur faire plaisir.

 

    Il paraît utile de rappeler qu’il n’existait à toute fin pratique aucune industrie du livre jeunesse avant les années 80. Les enfants grandissaient alors en lisant ce qui leur tombait sous la main, puis devenaient adultes. Lisaient-ils moins alors? Les statistiques confirment que non. Nous ne lisons pas plus, peut-être un peu moins de littérature adulte.

 

    Pourtant, les librairies sont envahies par des milliers de titres jeunesse. Des pans de murs entiers s’adressent aux enfants en tranches d’âge bien distinctes, avec un vocabulaire adapté pour chacune, et des histoires à leur mesure.

 

    Mais en donnant aux enfants ces histoires écrites pour eux avec des mots qu’ils reconnaissent et des histoires qui leur ressemblent, c’est comme si on recouvrait leur nourriture de sucre et de gras pour qu’ils finissent leur assiette.

 

    Le résultat, de plus en plus visible, est une forme d’obésité de l’esprit qui fait  que des enfants devenus grands continuent à préférer le sucre et le gras aux légumes et continuent à lire ce qu’ils aimaient lorsqu’ils étaient jeunes. Des livres avec peu de valeur nutritive, mais bons dans la gueule.

 

Des chevaliers et des trolls

 

    Attention: je ne dis pas que toute la littérature jeunesse est mauvaise pour la santé. Certains auteurs écrivent pour les jeunes avec une sincérité d’artiste, sans faire de compromis autre qu’un vocabulaire un peu plus restreint. Ces auteurs se reconnaîtront.

 

 

    Mais de même que l’industrie alimentaire, en faisant plaisir aux papilles de nos pupilles, a créé cette épidémie d’obésité qui menace la santé et l’avenir de nos enfants, l’industrie du livre jeunesse s’intéresse bien plus aux réussites commerciales qu’au développement de l’esprit critique et à l’apprentissage d’un vocabulaire émotionnel complexe.

 

    Les chevaliers, les trolls, tout ça, c’est souvent que du sucre et du gras.

 

    En cette période des fêtes, nous serons des dizaines de milliers à acheter des livres pour nos enfants. Je veux faire plaisir aux miens, bien sûr. Mais je ne veux pas leur donner en cadeau ce handicap d’une obésité intellectuelle.

 

    C’est moi l’adulte. C’est moi qui doit choisir judicieusement leurs lectures. Ce n’est pas parce qu’ils lisent que c’est bien. Et ce n’est pas parce qu’ils aiment ça que c’est bon pour eux.

 

par Jean Barbe

( Canoë - jeudi 9 décembre 2010 )

 

 

http://fr.canoe.ca

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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 09:50

Lisez jeunesse !

 

Danièle Sallenave sort un ouvrage que tout parent devrait offrir à ses enfants. Elle nous explique pourquoi on écrit des romans.

 

    Je dois l'avouer, je n'ai jamais cru aux vertus de ce que le monde de l'édition appelle la "littérature jeunesse". Sans doute est-ce une tare, mais ce "secteur" m'est toujours apparu comme une invention marketing destinée à écouler une production souvent mièvre et à soutenir des maisons en mal de chiffre d'affaires. Je n'en accable ni les éditeurs ni les lecteurs, mais ma propre incapacité de me plonger avec délice dans des versions expurgées de chefs-d'oeuvre dits "classiques" ou des resucées plus ou moins niaises de textes que l'on gagnerait à faire lire dans leur version originale. Qui décide qu'un roman doit être lu "à partir de 8 ans", "10 ans", "12 ans" ? Absurde coutume, qui contribue à lisser la curiosité - et à l'éteindre ! Pour le dire autrement, il faut donner aux jeunes des lectures qui ne sont pas de leur âge. Jack London, Robert Louis Stevenson, Jules Verne, Alexandre Dumas, Homère ou Tolkien, mais aussi Balzac, Stendhal, Maupassant, Simenon ou Graham Greene ne sont pas de si mauvais maîtres. Ajoutons Frédéric Dard, Rabelais et quelques autres factieux. 

 

    Il y a, bien sûr, des exceptions. En voici une. Danièle Sallenave vient de publier un petit livre que tout parent devrait offrir à ses enfants. Elle y explique, avec finesse et humour, pourquoi on écrit des romans. Anne écrit (à la main). Ses neveux, 6, 9 et 16 ans, font irruption dans la pièce et la bombardent de questions : Pourquoi écrit-on ? A quoi sert une histoire ? Comment sait-on qu'elle est réussie ? L'inspiration remplace-t-elle le travail ? Un roman dit-il la vérité ? Qu'est-ce qu'un personnage ? Un écrivain est-il simplement un auteur ? Quel est le rôle d'un poète ? Faut-il se servir de soi-même pour écrire ? Et la grammaire, dans tout cela ? Autant de questions que feraient bien de se poser certaines grandes personnes lorsqu'elles se piquent d'écrire un roman. Danièle Sallenave communique avec bonheur son plaisir de lectrice et d'écrivain. Iconoclaste, elle détricote les idées reçues en citant quelques illustres complices. Ainsi Maxime du Camp rappelant que son ami Flaubert "disait que le style et la grammaire sont choses différentes ; il citait les plus grands écrivains qui presque tous ont été incorrects, et faisait remarquer que nul grammairien n'a jamais su écrire". Revigorant ! 

 

par François Busnel

( L'Express – mercredi 24 novembre 2010 )

 

Danièle Sallenave, Pourquoi on écrit des romans, Gallimard Jeunesse Giboulées 2010, 10,50 euros

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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 09:46

 

    Cher François Busnel ...

 

    La littérature jeunesse, estimez-vous dans l'une de vos chroniques, vous apparaît comme "une invention marketing destinée à écouler une production souvent mièvre et à soutenir des maisons d'édition  en mal de chiffre d'affaire." Face à une telle affirmation venant de l'un des acteurs les plus importants de la vie littéraire dans les média, nous sommes nombreux à osciller entre l'irritation et l'envie de vous inviter à boire un verre (mais certainement pas un chocolat, invention marketing destinée à attirer une clientèle mièvre dans les cafés en mal de chiffre d'affaire) pour vous éclairer. A la réflexion, cette deuxième option sera la mienne, partant du principe que l'ignorance est dans bon nombre de cas, et dans le vôtre je l'espère, chose réversible.

 

    Plusieurs postulats trahissant votre méconnaissance en la matière émanent de votre chronique. La littérature jeunesse ne serait constituée que de classiques abrégés et de "rescucées plus ou moins niaises de textes que l'on ganerait à faire lire dans leur version original". Et d'ajouter que nos chers enfants devraient lire « des lectures qui ne sont pas de leur âge »  (sic) telles London, Verne, Stevenson, Dumas, Maupassant, Simenon, etc.

 

    A ce stade, je me permettrais de vous poser quelques questions : pourquoi faites-vous le métier que vous faites ? Pourquoi lisez-vous et chroniquez-vous chaque semaine de la littérature contemporaine écrite par des écrivains vivants et destinés à des adultes ? Pourquoi ne vous contentez-vous pas de relire Racine et Maupassant et d'inviter vos lecteurs à en faire de même? Au nom des quoi les enfants et adolescents devraient-ils être privés du regard et de la voix d'auteurs contemporains tandis que leurs aînés y ont droit ? Pourquoi, tant que vous y êtes, ne pas arrêter la création en BD et se contenter d'Astérix et de Tintin ? (Adieu Johann Sfar, adieu Marjane Satrapi, adieu Riad Satouf, adieu tous vos camarades. N'essayez pas de raconter le monde, Hergé et Goscinny l'ont fait avant vous.) Pourquoi continuer à écrire des polars et ne pas simplement relire Agatha Christie ? Et enfin, parmi les livres « pour adultes » que vous recevez chaque semaine, combien de grands livres ? Et combien de livres édités avec l'imprimatur des services marketing de telle ou telle maison en mal de chiffre d'affaire?

 

    Soulignons que votre opinion sur la littérature jeunesse en général figure en  ouverture d'une chronique élogieuse consacrée à un livre de Danièle Sallenave, contre-exemple selon vous de cette pseudo-littérature indigeste qui encombre les rayons des libraires et les esprits si mal nourris de nos jeunes. Soit. Mais pourquoi alors ne pas commencer chacune de vos chroniques sur Philip Roth ou James Ellroy par « parmi les nombreux livres creux, prétentieux, inintéressants et stupides qui se publient chaque semaine, j'ai choisi de vous parler de celui-ci, qui ne leur ressemble pas » ?

 

    La littérature dite « jeunesse » est un espace de création où des écrivains (et parfois des "faiseurs", mais ni plus ni moins qu'ailleurs) interrogent la perception si singulière que les enfants et les adolescents ont de la vie et du monde, en s'adressant à leur intelligence et à leur sensibilité, à leur humour -qui fait défaut à tant d'adultes-, et à leur curiosité. Avec les mêmes outils que les autres écrivains et poètes (les mots, simplement les mots, sans sucre, sans guimauve, sans petits nœuds roses) ils s'emparent des sujets éternels que sont l'amour, la mort, la guerre, l'amitié, l'ambition, la trahison, la perte, le rêve, pour tenter d'en cerner les contours avec une voix qui cherche à retrouver l'intensité des premiers regards, des premières émotions et du "temps perdu". Nier cela, c'est nier aux enfants et aux adolescents la place et le respect qui leur reviennent, auxquels ils ont tout autant droit que vous ou moi. Quelle différence alors avec les auteurs « pour adultes » ? pourriez-vous rétorquer. Eh bien, la même que celle qui existe entre une sonate, un concerto et un opéra : jamais qualitative, toujours formelle.

 

    Comme un certain nombre de mes camarades, j'écris des livres pour la jeunesse, pour adultes, des traductions et des scénarios. Je n'établis et n'établirai jamais de hiérarchie entre ces genres, ou ces formes, qui me permettent d'explorer différentes facettes d'un même matériau que l'on nomme la "réalité". Et si à ce stade vous décidez d'allez prendre un verre ailleurs, j'espère de tout cœur que vous y croiserez (au hasard, car la liste pourrait être très longue) les compagnies éclairantes de Joyce Carol Oates, Christophe Honoré, David Grossman, Claude Ponti,  Ahmed Kalouaz ou le fantôme de ce cher Lewis Caroll, qui vous murmurera peut-être, (autour d'un excellent scotch), combien il est dommage de ne pas savoir saisir la fiole sur laquelle il est écrit « Buvez-moi »...

 

    Bien à vous.

 

 par Valérie Zenatti

( vendredi 10 décembre 2010 )

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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 10:35

 

Les signataires du présent Manifeste entendent mettre le livre et la lecture  au coeur du débat public relatif à l'impact de la réforme des collectivités territoriales sur les politiques culturelles.

 

    Les lois de décentralisation, quelques transferts exceptés, n'ont pas concerné la culture. Pourtant, force est de constater qu'il y a, pour les financements publics de la culture, un avant et un après 1982. Les élus locaux et territoriaux ont pris fait et cause pour l'offre culturelle sur leur territoire : aujourd'hui l'intervention publique des collectivités en matière culturelle est plus importante que celle de l'État.

 

    Dans ce cadre institutionnel sont nées les politiques du livre et de la lecture publique des collectivités territoriales en concertation avec l'État. Bibliothèques et librairies indépendantes par milliers, manifestations littéraires maillant le territoire, auteurs en résidence, patrimoine préservé et valorisé, maisons d'édition : le livre et la lecture représentent plusieurs dizaines de milliers d'emplois directs et induits et forment la première industrie culturelle française, avec 4 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel. Espace de formation du citoyen, le livre interroge le rapport de l'homme au monde. Objet de culture et de commerce, création de l'esprit et produit industriel, il demande une approche économique, culturelle et citoyenne.

 

    Dès lors, une politique du livre tient de l'action économique comme du soutien à la création, de l'éducation, du civisme. La question de l'accès à la lecture et celle de la lecture publique, sont primordiales : la médiathèque n'est pas seulement un outil de prestige, elle est avant tout le coeur pensant de la cité. Le maillage culturel du territoire est un outil majeur de lutte contre les fractures territoriales, la désertification des zones rurales et la création de ghettos urbains. L'ouverture d'une librairie à Gagny, à Sancerre ou dans l'hypercentre de Marseille, ne répond pas seulement à une logique marchande : c'est un acte politique. Le livre repose sur une économie fragile. Le commerce de librairie, l'édition indépendante, nécessaires à la diversité, sont menacés. Devant les mutations, notamment numériques, qui s'annoncent, les professionnels du livre ont besoin d'être accompagnés et aidés par les pouvoirs publics au plus près des réalités territoriales.

 

    Trente ans après les premières décentralisations, l'existence des politiques du livre  et de la lecture publique de l'ensemble des collectivités est remise en question. Annoncer qu'on ne touchera pas au maintien de la compétence générale en matière culturelle sans donner les moyens de l'exercer, c'est porter un coup fatal à l'action culturelle sans en assumer la responsabilité. En effet : si les financements de l'action culturelle des collectivités ne sont pas garantis, si celles-ci sont contraintes de se cantonner à leurs compétences légales, le résultat sera le même : les politiques du livre se déliteront.

 

    Les structures régionales pour le livre jouent un rôle clé. En leur sein, l'État, les Régions et les professionnels du livre ont agi en bonne intelligence, pour le développe-ment d'une politique publique du livre qui englobe lecture publique, soutien économique, éducation artistique et culturelle et valorisation du patrimoine.

 

    Reconnues, réunies au sein de la Fédération interrégionale du livre et de la lecture (Fill) qui leur permet de conduire des actions conjointes, de mutualiser des réflexions,   de rompre l'isolement de certains territoires et d'être un interlocuteur du ministère de la Culture et des organismes professionnels, les structures régionales pour le livre accompagnent l'ensemble des acteurs de la chaîne du livre et l'action publique culturelle.

 

    À leur initiative, l'ensemble des signataires demandent aujourd'hui au Gouvernement et au Parlement :

 

1. de renforcer la place du livre et de la lecture dans les politiques culturelles ;

 

2. d'affirmer, dans la loi, le rôle des collectivités territoriales en matière culturelle, et en particulier dans le domaine du livre et de la lecture, à chacun des échelons territoriaux ;

 

3. d'assurer aux collectivités territoriales les moyens de maintenir des financements publics en matière culturelle, y compris par la mise en oeuvre de dotations spécifiques ;

 

4. de garantir l'engagement de l'État dans les projets culturels des territoires via les subventions gérées par les directions régionales des affaires culturelles (Drac) et de s'engager à maintenir les crédits centraux des ministères qu'il consacre à la culture dans les territoires ;

 

5. de reconnaître le rôle très spécifique des structures régionales pour le livre (SRL)  dans le dialogue nécessaire entre territoires, professionnels et institutions, en créant un label national des SRL, comme il existe déjà les labels  "Scène nationale" ou "Scène de musique actuelle", dont les membres seront réunis dans le réseau national de la Fill.

 

    Pour maintenir la création, la production, la diffusion et la médiation du livre et de la lecture, dans toute leur diversité et sur tous les territoires.

 

( Le manifeste peut être signé sur le site de la Fédération interrégionale du livre et de la lecture )

  

http://www.fill.fr

 

Illustration : http://www.mcccf.gouv.qc.ca/index.php?id=601

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 11:58

 

Logicielle, le Lieutenant de police de la série policière crée par Christian Grenier, va reprendre du service dans une enquête intimement liée à son mariage annoncé avec Max, et à ses retrouvailles avec un frère dont l’identité sera enfin révélée...

Mystère !

 

Hum... Hum...

Il fa falloir encore se munir de patience !

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 10:56

 Depuis la parution du premier volume, Harry Potter à l’école des sorciers en 1997, les aventures de Harry ont été traduites en 60 langues et 250 millions d’exemplaires des cinq premiers romans de la série ont été vendus dans le monde.

Je suis enfin parvenu à lire - en retard ? – le 1er tome. J’ai pris plaisir à lire « Harry Potter à l’école des sorciers » : un roman bien écrit, intéressant …

MAIS

 je ne parviens toujours pas à comprendre pourquoi un tel ras de marée ?!!!

Cela reste un mystère car des romans jeunesse aux histoires passionnantes

bien écrites, matières à réflexions et à émotions,

il y en a plein d’autres !

Harry Potter et les éléments pour plaire ?

-          Une galerie de personnages haut en couleur

-          Des retournements de situation,

-         Des niveaux de lecture différents qui explique l’engouement y compris celui des adultes.

-          Une écriture simple mettant en scène des êtres complexes (avec des dilemmes moraux).

-          La créativité de l’auteur qui imaginé un monde (une faune, une flore, des créatures magiques) qui ne cesse de s’enrichir au fil des tomes et une société magique. La saga Harry Potter explore le monde des sorciers, une communauté possédant ses propres institutions et ses références culturelles (le Quidditch…), un monde mitoyen au nôtre. Les interférences entre les deux cultures magique et humaine sont d'ailleurs une source de cocasserie mais aussi de réflexion sur la coexistence des communautés, sur le racisme, le métissage.

-          Harry Potter, l’orphelin au destin exceptionnel, a l’étoffe d’un héros.

-          Le récit fait la part belle à l’action.

-          Un mystère à résoudre.

-          Le travail du traducteur français de Harry Potter, Jean-François Ménard.

 

Est-ce suffisant pour expliquer ce succès ? Bien sûr que non ! 

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 10:40

 

Après le temps des romans, voici arrivé celui des essais. Avec son agrégation de philosophie et son doctorat en esthétique, rien ne prédisposait particulièrement l'auteure à s'intéresser à Harry Potter. Sauf le fait que, mère de quatre enfants, elle s'aperçut du grand intérêt qu'ils portaient aux romans de Rowling. Elle les lut avec l'attention du professionnel et s'aperçut que, à la manière des contes de fées, leur contenu parlait d'abord à l'inconscient. L'orphelin malheureux Harry est voué à un destin fabuleux, comme Cendrillon. La structure des premiers chapitres des romans de J.K. Rowling est semblable à celle des contes merveilleux, dont ils reprennent les thèmes sans les affaiblir. Mais Rowling les modernise, en remplaçant par exemple le loup et la famine du temps de Perrault par le racisme et la guerre, leur donnant ainsi une profonde originalité. Par ailleurs, Rowling semble se servir de la magie pour révéler nos travers et nous signifier des leçons graves de démocratie en utilisant un ton inhabituel. Désireuse de partager ses découvertes avec le plus grand nombre, Smadja écrivit ce petit livre passionnant qui suscite la réflexion, le texte, ce qui n'est pas négligeable, étant accessible à tout adulte intéressé par le sujet.

 

Pour examiner l'oeuvre de Rowling, l'auteure s'appuie sur des références solides : Freud, Bettelheim, Genette ou Marthe Robert. Elle l'éclaire par des perspectives psychanalytiques, littéraires, et philosophiques. Pour elle, les Harry Potter ne sont pas des romans sur la sorcellerie mais des livres reflétant entre autres le «roman familial» ou le «roman des origines», au sens freudien, tel que chaque enfant le vit, faisant naître sa culpabilité. Il se voit unique, se voudrait hors du commun et déplore des parents trop normaux et sa vie trop ordinaire. Il s'invente les parents et la vie de ses rêves. Orphelin, Harry a des pères de substitution. Les protecteurs, Dumbledore, le directeur du collège, qui indique la voie; et Hagrid, le gardien des clés, le père complice. Le père détesté est Voldemort, l'incarnation du Mal. Les mères représentent le sacrifice : Lily Potter est tuée en protégeant son enfant et d'autres mères trouveront la mort à cause de leur fils, ou de la main de leur fils, comme c'est le cas de Voldemort. Les romans de Rowling reprennent le modèle-type du conte où l'enfant, aux prises avec les difficultés fondamentales de l'apprentissage de la vie, doit surmonter les épreuves initiatiques nécessaires pour atteindre l'âge adulte. Ces récits peuvent lui servir d'exutoire, l'aident à accepter son entourage et lui permettent de dépasser un moment difficile de son existence.

Pour l'adulte, les Harry Potter contiennent de nombreuses références mythologiques, antiques (Gorgone, Cerbère ou Orphée, etc, sans compter les animaux fantastiques) ou bibliques. Les emprunts littéraires sont nombreux, des contes classiques et des légendes de sorcellerie à Lewis Carroll. Tout en s'appuyant sur un passé solide, Rowling utilise des motifs modernes, détournant des produits technologiques et critiquant la société de consommation, montrant ainsi son habileté à conjuguer l'archaïque et le moderne, pour mieux "accorder l'esprit d'une époque avec le caractère primitif des désirs."

La plus pertinente des analyses d'Isabelle Smadja concerne la mise au jour de nombreuses allusions à une situation politique contemporaine récente, qui peut se reproduire. Dans le monde des sorciers, la montée en puissance du maléfique Voldemort correspond à l'accession au pouvoir d'Hitler, accompagnée de la mise en place de forces destinées à assurer la solidité de son régime fondé sur la terreur. Les initiales du nom fondateur de Serpentard sont celles du dictateur portugais Salazar, un des supporters du régime nazi. Le monde des sorciers est divisé, depuis la première «mort» de Voldemort (la défaite d'Hitler) comme l'est notre monde depuis la disparition du dictateur et de son régime. Le danger d'un péril aussi grand nous menace toujours. Voldemort présente de nombreux traits propres à Hitler, et d'abord la haine des juifs (transposée sur les Moldus) attribuée selon certains historiens aux doutes qu'avait Hitler sur la «pureté» de son ascendance.

La destruction de la pierre philosophale par Dumbledore est assortie d'une leçon qui a un sens plus général : le sort que les humains devraient réserver aux inventions qui pourraient devenir destructrices ou malfaisantes si elles étaient - elles le sont toujours - utilisées par des hommes intéressés et sans scrupules qui mettent en péril la collectivité. En faisant disparaître la pierre philosophale, Dumbledore fait ce que nous n'avons pas su accomplir lors de l'invention de la bombe atomique. Les nombreux ratages magiques des apprentis-sorciers évoquent notre propre rapport à la science, aux sciences génétiques ou à l'écologie par exemple, et nous rappellent qu'il y a des domaines qu'on ne peut manipuler impunément. De même, si Dumbledore soutient Harry quand il désobéit, c'est qu'il faut savoir aller à l'encontre de certaines résignations ou soumissions, pour ne pas devenir des Klaus Barbie. Dumbledore, bien que vieux magicien, est à cet égard un personnage exceptionnel, le sage qui donne des leçons universelles de modernité.

Autre forme d'ouverture aux réalités, la prise de conscience que la réalité n'est pas simple, qu'il n'y a pas le blanc et le noir, mais bien souvent des compromis à faire avec les principes et avec soi-même. Du premier roman, très manichéen, au quatrième, Rowling complique peu à peu la vie de Harry. Celui-ci s'aperçoit alors que des gens qu'il croyait être bons, ou totalement mauvais, ne le sont pas entièrement. Si le monde de Rowling est divisé en deux, la haine des sorciers adeptes de la magie noire s'explique par un passé difficilement vécu. Les sorciers humanistes, détenteurs d'une tradition studieuse, sont cependant capables de transgresser les règles pour défendre leur cause. À la différence des personnages des contes, ceux de Rowling ne sont jamais monolithiques et leur aptitude à combattre le mal à l'intérieur d'eux-mêmes les rend proches et attachants. Comme Dumbledore l'enseigne à Harry : "Ce sont nos choix qui montrent ce que nous sommes vraiment, beaucoup plus que nos aptitudes." La magie et son merveilleux apportent chez Rowling des leçons positives solides passant facilement grâce à la légèreté des propos et à l'humour du ton. Dans la littérature fantastique, ces romans se signalent par leur originalité.

Les Harry Potter ne sont donc pas des ouvrages qui feraient une apologie du mystère et de l'irrationnel. Dans son passionnant essai, bourré d'idées, Isabelle Smadja ouvre des pistes stimulantes, parfois insoupçonnées. Cet essai, qui en dégage avec précision et rigueur les vertus pédagogiques, sociologiques et politiques, est indispensable aux parents, enseignants et éducateurs, ainsi qu'aux lycéens et étudiants ayant à réfléchir sur le monde d'Harry Potter. 

Source :   http://rernould.perso.neuf.fr/IMAGINAIRE/SmPotter.html

Interview d'IsabelleSmadja

L'Express,

 

                                     http://www.lexpress.fr/culture/livre/un-conte-aux-mille-vertus_806299.html

 

N'est-ce pas paradoxal qu'une philosophe étudie un livre de magie?

ISABELLE SMADJA. La philosophie pure s'enrichit en interrogeant d'autres domaines que le sien. De plus, l'univers de la série est très humaniste. Quand il s'agit de transformer des citrouilles en carrosse, la magie est inoffensive. La magie noire, quant à elle, est dénoncée comme maléfique et malfaisante. Les valeurs transmises sont l'apprentissage, la diffusion du savoir. La magie sert à faire passer un message très moral sans que cela prenne l'apparence d'une morale.

  

En quoi la morale contenue dans Harry Potter est-elle actuelle?

I.S. La morale patente ne peut qu'être issue de la Seconde Guerre mondiale. Elle prône le devoir de désobéissance, l'outrepassement des règles imposées. Dans la série, une volonté de comprendre l'Histoire à partir de la fiction est manifeste. Le principe de désobéissance survient à plusieurs reprises: le directeur de l'école accorde l'autorisation aux enfants de retourner dans le temps, pour éviter que Sirius Blake, le parrain de Harry Potter, ne soit rattrapé et condamné à mort. Or, utiliser le retourneur de temps est un interdit fondamental pour les jeunes sorciers.

  

L'intrigue abandonne progressivement ses repères manichéens. Qu'apporte cette ambiguïté croissante entre le bien et le mal?

I.S. Au départ, les Dursley symbolisent la méchanceté et le collège incarne un lieu positif. Puis en grandissant, Harry Potter apprend que la réalité n'est pas aussi évidente. Le professeur Rogue, qui apparemment le déteste, lui sauve la vie. J. K. Rowling exploite l'ambivalence de l'amour et de la haine. Les difficultés sont mises en scène et les explications ne se révèlent ni préétablies ni immédiates. Bien plus qu'un penchant moraliste, cette progression montre un attrait pour des valeurs générales. Le refus de la peine de mort et le devoir de désobéissance persistent tout au long des tomes.

  

En quoi Harry Potter est-il un conte de fées?

I.S. Il l'est parce que Dumbledore s'est penché sur le berceau de Harry Potter. Dès le début du récit, l'enfant a un protecteur. Quoi qu'il arrive, le mal ne pourra pas l'emporter sur le bien. C'est aussi un conte de fées parce qu'on rejoint la démonstration d'Otto Rank - disciple dissident de Freud - sur Le mythe de la naissance du héros. Comme Moïse ou Œdipe, Harry Potter est orphelin. Bien qu'abandonné par ses parents, il arrive à surmonter les épreuves, à transformer son destin malheureux en destin heureux. Par ailleurs, on retrouve des allusions à d'autres contes: Cendrillon pour le placard sous l'escalier dans lequel est logé Harry, Blanche-Neige pour le miroir de Riséd. D'autres éléments viennent de la mythologie ou sont des reprises de la Bible. Pour renaître, Voldemort se sert du sang de Harry Potter, une démarche qui s'apparente au religieux christique. Le psychanalyste Serge Tisseron trace un parallèle avec la quête du Graal.

  

La série n'est-elle finalement qu'une œuvre gigantesque de citations et d'allusions?

I.S. Le texte palimpseste constitue un des points essentiels de l'écriture de J. K. Rowling. Quand une référence devient trop explicite, elle lui superpose d'autres éléments. Les sources sont tangibles mais elle parvient à les dissimuler et à façonner un ensemble logique. L'allusion au nazisme concernant les partisans de Voldemort n'est pas visible à la première lecture. Loin de n'être qu'un amoncellement de références, J. K. Rowling possède une capacité à aborder des phénomènes nouveaux et à les fondre dans son récit de façon cohérente. Par exemple, elle aborde l'importance des livres en y intégrant le concept des albums animés. L'objet qu'est le livre est intégré dans l'univers de J. K. Rowling à travers des ouvrages qui pleurent ou font peur, comme le livre des monstres dont il faut caresser la reliure avant de pouvoir l'ouvrir. Cette authenticité imaginaire montre que l'auteur n'applique pas des recettes.

 

Qu'apporte l'imbrication du merveilleux et de la réalité?

I.S. C'est une des clés de l'universalité du succès. Le but du conte de fées est de tenir compte des angoisses: la famine pour le Petit Poucet; la guerre raciale pour Harry Potter. Le merveilleux s'incruste à l'intérieur de cet univers angoissant. Le tour de force de J. K. Rowling est d'arriver à doser cette oscillation entre réalisme et merveilleux. Elle donne l'impression que le merveilleux aussi devient réel. Un dictateur assassine les parents de Harry Potter, seuls opposants assez puissants pour le contrer. C'est le réalisme. Du côté du merveilleux, quand Voldemort essaye de tuer le nourrisson, il échoue. Cette capacité à rassurer par rapport au réel justifie la satisfaction que l'on éprouve.

 

Que signifie ce retour au conte et à l'imaginaire dans notre quotidien?

I.S. Un des désirs comblé par ce livre passe par la composition d'un espace transitionnel, au sens de Winnicott. Pour résumer, Winnicott définit l'objet transitionnel - le doudou de l'enfant - comme l'élément qui permet le passage de la présence de la mère à son absence. Tout en conservant une part d'enfance, J. K. Rowling ménage des passages vers l'adolescence. La scène où Ron et Harry mangent des bonbons, par exemple, reproduit clairement l'enfance. En lisant la série, les préados peuvent effectuer ce va-et-vient intérieur entre ce qu'ils ont été et ce qu'ils sont en train de devenir. Le phénomène de transition a pour fonction de diminuer la tension entre la réalité interne (les désirs, les fantasmes, le psychisme) et la réalité extérieure. Si Harry Potter est un conte qui contient des désirs et de la magie, le succès et la publicité qui l'entourent concourent à lui conférer une existence dans le monde réel. Plus le succès est grand, plus les enfants sont rassurés dans le droit qu'ils ont de vivre avec leurs fantasmes.

 

Quel impact représente pour les jeunes lecteurs le fait que Harry Potter vieillisse d'un an par volume?

I.S. Le fait que la saga soit inachevée détermine une présence supplémentaire qui parvient à asseoir le livre dans la temporalité. A travers l'attente engendrée, l'auteur ménage la transition entre le monde de la lecture, la relation intime de soi à soi et le monde extérieur. Le succès est en partie lié à l'inachèvement de la narration qui inscrit les aventures de Harry Potter dans le réel.

 

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 10:04

 

Raymond Perrin poursuit ses investigations

en littérature jeunesse

avec la parution,

courant 2011,

d’une "Histoire du polar jeunesse".

(L’Harmattan).

 

En exclusivité, pour le blog, une information qui ravira les passionnés de littérature jeunesse et de polar.

 

Nous tenons-là, une nouvelle fois, un  magnifique et passionnant travail de titan (plus de 700 000 signes !) de la part de Raymond. 

 

 

Depuis qu’il a publié en 2001, la première édition d’Un siècle de fictions pour les 8 à 15 ans, l’essayiste Raymond Perrin a poursuivi ses travaux d’historien des livres et des journaux pour la jeunesse. Ses livres, tels que Littérature de jeunesse et presse des jeunes au début du XXIe siècle et Fictions et journaux pour la jeunesse au XXe siècle, publiés chez l’Harmattan, sont devenus des ouvrages de référence incontournables.

 

Collaborateur de plusieurs dictionnaires, sur le roman populaire francophone, les littératures de l’imaginaire et la littérature de jeunesse, l’auteur a aussi publié articles, dossiers et livre sur le poète Arthur Rimbaud et le romancier Pierre Pelot.

 

 

Histoire du polar jeunesse. Romans et bandes dessinées

 

 

Enfin une Histoire du roman policier pour la jeunesse, rendant compte avec précision de l’évolution, de la grande richesse et de la variété d’un genre finalement admis dans sa diversité et sa légitimité ! 

Non seulement le polar jeunesse existe mais il manifeste aujourd’hui une belle vitalité, tant par sa présence dans des collections « noires » et spécifiques que dans les collections généralistes où figure souvent l’étiquette policière.

Certes l’Histoire du genre dans le domaine juvénile, d’abord clandestine, différée par rapport à celle du polar adulte, a dû d’abord ruser avec les censeurs de tous bords qui voulaient soit l’exclure, soit la réduire à des récits d’aventures jugés puérils ou purement distractifs. Vint le temps des séries d’abord anglo-saxonnes puis françaises, mettant en scènes des enfants enquêteurs, le plus souvent en petites bandes, sous le contrôle strict de la loi du 16 juillet 1949.  

La mutation capitale se produit lors de la naissance, chez Syros, de la collection « Souris noire » faisant appel aux meilleurs auteurs pour adultes. Elle démontre que le polar peut s’ouvrir au monde actuel et à la réalité quotidienne, au prix de quelques précautions, ellipses ou métaphores.

Depuis 1986, les collections du genre, les séries mettant en évidence héros et héroïnes du polar et les œuvres autonomes se sont multipliées, s’ouvrant à toutes les variantes du polar, y compris le pastiche et la parodie.

Peu à peu, le policier jeunesse s’est affranchi des frontières de l’âge et du genre en flirtant ouvertement avec le roman historique, fantastique ou même de science-fiction, tout en prenant parfois comme support l’album illustré ou de bande dessinée, le manga ou le livre interactif et ludique.

L’intégration d’œuvres policières dans les listes de lectures de l’Education Nationale, au collège puis à l’école primaire, a favorisé la légitimation d’un genre dont le rôle éducatif et pédagogique est aujourd’hui reconnu.

 

 

Les précédents travaux de Raymond :

A lire absolument !!!

 

 

 

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 09:37

Les salons du livre sont morts,

que vivent les salons !

 

  

  Dans un billet très bien argumenté et joyeusement engagé,    Francis Mizio annonce qu'il refuser désormais de se rendre dans les salons   pour dédicacer ses livres, quand cette invitation n'est pas liée à l'une ou l'autre activité rémunérée (atelier d'écriture, conférence, lecture). À ses yeux, le rapport entre auteurs et lecteurs dans un salon n'a pas beaucoup de sens : la dédicace et les quelques mots qu'on échange, les milliers de livres identiques à ceux qu'on trouve en librairie et, comme dans les magasins, tous ces noms d'auteurs que les lecteurs ne connaissent pas (et souvent, pour ne rien arranger, leurs tronches de types pas propres et pas télégéniques). Une foire ne bénéfie ni aux auteurs ni aux lecteurs, tant que le système  de vedettariat et de surproduction éditoriale est en place. Voilà le propos violemment résumé. Allez lire l'original, il est plus complexe que ces quelques lignes et plein de jolies initiatives pour changer les choses.

 

    Ces impressions, je les partage presque toutes.

 

    C'est pour cette raison que j'avais tant apprécié, il y a bien longtemps de cela, à la Foire du Livre de Bruxelles, un stand sponsorisé par la Poste, qui proposait aux auteurs de venir, une heure durant, mettre leur plume au service des lecteurs. Pour écrire quoi ? C'était aux lecteurs d'en décider. L'un voulait une déclaration d'amour, l'autre un souvenir d'enfance, une troisième une lettre d'insulte. Le texte était rédigé à chaud, puis, dans la foulée, si le lecteur le souhaitait, transcrit en braille par un aveugle et, toujours en option, envoyé au destinataire éventuel.

 

    J'ai raffolé de cet exercice. Les auteurs n'étaient plus juste des gueules qu'on colle au dos de leurs livres, ils redevenaient des gens qui écrivent et qui aiment ça, qui, face à un problème donné, trouvent volontiers une solution en mots et en phrases, qui ravit les lecteurs et les lectrices.

 

    Bien entendu, l'année suivante le stand n'était plus là. Sans doute s'était-on trop bien amusé ? Sans doute avait-on bousculé les ordres protocolaires habituels ? Sur le stand de La Poste, les lecteurs ne connaissaient pour la plupart pas les auteurs mais ils les rencontraient vraiment et, peut-être, mais on s'en fout un peu, avaient-ils envie de lire ensuite leurs autres textes. C'est possible, mais ce n'était pas le but premier.

 

    Quelques années plus tard, l'équipe des donneurs, menée par Jean-Pierre Girard, a débarqué à Liège, puis à Bruxelles, pour rallier les écrivains à sacause, celle d'écrivains qui offrent leur plume au public. L'esprit était le même, le plaisir aussi. Au Québec, cela dure depuis longtemps et c'est permanent.

 

    Mais tout seul, sans un collectif d'auteur, on ne peut proposer ça sur un seul stand dans un salon quelconque.

 

    Suffit pas de mettre un petit panneau "Ici auteur à votre disposition".

 

    J'avais aussi beaucoup aimé la lecture performance organisée par l'embryon de Maelström réEvolution en 2007 dans le petit théâtre de la Foire du Livre de Bruxelles, les lectures en musique y suivaient un cours très organique et festif, façon auberge espagnole où les auteurs se confrontent et s'explorent, se succèdent et s'écoutent, dans la grande tradition des Nuits de la Poésie de feu le Cirque Divers à Liège, par exemple.

 

    Du coup, j'ai proposé l'an dernier d'écrire un roman en 24h chrono à la Foire du Livre de Bruxelles. J'ai adoré ça, j'en ai déjà beaucoup parlé sur ce blog, et je ne pense pas que ça a fait vendre des tas de livres dans la foulée, malgré la couverture médiatique exceptionnelle, mais ce n'était pas le but du tout.

 

    La plus grande vertu de cette performance, à mes yeux, c'est d'avoir remis l'écriture au centre du débat, d'avoir montré dans un salon qu'un écrivain est un bête type avec un cahier ou un clavier et que les trucs qu'on lit ensuite, joliment imprimés, coulent d'abord très spontanément comme la cervelle s'écoule d'un crâne fracassé.

 

    J'ai aussi appris à écrire seul mais en équipe. Pour mon projet, j'avais organisé un concours pour avoir des noms de personnages à intégrer dans le texte, puis, durant toute la rédaction, le manuscrit était lisible en ligne en temps réel, à mesure que je le rédigeais. C'était fun. C'était excitant. C'était surtout vivant et j'ai pu parler de ça, très simplement avec beaucoup de visiteurs du salon. Tout d'un coup, nous avions quelque chose de très concret à échanger. Les gens étaient gentils, m'apportaient à boire et à manger, prenaient de mes nouvelles.

 

    Autre chose que trois heures de signature sur un stand perdu parmi 500 autres auteurs à Brive ou à Nancy, par exemple.

 

    Je serai au Québec l'hiver prochain, je compte bien réitérer le coup de l'écriture en direct. Et recommencer ensuite partout où on voudra bien de moi.

 

    Non pas parce que les textes que j'écris ainsi sont bons mais parce que le moment que je vis avec les visiteurs est exceptionnel.

 

    Je m'amuse et chaque minute est unique.

 

    Comme chaque rencontre avec les lecteurs.

 

    Je suis certain qu'en comptant sur les idées des auteurs pour rendre les salons vivants, ces événements auront encore de très belles années à vivre.

 

    En alliant l'écriture en direct, la lecture et la diffusion numérique, on peut même faire rayonner les salons bien plus loin que la grand-place des villes de province et leurs tentes interminables.

 

Nicolas Ancion - 26 septembre 2010

 

 

http://ancion.hautetfort.com

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POURQUOI ce BLOG ?

 Le BLOG consacré
aux AUTEURS,
à la LITTERATURE JEUNESSE
et à L'ECRITURE
.

Enfants 1 199La lecture est une nécessité dans le monde moderne. Elle permet de maîtriser la langue, de développer l’imaginaire, de structurer la pensée, d’accéder au savoir, d'acquérir du vocabulaire... C’est pourquoi parents et enseignants se lamentent lorsque les enfants ne lisent pas et les ados encore moins. Pourtant, ils prendront PLAISIR à lire... pur cela, il suffit de les juindécembre2010 225aider à ouvrir la porte.

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  

 

 Avec ce blog, j'aimerais :
 * faire découvrir la littérature jeunesse,l'écriture et les auteurs pour la jeunesse
partager une passion et pourquoi pas donner envie de lire et de rêver entre les pages.  

juindécembre2010 260Le livre est une véritable source de plaisir, de joie et d'émotion. Beaucoup d’élèves disent ne pas aimer lire. Je ne suis pas loin de penser que TOUS aiment lire, sans exception ! Le plus difficile pour eux est de parvenir à trouver dans la masse, LE livre, celui qui ne va pas les endormir… juindécembre2010 227LE LIVRE, celui qui va leur "parler", le livre qui leur correspond, le livre qui va leur remuer les tripes, les boyaux, les neurones, la tête !!!  

Enfants 1 178-copie-1Personne n'aime lire toutes les histoires, tous les livres. Evidemment. Il existe donc des "critères" à appliquer pour trouver et emprunter la perle, le livre qui va faire définitivement plonger dans le plaisir de lire !

Dans le livre on fait de merveilleuses rencontres, on découvre plein d'amis, on voyage, on s'ouvre sur le monde, on vit des aventures que l'on ne connaîtra jamais dans la vie de tous les jours : on embrasse des princesses, on escalade des rochers, on "zigouille" les méchants, on galope sur des chevaux lancés à la poursuite de terribles bandits ... bref, on fait de fabuleux voyages pour... "sourire, rêver et aimer" (Lisez "Le type" de Philippe Barbeau.) !!

Enfants 1 258Dans ce blog, il sera question des hommes et des femmes qui écrivent : les écrivains pour la jeunesse. Les ouvrages de littérature jeunesse de qualité seront présentés, racontés, "décortiqués"...
Vous lirez des interviews de professionnels, vous découvrirez des portraits, le monde de la chaîne du livre (éditeurs, imprimeurs, libraires...), vous trouverez également des conseils, vous ferez des rencontres, participerez à des débats, vous lirez des expériences d'animations pédagogiques autour des livres, vous découvrirez des "paroles" d'élèves, d'enseignants, des textes et.... plein d'autres choses encore !

juindécembre2010 224

 Brigitte Coppin 015
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    "Les gens qui aiment lire sont rarement des salauds !"
Xavier-Laurent PETIT
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  SPECTACLES

   

  "Salomon, vous vous rendez-compte ?"

de Christophe Boutier

 

spectacle radeau 010 

 

Sa majesté des couches"

de Christophe Boutier  

 

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  Une comédie en V actes écrite et mise en scène par Christophe Boutier

L’histoire de la séduction, de l’enfant et de sa famille depuis la préhistoire jusqu’à l’enfant-roi du XXIème siècle.

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Sur scène, il y avait :

- 14 comédiens 

- Six musiciens professionnels dont Michel Léger, accompagnateur de vedettes de la chanson et du cabaret, telles que La Bande à Basile, Daniel Guichard, Zanini, Jean Constantin, André Aubert (Don Patillo)...

- la chorale du collège de Xavier Bélanger (professeur d'éducation musicale qui a mis en musique le spectacle) qui a interprété des chansons de variété en rapport avec l'enfance.

- des projections murales assurées par les élèves de l'option image (Eddy Dabrigeon...) du collège, option dirigée par Cécile Cotten,  professeur d’Arts plastiques.

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Les spectacles précédents

 

2013- Le temps du maquis"

2012 - "Salomon, vous vous rendez compte ?"

2011 - "Sa majesté des couches"(Gannat)

2010 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes"  : 2ème épisode (Gannat)

2010 - "Un zèbre sur la banquise" (Gannat)

2009 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes " : 1er épisode (Lapalisse)

2008 - "La farce vaudevillesquement tragique de la chambre forte du jugement dernier. " (Lapalisse)

2007 - "Le terrier zeixcoussois en Zinzinmouli ou la complainte des comédiens en danger" (Saint- Prix)

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    Un grand MERCI donc à tous les écrivains jeunesse
 que j'épuise et à qui je donne mal à la tête !!!
Ah ! Ah !!

Enfants 1 224Christian Grenier, Eric Boisset, Alain Grousset, Alain Surget, Béatrice Nicodème, Anne-Marie Desplat-Duc, Susie Morgenstern, Arthur Ténor, Hubert Ben Kemoun, Jean-Côme Noguès, Marc Séassau, Fabrice Colin,  Lorris Murail, Roger Judenne, Philippe Barbeau, Anne Ferrier, Evelyne Brisou-Pellen, Eric Sanvoisin, Christophe Léon, Jean-Luc Luciani, Béatrice Egémar, Magali Herbert, Guy Jimenes, Jean-Claude Mourlevat, Raymond Perrin, Jean-Baptiste Evette, Marc Cantin, Claire Gratias, Christophe Miraucourt, Xavier Bascour, François Librini, René Gouichoux, Yaël Hassan, Jean-Marc Ligny, Marie-Aude Murail, Cécile Roumiguière, Brigitte Coppin, Dorothée Piatek, Sophie Audouin-Mamikonian, Fanny Joly, Johan Héliot, Jack Chaboud, Jean-Luc Marcastel, Stéphane Daniel, Emmanuelle et Benoît de Saint Chamas, Jean-Paul Gourévitch, Michèle Laframboise., Florence Hinckel, Christophe Loupy, Lénia Major, Viviane Koenig, Marie Mélisou..

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... évoque le BLOG sur la littérature jeunesse.

 

"Des conseils pratiques de pro à pro, des interviews délicieuses et des
articles écrits par des écrivains ou des éditeurs, des bibliographies,
des réflexions sur la littérature jeunesse, des coups de coeur et
 des anecdotes...On trouvera tout cela (!) sur le blog de C
hristophe
Boutier, professeur documentaliste  au collège de Gannat (Allier).

Les petits articles de réflexion sur certains aspects de la littérature
jeunesse sont parmi les plus intéressants, d'autant plus qu'ils soulèvent
parfois des points souvent peu vus : les genres relevant de l'imaginaire
et les critères de classification (science fiction, fantasy...), les styles
d'écriture (classique, moderne…), ou encore le souci de la véracité dans
les romans historiques jeunesse.

En plus de cela, on trouvera une liste impressionnante de sites
d'écrivains  et des ressources diverses et variées qui émaillent les
articles (liens vers des  sites de séries jeunesse, des conférences
en ligne...), des « trucs et astuces » de Doc pour aimer et faire
aimer la lecture, des bibliographies...

Si la mise en page gagnerait à être un peu plus claire et lisible, le côté
bric-à-brac (où on flâne volontiers de longs moments) perdrait de son
charme...

Par un prof-doc amoureux et défenseur acharné de la littérature
jeunesse.
"

 

Rubriques

CULTURE au CDI de Gannat

Collège de Gannat (03)

" Fête de la culture, de la lecture et de l'écriture"

  Mai 2013 - 4ème édition

Eric Boisset 

Mai 2013 145

ArthuArthur Ténor 024r Ténor

Alain Surget 

Alain Surget 053

 

Mai 2012 - 3ème édition

 Jean-Luc Marcastel

jean-luc-MARCASTEL-010.jpg

Brigitte Coppin 

      Brigitte-Coppin-013.jpg

 

Mai 2011 - 2ème édition

Philippe Barbeau, Christian Couty

juindécembre2010 236

Béatrice Nicodème

 

juindecembre2010-245.jpg

 

Juin 2010 - la 1ère édition :

 

Alain GROUSSETet Christian GRENIERétaient parmi nous pour évoquer la Science-Fiction (SF) etpour débattre des nouvelles technologiesqui pourraient "tuer » les livres...

 Enfants 1 196

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Le nouveau spectacle du collège

Joseph Hennequin de Gannat, dans l’Allier.

 

 

La troupe de théâtre du collège Hennequin, composée cette année de 30 comédiens issus des quatre niveaux de classes, a réalisé un film (un vrai ! en noir et blanc)écrit par Christophe Boutier, professeur documentaliste, « Le temps du maquis» (vendredi 14 juin 2013, centre socio culturel de Gannat). Xavier Bélanger, professeur d’Education musicale, assurera la mise en musique.

Ce film présente la dure réalité de la vie quotidienne et clandestine, au milieu de la forêt,d’hommes et de femmes – les maquisards - remarquablement courageux qui recoururent, au péril de leur vie, à la guérilla pour s’attaquer à la milice du Maréchal Pétain et aux troupes d’occupation allemande.

Ce spectacle entre dans le cadre du projet « Devoir de mémoire », une option du collège menée en classe de 3ème. Les 16 élèves de cette option dirigée par M. Bellet, professeur d'Histoire, présenteront la soirée :

En 1ère partie, un court métrage : Roger VENUAT, résistant dans le maquis de Hérisson (Allier, 03), au collège Joseph Hennequin.

En 2ème partie, la pièce de théâtre, « Le temps du maquis »

ENTREE GRATUITE

  

QUI SUIS-JE ?

Je suis Christophe BOUTIER, professeur documentaliste au collège de Gannat (1 rue Joseph Hennequin. 03800 GANNAT) , dans l’Allier, en Auvergne.

Passionné par la littérature jeunesse, l'écriture, la lecture... j'ai découvert, grâce à ma profession cette littérature - une vraie littérature ! - qui comporte de magnifiques textes. Et derrière des mots adressés, peut-être davantage aux enfants, aux adolescents - quoi qu'un bon texte doit pouvoir être lu par tous sans aucune histoire d'âge ! - se cachent des écrivains adorables, des personnes d'une incroyable richesse humaine, intellectuelle et culturelle, des gens de talent que j'ai/j'ai eu la chance pour certains de côtoyer !

Aujourd'hui, j'éprouve le besoin de partager mon amour des auteurs jeunesse et de leur oeuvre ! je compte également sur vous lecteurs pour faire vivre ce blog, mutualiser nos expériences, nos connaissances, nos réflexions et... débattre.

 
Mon autre BLOG, celui du CDI du collège de GANNAT :
http://www.cdi.gannat.over-blog.com