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Présentation

  • : Le blog de CHRISTOPHE BOUTIER, professeur documentaliste au collège de St Germain-des-Fossés, dans l'Allier
  • : Blog qui a pour objectif de parler de la littérature jeunesse, des écrivains jeunesse... pour donner le goût de lire aux adolescents. L'objectif est également d'intéresser à la culture. Il s'agit aussi de faire découvrir cette littérature à part entière aux adultes.
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Le Vampire Du Cdi

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  • Je suis le "VAMPIRE d'un CDI" auvergnat !

ANECDOTES

Pierre BOTTERO,

le Seigneur des ados !

 

Pierre Bottero était fier d’être un auteur jeunesse - une littérature qui n’a rien à envier en qualité à la littérature « vieillesse. » S’il n’était pas qu’un auteur de fantasy, il faut bien reconnaître que c’est à cette littérature de l’Imaginaire qu’il dût son incroyable succès !

Dès l’enfance, il tombait dans la marmite de la fantasy. Il dévorait Tolkien (Un choc ! S’en suivi, plus tard, l’idée que la fantasy ne pouvait s’écrire que sous la forme d’une trilogie), Zelasny, Farmer, Moorcock, Vinge, Howard… Les grands noms qui allaient lui permettre de devenir l’auteur que nous connaissons. Plus tard, il appréciera les auteurs « jeunesse » tels que Erik L’homme, Hervé Jubert, Fabrice Colin ou Philip Pullman, Eoin Colfer pour ne citer qu’eux. Il n’y a pas de concurrence en littérature jeunesse, les auteurs s’apprécient, se côtoient, se téléphonent, se rencontrent, se parlent, rêvent ensemble d’histoires communes. Ainsi Erik L’Homme et Pierre imaginaient ensemble, « A comme assassins »…

De ses lectures, Pierre Bottero ne devait pas ressortir indemne.

C’est par hasard qu’il se lançait dans l’écriture, pour aider sa fille qui séchait devant un concours d'écriture : il rédigeait quelques pages sur son ordinateur, se piquait au jeu, poursuivait (son épouse réclamait la suite), envoyait le texte à un éditeur qui le publiait... Il était dit qu’il n’arrêterait plu. Marqué à tout jamais par Tolkien, il était évident qu’un jour, il s’essaierait à la fantasy. C’est ainsi que naquirent « La quête d’Ewilan », « Les mondes d’Ewilan » et « Le pacte des Machombres. »

 

 

 

Pierre Bottero se fichait éperdument du cadre dans lequel on allait placer ses romans. Mais pour les « techniciens, l’auteur lui-même évoquait la Low Fantasy. Il s’agit d’une low fantasy - inspirée par ses jeux d'enfant, ses rêves d'adulte, ses lectures et les émotions ressenties au quotidien - dans laquelle existe un équilibre entre le bien et le mal, le courage, la volonté et la détermination où domine le désir de tout ramener à des intérêts individuels (égoïsme forcené, aveuglement quant à la mise en danger des équilibres…). Un parallèle pourrait d’ailleurs être établi entre le chaos décrit et notre monde réel. Mais attention. Les propos de Pierre ne demeurent pas sombres, ils restent optimistes. Pour avancer ! Avec pour personnages principaux des… femmes. Pierre était fondamentalement féministe. Il aimait à dire qu’il y avait moins de « cons » chez elles que chez les hommes. Toutefois, Pierer Bottero n’a jamais cherché à donner des leçons, il se méfiait trop pour cela des « transmetteurs » de valeurs et des donneurs de leçons. Le livre était pour lui un objet de partage.

Ce partage, il l’avait avec sa famille qui appréciait ce qu’il écrivait et qui le rassurait : Claudine, son épouse, ses deux filles lisaient ce qu’il écrivait avant publication.

 

 

 

Lorsque Pierre Bottero était invité dans un salon du livre pour une dédicace, il faisait partie des auteurs les plus demandés (il ne faisait pas bon signer à côté de lui !) : les impressionnantes files d’attentes composées de lecteurs (jeunes et moins… jeunes !) en témoignaient. C’est avec émotion qu’ils recevaient tous les messages de sympathie et… d’amour. Ses livres touchaient, ses histoires permettaient le partage et faisaient rêver, Pierre vivait alors une aventure … magique.

Il avait beau affolé le compteur des ventes, ce qui avait un réel impact sur lui, c’était :  de percevoir la flamme dans les yeux de ses « fans » (euh ! il n’aimait pas le mot), de recevoir leurs avis, de parler avec eux.

Tant d’amour le gonflait à bloc et lui transmettait une énergie positive.

C’est pourquoi, ce succès (qui lui permit d’abandonner son métier d’instituteur) qu’il percevait intensément, à la fois avec bonheur (évidemment !) et tranquillité, lui donnait également un sentiment de responsabilité. Ainsi, s’il savait se montrer reconnaissant envers ceux qui l’avaient aidé à améliorer son écriture (Caroline Westberg, son éditrice chez Rageot), il avait également de la considération pour ce public à qui il devait tant. Quand vous rencontriez Pierre, assis derrière sa table de dédicace, vous aviez le sentiment qu’il n’attendait que vous ! Pierre veillait soigneusement à être proche de son « public », un de ses… bonheurs. Il respectait humainement ses visiteurs et ses lecteurs en leur offrant des histoires dont il voulait qu’elles évitent facilité et démagogie. Il apportait ainsi beaucoup de soin et d’exigences aux corrections, un travail exigeant, vorace en temps et en énergie.

 

L’écriture de Pierre Bottero avec « Le pacte des marchombres » avait atteint une belle maturité. C’est ce que Pierre lui-même soulignait quand il affirmait que « c’est en écrivant qu’on apprend à écrire. » En effet, cette dernière trilogie qui met en scène le personnage d’Ellana est moins légère, plus complexe, que celle de « La quête d’Ewilan » : l’auteur avait eu le sentiment d’avoir grandi, évolué et de s’être trouvé, un sentiment accompagné par le désir de partager encore davantage avec le lecteur. Pierre Bottero était un homme intègre, voilà pourquoi il continue d’être autant aimé. A la lecture de ses trilogies, cette sincérité transpire. Pierre prenait un immense plaisir à écrire, à « rêver », à imaginer le monde (issu d’un vieux rêve de liberté absolue) d’Ewilan, d'Ellana. Il prenait un immense plaisir lorsque d’autres que lui se baladaient dans "ses" mondes. Pierre Bottero écrivait pour être lu mais aussi pour explorer des contrées inconnues (se connaître lui-même ?) et entraîner à sa suite tous ceux qui étaient tentés par l'aventure... Quand il mettait le point final, c’était à la fois une joie (celle d’avoir terminée et d’être satisfait du résultat) et une déchirure (celle de quitter l’univers crée)… Un sentiment d'être coupé d'une part de soi-même avec l’irrésistible envie de replonger très vite.

 

Pierre le « poète » accordait beaucoup d’importance au travail de réflexion qui précède l’écriture. Lorsqu’il attaquait le premier chapitre d’un roman, la trame générale était dans son esprit, il connaissait très bien ses personnages. Ensuite, plongé dans le cœur du roman, il écrivait sans arrêt, du matin au soir, parfois pendant la nuit. Puis, il pouvait ne plus écrire pendant des semaines Enfin, presque car il écrivait toujours… dans sa tête. Quand il n’écrivait pas, il écrivait sans écrire. Pierre était un homme normal qui aimait lire, courir, menuiser, bucheronner, voyager, rencontrer, parler, rêver… et sourire ! Ah, ce sourire !I

L’écriture de Pierre était une écriture « vraie », sans complaisance, une écriture qui venait des tripes, un cadeau offert au lecteur. Il n’était satisfait que si les mots qu’il employait correspondaient réellement à ce qu’il souhaitait écrire. Cette honnêteté, il la devait à ses lecteurs. Pierre était un travailleur qui reprenait, sans cesse, son récit, la cohérence, le fond, la forme… C’est pourquoi il prenait grand soin, malgré les pressions des lecteurs, de ne pas chercher à publier, à tout prix, trop rapidement. Il était persuadé qu’il valait mieux patienter et faire patienter plutôt que de se décevoir et décevoir. Il pendait qu’il fallait laisser le temps à l’histoire de pousser, à son rythme...

 

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   "Le Loup à la voix de miel"
Marc SEASSAU (Grasset jeunesse)

J’ai fait venir dans le collège où je travaillais alors, l’écrivain Marc Séassau.  La journée fut belle et pleine d’émotion notamment lorsque Marc anima une rencontre à deux voix (j’adore organiser ce genre de rencontres : 2 auteurs face à une classe en même temps !) avec Jean-Côme NOGUES qu’il avait adoré lire lorsqu’il était ado.

Marc Séassau a écrit ce roman « Le loup à la voix de miel » parce qu’il a été marqué par sa convocation comme juré dans une affaire de viol. Dans son récit, il narre l’entrée en 6ème d’une petite fille qui, anonymement, dépose des extraits de « Peau d’âne » dans les poches, de sa « marraine », une élève de 3ème.  L’appel au secours était évident !

Cette rencontre a déclenché un phénomène pour le moins inattendu dont j'ai été le témoin, involontaire : il m'a fallu trois semaines pour comprendre ce qui m’arrivais !

Je trouvais régulièrement par terre, dans le CDI, toujours disposées par deux, des photos représentants des scènes classiques de la vie d'une famille avec une de nos élèves de 6ème (anniversaires...). J'ai évidemment rendu ces photos à l'élève qui, agressive, semblait ne pas comprendre pourquoi je détenais son bien. C'est tout juste si elle acceptait de reconnaître qu'il s'agissait d'elle sur les clichés ! Ces scènes se sont régulièrement reproduites ( trois, quatre fois pendant trois semaines) jusqu'au jour où j'ai eu un déclic  : une seule photo sur le sol évoquant la petite sur les genoux d'un homme. J'ai de suite compris (Peau d’âne !), j'ai alerté l'infirmière, la Principale du collège... Cette élève avait eu l’idée de reproduire ce que l’héroïne du roman faisait.
Voilà ce qu'uns simple rencontre d'écrivain peut entraîner en dehors du plaisir de lire.
Le roman avait libéré la parole de l’élève !


Nous en avons évidemment parlé avec Marc Séassau qui était évidemment KO : comment ne pas l'être ? Il avait écrit ce roman un peu dans un but pédagogique mais quand la réalité dépasse la fiction...

Recherche

PERLES de LECTURE

 Le collège de Gannat

 a voyagé dans le temps !

 

 Après la lecture des romans historiques jeunesse de Béatrice Nicodème....

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« Oyez ! Oyez gente dames et damoiseaux ! Entrez dans le Moyen Age ! » Ainsi s’est écrié le troubadour, jeudi 9 juin 2011, dans la plaine gannatoise : deux cent élèves de 5ème du collège Hennequin et CM2 des écoles du Malcourlet, de Pasteur et de Jean Jaurès ont bravement et « prestement » effectué le « pas sur le côté » pour revêtir leur cotte de maille et ainsi plonger en plein XIVème siècle.

  

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  Pour rendre vivant et attractif le Moyen Age, période étudiée en classe et encore largement visible dans la cité des portes occitanes, Gannat, douze comédiens et cascadeurs professionnels de la compagnie toulousaine ARMUTAN, ont chevauché leurs destriers pour répondre à l’olifant de Christophe Boutier, professeur documentaliste, initiateur de cet imposant projet, « Cultures, loisirs et genres de vie au Moyen Age », un projet fédérateur d’énergie d’une année.

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Un campement faits de plusieurs tentes, de peaux de bêtes, de râteliers d’armes, de tonneaux… a été établi dans la partie herbeuse et arborée de l’établissement scolaire. Les écuyers – élèves, aux yeux brillant de plaisir, répartis en six « compagnies » de « routiers » qui répondaient au nom d’un  célèbre homme de guerre, du Guesclin, Prince noir ou bien d’un roi, Philippe Auguste…ont défilé avec leurs bannières dans les sept ateliers pédagogiques pendant six heures.  Ainsi, ils ont été initiés à l’archerie, au maniement des armes, au combat rapproché, à l’héraldique – l’art de faire son blason – à la danse, aux instruments et à la musique, à la jonglerie… Le capitaine « Barbepeste » et ses sbires ont alors conquis la « piétaille » qui après explications et démonstrations, devait mettre en pratique l’enseignement de leurs maîtres…  

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 Les corps fatigués furent réparés par le succulent banquet médiéval régional (tortillons gannatois, galichons d’Escurolles, fromages de chèvres de Bellenaves, Fraises bourbonnaises sur lit de fromage blanc de campagne de Cérilly étaient inscrits sur le très beau papier imprimé à l’ancienne par le moulin Richard de Bas ), pris en musique, et proposé par le chef, Sylvain Bruno. Une projection d’images, capturées dans la matinée, proposées par les élèves de l’atelier image du collège lors du repas, a également ravi les convives.

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En fin d'après-midi, les petits occitans, tout sourire, étaient regroupés pour assister à un spectacle de jongleries burlesques proposées par « Grand mètres Yann »,  à de la poésie lyrique, et à une impressionnante saynète de combats à l’épée accompagnée par la musique du groupe DAYAZELL.

 

Quel bonheur ! Quelle joie d'avoir vu les yeux des enfants pétiller de plaisir ! Quel  moment de vie ! Il ne fait aucun doute que cette journée unanimement saluée comme étant extraordinaire restera gravée dans les mémoires.

  351.JPG Alors, un grand MERCI à tous ceux qui ont participé à la réussite du projet ! Les personnels du collège Hennequin, la mairie de Gannat, les mécènes, les comédiens si sympathiques et bien sûr…les élèves !

 

Pour en savoir davantage :

 

RV sur le blog du collège de Gannat (03),

une 100e de photos...

 

http://cdi.gannat.over-blog.com/

 

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A propos de ce blog !

 

Lu dans « La nouvelle encyclopédie des filles 2011 » de Sonia Feertchak ((Plon)

 

« Le blog passionné et passionnant d’un professeur documentaliste  fou de littérature jeunesse, pour « sourire, rêver, aimer ». Des articles vivants sur la lecture, qui donnent envie de découvrir plein de livres et autant d’auteurs

 

 

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A lire, vraiment !




 

 

 

 

 

 

 

 

   

A travers de nombreuses anecdotes Christian Grenier évoque son enfance placée sous le signe du théâtre et de la lecture, son adolescence marquée par l'écriture et la passion. Il relate son parcours d'enseignant, d'auteur mais aussi de lecteur-correcteur, journaliste, scénariste et directeur de collection. Il se penche également sur les mécanismes intimes de l'imaginaire, détaille la genèse de ses oeuvres et fait pénétrer le lecteur dans les coulisses de l'écriture et de l'édition. Enfin il s'interroge sur les principes qui font d'une fiction un récit pour la jeunesse. Regorgeant de confessions, de convictions et de passion, ce témoignage d'une vie consacrée à la littérature jeunesse se lit comme un roman.
 

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Le MOT du JOUR : ......

    "Des millions de gens vivent sans lire, mais ce qu'ils ignorent,

c'est qu'on vit infiniment plus en lisant."

Xavier-Laurent PETIT

  

     318 042 visiteurs 

Je vous livre l'adresse du blog de mon nouveau cdi et collège : http://colllafontaine.over-blog.com/

 

depuis octobre 2009

 

 

19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 21:15

 

 

 

Les prochaines aventures de  Logicielle, le lieutenantde police cher à Christian Grenier ?

 

En septembre 2011. Si tout va bien !

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 21:00

Autant, il est agréable d'annoncer la naissance d'une maison d'édition, autant il est vraiment très désagréable d'annoncer la disparition d'un éditeur !

Les éditions Anna Channel, c'est fini !

Et je ne peux que partager l'avis d'Eric Sanvoisin dans : " Quel dommage. Nathalie et Philippe avaient su donner une âme à leurs livres. Anna Chanel, c'était une image de qualité, une personnalité, un ton, une réputation. Tout ça vient de partir en fumée à cause de résultats décevants et de retours trop importants."

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   Nous sommes tous tristes pour nathalie et Philippe car il fallait  du courage pour se lancer dans l'aventure de l'édition mais aussi pour ces auteurs qui voient également  "mourir" leurs héros, c'est le cas d'Eric Sanvoisin avec Mathis. 


 

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Published by Le cédéiste - dans EDITEUR et METIER du LIVRE
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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 20:39

 BD : "1066, Guillaume le conquérant"

 

 

Résumé de l'album :

   

On dit souvent de la Tapisserie de Bayeux qu'elle est la première bande dessinée de l'Histoire. C'est dans cet esprit que l’historien et romancier Patrick Wéber l'a adaptée en planches, laissant le graphisme d’EmanueleTenderini donner un souffle moderne, mais non moins épique, à l'épopée de Guillaume le Conquérant. Plongez dans une époque régie par le fer et la superstition, qui vit un duc bâtard de la famille de Normandie faire ployer son fier voisin, jusqu'à l'annexion. En un petit millénaire, cette saga n'a pas pris une ride !

 

La tapisserie de Bayeux, a été confectionnée vers 1075 pour raconter la conquête de l’Angleterre par les Normands dix ans plus tôt ; elle est constituée grâce au lin de  neuf panneaux (le dernier est perdu) de cinquante centimètres de large qui couvrent  une longueur de plus de soixante mètres. Composée de cinquante-huit séquences expressives délimitées par des arbres ou un détail accompagnées d’un texte narratif elle constitue une étape importante dans l’histoire de la bande dessinée. La Normandie fête en 2011 son onzième centenaire (le chef viking Rollon devient comte de Rouen en 911) et la sortie de cette BD prend place dans l’activité culturelle liée  à cette commémoration.

 

     L’album 1066, Guillaume le conquérant, dont la lisibilité convient à des jeunes à  partir de neuf-dix ans,  choisit un dessin et des couleurs qui gardent une partie de la tonalité de la tapisserie, proposant à intervalles irréguliers une quinzaine de photogra-phies de celle-ci pour illustrer un évènement capital dans l’histoire européenne. Le scénario  suit scrupuleusement le récit porté par la tapisserie, il débute par l’exposé des conditions dans lesquelles Harold (frère de la reine d’Angleterre) arrive en Normandie, combat les Bretons de Dol à Dinan et comment il est amené à jurer allégeance au futur Guillaume le Conquérant, fils bâtard du roi. Lors de la mort de ce dernier, Harold se proclame pourtant roi et déclenche ainsi le courroux du duc de Normandie qui par sa victoire à Hastings gagne son surnom de conquérant. Cet album propose un interview de la conservatrice du musée de la Tapisserie de Bayeux qui apporte un certain nombre d’informations historiques et techniques.

 

    Ce n’est pas le premier album de bande dessinée à évoquer la tapisserie de Bayeux et Gilles Pivard, alors professeur des écoles détaché au service pédagogique du musée, avait produit pour de jeunes enfants l’an dernier le  scénario de  La Tapisserie de Bayeux en bande dessinée en demandant à l’illustrateur de garder d’un bout à l’autre le style graphique de la tapisserie. L’usage des bulles entamant même légèrement les dessins, outre un léger sentiment d’anachronisme, vandalise quelque peu l’illustration originelle  (il aurait mieux valu supprimer les contours des bulles et pouvoir n’intercaler le texte que dans les espaces blancs existants). D’autre part consacrent une place à cette œuvre Le Serment d’Hastings de la série des Timour, Nordman: les Vikings en Normandie, le premier volume des séries Les Voies du seigneur,  Northmen, L'Epte comme Shane. Une vision de la tapisserie de Bayeux est notable dans les trois tomes de la série Les Riches Heures d'Arnault de Bichancourt ; le héros se fond au deuxième volume dans la tapisserie de Bayeux. Trois albums sans liens les uns avec les autres au titre de Guillaume le conquérant ainsi qu’un album présentant l’histoire du Calvados répondent à notre critère. Un titre traduit de l’anglais Gare, v'là les Normands! La vérité vraie sur 1066  présente une vision humoristique de la conquête normande, une enfant y découvre une reproduction où l’épisode de la traversée est ponctué par les acteurs de réflexions où l’humour provient de préoccupations en avance d’un millénaire. Il est à noter que l’exposition consacrée à la série des Tours du Mois-Maury, proposée par Glénat, comprend six panneaux entièrement dévolu à cette tapisserie ; Itinéraires du Mois-Maury l’ouvrage de présentation de cette épopée est parsemé de très nombreuses photographies de l’œuvre du musée et le dessinateur-scénariste P. Hermann explique qu’il a réinvesti dans les premiers tomes qui se déroulent dans les royaumes de France et d’Angleterre les multiples informations qu’il a puisé dans l’observation attentive de l’œuvre . Si la couverture du tome 7 William montre un large extrait de la Tapisserie de Bayeux, c’est parce qu’au début de l’ouvrage le héros Aymar séjourne en Angleterre (un an avant la bataille d’Hastings) venant de Normandie où dans le cadre du tome 6 il a fait connaissance de William descendant direct des Vikings.

 

 

- Patrick Weber; Emanuele Tenderini. 1066, Guillaume le conquérant. Le Lombard, 2011. 16 euros.

 

- Gilles Pivard ;  Arthur Shelton. La Tapisserie de Bayeux en bande dessinée. OREP, 2010. 12 euros.   Dossier pédagogique de 10 pages.

 

- Jap de Boer. Guillaume le conquérant. Ouest-France, 2007.

 

- Gabella, Mathieu ; Murzeau, Emmanuel. Northmen. 1, Les yeux d’Odin. Petit à petit, 2006.

 

- Marc Lavelee ; Serge Mogère. Les Riches Heures d'Arnauld de Bichancourt.  3 tomes. ASSOR BD,  2000,  2004 et 2010. 14 euros. 

 

- Di Giorgio, Jean-François ;  Teng, Paul. Shane. 1, L'impératrice sauvage. Le Lombard, 1998.

 

- Eriamel ; Darvil. L'Epte, des Vikings aux Plantagenêts. 1, Le sang de Rollon pour St Clair coulera.  ASSOR BD, 1998

 

- Bardet Daniel, Stalner Eric. Nordman: les Vikings en Normandie. Glénat, 1996.

 

- Gillian Clements. Gare, v'là les Normands! La vérité vraie sur 1066. Duculot, 1987. Traduction de Jean-Claude Lapp, titre original The Normans are coming.

 

- Michel Conversain. Guillaume le conquérant. Centurion ; Ville de Caen, 1986.

 

- Thierry Ferrand. Guillaume le conquérant 1028-1087.  CORLET, 1986.

 

- Sirius.  Timour,16 Le Serment d’Hastings. Dupuis,1964. Prépublication en 1962 dans Spirou.

 

- Wisznia, Léon ; Juillard, André. 2000 Ans d'histoire du Calvados. Crédit agricole du Calvados, 1981.

 

  

Merci à Alain Chiron

pour cette information

 

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Published by Le cédéiste - dans EXPERIENCES
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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 10:54
En direct de Bruxelles, pour une journée de conférences organisée par le Centre de Littérature Jeunesse locale, et je dois dire que je suis ravi, même si le constat général se révèle, à première vue, plutôt sombre.
 
L'intervention assez magistrale du sociologue Christophe Evans - soit un intervenant muni, pour une fois, de chiffres et de données, et non d'a-priori et d'affects comme tout un chacun - valait à elle seule le déplacement, rejoignant, ainsi que je l'ai précisé ensuite, certaines de mes convictions : non, le e-book et ses dérivés ne constituent pas, en France du moins, la plus grande menace pour l'avenir du livre jeunesse (et du livre en général) - il peut même se révéler une chance, en dépit du fait que les propositions actuelles manquent singulièrement de peps et d'envergure (voir mon post oula-oup de la semaine dernière).
 
Le principal problème est celui-ci : la proportion de jeunes lecteurs est en baisse parce que rien, au niveau des pouvoirs publics, n'est fait pour encourager les jeunes à lire. Les récentes attaques portées contre le salon de Montreuil, la disparition, faute de subventions, de plusieurs structures associatives, les menaces pesant sur d'autres et, surtout, la volonté délibérée d'écarter la littérature jeunesse "vivante" du champ des institutions scolaires, malgré la résistance et l'énergie d'innombrables professeurs et documentalistes, aboutit à un clivage de plus en plus important entre, d'une part, une poignée de très gros lecteurs issus des classes socio-culturelles les plus favorisées et, de l'autre, une majorité de non-lecteurs absolus, qu'un contact forcé et prolongé avec Madame de Sévigné ou Emile Zola, nonobstant les qualités et les mérites évidents des sus-dits, achève, si besoin était, de détourner à jamais de la lecture. La bonne santé apparente du secteur est un leurre. Ecarter Harry Potter et consorts des écoles, aujourd'hui, c'est faire la démonstration par l'absurde que les jeunes ne lisent pas. Les collégiens préfèrent Ewilan de Bottero à Zadig de Voltaire, soit, et alors ? Le monde n'est-il pas déjà assez compliqué comme ça ? Et surtout, les lecteurs de fantasy de quatorze ans ne liront-ils jamais de classiques demain ? C'est absurde, j'en suis la preuve vivante. (Dans ce contexte, d'ailleurs, soutenir que l'Ipad 2 va changer les habitudes de lecture des jeunes les plus défavorisés est assez hors-sujet, et me paraît presque plus méprisant que naïf). Il est urgent que les auteurs jeunesse, ceux qui interviennent dans les collèges notamment, comprennent ce qui est en train de jouer ici et maintenant, et en quoi leur action peut également, doit également être politique. Notre rôle ne saurait se limiter à la promotion de nos oeuvrettes personnelles. Notre rôle doit être d'expliquer aux élèves qui ne lisent pas quelles puissances insidieuses oeuvrent dans l'ombre, et pour leur préparer quel genre d'avenir. Les non-lecteurs d'aujourd'hui sont les moutons de demain, comme l'expliquait Sophie Cherer : consommateurs sur-endettés, classes chroniquement dominées, cibles rêvées de la pub, de la politique des partis et des bourrages de crâne en règle. Inutile de se demander pourquoi nos dirigeants, ou ceux qui aspirent à le devenir, se préoccupent si peu de qui se trame aujourd'hui, en termes de liberté personnelle, sur les réseaux sociaux. Continuez d'alimenter vos statuts facebook de considérations météorologiques, culinaires et festives, chers collégiens : quelqu'un s'occupe du reste.
Fabrice Colin

 

Article du lundi 4 avril 2011,

 

  http://fabrice-colin.over-blog.com/

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 13:29

L’auteur aujourd’hui

·         Jean-Luc, dis-moi, comment se situe l’auteur aujourd’hui par rapport à l’auteur des débuts ? Il y a-t-il une différence (style, pensée, méthode…)

 

Il est plus vieux.

 

C’est une boutade mais ça conditionne beaucoup de chose, en particulier le regard que je porte sur la vie, le recul que j’ai sur mon œuvre et ma pensée. Celui que je porte sur le monde et les gens, plus nuancé, moins radical.

 

Il faut savoir que j’ai commencé à écrire très jeune, à neuf ans j’écrivais des petites histoires de trois ou quatre pages que je reliais avec de agrafes et que j’illustrais. Je m’y mettais en scène avec les gens que j’aimais (et ceux que je n’aimais pas mais ça finissait généralement mal pour eux). Je n’ai jamais arrêté, les histoires sont simplement devenues plus grosses et je m’y suis caché derrière des avatars.

 

L’adolescent qui écrivait sa révolte et ses désirs d’absolu est devenu un adulte, puis un père qui, maintenant, pose sur ceux qui l’entourent un regard moins tranché, plus nuancé, qui essaye de comprendre ses semblables et le monde dans lequel il vit, qui aime l’humanité jusque dans ses contradictions, qui croit en elle, malgré tout, et désire transmettre à son fils et à ses lecteurs la vision qu’il a de tout ça et ce qu’il a pu apprendre de la vie, sans prétention, mais avec sincérité.

 

Au niveau du style, bien sûr, il est en évolution constante, on ne cesse jamais d’apprendre et j’essaye, à chaque nouvelle page de l’améliorer, ou de le changer.

 

J’aime me donner des défis, la rédaction de Louis le Galoup, ce style, cette « oralité écrite », simple, mais jamais simpliste, en est un exemple. Les lecteurs l’ont aimé, et j’en suis heureux.

 

Mais je prendrais autant de plaisir à écrire à la première personne, dans le style des polars, et j’essaierais d’y être aussi inventif.

 

 Pour moi, la forme est aussi importante que le fond. L’idée ne suffit pas si elle n’est pas servie par le style. Les deux doivent se répondre, la richesse de l’un se nourrissant de la richesse de l’autre. Un film avec un bon scénario mais une réalisation affligeante est aussi désolant qu’un film bien léché mais au scénario inexistant.

 

Je refuse l’idée selon laquelle un roman « jeunesse », car il s’adresse à un lectorat « jeune », peut faire l’impasse sur la richesse de l’écriture. Les « jeunes » ne sont pas rebutés par le vocabulaire ou les tournures de phrases qui comportent plus que sujet/verbe/complément. Ils comprennent les termes « difficiles » à demi mots, continuent, et s’ils ont envie, vont chercher la signification dans le dictionnaire.

 

·         Quelle est ta définition de l’auteur jeunesse ? En es-tu un ?

 

Je n’ai pas de définition pour « auteur jeunesse ». Est-ce que Jules Verne se définissait comme un auteur jeunesse ? Et J.R.R Tolkien ? Pourtant ils ont tous les deux été considérés comme tels ? Et si je regarde bien les lecteurs que je rencontre en dédicaces, leur âge s’échelonne de 9 à 96 ans (les deux extrêmes que j’ai rencontré).

 

Plutôt que d’auteur jeunesse je parlerais d’auteur qui s’adresse à tous, ou un auteur pour les jeunes de 9 à 99 ans…

 

Pour ma part, j’ai horreur des étiquettes : jeunesse, adulte, fantasy, polar, science-fiction, Uchronie, roman de marine, Dark fantasy, roman historique, fantastique, steampunk fantasy et en ce moment Bit lit… Je vous en mets combien de kilos ? On se croirait au rayon fruits et légumes des supermarchés. Je milite contre ce catalogage mercantile qui ne veut rien dire et qui assassine la créativité. Le galoup par exemple qu’est-ce que c’est ?... Un roman jeunesse de fantaisie médiévale terroir écrit comme un conte à la veillée ?

 

Avant qu’on invente le mot « fantasy » qu’était donc le Seigneur des anneaux et à qui s’adressait-il ?

 

J’écris des histoires, et j’espère de bonnes histoires, car pour moi, au-delà de tout ça, il n’en existe que deux sortes, les bonnes et les mauvaises.

 

Donc quant à te dire si je suis un auteur jeunesse, je dirais juste que je suis un auteur, quelqu’un qui aime raconter des histoires et les partager.

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 13:28

L’écriture :

 

·         Pourquoi écris-tu ? Est-ce quelque chose de facile à expliquer ?

 

Parce que c’est pour moi une nécessité. J’ai besoin d’écrire comme de respirer, si je n’écris pas de deux ou trois semaines je deviens intenable, comme une marmite sur le point d’exploser.

 

Je ne sais pas comment l’expliquer. J’ai des histoires et des personnages qui attendent, dans ma tête, de sortir. Les histoires tournent, sans cesse, comme les rubik’s cubes de mon enfance, en attendant de s’emboîter comme il faut. Je joue donc avec elles, je tourne les faces, je les manipule, jusqu’à trouver la bonne combinaison, jusqu’au moment ou un problème qui demeurait insoluble jusqu’ici finit par s’emboîter et m’apporter la solution. Alors je sais que l’histoire est prête. Je me mets alors à mon clavier et c’est reparti pour six mois ou un an…

 

·         C’est quoi être écrivain ? Ecrire c’est quoi ?

 

Un célèbre écrivain américain dont j’ai oublié le nom disait cette chose magnifique quand on lui demandait ce qui qualifiait un écrivain : « Un écrivain écrit. »

 

Pour moi, c’est aimer raconter des histoires, en premier à soi même, puis aux autres, bien sûr, car nos histoires n’existent que par le regard et le cœur des autres.

 

Je crois que Paul Valery disait que les romans sont des vampires de papier attendant les lecteurs qui leur prêteront vie. J’aime bien cette image. Quand j’étais jeune, j’imaginais les livres volant comme des chauves souris dans le petit bruit sec de leurs pages agitées dans la pénombre feutrée des bibliothèques, attendant un pauvre lecteur innocent pour s’abattre sur lui.

 

Ce qui fait un écrivain, à mon avis, c’est qu’il ne pourrait pas s’arrêter d’écrire, même si l’écriture devenait un crime et qu’on lui interdisait.

 

Pour ma part, j’ai besoin d’écrire, je ne peux m’en passer, si j’arrête trop longtemps, je ne me sens pas bien.

 

Ecrire c’est une catharsis, une manière de s’apprivoiser, de se dompter, de se connaître, de se comprendre, et à travers soi l’humanité, de s’interroger, de se remettre en question d’apprendre le monde et de s’ouvrir aux autres

 

·         Que penses-tu des écoles américaines dans lesquelles on peut apprendre à écrire ? En France, elles n’existent pas. Quel écrivain es-tu ?

 

Pour moi c’est complètement extra-terrestre. L’écriture ne se met pas en équation. Quand j’étais enseignant j’ai toujours été très amusé par « Les cinq étapes du récit ». Cette manière de mettre l’écriture en formule… Ca me fait toujours un peu penser au cercle des poètes disparus, quand M. Keating fait arracher la première page du livre ou un sinistre inconnu décompose la poésie en équation.

 

Comme aurait dit Desproges, je me définis comme un écrivain dégagé, loin de tout courant politique.

 

 S’il y a une chose récurrente dans mon œuvre, pour laquelle je milite, au-delà de tout, c’est la liberté et l’égalité des hommes et des femmes et l’opposition à toute forme d’oppression ou d’aliénation.

 

·         Arthur Ténor parle de lui comme étant un « explorateur de l’imaginaire. » As-tu une formule pour te caractériser ?

 

Très modestement, un conteur d’histoires.

 

·         L’écriture a-t-elle toujours été en toi ou est-ce quelque chose qui est arrivé tardivement dans ta vie ? Il y a t-il eu un élément déclencheur ?

 

Comme je te le disais précédemment, j’écris depuis l’âge de neuf ans, et quand on me demandait ce que je voulais faire plus tard, je répondais, sans hésiter, « écrivain » ou « dessinateur », qui est ma seconde passion. En tout cas il fallait que je crée et que je raconte des histoires.

 

Un élément déclencheur ? J’aimais lire, je lisais énormément, et très vite, j’ai eu envie de lire des histoires où mes amis, ma famille et moi même, étions les héros, et comme il n’y avait aucune chance pour qu’un écrivain s’intéresse à mon cas, il a bien fallu que je prenne le taureau par les cornes. J’ai donc attrapé un stylo, des feuilles, et je me suis mis à écrire… A quarante et un ans, maintenant, le virus ne m’a pas lâché.

 

·         Pour qui écris-tu ? A moins que ce ne soit pour un public ? Pour être lu ?

 

Pour moi tout d’abord, car je suis la première personne à qui je raconte mes histoires, mais ceux à qui je les destine sont : ma femme, Stéphanie (à la fin du cinquième tome du Galoup je lui ai écrit que j’aurais pu résumer ce livre en trois mots « Je t’aime » et c’était vrai), pour mon fils, ma famille et mes amis, et enfin pour tous ceux qui se retrouveront dans ces pages et qu’elles feront rêver.

 

Bien sûr que j’écris pour être lu, nous écrivons tous pour être lu, comment prétendre le contraire ? Sinon pourquoi envoyer son livre chez un éditeur ? Si nous ne voulions pas être lus, nous brulerions nos livres une fois ceux ci terminés, ou nous les enfermerions dans un coffre pour que personne d’autre ne les lisent. Ou mieux encore, nous ne les écririons pas. Figer une histoire sur le papier c’est déjà un acte de transmission, une volonté de faire durer cette histoire, de la partager.

 

·         Le public/l’éditeur t’ont-ils influencé à un moment donné ?

 

Non. J’écris mes histoires comme elles me viennent. Quand j’y trouve quelque chose d’intéressant, je le creuse et j’essaye de voir où ça me mène, de dégager le fossile de la roche, comme dirait Stephen King. Mais jamais je ne me suis demandé « Est-ce que ça plaira à untelle ou unetelle ? » ou « A qui ça s’adresse ? » Quand j’écris une histoire, je ne me pose aucune limite, aucune contrainte, ni la question de savoir si c’est dans l’air du temps ou vendeur. Pour moi, se poser ce genre de questions est le meilleur moyen de faire quelque chose d’insipide et sans saveur. J’ai déjà vu, au cinéma, ce que cette logique poussée à l’extrême engendrait comme progéniture… Je me souviens de quelques nanars redoutables…

 

·         Cette fameuse imagination, d’où vient-elle ? De quoi t’inspires-tu ?

 

De mes lectures tout d’abord, des milliers de livres que j’ai lu, des films que j’ai vus. Tout ça fermente, au fond de mon crâne, en une alchimie dont je n’ai pas conscience, et, parfois des années plus tard, engendre de surprenants surgeons…

 

Je ne me rappelle plus quel auteur très célèbre disait, quant on lui demandait ce qu’il fallait faire pour devenir écrivain : « Lire, lire, lire… » Et c’est vrai. Il faut de la matière première à mettre dans la chaudière pour la faire brûler. Comme pour le dessin ou la peinture, on commence par ingurgiter, on copie ses modèles, puis on s’émancipe, quand on a fini de les digérer. Mais je ne pense pas qu’on puisse venir à l’écriture si on n’a jamais lu.

 

En ce qui concerne mon inspiration, et bien elle me vient de tout ce qui m’entoure, des lieux que je hante, des gens que je fréquente, qui sont, pour moi, une source inépuisable d’inspiration. Nous avons tous les acteurs de nos livres autour de nous. On cherche un personnage de gueulard sympathique ? On a tous un tonton un peu fort en gueule qui passe les repas de famille à brailler à en faire tomber les oreilles des autres. On a besoin d’un méchant ? On a tous connu des sales types qui nous ont empoisonnés la vie… Et qui croyez-vous qui va se faire bouffer par le monstre quand on aura besoin d’une victime pour faire peur à tout le monde ? Certains de ceux qui m’ennuyaient à l’école, quand j’étais gosse, n’ont jamais su le sort que je leur réservais dans mes livres, et même encore…

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 13:26

 

·         Comment procèdes-tu pour écrire ? Un plan ? des carnets ?

 

Auparavant, je me lançais dans une histoire sans réfléchir. J’avais une idée de base, un vague canevas et généralement une scène de début, je partais de là et je tirais sur le fil, page après page, jusqu’à la fin.

 

Depuis que j’écris de manière professionnelle, j’ai dû, en particulier quand j’écris des séries, changer ma méthode de travail. Quand mon premier éditeur m’a demandé combien de tomes je pensais écrire pour le Galoup, il a fallu que je lui réponde. J’ai dit 5 tomes… J’ai donc dû réfléchir à la manière dont j’allais organiser chacun et ce que j’allais pouvoir y mettre.

 

Plus le temps passe, et plus je travaille mon histoire en amont. J’écris d’abord un canevas, puis le scénario, chapitre après chapitre (ce qui peut, au final, représenter une bonne trentaine de pages) de manière à ce que chaque tome, mais aussi chaque chapitre, se termine de manière à ce que le lecteur ait envie de lire la suite de l’histoire. Ca me permet aussi de vérifier la cohérence et le dynamisme de l’ensemble, de voir si l’action ne noie pas la réflexion ou l’émotion, si les passages plus lents ne deviennent pas lassants… Bref, à équilibrer l’histoire et faire en sorte que le lecteur se régale de bout en bout.

 

Pour une de mes séries, j’ai même fini par écrire tous les dialogues comme une pièce de théâtre avant de reprendre toute l’histoire et de la bâtir autour. Ainsi je pouvais, dans un premier temps, me concentrer sur les dialogues, puis, dans un second, sur les décors les descriptions et l’action.

 

Tout cela, le lecteur ne s’en rend pas compte bien sûr, et c’est bien normal, comme le disait Céline : « Le lecteur a embarqué sur le bateau pour faire une croisière et se délecter, il n’est pas là pour savoir comment on a sué dans la salle des machines. » Notre travail est justement de lui faire oublier qu’il y a une salle des machines.

 

Et oui, j’ai toujours un carnet sur moi qui me permet de m’assoir n’ importe où et de travailler, sur un plan, une idée, des dialogues, une description, une scène…

 

·         A quel moment de la journée écris-tu ? Avec quoi ? Une heure précise ?

As-tu besoin d’isolement ?

 

Comme tu t’en doutes, écrivain est un métier ou personne ne se penche sur notre épaule pour nous dire « Il faut se mettre au boulot ! » et si on se laisse aller, on a toujours une bonne excuse pour ne pas bosser. « Oh je n’ai pas l’inspiration ce matin ! » ou « Oh ! Il fait beau dehors. » « Oh ! Je suis fatigué aujourd’hui ». Donc je m’astreins à un rythme de travail journalier.

 

J’écris le matin après avoir amené mon fils à l’école, de 8h45 à 11h15 où je vais le rechercher, puis de 1h45 à 16h15 et le soir de 22h à minuit, une heure ou deux heures du matin selon ma forme.

 

Auparavant j’écrivais avec un stylo et une écritoire et je retapais après, mais depuis quelques années, et le second tome du Galoup, j’écris directement à l’ordinateur (le portable à changé ma vie). Maintenant, quand j’ai des difficultés sur une scène ou que je suis en voyage, je reviens à la plume dont la spontanéité me permet de franchir les obstacles (et puis il y a le plaisir de biffer rageusement, qu’on perd avec le clavier).

 

Et oui, j’ai besoin d’isolement et de calme. Quand j’étais jeune j’écrivais en écoutant de la musique, maintenant, j’ai besoin d’entendre la musicalité de la phrase quand je l’écris, je ne peux donc entendre une musique en même temps. Finalement, il n’y a que mon chat qui me tient compagnie quand j’écris, la plupart du temps, il me laisse travailler.

 

·         Qui te lis en 1er ? Un proche ? Pourquoi ?

 

La plus impitoyable des lectrices, ma femme. Tout d’abord parce que c’est pour elle que j’écris mes histoires, et ensuite parce qu’elle est impitoyable et ne me passe rien. Il lui est arrivé de me biffer des passages entiers en me marquant un « bof ! » Alors je râle, je peste, je lui dis : « Mais il est bien écrit ce passage ! » et c’est vrai, j’y ai en plus mis de l’énergie, j’y ai sué sang et eau, et elle de me répondre, avec son plus beau sourire : « Oui mais en s’ennuie. » et là tout et dit…

 

On doit choisir ses lecteurs en fonction de leur capacité à juger notre texte de manière impitoyable et impartiale, les gens qui nous font « tap, tap » sur l’épaule, c’est bien et bon pour l’égo (les auteurs, tous les auteurs, et bien qu’ils s’en défendent, sont d’affreux Narcisse, et des gens qui ont un besoin maladif de reconnaissance, sinon, il n’auraient jamais l’idée saugrenue d’envoyer leurs textes à des éditeurs), et il en faut, mais ça ne fait pas avancer.

 

·         Qu’aimerais-tu écrire ? un sujet que tu n’as pas abordé et qui te taraude ? un genre ?

 

En fait, non, j’écris rigoureusement ce que j’aime, quant au sujet, j’en ai plein en réserve. Les histoires poussent dans ma tête et ne demandent qu’à sortir, parfois j’hésite sur celle que je vais cueillir. Certaines attendent depuis des années car je sais qu’elles réclameront beaucoup de temps et d’énergie, et elles me font un peu peur, mais j’ai une ou deux grand-œuvres en gestation…

 

N’ayant véritablement aucun genre de prédilection, car les aimant tous et ne voulant m’enfermer dans aucun, je ne peux te donner de réponse sur cette dernière question. En plus, mes histoires, comme je le disais tout à l’heure, se situent toujours en limite ou à cheval sur plusieurs genres car je déteste me sentir enfermé et n’écris pas mes histoires en réfléchissant au genre ou on va essayer de les faire entrer. J’écris celles qui me passent par la tête, du mieux que je le peux, et les donne à lire… Si les gens ont vraiment besoin de classer mes histoires, et bien qu’ils inventent un nouveau genre pour elles.

·         Ecrire à 4 mains cela te tente-t-il ?

 

Ca doit être une expérience très enrichissante, grisante, troublante, mais aussi très délicate, un exercice fascinant. J’ai souvent rêvé d’écrire un roman avec ma femme ou deux personnages, un féminin, l’autre masculin, se répondraient, chacun faisant avancer l’histoire qu’on découvrirait, alternativement, à travers les yeux de l’un et de l’autre et de son point de vue, pour les mêmes évènements. Ce n’est guère original, bien sûr, mais l’idée de se parler à cœur ouvert, à travers deux avatars, et de vivre des aventures par procuration, de se retrouver à travers les mots, est faite pour séduire un auteur et doit réserver bien des surprises.

 

Avec un autre auteur, ce doit être un exercice difficile mais fascinant.

 

·         Est-il facile de vivre de sa plume ? Exerces-tu un autre métier ?

 

En France, où le lectorat potentiel est bien moins important que dans le monde anglo-saxon, ce n’est pas facile. Il faut de l’obstination, de l’engagement et une vraie foi en ce qu’on fait. Il faut aussi, du moins au début, à moins qu’on ne soit rentier, ou riche héritier, exercer un métier « officiel », ou vivre avec un conjoint qui peut « faire bouillir la marmite ». Enfin, il ne faut pas espérer qu’un premier livre pourra vous faire vivre, ni même un second ou un troisième, mais les petits ruisseaux font les grandes rivières, et si on est sincère, je veux croire que le travail finit par payer.

 

·         Qualités et défauts de l‘Homme ? qui rejaillissent sur l’écrivain ?

 

Je suis têtu, « testu » comme on dit par chez moi, ce défaut, quand je m’attaque à un livre, devient une qualité. Je n’ai jamais abandonné un récit que j’ai commencé. Bon an, mal an, je les ai tous terminés, même si, parfois, je désespérais ou craignais de ne jamais en voir la fin.

 

Est-ce que ce défaut peut devenir une qualité ? Je ne sais pas, mais j’ai toujours défendu mes œuvres contre vents et marées et refusé de les laisser perdre leur âme, de les transformer pour en faire des produits de consommation calibrés. Aujourd’hui il semble que les lecteurs me donnent raison, justement parce que ces histoires sortent du rang, alors finalement, c’est peut être une qualité, même si je donne parfois mal au crâne à certains de mes éditeurs et je m’en excuse auprès d’eux.

 

Et passionné aussi, c’est ma passion qui guide ma plume, et si elle enflamme ma plume, elle peut parfois devenir excessive, et je dois la retenir.*

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 13:23

 

Tes personnages :

 

·         Comment crées-tu tes personnages ?

 

Le personnage principal vient souvent tout seul, il s’impose de lui-même, comme une émanation de moi. J’ai parfois quelques idées sur sa personnalité ou son passé, mais pour le reste, je le laisse agir à sa guise, s’affirmer, selon ma fantaisie, puisqu’il est mon avatar, ma porte d’entrée pour mes univers.

 

Quand j’écris mon histoire, c’est moi que je projette dans les situations que je décris, mon personnage agit donc comme je souhaiterais agir (ou espèrerais le faire).

 

Il est évident que mon personnage principal est la projection de ce que souhaiterais être, et pas forcément de ce que je suis, mais c’est justement la beauté et le bonheur de l’écriture, être celui qu’on a toujours rêvé d’être. Ou son exact opposé.

 

·         Est-ce que ce sont tes personnages qui te mènent ? Par exemple, peuvent-ils te faire changer de voie en cours d’écriture ?

 

J’aurais tendance à dire que c’est moi qui mène les personnages où je souhaite les conduire, et généralement aucun ne me fait changer la trame ou la fin de l’histoire. Mais il arrive que certains personnages, que je n’avais pas prévu au départ, ou que j’avais juste créés pour un rôle subalterne et qui étaient destinés à disparaître de l’histoire dès leur petite scène jouée, finissent par acquérir une vie propre et gagnent finalement un rôle de tout premier plan. C’est le cas de Matthieu, le galoup noir au cœur trop grand, qui, dans le troisième tome de Louis le Galoup, devait juste servir à transmettre un message de Dame Stéphanie, la mère de Louis, à mon héros. Je me suis attaché à Matthieu dès la première description, et n’ai pas pu me résoudre à le faire disparaître. Il est donc resté et a finalement gagné un des tout premiers rôles de la saga.

 

J’aime quand ce genre d’alchimie se produit, cela me donne l’impression que l’histoire se déroule en dehors de ce que j’avais prévu, qu’elle m’attire vers des sentiers que je n’avais pas vu, qu’elle se met à vivre par elle-même… c’est un moment grisant.

 

·         Qu’aimes-tu le plus dans la création du personnage ? L’aspect psychologique ?

 

Bien sûr, il est passionnant, pour l’auteur, quand il a créé ses personnages, de se pencher sur eux et de découvrir ce qu’ils lui révèlent sur lui-même, car après tout il ne faut pas oublier que si nous sommes nos héros, nous sommes aussi nos salauds… Nous projetons dans nos héros notre lumière et nos hautes aspirations, et dans nos méchants nos peurs et nos démons…C’est fascinant et effrayant à la fois.

 

Pour un auteur, chaque roman est une quête initiatique. A travers les interrogations et le voyage intérieur de ses personnages, c’est lui-même qu’il interroge et qu’il questionne.  Ecrire c’est un voyage à la recherche de soi-même.

 

·         Quel est le personnage que tu as crée et qui t’a posé le plus de souci Pourquoi ?

 

J’ai beau chercher, je n’en vois aucun qui m’ait réellement  « posé de souci ». Ou alors si, dans le dernier livre que je viens d’écrire « La Geste d’Alban » le premier d’une nouvelle saga dans l’univers du Galoup mais se déroulant 300 ans plus tôt… le personnage de l’héroïne.

 

D’habitude mes personnages et leur psychologie sont bien fixés quand j’entame un récit, je les connais, et même s’ils évoluent pendant l’histoire, je sais d’où ils partent…. Pour elle, cette fois, c’était l’inconnu. Je l’ai rencontrée en même temps que le héros, j’en sais, sur elle et ses origines, bien plus que le héros, mais pour une fois, je ne connaissais pas à l’avance sa personnalité et son caractère, je les ai découverts en même temps que mon héros, c’était à la fois frustrant et fascinant…

 

·         Quel personnage de papier que tu as inventé aimes-tu le plus ?

 

C’est une question difficile, mais je dois avouer que j’ai un faible pour Faëllia, dans « Frankia » une de mes séries, dont je suis éperdument amoureux, mais aussi pour sa sœur déchue, Ishaëna, un personnage terrible et tourmenté. Elles ont, à toutes les deux, certaines des scènes les plus marquantes et poignantes (pour moi) que j’ai écrites.

 

J’ai aussi un faible pour Fanie et Johan, deux des héros du « Dernier Hiver » un de mes livres qui n’est pas encore publié à ce jour. Des adolescents tourmentés mais fascinants et touchants tous les deux qui m’ont énormément ému et m’ont fait découvrir sur moi des choses que je ne soupçonnais pas.

 

Et Louis, Séverin et la Roussotte, bien sûr, Thierry, le Galoup Blanc, et Malemort et ce démon de Siblaire…

 

Et Von Wolf, un des méchant de Frankia dont je ne suis pas peu fier, surtout dans sa première apparition.

 

Et puis d’autres, tant d’autres, Morkhaï, Gralk et d’autres encore que je ne pourrai citer ici, en fait, je les aime tous…

 

Les lieux :

 

·         Comment t’inspires-tu pour créer un lieu ? Une atmosphère ?

 

Je fais appel à mes souvenirs, mes impressions, ce que j’ai ressenti, et j’essaye de les peindre en mot. Pour moi, les descriptions sont très importantes, et je n’en fais jamais l’économie. Personne ne décrira le même lieu, ni même le même objet, de la même manière, en fonction de son vécu, de sa personnalité.

 

Que serait un livre de Balzac, ou de Lovecraft, sans leurs extraordinaires descriptions ? Lovecraft qui vous aurait fichu la trouille en vous décrivant un simple bosquet.

 

·         Te rends-tu sur place ? Visites-tu beaucoup ?

 

Si je peux, oui, c’est toujours mieux.

 

·         Est-il facile de partir de rien ou de ce que l’on connaît ?

 

On peut toujours partir de rien, c’est justement le pouvoir de l’imagination et ce qui fait sa richesse, mais pour moi, il vaut toujours mieux partir de ce que l’on connait.

 

Prenons un exemple :

 

Je peux écrire un livre se déroulant à New York, à Los Angeles, à Bombay ou à Tokyo, et je l’ai déjà fait, pour certaines de ces villes… Je me documenterai, je lirai des livres, je regarderai des documentaires, des films… Mais même gavé de doc, jamais je ne pourrai écrire sur New York aussi bien qu’un Newyorkais, ma description demeurera froide, artificielle, un peu toc, finalement. Pourquoi ? Parce que je n’aurais jamais arpenté son pavé, je n’aurais pas senti les odeurs de ses marchés aux poissons au petit matin, je n’aurais aucuns réels souvenirs, aucune émotion véritable liée à cette cité. Je parlerais d’un accent que je ne connais pas, de restaurants où je n’aurai jamais mangé…

 

Par contre, je peux très bien imaginer, moi, un village du fin fond de la France en plein moyen-âge et la vie rude qu’on y menait alors. Je peux écrire une fantasy médiévale qui sonne vraie…

 

Stephen King, encore lui, dit, dans son livre « Ecriture : mémoire d’un métier », qu’on n’écrit vraiment bien que sur ce qu’on connait. Il sait de quoi il parle, tous ses livres se déroulent dans le Maine, l’état où il habite, et le plus souvent dans la même ville Castle Rock, une ville qui n’existe pas mais qui est, pour lui, l’archétype de la ville moyenne de ce coin d’Amérique qu’il connait… Et force est de constater que ses livres se lisent plus loin que dans le Maine.

 

Quand on écrit des livres se déroulant dans l’espace ou le futur, c’est différent, on y est plus libre puisque personne ne pourra faire la comparaison avec les lieux qu’on y décrit et la réalité.

 

Là aussi, pourtant, on peut partir de ce qu’on connait, et pour revenir à King, il suggérait, si un plombier se piquait d’écrire du Space Opéra, par exemple, de commencer par un personnage de plombier œuvrant sur un vaisseau, l’auteur n’aurait ainsi aucun mal à crédibiliser son héros et à l’investir… et ça peut faire un début intéressant.

 

Il faut, pendant la durée de nos histoires, que le lecteur croit en notre univers. On ne peut pas se contenter de lui offrir un décor en carton-pâte, mais un univers dans lequel il peut croire, un univers qui lui laisse l’impression, une fois le livre refermé, de continuer de vivre hors de son regard.

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 14:05

Le style, la phrase, le mot…

 

·         Quelle est la phrase qui te pose le plus de souci dans l’écriture ? L’incipit ?

 

En fait, aucune, et en ce qui concerne l’incipit, je dois avouer qu’il vient tout seul. J’aurais même tendance à dire qu’il s’impose de lui-même et conditionne le début de l’histoire, il est même assez jubilatoire. Je n’ai pas l’angoisse de la page blanche.

 

Ce qui me posent plus de problème ce sont parfois les titres de chapitre, il est difficiles de trouver un bon mot ou une bonne formule qui en disent assez pour piquer la curiosité du lecteur (ou l’induire en erreur) sans trop en révéler.

 

·         Quel style préfères-tu ? style indirect libre… « je » ou « il »…

 

Je n’ai pas de préférence, c’est l’histoire qui dicte le style. Il est même agréable de passer de l’un à l’autre, c’est une sorte de récréation et un exercice intellectuel.

 

·         As-tu la plume facile ? Où est-ce laborieux ? Te faut-il raturer beaucoup ?

 

J’ai la plume facile, en premier lieu parce que je travaille tous les jours et ne laisse donc pas l’organe rouiller. Je ne sais pas si c’est pour tous les auteurs pareils, mais si je ne travaille pas d’un certain temps, j’ai du mal à m’y remettre. Il faut dérouiller l’outil, remettre le cerveau dans une certaine conformation, un certain mode de pensée, si on arrête longtemps, le débit, au début, est difficile et laborieux.

 

Claude Seignolle, un de mes maîtres en écriture et le plus extraordinaire des conteurs, à qui je voue une admiration sans borne, me disait, il n’y a pas longtemps, et je suis tout à fait d’accord avec lui, qu’on n’imaginerait jamais, tant qu’on n’est pas en train d’écrire, toutes les choses qui vont sortir de notre plume ou de notre clavier. Il faut que nous soyons assis là, l’esprit dans un certain état de fonctionnement, pour être capables de sortir ce que nous jetons sur la page, nous en serions infichu en toute autre circonstance.

 

En ce qui concerne les ratures, ça dépend… Sur certains passages, oui, et on peut vraiment parler de ratures puisque c’est sur les passages difficiles que je reviens à l’écrit et prends donc une jouissance perverse à raturer, dix fois s’il le faut, les phrases ou les paragraphes dont je ne suis pas satisfait.

 

·         Comment définirais-tu ton style ?

 

Mon style change en fonction des séries et des livres que j’écris, j’en ai donc plusieurs. En ce qui concerne le Galoup, par exemple, j’ai essayé de développer une sorte d’oralité/écrite, simple mais jamais simpliste, très imagée, avec des tournures de phrases très chantantes, afin de donner à mes lecteurs l’impression d’être assis au coin du feu à écouter le conteur parler du loup. Il semble que j’ai réussi, et j’en suis heureux.

 

·         Combien dure la phase avant l’écriture (recherches…) ? Et la phase d’écriture ? Combien écris-tu de livres par an ?

 

Tout dépend du livre. Pour un livre se déroulant à une époque précise, et qui nécessite d’abondantes recherches, cela peut durer trois mois, quant à la phase d’écriture, selon la taille du livre, elle peut varier de 1 mois à un an (pour le premier jet jusqu’au point final, mais sans compter les relectures et corrections successives).

 

·         Quelle phase préfères-tu ? La recherche des idées ? l’écriture ?

 

Les deux sont passionnantes, mais je dois avoir une préférence pour l’écriture car je suis avant toute chose un conteur et un jongleur de mots et c’est là que je prends le plus de plaisir, à faire chanter les phrases et les syllabes.

 

·         Quel place a le mot dans tes romans ? Le vocabulaire est-il très important pour toi ?

 

Oui, le mot est très important, primordial, même. Un seul mot bien choisi vaut toutes les phrases, tous les paragraphes, toutes les descriptions du monde.

 

Si je dis par exemple : « La peur se lisait sur son visage. » On n’a pas peur, on ne la sent pas, même pas un petit frisson, on sait juste que le personnage a peur, ça ne nous touche pas.

 

Mais si je dis : « La peur rampait sur son visage. » Ca change tout, on sent alors glisser sur sa peau cette noire et froide chose qu’est la peur. Le terme n’est pas plus compliqué, il est juste mieux choisi.

 

 Quant au vocabulaire, oui, il est, lui aussi, essentiel. On doit le maîtriser parfaitement, pour en tirer la quintessence, non pas pour en mettre plein la vue, mais justement pour le faire oublier en choisissant le bon mot, le plus circonstancié, le plus suggestif, le plus percutant, le plus adapté….

 

Une fois encore, comme le technicien qui travaille dans les soutes du bateau dont parlait Céline, l’auteur doit parfaitement maîtriser le vocabulaire pour l’utiliser à bon escient, sans même que le lecteur s’en rende compte.

 

 Dans le Galoup, je me suis volontairement interdit certains mots trop « savants » car le narrateur est un homme simple qui s’adresse à un auditoire paysan du moyen-âge. Il n’était pas logique qu’il maîtrise des mots trop « recherchés », donc il m’a fallu compenser par des images, des métaphores qui m’ont demandé d’autant plus de travail, car elles devaient aussi chanter avec le reste du texte…

 

Simple, mais jamais simpliste, et toujours en conservant la musicalité de la phrase. Telle est ma devise.

 

·         Fais-tu attention à la longueur de tes phrases ? Pierre Bottero faisait des phrases courtes ; parfois, il ne les finissait pas pour laisser le soin au lecteur d’imaginer, de rêver et donc de les terminer lui-même.

 

Non. La phrase dicte d’elle-même sa structure. Elle peut être longue ou courte. Je n’aime pas les systématismes. Pour moi un texte s’articule avec la respiration du conteur, on doit pouvoir le lire à haute voix. Il doit donc être aéré, mais certaines phrases peuvent être longues, en particulier dans les descriptions, comme un canto. Dans les scènes d’action, au contraire, les phrases deviennent plus courtes, s’accélèrent, jusqu’à se réduire parfois à un mot, pour suggérer la vitesse de l’action. C’est un procédé classique mais efficace s’il est bien utilisé.

 

Par moment, je peux mettre des phrases courtes, voire même un mot seul, pour créer un effet de surprise, ou briser le rythme, mais jamais je ne m’impose de dogmatisme… Ah si ! Un seul peut être, je fais la chasse aux adverbes.

 

Stephen King, oui encore lui, dit (toujours dans « Ecriture mémoire d’un métier ») que les adverbes sont de faux amis, que si on est obligé d’utiliser un adverbe, c’est qu’on a mal décrit ce qui se passait avant. Que si, par exemple, on est contraint de préciser qu’un personnage ferme « brutalement » la porte, c’est qu’on pense que le lecteur n’a pas bien compris qu’il était en colère et donc qu’on a mal fait son boulot. 

 

J’aurais tendance à le rejoindre sur ce point, et je fais donc la traque aux adverbes, mais là encore, je n’en fais pas une règle, j’en utilise et en laisse aussi volontairement quand je veux souligner mon propos.

 

·         Qu’est-ce qui fait que pour toi, une phrase est bonne ?

 

Si elle sonne juste, si elle chante, si, lue à haute voix, elle fonctionne encore, ou mieux, si on a envie de la relire.

 

·         Utilises-tu beaucoup de documentation ?

Tout dépend du livre que je suis en train d’écrire. Certaines fois très peu, d’autres beaucoup (en particulier s’il s’agit d’un livre dont l’action se déroule dans le passé ou un autre pays). Mais une chose est sûre, je prends bien garde à ce que la documentation ne me noie pas. Un roman n’est pas un livre d’information. Il existe maintenant tellement de vecteurs d’information qu’il serait ridicule, dans un roman, de se perdre dans un cours sur telle ou telle époque, tel ou tel pays, il y a pour cela de très bons documentaires, sur de multiples supports. Avant toute chose, il ne faut jamais oublier que le plus important, dans un roman, c’est l’histoire, et que tout ce qui nuit à l’histoire est mauvais pour le récit. Comme toujours, le mieux nuit au bien.

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 14:03

La littérature :

·         La littérature c’est quoi ? Cela sous entend que tout ne serait pas littérature…

 

Alors là je n’en ai aucune idée. Attends, je vais regarder mon Larousse… A voilà, j’y suis…

 

Littérature n.f (lat. litteratura, écriture) 1. Ensemble des œuvres écrites ou orales auxquelles on reconnait une finalité esthétique.

 

Eh bien ! nous voilà bien avancé.

 

Non, en fait je ne sais pas ce qu’est la « littérature » mais pour avoir été libraire (pas très longtemps), je sais que certains auteurs sont classés dans la « littérature » et d’autres non. Les auteurs de Sf ou de fantastique, de fantasy, d’imaginaire, par exemple, ne sont pas classés en littérature, sauf s’ils deviennent très, très célèbres et sont reconnus par les universitaires. Dans ce cas là on ne dit plus, « C’est de la sf » ou « C’est du fantastique. » d’un air condescendant, supérieur et méprisant, mais, « C’est de la littérature. » d’un air très inspiré. Ca veut dire que les gens très sérieux ont le droit de lire ces auteurs et de garder la tête haute malgré tout.

 

George Orwell par exemple, a commencé dans l’anticipation, de la sf en somme, mais depuis qu’on l’étudie à la fac, c’est devenu de la littérature.

 

Pour Lovecraft et Tolkien, idem, avant ils n’étaient pas fréquentables par les gens sérieux, maintenant, ca fait bien de les avoir lus, même pour les gens sérieux.

 

Jules Verne était classé à son époque dans les livres pour jeunes, pas sérieux,  maintenant c’est devenu de la littérature, et même un classique.

 

Peut être qu’il faut juste attendre cent ans pour devenir de la « littérature ».

 

·         Qu’est-ce ce que la littérature jeunesse ? Une littérature à part entière ?

 

Comme je te l’ai dit tout à l’heure, pour moi, il n’y a pas de littérature jeunesse, mais seulement de la bonne ou de la mauvaise littérature.

 

Qu’est-ce que la littérature jeunesse ? Un livre où les héros sont jeunes ? Je parlais de Stephen King, tout à l’heure, et me vient à l’esprit une de ses nouvelles « Le corps » d’où a été tiré le film « Stand By me » de Rob Reiner. Les héros ont beau être des enfants, ce n’est pas de la littérature jeunesse.

 

A l’inverse, nombre de livres de Jules Verne, ou d’Alexandre Dumas, où les héros sont des adultes, peuvent être lus par des jeunes, mais est-ce que ça fait des « Trois mousquetaires » de la littérature « jeunesse ».

 

On peut parler de littérature pouvant être lue par des jeunes et des adultes, car les thèmes qui la traversent sauront leur parler et les toucher, mais de tels livres ne sauraient s’adresser qu’à une seule tranche ou catégorie d’âge, ce serait vraiment trop réducteur.

 

En ce qui me concerne, le Galoup, par exemple, peut être lu à partir de neuf ans mais n’a pas de limite haute, il s’adresse à tous et à toutes. Est-ce que ça en fait donc de la littérature « jeunesse » ?

 

Certains livres, pour diverses raisons, ne s’adressent pas à un lectorat en dessous de seize ans, tel est, par exemple, le cas de Frankia (une autre de mes séries parue aux éditions Mnemos), mais cela fait-il des autres livres des livres « jeunesse ».

 

Et un livre « Jeunesse » qu’est-ce que ça veut dire ? Que les adultes et les vieux n’ont pas le droit de le lire ? Ou alors si, mais c’est qu’ils sont vraiment attardés ? J’en serais le premier attristé parce que nombre des lecteurs de mon Galoup ont passé l’âge d’être qualifiés de « jeunes ».

 

 

·         Faut-il lire les classiques ? Pourquoi ?

 

Oui, mille fois oui. Parce qu’il vaut toujours mieux revenir à la source que de lire des copies de copies de copies…

 

On peut, par exemple, découvrir la mythologie grecque à travers des livres illustrés, puis des romans écrits par les auteurs contemporains, mais si on veut vraiment approcher la réalité du mythe, le découvrir dans son entier et sa force originelle, il faudra lire l’Iliade et l’Odyssée.

 

Enfin, si, par classique, on entend les classiques de la littérature française, il est évident, pour moi, qu’il faille les avoir lus, au moins un livre de chaque, pour se faire une idée. Un écrivain ne peut faire l’impasse dessus, pas plus qu’un musicien ne peut faire l’impasse sur Mozart, Bach,  Vivaldi, Wagner, Dvorak, Korsakov (je ne cite que ceux là que les autres m’excusent) ou qu’un peintre ou un dessinateur ne pourra faire l’impasse des peintures de Lascaux, des mosaïques de Pompéi, des de Vinci, Miquel Ange, Picasso, Ingres, Manet, Degas, Van Gogh…

 

Je ne veux pas dire qu’il faut les copier, mais ils procureront à l’auteur une richesse qui deviendra une force et une mine inépuisable. On se construit toujours en référence ou en opposition à ses modèles, alors autant viser haut.

 

L’avenir du livre ?

 

·         As-tu un avis dessus ?

 

Pas vraiment pour l’instant, mais je pense que nous allons voir des choses intéressantes dans les temps à venir en ce qui concerne le livre et peut être des développements auxquels nous n’avions même pas pensé. Le livre numérique, par exemple, ouvre aux auteurs de nouvelles possibilités même s’il pose de nombreuses interrogations et n’est pas exempt de dangers.

 

 

·         Les nouvelles technologies vont-elles le tuer ?

 

Le « livre », si on peut dire, est apparu voici 5000 ans sur des tablettes d’argiles avec « l’Epopée de Gilgamesh »… Ce n’est pas parce que les tablettes d’argiles ont disparu que le livre à cessé d’exister. Celui qui, par contre, a disparu, c’est celui qui fabriquait les tablettes d’argile.

 

Je ne pense pas qu’il faille craindre le futur. Le livre ne disparaitra pas, il mutera, il se transformera, comme il l’a toujours fait… Mais les gens auront toujours besoin qu’on leur raconte des histoires… Je le vois tous les jours avec mon Galoup. Nous sommes au XXIeme siècle, mais les gens ont toujours envie de s’asseoir près du feu pour entendre le conteur parler du loup.

 

Il faudra juste être vigilant et faire en sorte que les auteurs ne soient pas les grands perdants des transformations à venir. Ceci étant, ce ne serait dans l’intérêt de personne de détruire les auteurs, non ?

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POURQUOI ce BLOG ?

 Le BLOG consacré
aux AUTEURS,
à la LITTERATURE JEUNESSE
et à L'ECRITURE
.

Enfants 1 199La lecture est une nécessité dans le monde moderne. Elle permet de maîtriser la langue, de développer l’imaginaire, de structurer la pensée, d’accéder au savoir, d'acquérir du vocabulaire... C’est pourquoi parents et enseignants se lamentent lorsque les enfants ne lisent pas et les ados encore moins. Pourtant, ils prendront PLAISIR à lire... pur cela, il suffit de les juindécembre2010 225aider à ouvrir la porte.

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  

 

 Avec ce blog, j'aimerais :
 * faire découvrir la littérature jeunesse,l'écriture et les auteurs pour la jeunesse
partager une passion et pourquoi pas donner envie de lire et de rêver entre les pages.  

juindécembre2010 260Le livre est une véritable source de plaisir, de joie et d'émotion. Beaucoup d’élèves disent ne pas aimer lire. Je ne suis pas loin de penser que TOUS aiment lire, sans exception ! Le plus difficile pour eux est de parvenir à trouver dans la masse, LE livre, celui qui ne va pas les endormir… juindécembre2010 227LE LIVRE, celui qui va leur "parler", le livre qui leur correspond, le livre qui va leur remuer les tripes, les boyaux, les neurones, la tête !!!  

Enfants 1 178-copie-1Personne n'aime lire toutes les histoires, tous les livres. Evidemment. Il existe donc des "critères" à appliquer pour trouver et emprunter la perle, le livre qui va faire définitivement plonger dans le plaisir de lire !

Dans le livre on fait de merveilleuses rencontres, on découvre plein d'amis, on voyage, on s'ouvre sur le monde, on vit des aventures que l'on ne connaîtra jamais dans la vie de tous les jours : on embrasse des princesses, on escalade des rochers, on "zigouille" les méchants, on galope sur des chevaux lancés à la poursuite de terribles bandits ... bref, on fait de fabuleux voyages pour... "sourire, rêver et aimer" (Lisez "Le type" de Philippe Barbeau.) !!

Enfants 1 258Dans ce blog, il sera question des hommes et des femmes qui écrivent : les écrivains pour la jeunesse. Les ouvrages de littérature jeunesse de qualité seront présentés, racontés, "décortiqués"...
Vous lirez des interviews de professionnels, vous découvrirez des portraits, le monde de la chaîne du livre (éditeurs, imprimeurs, libraires...), vous trouverez également des conseils, vous ferez des rencontres, participerez à des débats, vous lirez des expériences d'animations pédagogiques autour des livres, vous découvrirez des "paroles" d'élèves, d'enseignants, des textes et.... plein d'autres choses encore !

juindécembre2010 224

 Brigitte Coppin 015
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    "Les gens qui aiment lire sont rarement des salauds !"
Xavier-Laurent PETIT
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  SPECTACLES

   

  "Salomon, vous vous rendez-compte ?"

de Christophe Boutier

 

spectacle radeau 010 

 

Sa majesté des couches"

de Christophe Boutier  

 

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  Une comédie en V actes écrite et mise en scène par Christophe Boutier

L’histoire de la séduction, de l’enfant et de sa famille depuis la préhistoire jusqu’à l’enfant-roi du XXIème siècle.

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Sur scène, il y avait :

- 14 comédiens 

- Six musiciens professionnels dont Michel Léger, accompagnateur de vedettes de la chanson et du cabaret, telles que La Bande à Basile, Daniel Guichard, Zanini, Jean Constantin, André Aubert (Don Patillo)...

- la chorale du collège de Xavier Bélanger (professeur d'éducation musicale qui a mis en musique le spectacle) qui a interprété des chansons de variété en rapport avec l'enfance.

- des projections murales assurées par les élèves de l'option image (Eddy Dabrigeon...) du collège, option dirigée par Cécile Cotten,  professeur d’Arts plastiques.

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Les spectacles précédents

 

2013- Le temps du maquis"

2012 - "Salomon, vous vous rendez compte ?"

2011 - "Sa majesté des couches"(Gannat)

2010 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes"  : 2ème épisode (Gannat)

2010 - "Un zèbre sur la banquise" (Gannat)

2009 - "Hommes-Femmes, nos amis les bêtes " : 1er épisode (Lapalisse)

2008 - "La farce vaudevillesquement tragique de la chambre forte du jugement dernier. " (Lapalisse)

2007 - "Le terrier zeixcoussois en Zinzinmouli ou la complainte des comédiens en danger" (Saint- Prix)

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    Un grand MERCI donc à tous les écrivains jeunesse
 que j'épuise et à qui je donne mal à la tête !!!
Ah ! Ah !!

Enfants 1 224Christian Grenier, Eric Boisset, Alain Grousset, Alain Surget, Béatrice Nicodème, Anne-Marie Desplat-Duc, Susie Morgenstern, Arthur Ténor, Hubert Ben Kemoun, Jean-Côme Noguès, Marc Séassau, Fabrice Colin,  Lorris Murail, Roger Judenne, Philippe Barbeau, Anne Ferrier, Evelyne Brisou-Pellen, Eric Sanvoisin, Christophe Léon, Jean-Luc Luciani, Béatrice Egémar, Magali Herbert, Guy Jimenes, Jean-Claude Mourlevat, Raymond Perrin, Jean-Baptiste Evette, Marc Cantin, Claire Gratias, Christophe Miraucourt, Xavier Bascour, François Librini, René Gouichoux, Yaël Hassan, Jean-Marc Ligny, Marie-Aude Murail, Cécile Roumiguière, Brigitte Coppin, Dorothée Piatek, Sophie Audouin-Mamikonian, Fanny Joly, Johan Héliot, Jack Chaboud, Jean-Luc Marcastel, Stéphane Daniel, Emmanuelle et Benoît de Saint Chamas, Jean-Paul Gourévitch, Michèle Laframboise., Florence Hinckel, Christophe Loupy, Lénia Major, Viviane Koenig, Marie Mélisou..

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... évoque le BLOG sur la littérature jeunesse.

 

"Des conseils pratiques de pro à pro, des interviews délicieuses et des
articles écrits par des écrivains ou des éditeurs, des bibliographies,
des réflexions sur la littérature jeunesse, des coups de coeur et
 des anecdotes...On trouvera tout cela (!) sur le blog de C
hristophe
Boutier, professeur documentaliste  au collège de Gannat (Allier).

Les petits articles de réflexion sur certains aspects de la littérature
jeunesse sont parmi les plus intéressants, d'autant plus qu'ils soulèvent
parfois des points souvent peu vus : les genres relevant de l'imaginaire
et les critères de classification (science fiction, fantasy...), les styles
d'écriture (classique, moderne…), ou encore le souci de la véracité dans
les romans historiques jeunesse.

En plus de cela, on trouvera une liste impressionnante de sites
d'écrivains  et des ressources diverses et variées qui émaillent les
articles (liens vers des  sites de séries jeunesse, des conférences
en ligne...), des « trucs et astuces » de Doc pour aimer et faire
aimer la lecture, des bibliographies...

Si la mise en page gagnerait à être un peu plus claire et lisible, le côté
bric-à-brac (où on flâne volontiers de longs moments) perdrait de son
charme...

Par un prof-doc amoureux et défenseur acharné de la littérature
jeunesse.
"

 

Rubriques

CULTURE au CDI de Gannat

Collège de Gannat (03)

" Fête de la culture, de la lecture et de l'écriture"

  Mai 2013 - 4ème édition

Eric Boisset 

Mai 2013 145

ArthuArthur Ténor 024r Ténor

Alain Surget 

Alain Surget 053

 

Mai 2012 - 3ème édition

 Jean-Luc Marcastel

jean-luc-MARCASTEL-010.jpg

Brigitte Coppin 

      Brigitte-Coppin-013.jpg

 

Mai 2011 - 2ème édition

Philippe Barbeau, Christian Couty

juindécembre2010 236

Béatrice Nicodème

 

juindecembre2010-245.jpg

 

Juin 2010 - la 1ère édition :

 

Alain GROUSSETet Christian GRENIERétaient parmi nous pour évoquer la Science-Fiction (SF) etpour débattre des nouvelles technologiesqui pourraient "tuer » les livres...

 Enfants 1 196

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Le nouveau spectacle du collège

Joseph Hennequin de Gannat, dans l’Allier.

 

 

La troupe de théâtre du collège Hennequin, composée cette année de 30 comédiens issus des quatre niveaux de classes, a réalisé un film (un vrai ! en noir et blanc)écrit par Christophe Boutier, professeur documentaliste, « Le temps du maquis» (vendredi 14 juin 2013, centre socio culturel de Gannat). Xavier Bélanger, professeur d’Education musicale, assurera la mise en musique.

Ce film présente la dure réalité de la vie quotidienne et clandestine, au milieu de la forêt,d’hommes et de femmes – les maquisards - remarquablement courageux qui recoururent, au péril de leur vie, à la guérilla pour s’attaquer à la milice du Maréchal Pétain et aux troupes d’occupation allemande.

Ce spectacle entre dans le cadre du projet « Devoir de mémoire », une option du collège menée en classe de 3ème. Les 16 élèves de cette option dirigée par M. Bellet, professeur d'Histoire, présenteront la soirée :

En 1ère partie, un court métrage : Roger VENUAT, résistant dans le maquis de Hérisson (Allier, 03), au collège Joseph Hennequin.

En 2ème partie, la pièce de théâtre, « Le temps du maquis »

ENTREE GRATUITE

  

QUI SUIS-JE ?

Je suis Christophe BOUTIER, professeur documentaliste au collège de Gannat (1 rue Joseph Hennequin. 03800 GANNAT) , dans l’Allier, en Auvergne.

Passionné par la littérature jeunesse, l'écriture, la lecture... j'ai découvert, grâce à ma profession cette littérature - une vraie littérature ! - qui comporte de magnifiques textes. Et derrière des mots adressés, peut-être davantage aux enfants, aux adolescents - quoi qu'un bon texte doit pouvoir être lu par tous sans aucune histoire d'âge ! - se cachent des écrivains adorables, des personnes d'une incroyable richesse humaine, intellectuelle et culturelle, des gens de talent que j'ai/j'ai eu la chance pour certains de côtoyer !

Aujourd'hui, j'éprouve le besoin de partager mon amour des auteurs jeunesse et de leur oeuvre ! je compte également sur vous lecteurs pour faire vivre ce blog, mutualiser nos expériences, nos connaissances, nos réflexions et... débattre.

 
Mon autre BLOG, celui du CDI du collège de GANNAT :
http://www.cdi.gannat.over-blog.com